Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [RP] Bal du Printemps Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 535
Présentation: URL
RPs: 1 115
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Dim 23 Sep 2012 - 15:37 Répondre en citantRevenir en haut

Début Iolyaku 918


Estenir releva un peu la tête au dessus du trône pour le moment vide de son lié. Du monde était déjà présent dans le Mahalma pour l'une des grandes fêtes de cette année. Une nouvelle saison venait de poindre et le Seigneur Ardent avait tenu à ce que celle-ci se fasse en grande pompe. Le dragon noir s'en étonnait encore. Le vieux mercenaire n'était pourtant pas du genre festif et même le jour de son intronisation, il n'avait pas organisé de festivités... Mais là, les choses étaient bien différentes. Le saurien cendreux n'avait pas eu besoin de lui demander les raisons exactes. Il lui était si facile de les deviner.

Et en ce jour qui se voulait glorieux pour tout le Kaerl, le Mahalma avait été somptueusement décoré. Les tentures aux armes du Màr Taralom pendaient sur la totalité des murs, accompagnées dans leur long par la présence de cascades de fleurs, qui elles aussi avaient été choisies avec soin pour marqué l'importance de cette journée. Une journée de renouveau, de renaissance, d'avancée !

Un des sangs avait suggéré de faire les fêtes de l'Equinoxe de Printemps. Alauwyr avait opté pour le mois suivant : Iolyaku. Nom du mois qui représentait Iolya Car elle était en plus d'être la fille de Gaia et d'Ouranos, la déesse qui selon les légendes écrites, celle qui protégea Flarmya de la fureur même d'Ouranos, quand le dieu tempétueux avait découvert le jeu même de la Mère des Dragons. Grâce à son dévouement, les dragons étaient là et vivaient dans la pleine force de leur espèce. Et pour renforcer les fleurs choisies étaient des iris. Mais pas n'importe quel iris. Chacun des pétales en partant du coeur de chaque fleur était d'un beau mauve éclatant et qui virait sur un rouge feu de dragon, donnant là une touche de couleur presque surréaliste. Et bien entendu les fleurs disposées en guirlande sur les tentures et les colonnades avaient été disposées de telle sorte qu'elles donnaient l'illusion d'avoir poussé rien que pour ce jour exceptionnel.

Mais pourquoi donc cette fête devait être donc exceptionnelle ? Alauwyr tenait à ce qu'elle le soit pour plusieurs raisons. Raisons qu'il énoncerait quand il serait bien entendu. Mais voilà, il n'était pas là. Enfin si, Estenir le sentait approcher. Heureusement que les ''invités'' (tout habitant du Kaerl Ardent qui avait eu la volonté de se déplacer) avaient eu droit aux passages généreux des serveurs pour leur faire passer des boissons au choix. Sur le côté de l'immense salle, un orchestre attendait dignement que leur tour vienne. A leur opposé se dressait un immense banquet, composé de victuailles en tout genre, venant de tous les horizons de Rhaëg. Il n'attendait plus que le passage des mains gourmandes.

Quelques murmures résonnaient aux oreilles du dragon noir. Certains convives se demandaient eux aussi, ce que faisait le Seigneur. Alauwyr aimait se faire attendre parfois.

Les portes du Mahalma s'ouvrirent en grand. Un des gardes en faction accomplit alors sa petite tâche :

''Messires et Dames, Le Seigneur Ardent Iskuvar ! ''

Les quelques personnes qui se trouvaient sur l'allée centrale s'écartèrent aussitôt. Un léger silencieux révérenciel se fit au passage du Maître Noir, qui fit son apparition tête haute. Un léger sourire s'affichait sur son visage blême et couturé de cicatrices. Un regard attentif pourrait voir qu'il marchait avec une jambe un peu raide, conséquence d'une mésaventure récente. Mais cela n'empêchera pas à Alauwyr de faire ce qu'il avait à faire. Rejoignant son trône, il fit dos à son lié, qui entrouvrait un peu ses ailes. Le regard abyssal du Seigneur se posa sur l'assemblée, s'attardant quelques secondes de plus sur certains visages connus. Il ne doutait pas que certains de ses opposants étaient venus là pour avoir une occasion de se donner de l'importance et de trouver encore de quoi converser sur le dos de leur souverain dans un recoin discret. De ça, Alauwyr s'en fichait complètement. Chaque chose venait en son temps pour leur faire payer un jour prochain.

Toujours souriant, il prit la parole. Certains Ardents n'attendaient que cela, avec fébrilité.

''Membres de notre Kaerl. Aujourd'hui, les festivités de Printemps qui s'ouvrent à vous ne sont pas comme les autres. Aujourd'hui, elles vont couronner la gloire de notre Kaerl. Pour notre kaerl mais aussi pour Iolya, pour qui ce mois et ces fêtes lui sont consacrées. Par sa bienveillance, elle préserva Flarmya du courroux d'Ouranos. Et pour Flarmya, qui par son amour et sa passion a offert à ce monde les dragons, nos frères d'âme et d'esprit ! Sans eux, nous ne sommes qu'une pauvre moitié errante sur le Rhaeg. Sans eux, tout ce que représente le kaerl n'existerait pas. Aujourd'hui nous ouvrons ce bal en l'honneur de la sagesse d'Iolya et de Flarmya et de la puissance de nos dragons !''

Un serviteur apporta discrètement un verre d'hydromel à Alauwyr. Le Seigneur le prit de la min droite et se prépara à le lever vers l'assemblée de ses convives.

''Grâce à eux, et je puis l'annoncer : une expédition est revenue de Qahra, accomplissant bien au delà des espérances du Kaerl leur mission, qui avait été de trouver un lieu adéquate pour la consistance future d'un avant-poste ardent en dehors des frontières des terres de l'Aube. Les valeureux Ardents Sayuri Yaru-Nosta, Lyssa Ciniver, Lilwen Izil et Alecto de Sigvald, en compagnie de leurs liés, nous ouvrent une porte pour un avenir proche. Celui du retour des chevaliers-dragons sur le Rhaëg ! Avec la sagesse de nos liés, nous ne commettront pas les mêmes erreurs que nos lointains ancêtres. ''

Il avait fait exprès d'occulter le nom 'Valheru''. Puis il leva son verre vers les Ardents qui lui faisaient face.

''A vous Membres Ardents ! A vous et à la Gloire de notre Kaerl, sous le regard des Dieux et de la force de nos Dragons ! Dansez et festoyez au nom notre notre avenir qui s'ouvre désormais devant nous ! ''
''Et joyeux anniversaire à notre souverain !''

Quelques regards se retournèrent pour savoir qui avait dit cela ? Etait-ce aussi l'anniversaire de leur souverain ? Alauwyr se contenta de rire et de lever bien haut son verre.

''Certains ont le sens de l'humour. Et à un moment des festivités, je vous annoncerai le nom de trois nouveaux sangs qui siégeront au Concile ! Au Màr Taralom ! Et que les festivités commencent !

Sous les derniers mots du Seigneur, l'orchestre lança un morceau de musique triomphale avant d'entamer dans la suite de son répertoire pour lancer le rythme des danses et de la fête.



Publicité





MessagePosté le: Dim 23 Sep 2012 - 15:37 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Narcisse d'Istelsten
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Lun 24 Sep 2012 - 09:13 Répondre en citantRevenir en haut

Narcisse d’Istelsten, comme tout Ardente qui se respecte, avait reçu un carton d’invitation pour le Bal du Printemps.

Dans sa chambre, elle inspecta le contenu de son armoire. Par chance, Elendel Hastin, son Maître, avait fort bon goût et acheté la tenue qu’elle souhaitait porter : une magnifique robe au bleu chatoyant, brodée de fils d’or et d’argent. Une broche en or sertie de perles y était épinglée. D’une coupe très pure et stylée, elle mettait en valeur sa fine silhouette, à défaut de la rendre rayonnante de bonheur. Avant de s’habiller, elle devait toutefois se laver, car elle avait passé la journée à s’agiter, lorsqu’il avait fallu remettre prestement une lettre à un homme de connaissance d’Elendel Hastin.
Trois quart d’heure plus tard, elle s’examinait d’un œil critique dans le grand miroir apposé sur l’armoire. Ses cheveux brillants, attachés sur la nuque, ajoutait une note d’élégance à sa tenue. Son teint, légèrement hâlé en ce début de printemps, était rehaussé par les coloris de sa robe. Une robe dont le décolleté paraissait soudain très osé, quand bien même ne dévoilait-il pas le creux de ses seins. Cela ne lui paraissait pas très sage de se montrer ainsi devant un homme qu’elle s’était tentée à séduire…et qui ne l’avait probablement pas oublié ! Anaviel Myst Indalwë se montrera-t-il à une pareille mascarade ? En soupirant, elle ouvrit de nouveau son armoire. Mais elle ne contenait aucun autre vêtement adapté à la circonstance. Elle se surprit à regretter l’amour d’Elendel Hastin pour les femmes séduisantes et féminines. S’il avait été moins pointilleux sur le sujet, peut-être lui aurait-il acheté, un jour, une robe dont le col ne dévoile pas la chair blanche de son aspirante. Bien sûr, elle pouvait aussi rester terrée dans sa chambre. Qui remarquerait son absence après tout ?

Malgré le goût du Seigneur Iskuvar pour le rouge et les coloris sombres, la fête promettait d’être somptueuse. Un détail interloqua cependant l’aspirante : « Et à un moment des festivités, je vous annoncerai le nom des trois nouveaux sangs qui siégeront au Concile ! Au Màr Tàralöm ! » avait-il dit, d’une voix forte et presque enjouée. De nouveaux Sangs ? Narcisse d’Istelsten voyait ses chances d’accéder aux hautes sphères du pouvoir en place diminuer fortement et son cœur se serra. Elle avait envie de crier sa révolte, mais était trop anéantie par ce qui venait de se dire pour se laisser aller à l’explosion. Elle ne savait plus vraiment qui elle était. Spontanément, elle avait désiré monter plus haut encore, pour son Maître, pour elle, mais elle n’aimait pas la façon dont se déroulaient les choses. Son statut d’aspirante la limitait à la servitude, au devoir et à l’obéissance. Elle serra les poings, enfonçant ses ongles dans la chair de ses mains. Et le pire dans tout ça, c’est qu’elle y croyait dur comme fer !

Elle s’était isolée de la masse, s’installant dans un coin du Mahalma, une coupe à la main. Certains dansaient déjà, les couples se formaient et les rires couvraient les plaintes des enfants, qui ne trouvaient aucun intérêt à cette fête. Les danseurs se comportaient en bons amis, joyeux et libres, plutôt qu’amants. Certains, plus vicieux, prenaient plaisir à critiquer femmes et hommes de bons pas et Narcisse eut quelques doutes quant à la l’hypothèse qu’ils n’en prennent pas ombrage. L’aspirante, Harriet Saalfeld, n’avait pas de cavalier. Elle était l’une des seules jeunes filles de son âge à rester assise. Il y avait quelque chose de surprenant, car le nombre des danseurs était équilibrée et elle avait longtemps évoqué son impatience à se présenter à ce bal. Si Narcisse n’avait pas été si éloignée, elle lui aurait chuchoté à l’oreille qu’elle ne ratait rien et qu’il valait mieux pour elle se tenir à l’écart de ce beau monde. Personne n’était fréquentable. Personne. Son regard d’argent se porta sur le Seigneur Noir, confortablement installé dans le creux de son trône : pas même lui.

- Une année de plus et toujours sans femme et enfants, marmonna la jeune femme, à sa seule personne.

Elle avala quelques gorgées d’alcool puis termina sur ces mots :

- Même au Kaerl Ardent, un Seigneur marié et entouré d’héritiers ferait plus d’adeptes qu’un homme seul et cynique, au mauvais caractère, sans aucune délicatesse aucune envers les femmes, attiré par la seule lame des épées, odieux, hautain, arrogant, prétentieux, hypocrite et imbécile !

