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 [RP] Bracelet, mon bon bracelet, révèle moi tes secrets. Sujet suivant
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Elendel Hastin
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2012 - 06:39 Répondre en citantRevenir en haut

Elendel était assis à son bureau, finissant d’écrire la courte missive qu’il destinait à Narcisse. Elle lui ordonnait de le rejoindre dans une heure au Val avec des vêtements pratiques et du change pour une semaine ou deux. La jeune femme ne savait pas encore qu’il avait tout découvert de son audience auprès d’Alauwyr et de son séjour chez son guérisseur. Pensait il vraiment qu’une absence de plusieurs jours pourrait lui resté cachée ? Aussi avait il fait les démarches nécessaires pour découvrir ce qu’il s’était passé ce jour là. Un garde véreux et un solide pot de vin lui permit d’avoir un témoignage de première main de la scène qui s’était déroulée dans le Mahalma et de l’étrange propriété que semblaient apporter à la jeune femme les bracelets qu’elle avait au poignet. Pour Elendel, il s’agissait de magie, mais il lui fallait à présent découvrir sa nature et le développer. La magie était rare malgré le Don, aussi c’était une bénédiction pour lui que son aspirante en soit douée. La missive terminée, il envoya l’un de ses serviteurs la porter dans les dortoirs des aspirants puis il ordonna à son intendant de lui préparer les vivres nécessaires à son périple.

°Nous partons, mon cher Renek°, dit-il par la pensée à l’imposant dragon de bronze. Il eut la vision de ce dernier allongé sur les sables des Dôl Nàrë, savourant la caresse du soleil matinal en cette journée d’hiver.
°Où allons-nous, Elendel ?°, lui demanda-t-il en réponse.
° Nous partons pour la Pointe d’Ombrelune. C’est un lieu chargé de magie et c’est justement ce qui nous concerne aujourd’hui, la magie.°
° Tu penses à Narcisse ? °
° Évidement. Il semblerait que ma belle et douce Narcisse possède un don certain dans ce domaine. Je ne peux donc le laisser inexploité. Il pourrait m’être utile.°
° Ne sois pas cruel avec elle, Elendel. Voila deux semaines qu’elle est ici maintenant, et je crois qu’elle commence à se faire à sa nouvelle vie. Ne brise pas cette confiance.°
° Je n’ai pas besoin de tes vulgaires conseils, Renek. Pourquoi faut-il que tu gâches toujours nos conversations par des âneries pareilles ? Nous étions bien partis pour une fois.° lui répondit d’une voix sèche Elendel avant de se couper de son dragon.

Une heure plus tard, Elendel, en compagnie de Renek, attendaient a Val, au pied du majestueux arbre aux feuilles de cuivre. D’aussi loin qu’il puisse s’en souvenir, Elendel s’était toujours bien senti à son ombre, comme si l’arbre millénaire lui apportait quelque chose. Un mouvement au coin de l’œil attira son attention : son aspirante était enfin arrivée. Il se retourna et lui fit un baisemain en guise de salut.

- Narcisse, très chère ! dit-il chaleur. Je suis heureux de voir que tu as répondu à mon invitation. Il n’eut droit qu’à un regard soupçonneux et brillant de colère. Allons, ne fais pas cette tête ! Tu es bien vilaine lorsque tu es comme ça. Je me suis dis que tu étouffais peut être ici, alors j’ai décidé que nous pourrions faire une petite promenade en compagnie de Renek.

Elendel s’installa sur le dos du saurien et Narcisse vint se placer derrière lui puis les trois compagnons disparurent rapidement à travers un interstice. Ils en émergèrent quelques secondes plus tard et la beauté de la pointe d’Ombrelune se déploya sous leurs yeux. Lieu chargé d’année et de magie, c’était ici que la magie de Narcisse aurait le plus de chance de se manifesté, en réponse à celle qui était imprégnée dans les roches parcourues de runes et d’écrits mystérieux. Il se dégageait de l’endroit une grande sérénité ainsi qu’une sensation d’éternité. C’était comme si, en contemplant Ombrelune, c’était le Temps que l’on observait. Renek se posa avec douceur et Elendel aida son aspirante à descendre de son dos.

