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Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2012 - 09:45 Répondre en citantRevenir en haut

~ Mi Gaïaku 918 ~


Qui pensait qu'une journée comme celle-là montrerait la véracité des logiques même du Destin, qu'on finit toujours par rencontre au moins une fois dans son existence une personne qu'on a croisé par le passé. On était parfois loin de s'imaginer à quel point le monde est bien petit...

Sveargith poussait un grondement. Il avait décollé de dépit une fois qu’il avait déposé Peddyr sur une des petites plages des Chutes. Il avait eu beau protester contre ce choix dangereux, son lié avait joué son têtu et avait remporté la partie. Pourquoi ? Parce que le vieux guerrier avait demandé à venir ici, dans les Chutes, pour nager dans ses eaux claires et fraîches, parfaitement idéales avec leur richesse minérale pour la récupération de blessures à peine remise.

Peddyr s’était contenté de soupirer en voyant son ami prendre la voie des airs, pour se dissimuler dans les bois alentours. Svear n’avait pas tout à fait tort en ayant cherché à le convaincre de sa folie :

°Tu es complètement inconscient ! Tu le sais ça ? °
°Oui je le sais parfaitement, mais tu ne me feras pas changé d’avis…°
°Tu es à peine remis que tu veux traîner sur le territoire céleste. N’oublie pas ce que nous avons traversé jusqu’ici, ce n’est pas pour nous jeter dans le gueule du loup comme cela ! °
°Je le sais Svear ! Cela ne sert à rien de le rabâcher une fois encore veux-tu ! Ces eaux me feront le plus grand bien et bien plus encore !°


Le dragon brun avait senti qu’il se heurterait à un mur. Pestant contre cette insouciance, il avait donc bondi dans les airs, allant se cacher non loin de là pour agir en conséquence. Il devait bien avouer que son lié humain avait raison sur un point. Ces lieux lui feraient le plus grand bien, autant physiquement que mentalement. Le maître-brun avait déjà fait abstraction de la présence du Kaerl Céleste. En général ce coin de la Terre de l'Aube n’était fréquenté qu’à la belle saison ; là l’eau était trop fraîche actuellement pour plaire à une baignade rafraîchissante. Sauf pour l’ancien ambassadeur.

Pendant de longues minutes assis sur un rocher, il avait écouté le chant de l’eau et la vie presque silencieuse qui régnait dans les alentours. Contemplant l’écoulement cristallin il ne pensait plus à rien, se vidant totalement de ses angoisses et de ses soucis. Puis fermant les yeux et respirant à fond, il cherchait à méditer…. Mais le son aqueux ne semblait guère l’aider. Rouvrant les paupières, il fixait le fond, parfaitement visible. D’un sourire, il trouva une parfaite solution pour se détendre. Se redressant, il sauta de rocher en rocher pour rejoindre le promontoire le plus idéal à un plongeon. Se défaisant de sa chemise, de sa cape et de sa ceinture sur laquelle était accrochée son épée, il avait qu’une hâte désormais : plonger tête la première dans ces eaux froides. Cela ne le dérangeait pas. Au contraire, cela allait le revigorer. Les cascades seront pour la suite un bon mode de douche pour détendre les muscles du dos et des épaules.

Il manqua de glisser en sautillant pour retirer une de ses bottes coincées et quand il l’eut jeté, restant qu’en pantalon, il plongea magistralement dans la pureté même de la rivière.



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2012 - 09:45 Revenir en haut

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Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2012 - 12:39 Répondre en citantRevenir en haut

Narcisse n’arbora aucun sourire, pas même lorsqu’elle aperçut pour la première fois les Chutes de Nightfall, terres de paradis, où tout est chaud et ensoleillé. Dans l’immédiat, il lui sembla reconnaître les chutes infinies, l’odeur de la terre et le bois brun des grandes forêts. Le chant des cascades était un bruit de fond agréable, auquel s’ajoutaient la danse des oiseaux et les caprices des vents venus du nord. Tout n’était que verdure, et la pureté des eaux, apportait un éclat au paysage. L’on pouvait apercevoir, dans les profondeurs turquoises, des poissons de couleurs ainsi que quelques algues écarlates. L’on devinait l’eau agréablement fraîche, mais pour qui souhaite s’y baigner, cela ne devait représenter aucun problème majeur. Il y a quelques mois, Narcisse se serait réjouie à la vue d’un tel paysage. Aujourd’hui, les choses étaient différentes.

Son séjour au Kaerl Ardent l’avait transformé en une arme sans émotion, seulement destinée à tuer ou à menacer. Bien qu’à son empreinte elle ait su agir comme une femme libre, il n’en restait pas moins qu’elle devait encore se défaire de l’emprise de son ancien Maître, le très vénéré Elendel Hastin. Cet homme l’avait traumatisé au point qu’elle ne parvienne plus à se réjouir de rien, sauf de sa seule présence, de ses jeux au lit et enfin des cadeaux dont il lui faisait don, lorsque son humeur était bonne. Le reste du temps, elle n’était qu’une statue de cire, dépourvue de sourires, dont les yeux ne trahissaient ni colère, ni joie, ni même tristesse. Bien qu’elle soit aujourd’hui libre d’agir comme elle l’entendait, dans la mesure où les règles du Kaerl n’étaient pas bafouées, elle ne pouvait s’empêcher de se soumettre aux volontés du Sire Hastin, surtout lorsqu’il posait son regard de glace sur elle. Plus encore lorsqu’il adoptait une attitude anormalement neutre, ce qui souvent, ne présageait rien de bon. Elle craignait son jugement. Elle craignait ses colères, ses déceptions, plus qu’elle ne craignait la mort elle-même. Elle avait appris à agir pour son bien, à tout faire pour le satisfaire, à l’entraînement ou au lit, lorsque les soirées sont calmes, ou encore au cours d’une mission. Une caresse et il souriait. Un sourire et Narcisse avait le sentiment d’avoir accompli correctement la mission qui lui avait été confié. Elle ne savait ce qui l’avait poussé à venir jusqu’ici. Elle s’était réveillée ce matin, avait réclamé l’aide d’un dragon de passage puis s’était dirigée vers les Chutes de Nightfall. Elle disait les connaître, mais elle était pourtant certaine de ne jamais y avoir les pieds. Peut-être que la lecture des livres de géographie aux bibliothèques de l’Observatoire l’induisait en erreur.

Pour Wicella, il en était tout autre. Elle avait confié à sa liée avoir le sentiment de connaître cet endroit, d’y avoir déjà mis les pattes, alors même qu’elle n’avait jamais quitté le Kaerl Ardent depuis sa naissance. Cela faisait à peine trois jours qu’elle était sortie de sa coquille, à peine trois jours qu’elle se nourrissait de viande fraîche et buvait autant d’eau que les chameaux du Ssyl’Shar. Wicella refusait de dormir là où était sa place, avec les autres dragons ; aux Dôl Nàrë, selon sa liée. Tous les soirs, lorsque Narcisse fermait l’œil, elle venait prendre place sur le lit puis s’endormait, paisiblement. Les lendemains, elle se faisait sermonner des heures durant. Encore ce matin, ce conflit avait secoué le Weyr, pour finalement se terminer sur un silence. Un silence pendant lequel les deux êtres n’avaient rien partagé, pas même leurs sentiments profonds. Ce n’est qu’au cours du voyage que le dialogue avait repris : on y sentait malgré tout un brin d’antipathie. Mais Wicella était patiente : elle savait bien que sa liée n’avait jamais souhaité cette empreinte. Qu’elle ne l’avait jamais souhaité elle, petite dragonne verte. Alors elle fera sa place, tout doucement, dans le cœur de l’être qu’elle aimait le plus au monde, bien malgré son mauvais caractère. Wicella désirait plus que tout protéger Narcisse. Mieux encore, la sauver du désespoir dans lequel ce fourbe d’Elendel Hastin l’avait plongé.

* Narcisse… *
* … *
* Narcisse ! *
* Quoi encore ? Ne puis-je avoir un instant de silence ? Il me semblait bien que j’aurais dû te laisser au Kaerl Ardent et voyager seule. Depuis que tu es née, tu me casses les oreilles ! Non, tu troubles mon esprit ! J’ai d’incessants maux de tête à cause de toi, le sais-tu ? Tu es plus bavarde encore que ce crétin de Zaknafein ! *
* C’est qui celui-là ? Quoi qu’il en soit, ne sois pas si désagréable ou bien ta langue va bientôt ressembler à celle de nos cousins les serpents. Si tu t’ouvrais à moi plus souvent tu aurais probablement ressenti mon trouble. Je suis certaine que l’un de mes congénères traîne dans les alentours, je ressens sa présence comme je ressentais celle de Renek lorsqu’il approchait de ton... *
* Tu dois confondre avec Aaron ! Es-tu idiote ou quoi ? Nous le montons depuis notre départ du Kaerl. *
* Narcisse, tu devrais me prendre au sérieux ! Ecoute-moi un peu ! *


Désespérée de faire entendre raison à sa liée, Wicella ne trouva d’autres solutions que de la mordre au bras, faisant bondir de douleur cette dernière. Ce geste était prometteur de tristes conséquences. Narcisse perdit pieds et tomba dans le vide, sans qu’Aaron, dragon de bronze, ne puisse faire quoi que ce soit pour la retenir dans sa chute. Suivit immédiatement Wicella, toujours accrochée à son bras avec ses petites dents pointues. Fort heureusement, leur chute ne fut pas mortelle et les arbres firent l’effet de coussins. Lorsque la chevalière verte s’écrasa sur les terres sèches de Nightfall, elle poussa un long grognement de douleur, certaine cependant de ne s’en sortir qu’avec quelques bleus et probablement des contusions, notamment à l’épaule. Wicella, plus résistante, se releva bien plus rapidement que sa liée et recula dans les fourrées, honteuse. De sa gueule sortait quelques petits grognements presque imperceptibles, semblables à ceux des chiens lorsqu’ils reçoivent un mauvais coup sur la truffe. La verte ne fit plus la moindre apparition après ce geste, comme si elle avait disparu loin, très loin d’ici. Narcisse ressentait toujours sa présence cependant et elle la savait en fort bonne santé. Elle se contenta donc de reprendre sa route, à pied, après avoir assurée Aaron qu’elle se débrouillera désormais sans lui.