Elle posa si brutalement son verre sur la table à ses côtés qu’il se brisa dans ses mains. Fort heureusement, elle n’était pas entourée d’une foule suffisamment compacte pour attirer leur attention sur sa seule personne. Elle sécha ses mains dans une serviette de toile puis quitta son refuge, pour rejoindre le coin opposé du Mahalma. Que faisait-elle donc ici ? Fallait-il que le devoir lui dicte d’être là, alors qu’elle avait eu le choix de se présenter ? Qu’importe : tant qu’elle ne se faisait remarquer par aucune de ses connaissances, la soirée promettrait d’être somptueuse et sans accrochage. Son accident du mois dernier, duquel Elendel Hastin l'avait sauvé, lui avait laissé une vilaine marque au bras que seuls les fars pouvaient masquer. Un éboulement. Un éboulement, qui avait fait d'elle la plus dévouée des aspirantes. Si l'histoire s'était ébruitée au Kaerl tout entier, alors cela avait échappé à l'aspirante : on ne lui accordait pas un regard.
Yuma Amarok
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Lun 24 Sep 2012 - 23:42 Répondre en citantRevenir en haut

Nemuri avait tenté de le faire, durant des jours. Sans résultat. Aucune connaissance ne lui revenait à l'esprit pour lui permettre pareil prodige. Comment en espérer la moindre bribe lorsqu'on n'avait que trois malheureux mois d'existence. Hélas, il lui faudrait encore attendre avant de parvenir à ses fins. Pourtant, cet évènement, si important pour les bipèdes, aurait dû lui permettre de représenter toute la gloire qui était due à son lié. Elle ne pouvait ignorer les railleries qui cinglaient parfois dans le dos de deux âmes dont le destin n'aurait pas dû être le même. Une Bleue, n'était pas destinée à un homme. Rien n'aurait pu justifier que Flarmya eût fait pareil choix pour les guider. Si elle se contentait d'écouter sans émettre son opinion, la dragonne ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle représentât une honte pour lui. Un mâle eut été plus saillant pour un guerrier, mais, elle tenait tout particulièrement à se faire implacable, plus subtile qu'une incarnate et plus terrible qu'un bronze. Plus le Savoir de ses ancêtres faisait surface dans son esprit, plus l'enfant devenait adulte. Il semblait que la liée de Yuma Amarok , fût de celles dont la maturité surviendrait fort tôt, suffisamment en tout cas, pour imposer le silence au plus belliqueux des Empereurs Noirs. Alors que des pensées nouvelles affluaient dans sa mémoire chaque jour, elle s'était promis de devenir son bouclier et sa lance, lorsqu'il en serait dépourvu. De cette âme bipède, Nemuri avait hérité la fierté, quand bien même était-elle un coeur aussi glacé qu'une nuit d'hiver.

Perchée sur le lit de Yuma, la dragonnette observait ce dernier se préparer. L'idée d'un Bal ne le révulsait pas. Comment ne pas comprendre vers quoi les idées d'un jeune homme se portaient ? La proximité avec les bipèdes aux courbes graciles n'était pas innocente à sa volonté de s'y rendre. Si elle avait en eu la capacité, Nemuri aurait peut-être eu le bonheur d'être parmi elles. Ces coutumes telles que la danse et autres aventures, demeuraient un mystère pour Nemuri. Les dieux savaient pourtant combien elle n'aurait pas rechigné quant à apprendre. Que serait donc une petite femelle, au beau milieu de ces femmes, qui savaient parfaitement se mouvoir sur deux pattes ?
La Bleue fit quelques pas en direction de son lié, bondissant du lit pour se placer à ses côtés. Elle penchait la tête. Elle avait ouï dire que les femmes mettaient plus de temps à s'apprêter. En tant que saurien, elle n'avait guère besoin de tout ceci. Comment aurait-elle fait si elle avait dû emprunter la silhouette d'une bipède ? Elle ne savait pas ce que "se faire belle" signifiait à leurs yeux. Elle n'y avait jamais pensé de la même façon que celles sur lesquelles les yeux de Yuma se promèneraient bientôt. Sa taille lui permettait d'arriver désormais au niveau de la taille de son âme-soeur, constata-t-elle soudainement, alors que ses prunelles grisées se détaillaient mutuellement dans le miroir. Ses traits de bébé avait laissé place à ceux d'une dragonne en pleine croissance, allant vers une apparence plus impressionnante.

Il ne leur fallut guère que quelques minutes de plus pour se tenir prêts. Toujours prompt à porter les atours de son peuple, Yuma s'était vêtu de bleu et d'argent principalement, bien que des gantelets d'une teinte dorée s'en venaient recouvrir ses avant-bras. Malgré un pantalon noir et une paire de bottes soignés pour l'occasion, une longue tunique de soie d'un gris-bleu perlé le recouvrait, serrée à la ceinture par un cordon tressé d'azur et d'argenté. Ses manches étaient amples, cerclées d'une teinte profonde, oscillant entre le bleu et le noir, non sans rappeler sa longue crinière. Cette dernière était à demi nouée soigneusement derrière sa tête, par une lanière de cuir sombre, tandis que le reste cascadait jusqu'au creux de ses reins, en toute liberté.
Lui qui n'appréciait pas en faire trop, il avait été servi par les conseils de quelques amies, qui avait farfouillé allègrement dans ses affaires pour lui fournir la tenue adéquate. Le voilà qui se promenait donc avec une allure princière, bien malgré lui, il fallait bien l'avouer. Ecartant légèrement le col de sa tunique d'un mouvement de l'index, il tacha de conserver un air digne, tout en détaillant la salle du Mahalma, somptueusement décorée pour l'occasion. Pour un instant, le jeune chevalier fougueux et peu soucieux de son apparence, s'était éclipsé pour céder sa place au fils de la noble famille Amarok. A ses côtés, Nemuri s'avançait, tout aussi fièrement que le flot d'une rivière au milieu d'une plaine sauvage.

Ce fut d'une oreille fort distraite qu'il écouta le discours du Seigneur des lieux, lui ayant jeté un bref coup d'oeil, lui signifiant qu'il n'avait pas oublié leur précédente rixe dans l'Observatoire. Peut-être n'était-il pas parvenu à ses fins, mais, Yuma n'oubliait pas. Ainsi ses iris mauves se plongèrent-ils un bref instant dans les abysses d'Alauwyr Iskuvar, avant de s'en éclipser aussi vite. Pour l'heure, le jeune homme avait bien d'autres attentions à avoir. La conquête de Qahra ne le concernait nullement. Comment se vanter d'obtenir le respect d'un peuple de la façon dont il avait été obtenu ? Quand bien même appartenait-il à la caste des ardents, jamais il ne reconnaîtrait un tel acte comme juste.
Quant aux nouveaux Sangs du Concile, il ne se sentait pas plus intéressé par la nouvelle non-plus. Qui avait-on tué pour mettre de nouveaux pantins à la place des anciens ? La question se promenait dans son esprit, sans pour autant y tenir une place suffisante pour gâcher sa soirée.

Une voix, qui ne lui était pas inconnue, venait de retentir tout près de lui. Un léger sourire amusé se dessina sur ses lèvres, alors qu'il contournait une silhouette familière. Ce timbre emporté, cette façon de s'exprimer très amusante... Il se souvenait les avoir entendus quelques temps plus tôt, sous la teinte écarlate de l'arbre du Val. Quant au verre cassé, il ne songeait pas en avoir vu de tels aussi vite dans une soirée. C'était à croire que cette femme était pleine de surprises. Que de colère se promenait encore dans ses mots et ses actes ! Aussi ne trouva-t-il rien de mieux que de venir la titiller un peu. Toujours amusé, il fit donc son chemin au milieu des convives pour la suivre.

- Toujours aussi douée pour déverser les adjectifs dévalorisants les uns après les autres, n'est-ce pas, Narcisse d'Istelsten ?

Elle avait bien meilleure allure que le jour de leur rencontre et semblait avoir retrouvé toute sa forme. Le demi-sang garda toutefois une distance respectable, sachant bien que la jeune femme avait parfois la main très leste, du moins, l'avait-elle prouvé en sa présence, la dernière fois.

- Voilà longtemps qu'on ne s'était vu, poursuivit-il, votre formation d'aspirante se passe-t-elle bien ?

Il la vouvoyait. C'était différent de leur première entrevue. Le sens des convenances, tout ça... Intriguée, Nemuri leva un oeil perplexe dans sa direction, sans pour autant faire montre de commentaires. En ce qui la concernait, cette fête n'avait guère d'intérêt, après tout. Grognant légèrement, elle délaissa donc son lié, à la recherche d'un endroit tranquille, où elle aurait tout le loisir de se reposer sans être dérangée.

*Ne sois pas jalouse.* Demanda Yuma en la regardant partir.

*Je ne le suis pas.* Répondit-elle, non sans employer un ton détaché. *Je n'apprécie pas tout ce monde, j'ai grand besoin de calme.*

Elle ne mentait pas, son lié le savait amplement. Aussi la laissa-t-il s'éloigner sans rechigner : il aurait tout le temps d'aller la chercher dans quelques temps. Pour l'heure, il se demandait bien quelle serait la réaction de son interlocutrice, lorsqu'il s'adresserait de nouveau à elle. Dans tous les cas, cela promettait d'être amusant. Souriant sincèrement, Yuma se pencha donc légèrement dans la direction de la demoiselle, tendant une main, sertie de deux anneaux d'argent, vers elle :

- Notre dernière danse était un peu violente. Puis-je me permettre de proposer une danse plus douce ?
Lilwen Izil
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mer 26 Sep 2012 - 15:23 Répondre en citantRevenir en haut

Le miroir en face d’elle renvoyait à Lilwen une image qui lui convenait parfaitement. La robe d’un rouge sombre rehaussée de broderie rouge sang qu’elle avait fait faire pour l’occasion lui allait comme une seconde peau. Le bustier, lacé d’un ruban de soie noir dans le dos dévoilait la peau clair de ses épaules. Le tissu, doux au toucher, tombait gracieusement jusqu’au sol qu’il frôlait légèrement sans la gêner outre mesure. La coupe simple donnait d’autant plus de panache à l’ensemble qu’elle ne supportait pas ces robes meringuées qui empêchait tout mouvement. Elle ne portait pour l’occasion d’un seul bijou, un simple pendentif présentant un seul et unique rubis, de la taille d’un petit bouton. Bien entendu, jamais elle n’aurait été à un tel évènement sans pour autant emporter quelque uns de ces objets fétiches. Ainsi, attachée grâce à une lanière de cuivre à sa cuisse, elle emportait avec elle une dague et deux petits poisons de sa confection cachés dans son bustier. Elle avait finalement relevé ses cheveux en un chignon lâche qui laissait pendre quelques mèches de ses cheveux noirs.

Avec un sourire, elle se retourna pour faire face à sa liée. L’incarnate était tout simplement magnifique. Lovée sur le balcon, ses écailles d’un vermeil sanglant brillaient comme en plein soleil. Lilwen avait ordonné à deux serviteurs de s’occuper d’elle tout l’après-midi. Les ragots allaient plutôt vite au Kaerl et lorsque les deux elfes apprirent qu’ils allaient devoir s’occuper de Sethyl, leurs visages s’étaient peu à peu décomposés. Un bruit de couloir disait en effet que suite à une ultime raillerie, l’Incarnate avait purement et simplement dévoré son auteur. Simple rumeur ou fait avéré, les deux liées n’avaient plus entendu depuis de langue de vipère jaser à leur sujet, ce qui de fait, aurait dû être le cas dès la naissance de la dragonne. Celle-ci se redressa alors, une fois encore, la demi-sang s’étonna de la vitesse à laquelle elle avait grandi. Lilwen devait maintenant lever les yeux pour pouvoir croiser les siens.