- Nous voici à Ombrelune, Narcisse. C’est un endroit chargé de pouvoirs et je me suis dis que ce sert un bon endroit pour commencer ton entraînement, vu la nature assez spéciale de ce que je compte t’enseigner. Elle lui lança un regard curieux et Elendel gloussa doucement. Allons ! Tu pensais vraiment que je ne serais pas au courant de ta visite chez le guérisseur d’Alauwyr ? C’est me sous-estimé, et je crains que cette petite cachoterie te vaille une punition, mais pas maintenant. Ce qui est plus important, c’est l’étrange don que tu as manifesté face au Seigneur noir et aux propriétés intéressantes que semblent te conférer tes bracelets, dit il en fixant lesdites bracelets. Nous sommes ici pour en découvrir la nature exacte. Il s’approcha de la jeune femme et lui prit le menton entre ses deux doigts, son regard fixé sur le sien. Nous resterons ici tant que je ne serais pas satisfait, et je n’admets pas l’échec…

Puis il recula un peu.

- A présent, raconte-moi en détail ce qu’il s’est passé lorsque ton pouvoir s’est manifesté et n’omet aucuns détails. 
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2012 - 06:39 Revenir en haut

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Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2012 - 13:10 Répondre en citantRevenir en haut

- Je…je ne me souviens plus très bien de ce jour, Maître Hastin. Presque deux semaines se sont écoulées depuis, j’ai rapidement perdu connaissance lorsque les effets secondaires ont fait leur apparition et le Guérisseur du Seigneur Noir m’a administré des médicaments susceptibles de causer de lourdes pertes de mémoire pour tenter de me maintenir dans un état stable.

Le regard lourd de sous-entendus que lui lança son Maître la força à détourner le regard. Elle fit soudainement preuve d’un peu plus de volonté, cherchant dans son esprit tous les détails qui pourraient lui permettre de quitter au plus vite ce lieu de magie. Un étrange sentiment lui emplissait le cœur depuis son arrivée et elle n’appréciait pas cela. De plus, la perspective de devoir dormir, manger, puis s’entraîner ici des jours durant l’écœurait avant même que le tout ait réellement débuté.

- Je ne sais par où commencer. Alors que lisait un livre à l’Observatoire, pour découvrir plus en profondeur le fonctionnement du Mar Tàralöm, j’ai remarqué que mes bracelets, du moins l’un d’entre eux, était animé d’une curieuse lumière bleutée. Plus le temps s’écoulait, plus la lumière bleue devenait puissante, vive, et occupait le bracelet. Plus j’y accordais d’attention, plus j’avais le sentiment de me vider de mes forces. Inquiète, je m’en suis séparée. Alors le deuxième bracelet s’est mis à briller, comme le précédent, d’abord d’une faible lumière, puis, plusieurs heures plus tard, d’une intensité telle que j’avais le sentiment de porter une flamme à mon poignet. A force, j’ai fini par oublier leur présence, tout du moins je préférais l’ignorer.

Elle leva son regard sur son Maître et Renek. Doucement, elle joignit ses mains, se triturant les doigts, ce qui trahissait son extrême nervosité. Elle se faisait à peine à sa nouvelle existence et chaque jour, elle craignait que tout ne s’écroule. Inconsciemment, ses yeux cherchèrent ceux du dragon aux écailles brunes, plutôt que ceux du Maître Hastin. Il était plus aisé de parler ainsi, selon elle. Renek ne portait aucun jugement sur elle, il restait neutre, distant, même si parfois elle pouvait lui trouver une lueur étrange, comme celle d’un être malheureux ou au contraire, émotif, sensible. Qu’il était difficile de déchiffrer les sentiments d’un dragon !

- Puis j’ai rencontré le Seigneur Noir, pour une visite officielle. N’ayant pas véritablement…Hum…

Et voilà. Comment expliquer à Elendel Hastin ce qui avait pu mettre Alauwyr Iskuvar en colère sans s’attirer plus d’ennuis qu’elle n’en avait déjà. Elle soupira et rougit brutalement, honteuse.

- Il s’est passé quelque chose de grave et je me suis mise terriblement en colère.

Elle porta sa main à sa joue, le souvenir de cette gifle étant encore très vif.

- Mes bracelets me vidaient de toute mon énergie, m’obligeant à plier le genou devant le Seigneur Noir. Je ne pouvais plus accomplir le moindre mouvement sans souffrir. J’avais le sentiment de me mourir à petit feu, comme lorsque l’on se vide de son sang, suite à une grave blessure, ou encore lorsque la fièvre nous emporte. J’ai bien essayé de m’en séparer pour sauver ma vie…mais le Seigneur Noir m’a provoqué et j’ai alors refusé de perdre cette bataille. Il m’a giflé pour me remettre à ma place d’aspirante.