Le chemin parmi les forêts n’était pas aisé. Alors, lorsqu’elle aperçut enfin l’une des célèbres cascades de Nightfall, elle n’hésita pas à accélérer le pas. C’est alors qu’elle le vit : cet être qui plongea dans l’eau, vêtu d’un simple pantalon. Son esprit lui dictait de faire demi-tour, de trouver Wicella et de repartir au Kaerl Ardent. Cependant, son instinct lui disait d’avancer, plus loin encore, et de découvrir qu’elle était la raison de sa présence en ces lieux. Ses lectures ne lui avaient pas permis de savoir que ce territoire appartenait au Monde Céleste. Elle allait ouvrir la bouche pour tenter de connaître l’identité de l’homme, toujours légèrement abritée par le tronc d’un arbre centenaire, mais Wicella passa en courant à quelques centimètres à peine de ses jambes. Narcisse, surprise, parvint cependant à retenir un cri de surprise mais ressentie une immense colère envers sa liée. Cela n’empêcha pas cette dernière d’accomplir son vice. Encore jeune, les jeux l’attiraient irrésistiblement. Elle fut donc naturellement tentée par cette botte qui traînait sur l’imposant rocher et s’en saisit avant de courir dans tous les sens avec, la secouant et la déchirant en une centaine de petits morceaux.
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2012 - 13:08 Répondre en citantRevenir en haut

Peddyr fendit les eaux au moment où la petite liée de Narcisse tomba sur la botte qu'il avait eu peine à retirer. Donc désormais sous l'eau, il ne put pas voir le destin funeste qui serait dans l'heure celui de cette botte, prise dans les petites dents d'une toute jeune saurienne, avide de jouer. Comme pour bon nombre de carnassiers, le bon cuir était idéal à mastiquer...et apportait sans doute un bon goût, d'où cette envie irrésistible de réduire cette matière, quelque soit sa forme en charpie. La fin était était scellée pour cette chausse...

Le maître-brun ne se rendit compte de rien pour le moment ; peut-être qu'à l'inverse, il aurait réussi à sauver d'un bout de sa possession... et avec son lié boudeur qui avait opté pour siester dans une petite clairière non loin de là. Au final on allait conclure par : irrécupérable. Pendant que Wicella s'amusait avoir son jouet du moment, l'humain fit quelques brassées sous-marine, avant de s'accroche rà un rocher. Ainsi, il put, malgré sa vision trouble, apprécier le spectacle du fond où il trouvait. Un petit banc de truites semblait se reposer non loin d'un petit champ d'algues à courtes feuilles. Leurs écailles arc-en-ciel les rendait presque scintillantes, reflétant les quelques rayons du soleil qui arrivait à traverser la frontière d'entre le monde d'en haut et le monde aquatique. Peddyr ne put s'empêcher de soupirer d'aise, ce qui libéra quelques bulles. Au moins, elles n'étaient pas embêtés ces bestioles là par les soucis de l'existence du monde des hommes. Ces poissons là se contentaient de vivre, de nager, de se nourrir, se reproduire et d'échapper à leurs prédateurs. C'était cela leur rythme sur le fil de la Nature. Même si les dangers étaient quotidiens pour eux... Même pour l'estomac d'un prédateur comme Peddyr. Oui car le côté languissant avait cédé la place à un petit côté de gourmandise. Ces truites semblaient bien appétissantes.

Avec un sourire d'envie, il se préparait à tenter d'en attraper une. Autant par envie d'en pêcher une que pour jouer. Mais une petite ombre attira son attention. Il se retourna et vit dans le flou aqueux une petite silhouette verte qui gesticulait partout. Plissant les yeux, Peddyr se demandait ce qui se tramait là-haut. Peu de créatures pouvaient être vertes... Un dragon ? Il se crispa à l'idée d'un céleste puisse traîner dans le coin. Il se retourna et naga jusqu'à s'accrocher à un autre rocher, pour se rapprocher. Il ne sentait pas de présence habituelle... C'était bien une dragonne, mais il ne l'avait jamais senti au kaerl..Et cette dernière ne semblait pas le percevoir non plus. Quand un bout de cuir tomba dans l'eau et vint virevolter sous le nez du Céleste, Peddyr s'en saisit et.... Constata avec stupéfaction que c'était un restant de semelle de sa botte.

Il remonta à la surface et écarquilla les yeux en apercevant une toute jeune verte, terminant d'achever sa chausse.

*Par les cieux... !*

Il allait avoir l'air fin avec un pied à l'air quand il se rhabillera tout à l'heure ! Et qui disait dragonne disait liée dans le coin. Mais ce ne fut pas la première chose qu'il eut en tête à ce moment là. La fureur le prit un peu quand au destin mortel de sa botte ! Dire qu'il avait eu du mal à trouver une paire de cette qualité là...

''Et toi ! Tu veux un coup de main peut-être ? Tu veux aussi la soeur de cette botte pour parfaire le travail ? ''

En même temps, la verte devait à peine avoir une semaine, tout au plus. A cet âge, cela aimait faire des bêtises... et... Mais ! ce n'était pas une raison pour se faire bousiller ses affaires !



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Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2012 - 13:54 Répondre en citantRevenir en haut

La réaction de la jeune Wicella à l’approche du bipède fut immédiate. Avant même qu’elle ait eu le temps d’apercevoir son visage et de saisir la signification de ses mots, elle s’allongea littéralement sur la botte de cuir, du moins sur ce qu’il en restait, la protégeant de tout son être contre ce potentiel détrousseur. Le ton employé par l’importun ne lui laissait d’ailleurs présager rien de bon quant à l’avenir de son jeu, aussi montra-t-elle rapidement les dents, grognant avec la fougue de la jeunesse, pour tenter de l’éloigner du mieux qu’elle le pouvait de sa si précieuse prise. Pire encore, elle se montra particulièrement agressive à chaque fois qu’il tenta d’accomplir le moindre geste, même un simple mouvement de la main. Wicella souhaitait lui imposer de se comporter comme une statue sage et silencieuse. Qu’il ne bouge pas d’un pouce, et elle ne s’en porterait que mieux ! Ses dents n’étaient pourtant pas plus dangereuses que celles d’un petit roquet ; sa petite taille, digne des jeunes dragonnes vertes, n’avait pas de quoi impressionner un grand noir, aussi sauvage soit-il. Elle hésita désormais entre le garder à l’œil et reprendre son jeu. L’avait-elle suffisamment impressionné pour qu’il ne tente rien contre elle ? Son regard tomba alors sur la seconde botte, située à quelques mètres à peine de son lieu d’ancrage. Elle posa d’abord un regard sur cette dernière, puis sur son propriétaire, et enfin sur la botte.

* Cette chose m’appartient, bipède aux longs cheveux. Je l’ai trouvé la première, ne soyez donc pas de mauvaise foi ! *

Puis elle bondit. Abandonnant son jouet précédent, elle entama une course folle en direction de ce bout de cuir encore tendre et frais. Sa queue s’agitait dans tous les sens, ses pas étaient maladroits et plus d’une fois, elle faillit lourdement trébucher sur la terre sèche de Nightfall. De sa gueule s’échappaient de petits cris de contentement, si puissants qu’on pouvait les entendre probablement à des kilomètres à la ronde. Le plaisir de saisir cet objet était si grand que le temps qu’il lui fallut pour atteindre son objectif lui parut interminable. Ses courses l’épuisaient, mais elle ne comptait pas renoncer, pas lorsque l’enjeu est de taille.

Narcisse quant à elle, n’avait pas bougé d’un centimètre. Elle était étonnée que Wicella n’ait pas réagi à la vue de cet homme. Etonnée que ses visions ne lui soient pas revenues à l’esprit. Le jour de son empreinte, Wicella avait partagé avec elle des images, des souvenirs qui ne lui appartenaient pas tout à fait. En y réfléchissant bien, jour et nuit, Narcisse était parvenue à regrouper les morceaux et en avait déduit que cette parade dans les airs n’avait été autre que la conception de la petite dragonne verte. L’union d’un brun majestueux et d’une bleue agile avait donné naissance à une verte pour le moins intelligente mais surtout particulièrement noble d’esprit, au point même d’agresser sa propre liée pour la sauver de la folie. Mais dans ces visions, lui étaient apparus également deux bipèdes : Lyssa Ciniver et un homme, plus âgé, plus inconnu aussi. Un homme qu’elle n’avait jamais aperçu au Kaerl Ardent. Un homme qui aurait pu être le frère d’Estan Zadan, Prince d’un Royaume d’Ören, qu’elle avait rencontré il y a dix années de cela. Mais rapidement elle chassa cette idée de son esprit : le Prince devait être roi désormais. Le prince ne pouvait être ici, à Tol Orëa. Son esprit lui jouait des tours. Mais il était fort possible que celui qu'elle voyait sur le plateau soit bien celui de ses visions.

Elle baissa doucement la tête. La cité de son oncle avait été rapidement reprise en main après le passage du Prince Zadan. Puis elle avait quitté le Royaume, pour aller rencontre son fiancé, dans la demeure de ses parents. Plus jamais elle n’avait eu de nouvelles de son oncle. C’est à peine si elle le savait en vie. Ce type avait détruit ce qu’il avait entrepris. Ce type avait bafoué l’honneur des Istelsten devant près d’un millier d’habitants. Consciente que la colère gagnait peu à peu son cœur, elle chassa le trouble de son esprit puis se concentra sur la scène qui se déroulait sous ses yeux : pour le moment, Wicella ne risquait rien. Bien qu’elle refuse de l’avouer, ce fait la rassura pleinement et la jeune chevalière ne daigna pas même se montrer. Elle voulait découvrir plus en profondeur le caractère de sa liée, qu’elle voyait à peine à force de la rejeter, et l’occasion était trop belle aujourd’hui.