° Nous devrions y aller, je suis curieuse d’entendre le discours d’Alauwyr… °

La dragonne acquiesça mentalement et s’envola afin de rejoindre le Mahalma par ses propres moyens. Peu de temps après, les deux liées se retrouvèrent devant les portes magistrales et les passèrent de concert. Quelques regards convergèrent vers l’Incarnate, ce qui provoqua chez elle une nouvelle vague d’orgueil. Lilwen, ne put empêcher un léger sourire amusé flotter sur ses lèvres. Laissant sa liée se pavaner tout à son aise, la demi-sang se dirigea vers le buffet afin de prendre une coupe de vin. Mais avant même d’avoir pu l’atteindre, Alauwyr fit son entrée et suivit par un discours tout à fait de circonstances. A son nom, la chevalière Incarnate sentit un sourire suffisant naitre sur ses lèvres et sa liée se redresser fièrement. Sur un coup de tête, elle préféra finalement opter pour une tout autre direction que celle qu’elle avait choisi de prendre quelques secondes plus tôt.

Alors que certains Ardents lui adressaient leurs félicitations, auxquelles elle répondait par un hochement de tête ou un remerciement, la demi-sang se dirigea peu à peu vers le trône imposant où siégeait le Seigneur Noir. Elle le trouva assis sur cet amas de fer, fier et Ardent jusqu’au bout des ongles. Avec un sourire malicieux, elle s’approcha de lui et ne put s’empêcher de laisser échapper une petite pique sarcastique :

Le Seigneur du Màr Tàralöm aurait-il peur de trébucher qu’il ne daigne pas se lever de son trône ?

Etant seulement là pour le taquiner, elle n’avait pas élevé la voix, s’adressant seulement au Maître Noir. Prenant un air détaché, elle poursuivit :

A votre âge, après tout, cela reste compréhensible… Mais je dois dire que je reste quelque peu déçue…

Feignant la déception avec bien peu de crédibilité, elle reprit son sourire taquin.

De son côté, sa liée s’était finalement décidée à rejoindre l’une de ses congénères. L’Incarnate avait suivi de loin le petit manège de Narcisse d’Istelsten. Elle exécrait toujours cette petite bipède, tout autant, et voir plus que sa liée. Et malgré la retenue que pouvait avoir Lilwen, si l’aspirante croisait de nouveau le chemin de l’Incarnate, celle-ci serait beaucoup moins indulgente. Mais c’est avec curiosité qu’elle observa le chevalier Bleue la rejoindre et surtout sa sœur les laisser. L’Incarnate fendit alors la foule jusqu’à se retrouver côte à côte avec la Bleue qu’elle salua :

° Bonsoir à toi ma sœur, puisses les étoiles briller sur ton chemin… °

Observant la Bleue, elle poursuivit sans ambages :

° Je n’aime pas cette Narcisse d’Istelsten, méfie-toi d’elle, fausse et fourbe, voilà ce que j’ai retenu d’elle lorsque nous nous sommes rencontrées. °


Sachant pertinemment que Nemuri s’était probablement faite sa propre opinion, l’Incarnate avait souhaité lui apporter toute de même son opinion et son soutien d’une manière ou d’une autre. Les yeux opalescents de Sethyl se fixèrent sur la Bleue, attendant sa réponse.
Narcisse d'Istelsten
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mer 3 Oct 2012 - 21:38 Répondre en citantRevenir en haut

Soudain, Narcisse rougit violemment en prenant conscience de la tournure des évènements, et elle se détourna pour dissimuler son trouble. Elle s’énervait – beaucoup avaient acquis cette conviction – parce que cette soirée ne se déroulait pas selon ses prévisions initiales. Elle ne voulait pas qu’il s’en rendît compte. Fallacieux espoir ! Ses joues rougies la trahissaient, tout autant que le tremblement de ses mains qu’elle abritait vainement dans le pan de sa robe.

Elle était venue ici parce qu’il était de coutume de se présenter aux fêtes organisées par le Seigneur Noir. Cependant, et c’était une promesse qu’elle s’était faite tandis qu’elle se paraît de sa plus belle tenue, elle tenait fermement à rester discrète, quoi qu’il en coûte. Sa présence n’avait pour but que d’être vue une fois et être ainsi considérée comme une femme capable de s’investir dans les affaires du Màr Tàralöm, sans pour autant la plus impliquée. Il n’était pas utile de danser, de manger ou de boire, à l’exception des moments où un homme d’importance décidait soudain de se présenter, ce qui arrivait rarement, notamment chez les aspirants.
Danser au regard de plus d’une centaine d’invités, relevait de l’impossible. Que dire alors de la perspective de s’afficher au bras d’un Chevalier, tandis qu’elle n’était qu’une jeune aspirante ? Rien de tel pour réveiller les cancaniers qui sommeillaient, installés sur leur tabouret, à boire un bon vin sec. Elle n’aimait pas leurs démonstrations.

Chaque couple décrivait en dansant de petits cercles et glissait vers le centre en se tenant par la main pour s’en éloigner aussitôt une fois celui-ci atteint, le couple se séparait alors pour regagner sa place en virevoltant, et ainsi de suite jusqu’à ce que chacune des dames eût dansé avec chacun des hommes. La danse se termina et chacun salua son ou sa partenaire, un large sourire aux lèvres pour les joyeux danseurs, un éclat dans le regard, pour les plus réticents.

Fuir n’était pas la meilleure solution, surtout lorsque l’on se dit Aspirante du Kaerl Ardent. Néanmoins, elle peinait à contenir son agacement et chacune de ses respirations trahissait son trouble. Tourner le dos au chevalier l’aurait discrédité, étant donné qu’elle était trop proche du mur ouest du Mahalma. Quant à s’enfuir en courant ! Elle n’était pas aussi lâche ! Elendel le lui avait suffisamment répété durant ces derniers mois de formation. Elle finit donc par lui faire face, déterminée à lui faire comprendre qu’il n’était pas le bienvenu ici : qu’il la laisse donc un peu en paix ! Si elle avait volontairement évité ses quelques connaissances depuis le mois dernier, ce n’était pas sans raison… Instinctivement, elle porta sa main à son bras, qui lui avait semblé si douloureux le jour de l’accident. Le souvenir de ce rocher menaçant de mettre fin à ses jours, de son Maître lui sauvant la vie, raviva en elle des souvenirs inoubliables mais éprouvants. Elle lui devait tout. Pour rembourser sa dette, elle ne devait pas être gênée. Et ces gens la gênaient.

Pour calmer son cœur, elle évita volontairement son regard.

- Vous savez, je n’aime pas les bals, je n’aime pas danser, et je n’aime certainement pas l’idée d’être exposée à tout un chacun ! Partez et laissez-moi en paix. Que vous importe donc les conditions de l’enseignement que je reçois après tout ! Vous êtes Chevalier, et non Maître, occupez vous donc de votre ascension au sein du Kaerl Ardent, plutôt que de perdre votre temps en ma compagnie. Je ne vous apporterai rien, je refuse de vous apporter quoi que ce soit.

Elle pointa un doigt sur lui, le posant sur sa poitrine. La colère menaçait de prendre le dessus.

- Il y a de nombreuses femmes au Mahalma qui brûlent de désir de vous avoir comme cavalier ce soir. Vous êtes charmant, bien fait et pour proposer à une femme quelques pas de danse, vous devez probablement savoir vous y faire.

Elle brûlait d’envie de lui dire plus promptement ce qu’elle pensait de cette situation, mais elle savait que cela ne ferait qu’aiguillonner sa fierté masculine. Elle croyait être forte : mais elle n’avait pas le courage de le regarder. Pas lui. Pas aujourd’hui. Pas après l’avoir volontairement fui lorsqu’elle l’apercevait au loin dans les couloirs.
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 535
Présentation: URL
RPs: 1 115
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Jeu 11 Oct 2012 - 10:30 Répondre en citantRevenir en haut

Heureusement que le Seigneur ne réagissait pas à certains ragots qui commençaient à se murmurer dans l’assemblée des convives. Au mieux cela l’aurait fait doucement rire. Surtout venant de la part de Narcisse. Heureusement pour elle qu’elle ne se trouvait pas dans le sillage du Maître Noir, car elle aurait été « gentiment » remise à sa place en lui rappelant à son bon souvenir ce soir là où elle avait tentée de l’assassiner dans son sommeil. Il en sourit pour la peine. Cette petite garce avait cru être capable de le tuer de sang-froid. Elle rata bien entendu son coup mais en plus, elle avait tenté l’affront de faire passer un mensonge. Alauwyr impuissant ? Estenir s’était gaussé à la ridiculiser pour contrecarrer son petit plan de bonne femme. Alauwyr impuissant ? Il suffit de voir que le vol de son dragon noir avec Lye'Den, l’Incarnate de Darlana avait été une réussite. Certaines Maîtresses en étaient encore jalouses.

Mais revenons au Bal du Printemps. Une première personne eut l’audace de franchir la foule pour venir le voir. On serait en droit de se demander si d’autres suivraient la même voie pour parler en personne au Seigneur. Dès sa venue, elle chercha à le taquiner à sa manière. Là aussi elle avait de la chance avec le vieux mercenaire : il était d’assez bonne humeur. Il se contenta de la fixer brièvement, gardant une partie de son attention sur la foule en train de danser. Intérieurement, il maudissait encore cet accident de vol avec ce Céleste dans les environs d’Ys. Mais il ne pouvait pas le maudire complètement. Grâce à lui, il ne serait pas boiteux tout le restant de sa vie et leur aventure avait été… trépidante. Puis dans un sourire mesquin, il finit par dire à Lilwen

’’Chère Lilwen, tu es déçue ? je me demande bien en quoi. ‘’

Il ricana doucement.

’’T’attendais-tu que je t’invite à danser peut-être ? Dommage pour toi dirait-on…’’

Il ne répliqua donc pas vraiment à la taquinerie de la jeune femme. D’un coup d’œil précis, il chercha certaines personnes en particulier. Lilwen était à ses côtés, Yuma était présent. Alecto venait de faire son entrée à sa manière. Bien, les trois êtres qu’il voulait voir de présents en particulier étaient là.

°Et tu ne cherches pas Anaviel aussi ? °
°Voudrais-tu provoquer un début de colère mon lié ? °
°Bien sûr que non… Mais je sais qu’au fond de toi, tu le cherches. Penses-tu réellement qu’il cherche encore à te faire un sale coup ? °
°Rappelle-toi ses paroles quand nous buvions ensemble dans cette petite partie verbale…°
°Oh oui… et tu as encore un arrière goût dans la bouche en y pensant°
°Assez. Je veux juste voir s’il aura l’audace de dire quelque chose, rien de plus. °
°Me permettrais-tu de faire l’annonce des nouveaux Sangs ? °
°Hum… D’habitude, tu ne te sens pas si impliqué dans les affaires du Concile. °
°Il faut bien un début à tout et je les suivais de loin d’une certaine manière et vu les changements à venir, il faut mieux avoir un dragon qui s’implique n’est-ce pas ? Je sais que cela te déplaira pas°
°Soit°


’’On dirait que tu attends quelque chose en particulier, ma chère… Te t’inquiète pas donc pas. Ma parole sera tenue… Mais avant. Profite de la fête’’

Un serviteur s’approcha timidement avec un plateau empli de verre. Alauwyr en prit un et le savoura. Ainsi, il put accorder un peu de temps encore aux invités d’arriver, de boire, de festoyer, de danser et de discuter (ou de comploter).