La gorge serrée, elle enchaîna son récit. Après tout son Maître était au courant de sa tentative d’assassinat, il pouvait donc très bien encaisser la possibilité qu’elle ait provoqué le Seigneur Iskuvar.

- Je ne contrôlais plus rien. Seule la colère animait mes mouvements. Un bracelet s’est mis à briller plus fort encore que les autres, puis plus rien. Il était redevenu ce vulgaire bout d’os qui traîne à mon poignet depuis des années. Cependant…quelque chose avait changé. J’ai eu le sentiment de retrouver mes forces, plus même que ce que je n’ai jamais possédé. Je l’ai attaqué, sauvagement, avec une puissance et une rapidité qui ne m’appartenait pas. C’est comme si elle venait de nulle part. Comme si l’on m’en avait fait le cadeau ! Mon adversaire était trop puissant, je ne suis pas parvenue à le blesser, puis, au bout d’une demi-heure, je me suis lamentablement écroulée sur le sol du Mahalma. J’étais aveugle. J’étais aveugle et je ne tenais plus sur mes jambes.

Elle posa ses deux genoux à terre et le supplia :

- J’ai mis trois jours entiers à m’en remettre ! J’ai cru que jamais plus je n’allais voir le monde ! Je vous en prie, ne m’obligez pas à user de ce pouvoir, je refuse ! Je refuse de prendre le risque de perdre ce qui m’est le plus précieux ! Je refuse de mourir comme un vulgaire rat de laboratoire, utilisé à l’occasion d’un test. Je vous en prie ! Rentrons !
Elendel Hastin
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MessagePosté le: Lun 30 Juil 2012 - 09:48 Répondre en citantRevenir en haut

Elendel l’écouta raconter ses premières expériences de la magie en silence, son regard aussi impénétrable qu’une étendue d’eau par une nuit sans lunes. Il ne broncha pas lorsqu’elle le supplia à genoux de rentrer et d’abandonner cette folle idée d’en découvrir plus sur son pouvoir. Les séquelles semblaient importantes, mais dans l’esprit d’Elendel, un soupçon de théorie commençait à naître, alimenté par le récit de son aspirante. Renek tenta de réconforter la jeune femme qui semblait être la victime d’une effroyable terreur. Elendel sentit l’esprit du dragon se tendre pour envelopper Narcisse et la soulager de la peur qui l’habitait, mais le Maître Hastin fut plus raide.

° Arrête ! °
lui cria-t-il mentalement d’une voix impérieuse. Le dragon stoppa net sa tentative avant d’avoir pu atteindre Narcisse. ° Ne retente plus jamais ça, Renek… Je déciderai du moment où tu pourras la soulager. Tu as bien faillit tout ruiner par ta stupidité crasse ! Disparaît ! Va chasser ou te perdre dans la montagne, mais ne reste pas là, tu ne ferais que me gêner.°

Renek baissa la tête en signe de douleur et les laissa tous les deux sans un mot mais le cœur serré par la peine et le rejet, et pourtant, il n’arrivait pas à détester Elendel, c’était son lié, son âme sœur, et au fond de lui Renek savait, ou peut être n’était ce que le fruit d’un espoir irraisonné, qu’Elendel était capable de changer en bien. Il disparut derrière l’un des flancs de la montagne après s‘être déchargé de toutes les affaires qu‘il avait sur le dos, laissant les deux bipèdes seuls. L’un était à genoux, suppliant pour sa vie, l’autre debout, le regardait sans un mot, d’un air impassible, mais ce masque se fissura et un petit sourire apparut sur les lèvres charnues du bel homme.

- Narcisse, où est donc ta soif de pouvoir ? Ton désir de domination ? Ne veux tu pas faire payer à tous ceux qui t-ont fat du tord ? Pourtant, tu me demandes, non, tu me supplies, de laisser de côté ce pouvoir qui est le tien. Il n’y a pas de retour possible, nous allons découvrir la vérité derrière ton pouvoir. Elendel s’avança et contempla avec mépris son aspirante prostrée à ses pieds. Je te ne permets pas de ramper comme un insecte, Narcisse. Relève toi , lui ordonna-t-il d’une voix glaciale, puis comme s’il se souvenait de quelque chose. J’allais oublier. Si effectivement tu te retrouves aveugle, ou diminuée d’une quelconque façon, je t’abandonnerai ici, cela va sans dire.