La jeune dragonne parvint presque à son but. Elle ne prit pas la peine de se retourner, aussi, elle ne savait pas si l’homme la suivait ou non, s’il était proche ou au contraire trop éloigné pour l’atteindre et mettre fin à toute cette mascarade. Une fois devant la botte, elle planta ses dents dedans, la coinça entre ses pattes avant puis commença à la mâchonner avec plaisir.

* Si jamais tu t’approches, je fais de toi mon prochain repas, bipède. Tu m'as gentiment proposé ta seconde chausse, je n'allais quand même pas refuser ! Dégage maintenant !*
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2012 - 14:26 Répondre en citantRevenir en haut

Peddyr sortit de l'eau, se fichant des frissons provoqués par l'air frais qui se rajoutait à la froideur de l'eau qui gouttait le long de son haut dénudé. En quelques pas, il fut devant la petite verte. L'humain avait cru lui faire peur par son apparition, car la plupart des dragons fraîchement éclos étaient facilement impressionnable. Sauf celle-là, qui montra littéralement les dents, accompagnées d'un grondement d'avertissement, tel un molosse de chasse. Cela suffit pour étonner le Céleste, qui stoppa son envie de reprendre les restes de sa botte. Elle en avait du caractère cette petite ! Et bien entendu, sur le coup, il ne songea pas qu'une liée pouvait se trouver dans les parages. Il ne songeait qu'à se faire justice... pour une simple botte.

°Svear... cesse de bouder, j'ai besoin de toi ! °
°Hum... Je dormais si bien... Pourquoi tu as besoin de moi ? Ah je vois...°
°Tu peux lui demander de me rendre... les restes de ma botte ? °
°Débrouille-toi...°
°Quoi ? °
°Oui, tu as parfaitement entendu... A mon tour de jouer les fortes têtes. En plus, tu ne risques rien, ce n'est qu'une simple petite dragonne... Tu peux bien arriver à t'en sortir...sans moi°
°Franchement... merci, vraiment Sveargith. °
°Mais de rien. Et ne la blesse pas, sa liée ne doit pas être loin...°


Peddyr se maudit... mais bien sûr la liée... Mais cette gente chevalière ne devait pas être dans le coin pour surveiller les frasques de sa petite liée... Surtout avec un caractère pareille. Sans doute la verte avait décidé d'en faire qu'à sa tête, comme son brun, qui le laissait dans sa mouise.

*C'est bien ma veine*

''Tu as peut-être trouvé cette botte, mais cela ne te donnait pas de droit dessus. Tu sais, les bipèdes ont le sens de la propriété. Même si c'était là, il fallait te demander si cela n'était pas à quelqu'un... comme moi ! ''

Quand il vit qu'elle s'intéressait à son autre botte, laissée seule un peu plus loin, Peddyr devinait immédiatement ses intentions.

''Oh que non....''

La dragonne partit d'un coup, aussi vive qu'une anguille. Peddyr tenta de l'attraper, et ne rencontra que la dureté de la pierre. Maugréant de son infortune, il assista à la joie criante de la petite saurienne et qui se régala de sauter sur sa seconde botte... Juste au moment où l'humain se remit debout pour tenter l'impensable ; la seconde botte dans ses crocs. sauf que ce fut réellement le cas. Il passa sa main sur son visage, dépité. Et une paire de bottes à retrouver. Une ! Il fit quelques pas vers la reptile ailée, qui se fichait limite de lui et en le remenaçant.

''Je ne t'ai rien proposé du tout. Visiblement jeune dragonne, il vous manque de sérieuses notions ! Et puis de toute façon, je suis indigeste....''

Il sentit la présence de son lié dans son esprit, qui semblait savourer la scène. Presque à en rire... Peddyr décida d'agir autrement. La verte voulait jouer . Alors ils allaient jouer.

°Mauvaise idée...°
''Par les cieux ! Ne crois pas que j'ai dit mon dernier mot. Tu ne veux donc pas me rendre ce qui reste de ma... seconde botte. D'accord....''

Il eut un drôle de sourire et soudain... Il fit un pas un pas de côté pour bondir sur la petite saurienne. Oh il ne lui saura pas directement dessus, il se retrouva juste sur son flanc droit pour s'intercaler entre ses petites pattes : entre l'antérieur et le postérieur. Elle n'était pas bien grande en raison de sa race et de son âge, donc il n'aura aucun mal à la coincer gentiment dans ses bras et lui imposer de lui rendre le morceau de cuir déchiqueté... souvenir périssable de ce que fut cette seconde botte. Petit comme elle était, il pourrait même se relever avec.

''Allez petite verte, finie de jouer ! Et ne crois pas que tu m'impressionnes !''



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Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2012 - 15:58 Répondre en citantRevenir en haut

Wicella, inconsciente, ne s’était pas attendue à ce que l’homme face preuve d’une pareille audace. Alors, quant il la saisit, la coinçant avec force dans ses bras, sa réaction de ne se fit pas attendre : elle hurla. Elle hurla si fort qu’il semblait au monde entier qu’elle était au bord de l’agonie. Elle hurla pour attirer l’attention, pour effrayer mais aussi pour se dégager de cette infinie frustration qui l’emplissait à mesure que les minutes s’écoulaient. Gesticulant en usant de l’ensemble de ses muscles, elle tentait vainement de mettre fin à l’emprise qu’il exerçait sur elle, tel le serpent sur la souris. Il l’empêchait de faire le moindre mouvement susceptible de le blesser grièvement et ainsi de le faire lâcher prise. Désespérée, elle essaya bien de le mordre, mais il s’était placé de manière à rester inaccessible et ses dents claquèrent dans le visage, ne parvenant pas jusqu’à la chair tendre du bourreau. Sa respiration se faisait de plus en plus saccadée, tandis que son corps tremblait, de peur et de colère. Par moment, lorsqu’elle se trouvait au bord du gouffre, un puissant grognement lui échappait. Elle finit par se fatiguer et perdre patience, ne donnant plus que quelques coups avec ses pattes dans l’espoir qu’il se décide enfin à la laisser en paix, avec sa botte.

Le cœur de Narcisse se serra dans sa poitrine. A cet instant plus que jamais, elle partageait les sentiments de sa liée. Son ventre se noua, son cœur s’affola et elle se mit à transpirer. Etonnée des réactions de son corps devant cette scène pour le moins inattendue, elle ne comprit tout d’abord pas ce qu’il pouvait bien lui arriver, alors même qu’elle était à l’abri des regards et de toute autre méthode de perception, et donc par cela, en parfaite sécurité. Ce n’est que lorsqu’elle entendit le premier cri de Wicella qu’elle comprit. Elle comprit ses craintes, elle comprit sa colère et ses désirs. Wicella se sentait en danger, c’était la première fois que quelqu’un s’en prenait à elle de cette manière et sa réaction n’était donc pas étonnante. Pourtant la chevalière ne se lança pas au secours de la saurienne. Wicella lui en voudra peut-être, mais Narcisse ne se sentait pas prête à se montrer.

Se présenter devant cet homme la répugnait. Elle craignait de croiser le regard de celui qui ressemblait tant à Estan Zadan, Prince à Ören. Y verrait-elle une colère semblable à celle qu’ils avaient partagé tous les deux avant que le Prince ne quitta la cité ? Y lirait-elle une once de reproche, de surprise, de mépris, ou de tout autre sentiment susceptible de ranimer en elle des souvenirs enfouis depuis dix longues années déjà. Il lui ressemblait trop. C’était Estan dix années plus tard. Un véritable adulte, mûr, sûr de lui, mais capable d’émotions diverses contrairement à son sosie du passé. Il était plus vivant que jamais. « Par les cieux », avait-il dit, avant de se saisir de sa liée. Une expression digne d’un Céleste. L’absence du lié de cet homme lui laissait présager qu’il n’était qu’un sans-don comme un autre, mais peut-être s’était-il laissé influencer, des années durant, par ses idéalistes que décrivaient les livres. Ou pire encore, peut-être était-il vraiment celui de ses rêves : un chevalier brun. Un amant de Lyssa Ciniver. Elle secoua énergiquement la tête, pour chasser cette possibilité de son esprit.

Les livres. Les Chutes de Nightfall. Plus elle y réfléchissait, plus Narcisse se rappelait de ces noms. Mais oui ! Les Chutes appartenaient aux Célestes !

Lorsque Wicella perdit ses forces, Narcisse le ressentit également, non sans douleur. Alors, sans véritablement prendre conscience de ce qu’elle allait accomplir, elle se saisit de ses deux cimeterres et fonça dans leur direction. Habituée à faire preuve de rapidité pour fondre sur ses adversaires, comme le lui avait appris maintes fois son ancien maître, elle eut tout juste le temps de pointer l’une de ses épées sur le menton de l’impertinent, prête à lui trancher la gorge s’il faisait à Wicella le moindre mal. De plus, il était primordial qu’elle arrache sa liée à son emprise : elle risquait de ne pas être la bienvenue ici, pire encore si des Chevaliers Blancs, comme elle s’amusait à les décrire, pointaient le bout de leur nez alors même qu’elle se trouvait sur leur territoire.

- Lâchez donc cette jeune dragonne, vaurien. Je n’ai pas envie de devoir nettoyer ces lames, alors ne m’obligez pas à les souiller de votre sang. Tss. Vous n’avez pas autre chose à faire que de vous en prendre à ma liée ? Vous vouliez faire quoi au juste, la transformer en sac à main pour votre belle ? A votre place je ne m’y essaierai pas, les dragons ont parfois la réputation d’être particulièrement rancuniers. Vous devez être courant, n’est-ce pas, pour avoir maintes fois croisé la route de certains d’entres eux, dont une Bleue caractérielle et insupportable.

Autant aller droit au but. Si elle voulait réellement connaître la vérité, le mieux était de le lui exposer sous le nez et d’observer ses réactions. S’il s’étonnait, alors elle aura fait une confusion. Et si, au contraire, il lui demandait comment elle pouvait bien être au courant, alors elle aura touché au but et des tas de questions pointeront à ses lèvres. Pourquoi était-il dans ses rêves ? Pourquoi s’était-il retrouvé, à moitié nu, en présence de Lyssa Ciniver ? Que fait-il ici, alors que la plupart des accouplements entre dragons se passent entre dragons d’un même Kaerl ? Etait-il déserteur ? Appartenait-il à un autre Kaerl, et dans ce cas, n’avait-elle pas dans son esprit des informations susceptibles de mettre les deux êtres en danger vis-à-vis de leurs Seigneurs ? Ne se mettait-elle pas également en danger, possédant des informations capables de faire couler la grande Lyssa ? Et qui était-il vraiment ?