D’une simple pensée, il informa son dragon qu’il pouvait lancer son acte. Estenir claqua d’un coup ses ailes. Les musiciens un peu surpris cessèrent doucement de jouer de la musique. L’Empereur Noir se redressa pour s’afficher avec plus de prestance et de noblesse. Son regard se porta sur tous bipèdes et liés se tenant devant lui et Alauwyr.

°Nobles Membres Ardents, écoutez par mes paroles la décision du Seigneur Ardent pour la nomination des trois nouveaux membres du Concile des Sangs. A la place de Second est nommé Alecto de Sigvald. A la place d’Archonte Brûlant est nommé Yuma Amarok. A la place de Grand Légat est nommée Lilwen Izil. Que vos clameurs et applaudissement soient pour eux°

Le dragon replia ses ailes. Les musiciens attendirent quelques minutes pour laisser le temps à la foule d’acclamer ou non les nouveaux sangs, avant de reprendre une musique entrainante et joyeuse.



Alecto de Sigvald
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 14 Oct 2012 - 01:06 Répondre en citantRevenir en haut

Si la fête donnée en l'honneur du passage de l'Empreinte et des nouveaux Chevaliers constituait sans aucun doute l'une des festivités les plus importantes pour tout possesseur du Don étant parvenu à se lier, il n'en demeurait pas moins que certaines cérémonies de premier ordre pouvait tout à fait en égaler l'importance, et par extension la fastuosité. Celle de ce soir faisait indéniablement partie de ces dernières, en ce qu'elle visait à célébrer l'anniversaire d'Alauwyr, mais également le Solstice du Printemps, et bien évidemment le succès de la récente expédition Ardente à Qahra, durant laquelle Alecto avait lui-même revêtu un rôle de premier plan. Par ailleurs, les rumeurs suggéraient que le Seigneur Iskuvar s'apprêtait à pourvoir les récentes places laissées vacantes au Concile, et pour rien au monde le noble Elfe ne comptait ignorer cet évènement, lui qui plus que quiconque adorait en plus ce type de réceptions.

Bien qu'il n'en avait fait part qu'à son âme-sœur, il nourrissait de grands espoirs en ces nominations à venir, et beaucoup pouvaient de toutes manières déjà l'avoir pressenti. Proche du Seigneur et lui étant dévoué, il venait de connaître une campagne plutôt fructueuse à l'extérieur de Töl-Orëa, et occupait d'ores-et-déjà d'importantes responsabilités. Il espérait donc raisonnablement pouvoir au terme de cette nuit, porter encore plus haut les couleurs de la maison des Sigvald et du Clan Valherien. Se préparant méticuleusement afin de paraître irréprochable, il observait Keraunos sous forme humaine en faire de même. Il semblait s'être relativement bien habitué à ce genre de préparatifs qui au départ pouvaient le désintéresser, et même à y avoir pris goût, à en juger l'attention qu'il portait aux détails de sa coiffure.

"Ce genre d'occasions représente l'opportunité de prendre soin de mon apparence de bipède, ce n'est finalement pas si désagréable.."

"Ce sera peut-être aujourd'hui d'autant plus nécessaire qu'à l'accoutumée !"

"Espérons-le !"

Partant finalement en direction du Mahalma, le tandem ne put que constater sur place que des moyens conséquents avaient été déployés afin de faire honneur à l'importance de l'évènement. L'héritier de la maison des Sigvald ne pouvait que se complaire au milieu de ce luxe presque ostentatoire, mais restant suffisamment distingué afin de conserver une certaine pointe de subtilité et de pouvoir pleinement s'apprécier. Celui-ci se reflétait immédiatement dans la formidable décoration, dont on reconnaissait l'influence du Seigneur de par les magnifiques colonnades tapissées de roses rouges, mais également dans les mets et boissons qui étaient servis sur des meubles de grandes valeur. Ce n'était qu'après quelques instants suivant l'arrivée des invités qu'Alauwyr fit d'ailleurs son apparition, se lançant dans son discours d'introduction d'un air serein et sûr de lui. Esquissant un sourire à la mention de son nom, le jeune Valherien écoutait avec ferveur cette intervention, qu'il ponctua en préservant le suspens quant aux nominations, tout en invitant ses hôtes à commencer à festoyer.

Observant les invités défiler près du trône, faisant part au Maître Noir de leurs félicitations, il put observer sa comparse de Qahra en faire de même. Mais avant de venir lui adresser ses propres vœux, il se devait tout d'abord de répondre aux nombreuses sollicitations des multiples hôtes, non sans y prendre un plaisir certain. Racontant ses récits concernant l'expédition à Qahra, il attendait avec une impatience somme toute dissimulée les nominations à venir. Se dégageant peu à peu près de la foule, il adressa alors à distance une salutation au Seigneur Iskuvar en brandissant sa coupe de nectar en sa direction, lui témoignant ainsi tant de sa présence que de son respect. Il ne tarderait guère à se rendre à lui personnellement quand il n'aurait plus à attendre dans l'escalier menant au trône, occupé par les nombreux invités faisant la queue. C'est alors qu'Estenir claqua d'un coup ses ailes, tandis que la musique s'interrompit. Se redressant dans toute sa majestuosité, il s'apprêtait à faire son annonce.

°Nobles Membres Ardents, écoutez par mes paroles la décision du Seigneur Ardent pour la nomination des trois nouveaux membres du Concile des Sangs. A la place de Second est nommé Alecto de Sigvald. A la place d’Archonte Brûlant est nommé Yuma Amarok. A la place de Grand Légat est nommée Lilwen Izil. Que vos clameurs et applaudissement soient pour eux.°

"Il semblerait que tes ambitions aient été satisfaites. Félicitations."

Restant muet bien qu'un large sourire venait illuminer son faciès, Alecto savourait encore ce qu'il venait d'entendre, avant de rapidement se remobiliser pour assumer son tout nouveau statut. Son successeur était Yuma Amarok, cet hybride têtu et buté, qui semblait par ailleurs versatile et n'était encore que Chevalier. Il ne faisait aucun doute que cette nomination venait quelque peu contrarier le Noble Elfe, qui doutait de la capacité du Bleu à assumer de telles responsabilités. Mais il avait été l'apprenti d'Ulfgar, et nul doute que cet élément s'avérait déterminant afin de compenser les autres. Peut-être allait-il se montrer à la hauteur.

La nouvelle Grande Légat était enfin Lilwen. Une nouvelle hybride, encore, également simple Chevalier... Mais elle était liée à une Incarnate, bien que de petite taille, comptait du sang Elfe dans ses veines, et surtout, le jeune Valherien avait mené cette expédition à ses côtés. Dans un certain sens, il était même possible de dire qu'il l'appréciait, et dans tous les cas, la connaissait un minimum pour ne pas s’inquiéter outre-mesure sur sa compétence, d'autant plus que le poste de Grand Légat correspondait parfaitement avec la mission à l'extérieur de Töl qu'ils venaient tous deux de mener.

C'est donc sans plus attendre que le noble Elfe se fraya un chemin à travers la foule et les acclamations, afin de rejoindre Alauwyr, et de saluer les nouveaux Sangs qu'il venait de nommer. Apercevant furtivement Yuma, il finit par arriver à son niveau, et lui tendit la main.

"Félicitations Chevalier. J'espère que vous saurez faire honneur à votre illustre mentor que nous regrettons tous. Avec un tel enseignement, je puis espérer que vous saurez pleinement vous montrer digne de cette fonction. Je serai également à votre disposition si nécessaire, afin d'assurer la transition entre nous."

Ses propos n'étaient aucunement teintés de mépris ou de rancœur, et son geste n'était guère non plus hypocrite. Pour le bien du Màr, et par respect envers son défunt ami Ulfgar Haraldson, il était fermement résolu à faire fi des préjugés ou raisons tout à fait fondées qui lui faisaient douter de Yuma. Puis il ne tarda point à trouver Lilwen, avec laquelle il se montra toutefois plus cordial et chaleureux.

"Félicitations chère Lilwen. Avec vous, les demis-sangs ne sauraient être mieux représentés au sein du Concile, j'en oublierais même votre part non-Elfique ! Et quand bien même vous n'êtes encore que Chevalier, je suis sûr que vous deviendrez un parfait Grand Légat. Je suis bien placé pour vous avoir vu à l’œuvre à l'extérieur du Kaerl. Je crois savoir d'après mon lié que notre Seigneur vous a refusé une danse, si tel est votre souhait, permettez-moi de le remplacer en tant que votre cavalier afin de célébrer notre promotion."

Bien évidemment, il allait avant tout falloir remercier le Seigneur en personne, vers lequel Alecto et Keraunos finirent enfin de se diriger d'un pas gracieux et élégant. S'inclinant légèrement conformément au protocole, afin de clairement marquer sa gratitude, le nouveau Second du Kaerl Ardent prit alors la parole.

"Félicitations noble Seigneur Iskuvar. C'est un honneur pour moi que d'avoir été nommé à de telles responsabilités, et je compte bien vous témoigner mon infinie reconnaissance en me montrant à la hauteur de la fonction qu'est maintenant la mienne."
Yuma Amarok
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Lun 15 Oct 2012 - 18:55 Répondre en citantRevenir en haut

Comme lors de leur première rencontre, la voilà qui pointait son index vers son torse, avec un zeste de rage sauvage dans le regard. Narcisse ne changeait pas, ou presque, son attitude à son égard. Alors qu'il observait son petit manège, écoutant ses mots distraitement, Yuma se redressa, un petit sourire aux lèvres. Il s'était un peu douté de la façon contrariée dont elle prenait la chose. Se voir repoussé par une femme de son genre, n'était pas vraiment une surprise : à dire vrai, la surprise aurait été de taille si elle avait accepté. Aussi ne s'offusqua-t-il pas de sa réaction, bien qu'un peu déçu tout de même.

- Vos compliments me flattent, répondit-il avec amusement, je les conserverai comme une sorte de consolation, dans ce cas.

Il n'était pas Maître. Voilà où résidait probablement le véritable problème chez la jeune femme. Ne lui avait-elle pas fait part de son goût pour les hommes de pouvoir et les atours dont seule une riche héritière pouvait rêver ? Sans doutes la réponse n'aurait-elle pas été la même s'il avait eu un statut plus engageant. Peut-être admettait-il qu'il eût espéré quelques changements chez elle : des changements qui eussent pu dire adieu à des voeux qui ne la rendraient sans doute pas heureuse au sein de ce Kaerl Ardent. Yuma n'était pas un conseiller existentiel, ni très doué pour faire la morale aux gens, lui qui n'était pas irréprochable. Elle choisissait elle-même sa voie, tout comme chacun des êtres ici présents.
Tant pis pour la danse. Peut-être une autre fois ?
Le demi-sang recula d'un pas, échappant au contact colérique qu'elle venait d'exprimer. Il s'inclina légèrement pour user d'un vocabulaire formel, qui ne lui convenait vraiment pas. Que faire d'autre devant tout ce monde ?

- Pardonnez-moi de vous avoir importunée. Que la soirée vous soit douce.

Un peu plus loin, près de sa soeur Incarnate, Nemuri observa son lié tourner le dos à Narcisse, pour se faufiler dans la foule des convives. Comment cette bipède avait-elle osé ? Pour qui se prenait-elle ? Son âme-soeur ne s'était pourtant pas montré grossier ou rustre, pour une fois ! Ne se rendait-elle pas compte des efforts qu'il faisait pour se fondre dans cette masse grouillante de jeux de scène et d'hypocrisie ? Cet étalage mondain ne convenait pas à une âme comme celle de Yuma : plus prompt à parcourir de grands espaces sans aucune contrainte, languissant de sa terre natale avec une ferveur inimaginable. Une ferveur dissimulée, que seule la petite Bleue pouvait deviner derrière ces sourires intarissables. Pourquoi lui avoir refusé un peu de distraction ?
Une fois encore, la dragonne se surprit à désirer ardemment que ses ailes poussassent assez pour les emmener dans les cieux, assez et rapidement. Il lui tardait de faire sa fierté. Ce jour ne tarderait pas à arriver, encore fallut-il être patiente, pour quelques temps.