Elendel gloussa et se détourna de Narcisse. Il avait peut être une idée quant à la marche à suivre pour éveiller le don de la jeune femme. Il lui ordonna de déballer les affaires et de préparer un feu ainsi qu’un repas. Il était tôt et il n’avait pas encore déjeuné. La jeune femme se plaignit, affirmant que c’était un travail de serviteur, mais le regard glacial d’Elendel mit fin à ses velléité de rébellion. Elle se mit a travail tandis qu’Elendel allait s’asseoir sur une large pierre et l’observait. Il pouvait voir à sa mâchoire crispée et à ses mouvements un peu raides que son aspirante bouillonnait de rage. *C’est exactement ce que je veux* pensa-t-il avec satisfaction. Cependant, ce n’était pas assez et il avait besoin de donner un petit coup de pouce à tout cela. Il se leva et s’approcha en silence de Narcisse. Lorsqu’il passa à coté d’elle, il jeta de la terre sur le début de feu qu’elle avait péniblement réussit à faire démarrer.

- Pas ici le feu, Narcisse. Nous sommes sous le vent et nous serons enfumés. Tu n’es pas très débrouillarde, pas vrai. C’est là bas que tu dois le faire.

Il lui désigna un endroit à l’autre bout du plateau où ils s’étaient installés. Narcisse garda le silence mais Elendel devinait ans peine la colère qui l’animait. Il observa ses bras et commença à voir une très légère lueur à travers le tissu de son vêtement. *C’est-ce que je pensais.* Alors que la jeune femme se dirigeait vers l’endroit que son maître lui avait indiqué, Elendel fit naître dans son esprit un bruit imaginaire, celui d’une mouche volant près de ses oreilles. Il l’a vit agiter ses bras pour chasser l’insecte invisible, en vain, et la lueur se fit plus forte encore.

- Finalement Narcisse, je pense que nous allons plutôt commencer par un entraînement martial, dit il alors qu’elle arrivait à peine à l’endroit où elle était censée faire du feu. Il y a une épée qui t’attend dans le barda qu’a laissé Renek. Va la chercher et revient ici.

La lueur se fit encore plus intense alors qu’elle faisait un nouvel aller retour. Le pouvoir était éveillé. Il fallait maintenant déterminer précisément ses effets, et si Narcisse avait dit vrai, un combat à l’épée confirmerait ses dires. Elle revint quelques minutes plus tard et Elendel vit avec amusement des envies de meurtres dans les beaux yeux de son aspirante. Comme tout héritier d’une famille riche du Kaerl Ardent, il avait suivit une formation martiale poussée et qui le plaçait bien au dessus de la plupart des hommes, aussi ne s’inquiétait il pas de ce combat. Les armes n’étaient pas factices, mais jamais Narcisse ne pourrait le toucher. Ils se mirent en garde et son aspirante attaqua immédiatement avec une vitesse surprenante. S’il ne s’y était pas attendu, Elendel aurait été surpris par cette vitesse, mais prévenu il l’était, et il écarta avec une grande facilité le coup maladroit de Narcisse. Effectivement, la jeune femme bougeait plus vite. Restait à vérifier si sa force s’était accrue. Il attendit qu’elle porte une nouvelle attaque, mais plutôt que de rediriger la lame adversaire, il l’a para. Le coup de Narcisse était lourd, bien plus que son physique maigre n’en était capable. Elendel sourit et désarma rapidement son aspirante, plaçant la pointe de son épée sous sa gorge. Il l’a maintint ainsi une longue minute pour qu’elle savoure le fait qu’aujourd’hui comme à jamais, sa vie lui appartiendrait, puis il l’a laissa se relever. Il s’approcha d’elle et lui prit le menton entre ses deux doigts.

- Te sens-tu plus faible ? Est-ce que ta vision est moins bonne ?
Narcisse acquiesça. Parfais, c’est-ce que je pensais. J’ai compris la nature de ton pouvoir. C’est quelque chose de très intéressant. Je t’en dirais plus une fois que tu auras préparé le déjeuner.   