* Narcisse, cet homme m’empêche de m’amuser ! Pourquoi les bipèdes ne jouent-ils jamais ? *
* Ne me fais pas croire que tu ne l’as pas cherché, Wicella ! Il s’agissait de ses bottes ! Elles sont indispensables pour se déplacer sans se blesser avec des échardes ou quelques pierres coupantes ! A cause de toi je dois trouver une idée pour qu’on puisse partir en vitesse, sans déclencher un conflit qui plus est ! S’il est qui je pense, crois-moi, on risque gros, très gros ! Alors silence et cesse de gesticuler comme ça, sinon c’est toi que je risque de blesser plutôt que lui ! *
* Mais ce n'est pas ma faute si tu ne me nourris pas assez ! Tu as vu le résultat ? Je ressens le besoin de dévorer ces si délicieux bouts de cuir ! *
* Wicella, je te donne déjà plus que ne mange une verte de ton âge ! *
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2012 - 16:54 Répondre en citantRevenir en haut

La dragonne se débattit de toutes ses forces et poussa un cri de détresse, comme n'importe quel jeune animal qui se trouvait dans une situation de danger. Pourtant, Peddyr prenait garde à ne pas la blesser ou à la contusionner pendant qu'elle tentait de se sauver de son emprise. Elle pourrait accrocher son aile et se faire une élongation ; ce qui était douloureux pour un dragon et plus encore pour un dragon en croissance. Puis rapidement, la petite combattante écailleuse eut moins de force pour se défendre. Ses coups de patte n'avaient pas atteint ses objectifs et les coups de gueule n'avaient pas fait frémir le céleste une seule fois. Et quand elle fut moins moins remuante, Peddyr ne put s'empêcher de sourire. Il flatta en douceur l'épaule de la Verte.

''Et bien, c'est bon tu es plus calme cette fois ? En plus tu t'affoles pour petite verte, je vais rien te faire. ''

Pourtant, il ne la lâcha pas pour autant. Puis il allait lui demander où se trouvait sa liée pour lui demander des comptes quand il sentit soudain contre sa gorge la froideur d'une lame. Il se tendit et tourna à peine la tête pour apercevoir une jeune femme au visage serré par la colère. Quand on parlait du loup, il arrivait très promptement.

Peddyr se maudit de son manque de vigilance. Tout cela à cause de cette satanée paire de bottes... Gardant le silence, et sentant parfaitement la menace dans la voix de l'inconnu que dans la froideur de son épée, il ouvrit ses bras, pour libérer la petite verte, lui permettant d'y rester en appui. Ainsi, elle pourra sauter de son plain gré. C'était mieux que de la lâcher d'un coup au risque que la saurienne se fasse mal dans la chute.

°Tu veux un coup de main cette fois je présume ?°
°Attends encore un peu Sveargith. Là je suis pas vraiment en position d'esquiver le tranchant de son arme vois-tu°
°On dirait bien. Mais je veille... j'interviendrai si cela devient trop fumeux°


Ca Peddyr n'en doutait pas. Quand le brun voulait intervenir....

''Vous vous méprenez un peu, chère chevalière. Ai-je l'air d'être quelqu'un qui transformerait une toute jeune dragonne en sac à main ? ''

Il sentit un peu plus contre la peau de sa gorge le fil acéré du cimeterre. Il grimaça.

''Une liée devrait avoir toute son attention sur son dragon, au lieu de la laisser vadrouiller toute seule. A cet âge, elle est vulnérable. Heureusement que je n'avais pas d'attention malhonnête à son égard... Malgré le fait qu'elle a réduit mes bottes en charpie....''

Une pâle excuse. Il comprenait la colère de la chevalière inconnue. Il aurait fait pareil. D'ailleurs.

°Excuse moi petite dragonne. Mais dévorer mes bottes ne m'a guère plu... En tout cas, tu es très fougueuse. Tu seras une dragonne verte forte et agile. °

Autant il visait à flatter la petite verte pour se faire pardonner mais aussi pour rentrer dans les grâces de cette chevalière-verte un poil à la limite de l'occire.

''Les Dragonnes Bleues ne sont pas ce qui manque dans les trois Kaerls réunis, jeune dame verte. Et elles sont réputées pour leur caractère vif. Ca personne ne l'ignore. Donc on ne peut pas éviter de les croiser... Autant dans son kaerl que dans les airs de la Terre de l'Aube... Bon quand vous aurez fini votre manège, vous pourrez abaisser votre épée, cela m'arrangerait un peu...''

Il était tenté d'user de son pouvoir pour contrer la menace, mais il avait encore la petite verte dans ses bras et ne tenait pas à la blesser dans la possible esquive...



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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2012 - 18:28 Répondre en citantRevenir en haut

- Eh bien ! Eh bien ! Je constate que vous êtes aussi arrogant et présomptueux que cet homme qui a croisé ma route, il y a bientôt dix ans de cela, sur les luxurieuses terres d’Ören ! Un type qui agissait comme s’il savait tout sur le monde, dont l’autorité même m’écœurait et qui n’a pas eu le moindre scrupule à réduire à néant la réputation de ma très respectée famille. Sachez donc une chose, prétentieux Seigneur du Ciel, avant que vous ne vous mépreniez sur mon compte : si je n’avais pas l’œil posé sur cette petite chose que vous mainteniez à l’instant comme si votre vie en dépendait, c’est bien parce qu’elle a échappé à ma vigilance, après avoir failli me tuer dans un geste teinté d’égoïsme. A cause de son inconscience et de son manque cruel de tenue, ma chute aurait pu m’être mortelle et vous seriez probablement tombé sur mon cadavre en allant chercher votre petit bois dans la forêt.

La colère de la jeune Chevalière Verte était perceptible. Son épée tremblait sous la gorge de sa proie, tant il ressemblait à Estan Zadan. Elle n’avait de cesse de le comparer à lui, dans ses gestes, dans ses pensées, dans la moindre de ses paroles.

- Mais elle peut bien essayer de me tuer, de faire de moi son repas ou encore de s’opposer à ma volonté, cela ne changera pas le fait accompli : je tuerai quiconque osera porter la main sur elle dans un but néfaste. Me suis-je bien fait comprendre ou faut-il encore que je me répète, étranger ? Quant à vos charmantes bottes, si vous ne vouliez pas qu’elle les dévore, il suffisait simplement de les mettre là où aucun animal n’aurait pu vous les dérober. Allons, n’êtes-vous pas au courant ? Vous me semblez être un bon voyageur pourtant ! Il aurait bien pu s’agir d’un singe ou d’un fauve, et je pense alors que la rencontre aurait été bien moins agréable, n’est-ce pas ? Ne vous contentez-vous pas de vous trouver une excuse, pour oublier toute humiliation ? Quel sot !

Il pouvait bien se fondre en excuses, Narcisse ne comptait pas baisser sa garde. Il lui fallait absolument trouver une solution au problème qui se présentait à elle. La présence de ce Céleste ici n’était pas de bonne augure et bien qu’il ne se soit pas encore informé sur son origine, elle semblait évidente si l’on observait plus attentivement son attitude et décortiquait ses paroles, sombres, et par cela, bien propres aux Ardents. Elle ne connaissait pas encore très bien les liens entre les Kaerl. Il lui semblait avoir entendu qu’il n’y avait pas lieu d’évoquer une guerre, mais également qu’un groupe de Céleste souhaitait ardemment la mort des Ardents, des espèces d’extrémistes prêts à tout pour soi-disant sauver le monde. Cela n’avait pas plus interpelé l’aspirante, qui était habituée à ce que dans chaque camp, certains fassent preuve de brutalité plus que d’autres. Mais être si proche, peut-être, de ce qui pouvait causer sa mort, l’effrayait plus qu’Elendel ne l’avait jamais fait. Encore une fois, son épée trembla. Il aurait été si simple de le tuer sur le champ et ainsi de mettre fin à ce problème.

Enfin Wicella se décida à s’extirper de l’emprise du Céleste, certaine de ne rien risquer. La petite dragonne verte aurait volontiers mordu le Céleste pour se venger, mais les paroles qu’il avait prononcé tantôt avaient au moins eu le bénéfice d’adoucir sa colère et ses peurs les plus traumatisantes, dont celle d’être privée de liberté. Un véritable séducteur ce bipède tout de même ! Elle sourit intérieurement à l’idée qu’il soit un coureur de jupons, car, dans ce cas précis, s’il tentait sa chance avec Narcisse, alors il aurait toutes les chances de s’en mordre les doigts et le regretterait sûrement tout au long de sa misérable existence. Laissant de côté ses fantasmes démesurés, la petite saurienne s’éloigna en vitesse et alla se réfugier derrière les jambes de sa liée.

Les paroles de cette dernière avaient été dures à son encontre, mais malgré, il lui avait semblé que cela cachait une forme obscure d’affection. Peut-être n’était-il pas vain d’espérer un jour s’entendre parfaitement avec elle, comme des liées ordinaires.

* Si c’était un dragon qui m’avait fait cette sublime déclaration, fougueux bipède, il en aurait été tout autre. Seriez-vous plus intéressé par les lézards que par les jolies femmes ? Wouuuuh… *

- Je te coupe, Wicella. Ne savez-vous pas de quoi je parle, petit seigneur ? Alors vous allez m’expliquer pourquoi est-ce que je vous vois sans cesse dans les…

* Je connais cet homme, Narcisse. *
* Il était temps que tu t’en rendes compte. Il s’agit de tes rêves et non des miens. *
* Le rêve qui retrace ma conception…Et si… *


Narcisse se mordit la langue. Elle ne pouvait parler de cela sans prendre le risque de devenir la cible d’assassinats, notamment du côté Ardent. Que fallait-il faire pour qu’elle obtienne réponse à ses questions sans pour autant mettre sa vie en jeu ? La jeune femme observa le ciel à la recherche éventuelle du Bronze qui l’avait amené jusqu’ici. Mais rien, pas même un oiseau, ne venait troubler le bleu des cieux. Elle se surprit à baisser sa lame, pour finalement la remonter à nouveau sous le menton de cet homme.

- Vous ne m’attirez que des ennuis, comme le Prince Zadan. Ridicule. Véritablement ridicule.

Elle allait frapper, mais Wicella poussa l’homme de manière à l’éloigner à temps de la lame.

* Et s’il s’agissait du lié de mon père, Narcisse ! * dit-elle si fort que ses pensées purent être perçue par tout ce qui vagabondait aux alentours.
* Modère tes pensées, saurienne ! *
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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2012 - 21:04 Répondre en citantRevenir en haut

Peddyr avait privilégié le silence durant le monologue de la jeune femme. A quoi bon répliquer alors qu'elle le tenait en joue avec son épée contre sa gorge ? Ören disait-elle ? Elle devait appartenir à une de ces familles puissantes dont il avait encore quelques brides d'un passé brumeux et lointain. A sa façon de se sentir supérieure... En même temps, facile en menaçant le Maître-brun de son épée. et sous le coup de la colère. Le vieux guerrier ne l'en blâmait pas. Il avait menacé sa liée après tout d'une certaine façon. Par contre, il grimaça quand elle parla de sa liée verte comme d'un.... C'était injurieux de parler de sa moitié de la sorte. Il aurait bien souhaité le lui dire, mais le tremblement de l'arme l'en dissuada.

Au moins pour le moment pour détendre l'atmosphère, il contacta à nouveau la petite Verte, qio avait trouvé refuge derrière les jambes de sa liée

°Ce n'est que vérité jeune verte... et si je connais les dragons, c'est que je suis lié moi aussi à un dragon. °

Il aurait souhaité lui parler de sa liée et de ses considérations à l'égard de la petite reptile, mais ce n'était pas à lui de faire le pas en avant. et un instant, un court instant, il crut pouvoir profiter de la baisse de sa garde pour appeler sa magie et s'emparer du cimeterre qui le menaçait

Non loin de là, il savait que Sveargith attendait le bon moment pour faire son apparition. Il gardait le silence, préférant ne pas donner de fausses indications à son lié humain. Un rien suffirait à faire basculer la balance. Une balance qui allait tout de même basculer quand de la bouche de la jeune Fëalocë, un nom sortit des lèvres de Narcisse. Il écarquilla les yeux à ce nom, se rendant compte à peine du mouvement de la lame qui allait cette fois le frapper.

Ce fut Wicella qui le percuta dans les jambes, le faisant tituber. Il eut le temps de dire, tout comme son lié instantanément :

"Quoi ?
°Quoi ?°

Peddyr se ressaisit aussitôt. Zadan ! Ce nom tambourinait encore dans son esprit. Il ne pensait plus l'entendre depuis son dernier passage à Camlach en Ören. Il pensait en avoir fini. Et visiblement le destin semblait vouloir le rattraper une fois encore, pour réclamer son dû.

Percevant l'angoisse monter chez son lié, Sveargith intervint avec brutalité. Son lié n'avait pas traversé toutes ces épreuves pour s'ensevelir comme autrefois dans les tourments de son passé.

°Peddyr ! C'est fini ! Zadan n'est qu'un nom rien de plus ! C'est pas toi, tu n'es pas lui ! °

Cela suffit à faire grimacer de douleur l'humain. Au moins, cela le ramena un peu plus dans sa détermination actuelle.

°Et toi jeune chevalière verte, tu devrais avoir honte de parler ainsi de ton âme soeur. Et maintenant cette histoire de père et de mon lié ? Que je serai le..... °

Sveargith, qui se retenait encore de sa cachette, fut coupée par la soudaine intervention de Peddyr, qui avait retrouvé sa lucidité et n'avait qu'une préoccupation : Zadan ! Il avait quelque peu occulté la remarque de la petite verte, où Sveargith pourrait le père de la jeune verte.

''D'où tenez-vous ce nom de Zadan ? Je voudrai le savoir ! "

Peddyr brûlait de le savoir. Il n'était plus perturbé par ses frayeurs d'antan, mais il voulait connaître cette part de vérité qui n'était plus dans ses souvenirs fragmentés.



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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2012 - 23:47 Répondre en citantRevenir en haut

La réaction de l’étranger donna raison à la Chevalière Verte. Cet homme était trop intéressé par la famille Zadan pour que cela ne soit qu’un heureux hasard. Alors, poussée par les souvenirs douloureux du passé, sa détermination à mettre fin à ses jours se fit plus grande encore, plus forte et plus envahissante que jamais dans son esprit. Elle désirait voir son sang couler, ses lèvres hurler sa douleur et les expressions de son visage la supplier de mettre fin à ses tourments. De plus, qu’il fasse ainsi l’innocent, réclamant plus d’explications sur l’origine de ce nom qui attirait immanquablement sa curiosité, avait le don de la mettre hors de ses gongs. Aussi ne manqua-t-elle pas l’occasion de le lui faire clairement remarquer.

- Ne jouez donc pas à ce jeu avec moi, Prince Zadan ! Je ne suis pas dupe ! J’ai très bien deviné qui vous étiez, depuis le premier jour où les souvenirs de ma liée ont envahi mon esprit et m’ont montré votre visage, naviguant en compagnie d’une femme du Kaerl Ardent, aux environs des îles d’Ys. Je ne sais pas exactement ce qui vous a amené à la rencontrer ainsi, et je me moque bien de ce que vous avez pu échanger tous les deux ; ce qui m’importe, c’est de vous faire payer l’affront que vous avez fait à ma famille !

* Wicella, écarte-toi je te prie ! * s’énerva la jeune Chevalière Verte, oubliant de parler pour sa liée seule.
* Ne m’as-tu pas écouté ? Ce qu’il s’est passé sur ce bateau et les îles alentours a bien plus d’importance que tu ne sembles vouloir en accorder. Ne comprends-tu pas ? Si ces rêves m’apparaissent, c’est parce qu’ils ont un lien direct avec moi et si l’on en croit mon âge, il ne peut s’agir que de ma conception ! Un vol a eu lieu au dessus des îles, un vol qui a fait de Shenesda ma mère ! Cet homme se trouvait en compagnie de sa liée ! Il est peut-être capable de me dire qui est mon père ! Et qui sait, il pourrait même être, au mieux, le lié de mon géniteur ! *
* Je me moque bien de qui il est. Les dragons vivent sans connaître leur père bien plus souvent que tu ne te l’imagines et Renek ne fait pas exception à la règle. Grandis au lieu de te rattacher à des choses qui ne t’apporteront que des sentiments inutiles ! Que feras-tu alors ? Hein ? Lorsque tu obtiendras la confirmation que ton père est un dragon céleste ? Tu le crieras sur les toits ? Bâtarde que tu es, tu risques de te faire agresser par l’ensemble de tes congénères et tu caches si mal tes pensées que je doute que tu puisses garder cela pour toi le temps d’une existence entière ! Tu devrais plutôt le détester pour ce qu'il t'a fait ! *


Wicella cessa immédiatement d’insister. Sa liée n’avait pas tort concernant ses origines. Les dragons ardents étaient pour la plupart violents et s’ils suivaient à la lettre les pensées de leurs âmes-sœurs, alors il y avait de fortes chances pour qu’ils n’acceptent pas une bâtarde comme elle dans leur rang, pire, qu’ils s’en prennent à elle et tentent de la tuer comme si elle n’était qu’un déchet, une honte pour le Kaerl Ardent.

- Vous ne vous rappelez vraiment pas ? Je vais vous rafraîchir la mémoire ! Un jour de soleil, vous m’avez sauvé la vie alors que j’allais me noyer dans le fleuve qui traversait la cité. Agacée à l’idée que je puisse vous devoir la vie, je vous ai rendu responsable de ma chute dans les eaux, mais vous, puissant seigneur que vous étiez, vous n’avez pas relevé et vous vous êtes dirigé fièrement vers la demeure de mon oncle, le Régent. Il a gentiment accepté de vous héberger, vous et vos hommes, pour une raison qui me déplaisait : vous étiez beau, trop beau pour sa nièce. Il rêvait de me savoir fiancée à autre chose que cet homme d’Ys, oui, il aurait aimé que vous puissiez m’épouser. Pour lui, nous aurions été un couple royal à la hauteur de toutes les espérances du peuple d’Ören. Afin que vous me fréquentiez, il m’a ordonné d’être votre guide et bien malgré que je me sois opposée à sa volonté, il a réussi à me soumettre ! En échange de mes services, vous m’avez offert le droit de quitter la cité, sous votre surveillance bien entendu.

Narcisse serra le manche de ses épées dans ses mains, folle de rage.

- Tout se passait pour le mieux, mais un puma a failli faire de vous votre repas. Affaiblis, nous devenions la cible idéale pour des brigands et ils ont émis le souhait de m’enlever pour demander une rançon. Je ne sais comment, ils ne sont pas parvenus à leur but mais nous avons tous les deux été gravement blessés ! Dans ma colère, dans ma peur, je vous ai encore une fois rendu responsable de tout cela et avant de partir, vous avez, sans pitié aucune, menacé ma famille d’informer le roi de l’insécurité de la cité. Oh, vous l’avez fait bien évidemment, car mon oncle a perdu plus du tiers de ses droits sur ses terres !

Ignorant la présence de liée, qu’elle évita habilement, la Chevalière tenta à nouveau de tuer le Céleste.

- Vous avez bafoué le nom de ma famille !
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MessagePosté le: Mer 1 Aoû 2012 - 09:17 Répondre en citantRevenir en haut

Faces aux révélations de Narcisse, Peddyr écarquilla à nouveau les yeux et recula d'un pas, pour s'assurer d'un minimum de distance entre lui et les lames vengeresses. Elle éructait son histoire avec tellement de haine et de fureur qu'il sut que ce n'était pas un mensonge. Il tenta de se remémorer cet épisode. Mais ce lui fut impossible. D'Estan Zadan, il ne lui restait que des brides, des morceaux parfois incohérents. Oh il savait qui il avait été autrefois et ce que lui avait balancé à la figure la jeune chevalière correspondait bien à cet homme. Oui cet homme... Peddyr Thelrand était quelqu'un d'autre aujourd'hui. Sauf que là, le passé lui était de nouveau jeté à la face.

Mais avec l'intervention précédente de Sveargith, il ne démonta pas devant ce récit et Ses angoisses ne purent l'atteindre à nouveau. Il nota en même temps un détail qui s'accrochait bien au caractère de la jeune femme : rejeter la faute sur les autres....

Narcisse tenta d'atteindre le maître-brun. Peddyr esquiva sans trop de peine. Elle était agile et rapide. et dire que son épée était à l'autre bout de la plate-forme rocheuse ! Par contre, son coeur battait plus fortement encore quand il avait entendu les pensées de la petite verte. Shenesda était sa mère ? Alors.... Il sentit son brun se tétaniser à cette vérité. Il grommela en même temps que son lié humain. Pourquoi les choses devaient-elles se compliquer ? Mais l'humain se préoccupa d'abord de sa propre vie.

''Je ne me souviens de rien et c'est la stricte vérité ! Estan Zadan n'est plu. Il n'existe plus !''

Il sentit le frôlement du cimeterre, non loin de son bras. Le sifflement au passage rapide du cimeterre était presque effrayant. Puis quand la seconde arme le frappa de plein fouet, ce fut pour rencontrer un mur invisible. Cette fois, Peddyr usa de son pouvoir. Il n'allait pas se laisser pourfendre sans rien faire.

''Je sais que cela peut paraître absurde, mais de cet homme, il ne me reste que des fragments dans ma mémoire. Je sais qu'il a existé et que ce n'était pas....''

Il grinça des dents. Même encore, il avait du mal à se faire à l'idée qu'il avait été justement ce prince. Aujourd'hui, c'était Peddyr Thelrand et non Zadan qui vivait ; un autre homme avec sa propre personnalité. Mais pendant une décennie entière, il avait souffert, se morfondait sur ce qu'il avait été et sans le savoir complètement. Aujourd'hui il le savait et pouvait s'en défendre. Il maintenait toujours sa protection, pour ne pas se faire blesser par Narcisse.

''Le Destin s'est chargé de lui, avec un carreau qui le toucha à la tête, détruisant l'essence même de son esprit. C'est moi et moi seul qui m'éveillai à sa place, ne sachant pas qui j'étais, avec des morceaux d'un passé qui ne m'appartenaient. Là devant vous, ce n'est pas Zadan, mais Peddyr Thelrand. Tel est mon nom !

Il recula encore d'un pas. Narcisse venait encore de frapper contre sa protection, qu'il avait un peu étendu pour ne pas devoir esquiver chacun de ses coups.

''Je regrette sincèrement ce que cet homme a pu commettre contre cet homme autrefois... Il n'aurait jamais dû faire cela. et je suis prêt à prouver ma bonne foi.... ''
°Bon Peddyr ca suffit ! Elle est complètement déchaîné et la seule chose qu'elle exigera de toi sera ta mort. Tu arriveras pas à la raisonner de cette façon°

Peddyr dut admettre la logique de son lié. A voir l'étincelle de vengeance qui brûlait dans le regard de cette jeune et frêle chevalière. Jamais il n'aurait cru un jour affronter les crimesde son ancienne vie.

°Je sais que tu n'aimes pas la lâcheté, mais tu vas te sauver, prendre un peu de distance avec elle. Je vais intervenir. Et ne discute pas ! °

Peddyr préféra en effet ne pas discuter avec son brun quand il prenait un tel ton. Sans attendre, il fixa la proximité de l'eau. A ce moment là, le saurin brun fit son apparition dans les airs, avant de se poser avec une certaine brutalité à une vingtaine de mètres en arrière de Narcisse et de sa liée. Peddyr se retourna et rejoignit le bord, pour plonger dans l'eau. Au moins, il mettait une vraie distance de sécurité entre lui et elle. Et à travers le Don, il percevait les intentions de Svear'. Au moins; le dragon n'allait pas se montrer agressif... Un soulagement pour lui qui voulait tirer toute cette histoire sans effusion de sang....

Le Brun prit la parole, dardant un regard imposant sur la petite bipède.

°Chevalière, tu es aveugle. Sourde et aveugle au Don que t'a accordé Flarmya... Sourde à la voix de ta liée et aveugle car tu te fies à ce que tu vois des autres et pas à ce que te dicte réellement ton coeur. La passion qui t'anime te pousse à suivre tes sentiments et non ta raison. Si ta liée t'a choisie, c'est que tu es capable de jugements et de discernement qui font que tu es une chevalière-dragon et non une simple mortelle. Si des Dragons de ton Kaerl font comme leur lié, se fiant sur l'importance du Sang, alors c'est qu'ils ne méritent pas d'appartenir à notre aspèce.°

Rien que d'avoir entendu certains passages des pensées de Narcisse lui avait suffi à comprendre qu'elles étaient bien ardentes... Shenesda était ardente et si cette petite verte était vraiment de son sang....

°Les dragons des trois Kaerls viennent tous des premiers dragons avant que leurs liés décidèrent un jour de se diviser. Si pour toi jeune chevalière tu accordes de l'importance à l'origine de ta liée, alors apprends ceci. °

Il baissa plus en avant sa tête.

°Le dragon qui est lié à votre Seigneur actuel... A ce vil Alauwyr Iskuvar n'est pas né dans son kaerl. C'est un dragon né en dehors... Pourtant, il est dragon ardent, car il sert le Kaerl Ardent. Les dragons ne sont pas comme les bipèdes, à juger de l'importance des origines pour suivre une cause ou tout simplement leur Destin°

Pendant ce temps, Peddyr avait fait surface, à une dizaine plus loin dans l'eau, surnageant et contemplant la scène. Il préférait attendre la suite avant de revenir sur le devant de la scène. Sveargit accorda son attention à la petite Wicella.

°Jeune verte, j'ai poursuivi Shenesda durant son Vol. C'est bien moi que tu as dans tes souvenirs récents. N'aie pas honte de tes origines. Tu es un dragon, un membre de notre espèce. Bien avant le Don, les dragons vivaient sur bien des territoires et se fichaient des origines de leurs partenaires.... °



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MessagePosté le: Mar 7 Aoû 2012 - 20:19 Répondre en citantRevenir en haut

- Que savez-vous donc de moi, Grand Dragon, pour oser évoquer ici-même Flamrya et la foi que je lui dois ? Mon Maître m’a trouvé, il y a six mois de cela, sur les berges d’un lac gelé, affamée et aussi froide que la pointe des montagnes. Jugeant bon de me tromper pour que je le suive sans m’opposer à sa volonté, il m’a trompé, me poussant à rêver de richesses et de pouvoir. Tout cela n’était qu’illusion. Il m’a tout offert, mais il profitait de chaque moment pour me soumettre à lui et aliéner mon désir grandissant de liberté. Aujourd’hui, je lui dois tout : mes vêtements, mes repas, mon Weyr grandiose, ma capacité à me défendre seule, à survivre dans les lieux les plus hostiles, à tuer dans le secret et à obtenir ce que je désire. Mais jamais, pas même à mesure que mes forces s’accroissaient, je n’ai souhaité me lier à une jeune dragonne. Même la lecture de livres traitant sur le sujet me laissait indifférente ! Je ne voue aucune admiration à Flamrya, je ne l’ai jamais prié, tout comme je n’ai jamais considéré ses créatures. Quand lui ai-je réclamé une telle vie ?

Elle pointa son arme en direction du Brun. Sa colère était telle qu’elle était prête à se battre, même avec une créature d’envergure supérieure. Jamais elle n’avait affronté un dragon de sa vie, pas même Renek, le lié de son ancien Maître. Elle était consciente qu’elle prenait de gros risques, mais sa connaissance des dragons à travers les livres anciens lui offrait la possibilité de frapper là où les écailles du dragon ne le protégeront pas. S’il fallait en arriver à cette bataille pour avoir la tête d’Estan Zadan, alors Narcisse ne tergiversera pas à lever l’épée.

- N’étais-je finalement pas bien, loin des guerres, loin des personnes qui me voulaient du mal ? Je venais certes de perdre mon pouvoir sur le peuple d’Ören, ainsi que sur les possibilités que m’offrait le commerce, mais pour rien au monde je n’ai demandé, en acceptant de vivre au Kaerl Ardent, à me coltiner cette créature ! La nourrir, lui apprendre à tenir sur ses pattes, à chasser, à voler, cela est hors de question. Si Flamrya tenait tant à voir sa protégée grandir et devenir une fière dragonne, alors elle avait juste à la confier à une autre aspirante ! Elles étaient bien assez nombreuses le jour de mon empreinte et par ailleurs, l’une d’elle ne s’était pas liée ! Les deux même, si mon souvenir est exact !

Elle émit un petit rire. Il était l’empreinte même de la haine qui habitait son cœur.

- Je sers mon Maître, ses intérêts et enfin les miens. Je n’ai pas besoin d’un poids qui mettra en danger chacune de mes missions. Vous êtes le père, n’est-ce pas ? Dans ce cas, je peux bien vous la laisser, Shenesda refusera de s’en occuper ! Vous prendrez soin d’elle et moi je pourrai enfin retrouver une vie normale, sans que le moindre souci ne vienne la gâcher ! Les choses seront ainsi réglées et, si vous acceptez mon offre, je ne ferai aucun mal à votre lié. Cela vous intéresse-t-il, ou bien faut-il que j’aille le chercher à la nage ? Je suis sûre que les poissons aimeront se délecter de ses boyaux ! Ils ont si mauvais goût !

A peine eut-elle terminée de déblatérer ces paroles de cruauté que Wicella la mordit avec violence à la jambe. Ses crocs s’enfoncèrent dans la chair tendre comme ceux d’un lion affamé. En agissant ainsi, la jeune dragonne se fit souffrir d’elle-même, car elle ressentait l’étonnement et la douleur de sa liée. Lorsqu’il sentit le sang dans sa gorge, elle lâcha prise, recula puis s’enfuit en direction des forêts, chutant à plusieurs reprises. Sa course n’était pas assurée, sa peine trop grande pour qu’elle prenne garde aux roches et autres obstacles susceptibles de la blesser. Elle finit par disparaître, se dirigeant là où la guidèrent ses pas. Elle s’abrita finalement dans une crevasse, assez grande pour l’accueillir et lui permettre d’être en sécurité. Des grondements lui échappaient, comme des pleurs chez un humain. Pour parer à sa nervosité, elle se mordait les pattes : c’était un réflexe qu’elle avait depuis sa naissance et bien souvent, elle se blessait d’elle-même en agissant ainsi.

Lorsque sa liée l’avait mordu, Narcisse n’avait pu retenir un cri de douleur. Suite à son départ précipité, elle s’était écroulée au sol en tenant sa jambe. De sa plaie, s’écoulait du sang en grande quantité.

- Saleté de dragon !

La douleur la rendait plus agressive qu’à l’accoutumée. Elle ne s’était pas attendue à pareille réaction de la part de la petite dragonne, car pour elle, et de ce que pouvaient dire les livres, les liées étaient suffisamment proches pour ne pas oser se blesser, même dans le cas d’un différend. Malgré sa main posée sur ses plaies, elle ne parvenait à arrêter le saignement. Elle fixa alors le grand dragon brun, puis cracha non sans colère :

- Vous ne pouviez pas vous mêler de vos affaires ? Nhh…

Son visage se crispa.

- J’aurai la tête de ce type, quoi qu’il advienne !
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Mar 7 Aoû 2012 - 21:26 Répondre en citantRevenir en haut

Sveargith était choqué d'entendre de tels propos de la bouche de Narcisse. Jamais il n'avait entendu de telles choses de la part d'un bipède lié. Il en resta encore sans voix, le temps que Wicella morde la jambe de l'ardente, avant de se sauver dans le bois proche, honteuse de tels ressentis à son égard. Non jamais le Brun n'avait perçu une telle rancoeur, une telle colère envers un dragon avec lequel on allait vivre toute sa vie. Certes, il savait que des liés pouvaient rencontrer quelques divergences... Mais à ce point là....Lui aussi désirait lui arracher la tête de ses frêles petites épaules... Pourtant c'était une voix désolée qui retentit dans la tête de la jeune noble.

°Être lié à un dragon est la plus grande richesse que tu peux avoir dans ce monde petite bipède ! Et tu es incapable de la savourer à sa juste valeur. Ta vie précédente a été bien malheureuse à ce que je peux comprendre. °

Pendant que son Brun parlait, Peddyr en profita pour revenir sur la berge rocheuse.

°Peut-être que tu dois certaines choses à ton maître, petite... Mais il t'a suffisamment embrouillé l'esprit pour te faire croire que tu lui es redevable de tout. Un weyr est confié à un bipède dès qu'il se lie à un dragon. Sa liberté est sienne dès qu'il est lié. Il ne doit de compte à personne sauf à son Kaerl par ses dirigeants et à son dragon. S'il continue d'abuser de toi, c'est que tu es bien naïve... et surtout malheureuse. Tu ne vois pas la chance que tu as... Une chance d'être toi-même et pas comme le voudrait ce maître-dragon, qui profitait de ta détresse intérieure pour te manipuler. D'être toi sans l'aide de personne. Seulement toi et ta liée. °

Sveargith entendait les grondements plaintifs de la petite verte. Il voudrait tant aller la réconforter. Mais sa liée devait en être aussi... Ce qui risquait d'être improbable. Elle était vraiment atteinte de cécité émotionnel. Comment pouvait-on être insensible à sa liée de la sorte. Il se permit un pas vers la cachette de la petite verte en pleurs ; quoi d'autres... Il se fichait pas mal de l'épée qui le menaçait. Un coup de patte réglerait le problème. Il détestait voir un des siens dans un tel état...

Peddyr quand à lui était sorti de l'eau. Elle gouttait encore de ses cheveux et coulaient le long de ses épaules. Il avait un regard que détestait son lié : un regard trop sérieux.

''Nous avons pas demandé à nous mêler de vos affaires. Mais puisqu'il semble qu'il en soit ainsi....''

Sveargith le regarda. Oh qu'il n'aimait pas ce regard. Il en profita pour se rapprocher de la petite verte et pousser des grondements, espérant la consoler dans sa détresse.

°Peddyr tu sais que j'aime pas ces idées là...J'espère que tu sais ce que tu fais... °
°Tu me connais°
°Justement que trop et sauf que là, je ressens ce que tu ressens et j'aime pas cette émotion°


Les yeux bleu acier ne quittèrent pas Narcisse. Il voyait bien que sa plaie saignait. Mais sa hargne lui donnait encore de l'énergie.

''C'est ma tête que vous voulez ? Alors prenez-là ! Si ma vie est le prix à payer pour que votre dragonne n'ait plus à subir toute cette souffrance refoulée à cause des actes d'Estan Zadan, cet homme qui est l'obscurité de mon passé, alors qu'elle soit vôtre ! ''

Il écarta les bras, pour dévoiler plus encore le haut de son corps, comme se tenant prêt à recevoir le châtiment de Narcisse... Que Flarmya prenne en pitié cette âme perdue d'ardente...



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MessagePosté le: Mer 8 Aoû 2012 - 02:25 Répondre en citantRevenir en haut

Wicella refusa catégoriquement de quitter sa cachette. Les grondements de son père parvinrent à peine à calmer son cœur meurtri, aussi les siens augmentèrent de volume à mesure que les minutes s’écoulèrent, la plaçant au comble du désespoir. Elle était aussi effrayée que triste.

Blottie contre la paroi rocheuse de la crevasse, elle s’y tassait à mesure que des bruits étrangers parvenaient à ses oreilles, l’inconnu n’étant pas une chose auquel elle avait pris le temps de s’habituer, à seulement trois jours de son éclosion. Au passage d’une souris, ou plutôt d’un mulot, si l’on tient compte du territoire sauvage, la dragonne poussa un cri aigu assourdissant, image de son extrême terreur. Il en fut de même pour un petit serpent, puis enfin pour un oiseau, qu’elle vit s’envoler énergiquement vers les cieux aussi bleus que les océans silencieux. Sa peur se transformait progressivement en méfiance et elle finit par pousser de petits grognements menaçants, afin de faire fuir les potentiels visiteurs de son abri.

Plus loin, Narcisse fixait Estan Zadan avec insistance. L’homme venait de rejoindre la berge et, à peine sortie de l’eau, il s’offrait à ses lames pour payer de ses crimes. D’abord surprise, et cela la chevalière ne pouvait le nier, Narcisse finit par se réjouir et laissa un large sourire fendre ses lèvres. Elle allait pouvoir le tuer. Le tuer avec les armes de son choix, de la manière qu’elle désirait et aussi lentement qu’elle le jugerait utile. Elle allait enfin être dans la capacité de le faire souffrir pour tous ce qu’il avait infligé à son oncle, le régent, l’homme qui avait veillé sur elle alors que ses parents ne voulaient plus d’elle, si ce n’est aux jours de mariage. Bien heureuse que les évènements tournent à son avantage, la jeune femme se leva et saisit ses lames d’une poigne ferme. Mais à peine fit-elle un pas que sa plaie se raviva et lui arracha un cri de douleur.

Elle retomba bien rapidement sur les genoux, lâcha ses armes et porta sa main là où sa liée avait mordu. Elle avait l’impression que l’on lui arrachait tout à l’intérieur. Comment alors, dans sa position, allait-elle pouvoir accéder à sa vengeance ? Comment fournir un effort suffisamment faible pour qu’il ne mette pas à rude épreuve sa jambe et lui permette de mettre fin aux jours heureux du Prince Zadan ? Sa rage fut si grande qu’elle se sentit défaillir. Les mots du dragon brun lui revinrent avec force en mémoire : liberté et bonheur. Ces mots n’avaient plus la moindre signification à ses yeux. Tout n’était qu’illusions et mensonges. Trahison et tromperie perverse. Elle serra les poings et cracha sur Estan Zadan, l’injuriant avec tous les mots qu’elle connaissait. Puis une force inconnue la porta et l’aida dans sa tâche. Tâche qui allait probablement la mener à sa mort.

D’un coup sec, elle poussa sur ses jambes et percuta sa proie. Tous deux tombèrent dans les eaux profondes des chutes de Nightfall. Là, Narcisse saisit de ses deux mains le coup d’Estan et tenta de l’étrangler. Mais elle fut rapidement ramenée à la réalité lorsque l’air lui manqua à elle plutôt qu’à lui et que l’un de ses bracelets, précieux objets de pouvoir, s’échappa de son poignet pour lentement se diriger vers le fond des eaux claires. En tentant de le rattraper, Narcisse diminua ses chances de remonter à temps à surface. Pire encore, elle se sut incapable de retrouver l’air libre : elle n’avait jamais appris à nager, pas même lorsqu’elle avait failli se noyer dans les eaux du fleuve qui traversaient la cité de son oncle.

Wicella ressentait la douleur et la peur de sa liée. Cette pression à sa poitrine, ce manque d’air, l’extrême peur qui animait ses tempes avec violence. Les grognements de la petite dragonne devinrent plaintifs, comme si c’était elle qui se noyait. Dans son trou, elle apercevait le museau de son père, ainsi que ses yeux, ceux d’un géniteur attentionné. Malgré son manque d’expérience, elle put s’adresser au bipède céleste sans trop de difficultés, poussée par une force inconnue : le désir de sauver peut-être.

* Imbécile ! Pourquoi la provoquer ? Elle ne sait pas nager ! L’eau l’effraie autant que les humiliations que peut lui infliger son Maître ! *
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MessagePosté le: Mer 8 Aoû 2012 - 08:39 Répondre en citantRevenir en haut

Un homme autre que Peddyr aurait trouvé la jeune femme pathétique ou alors parfaitement arrogante. Malgré sa blessure qui la faisait souffrir, la petite chevalière avait toujours ses envies de meurtre ; ça le maître brun le voyait. Il cilla à peine devant sa volonté, comprenant qu'il n'arriverait pas à lui faire changer d'avis. Elle fut si rapide à se jeter sur lui qu'il n'eut pas le temps d'activer son pouvoir. Heureusement qu'elle avait lâché ses épées en se précipitant sur lui. Mais sous le choc, ils tombèrent tous les deux dans l'eau. Narcisse n'avait qu'une idée en tête : le tuer. Et pour ce faire, elle tenta de l'étrangler sous l'eau, en s'agrippant à son cou. Petite ironie quand on se retrouve sous l'eau.

Le vieux combattant n'avait pas encore réagi sous l'attaque de la jeune femme, retrouvant ce milieu aqueux qu'il avait à peine quitté pour tenter de raisonner la jeune femme. En y retournant brutalement, cela confirmait son échec. Il reçut aussi avec une certaine brutalité les pensées de la petite verte. Cela se sentait qu'elle s'inquiétait pour sa liée sur l'instant, tout en ne maîtrisant pas encore la puissance de son Don

Quelque chose se produisit. Narcisse tenta de rattraper quelque chose qui descendait doucement vers le fond sableux. A voir son débat, l'eau n'était pas un élément qu'elle maîtrisait. Elle ne savait pas nager ! Sans attendre, commençant à son tour à manquer d'air -un peu après Narcisse, car il n'avait pas eu le temps de prendre une bouffée d'air avant de tomber dans l'eau-. Il passa ses mains sous les aisselles de la jeune femme, se fichant de prendre un coup et remonta vers la surface. Là il s'accrocha sur le rebord rocheux, aidant Narcisse à avoir la tête au-dessus de l'eau. Il toussa pour reprendre son souffle.

°Jeune verte, je n'ai rien demandé....°

L'eau commençait à être froide cette fois. A force d'y plonger deux trois fois à la suite, il y avait de quoi commencer à frissonner. Dire qu'il avait voulu se baigner un peu et profiter de la tranquillité des Chutes. Il en était à sauver une jeune femme qui ne rêvait que d'une chose : le tuer pour les crimes de l'homme qu'il avait été autrefois, dont il se souvenait à peine. Quel comble.

''Svear, je vais avoir besoin de toi !''

Le maître brun ne voulait pas perdre de temps, autant pour ne pas laisser trop de temps à Narcisse de se reprendre et de tenter de l'occire à nouveau, autant pour pas qu'ils n'attrapent froid. Aliter était bien la dernière chose qu'il désirait.

Le Grand Brun redressa sa tête, se sentant mal à l'aise de quitter la petite verte qui était passée du stade de la dragonne pleurante à la dragonne méfiante. Il tendit une patte pour prendre un vieux morceau de tronc.

°Je ne m'éloigne pas, je vais donner ce qu'il faut à mon lié...°

Le dragon se rapprocha de la dite berge et posa le bois pour l'enflammer vivement, pour provoquer un petit feu sur le bois sec, comme pour en faire un feu de camp. Peddyr quand à lui était totalement sorti des eaux, gardant une Narcisse transi dans ses bras. Il se rapprocha du feu de quelques pas et la déposa en douceur devant le bienfaiteur petit feu. La journée était belle, mais l'air était frais et devenait vite mordant pour les imprudents qui se baignaient dans des eaux froides tout habillé...

''Frottez-vous, pour ne pas attraper froid. Je n'ai pas de vêtement de rechange, mais ce petit feu vous aidera un peu à vous sécher. ''

Sveargith était retourné non loin de la cachette de la petite verte, gardant un oeil sur Narcisse. Son lié avait vraiment le coeur au bord des mains, prêt à l'offrir à toute personne en difficulté, mais il ne mesurait souvent pas les dangers que cela comportait. Narcisse pourrrait chercher encore à le tuer... Après, encore une fois. D'où la prudence que Peddyr prit en se mettant à l'opposé de la jeune femme, laissant le feu comme seul rempart entre eux d'eux. Le brun, voyant que son lié grimaça un peu, lui demanda :

°Elle t'a donné un coup ? °
°Non, c'est au flanc... Ca va passer. °
°C'est pas normal que tu continues d'en souffrir...°
°Il faut dire aussi que c'est encore récent... Rappelle-toi tes sermonts quand j'outrepassais les conseils des guérisseurs...°


Le dragon préféra ne rien rajouter et portait toujours un regard méfiant à la jeune liée de Wicella, tout en émettant des grondements rassurants envers la petite dragonne, même si cette dernière n'était pas dans les bonnes conditions pour se détendre.

''Je ne sais pas ce que vous avez perdu dans l'eau, mais je pourrai aller le chercher... Sauf si vous préférez m'occire...''

Une petite pointe d'humour ?



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MessagePosté le: Mer 8 Aoû 2012 - 14:15 Répondre en citantRevenir en haut

A la remarque du Prince Zadan, Narcisse ravala tant bien que mal un juron. Ne sachant pas nager, elle ne pouvait se permettre de le remettre à sa place, non seulement parce qu’elle n’était pas en position ni même en état de le faire, mais de plus, parce que l’un de ses biens les plus précieux se trouvait au fond de l’eau, là où elle ne pouvait aller le chercher seule. Sa peur de l’eau, ajoutée à la blessure de sa jambe, rendait la tâche beaucoup trop complexe et dangereuse et la jeune femme fut finalement forcée de s’y résoudre : elle avait irrémédiablement besoin de son aide, que cela lui plaise ou non. Trop fière cependant, elle mit du temps avant de répondre favorablement à la proposition de son ennemi juré. Le temps s’écoula, imperceptiblement, seconde par seconde, minute par minute. En imaginant le sable déplacé par les cascades recouvrir son bracelet de pouvoir, elle frissonna d’angoisse et céda. Après tout, elle n’avait rien à perdre et pourrait très bien le tuer une fois son bien récupéré.

Ce bracelet était particulier aux yeux de la chevalière, tout autant que les deux autres qui régnaient fièrement à son poignet. Au début de sa formation aux côtés de son Maître, la jeune femme avait mis du temps à les accepter, car non maîtrisés, ils étaient dangereux pour sa santé morale et physique. L’usage de ce pouvoir requérait une maîtrise et un sang froid hors normes. Elle ne devait l’utiliser qu’en cas d’extrême nécessité et lorsque cela était fait, il lui fallait impérativement se mettre hors de danger avant l’écoulement d’une demi-heure environ, temps maximum pendant lequel elle pouvait user à pleine puissance de son pouvoir. Le bracelet lui offrait puissance et rapidité : en échange elle donnait l’ensemble de son énergie vitale et renonçait à sa vue sur une période égale à celle qu’il lui avait fallu pour emmagasiner l’énergie dans le bracelet. Aujourd’hui, elle ne l’utilisait qu’en cas de danger de mort. Mais il n’en était pas moins indispensable à sa vie, pas seulement pour survivre, mais aussi pour se sentir protégée : des années durant, bien avant son arrivée à Tol Orëa, elle les avait porté comme porte-bonheur.

- C’est de votre faute si j’ai égaré ce bracelet. Vous n’aviez qu’à pas ternir le nom de famille, ni même vous présenter ici et encore moins vous permettre de nier ce que vous avez accompli par le passé. C’est bien facile de dire que vous avez tout oublié, n’est-ce pas ? Cela vous enlève un poids de taille après tout. Oh ! Mince, un trou de mémoire ! Je ne me souviens de rien alors je n’ai pas à payer les crimes dont on m’accuse ? Le jeu n’est malheureusement pas aussi simple avec moi, Prince ! Alors il est de votre devoir d’aller me le récupérer ! Passez-y la nuit s’il le faut, je n’en ai rien à faire !

Elle croisa les bras sur sa poitrine.

Narcisse tremblait de froid et de colère. En croisant ses bras, elle retenait tant bien que mal de lui sauter dessus et de l’égorger, comme cela aurait dû être faire depuis bien longtemps déjà. Elle voulait le voir mort, perdant son sang dans l’herbe fraîche de Nightfall, suppliant les dieux de pardonner ses crimes envers les Istelsten. Peut-être qu’ainsi, qui sait, elle retrouverait miraculeusement sa vie d’antan. Peut-être qu’elle pourra être de nouveau à la tête de la grande dynastie des Istelsten ! Peut-être qu’elle deviendra reine d’un royaume quelconque, si un Prince venait à s’intéresser à elle. Ses rêves étaient fous et irréalisables : pourtant, la jeune chevalière y croyait dur comme fer et c’était probablement eux qui lui permettaient de tenir le coup et de ne pas céder complètement à la haine et au désespoir.

Plus loin, l’état de Wicella ne s’améliorait pas. Il y avait dans sa crevasse mille et unes créatures qu’elle ne connaissait pas et à chaque bruit étranger, elle se mordait ou faisait des bonds susceptibles de la faire sortir. Elle tint le coup cependant, bien mieux lotie dans le noir que dehors, sous les paroles accusatrices de sa liée. Mais rapidement, lorsque ce fut un chat sauvage qui vint la déloger, elle sortit à vive allure, manquant de peu de s’arracher une aile. Sans regarder devant elle, elle percuta rapidement la patte de son géniteur, puis enfin son ventre, contre lequel elle se blottit comme elle l’avait fait avec la paroi, tantôt. Ses grognements n’avaient pas cessé et elle raclait la terre avec ses pattes arrières pour se tasser le plus possible contre le brun. Intérieurement, elle aurait rêvé de voir approcher son âme sœur, tout sourire, avec l’intention de la rassurer. Mais elle ne se faisait que peu d’illusions, surtout lorsqu’elle entendit Narcisse lui crier :

- Arrête de faire ta peureuse ! Tes mots à l’Empreinte n’étaient donc que des paroles en l’air ? Tu vas devenir une dragonne, non ? Alors si tu pleures devant une petite bestiole sans danger, qu’est-ce que ça va être lorsqu’il te faudra prendre ton envol ou encore affronter l’un de tes congénères, soit par nécessité, soit pour te défendre ? Lamen…aie !

Et c’est qu’elle lui avait fait sérieusement mal en plus !
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