*J'ignore pour quelle raison, ma soeur, mais, Yuma croit en cette femme,*
admit Nemuri, avant de plonger ses prunelles, oscillant entre l'ambre et le gris, vers son interlocutrice,* je me méfie d'elle, néanmoins, je crois aux jugements de mon lié.*

Elle ne put rien ajouter de plus. Voilà que la voix tonitruante de l'Empereur Noir, venait de s'introduire dans l'esprit de tous. Interpelé, Yuma cessa de marcher parmi les invités, se tournant dans la direction du trône... avant d'écarquiller les yeux. La surprise venait de déformer les traits de son visage, le laissant immobile, sans voix. Le cours de ses pensées s'était interrompu soudainement, laissant place à une montée d'adrénaline anormale. Que venait-il d'entendre-là ? Ses iris mauves se rivèrent sur Alauwyr, qu'il fixa durant un long instant, incrédule quant à ce qu'il venait d'apprendre, venant du lié de ce dernier. C'était une erreur, n'est-ce pas ? Se moquait-il de lui ? Avait-il décidé de faire cela en grand public pour mieux engager la chose ? La plaisanterie ne paraissait pas en être une...
Les regards d'anciens compagnons de chambrée, autrefois aspirants, convergèrent vers le jeune homme, le dévisageant tantôt avec étonnement, tantôt avec un grand sourire encourageant. Yuma n'avait pourtant pas envie de rire, pas cette fois. Bientôt, l'on salua les heureux élus avec enthousiasme dans la salle, alors que le jeune chevalier demeurait stoïque, répondant machinalement aux gens, avant de passer son chemin et de tenter de se rapprocher du Seigneur Ardent. Formulant des excuses et quelques vagues félicitations auprès de sa soeur aux écailles écarlates, Nemuri ne tarda pas à se lever pour rejoindre son lié et faire route en sa compagnie, se plaçant dignement à ses côtés.

*A quoi joue-t-il, ce vieux fou ?* Lança le bipède dans l'esprit de son âme-soeur.

Il n'eut pas le loisir de s'aventurer plus loin. Un homme, qu'il n'avait guère eu l'occasion de croiser, venait de se planter devant lui. Yuma avait eu l'occasion d'en entendre parler : certains aspirants de son ancien dortoir, en faisaient mention comme d'un Valhérien au caractère hautain et aux desseins peu clairs, bien que l'ambition n'en fît partie intégrante. Voilà qui était fait dans tous les cas, puisque la place de Second, venait de lui être accordée. Peut-être avait-il eu vent des exploits du jeune homme auprès de ses congénères anti-demi-sangs et des trois imbéciles qui avaient été ridiculisés par le dit demi-sang ? Si tel était le cas, il n'en fit pas montre. Au lieu de cela, le voilà qui tendait la main vers le chevalier, sans colère, ni mépris, aussi naturellement que possible.
Sorti de son trouble par cette intervention, Yuma leva son regard vers son interlocuteur, écoutant ses paroles en haussant un sourcil. Allons bon, quel était encore cette nouveauté ? Pour un peu, la contrariété du jeune homme aurait pu s'évanouir totalement et laisser place à un fou-rire. "Faire honneur à son illustre mentor" ? "Se montrer digne de sa fonction grâce à un tel enseignement" ? Il ne parlait pas d'Ulfgar Haraldson, n'est-ce pas ? Il ne faisait pas mention de son défunt maître, dont les seuls enseignements consistaient à le briser pour en faire un pantin du Màr Tàralöm ? L'ironie était de taille, si tel était le cas. Sous le regard d'une Nemuri inquiète, l'expression du demi-sang changea, cédant place à un franc sourire lorsqu'il serra la main tendue dans sa direction.

- Félicitations à vous et merci de votre proposition,
répondit-il amicalement, sachez cependant que si je dois ma place à quelqu'un, ce n'est certainement pas à cet homme, ni à ses supposés "enseignements"... aussi illustre que vous ayez pu le trouver.

Yuma ignorait bien si l'individu l'avait entendu, puisque ce dernier s'éclipsa tout aussi vite qu'il était arrivé.
Peu intéressé par l'idée de rencontrer Alauwyr si rapidement, il finit par se détourner de son objectif et par s'en retourner parmi les autres, essuyant quelques tapes amicales dans le dos en guise de félicitations. Bien des compagnons de ses débuts ici, n'en revenaient pas. Cela ferait au moins quelques motivés pour le suivre. Enfin un peu seul près d'une table remplie de mets qui avaient l'air succulents, le demi-sang se rembrunit.
Archonte Brûlant... autrement dit, celui qui commandait à toutes les forces armées du Kaerl Ardent... On l'avait probablement jugé prêt à le faire, mais les responsabilités venaient de tomber rapidement sur lui. Qui plus est, il paraissait bien que ce changement honorable, n'eût été vu que comme le résultat de sa courte évolution avec son ancien Maître... Ce barbare était mort au bout de quelques semaines à peine, après l'avoir retrouvé. Yuma ne lui devait rien, sinon sa libération des geôles en Orën. Pourquoi affirmait-on que cette nouvelle place était due à cet homme ? Le demi-sang avait passé tous ces longs mois à s'entraîner sans relâche pour améliorer sa force de frappe et sa vivacité. Il avait eu tout le loisir de découvrir ses compagnons d'arme par lui-même, ainsi que d'apprendre ce qu'être un élu de Flarmya signifiait en les écoutant.

*Tu leur montreras, Yuma Amarok,* murmura Nemuri, au travers de ses pensées, *tu leur montreras que tu ne dois ton honneur et ta place qu'à toi-même. Quoi que tu en dises, quoi que tu en penses et quel que soit le temps que cela prendra, tu feras la fierté de cet endroit.*
Anaviel Ïndalwë
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mar 16 Oct 2012 - 03:04 Répondre en citantRevenir en haut

La fête battait son plein, il fallait le dire. Ce n'était pas sans fierté qu'Anaviel établissait un tel constat car après tout, c'était lui qui avait supervisé l'agencement décoratif ainsi que la préparation des buffets et de l'organisation des services.

L'elfe était arrivé en retard mais pour lui, pas de foule pour le moment. De toutes manières, même s'il était un Sang et un Maître Brun accompli, peu de personnes lui adresseraient la parole. Il y avait d'ailleurs trois raisons à cela.
La première raison était que beaucoup le détestaient et on ne pouvait guère leur en vouloir car entre les sympathisants d'Alauwyr qui n'appréciaient en aucune manière qu'un elfe, Sang ou non, cherche constamment à ridiculiser le Seigneur et les victimes des blagues malsaines de ses petits jeux sournois, il y avait l'embarras du choix.
La seconde raison était dans un sens le résultat de certaines rumeurs sur l'elfe, certaines fondées et d'autres non ou encore extrapolées, qui incitaient la crainte chez quelques chevaliers et aspirants qui n''avaient pas encore eu l'occasion de le connaître. Après tout, qui n'aurait pas peur de quelqu'un qui vous tranchait la gorge si vous le regardiez de travers ? Ou encore que cet elfe vienne à découvrir vos secrets les plus inavouables en vous fixant de ses yeux incarnats ?
La troisième raison, qui ne concernait qu'une minorité, révélait le fait que parmi les habitants du Kaërl, certains présentaient quelques ambitions pour le pouvoir et le trône du Seigneur et qu'il serait intéressant de s'entretenir avec Anaviel mais uniquement en privé car le faire en public risquait de révéler leur point de vue aux yeux du Maître Noir.

Anaviel était donc pour ainsi tranquille et seul tandis qu'il observait les abrutis qui se courtisaient, dansaient, mangeaient et buvaient tels des moutons dans un troupeau et inconscients du fait d'être encerclé par une meute de loups.

Zaknafein, lui, était déjà présent et n'avait déjà pas tardé à profiter de la fête. Sous sa forme humanoïde, le Brun buvait tout l'alcool qu'on voulait bien lui servir et, bien sûr, ce fut d'ailleurs lui qui se permit de beugler joyeusement un bon anniversaire à Alauwyr sans être vraiment sûr que c'était bel et bien le cas.

Anaviel le voyait d'ailleurs d'où il était. Le dragon sous forme bipède avait déjà beaucoup d'admiratrices et l'elfe ne pouvait s'empêcher de sourire à l'idée de la trouille qu'il procurera à ces dernières lorsqu'il leur révèlerait de façon peu orthodoxe sa véritable nature.

Soudain, le silence se fit et ce fut à Estenir de faire sa déclaration et de nommer les nouveaux membres du Concile. Lilwen devenait donc Grand Légat, Yuma Amarok Archonte Brûlant et quant au nouveau Second, Alecto de Sigvald.
Anaviel connaissait Lilwen, ayant été son Maître, il avait toujours, d'une manière ou d'une autre gardé un oeil sur elle pour observer son évolution. Alecto de Sigvald avait été de son côté un compagnon d'arme du Conservateur lors de la chasse à la Bayte mais l'elfe ne pouvait pas vraiment dire qu'il appréciait son homologue qui n'était rien d'autre qu'un parvenu sans une seule once de jugeote si ce n'était celle de ses dents si longues qu'elles trainaient presque par terre.
Yuma Amarok, quant à lui, n'avait jamais eu l'occasion de s'entretenir avec le Conservateur. La seule chose qu'Anaviel savait sur son compte était qu'il avait été l'aspirant de cette grosse brute d'Ulfgar Haraldson et par la suite, celui de Brendart Fawkes. Un sacré mélange si l'on pouvait le dire de cette manière.

L'elfe se décida alors de vagabonder dans la salle pour mieux observer les trois concernés et constata sans réelle surprise que Lilwen ne semblait guère surprise d'une telle promotion. La chevalière Incarnate était une jeune femme ambitieuse et compétente et le résultat était plus que logique.
Anaviel s'approcha d'elle et sans un mot passa à côté tout en lui adressant un sourire chaleureux comme pour lui dire "Bienvenue dans la cour des Grands".

Alecto, de son côté, se pavanait déjà comme un paon. C'est là que Zaknafein entra en communication avec l'elfe aux yeux de rubis.

°Hé ! Si on lui arrondissait les oreilles et qu'on lui rasait le crâne, tu penses que ça changerait quelque chose à l'autre d'avant ?°

L'elfe se mit à sourire à cette réflexion.

°Non, je ne crois pas. A part ça, tu t'amuses bien ?°
°Oh que oui ! Par contre, t'aurais pas prévu des tonnelets pour l'alcool, les verres c'est bien mais ça m'oblige à trop souvent chercher à le remplir.°
°Evite de trop boire quand même, j'aimerais avoir le temps de faire un discours avant qu'un problème n'arrive.°
°Har har har ! Promis, j'éviterai d'être bourré avant que tu leur annonces que c'est toi qui a supervisé la préparation de leur nourriture.°

Anaviel étouffa un rire puis il arriva à hauteur du fameux Yuma. A voir ce dernier, il ne semblait pas s'attendre à une telle responsabilité et c'est ce qui fit qu'Anaviel commençait à ressentir à l'égard du jeune homme une certaine affection.