Il déposa sur son front un baiser glacial et la repoussa pour qu’elle exécute son ordre. Pendant ce temps, il retrouva sa place sur le gros rocher et réfléchit. La colère semblait provoquer l’apparition du pouvoir de Narcisse, cependant ce dernier ne semblait pas très puissant, mais peut être que cela pouvait changer. Ils avaient le temps de découvrir tout ça. Voyant son aspirante traîner des pieds, il l’apostropha.

- Narcisse, si tu ne te dépêche pas, je vais peut être décidé d’exercer mes droits sur ton corps aujourd’hui…

Il gloussa silencieusement.
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Lun 30 Juil 2012 - 20:16 Répondre en citantRevenir en haut

Au poignet de la jeune Narcisse, les trois bracelets fabriqués dans l’os d’un dragon brillaient d’une lumière bleutée douce et agréable. L’un d’entre eux avait joué en partie son rôle au cours de l’entraînement imposé et il avait, par cela, perdu de son intensité. Lorsque le pouvoir de l’aspirante prenait le dessus, le bracelet utilisé brillait si fort qu’il aveuglait temporairement les adversaires trop proches de son porteur. Une fois l’énergie vidée du bijou, ce dernier ne redevenait plus qu’un os sans valeur significative, puis se nourrissait de la vitalité de son propriétaire pour briller à nouveau, telle une étoile dans le ciel sans lune. Cette énergie, il ne l’obtenait complètement que des jours après son utilisation, là était la raison des craintes de l’aspirante. Plus son aveuglement était long dans le temps, plus elle craignait de ne jamais retrouver la vue. Elle ne comprenait pas encore très bien le fonctionnement de son pouvoir mais quoi qu’il en soit, elle ne changerait jamais d’avis sur le fait qu’il était dangereux pour elle et sa santé physique, tout autant que morale. Le Guérisseur avait supposé que le temps d’aveuglement était semblable au temps qu’avait mis le bracelet à ce nourrir. Plus Narcisse résistait à son pouvoir, plus elle augmentait ses chances de souffrir plus longtemps des effets secondaires de son usage. Une hypothèse qui se tenait mais source d’ennuis et de terreur pour la magicienne.

La jeune femme secoua doucement la tête afin de chasser cette possibilité de son esprit, traînant des pieds en se dirigeant vers les sacs contenant les vivres. Faire le repas pour le midi ? Mais pour qui la prenait-elle ? Elle n’était une esclave comme la jeune Kelwyn ! Elle n’avait pas à se salir les mains pour des tâches aussi ingrates que celle-là, pas même lorsqu’il est question de survivre dans un monde hostile et inconnu. Son Maître n’était-il pas suffisamment grand pour se faire à manger seul, plutôt que de l’exploiter alors même qu’il venait de la soumettre à un entraînement difficile pour son corps et son esprit ? A moitié aveugle et les muscles endoloris, il la forçait à porter quelques casseroles, du bois et à allumer un feu alors même qu’elle avait rarement fait cela au cours de sa courte existence. Si rarement que c’est à peine si les rares flammèches créées par les pierres embrasaient le bois sec. Peu volontaire, elle ne montra aucune motivation et Elendel Hastin ne manqua pas de le lui faire remarquer, et cela, en la menaçant. A ses paroles, Narcisse ne put s’empêcher de frissonner. Elle était terrifiée à chaque fois qu’il était question de partager sa couche, pas à cause de l’acte en lui-même, mais plus à l’idée que ce jour-là, elle doutait être autre chose qu’un objet de plaisir.

Sa vision, certes pas complètement aliénée mais affaiblie, l’empêchait d’accomplir ses gestes correctement. Elle cassa deux verres, versa l’eau à côté de son récipient et se brûla même avec le feu, très légèrement mais suffisamment pour qu’elle pousse un cri de douleur. La fatigue tiraillait ses muscles, sans pour autant l’empêcher d’accomplir ses gestes. Elle devait cependant faire taire sa douleur, gémir en silence et surtout, ne pas se plaindre à son Maître, sous peine de se voir à nouveau affubler d’une remarque vexante, susceptible de la mettre dans une colère noire. Pour l’heure, c’était le désespoir qui la dévorait de l’intérieur, tout doucement, au point que des larmes lui échappèrent, sans qu’elle soit capable de les retenir. Mais elle ne geignait pas. Non…dans le silence, elles coulaient le long de ses joues, pour s’écraser dans le feu et y disparaître instantanément, comme si elles étaient là sans qu’aucune raison ne justifie leur présence.

Aujourd’hui plus que jamais, elle aurait voulu se réfugier contre les écailles de Renek, protégée par ses ailes alors que son Maître dort dans son Weyr, bien au chaud, sans même songer à ce qu’elle pouvait bien faire ou encore si elle était en bonne santé. Jamais il ne semblait avoir remarqué sa disparition. Jamais, pas même le jour où elle avait malencontreusement claqué la porte en quittant sa grande chambre. Peut-être ce moquait-il de sa santé ? Peut-être que si elle disparaissait, un soir, il ne chercherait pas à la rattraper ? L’idée lui parut bonne, mais il n’était pas d’y songer. Elle versa le repas dans une grande assiette puis l’apporta à son Maître, faisant attention à ne pas chuter à cause d’un relief qu’elle ne pouvait apercevoir. Malheureusement pour elle, c’est ce qu’il se produisit.

Alors qu’elle était proche de son but, elle tituba et le contenu de l’assiette se renversa malencontreusement sur le beau vêtement du Maître Brun. Ce dernier ouvrit la bouche, prêt probablement à la sermonner, ou encore à se moquer d’elle à cause de son incompétence. Narcisse se fit tous les romans possibles et, avant qu’il ne prononce le moindre mot, elle jeta l’assiette sur lui. Le geste ne représentait aucun danger mais il trahissait son désespoir, si grand qu’il empêchait sa colère de déclencher une nouvelle fois son pouvoir, fort heureusement. Suivirent plusieurs coups, tandis qu’elle était montée sur la pierre. Coups qu’elle lui asséna au torse, la zone la plus accessible. Plus le temps s’écoula, plus ils se firent violents et cette fois-ci, son bracelet menaça de briller à nouveau d’une lueur plus forte qu’elle ne devrait l’être. Ses gestes étaient accompagnés de paroles, paroles qu’elle avait contenues ces deux dernières semaines avec courage.

- Je vous hais ! Je ne suis pas votre esclave ! Ni votre servante ou quoi que ce soit d’autre ! Au lieu de traîner au soleil, en me regardant travailler et en me menaçant, vous pourriez m’aider, comme quelqu’un de normal ! Je me fiche bien que vous touchiez, qu’est-ce que cela va changer, hein ? Vous allez le faire un jour ou l’autre de toute façon, n’est-ce pas ce que vous m’aviez dit à mon arrivée ? Je vous hais et je vous tuerai ! Je vous tuerai après vous avoir fait pleurer de douleur ! Je vous tuerai ! M’obliger…

Les cris étaient de plus en plus puissants, mais loin d’être perçant. Elle abimait sa jolie voix, affolait ses longs cheveux et son visage était littéralement détruit par ses émotions.

- M’obliger à utiliser ce pouvoir, c’est inhumain ! Aveugle je ne vous sers à rien, misérable ! Aveugle je suis aussi vulnérable qu’un insecte ! Aveugle je ne peux parer l’ennemi, ni accomplir le moindre geste utile au quotidien ! Et épuisée alors ! Des jours entiers au lit, un boulet ambulant sans aucune valeur ! Je peux bien me contenter de l’entraînement martial, vous ne croyez pas ? Ou jouissez-vous rien qu’à l’idée de me voir souffrir le martyre, me plier à vos quatre volontés et me taire lorsque vous vous moquez de moi comme si j’étais la dernière des idiotes ?

Et soudainement, elle tenta de saisir l’épée placée à côté du Maître Brun, bien décidé à mettre fin à tout cela le jour-même. C’était aujourd’hui ou jamais. Aujourd’hui ou sinon, elle sera trop faible pour s’opposer à lui à nouveau. Intérieurement, elle s’excusa auprès de Renek…on racontait au Kaerl que la perte d’un lié était la pire chose qu’il pouvait arriver à un dragon, ou inversement, à un Chevalier.
Elendel Hastin
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MessagePosté le: Jeu 2 Aoû 2012 - 13:09 Répondre en citantRevenir en haut

Elendel la laissa prendre son arme sans faire un geste. Elle pointa alors sa lame contre lui, le menaçant. Dans ses yeux brûlait une colère formidable et un désir de tuer, pourtant, le maitre Ardent ne se sentit pas menacer une seule seconde, au contraire, il éclata de rire, un rire totalement méprisant. Il pointa un doigt accusateur sur la silhouette de Narcisse et se remit à rire, comme si ce qu’il voyait était la chose la plus drôle qui lui ait été donné de voir. Puis son rire se s’estompa soudainement et il se leva. Sur son visage ne transparait plus du mépris, mais une colère froide et mortelle. Dans ses yeux de glaces brillait l’image de la mort. Il n’était pas armé, et pourtant il semblait infiniment plus dangereux que Narcisse.

- Il y a des choses que j’apprécie chez toi, Narcisse, dit-il d’une voix glaciale. Ta fouge est amusante ainsi que ton caractère rebelle, ne le change pas, mais le souci est que tu oublies bien vite quelle est ta place. Que sais-tu de moi ? Que sais-tu de mes pouvoirs ? Je sais tout de toi et face à moi, tu n’es rien. Mais je sais que tu as besoin d’une démonstration, c’est toujours comme ça avec toi. Soit, tu en auras pour ton argent. Aujourd’hui, je vais t’apprendre qu’il est dangereux de me menacer avant d’être prêt. Tu crois pouvoir me tuer avec cette épée ? Mais comment vas-tu faire maintenant qu’elle tombe en ruine ?

Elendel se concentra et fit appel à son pouvoir. Narcisse était sous son influence permanente depuis un petit moment maintenant qu’il était devenu si facile d’abuser son esprit. Sa rage ne faisait que lui faciliter la tâche. Comme c’était ironique. Il lui apprenait les vertus du contrôle du soi, et si la jeune femme l’avait écouté, alors son pouvoir aurait été bien moins efficace. Lorsqu’il fut prêt, il projeta son illusion. Pour Narcisse, l’épée qu’elle tenait d’une main fébrile se décomposa sous ses yeux et tomba en ruine jusqu’à ce qu’il ne reste dans ses mains que la garde inutile de l’arme. Elle écarquilla les yeux devant cette manifestation du pouvoir d’Elendel. La réalité était tout autre puisque l’arme n’avait jamais disparue, mais Narcisse ne pouvait le savoir. Elendel s’avança vers elle, la dominant largement et il lui prit le bras. Son regard se riva sur le sien alors qu’il reprenait la parole.

- Te voila sans épée Narcisse. Je pourrais faire la même chose à ce corps que tu aimes tant. Narcisse… un beau prénom. Tu te trouves belle, tu aimes l’image que renvoie le miroir chaque matin. L’aimerais tu autant si je faisais de ton visage et de ton corps une véritable épave ? Si je le voulais, tu deviendrais la créature la plus laide qui soit. Tu m’appartiens Narcisse, ton corps autant que ton esprit, ne l’oublie jamais plus, car la prochaine fois, ce sera ton visage qui en pâtira.

Il récupéra son arme qu’il jeta par delà le précipice. *Une si belle arme gâchée…*. Narcisse ne disait plus rien mais dans ses yeux brillait une frayeur animale. Il lui parla d’une voix douce et apaisante.

- Ne m’oblige pas à refaire la même chose Narcisse. Tu m’es précieuse et je serais peiné de devoir te détruire. Le plus simple moyen pour toi, c’est de ne plus me faire la même scène qu’aujourd’hui, d’accord ?

Il la prit dans ses bras et déposa un baiser sur son front puis il s’écarta d’elle et lui offrit un joli sourire.

- Oublions ce qui c’est passé maintenant. Tu as raison, je pourrais au moins t’aider à faire le repas. J’ai été ignoble de te laisser tout préparer pendant que je me dorais au soleil, je l’admets. Il gloussa doucement. Laisse moi réparer cette erreur et t’aider à préparer le repas vu que tu as malencontreusement renversé celui que tu avais déjà cuisiné et puis après je me changerai et nous profiterons de cette belle après midi pour parler et profiter de la vie. Tu as besoin de repos de toute façon et l’entraînement ne reprendra que demain. Tu vois, ne suis-je pas un bon maître.

Il l’a prit par la main et l’emmena au petit barda d’affaires où étaient entreposés les vivres. Une fois là bas, il piocha des ingrédients.

- Tu veux manger quelque chose en particulier ? demanda-t-il, plein de sollicitude. Allons, enlève cet air de ton visage Narcisse, je t’avais dis que c’était oublié et que je t’avais entièrement pardonné.

Il sourit avec tendresse, comme le ferai un grand frère pour sa petite sœur, ou un père pour sa fille.
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Mer 8 Aoû 2012 - 01:55 Répondre en citantRevenir en haut

- Quelques petits légumes me suffiront amplement, Maître.

Narcisse força un sourire : elle ne souhaitait pas voir son Maître se mettre de nouveau en colère après elle, aussi le mieux était-il, probablement, de ne pas de nouveau éveiller chez lui une forme d’agacement, de lassitude ou encore de déception, même dans les moments de calme qu’offraient les repas.

Depuis son arrivée au Kaerl Ardent, il était rare de la voir manger un dîner parfaitement équilibrée. Elle se rabattait de plus en plus sur une petite assiette de légumes, délaissant les viandes, les fromages et enfin, le plus important sûrement, le pain. Son appétit diminuait à mesure que les jours s’écoulaient et elle ne ressentait pourtant aucun manque, pas même à la vue de quelques pâtisseries ou autres sucreries. Pour quitter la table avant l’arrivée du dessert, elle prétextait la fatigue ou encore vouloir être en forme pour la journée du lendemain. Jamais on ne s’était encore opposée à sa volonté, ignorant sûrement qu’elle ne se nourrissait que trop peu pour une femme de son âge ; elle avait alors rapidement perdu du poids, mais cela se voyait à peine. On pouvait naturellement croire que ses joues creusées n’étaient qu’une conséquence néfaste de son extrême nervosité et de sa fatigue.

Tandis qu’Elendel Hastin était concentré sur la confection du repas, Narcisse se permit de retrouver une attitude plus naturelle. Elle perdit donc rapidement son sourire, baissa les yeux sur le sol rocailleux et se montra anormalement silencieuse. L’odeur alléchante de la cuisson n’éveillait pas sa curiosité et le paysage, qu’elle n’avait pas pris le temps de découvrir tantôt, n’attirait en rien son regard, alors qu’elle avait longtemps émis le désir de quitter les terres du Kaerl Ardent pour voir un monde nouveau. Pour patienter, elle joua avec la poussière, dessinant avec des formes sans queue ni tête, ressemblant presque aux arabesques que l’on trouve régulièrement sur les murs du Ssyl’Shar. Le vent sifflait à ses oreilles et chatouillait son cou. Une demande toute particulière trottait d’impatience à ses lèvres.

- Maintenant que vous avez compris le fonctionnement de mon pouvoir, Maître, nous pourrons rentrer au Kaerl Ardent après le repas ?

Sa question était audacieuse, surtout après qu’elle ait tenté d’assassiner son propre Maître.

Narcisse ne tenait pas particulièrement à rester ici. Plus encore si c’était pour entraîner sa magie, qu’elle ne considérait que comme une nuisance pour elle et sa santé. Sa vue avait nettement diminuée depuis qu’Elendel Hastin l’avait mise dans une colère noire, sa fatigue, elle, forte et imposante, raidissait ses muscles et faisait d’elle une marionnette sans réelle force. Le souvenir de la dernière utilisation de son pouvoir était encore vif et elle doutait récupérer totalement ses forces en seulement un après-midi. Sauf miracle, il lui faudra probablement deux jours.

- Vous vous rendez bien compte qu’il est plus néfaste qu’utile. N’est-ce pas ?

Elle n’osait pas le regarder. Il valait mieux pas par ailleurs. Elle craignait d’y lire une nouvelle colère, pour laquelle elle devra payer de son corps. Les violences qu’il lui avait promises en cas de nouvelles tentatives d’assassinat avaient de quoi la soumettre pour un long moment. Oh ça non, elle ne comptait pas terminer comme la lame de son épée ! A ce souvenir, sa peur devint si grande qu’elle s’empressa de s’excuser en bafouillant, baissant la tête comme le sujet qui s’incline devant son très vénéré roi. Les yeux fermés, elle attendait presque le terrible châtiment. A cet instant précis, elle décida de ne plus prononcer le moindre mot, pour s’ôter toutes les chances de tomber entre les doigts crochus et venimeux de son cruel Maître.

- Je…je suis dé…désolée ! Ne me faites pas de mal ! Je sais, je n’aurais pas dû poser pareille question ! C’est à vous de décider après tout ! Pardon ! Je ne vous décevrai plus à partir de maintenant ! