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 [RP] Tel un animal en cage. Sujet suivant
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Cendre Algoma
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MessagePosté le: Ven 12 Oct 2012 - 23:07 Répondre en citantRevenir en haut

Fin de l'hiver 918
Gothic Storm ~ Defender Of Worlds



Depuis son arrivée au Màr Luimë, la jeune nomade n’avait de cesse de vouloir parcourir les ruelles de cette cité fantastique ; peu de temps après qu’elle se soit présentée à la Rotonde, Darshan avait dû la laisser pour vaquer à des occupations plus militaires. Lorsqu’elle avait découvert que cet homme, qui était aussi son Maître à présent, occupait le poste de chef des armées – aussi nommé Griffe – de la ville engloutie, elle s’était régulièrement questionnée sur la raison qui l’avait poussé à la choisir elle, plutôt qu’une autre. Si elle lui avait posé la question, le vieux lion aurait sûrement répondu qu’il n’avait jusqu’ici jamais eu l’occasion de prendre quelqu’un sous son aile, ou l’envie. Mais ce geste à priori anodin, signifiait pour elle nettement plus. Elle n’avait pas encore eu le temps d’en reparler avec son mentor, néanmoins elle y pensait souvent et mettait du cœur à l’ouvrage. Elle s’efforçait d’en apprendre davantage sur les us et coutumes du Kaerl, de ses habitants, des chevaliers-dragons en général. Bien sûr, ses bases instables en lecture et en écriture rendaient la tâche plus difficile, mais elle n’était pas prête d’abandonner. D’autant plus qu’elle avait bon espoir de trouver en ces lieux un érudit disposant d’un peu de temps à lui consacrer…

Seul le domaine de la politique restait toujours aussi brumeux pour elle. Pour Cendre, qui avait vécu toute sa vie durant dans un clan d’une dizaine de personnes, tous ces noms et ces fonctions lui semblaient impossible à retenir. C’était déjà un miracle qu’elle se souvienne de Dinjelaï, la Dame, et de Darshan Kysumu, la Griffe. Le nom de la dirigeante des engloutis était un peu trop original pour rester dans son esprit, toutefois son visage aux traits fins était aisé à retenir. Comme la demi-Torhil avait fini par l’apprendre, Dinjelaï était issue de la race des elfes ; elle tirait de son ascendance son physique harmonieux, ses gestes gracieux et sa peau de porcelaine. Ce qui l’avait marqué chez elle n’était pourtant pas directement lié à son sang d’elfe. Ses grands iris mauves, entourés par une barrière de cils sombres, semblaient capable de lire en elle sans aucun effort. Elle l’avait fixée durant le bref entretien qu’elles avaient eu, à la Rotonde, et Cendre s’était sentie examinée de la tête aux pieds comme si elle ne portait rien d’autre que sa nudité. Ou peut-être était-ce dû à l’attention que lui portait le conseil entier, un bataillon d’inconnus pour certains pas vraiment enthousiastes à l’idée que Darshan prenne pour Aspirante une sauvage sortie d’on ne sait où. Mais au final, seule la confiance de son Maître lui importait. Du moment qu’il la gardait près de lui, en cette terre merveilleuse, elle se montrerait assez forte pour lui.

Dans sa précipitation à rejoindre les terrains d’entraînement, la jeune femme ne porta pas plus d’attention que nécessaire à la populace autour d’elle ou à son environnement. Elle traversa donc au pas de course l’Allée des Idoles, lieu de calme et de détente, ne leva pas les yeux vers les différentes tours qui s’offraient aux regards curieux et continua sa progression jusqu’à atteindre le Havre d’Argent. Les mains soudainement moites, elle ralenti doucement sa cadence pour se rassasier du spectacle des dragons survolant parfois la zone, d’autres étant placidement allongés auprès de leurs Liés. Elle jeta un coup d’œil au plafond rocailleux, se sentant légèrement oppressée, puis reprit sa course légère. Tout au fond de la vallée du Cìrban Telemna, se dressaient de larges cours pour l’armée du Màr Luimë ; de part et d’autres fumaient des forges tandis que s’élevaient les cris des soldats à l’entraînement. Grâce à Darshan, elle avait rapidement appris le trajet pour arriver jusqu’ici. Et elle passait parfois d’interminables heures à regarder ces hommes et ces femmes s’entraîner en exploitant tout leur potentiel. Épées, arcs, parfois masses ou autres armes offensives, tout un panel de chorégraphies meurtrières se jouaient sous ses yeux intrigués. Le plus souvent, elle les voyait manier un long bâton muni de deux lames opposées, qui se nommait Tsalion. Arme officielle du Kaerl Englouti, elle présentait de nombreux avantages et était suffisamment impressionnante pour marquer l’ennemi. Quiconque savait manier le tsalion devenait redoutable – sans être toutefois imbattable. Mais le combattant demeurait cependant plus efficace qu’un épéiste et nettement plus rapide qu’avec une arme lourde. Intriguée par ce bâton sophistiqué, Cendre avait émis le désir d’en apprendre plus à quelques soldats, mais aucun n’avait le temps d’assouvir sa curiosité. Ils tenaient tous à perfectionner leur art… Darshan aurait sans doute été ravi de la conseiller et de la superviser dans son entraînement, mais elle ne voulait pas se ridiculiser devant lui en se révélant trop maladroite. Oui, elle avait beaucoup trop d’estime pour la Griffe. Néanmoins, avec le temps, la reconnaissance qu’elle éprouvait à son égard s’apaiserait sûrement au profit d’une véritable amitié.

* Pour le moment, il faut observer. *

Son regard passa sur les différentes personnes présentes en cette heure matinale. Il s’arrêta sur quelques-uns, puis reprit sa ronde avant de s’immobiliser définitivement. Une jeune femme, d’à peu près son âge, s’entraînait activement à l’aide du tsalion. Sa longue chevelure enflammée battant au vent, elle enchaînait les mouvements avec une aisance déconcertante. Sans doute était-elle une habitante du Màr, pour disposer d’une telle fluidité à son âge. Il ne venait pas à l’esprit de Cendre que cette jolie rousse pouvait être une Aspirante, car elle semblait être bien plus adaptée qu’elle à la vie des engloutis. Alors qu’elle examinait avec attention chaque détail, elle croisa le regard bleuté de l’inconnue. Cette dernière sembla par ailleurs profondément agacée de se faire observer ainsi. Elle s’arrêta brusquement. Cendre retint sa respiration, une brise aux embruns marins venant jouer dans ses cheveux étalés sur ses épaules.


Dernière édition par Cendre Algoma le Mar 13 Nov 2012 - 05:26; édité 4 fois
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MessagePosté le: Ven 12 Oct 2012 - 23:07 Revenir en haut

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Gabrielle Taeleach
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MessagePosté le: Sam 13 Oct 2012 - 00:18 Répondre en citantRevenir en haut

Ca faisait désormais quelques temps que la rouquine était arrivée au Màr Luïme. Et si de nombreuses choses avaient pu se passer entre la date de son arrivée et le jour d'aujourd'hui, au final c'était autant de petits éléments qui avaient permis à la jeune femme de s'adapter à la vie du Kaerl. Bon, évidemment, ça n'avait pas été de tout repos de parvenir à s'intégrer ici. Entre les crétins nés sous la mer, qui se prétendaient être de vrais engloutis meilleurs que les autres (ils étaient rares, mais ils existaient, si si, et souvent ils étaient jeunes aussi), ceux qui dans leur immense neutralité ne voulaient interférer en rien, pas même dans votre vie en vous parlant, les vieux jeux trop portés sur l'étiquette, et tout le reste du bazar de la ville, il y avait de quoi faire. Et évidemment, Gaby avait déjà fait des vagues à plusieurs occasions. Bon, évidemment, ce n'était jamais rien de grave, mais les conséquences auraient pu être bien pire, le plus souvent. M'enfin, elle avait de la chance. Elle avait toujours été chanceuse, il faut dire. La preuve, elle avait le Don. Elle pouvait espérer se lier à un Dragon, créature fabuleuse et mythique, et si elle avait déjà trouvé Anareinth impressionnant la première fois qu'elle l'avait vu, par la suite, elle avait eu l'occasion de croiser des sauriens au moins dix fois plus grand, et de morphologie différente. Dinjelaï ayant commencé à lui dispenser des cours, l'Aspirante ne sachant pas comment elle faisait encore pour trouver le temps de le faire, Gabrielle avait pu se familiariser avec les bêtes et leurs mentalités si particulières. Et si c'était intéressant, la jeune femme n'avait au final fini par retenir que ce qu'elle avait pu voir de ses propres yeux. Ainsi, elle admettait volontiers que les bruns ou les bronze avait des écailles plus durs que les petites d'Anareinth, après être entré en collision avec l'un d'eux notamment, son regard alors attiré par un bruit quelconque.

Ceci étant, elle s'était également habituée à la vie plus courante, trouvant rapidement à droite et à gauche diverses sources de revenue, en aidant par exemple au ménage d'un pub, ou à servir des bières, sans faire attention aux privilèges que pouvait lui conférer son statut d'Aspirante, ne se considérant guère comme plus spéciale que les autres, pour le coup. Elle aida également un forgeron au nettoyage de pièce d'armure, et pour aiguiser des lames. L'avantage d'avoir eu à l'apprendre, pour les rudiments de la chasse, dans son petit village. Au final, Gabrielle se montrait particulièrement polyvalente dans ce qu'elle pouvait réaliser. Ca lui permettait en tout cas de gagner quelques pièces d'or pour l'aider dans sa vie de tous les jours. Elle avait cru comprendre que, de toute façon, il valait mieux agir ainsi, pour montrer que nous étions en parfaite mesure de se montrer autonome. Et elle s'en sortait très bien. Et surtout, c'était la meilleure façon qu'elle avait pour apprendre les coutumes locales. C'est ainsi qu'elle avait découvert le jeu de dé local, ou encore avait été invité à partager une danse, refusant finalement poliment pour ne faire qu'observer. Elle s'en serait fort bien sorti, sans nul doute, s'il n'avait pas fallu qu'il y ait un contact. En tout cas, toujours était-il qu'elle apprenait de la vie de tous les jours du Màr, se fondant dans le décor sans problème au fil des jours pour passer presque, au bout d'un certain temps, pour une native des environ, son style vestimentaire et son épée pour seule distinction.

Et puis entre tout ça, elle trouvait encore le temps, le matin surtout, ou en milieu d'après-midi, de mener son aspiranat, apprenant des livres, de sa Maîtresse, d'Anareinth ou encore d'autres les enseignements nécessaires à sa progression. Et surtout, elle avait fini par mettre la main sur l'aire d'entraînement de l'armée. Ah ça... Quand elle l'avait trouvé, elle avait eu du mal à s'en détacher. Depuis qu'elle avait découvert cette fameuse arme surtout, le tsalion. Si elle était une fervente partisane du maniement de l'épée, l'arme, si particulière, avait su l'intriguer et la charmer. Et au fil des séances d'entraînements, ou plutôt de raclées pour le moins impressionnant, infligés par ses aînés, elle avait commencé à comprendre comment manier la bête, la dompter pour en faire une arme efficace. Elle s'entraînait dès qu'elle trouvait le temps, et grâce à ses bases au maniement du bâton, elle avait su rapidement trouver ses marques, et même commencer à démontrer un développement de son propre style, faisant preuve d'une agilité étonnante. A croire qu'elle était faite pour manier cette arme. Elle s'était ainsi rapidement trouvé à affronter des adversaires de son âge avec bien plus d'expérience qu'elle. Et elle songeait à éventuellement investir dans une de ces armes pour avoir la sienne et se familiariser définitivement avec l'objet. Surtout qu'elle ne se contentait pas de ceux d'entraînement qu'elle était forcée d'emprunter. Elle avait rapidement décidé qu'elle s'en ferait faire un particulier, pour elle, avec des lames plus longues et un manche plus court, sans le moindre doute. Elle trouvait que le côté tranchant de l'arme n'était pas assez exploité par beaucoup de personnes. Et s'il ne s'agissait pas pour autant d'une épée double, elle possédait le potentielle pour ne pas être simplement une arme d'hast.

Enfin bref. C'est ainsi qu'en cette belle journée, elle se trouvait – à nouveau – sur la pierre dure des aires d'entraînement du Cìrban Telemna, un tsalion en main, affrontant un garçon rompu au maniement de l'arme. Et si celui-ci possédait une excellente connaissance du tsalion, il semblait avoir oublié les bases du combat même, puisqu'il se vit avoir comme un débutant lorsque, se trouvant lame contre lame, il s'était laissé surprendre par un coup de pied fouetté de la part de Gabrielle, le mettant à terre. Lui tendant la main pour l'aider à se relever, elle échangea quelques mots avec lui avant de se diriger vers le puits, au centre du terrain d'entraînement, où la plupart des recrue de l'armée s'entraînaient, la plupart des Aspirant se tenant plus à l'écart, comme pour ne pas se mélanger. La jeune femme trouvait étonnante la scission qui semblait exister entre les personnes possédant le Don et les autres. Mais peut-être se faisait-elle des idées. M'enfin... Après s'être désaltéré, et s'être versé un seau d'eau sur la tête pour se rafraîchir un peu, elle dit à son partenaire de venir la rejoindre dès qu'il aurait fini de se reposer. Pour sa part, elle ne voulait pas voir ses muscles refroidir. C'était le matin, mais il y avait déjà pas mal de monde. En tout cas, la jeune femme ne détonnait pas trop dans le paysage. La plupart des hommes et des femmes présents portaient des tenues assez simple, ou des armures de cuir plutôt légères sur le terrain. Et tous y allaient à fond, malgré l'heure peu tardive. Et c'était ça que Gabrielle aimait au fond, comprenant mieux ce que son oncle lui racontait au sujet de l'entraînement au sein de l'armée, de l'énergie fourni et de la façon dont ça permettait de s'aider à s'élever les uns les autres.

De retour sur son cercle d'entraînement, elle entama une série de mouvement mêlant ceux qu'elle avait pu observer à certains de sa composition. Faire tourner sa lame autour de soi, bloquer un ennemi invisible et changer de main pour inverser la rotation de la lame, pousser la sienne et pénétrer sa garde, portant un coup d'estoc fatal. Puis reculer d'un long pas, pour pivoter et.... tiens. Elle avait une spectatrice, maintenant ? Inconnue au bataillon. Bon. S'arrêtant dans son geste, et reprenant une position de repos, bien qu'essoufflée, la jeune femme fixa ses yeux bleus sur ceux de celle qui l'observait. Elle n'était pas comme les autres. Au milieu du bleu des chocs des lames et des cris guerriers d'un cyan plus pure, elle avait quelque chose qui clochait. Comme si elle n'avait rien à faire ici. Il faut dire, elle ne portait pas d'arme sur elle, alors forcément, elle tranchait (ahah, jeu de mot pourri!). C'était donc ça. L'observant, passant de sa magnifique chevelure à ses yeux marqués par quelque chose que Gabrielle n'aurait su définir, oscillant entre la détermination et la perte encore récente qui l'avait marqué, et bien qu'elle portait du cuir, elle comprit qu'elle n'avait jamais manié l'arme. Pas au corps à corps du moins, puisque sa tenue évoquait celle des chasseurs. Mais malgré ça, elle était trop... trop... enfin, comme la plupart des filles de son village natale, ce qui n'était absolument pas un bon point pour elle. Pas frêle, mais pas formée au combat. Ca se voyait. Dans sa façon de se tenir, ou plus simplement dans ce qu'elle dégageait. Fronçant les sourcils, elle se demanda ce qu'elle pouvait bien faire ici, dans ce cas.

Gabrielle lâcha un léger grognement et elle s'approcha alors, d'une démarche assurée, la tête droite, bien que l'air sévère. Et elle s'arrêta devant la fille, l'air dégagé presque, bien que contrariée.« Tu ne te serais pas perdue, par hasard ? Non parce que visiblement, tu n'as pas grand chose à faire ici, tu te trouves sur le terrain des armes pour le corps à corps. » Le ton était plus agressif qu'elle ne l'aurait voulu, sans forcément être hostile. Un léger sourire, peut-être un peu moqueur, un peu sarcastique, vint se dessiner sur les lèvres de l'aspirante. Alors que son talion était resté baissé jusqu'à présent, la lame avant pointant vers le sol, elle la releva, et vint la pointer sous le menton de la jeune femme. « Ou tu es peut-être à la recherche de quelqu'un ? Ton fiancé ? Pour aller gambader à travers bois, chasser votre gibier et prendre un repas dans la sylve avec les arbres pour seul témoin ? Vu qu'étant donné ton allure, tu n'es pas là pour t'entraîner. Alors je ne vois que... ça. »

Gabrielle n'était habituellement pas d'une nature agressive. Elle était calme, réfléchit. Mais l'adrénaline aidant sans doute beaucoup, son comportement se trouvait changé lors de l'entraînement, laissant ressortir le côté animal qui semblait l'habiter par moment, voire sauvage.
Cendre Algoma
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MessagePosté le: Sam 13 Oct 2012 - 01:28 Répondre en citantRevenir en haut




Son souffle contenu dans ses poumons, la nomade observa la lente progression de la rouquine vers elle. Peut-être aurait-elle dû tourner des talons, en vue du regard glacial qu’elle portait sur elle, mais elle ne bougea pas un cil. Accoutumée à côtoyer des prédateurs, la jeune femme avait appris que garder son calme aidait grandement lors de situations similaires ; il ne fallait surtout pas tourner le dos à la bête, qui voyait en ce mouvement une tentative de fuite ou une marque de faiblesse, mais rester bien en face et, pour certaines, les fixer dans les yeux. Pour d’autres, mieux valait éviter tout contact visuel pour ne pas les provoquer. L’étrangère, dans son maintien et sa démarche, n’allait pas sans lui rappeler les grands félins des montagnes. De sauvages tueurs au sang chaud, à la force considérable, mais pourtant véhiculant grâce et agilité dans leurs mouvements. Sans baisser une seule fois ses grands yeux gris, Cendre accueilli l’entrée fracassante de la Fëalocë par un infime frémissement aux lèvres. La raillerie qu’elle lui avait lancée ne l’avait aucunement offensée, mais son ton agressif agissait lentement sur les nerfs de l’Aspirante. Qu’avait-elle fait pour mériter son courroux ? La hargne dont faisait preuve la combattante n’était pas logique, tout du moins pas aux yeux de Cendre qui gardait toutefois un visage impassible. Ce n’est que lorsque la lame du tsalion vint frôler son menton que ses traits se mirent en mouvement pour durcir son expression. Une flamme dangereuse s’alluma dans son regard anthracite, qu’elle ne chercha pas à dissimuler. Cependant, sa bouche forma un sourire un brin désinvolte qui démontrait qu’elle n’allait pas pour autant lui chercher querelle pour si peu. Il en fallait plus, bien plus pour échauffer le sang de l’Orientale. Son existence de chasseuse lui avait permis de ne pas s’énerver lorsque le Destin semblait s’acharner sur elle. Pour chasser efficacement, il valait mieux savoir évacuer sa fureur autrement qu’en hurlant ou en donnant de grands coups dans le vide. Calme et maîtrise de soi étaient les maîtres mots d’une bonne archère. Ce qu’elle était, sans se vanter.

L’étincelle dansant toujours dans ses prunelles, Cendre leva un index pour écarter lentement la pointe de l’arme vers le côté. Par instinct, ses muscles se raidirent sous le cuir en prévision d’un retour de bâton magistral… Mais rien ne vint. Heureusement pour elle, malgré ses manières offensives, la jeune femme n’était pas dénuée de bon sens. L’attaquer ici, entourée par tant de soldats, alors qu’elle n’avait pas accepté le combat aurait pu lui valoir une réprimande ou une mauvaise réputation. Quoi que, à bien y réfléchir, elle ne semblait pas s’intéresser aux autres. Elle gardait son intense regard azur rivé sur elle, ses lèvres pincées en un éternel rictus moqueur. En d’autres circonstances, Cendre l’aurait trouvée belle. Sa simple tenue de tissu laissait deviner un corps svelte, habitué à l’entraînement, et sa chevelure d’un rouge presque sanguin nouée en une parfaite tresse pendait dans son dos, laissant son visage à nu. Bien que ses pommettes soient écarlates à cause de l’effort produit, elle n’en demeurait pas moins plutôt séduisante. Un avis mitigé, surtout à cause des deux pierres aigue-marine qui ne déviaient pas de leur direction : à savoir, elle. La nomade termina son examen attentif par ses mains, qui tenaient le tsalion à la fois fermement et avec souplesse. La véritable posture d’une duelliste. Son propre père maniait une hache d’une taille relativement conséquente, aussi remarquait-elle des similitudes ; l’équilibre qui reposait sur la façon de poser le pied, les muscles qui paraissaient actuellement relâchés, mais qu’elle savait prêts à réagir au moindre stimulus. Toutefois, la Fëalocë n’étant pas aussi musclée que son père, elle devina que son arme de prédilection devait être l’épée. Ou la rapière, bref, quelque chose de plus léger. Cendre cligna des paupières à la fin de son étude, revenant à l’instant présent, puis replongea ses yeux dans les siens. Apparemment, l’attente forcée que la combattante avait dû subir n’avait pas vraiment améliorée son humeur déjà massacrante.

« Je n’ai pas de fiancé, et je ne crois pas que le dôme puisse abriter une forêt entière ainsi que sa faune. » Elle jeta un bref regard au plafond, là où aurait dû se trouver l’océan mais qui n’affichait cette fois-ci qu’une vaste étendue rocheuse. « J’observe les autres, c’est une façon comme une autre d’apprendre. »

Cendre s’éloigna ensuite de quelques pas, sans tourner le dos à son interlocutrice, et passa en revue les différentes cours où s’affrontaient les soldats. La plupart étaient déjà des adultes confirmés, mais quelques-uns affichaient l’ardeur de la jeunesse ou l’expérience de la vieillesse. D’un mouvement sec du menton, elle désigna un couple de guerriers. L’un tenait une longue et lourde claymore, ses muscles bandés pour maintenir l’arme à la bonne hauteur, alors que l’équipement du second se résumait à une épée mi-longue ainsi qu’un petit bouclier de fer.

« Il n’est pas assez mobile pour contrer la rapidité de son ennemi. Il pense que grâce à la puissance de ses coups, il parviendra à le faire fléchir : mais pour ça, il faudrait qu’il parvienne à le toucher plus d’une fois sur quatre. Trop lent. » Commenta la jeune femme en secouant la tête. Elle fit dix pas vers la gauche et s’arrêta devant un autre duo ; légèrement en décalé, la Fëalocë la suivait plutôt… docilement. « Quant à eux… C’est à la fois pire et mieux. Le grand a choisi des armes légères, ses dagues lui permettent de frapper vite mais il n’est pas assez précis. Bien trop souvent, il se fait devancer par l’autre homme. Il manque d’expérience, ce qui ne l’empêche pas de faire preuve d’audace. Le vieillard le domine totalement, toutefois il ne s’avoue pas vaincu. »

La demi-Torhil contempla le combat jusqu’à ce qu’il se termine, deux minutes plus tard, lorsque l’homme aux cheveux gris plaça sa lame sur la gorge de l’apprenti. Ce dernier poussa un long soupir, couvert par les cris des autres soldats qui s’entraînaient. Il accepta sa défaite avec un fin sourire déçu, emboîtant le pas à son mentor loin des fracas des combats. Le regard gris de la jeune femme vint glisser sur le tsalion porté par la jeune rousse à ses côtés.

« C’est une arme intéressante, j’observe pour apprendre à la maîtriser. Mais tu sembles dire que je n’ai pas ma place en ces lieux, peut-être désires-tu me mettre à l’épreuve ? Je pourrais te battre à l’arc, mais pas à l’épée. Je ne serais pas un combat intéressant pour toi, l’Ecarlate. » Un sourire féroce se forma sur ses lèvres pâles. « Mais je relève ton défi. »

La jeune femme à la chevelure rousse lui indiqua une cour vide, où elle prit place avec aplomb. Ses mains firent tournoyer le tsalion devant elle, patientant jusqu’à ce que Cendre soit armée. La nomade parcouru les râteliers où s’exposaient différentes armes… Son choix se porta sur une épée, fine, qu’elle soupesa longuement. Même si elle n’avait pas souvent manié autre chose que son arc, elle savait toutefois se défendre. Son père avait dirigé son apprentissage. Son marteau étant trop encombrant pour son style de combat volatil, il lui avait acheté une arme similaire dans un village et ils passaient parfois de longs après-midi d’été à s’entraîner. Ce souvenir lui brûla les yeux, aussi s’empressa-t-elle de le chasser au loin. Avec aisance, la jeune femme fit le vide dans son esprit tout en échauffant ses muscles à l’aide de quelques passes. Une fois satisfaite, elle se planta face à la rouquine et releva légèrement le menton, en signe de défi. Elle ne ferait pas long feu, elle le savait, mais au moins pourrait-elle faire autre chose qu’observer ; et combattre une personne maniant le tsalion allait s’avérer très instructif. Plaçant le plat de l’épée en appui contre sa cuisse gauche, elle profita de cette liberté pour prendre une lanière de cuir à son poignet et attacher son ample chevelure noire avec, en une queue-de-cheval haute pour qu’elle ne la gêne pas. Satisfaite, elle posa ensuite les yeux sur son adversaire.


Dernière édition par Cendre Algoma le Dim 14 Oct 2012 - 00:46; édité 1 fois
Gabrielle Taeleach
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MessagePosté le: Sam 13 Oct 2012 - 12:06 Répondre en citantRevenir en haut

Le calme que dégageait la fille aux cheveux noirs était intéressant. Et surtout révélateur. Bien plus qu'elle n'aurait sans doute pu le croire. Car en ça Gabrielle voyait la patience du chasseur, évidemment, mais aussi, entre autre, celle de l'expérience. Car oui, ne restait pas calme qui le voulait sous la menace d'une lame. Et s'il ne s'agissait à l'évidence pas d'un passé guerrier, cela signifiait au moins qu'elle possédait des talents en archerie poussait, et qu'elle devait, par conséquent, être une excellente chasseresse. Cette exercice demandait en effet une patience infini, surtout lors des longues sorties où à part un lièvre rien d'autre ne semble se présenter à soi et que rentrer avec seulement ça serait une honte. Il fallait alors savoir prendre sur soi, et attendre, trouver la bonne occasion. Et cela demandait donc également des compétences de survie. Il était donc probable que la jeune femme ait passé de longues années dans les forêts, puisqu'un archer militaire présentait moins de signe de patience, n'ayant jamais à tirer sur une cible mouvante en dehors des guerres. Ou alors bien plus rarement. Ce qui signifiait qu'elle n'était probablement pas originaire du Màr. Donc c'était une Aspirante, au même titre qu'elle, ou une chevalière, voire une maîtresse. Mais étant donné le regard qu'elle portait sur Gabrielle et aux alentours, la rouquine en doutait. Elle avait l'air de découvrir le lieu plus qu'autre chose.

Ces constatations faites, elle laissa la jeune femme écarter la lame de là où elle se trouvait, opposant une très légère résistance, à peine remarquable, pour voir si elle avait besoin de faire des efforts malgré tout pour se libérer de l'acier. Non, pas plus que ça, visiblement, bien que ses muscles se tirèrent. Crainte d'un retour de lame ? Oui, c'est vrai, Gabrielle aurait pu. Mais non. Déjà parce que sa vis-à-vis l'intriguait, et que la blesser bêtement n'aurait pas fait son affaire, et ensuite parce que le calme revenait doucement sur elle. L'exercice de l'analyse avait toujours son petit effet, visiblement. M'enfin, qu'importe. Ne se laissant tout de même pas déconcentrée de la jeune femme, elle continuait de la fixer, essayant de tirer autant d'information de ce qu'elle voyait que possible. De toute façon, ce n'était pas la demi-torhil qui se gênait de faire de même, visiblement, la scrutant sous tous les angles. Bah vas-y, te gêne pas, elle te dira rien surtout. Cessant de sourire, tout de même, parce que ça commençait à tirer les joues, à force, elle attendit que l'autre ait finit son examen, croisant les bras devant elle lorsque ce fut visiblement fait, et haussant un sourcil. Ca va, la vue est agréable ? Bon, peu importe. L'avantage du tsalion quand tu prenais cette position était que le manche étant long, tu ne risquais pas trop de te blesser ainsi, la bois suivant généralement le long du bras pour rester dans son axe. Et enfin une réponse vint. Ah bah c'est pas trop tôt. Il aura fallu le temps que l'information monte au cerveau. Non, elle rigolait, ça c'était de mauvaise foi. Ceci étant dit, la réponse de la jeune femme amusa quelque peu Gabrielle. Certes, il n'y avait guère de forêt sous ce dôme, néanmoins, elle pouvait toujours en sortir pour parcourir le continent et aller trouver une forêt, entre autre. Elle ne devait pas être là depuis longtemps, pour ne pas savoir qu'un Aspirant pouvait sortir pratiquement quand il le voulait du Màr, s'il était assez malin pour ça.

Et si Gabrielle écoutait, elle ne dit rien, pendant que la jeune femme parlait. L'observation. Oui, c'était un premier pas vers l'apprentissage. Mais si elle avait observé quelqu'un d'autre qu'elle, ça l'aurait bien arrangé, très sincèrement. Ce qu'elle s'évertua à faire par la suite, se tournant vers d'autres combats après avoir fait quelques pas de retraits. Bien assez proche pour entendre, la Fëalocë l'écouta tranquillement, bien que penchant légèrement la tête sur le côté. Elle voyait juste. Mais ce n'était jamais qu'une étude superficielle qu'elle faisait là. Certes, l'homme à la claymore était trop lent, mais dans un combat long, il finirait par l'emporter, épuisant son adversaire en le forçant à rester en mouvement, cherchant l'erreur, l'ouverture qui lui serait fatal. Et si lui-même prenait des risques et voyait sa mobilité réduite par la lourdeur de l'arme, elle ne l'empêchait en rien de bouger, ou plus simplement de sen servir comme pivot d’appui pour éviter les attaques et se défendre par la suite. Au final, celui qui bougeait le plus serait celui qui perdrait ce combat à l'épuisement. C'était une stratégie bien rodée, et c'était pour ça aussi que le combat durait pour le moment. Concernant le combat du jeune et du vieux, son analyse était toutefois plus juste, même si le vieux avait quelques raideurs dans ses mouvements que le jeune semblait ne pas voir, ne pouvant alors pas exploiter cette faiblesse. M'enfin... Au final, tout était question d'observation et de trouver le bon point faible chez son adversaire. Et il fallait également savoir l'exploiter. Elle hocha tout de même la tête, bien que la jeune femme ne puisse pas la voir, lorsqu'elle eut terminé son analyse. Bien, elle s'en sortait pas trop mal, pour une visiblement non initié.

Et maintenant... Elle acceptait de la combattre. Tiens. Intéressant. Il faut dire, ça n'était pas plus étonnant que ça, bien que Gabrielle haussa un sourcil, autant pour ça que pour le surnom qu'elle lui accorda. Elle partait déjà perdante. Alors oui, évidemment, elle le serait. Même si ses yeux semblaient vouloir dire le contraire. Sans parler du sourire. Elle avait cette flamme qui brillait au fond des yeux, et qui annonçait déjà qu'elle voudrait lui donner du fil à retordre. Pourquoi pas.

« Très bien. Choisis ton arme, je t'attends. Mais choisis bien... »

Bon, elle la regarda se diriger vers les râteliers, avant d'elle-même aller se préparer. Se plaçant dans l'air, elle marchait tranquillement, tout en faisant tourner l'arme entre ses doigts sans discontinuer. Le son du métal coupant l'air laissé des traces bleutés tout autour d'elle, comme autant de chemins empruntés, marquant le terrain du sang de la brise matinale. Elle arrêta son massacre lorsqu'elle vit revenir la jeune femme. Qui se posa le temps de s'attacher les cheveux. Ca lui allait bien. Ca dégageait les traits de son visage et permettait de mieux laisser voir son cou fin et gracieux. Un avantage certain dans la vie de tous les jours. Mais malheureusement pas dans l'arène des combats. Quoiqu'un mâle un peu trop travaillé par ses hormones auraient facilement été déconcentré, sans doute. Pour sa part, et bien... elle n'était simplement pas travaillé par ses hormones à l'heure actuelle. Elle avait donc bien peu de chance de se voir déconcentrée par ça pour le moment. Ceci étant, elle savait très bien se maîtriser. Bon, elle était prête visiblement. Elle se mit à son tour en position de combat.

« An bua fear is fearr. » Que le meilleur gagne, en d'autres termes. Mais elle avait pris l'habitude de le dire dans la langue de son village natale, comme son oncle l'avait toujours fait en lui apprenant les armes. C'était une habitude qu'il avait pris, pour ne pas oublier ses origines.

Elle observa la pose de son adversaire un instant. Elle restait plutôt basique. Droite, les genoux fléchis pour plus de flexibilité, présentant son profil pour éviter de présenter trop de surface à toucher... Son style de combat serait fait principalement d'estoc, peut-être de quelques coup de tranches qui seraient simple à parer, car plus difficile à déployer. C'était un style de combat efficace, surtout contre un stalion qui demandait une certaine ampleur de geste. Il faudrait qu'elle manœuvre avec prudence. Même si la garde de son adversaire était loin d'être parfaite malgré tout. Elle n'avait pas dû pratiquer depuis un moment. Mais en tout cas... Ouais, comme ça, ça devrait le faire. Elle fit passer son arme dans sa main droite, d'un mouvement de balancier, tout en la conservant dans la gauche. Elle évalua rapidement la distance et se lança.

Atteignant rapidement de niveau de son adversaire, elle lança un premier coup sur la gauche de Cendre, trop rapide pour qu'elle puisse l'esquiver sans prendre de risque, et reculer mènerait à un déséquilibre trop important, et ça elle l'avait bien vu, la brune, puisqu'elle ancra ses pieds sur ses positions, faisant crisser légèrement la roche sous ses pieds, créant une légère lueur que connaissait bien Gabrielle. Du brun très clair. Elle camperait sur ses positions. Mais le coup qu'elle asséna était puissant, et si elle para, provoquant un retentissant éclat d'un bleu sombre, il la déséquilibra vers l'arrière et laissa libre tout le côté droit de son dos et de son épaule pour un enchaînement de Gabrielle. Pivotant d'un demi, elle lâcha une main de son arme pour venir appuyer sur l'épaule de Cendre pour la pousser vers l'arrière, positionnant son pied de façon à la faire tomber. Le temps que dura la chute de son adversaire, la rousse ramena son arme devant elle. Ceci fait, elle dégagea l'arme de la femme aux cheveux noirs, puis elle vint se positionner par dessus la débutante, un pied de chaque côté de sa taille, et frappa de son stalion à quelques centimètres de son visage. Le total de l'action n'avait duré que quelques secondes, tout au plus. Un premier échange écrasant.

Elle se recula légèrement, relevant son arme pour l'éloigner, et lui tendit la main, pour l'aider à se relever. « … Tu ne t'es pas trop cogné la tête en tombant ? » Bien que sa voix soit neutre, elle avait essayé de faire son possible pour ne pas frapper Cendre, et éviter qu'elle se blesse gravement. Mais une chute pouvait parfois se révéler mortelle, si elle n'était pas maîtrisé. Et même si la rouquine avait essayé de faire en sorte de la retenir un minimum sur le début, elle ne pouvait pas non plus trop le faire. Le son de la chute lui avait indiqué que ça allait, mais on ne savait jamais.

[Désolée, j'achève un premier échange dans ce rp, mais il me semblait plus indiqué de le faire, avant d'entamer un duel plus long, puisque ça forcera Cendre à agir de façon plus offensive, et donc à se dépasser plus facilement je pense]
Dinjelaï Al'Ysiria
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MessagePosté le: Lun 15 Oct 2012 - 11:54 Répondre en citantRevenir en haut

Comme tous les jours à cette heure-ci, les terrains d'entraînement bruissaient d'activité: choc des armes l'une contre l'autre, grognements d'efforts, parfois injures criées avant de se taper dans le dos amicalement.

Personne n'avait remarqué les deux frêles gamines. Lorsque le regard d'un combattant passait sur elles sans s'attarder, il ne voyait que deux femmes qui faisaient mumuse avec des armes d'entraînement émoussées. Au bord du puits, le premier partenaire de Gabrielle n'était pas encore revenu. Il avait reçu un coup sur l'avant de la cuisse, douloureux quelques minutes si son muscle quadriceps n'avait pas été aussi contracté. En fait, s'il avait réussi à quitter la piste sans boiter, c'est uniquement car son corps était chaud, et que les vaisseaux éclatés à l'intérieur de sa jambe n'avaient pas encore laissé échapper un hématome trop important. A l'écart, il grimaça et se frotta la jambe plus vigoureusement pour essayer de faire disparaître la douleur.

Au bord du puits, un couple de Chevaliers, dans la force de l'âge, venait d'arriver au bout de leur exercice quotidien. Les deux hommes souriaient, leur petite passe d'arme quotidienne était plus un divertissement sportif qu'un véritable duel, ils effectuaient leurs rondes extérieures ensemble, et se connaissaient sur le bout des doigts. Aujourd'hui, comme attendu, c'était Némerth, le chevalier Brun, qui avait rétamé son ami Spyv' avec son arme favorite, la flamberge. L'autre rit en lui lançant une claque dans le dos. Demain, avec le tsalion, ça ne serait pas la même histoire!

En plaisantant, dos au puis, les deux hommes laissèrent leur regard errer sur les terrains. Ils aimaient passer quelques temps à plaisanter en regardant certains de leurs collègues. Points forts, points faibles, ils aimaient les encourager. En temps normal, chacun choisissait son "poulain", et lui fournissait quelques conseils objectifs que seul un observateur extérieur pouvait voir. Spyv fit un signe du menton en direction des deux gamines qui jouaient aux soldats. Ils rirent tous les deux, puis s'approchèrent...

T'a vu ça Némerth? Elles sont mignonnes toutes les deux, on sent qu'elles y mettent du coeur!

Le Chevalier Brun rit, mais sans méchanceté. Il se contenta d'observer plus précisément ce qui ne collait pas dans la belle chorégraphie qu'elles tentaient de mettre en place...




[HRP] Post destiné uniquement à mettre un peu plus de profondeur dans le contexte! Vous avez maintenant des observateurs Clin d'Oeil , ils peuvent rester silencieux, ou si vous le souhaitez, interagir d'avantage, mais pas tout de suite, et pas à chaque tour! Vous me dîtes si ça vous intéresse d'aller plus loin Clin d'Oeil
Cendre Algoma
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MessagePosté le: Lun 15 Oct 2012 - 19:02 Répondre en citantRevenir en haut




Ainsi qu'elle l'avait présagé, la jeune Fëalocë se révélait être une excellente combattante. Très vive, observatrice, et même plutôt forte pour sa carrure d'adolescente, elle l'avait mise au tapis en moins d'une minute. Et elle n'avait fait aucun mouvement complexe, juste un enchaînement rapide qui avait déstabilisé la nomade, accoutumée à plus de rigueur dans ses combats d’entraînement. Mais le style de l'étrangère n'était en rien semblable à celui de son père ; ses yeux bleutés portaient un regard éphémère sur leur adversaire, puis elle attaquait. Nul doute que son esprit tournait à plein régime, mais elle n'en donnait pas réellement l'impression. Elle semblait agir instinctivement, uniquement poussée par l'impulsivité. Cependant, c'était loin d'être le cas. Comme disait Akecheta, un véritable guerrier ne se laisse pas porter par ses sentiments, sinon il risque de commettre une erreur qui lui sera fatale. Et bien qu'elles ne soient qu'en train de s'entraîner, Cendre pouvait deviner sans peine que la rouquine n'allait pas se comporter bêtement pour autant. Avant qu'elle ne l'attaque, elle l'avait vue surveiller ses mouvements avec l’œil d'un rapace... Jusqu'à ce qu'elle plonge sur elle, lame en avant, pour la provoquer et profiter de son immobilité partielle pour la faire tomber. Sa chute n'avait pas été assez dure pour la blesser physiquement, mais son ego fut malmené durant l'opération.

Même si Cendre savait qu'elle ne faisait pas le poids contre l’Ecarlate, elle avait secrètement espéré tenir davantage qu’une minute face à elle ; ou en tout cas, ne pas perdre aussi bêtement. Néanmoins, les innombrables entraînements contre son père l’avaient aidée à relativiser et à prendre les choses plus humblement. Elle était formée pour le combat à distance, elle se sentait plus à l’aise lorsque plusieurs mètres la séparaient de sa cible et elle appréciait le sentiment de puissance qui s’emparait d’elle lorsqu’elle prenait en joue une proie qui ne savait rien de sa présence. Discrète, rapide, elle connaissait ses points forts autant que ses points faibles. Elle accepta la main tendue de la jeune femme, époussetant la poussière accrochée au cuir de ses vêtements et vérifiant qu’elle n’avait rien de cassé. Pas de blessures à déclarer. Elle se remit donc en position, bien décidée à montrer son potentiel. Secouant doucement la tête de droite à gauche, elle attendit que la combattante s’éloigne, prenne sa posture, pour se lancer. Elle avait commis l’erreur de lui laisser le premier coup, lui donnant tout le temps nécessaire pour l’observer et ainsi déceler ses faiblesses. Ce qui lui avait ensuite permis de la mettre au sol en quelques coups bien placés. La Fëalocë était une excellente duelliste, elle l’avait deviné après l’avoir vue battre un jeune homme à plates coutures… Mais cela ne l’avait pas empêchée d’accepter le duel. Avait-elle péché par excès de confiance ? Ce n’était pas son but. Elle souhaitait se confronter à l’adolescente pour mieux comprendre le fonctionnement du tsalion. Et, à voir la façon dont elle parait aisément ses coups, une fois maîtrisée, l’arme devenait redoutable. Cendre portait d’autres attaques destinées à évaluer la défense de son adversaire. Impénétrable, tout du moins à son niveau, elle comportait tout de même quelques creux liés au fait qu’elle ne soit pas totalement habituée au tsalion. Depuis combien de temps s’exerçait-elle au maniement de l’arme ? La nomade se fendit vers la droite, pointant son épée vers le flanc opposé de son adversaire et esquiva le coup de lame que la combattante lui porta, tout en éloignant la menace en faisant tournoyer le bâton devant elle.

Ses gestes étaient précis, démontrant l’expérience de la jeune femme dans l’art martial. Avant même que cette seconde jouxte ne se termine, la demi-Torhil savait qu’elle perdrait. Ce n’était pas du défaitisme, simplement l’habitude de décrypter une situation afin de savoir si elle valait la peine qu’on s’acharne ou non. Si ce combat n’avait pas été purement amical, elle aurait fait en sorte de prendre la fuite, aussi honteux cela puisse paraître, de façon à trouver un moyen d’avoir le dessus sur son ennemi. Elle se serait sûrement éloignée, pour profiter de la portée de son arc et l’abattre, ou au moins le ralentir fortement grâce à des traits bien placés. Fort heureusement pour elle, elle ne se battait pas pour sa vie, uniquement pour l’entraînement. C’est pourquoi, au lieu de baisser les bras, elle s’acharna contre la Fëalocë. Elle para, attaqua, fendit l’air et porta des bottes de plus en plus téméraires. Parce qu’un style de combat plus agressif, ou en tout cas impulsif, aurait certainement davantage de chances de vaincre qu’un autre plus reposé et calculé. Le deuxième round dura approximativement dix minutes, un progrès en soi, Cendre parvint même à toucher la combattante trois fois du plat de sa lame et récolta à peu près le double. Un score honorable, pour une néophyte. Mais l’Ecarlate fini par porter un enchaînement si vif qu’elle en eut le souffle coupé ; la lame du tsalion s’immobilisa à quelques millimètres de sa gorge dénudée, la forçant à s’immobiliser. La supériorité de la rouquine était indiscutable. Un fin filet de sueur glissant sur sa nuque, Cendre hocha la tête et se releva, reprenant lentement sa respiration. Les battements saccadés de son cœur suffisaient à démontrer qu’un tel combat puisait allégrement dans ses ressources et qu’elle ne devait sa victoire qu’à sa témérité. Sauf qu’au final, sa technique suicidaire n’avait pas payé.

« Tu es douée, et pourtant bien jeune. Ton maître devait être quelqu’un de puissant. »

Profitant de leur pause pour reprendre son souffle, elle laissa son regard s’éloigner de leur zone d’entraînement. Se sentant observée, elle finit par le poser sur deux hommes, dos au puits central, qui semblaient se divertir en les regardant faire. Un peu comme elle, sauf qu’elle n’était pas assez expérimentée pour déceler les accros dans leur chorégraphie comme ils pouvaient sûrement le faire. L’un des vétérans perçu son coup d’œil et il lui répondit avec un sourire amusé. Elle détourna ses pâles iris, revenant vers la jeune femme en face d’elle. L’esquisse d’un sourire courba ses lèvres décolorées.

« Je crois que nous sommes observées ; vas-tu les provoquer en duel, eux aussi ? »

Elle tendit ses muscles, tâta avec précaution les premières bosses qu’elle avait récoltées et reprit sa posture initiale, arme en avant.

« Ou alors, préfères-tu danser avec moi ? Je pense que je pourrais énormément apprendre de toi, si tu le veux bien. Mon Maître est tout aussi doué que toi, si ce n’est plus, mais je crains qu’il n’ait assez de temps à me consacrer. »

Dans ses yeux gris se ralluma l’étincelle de provocation.

« Je me nomme Cendre. »

Et elle attaqua, avec toute l'énergie dont elle état capable.

Pas de soucis me concernant, Din', au contraire c'est plutôt sympa ♥ merci à toi.
Gabrielle Taeleach
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MessagePosté le: Mar 16 Oct 2012 - 11:17 Répondre en citantRevenir en haut

Dans un combat, avait l'initiative de l'attaque était souvent un avantage. Même s'il fallait pour ça être en mesure de repousser toute contre-attaque éventuelle, puisqu'on s'y exposait alors. Mais pour ça l'adversaire devait encore avoir une idée des failles qu'il pouvait exploiter. Sinon répliquer devenait plus technique, voire impossible. En général, quand on affrontait quelqu'un de plus fort que soit, alors qu'on maîtrisait son arme, c'était simplement que celui-ci parvenait à plus facilement déceler les faiblesses et à les exploiter. C'était là la grosse différence entre un bon duelliste et un excellent. Et il était évident que pour Gabrielle, percevoir les failles étaient encore plus simple, puisqu'elle entendait le sifflement de la lame fendant l'air, ce qui laissait une marque bleuté sur son passage. Marque qui, en plus de lui révéler la trajectoire de la lame, qu'elle pouvait ensuite déduire par simple logique dans les prochains coups, lui permettait de bien mieux percevoir où elle pouvait répliquer par la suite. Autant dire que les avantages étaient nombreux en plus d'être indéniables.

Enfin bon, visiblement Cendre n'avait rien. Tant mieux. Pas que la rouquine s'en serait voulue de l'avoir blesser, c'était les risques de l'entraînement, mais ça n'aurait pas été non plus une bonne idée. Des fois que des gens viennent réclamer réparation par la suite... M'enfin. Pour le moment la question n'était pas trop là. La voyant déterminée à poursuivre, Gabrielle retourna se positionner. Elle savait que cette fois elle n'aurait sans doute pas l'initiative. Et elle ne s'y trompa pas, car la demi-torhil se précipita vers elle pour l'attaquer. Un coup d'estoc que Gabrielle esquiva en se glissant du côté faible pour porter un coup à la jeune femme. Elle chercha plus le contact des armes qu'autre chose. Elle ne voulait pas blesser la brune, sauf que le tsalion restait une arme d'hast, quoi qu'on en dise. Par conséquent, elle était plus faite pour porter des coups précis et mortels, pouvant se révéler particulièrement dangereux, même avec une lame émoussée comme celle qu'elle maniait en ce jour. Elle ne pouvait donc pas se permettre de faire n'importe quoi face à elle, sans quoi elle pourrait lui faire des blessures graves. Elle était donc contrainte de réfléchir à chaque coup qu'elle aurait à porter, à chaque manœuvre, pour savoir laquelle serait sans danger tout en lui permettant de conserver l'avantage. Autant dire que ce n'était pas difficile face à une telle tête brûlée qui ne semblait pas se soucier de sa vie outre mesure, ne pensant visiblement pas que même un entraînement pouvait tourner au drame.

En tout cas, Gaby comprenait soudainement ce que son oncle avait eu à subir avec elle. Toujours devoir faire attention de ne pas la blesser, tout en ne laissant aucune faille dans son propre maniement. Elle se rendait compte d'autant plus d'à quel point il était doué alors. Et si à l'épée ça lui aurait été bien simple de ne prendre aucune touche de Cendre, au tsalion où elle commençait presque à peine, c'était plus compliqué, et tous les maniements possibles ne lui venaient pas en tête. Le combat dura donc un temps. Une poignet de minutes, ou une dizaine. Difficile à dire. Mais en tout cas son adversaire commençait à s'essouffler. Et comme elle n'avait fait aucun échauffement, si elle forçait trop, elle allait se claquer un muscle. Il était donc temps de mettre fin à cet enchaînement de coups et de parades, plus ou moins réussis, Gabrielle appréciant la fougue de son interlocutrice. Car oui, tout échange de coup était une discussion millimétré, qui pouvait permettre d'en apprendre plus sur l'autre que jamais. Par exemple, ici, le côté calme de son adversaire se confirmait. Elle ne perdait pas patience ni ne se sentait réellement humiliée face à Gabrielle, à première vu du moins, malgré le fait qu'elle savait qu'elle allait perdre. Mais... La plupart de ses coups en combat réel auraient été défaits sans le moindre mal. Ils étaient téméraires, peu calculés, manquaient de précisions, et si Gabrielle en voyait toutes les failles, elle ne pouvait vraiment pas répliquer comme elle le voulait. Ajouté à la fatigue des deux combattantes, elle décida qu'il était temps de s'arrêter. Tentant de lui porter un coup en tranche venant du haut, l'aînée de Gabrielle eut sans doute tout juste le temps de voir la rouquine l'esquiver en se jetant au sol, vers l'avant, pour passer sur son côté, et de la partie en bois du tsalion venir lui faucher les jambes, avant de se redresser pour pointer la lame sur son cou. Et elle s'avoua vaincue. Bien. Retirant son arme, elle soupesa la chose. C'était vraiment plus difficile à manier qu'une épée, très différent, surtout. Hum...

Elle releva la tête aux paroles de la jeune femme en tout cas. Plus qu'être douée, c'était surtout une question de discipline. On ne pouvait devenir fort simplement parce qu'on savait manier vaguement une épée. Cela demandait de l'entraînement et du temps. Bien plus que d'être doué. Même si évidemment, ça pouvait jouer également.

« Mon oncle est sans nul doute un des épéistes les plus doué de la région. » Modestie, tout ça. « Mais ça ne fait pas tout. » Ceci dit, elle suivit le regard d la femme. En effet, il y avait des spectateurs. Deux combattants qu'elles avaient pu voir tout à l'heure. Et si Gabrielle ne retint pas la pique lancée, se contentant de hausser un sourcil, elle observa tour à tour les deux hommes, qui semblaient plus amusés et attendri par la présence de la rousse et de la brune qu'autre chose. Ils croyaient quoi ? Qu'elles s'amusaient ici ? Lâchant un grognement, elle décida de ne pas s'occuper d'eux. De toute façon, en tant que vétérans, ça la dérangeait moins de les voir observer. Ils avaient leur place ici. Là encore, elle préféra ne pas répondre à la suite. L'aider à progresser... Comme si elle n'avait que ça à faire. En tout cas, elle eu bien confirmation qu'il s'agissait d'une Aspirante, tout comme elle. Et elle finit par se présenter, alors qu'une couleur commençait enfin à s'associer à sa voix. Ah. Voilà qui était intéressant. Un rouge terne, cendré. Comme si l'enfant de la consommation du feu avait été sali par le flot de vie de nos veines. Hé bien, rien que ça.

Elle para sans mal le premier assaut de Cendre, qui resta au contact comme pour la faire reculer sous la pression. Regardant sous adversaire dans les yeux, il était également temps de se présenter. « Je me nomme Gabrielle. » Dégageant sa lame, elle s'écarta pour trancher sur le côté. Le coup fut esquivé. Bon. Elle avait passé le plus clair de son temps à simplement contre-attaquer lors du précédent combat. Il serait peut-être temps d'attaquer un peu plus. Il s'agissait de ne pas lui laisser le temps de réagir réellement, et de la pousser à faire de plus en plus d'erreur à mesure qu'elle se ferait harceler par les attaques, pour le coup. Car c'était bien beau de lancer des attaques téméraires, mais sans avoir une bonne défense, ça ne servait à rien. Enfin, il fallait tout de même bien admettre qu'elle s'en sortait bien pour simplement une initiée. Elle avait une bonne intuition de la chose. Mais ça ne serait pas suffisant.
Enchaînant les attaques contre la jeune femme, elle ne lui laissait pas le temps de répliquer. Les coups de taille et d'estoc pleuvaient, lui laissant à peine assez de marge pour esquiver pour parer, avant de devoir réagir déjà à une nouvelle botte. Le tsalion se prêtait particulièrement à des attaques fulgurantes comme ça, le fait étant que si elle tentait la moindre percée, elle se ferait alors toucher par un coup qui, dans un vrai combat, serait fatal. Néanmoins, Gabrielle laissa durer les choses, et de temps en temps laissa passer des failles, qu'elle le veuille ou non, où Cendre pu se glisser. L'échange dura un moment, son but n'étant pas de battre l'aspirante face à elle. Mais plus le combat se faisait long, plus elles se fatiguaient, et si pour sa part elle avait l'habitude, ce n'était visiblement pas le cas de la jeune femme qui s'essoufflait. Allez, fin du troisième round. Il fallait se poser un peu. Elle pourrait rejoindre au puits le pauvre garçon qu'elle avait blessé. Elle laissa donc une ouverture basse à Cendre, qui sauta sur l'occasion. Gabrielle vint alors frapper sur le dessus de la lame, pour la détourner vers le bas et qu'elle passe à côté de sa cible, qui en profita pour lui saisir le bras et venir le bloquer sous le sien en l'enroulant. Se retrouvant ainsi dos à son adversaire, ça ne l'empêcha pas de pointer sa lame juste sous le menton de son adversaire, qui était devenue la seule touche valable pour arrêter le combat, visiblement. Elle aurait aussi pu lui faire lâcher son arme très facilement, ainsi, mais bon.

« Il est temps de faire une pause.

Sans plus un mot, elle la libéra et s'éloigna du terrain, passant une main sur son crâne où les cheveux étaient aplatis grâce à sa tresse. Elle se dirigea jusqu'au puits, où le jeune homme était encore adossé, prenant appui sur sa jambe qui n'avait pas été touché. Son bleu ne l'empêcherait pas de se battre, mais dans l'immédiat, inutile de tenter le diable. Il passerait voir Nealyan pour prendre un baume. Elle sorti un seau d'eau, qu'elle tendit à la jeune femme, avant de se rendre jusqu'à son précédent partenaire, un peu plus loin, lui disant qu'elle revenait.

« Alors Clay, on se repose ?
- La faute à qui, hein ? Fit-il, amusé. Sympa ton combat avec la nouvelle. Tu sais que j'ai quand même peine à croire que tu manies le tsalion depuis seulement un mois ? Si je ne te savais pas arrivée ici depuis ce même temps, je croirais que tu mens !
- Et pourtant... Bon. Tu te décides à aller chez Nealyan ?
- Oui chef, bien chef. Allez, je vais affronter le courroux de la bête qui va encore râler que nous sommes trop zélés. Présentes-moi ton amie aussi, à l'occasion. »

Levant les yeux au ciel, elle regarda Clay s'éloigner en rigolant, récupérant son arme à l'entrée et s'en servant comme une canne, avant de revenir à Cendre. S'appuyant contre le puits, elle se désaltéra rapidement, avant de tourner son regard vers sa partenaire.

« Pour en revenir à ta demande de tout à l'heure, Cendre, elle est tout à fait flatteuse, mais si ton Maître t'a pris avec lui, c'est qu'il considère avoir assez de temps pour s'occuper de toi. Ce n'est donc pas à moi de m'occuper de ton entraînement martial. Sauf accord de sa part, mais s'il est si doué, il n'est en rien sûr qu'il accepte. »

Elle savait, pour sa part, que son oncle aurait aimé qu'elle reçoive l'enseignement d'autres maîtres, pour pouvoir observer plusieurs techniques. Et s'il était vrai qu'elle avait pu, depuis son arrivée en observer énormément et gagner de ces observations, elle n'avait pas encore pu les appliquer à l'épée assez souvent pour bien les retenir. Elle devrait d'ailleurs s'y remettre, pour ne pas perdre sa pratique.
Cendre Algoma
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MessagePosté le: Jeu 18 Oct 2012 - 04:36 Répondre en citantRevenir en haut




Même si Cendre appréciait les séances d’épée avec son père, elle savait qu’elle n’était pas faite pour ce style de combat. Trop proche de son adversaire, elle se révélait peu adroite et finissait généralement une lame près de la carotide. Un peu comme ce matin, sur l’aire d’entraînement. Elle n’avait fait que porter des coups au hasard, ce qui démontrait son inexpérience en la matière, et même si elle s’avérait à côté suffisamment douée pour parer quelques attaques de la Fëalocë, cela ne suffisait pas pour lui tenir tête. Après que la rouquine ait décliné son identité, le combat reprit un cours plus rythmé. Elle s’imagina un instant à la place des deux vétérans qui les observaient, de loin ; ils pouvaient déceler des failles qu’elle ne voyait pas, savaient peut-être par avance les mouvements qu’elles allaient faire. Ils lisaient leur danse avec plus ou moins d’aisance, et il semblait parfois entendre un ou deux rires amusés, mais non moqueur, sans savoir s’ils provenaient d’eux et s’ils les concernaient. Chaque fois que les sons parvenaient à ses oreilles, elle les repoussait pour se concentrer sur le combat en cours. Malheureusement, ce ne fut pas suffisant pour qu’elle ait le dessus contre Gabrielle. Dos-à-dos contre la combattante enflammée, elle se vit immobilisée et contrainte de se déclarer perdante. Mais, si le goût de la défaite aurait dû être désagréable, il était sans saveur pour elle. Ce n’était qu’un apprentissage de plus, une façon comme une autre d’acquérir la connaissance nécessaire pour une bonne intégration au Màr Luimë. Sans plus de cérémonie, la gagnante annonça qu’une pause était nécessaire, tourna des talons jusqu’au puits central, y engageant la conversation avec un jeune homme.

Cendre reconnu le précédent adversaire de la rouquine. A la façon dont il grimaçait de temps en temps, ainsi que le fait qu’il s’efforce de ne pas s’appuyer sur sa jambe, elle devina une blessure invisible, sans doute causée par les échanges trop intensifs des deux Engloutis. Bien malgré elle, la nomade se retrouva à saisir quelques brides de la conversation – l’eau ruisselant sur son visage aux pommettes rougies par l’exercice, elle savoura un instant la fraîcheur du liquide puis le porta à ses lèvres. C’est ainsi qu’elle apprit, grâce à un coup de pouce de la bonne Fortune, que l’Ecarlate n’était pas une native du Kaerl et que sa venue remontait à environ un mois. La demi-Torhil osa un coup d’œil rapide vers Gabrielle, s’étonnant une nouvelle fois d’une adaptation aussi instinctive. Et d’après les dires du dénommé Clay, elle avait de bonnes raisons d’être surprise. Laissant l’eau apaiser la brûlure de sa gorge, Cendre savoura pleinement l’arrêt imposé par la duelliste. D’ailleurs, était-elle une Aspirante elle aussi ? Darshan lui avait laissé entendre que seuls les porteurs du Don étaient autorisés à entrer sous le dôme. Ou les natifs, ce qu’elle n’était donc pas. L’ancien partenaire d’entraînement de la rousse quitta ensuite le Havre d’Argent et l’attention de la Fëalocë se tourna vers elle. Elle repoussa délicatement sa demande, argumentant avec sagesse sur l’éventuelle possibilité que son Maître refuse une telle initiative.

« Je ne le connais pas assez pour savoir, mais tu as sûrement raison. Toutefois, je ne pense pas qu’il serait contre un peu d’entraînement supplémentaire ; en plus de ça, la diversité n’est jamais néfaste. »

Ses maigres connaissances à l’épée, elle les avait cultivées avec l’aide occasionnelle de son père. S’il s’était longtemps refusé à parler de son passé de guerrier, il avait cependant reconnu l’avantage de savoir se battre autrement qu’avec un arc et un poignard. Ces deux armes étaient les principaux outils du chasseur, ce qui explique que la jeune femme sache aussi bien s’en servir. Bien qu’elle soit moins agile avec la dague qu’Anoki, elle avait toutefois appris comment trancher efficacement une artère ou handicaper sévèrement la créature face à elle – car si elle a affronté quelques prédateurs, elle ne s’est jamais confrontée à un homme au corps-à-corps. Elle sait néanmoins quels endroits viser pour un maximum de dégâts, grâce aux conseils avisés de son père. Quant à l’arc… Cendre a toujours préféré l’arc. La puissance conférée par cette sensation d’être insaisissable. Si vif que la proie n’a pas le temps de voir le trait venir, si meurtrier qu’elle quitte le monde des vivants avant même de toucher le sol. A ses yeux, l’arc est l’arme parfaite pour une embuscade ou une attaque furtive. Et lorsque le clan organisait de petits jeux, en été, pour distraire les adolescents et les jeunes adultes, elle gagnait toujours cette épreuve haut-la-main. Celle-là, ainsi que celle de vitesse et d’endurance. L’écho d’une brise légère s’échoua sur son visage humide, lui arrachant un soupir de satisfaction. Machinalement, Cendre défit la lanière de cuir qui maintenait sa lourde chevelure en hauteur, refit ensuite une coiffure plus nette et serra fermement le lien par un nœud. L’opération en elle-même ne prit que quelques secondes, néanmoins ce laps du temps lui permit de préparer sa prochaine question au sujet de la jeune femme.

« Si j’ai bien compris… Tu es une Aspirante, toi aussi ? » Regard intrigué. « Je t’ai prise pour une native du dôme : tu manies bien le tsalion et semble intégrée à la communauté. Tout du moins sur les aires d’entraînement. »

Bien que son visage demeure impassible, ses pensées se dirigèrent vers un tout autre lieu tandis que Gabrielle formulait sa réponse. Ici, au milieu des cris et des fracas des armes s’entrechoquant, elle pouvait presque s’imaginer à la place de son père sur les champs de bataille. Bien évidemment, elle ne risquait rien au Havre d’Argent ; il n’y avait pas ou peu de sang, aucune réelle violence ni de désir de tuer. Et si l’effervescence qui se dégageait de l’endroit pouvait maintenir l’illusion si l’on fermait les yeux, elle n’était pas empreinte de la même brutalité. L’espace d’un court instant, l’esprit de Cendre divagua jusqu’à cette funeste nuit, mais elle repoussa bien vite ses souvenirs de peur qu’ils ne reviennent la hanter. Ses paupières vinrent dissimuler ses iris gris perle, l’aidant à chasser la peine qui voilait son cœur et elle en profita pour revenir à un sujet plus… coloré.

« En tout cas, je suis d’avis que ton oncle gagnerait à être plus connu. D’où je viens, les guerriers sont d’autant plus respectés qu’ils sont forts. Il aurait certainement eu une place de choix parmi les miens, même si je devine qu’il ne se serait pas satisfait d’une vie de nomade. » Pause et reprise. « Tu dis que j’ai l’air d’une chasseuse, c’est sûrement parce que j’en étais une. Et toi, tu as plus l’air d’une villageoise ou d’une citadine rompue à l’entraînement. Mais… Tu ne t’es jamais retrouvée face à la possibilité d'une mort imminente. Face au prédateur, ou à l’ennemi. »

Ce n’était pas une façon détournée de la blesser, encore moins de la faire se sentir plus faible qu’elle. Juste une simple constatation, énoncée d’un ton neutre et calme. Les muscles encore tièdes, elle fit quelques passes dans le vide sans toutefois parvenir à plus de résultats que lors de son échange avec la Fëalocë.

« J’apprécie que tu m’aie permis de m’entraîner avec toi, Gabrielle. »

Toujours ce ton presque solennel, posé, distant. Ce regard observateur, ces iris anthracites inquisiteurs.
Gabrielle Taeleach
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MessagePosté le: Ven 19 Oct 2012 - 00:06 Répondre en citantRevenir en haut

L'entraînement était la clef de tout. C'était l'unique façon qu'on avait de progresser dans la pratique, peu importe la discipline qu'on étudiait. Il fallait la travailler, la peaufiner. « Don't only practice your art, but force your way into its secrets, for it and knowledge can rise men to the divine. » Et une pluralité d'enseignement ne pouvait qu'aider à accéder au perfectionnement de l'art qu'était le maniement d'une lame. Car oui, c'était bien un art, c'était ce que lui avait toujours dit son oncle. Un art de tuer. Et l'épée n'était que l'outil permettant l'exécution de cet acte impie, contre-nature, qu'était le meurtre. Mais nous n'étions pas là pour parler philosophie guerrière, pas encore. Peut-être un jour, lorsque les affres de la vieillesse viendrait s'abattre sur nos deux protagonistes cela arriverait-il, mais ce n'était pas encore l'heure. Gabrielle se contenta donc de fixer l'autre Aspirante. Elle savait parfaitement qu'elle n'avait pas tort.

Elle finit tout de même par détourner le regard, observant alors les combattants face à elles. Leur terrain avait été repris par quelqu'un d'autre. C'était mieux ainsi. La rousse n'était pas à l'aise face à une débutante, sachant qu'elle devait alors retenir ses coups pour éviter le plus possible de la blesser. A l'épée ça aurait été plus simple pour elle, ne maîtrisant pas le tsalion autant que son arme de prédilection. Mais on ne faisait pas toujours comme on voulait. Son arme appuyée contre le puits, elle réfléchit, alors que sa partenaire poursuit la conversation. Elle avait toujours laissé les autres parler à sa place, n'aimant pas particulièrement entretenir la conversation. Sauf quand elle avait cette soudaine inspiration qui montait en elle, cet appel de la liberté qui la poussait à exprimer son désir de partir loin explorer d'autres mondes, d'autres pays, d'autres régions. Et dans ces cas là il y avait bien toujours une personne pour l'écouter. Mais aujourd'hui, elle était loin.

« En effet, je suis également une Aspirante. Et le maniement du tsalion est moins difficile que ce que beaucoup semblent le croire. Et quand tu maîtrise un peu la chose, s'intégrer ici n'est pas difficile. Ils cherchent le défi, et moi aussi. Fin de l'histoire. »

Bien sûr, il y avait également toute la franche camaraderie derrière, les moments passer à l'infirmerie, auprès de Nealyan par exemple, à se faire sermonner comme des gosses, parce que vous aviez frapper trop fort, entaillant l'autre sans le faire exprès. Ces moments d'attente lorsqu'un combat particulièrement intéressant, entre deux vétérans, faisait rage, les plus jeunes essayant de saisir tous les mouvements de ces êtres pétris d'expériences. C'était toujours une ambiance particulière sur le terrain d'entraînement, et la rouquine aimait bien ça. Ca la changeait tellement de son village qu'elle avait du mal à se dire qu'elle avait pu vivre sans jusqu'à présent. Enfin bon... Les réflexion qui suivirent firent hausser un sourcil à Gabrielle, qui revint à son interlocutrice, l'observant sans faillir. Plus grande que Gabrielle, cette dernière ne s'en formalisait pas vraiment, surtout dans la mesure où elle n'en restait pas moins forte. Et puis elle avait l'habitude. Elle observa ses cheveux noirs, ses yeux gris, sa peau pâle et fronça les sourcils. Moui, elle se permettait de juger bien vite. Mais elle la laissa terminer. Et la remercier. Elle se contenta de lui rendre un hochement de tête.

« Je t'en prie... Mais, contrairement à ce que tu sembles penser, mon oncle aurait adoré pouvoir vivre une vie de nomade. Il n'est pas homme à rester figé. » Simplement, il n'aurait jamais voulu amener Gabrielle sur les routes. Pas après avoir perdu son propre fils dans des circonstances pour le moins tragiques. « Du reste, tu as raison, même si ce n'est pas faute d'avoir essayé de quitter mon village. Sans y parvenir, avant que Dinjelaï ne vienne me chercher. » Dans l'idéal, elle aurait voulu partir avec son oncle, et Ash, éventuellement. Même si la mettre en danger sur les routes aurait pu quelque peu gêner Gabrielle, elle savait qu'il était fort probable que son amie l'aurait suivi. Une vraie tête de mule à n'en pas douter.

« Mais je ne vois pas pourquoi tu apprends le maniement de l'épée si tu maîtrises déjà l'archerie. » Dit celle qui apprend le maniement d'une nouvelle arme alors même qu'elle possède une maîtrise avancée du combat à main nu, de l'épée, et de bonnes bases du maniement du bâton. Elle croisa les bras devant elle, prenant appuie plus sur une jambe et repliant légèrement l'autre. « Surtout qu'en tant qu'Aspirante, tu n'as pas vraiment besoin de plus, et que se concentrer sur l'apprentissage au sujet des dragons serait peut-être mieux. »
Cendre Algoma
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MessagePosté le: Lun 22 Oct 2012 - 06:19 Répondre en citantRevenir en haut




La jolie rousse avait parfaitement raison sur ce point : elle ne devrait sans doute pas perdre son temps libre sur les terrains d’entraînement. La perspective de devenir un membre de la ville engloutie l’avait enthousiasmée, certes, mais pas autant que celle de se lier un jour à un dragon. Et bien qu’elle ait eu autrefois quelques doutes sur la véracité des dires de la Griffe, elle avait été forcée d’admettre qu’il ne mentait pas – sinon, comment expliquer le grand Brun sur lequel elle s’était envolée ? Une infime partie d’elle se confortait dans l’idée qu’elle évoluait dans un rêve, une sorte d’immense et puissante hallucination audio-visuelle qui aurait été provoquée par le choc émotionnel de la perte d’êtres chers. Mais son esprit avait beau bouillir comme si ses pensées n’étaient qu’une mixture dans un chaudron, elle savait que tout ce qu’elle voyait était parfaitement réel. Comme les écailles d’Orpheus sous ses doigts, le ton chaleureux de Darshan, la malice au fond des yeux de Dinjelaï lorsqu’elle avait fait sa présentation à la Rotonde. Et l’incroyable dôme transparent qui les protégeait tous les jours d’un océan vaste. Chaque fois qu’elle ouvrait les yeux sur cette mystérieuse cité, elle les levait vers le ciel et ne distinguait que de doux rayons bleutés ; Solyae ne lui apparaissait plus, pas depuis qu’elle était entrée au Màr. Une chose qu’un esprit défaillant n’aurait certainement pas pu imaginer, même avec toute la folie du monde. Pas son esprit en tout cas, elle n’avait pas assez de fantaisie pour croire qu’une ville entière pouvait tenir sous la force monstrueuse des eaux, avec pour toute protection une sorte de gros chaudron retourné cristallin. Par contre, les dragons… Elle avait toujours cru en eux. Cendre repoussa les morceaux épars de ses réflexions pour revenir à l’instant présent. Son égarement n’avait duré que quelques courtes secondes, pourtant Gabrielle fixait déjà son intense regard céruléen sur elle. Elle cligna une fois des yeux, prenant la parole de sa voix basse et chaude.

« Quelques semaines plus tôt, je pensais encore que les dragons tenaient plus du conte que de la réalité. Ils faisaient partie des vieilles histoires que les Anciens aimaient nous raconter. Pour nous faire… rêver, je pense. » L’éclat d’un rire perça le silence de sa pause. « Ou pour nous faire peur, qui sait. Elles parlaient souvent d’un fier guerrier chevauchant une créature magnifique, se dissimulant entre les nuages et faisant pleuvoir le feu sur ses ennemis. J’aimais ces récits. »

Une nouvelle fois, tout aussi éphémère, ses yeux contemplèrent un autre temps. Plus lointain, plus neigeux, plus lumineux aussi. Dans les dangereuses Djevelens Tenner, le clan de nomades se réunissait au coin du feu, laissant les plus endurants affronter le froid dans une chasse nécessaire à leur survie. Ces derniers ne reviendraient pas avant plusieurs heures, alors, pour distraire les jeunes, les conteurs peignaient des paysages emplis de couleurs, de sons et de vie. Nul chaudron ne gâchait alors la lueur des flammes, et les esprits enfantins pouvaient sans peine distinguer mille et une batailles entre les langues ardentes qui dévoraient lentement le bois. De tous, Cendre avait été la plus enthousiaste. Elle prenait parfois l’initiative afin d’ajouter des détails sur la brillance ou la couleur des écailles des sauriens, elle appréciait donner l’impression qu’elle en avait déjà vu un – chose bien évidemment impossible. Dans ses songes, l’enfant se révélait capable de parler aux dragons, ils lui permettaient de monter sur leur dos et de s’envoler par-dessus les cimes immaculées des Dents du Diable. C’était plaisant. Puis, avec le temps, ses préoccupations d’adulte avaient pris le pas sur ce qu’elle appellerait ensuite ses « enfantillages. » Et même si Cendre garda tout au long de son existence une affection particulière pour ces contes, jamais il ne lui vint à l’esprit qu’ils pouvaient avoir un fond de vérité. Car après tout, si c’était le cas, il aurait dû rester des traces de ces impressionnantes créatures ? Mais rêver ne suffisant pas à remplir le chaudron pour nourrir les nomades, il avait fallu laisser ces questions de côté et se mettre à la chasse. Lentement, les crépitements du foyer et les voix vibrantes des conteurs laissa place aux sons habituels des terrains d’entraînements.

« En plus de ça, être une bonne archère ne suffit pas à rester en vie. Je veux dire, à l’époque peut-être, mais si je dois me battre face à des chevaliers à moitié aussi doués que toi, je ne mettrais que peu de temps à rejoindre Isashani. » Simple constatation. « Je dois apprendre à me défendre, et à défendre mon Lié jusqu’à ce qu’il puisse le faire lui-même. Ce qui, d’après les explications de Darshan, ne saurait tarder après son Éclosion. Après tout, ce sont des prédateurs. Ils incarnent le sommet de la chaîne alimentaire… Mais moi… Moi, je ne pourrais pas tout le temps compter sur les autres pour rester en vie. »

Si tous les êtres vivants provenaient du même chaudron, il existait néanmoins une sorte de pyramide à respecter. Les moutons étaient mangé par les loups, les loups chassés par l’homme et l’homme… S’il était effectivement dans les ultimes paliers, il n’en demeurait pas moins faible en comparaison d’autres prédateurs. Sa peau sans armure, ses yeux incapables de voir dans le noir, son ouïe pas assez puissante, l’absence de griffes ou de crocs. Autant d’infimes détails qui, une fois réunis, pouvait faire douter quant à leur statut de « prédateur » ; pour certains animaux, ils n’étaient rien de plus que des proies un peu récalcitrantes et, parfois, dangereuses. Alors que les dragons. Les dragons, il n’y avait pas le moindre doute à leur sujet. Aucun dragon en pleine possession de ses capacités ne finirait dans le chaudron d’un homme. Ils étaient puissants, vifs, intelligents, meurtriers. Et leur possible beauté – car tous n’arboraient pas des couleurs chatoyantes ou un physique réellement gracieux – n’était rien en comparaison de leur majesté et de la sauvagerie qui brûlait dans leurs prunelles. Elle n’avait contemplé d’aussi près qu’Orpheus, et d’après ce qu’elle avait pu voir ici, il n’était pas le plus impressionnant. De quoi effrayer les nouveaux Aspirants. Ainsi que leur faire oublier le fait qu’ils ne côtoyaient pas seulement les « Liés de leurs maîtres » mais aussi, et surtout, des sauriens gigantesques et qui pourraient ne faire qu’une bouchée d’eux. Elle aurait aimé observer l’âme sœur draconique de la Dame du Kaerl. Ce devait être une créature fascinante.

« Attends, tu as dit que Dinjelaï était ta maîtresse ? Dinjelaï, la Dame ? »

Sa surprise s’exprima par un brusque froncement de sourcils, une flamme dans le regard et l’ouverture peu élégante de sa bouche. Elle pencha la tête sur le côté, s’appuyant à son tour contre le puits de pierres, attendit. Pour elle, que son propre mentor soit la Griffe du Màr Englouti ne signifiait pas autant… En fait, si, elle était impressionnée. Il aurait fallu lui faire manger un chaudron entier concocté par la guérisseuse du clan pour le lui faire avouer, mais elle éprouvait un respect bien plus grand pour Darshan qu’elle ne le devrait puisqu’elle ne le connaissait que depuis moins d’un mois. Il n’avait rien fait de concret, mis à part la prendre sous son aile et lui dire que les dragons existaient. Mais cela suffisait à la jeune femme pour qu’elle porte sur lui un regard rempli d’un intérêt respectueux. Si elle l’appréciait ? Sans doute… Elle se ferait une opinion plus concrète sur le sujet plus tard. Il ne fallait pas mettre chaudron avant que le feu ne soit prêt. Pensive, Cendre esquissa un doux sourire.

« Au sujet de ton oncle… S’il le désire, plus tard, lorsque nous serons devenues d’intrépides Chevalières, je pourrais lui montrer là d’où je viens. A toi aussi ! Mais il faudra choisir une autre saison que l’hiver, si vous tenez à vos doigts. » Ce n’était qu’une boutade, pas une véritable provocation. La malice transparaissait dans sa voix légère. « Et toi, Gabrielle, tu n’étudies pas les dragons ? »
Gabrielle Taeleach
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MessagePosté le: Mar 23 Oct 2012 - 10:29 Répondre en citantRevenir en haut

Il était clair qu'aller imaginer quelque chose comme le Màr Luimë était difficile. Une ville engloutie... Il n'y avait pas que les esprits malades pour pouvoir l'imaginer, ceux fertiles en imagination le pouvaient aussi. Et si ça avait été le cas de Gabrielle dans sa jeunesse, elle avait fini par devenir une personne plus terre à terre. Une « esclave de la logique » comme diraient certains, incapable de faire preuve de ce qu'ils dénigrent ou tout du moins, d'imaginer qu'il puisse en exister ailleurs que dans les sciences. Mais même si l'existence des dragons lui avait semblé impossible, maintenant qu'elle les avait vu, elle ne pouvait qu'admettre leur existence. Sans même parler de son arrivée ici. Et contrairement à Cendre, elle n'avait subit aucun choc avant de voir débarquer Dinjelaï et Anareinth dans sa vie, pour ne pas en sortir de si tôt, encore plus dans la mesure où ils étaient actuellement à la tête du Kaerl. M'enfin. Toujours était-il que tout comme Cendre, elle avait cessé de croire, passé l'enfance, en l'existence des dragons, malgré les nombreuses légendes et histoires à leur sujet. Et elle avait beau se dire qu'il n'y avait jamais de fumée sans feu, pour elle, il aurait été exagéré de prétendre à l'existence de ces êtres mythiques. Et puis, où auraient-ils pu se cacher, hein ? Enfin, pour elle, ça posait trop de problèmes logistiques. Jusqu'à ce qu'elle les voit de ses propres yeux, mais ça...

Elle hocha la tête lorsque son interlocutrice acheva de parler des dragons et de leurs récits légendaires. Oui, tout le monde les connaissait, ou presque. Et aucun doute que la plupart des Aspirants venus d'ailleurs, ces légendes n'existaient que pour les enfants ou pour être raconté autour d'un feu, pour rêver encore un peu à son enfance, dans un silence d'écoute presque religieux, où seul le craquement de l'âtre dansant venait troubler le récit.

Finalement, Cendre lui fit remarquer que si elle ne savait pas se défendre, elle risquait de ne pas faire long feu. Gabrielle haussa alors les épaules. C'est vrai que si elle se destinait à un avenir de combattante, elle aurait besoin de savoir se battre, mais le Kaerl regorgeait d'autres possibilités. Il suffisait de voir la vieille Nealyan. Avait-elle besoin de se battre pour sa survie ? En dehors de lutter contre une probable arthrose, non, elle était hors de danger, et elle sortait du Kaerl, pour aller recueillir parfois quelques plantes particulières, nécessaires à des potions dont elle tenait secrète les recettes. Il y avait aussi l'ancien Seigneur du Kaerl, Folken, qui n'était jamais qu'un archiviste, un homme de lettre, qui n'avait pas à sortir sauf pour dégourdir les ailes de son dragon. Et des exemples comme ça, il y en avait à la pelle. Même si elle était l'Aspirante de la Griffe, ça ne signifiait pas qu'elle devait forcément s'orienter vers ce type de fonction. La preuve en est qu'elle-même était l'Aspirante de Dinjelaï, et pourtant il était fort probable qu'elle se forme au combat plus qu'aux connaissances. On pouvait très bien vivre sans avoir à se battre pour ça. Même si évidemment, savoir manier une lame était un avantage non négligeable. Néanmoins... Une épée ne serait pas forcément l'arme la plus adaptée pour Cendre. Même si ça, c'était à elle de voir. Il s'agissait tout de même d'une arme qui pouvait facilement se révéler encombrante, et si on en faisait pas un usage régulier, il était simple de perdre ses habitudes. Son regard se portant sur le terrain d'entraînement, la rouquine restait dubitative quant à l'envie d'apprendre à manier une arme de Cendre.

« Même si c'est une chose honorable que tu veux faire, en apprenant le maniement de l'épée, il ne s'agit pas là d'une chose nécessaire à ta survie. Pas dans ce Kaerl. Nous ne sommes pas à l'abri des conflits, bien sûr, mais rien ne te force à partir au front, ni à t'engager dans des missions armées. »

Et puis ce n'était pas comme chez les Ardents, où il fallait se méfier même de ses amis. Mais ça... C'était encore une autre histoire. Chez les Neutres, les choses étaient plus mitigés. Il pouvait évidemment arriver qu'il y ait des conflits, et des lieux peu fréquentables aussi, où se munir d'une arme pouvait être nécessaire, mais dans l'ensemble, il n'était guère dangereux de vivre dans les environs. Surtout en tant que Chevalier Dragon. Elle releva son visage vers Cendre lorsque celle-ci lui demanda de confirmer que Dinjelaï était bien sa maîtresse. « Hum ? Oui, en effet. C'est elle qui est venue me chercher, et donc de fil en aiguille... » Aux yeux de Gabrielle, ce n'était pas quelque chose de particulièrement exceptionnel. Déjà parce que la Dame avait d'autres Aspirants sous son aile, et ensuite parce qu'elle n'avait aucune raison de se vanter du succès de quelqu'un d'autre, alors qu'elle-même était tout en bas de l'échelle à l'heure actuelle. Enfin... Pas tout à fait, mais en tout cas elle n'avait rien accompli de particulier à l'heure actuelle. A part parvenir à s'intégrer dans le Màr, et accomplir une mission en Orën. Mais ce n'était pas grand chose à ses yeux. Plus que ce qu'elle avait pu faire jusqu'à présent, certes, mais rien de bien extraordinaire. Et même si elle appréciait énormément Din, elle considérait qu'il n'y avait rien de particulier dans le fait d'être son Aspirante.

Un léger sourire, particulièrement doux, quoiqu'un peu nostalgique vint se dessiner sur ses lèvres à la proposition de Cendre. « Je suis certaine qu'il serait particulièrement heureux d'un tel voyage. » Cette perspective était plaisante, mais elle poussa un soupir. « Néanmoins, il est interdit de révéler l'existence des dragons à quiconque n'ayant pas le don ou n'appartenant pas à un village partenaire. Je doute donc qu'il soit possible de faire ça, mais qui sait. Mar sin féin*, nous avons encore bien du temps avant de devenir d'intrépides chevalières, comme tu le dis si bien ! » Et finalement la dernière question qui vint. Elle haussa un sourcil. La réponse à la question lui semblait terriblement évidente.

« Oui, bien sûr. Mais je considère que l'apprentissage doit aussi passer par l'intégration dans le Kaerl. Il n'y a pas que les dragons. Même s'il n'est pas nécessaire de s'entraîner à l'épée, comme je l'ai déjà dit. » Oui, elle insistait un peu sur ce point. Ce n'était pas contre Cendre, mais simplement et bien... Ca serait trop simple de se bloquer des voies en insistant sur quelque chose qui n'était pas nécessaire, alors que le Kaerl avait tant à offrir.

[*De toute façon]
Cendre Algoma
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MessagePosté le: Jeu 1 Nov 2012 - 01:20 Répondre en citantRevenir en haut




Pour Cendre, il était assez étonnant de s'entendre dire qu'elle pouvait très bien se tenir à l'écart des conflits armés. De rester à l'abri, au cœur du Kaerl. C'était assez incongru de se sentir... protégée lorsque l'on avait dû se battre toute sa vie pour survivre. Et à bien y réfléchir, Gabrielle avait en quelque sorte raison : elle n'était pas obligée de faire tout ça. Le maniement de l'épée ne lui servirait à rien si elle restait derrière les fières protections des Engloutis. Sauf qu'elle ne s'était jamais imaginée... passive. Depuis que Darhsan été venu à elle, quelques semaines plus tôt, de nombreux fantasmes lui étaient apparu au sujet du futur. Elle se voyait grande guerrière, à rechercher d'éventuels Aspirants à travers Rhaëg, mais aussi, plus rarement, à fouiller d'antiques lieux. Elle y dénichait des trésors, des écrits inestimables... Des rêves d'enfant, rien de plus. Néanmoins ils lui permettaient de tenir éloignées les images de cette dernière nuit sur le continent, durant laquelle elle avait dû enterrer les siens puis abandonner son frère cadet. Que pensait Anoki de son départ ? Tel qu'elle le connaissait, il n'était sûrement pas ravi, mais elle espérait qu'il comprenait. Elle aurait aimé conserver le contact, toutefois son absence de savoir et le secret qui devait demeurer autour du Màr l'isolaient contre son gré. Quant bien même aurait-elle eu le privilège de vivre une Empreinte, d'être libre de ses mouvements, la Fëalocë venait de lui rappeler que même en ayant atteint le statut de Chevalier, cela ne voulait pas dire que l'on était autorisé à dévoiler le Secret à n'importe qui. Fort heureusement pour la jeune femme, Anoki était au courant et son village faisait désormais partie des « villages-partenaires » du Kaerl. Il suffirait donc qu'elle apprenne à écrire... Et qu'elle trouve un moyen de faire remettre ses messages de façon sûre. Elle repoussa ses interrogations à plus tard.

« Je comprends ce que tu veux dire, mais pour moi c'est important. Je ne compte pas passer ma nouvelle vie à éviter les combats ou à vivre ici en les fuyant. Je ne me vois pas... »

Les mots moururent lentement. Elle ne se voyait pas quoi ? Savante ? Guérisseuse ? Pourquoi pas l'un ou l'autre après tout ? Elle aurait tout le temps d'apprendre, ici et les maîtres ne manquaient pas. Elle pourrait prendre conseil auprès de la vieille femme qui tenait l'infirmerie... Ou même trouver quelqu'un qui aurait le temps de lui apprendre à lire correctement. Darshan ? Sans doute. Quant à être « savante »... Elle était passionnée par les dragons, certes, mais la détermination dont elle faisait preuve à s'intégrer suffirait-elle à l'amener à côtoyer des sauriens ? Pour l'instant, le seul dont elle avait eu le plaisir de partager la compagnie était Orpheus. Et ce n'était que le temps d'un voyage aérien, après il n'avait pas réapparu assez longtemps pour qu'elle ose engager la conversation. Elle avait beau se trouver entourée de dragons, il n'y en avait pas un qui se serait posé dix minutes pour qu'elle puisse l'aborder. Et pourtant... Pourtant elle passait parfois des heures à les regarder voler, sous le large dôme des Engloutis, disparaissant parfois dans l'Interstice ou en surgissant dans un battement d'ailes puissant pour ensuite se poser plus loin. Une palette infinie de couleurs, de teintes, de tailles et aussi de morphologie – bien que la majeure partie des dragons se ressemblent, de loin, elle s'était vite rendue compte qu'il existait un nombre incalculable de différences entre ne serait-ce que deux représentants de cette race.

« Non, je ne pourrais pas simplement rester à l'abri dans le Kaerl. Je veux voir le monde, je veux en apprendre plus sur les dragons et sur les autres Kaerls. Et ça... C'est assez risqué, je pense. »

Cendre se redressa, faisant jouer ses muscles pour éviter qu'ils ne refroidissent trop vite. La lame brilla un instant dans sa main avant de tournoyer lentement. Gabrielle avait malgré tout raison ; elle ne se sentait pas suffisamment à l'aise avec une épée pour en faire une seconde arme. Seul son arc lui était familier. Néanmoins le sentiment d'insécurité persisterait jusqu'à ce qu'elle trouve un moyen de se défendre au corps-à-corps... Mais elle avait encore le temps d'y songer. La jeune femme s'éloigna brièvement pour aller reposer l'arme puis revint vers la Fëalocë ; elle inclina la tête vers elle.

« Je dois m'en aller. D'autres obligations m'attendent. J'espère que nos chemins pourront se recroiser, Gabrielle. Et ils le feront sûrement puisque nous sommes Aspirantes. »

Un sourire frôla ses lèvres. Elle tourna des talons et s'éloigna des terrains d'entraînement, sans plus de cérémonie. Ce n'était pas un adieu, elle le savait. Le Màr avait beau être un endroit fabuleusement grand et plein de vie, elle finirait par retrouver Gabrielle. Surtout qu'elle savait que sa Maîtresse était Dinjelaï, ce qui pourrait lui servir plus tard. Mais pour aujourd'hui, elle ne pouvait plus se permettre de perdre du temps et devait rallier l'Agora pour y retrouver son Maître. L'heure des leçons était venue.
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