"Si on m'avait dit qu'un aspirant de cet abruti d'Ulfgar Haraldson avait pu évoluer de cette manière, je ne l'aurais jamais cru. Enfin, à vous voir, je pense que c'est parce que vous avez la cervelle qu'il ne possédait pas pour que vous en soyez arrivé là. Je suppose que vous devez être agaçé qu'on vous le dise mais félicitations pour votre poste."
Lilwen Izil
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mar 16 Oct 2012 - 18:32 Répondre en citantRevenir en haut

Un sourire sarcastique naquit sur les lèvres de la jeune femme alors même qu’elle haussait très légèrement les sourcils. Pensait-il vraiment qu’elle venait de l’inviter à danser ? Elle ne répondit finalement pas et s’apprêta à se détourner lorsqu’il lui affirma que ce qu’elle attendait allait arriver. Une nouvelle fois, il se fourvoyait.

Je n’ai absolument aucuns doutes là-dessus, mon cher…


Avec un léger sourire, elle se détourna et repartit en direction de l’une des immenses tables couvertes des mets les plus fins. Elle savait ce qui allait s’ensuivre, du moins, le pensait-elle-même sans avoir de complètes certitudes. Car après tout, quel aurait-été le meilleur moment que celui-ci ? Un serviteur chargé d’un plateau couvert de coupes de vin passa près d’elle et lui offrit un verre qu’elle prit sans un mot. C’est alors qu’un maître Bronze s’approcha d’elle, pourvu d’un air enjôleur.

Chevalière Izil, quelle joie de vous croisez ce soir.

Lilwen le détailla sans en avoir l’air. Grand, jeune, bel homme, elle ne pouvait s’empêcher de constater que l’hypocrisie était toujours autant de mise en ces lieux, et qu’il était bien rare de voir quelqu’un s’intéresser à vous sans en rechercher une quelconque compensation. Elle devait reconnaitre qu’elle agissait de même, mais dans le cas présent, ce pouvait être l’occasion de s’amuser. Elle répondit donc avec un sourire de circonstance, qui pouvait tout et rien dire.

Je ne crois que nous ayons déjà été présentés, je me trompe ?

Je manque à tous mes devoirs, je suis Alyssandre De Tynert. Maître Bronze à mes heures… Je suis ravie de vous rencontrer enfin.

Il lui attrapa alors la main et y déposa un léger baiser. Sans lui laisser le temps de répondre, il ajouta avec un sourire :

Si le cœur vous en dit, peut-être pourriez-vous me raconter votre expédition en Qahra ?

S’il paraissait sincère, la jeune femme ne doutait pas une seconde qu’il ne cherche pas seulement à parler de l’expédition. Elle lui répondit toutefois, sans se départir de son ton courtois.

Pourquoi pas…

Alors même qu’ils continuaient de parler de tout et de rien, le silence envahit brusquement le Mahalma alors même qu’Estenir se redressait fièrement. L’orgueil pétillait dans les yeux de glace de la demi-sang au moment de l’annonce de son nouveau rang. Alyssandre se tourna vers elle pour la féliciter.

Mes félicitations, j’espère que malgré vos nouvelles responsabilités, vous m’accorderez tout de même une danse au cours de la soirée. Profitez de cette nuit, elle est vôtre…

Il la quitta alors, lui promettant de revenir dans la soirée. Lilwen ne savait pas vraiment quoi penser de cette entrevue. Elle prendrait toutefois plaisir à revoir le Maître Bronze qui avait piqué sa curiosité.

Elle songea alors à ces nouvelles nominations. Si elle ne connaissait le Chevalier Bleu que par le fait qu’ils aient participé à la même Empreinte, elle ne pouvait qu’approuver la décision d’Alauwyr lorsqu’il avait décidé de nommer Alecto Second. Leur expédition lui avait permis de mieux le connaitre et elle savait qu’il serait parfait pour ce rôle. Bien que Valhérien, elle devait reconnaitre qu’elle ne l’avait jamais entendu proférer une quelconque menace à son égard du fait de sa position de sang-mêlé. Elle ne tarda pas à le voir arriver près d’elle et l’accueillit par un sourire chaleureux. Bien qu’il ne put s’empêcher de lui faire remarquer qu’elle n’était pas complètement elfe, elle accepta les compliments avec un sourire.

Toutes mes félicitations aussi, je n’aurais pas fait un meilleurs choix pour ce poste. Je n’ai aucun doute sur le fait que vous porterez haut les couleurs de notre Màr. Nous serons très certainement amenés à travailler de concert sur certains… projets.

Elle eut un léger rire à sa dernière remarque.

Si vous ne craignez pas de danser avec une demi-sang, ce sera un plaisir…

Un sourire taquin aux lèvres, elle le regarda s’éloigner alors même qu’Anaviel passait à ses côtés. Elle lui rendit son regard, se disant qu’elle devrait avoir une conversation avec lui prochainement.

Après avoir quitté la Bleue, l’Incarnate se rendit près de sa liée.

° Tu as obtenu ce que tu voulais… °

Lilwen eut un sourire en observant la foule.

° Bientôt… °
Narcisse d'Istelsten
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 21 Oct 2012 - 21:40 Répondre en citantRevenir en haut

A l’annonce du Seigneur Alauwyr Iskuvar, quelque chose en elle s’effondra. Au début, ce fut comme lorsque Yuma Amarok était parti – la même colère, la même fureur. Et puis, tout aussitôt, il y eut autre chose. Une douleur qui lui donna l’impression qu’une bête déchirait sa poitrine de ses griffes, et réarrangeait devant ses yeux ses paroles et ses pensées selon un nouvel ordre. Un ordre qu’elle comprenait mieux, qui l’éclairait davantage sur ce qu’elle ne voulait pas et, surtout, sur ce dont elle avait réellement besoin. Et tout lui devint évident. Pourquoi ne le comprenait-elle que maintenant ? Elle ne voulait pas être seule comme elle s’acharnait à le devenir depuis de nombreux mois. Elle ne voulait pas devenir l’alliée fidèle d’Elendel Hastin ou de quiconque dans son genre. Il ne l’intéressait pas, pas plus qu’elle ne se souciait des gens qui vagabondaient au cœur même de la salle du Mahalma. Elle observa le Chevalier Amarok avec insistance. C’était de lui dont elle se souciait. Lui seul importait.

L’angoisse se succéda à cette soudaine révélation. L’angoisse de l’avoir traité si cruellement, d’avoir piétiné ses si sincères aveux. L’angoisse qu’il la haïsse de nouveau et l’ignore tel un déchet, maintenant qu’il était Archonte Brûlant au Màr Tàralöm. Une fois déjà elle s’était mal comportée avec lui. Il l’avait généreusement soigné alors qu’elle souffrait des effets secondaires de l’usage de sa magie. Bien qu’elle l’ait longtemps considéré comme unique responsable de ce qui lui était arrivé, elle n’avait pu s’empêcher de repenser chaque jour à la patience donc il avait fait preuve avec elle ; à ces précautions, inhabituelles chez un Ardent, qu’il avait prises pour qu’elle ne soit jamais blessée par sa lame, y compris pendant le combat qui les avait opposé tous les deux. Et enfin à ses mots, à cette vérité qu’il lui avait crachée à la figure, comme personne avant lui n’avait osé le faire. Mais rien n’avait changé. Sourde à ses conseils, elle s’était soumise plus encore au pouvoir grandissant de son Maître et aujourd’hui, bien que plus forte, elle n’en était que plus malheureuse. Un désespoir profond qu’elle cachait derrière un masque d’assurance et de colère.

Puis elle repensa aux strictes directives du Maître Elendel Hastin, au rôle qu’elle devait jouer à ses côtés, à l’avenir qu’il lui avait promis si charitablement, alors qu’elle n’était qu’une noble déchue aux portes du brisement. Elle ne voulait pas être punie, ni le voir de nouveau en colère après elle, car ses châtiments étaient bien plus effrayants encore que la colère d’un dragon mâle, ou d’une Reine Incarnate. Plus douloureux que l’eau bouillante d’un chaudron sur le feu, ou que la plaie ouverte exposée au vent du nord. Rien qu’à cette pensée, elle en frémit d’horreur et ferma son esprit au monde qui l’entourait. Blottit dans son coin, elle tourna le dos à l’assemblée. Elle était seule et c’était mieux ainsi. Elle ne voulait pas d’ennuis.

- Comment est-ce possible ?

Sa voix se brisa sur ce dernier mot. Archonte Brûlant. Lui. Ce Chevalier inconnu qu’elle avait croisé au hasard du Val. Elle, elle était toujours une petite aspirante sans histoire, écoutant gentiment les directives de son Maître et dormant, lorsqu’il ne lui ouvrait la porte de son Weyr, dans le piteux dortoir. Qu’était-ce donc, ce sentiment ? De la jalousie ? Bien évidemment…on ne pouvait en aucun cas soutenir la comparaison dans bien des domaines : apparence, capacités physiques, art de l’épée, réussite professionnelle…Elle le haïssait. Elle le haïssait parce qu’il ne semblait avoir besoin d’aucun effort pour accéder à tous ses rêves. Parce qu’il souriait tout le temps, était fier et en position de force lorsqu’il s’en donnait les moyens. Finalement, c’est la tristesse qui la gagna. Elle finit par verser une larme, discrète, qu’elle essuya rapidement avec son poignet, espérant que personne n’ait eu le privilège de la voir. Par Flarmya, comme elle tremblait !

Une foule considérable occupait l’immense pièce, dans un grand vacarme de rires et de conversations animées. Mais elle les vit : d’abord Lilwen Izil, sa plus grande ennemie. Puis ensuite Anaviel Myst Indalwë, celui qu’elle évitait soigneusement après ne pas s’être présentée à son rendez-vous à l’Observatoire, dans le but de lui offrir un métier des plus convenables et de la sauver des griffes d’Elendel Hastin. Si elle ne s’était pas présentée, c’était parce que peu après, elle avait eu un terrible accident. Un accident qui lui aurait coûté la vie, si Elendel Hastin n’était pas venue à son secours ce jour là. Elle avait alors estimé qu’elle lui devait tout et qu’elle ne pouvait le trahir : ni en s’alliant à l’un de ses ennemis, ni même en s’offrant à un homme juste pour le contrarier. Alors pour les fuir, elle s’engagea parmi la foule, bousculant par moment. Il fallait qu’elle s’en aille : elle n’avait rien à faire ici.

Mais elle tomba nez à nez avec lui : Yuma Amarok, une nouvelle fois. Sans lui laisser le temps d'entrouvrir les lèvres, elle s'empressa de faire demi-tour. Elle avait nettement le comportement de quelqu'un qui avait quelque chose à se reprocher.
Oracle Tol Orëanéen
Maitre du Jeu
Maitre du Jeu

Hors ligne

Inscrit le: 11 Fév 2008
Messages: 678
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 627
Race: Dragon Primordial

MessagePosté le: Lun 22 Oct 2012 - 22:17 Répondre en citantRevenir en haut


Muiredagh Kerlec & Shayera


L’Inquisiteur Suprême et son Lié brillaient par leur absence. Une mission quotidienne les retenait à Ys, sur une île battue par les vents tropicaux, loin du faste élaboré par le Màr Tàralöm pour ce Bal de Printemps. Au vu du mysticisme ambiant, ce ne pouvait qu’être une idée de la Shamane, cette chère et perfide Maîtresse Bleue Mora Del Caelan. Pour combler leur absence, sans doute jugée déplacée à l’égard de la charge qu’occupait cet Elfe aussi froid que la glace et de son Bronze, il avait été convenu d’envoyer sur place, en tant que porte-parole, représentant et fêtard qui ne manquait aucune occasion de se réjouir, un de leurs anciens Aspirants. Un homme digne de confiance, intelligent, habile, charmeur et indéniablement agaçant.

Lorsque le Chevalier, futur Maître lorsque le Regard de Flarmya aurait parachevé son œuvre, pénétra dans le Mahalma, ce fut non pas en conquérant ou en courtisan respectueux mais en tant qu’électron libre. De son pas félin, nonchalant, à sa chemise en flanelle hors de prix déboutonnée en haut et sa coiffure désordonnée, en passant par son attitude générale de jeune homme très bien élevé sous des airs de voyou, il observait la scène comme s’il se fut agi d’un gigantesque théâtre où le spectacle venait tout juste de commencer. Sous la paille blonde de sa chevelure brillaient des yeux rouges – quoique délavés - comme ceux d’un dragon en colère, dans un visage à la peau pâle et aux traits anguleux non dénués de charme. De bonne stature bien qu’un peu dégingandé, le Chevalier huma à pleins poumons les parfums de femmes, ceux des fleurs et des mets du banquet de la salle. Muiredagh Kerlec, ancien Aspirant d’Eléderkan Garaldhorf, lié à la Verte Shayera, elle-même fille de la Reine Incarnate Lye’Den, entrait en chasse. Il louvoya entre les convives, retenant d’un regard expert la beauté de telle ou telle dame et en quelle compagnie se trouvait tel ou tel personnage influent du Kaerl.

° Belles nominations que voilà ! °

Derrière lui venait sa dragonne, jolie femelle aux membres fins et aux épines dorsales à l’éclat d’ivoire. Ses écailles d’un vert printanier reflétaient les mille et unes lumières du Mahalma. Elle était si petite, comparable à un Blanc par sa taille, qu’elle pouvait se faufiler dans la salle au milieu des bipèdes, dragons métamorphosés et autres petits dragons en tous genres. Son Lié, effronté hybride de Fëalocë et de Torhil, faisait courir sur ses lèvres les noms des nominés. Alecto de Sigvald. Yuma Amarok. Lilwen Izil. Il hésitait soudain sur la démarche à suivre. Qui devait-il aller voir en premier ? Une femme, évidemment ! Un peu de galanterie dans ce monde de brutes !

° Surveille mes arrières, mon amour.
N’aie crainte, petit homme. Je suis le roseau qui plie mais ne se brise jamais.
Jolie métaphore pour pas grand-chose ! °


Ce à quoi la Verte répondit par un grand éclat de rire. Muiredagh se dirigeait vers la grande table pour prendre un verre de vin aux épices et porter un toast en bonne et dûe forme quand il bouscula par inadvertance une demoiselle.

- Oh ! Je vous demande pardon, damoiselle, s’excusa-t-il promptement et sincèrement avant de se désintéresser aussitôt de Narcisse d’Istelsten, Aspirante du Kaerl.

Virevoltant, il repéra dans la foule Maître de Lazarel. Comme lui, il était beau et aimait les femmes. Là s’arrêtait la comparaison. Quilaïn avait su s’élever là où son jeune comparatif ne saurait probablement jamais le faire. Mais de puis les sommets, la chute est dure. Réprimant une vague de compassion, Muiredagh se retrouva piégé dans le dilemme suivant : jouer au stratège d’abord et s’enivrer avec une femme ensuite ou l’inverse ?

° Vivement la danse ou l'on va tous prendre racines.
Mon tout beau, la demoiselle que tu as si aimablement heurtée te regarde comme si tu venais de violer sa soeur sans sa permission. °


Ce à quoi le Chevalier Vert partit d'un grand éclat de rire en n'optant pour aucune version. Il ferait comme bon lui semblerait, quitte à jouer les deux parties ne même temps. Alors, d'abord félicité le Second, et peut-être en la compagnie de cette charmante harpie qui le dévisageait ?



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

Visiter le site web du posteur
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 535
Présentation: URL
RPs: 1 115
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mar 30 Oct 2012 - 11:55 Répondre en citantRevenir en haut

°On dirait que Ma petite annonce est un succès. Les nouveaux désignés sont grassement félicités°
°Ce ne sont là que les apparences habituelles mon ami. Un faux semblant comme à son habitude. Cela n’empêchera en rien les complots, les ragots et tout ce que tu veux…°
°Redoutes-tu des conséquences quand à tes choix ? °
°Toute décision prise finit par avoir son lot de conséquences, qu’elles soient bonnes ou mauvaises et en effet, je m’attends aux deux. °
°Tu philosophes maintenant ? °
°On finit toujours par changer un peu mon ami… Même moi. °


Ces dernières paroles laissa songeur le dragon noir. Il se doutait depuis un bon moment que sa place de Seigneur affectait son lié d’une certaine manière. Jamais il ne lui avait encore dit ses impressions, mais il faudrait qu’un jour, il lui parle sérieusement de ça. Pour le moment, l’heure était à la fête et déjà Alecto fit son approche, après avoir réussi à échapper aux nombreuses personnes venues le féliciter de sa nomination. Au passage, il salua et félicita ses deux autres nouveaux ‘’collègues’’ et prit la parole face au Seigneur. Ce dernier sembla bien préciser qu’il saura lui renvoyer la pareille suite à cette nomination. Alauwyr ne put s’empêcher de faire un étrange sourire.

’’Je n’en doute pas un seul instant, mon cher Second… Une fonction lourde en responsabilité, mais que tu sauras remplir avec brio.’’

Fallait mieux pour lui…

Yuma ne passa pas vraiment devant le Seigneur. Il fit comme acte de présence. Sans doute avait-il encore en tête les circonstances de leur dernier affrontement et qu’il ne tenait pas à ce qu’Alauwyr se venge à sa manière sur lui, malgré sa toute nouvelle nomination, qui n’était pas des moindres. Même sa fonction imposait certaines responsabilités. Puis le Seigneur balada brièvement son regard dans l’assemblée, avant de voir que même l’insupportable Anaviel était présent pour les festivités. Il était toujours présent pour les mondanités de toute façon. Cela arracha un sourire au vieux guerrier. Partout où il pouvait être, il s’y insinuait.

A nouveau Alauwyr, toujours le séant sur son trône, fixa la foule qui commençait à danser. Son regard laissait exprimer quelque chose qu’on pourrait prendre comme une petite forme de mélancolie. Mélancolique le Seigneur ? Allons bon, sans doute n’est ce que notre imagination qui laisse voir des choses peu probables dans le regard d’un tel homme. Par contre, il eut quand même un léger sourire moquer quand il vit au loin une Narcisse qui cherchait à se sauver d’ici avant de rencontrer un obstacle à deux jambes. Raté on dirait sa tentative. Estenir se permit d'ailleurs une petite remarque.

°Alors Aspirante Narcisse, on cherche à se sauver alors que la fête bat son plein ? Il faut en profiter voyons....°

[HRP : si j'ia oublié un détail dans un de vos posts, n'hésitez pas à venir me taper le crâne par mp o/]



Yuma Amarok
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 4 Nov 2012 - 02:55 Répondre en citantRevenir en haut

La présence d'Anaviel devant lui le surprit un peu. Yuma ne s'attendait pas vraiment à le trouver à ses côtés, trop perdu dans ses pensées pour s'apercevoir du monde qui gravitait autour de lui. Haussant un sourcil, le jeune homme tenta de se remémorer le visage de cette personne, qu'il n'avait que peu croisée. Visiblement, cet homme ne tenait pas son ancien maître en très grande estime, ce qui contrastait furieusement avec ce que le nouveau Second avait laissé entendre. Le jeune chevalier ne pouvait s'empêcher d'afficher une expression étonnée, lorsque l'elfe lui fit part de ses félicitations. L'on lui avait toujours dit de ce méfier de cet individu. Tout un chacun le trouvait fourbe, calculateur, parfois manipulateur et faux... Comment le savoir en se fiant sur des "on dit" ? Le nouvel Archonte Brûlant n'était pas de la trempe des bruits de couloirs, raison pour laquelle il se contenta de sourire amicalement, avant de hocher la tête pour saluer son interlocuteur.

- Je dois dire que je ne m'attendais pas à pareille distinction, admit-il sans honte, à dire vrai, j'ai le sentiment qu'un poids vient de tomber sur mes épaules. Un poids qu'il va me falloir assumer, je suppose, mais, il faudra que j'aie une discussion avec notre Seigneur à ce sujet... Je vous sers un verre ?

C'était pourtant vrai : que pouvait-il dire de plus, sinon la vérité ? Yuma n'avait jamais eu à commander ne fut-ce qu'un bataillon, alors une armée entière ! Encore que l'époque dans laquelle il se trouvait, n'était pas faite de guerre et de sang versé. Aussi aurait-il tout le loisir d'en apprendre plus sur la fonction qui lui incombait d'occuper désormais. Rien ne serait facile, quand bien même acceptait-il encore mal le choix qu'Alauwyr venait de faire en le nommant Archonte Brûlant. Il ne pouvait pas refuser ce nouveau poste, n'est-ce pas ? S'il en avait eu l'envie, le demi-sang se serait mentalement traité d'imbécile.

Faisant volte-face vers la table à laquelle il avait précédemment tourné le dos, il fit mine de chercher deux verres, dont l'un qu'il plaça face à Anaviel, si le coeur lui disait de boire quelque-chose. Attrapant le pichet du premier alcool qui lui tomba sous la main, le chevalier entreprit de les servir tous les deux, tout en réfléchissant à la situation présente. Alauwyr venait de s'assurer de la loyauté de celui qui avait voulu sa mort, quelques semaines avant ces festivités. Le choix était judicieux, mais, dangereux, si Yuma n'avait pas été un homme d'honneur et de loyauté. En revanche, il semblait que le Seigneur venait de lui offrir une autre possibilité qu'il ne pouvait ignorer : tant qu'il commanderait aux Armées Ardentes, il s'assurerait que personne, pas même le plus petit soldat, ne mît les pieds sur sa terre natale. Pour cette seule raison, le jeune homme ne pouvait pas refuser un tel poste et se devrait d'en assumer le rôle jusqu'au bout, tout en conservant farouchement sa place. Une chance venait de lui être donnée et il devait la saisir sans hésiter. Il n'irait pas protester contre la décision qui avait été prise.

- Merci tout de même d'avoir pris la peine de venir me féliciter,
ajouta-t-il à l'encontre de l'elfe, lui tendant un verre, les encouragements font toujours du bien.

Yuma n'eut pourtant pas le loisir de se saisir de son propre verre, qu'une silhouette s'en vint le percuter subitement. Intrigué, il haussa un sourcil, essayant de dévisager la personne en question... et se rendant compte qu'il s'agissait de Narcisse. Il ne l'avait pas abandonnée depuis longtemps que la voilà qui se glissait près de lui, hein ? La rattrapant doucement par les épaules, il la lâcha tout aussi vite : il n'avait pas eu le temps de parler que la voilà qui repartait déjà. Allons bon, pourquoi était-elle si pressée ? Et quelle était cette expression troublée sur son visage ? Du point de vue du demi-sang, la jeune femme avait l'air préoccupée, abattue même. Avait-il été plus grossier qu'il n'y avait songé ? Sa liée assura que non... Toutefois, que croire lorsque l'on savait que Yuma avait tendance à bien trop se montrer familier ?

- Désolé, je vais vous fausser compagnie un instant.

Le jeune homme hocha de nouveau la tête face à Anaviel, à qui il venait d'adresser ces quelques mots distraits. Ce n'était pas qu'il eût des raisons de s'inquiéter, mais, son instinct venait de parler. Yuma n'était guère du genre à ignorer les manifestations de cette petite voix, qui lui insufflait l'ordre de ne pas s'attarder sur un simple verre d'alcool. Il but celui-ci à la hâte, avant de partir à la suite de Narcisse, jouant des coudes à travers la foule, qui se pressait autour des tables afin de dévorer les petits mets disposés là. Hélas, peu d'entre eux osaient le faire, par peur de paraître impoli ou disgracieux. Il allait bien falloir qu'ils se décidassent. Là n'était pas le problème du demi-sang nouvelle nommé, dont la liée venait de disparaître derrière un rideau sans qu'il ne s'en rendît compte.
Solitaire, Nemuri avait bien du mal à supporter cette foule de bipèdes, ainsi que les petits vagabondages de son âme-soeur. Yuma était égal à un cheval sauvage : il était impossible de le tenir tranquille à un endroit sans qu'il n'eût le désir incommensurable de retrouver sa liberté d'aller où bon lui semblait. Pareillement à ces créatures quadrupèdes, le jeune homme paraissait insaisissable, tout en n'ayant pas de secrets pour elle. La jeune dragonne se sentait délaissée par cette âme furtive. Pourquoi ne pouvait-elle avancer fièrement à ses côtés, sous une forme bipède adéquate, que tous admireraient ?
Ce soir, plus que tout autre, elle se devait de les impressionner et non demeurer une ombre.

Le demi-sang finit par rattraper Narcisse, bousculée par un joyeux luron qui passait à côté d'elle et qui semblait avoir attisé sa hargne quelques instants. Peu désireux de la brusquer par sa présence nouvelle après si peu de temps, Yuma fit de son mieux pour l'interpeler, lui faisant de nouveau face, au milieu de la foule.

- Pendant un instant, j'ai cru que tu avais changé d'avis, fit-il remarquer en abandonnant le vouvoiement qu'il avait employé plus tôt, mais, tu me fuis. Ai-je été si désagréable que cela ?
Narcisse d'Istelsten
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 11 Nov 2012 - 13:34 Répondre en citantRevenir en haut

- Détrompez-vous, Chevalier ! Je rentre simplement chez moi, nuança-t-elle en détournant le regard. Je suis fatiguée et je veux me mettre au lit le plus rapidement possible. Pensez-vous me faire peur, pour prétendre que je vous fuis ? Ce comportement ne fait que confirmer l’opinion que j’avais de vous : vous êtes l’homme le plus prétentieux, le plus casse-pieds et le plus insouciant qu’il m’est été donnée de rencontrer au cours de mes vingt-cinq années d’existence !

Le mensonge lui était venu spontanément aux lèvres. La force de l’habitude.

- Ce n’est pas parce que vous êtes devenu Archonte Brûlant que …

Narcisse serra les poings. Son visage était torturé par le sentiment de culpabilité, ses beaux yeux remplis de honte. Elle réalisait, trop tard, que ses mots cruels auraient pu réaliser leur office, en pénétrant le cœur et l’esprit du Chevalier. Bien trop longtemps déjà, il avait supporté ses humeurs changeantes. Son Maître Elendel Hastin l’aurait probablement déjà tué si elle avait tenu à son encontre de tels propos.
Ce n’était pas la première qu’elle se permettait de défier ainsi l’autorité de Chevaliers, voire même de Maîtres. Par chance, jamais elle n’avait été emprisonnée pour son insolence. Le Seigneur Alauwyr Iskuvar, le Maître Elendel Hastin, le Maître Anaviel Myst Indalwë, le Chevalier Lilwen Izil et enfin le Chevalier Yuma Amarok ; autant de personnes qui, de part leur position hiérarchique, aurait pu exiger sa mise à mort. Pour une raison qu’ignorait la jeune aspirante, jamais aucun d’entre eux n’avaient pris la moindre mesure envers elle, pas même minime. Pensaient-ils pouvoir se charger seuls de sa punition, en l’humiliant lorsqu’elle baissera malencontreusement sa garde ? En envoyant, secrètement, au cœur de la nuit, un assassin pour mettre fin à ses jours ? Inquiète de ce qui pouvait lui être réservée, elle frémit.

- …que je…

Que dire maintenant ? Elle ne voulait en aucun cas faire preuve d’indulgence. Son Maître lui avait enseigné l’art du combat, mais aussi à paraître et à être forte. Pourtant, elle continuait de pleurer comme une enfant, fuyait tout sentiment d’amitié ou d’amour, pour ne jamais avoir à partager plus qu’il ne lui était permis de partager. En se permettant de rejeter sa demande, elle n’avait fait qu’attiser sa curiosité et ce soir, plus que n’importe quel autre jour, il était là, à ses côtés, exigeant bien à sa manière des explications capables de le satisfaire.

Alors elle ne trouva rien d’autre comme idée que de garder le silence. Ses yeux d’acier se posèrent malencontreusement sur l’homme qui l’avait bousculé plus tôt. Il respirait l’insolence, la fausseté. Son charme n’avait là aucun frère ; il était aussi unique que détestable. Lorsque le regard de ce dernier se posa à nouveau sur elle, lorsque ses yeux verts traversèrent chaque parcelle de sa peau, Narcisse ressentit le besoin de se mettre en sécurité. Non pas qu’il ait montré de nets signes de dangerosité, mais la jeune aspirante ne se sentait pas à l’aise en sa présence et pour cause : les individus de race elfique lui attiraient toujours des problèmes. Comme pour briser le lien, elle saisit soudainement la main et l’épaule de son tout nouveau cavalier.

- Je vous préviens : ne vous faites aucune illusion ! J’accepte de danser avec vous uniquement parce que vous êtes l’Archonte Brûlant.

Encore un mensonge. Elle ne pouvait pas se permettre de lui dire que c’était là pour elle un moyen comme un autre de fuir ce qu’elle ne voulait pas affronter : des regards, des murmures…et de futures rumeurs. Puis, intriguée par le comportement de l’Archonte Brûlant, elle ne put s’empêcher de lui demander, plus discrètement :

- Pourquoi insistiez-vous autant pour que je danse avec vous ? Il ne s’agit après tout que de mondanités. Et qu’irait faire un homme de votre position avec une aspirante ? Je ne comprends toujours pas pourquoi vous n’avez pas eu le courage d’inviter à danser les femmes du Conseil. Cette Lilwen Izil, par exemple.

Le mieux, au cours d’une danse, était que les deux partenaires échangent un regard. Mais Narcisse d’Istelsten s’y refusait et ne cessait de regarder ses pieds, comme si elle craignait qu’on ne les lui écrase. Puis Yuma Amarok était si grand qu’elle s’y tordrait le coup. Dans ses bras, elle sentait aussi petite et légère qu’un insecte.

Néanmoins, la jalousie lui dévorait le cœur.
Yuma Amarok
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mar 16 Avr 2013 - 18:30 Répondre en citantRevenir en haut

Patient, pour une fois, Yuma attendit sagement que la demoiselle se décidât enfin à lui dire ce qui lui passait par la tête. Aucun son n'avait l'air de vouloir franchir le seuil de ses lèvres, chose qui ne manqua pas de faire sourire le jeune chevalier. Narcisse qui perdait sa langue : voilà bien une nouveauté ! Si on lui avait dit cela quelques heures plus tôt, sans doute aurait-il été prêt à faire le déplacement, juste pour cet évènement. Malgré tout, il attendit. Peut-être ne s'agissait-il que d'une passade et sans doute allait-elle retrouver l'usage de la parole, au bout d'un temps ?

Au moins était-il désormais sûr que ce n'était pas sa faute, si la jeune femme paraissait aussi troublée et aussi décontenancée. Enfin, peut-être que si, mais pas pour la raison qu'il eût cru ? Allez savoir ce qui pouvait se promener derrière le regard de la brune... Il semblait bien qu'elle ne fût pas si aisée à lire. Du moins, pour qui ne savait pas regarder au bon moment. Ne lui faisant pas l'affront d'attendre les bras croisés, Yuma se contenta de la fixer, un sourire amusé étirant l'expression de son visage. Colère ou non, paroles dures ou pas, il devait admettre une chose à propos de cette aspirante : elle venait de lui faire oublier le tracas de sa nouvelle nomination.

L'attention du demi-sang fut retenue par un mouvement de tête du côté de sa compagne, qui se tourna brusquement, ne terminant pas sa phrase. Haussant un sourcil, Yuma suivit son regard. Cet homme-là, il ne l'avait jamais vu et ne comprenait pas bien ce qui se tramait derrière cette mine intéressée. Ou, plutôt, ne le comprit-il que trop bien. Il n'eut, de toute façon, guère le temps de faire part de ses interrogations.
Narcisse venait de s'emparer de sa main, posant l'autre contre son épaule avec un air plus ou moins affolé.

Elle acceptait de danser uniquement parce qu'il était l'Archonte Brûlant, hein ? Le jeune homme n'y crut pas vraiment, mais n'en formula pas un mot. Après tout, ne venait-elle pas de lui demander de ne pas se faire d'illusions ? Dans ce cas, il ne s'en ferait guère, bien que la situation ne l'amusât tout de même. Profitant du fait que sa compagne n'osât pas le regarder dans les yeux, le demi-sang leva la tête dans la direction du bellâtre que Narcisse craignait tant. S'il ne s'était agi de mondanités, Yuma lui aurait volontiers conseillé d'aller voir ailleurs, néanmoins, il se contenta d'un simple rictus carnassier et de secouer la tête. Voilà qui devrait bien montrer au bonhomme que, cette demoiselle, il ne l'approcherait pas sans sa permission... ou du moins pouvait-il essayer.

Mieux valait ne pas rester immobile, maintenant que l'aspirante avait l'air décidée. C'était un mal pour un bien, dans un sens. Elle ne finirait donc pas par aller se coucher, mais poursuivrait sa soirée en compagnie de son désormais cavalier. Ce dernier ne put s'empêcher de lui adresser une mine interloquée, lorsqu'il se rendit compte qu'elle n'osait toujours pas lever la tête. Ce n'était guère commode de danser en compagnie d'une femme qui ne regardaient que ses pieds. Le jeune homme se demanda alors si elle savait réellement danser, ou non. A moins qu'elle ne voulût vraiment pas se trouver ici à cet instant précis ? Aux abysses la timidité, qu'elle profitât donc un peu de la fête ! Pour une fois qu'ils ne se voyaient pas interrompu par des cris, de la pluie ou que sût-il !

La question de Narcisse eut pour effet de le sortir de sa légère contrariété, lui arrachant un haussement de sourcil intrigué. Mais, au lieu de répondre, Yuma préféra de loin se taire, déposant sa main libre au creux de la taille de la jeune femme et l'entraînant dans une danse plutôt calme. La musique qui se faisait entendre ne se prêtait guère à une évasion plus intense, de toute façon. Au milieu des autres, personne ne s'occuperait de ce qu'ils pouvaient dire ou faire. Profitant de l'éloignement des oreilles indiscrètes, le demi-sang finit par délaisser la main de sa compagne, se servant de sa propre paume afin de lui redresser doucement le visage.

- Ce n'est pas très pratique de danser avec quelqu'un qui baisse la tête,
fit-il remarquer avec amusement.

Espérant qu'elle demeurerait ainsi, le chevalier fit mine de reprendre sa main et de poursuivre la danse, l'entraînant dans son élan sans lui laisser de véritable répit. Saurait-elle le suivre ? Aurait-elle la bonne idée de garder les yeux levés ? C'était tout ce qu'il demandait, silencieusement. N'occultant pas sa précédente question, il finit par baisser un peu la voix, ajoutant avec naturel, tout en plantant ses prunelles mauves dans les siennes :

- Aucun titre ne m'empêchera jamais de prendre mes propres décisions, quoi que l'on en dise. Je ne veux pas d'une autre femme en ma compagnie.

Il n'existait rien au monde capable de décider ce qui était bien pour Yuma, hormis lui-même. Les regards outrés, les commentaires, les murmures de couloirs... tout cela n'était rien, tant que l'on n'attentait pas à cette liberté qu'il chérissait. Et le fait était celui-ci : il n'était aucune femme qui eut su attirer son attention dans cette salle, plus que ne l'avait fait la jeune femme au sale caractère avec qui il dansait.

- Qu'importe ton statut ou ton comportement impossible, c'est toi que je vois. Peux-tu l'accepter, le temps qu'un prétentieux Archonte Brûlant te demande de lui accorder cette danse ?
Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:06 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu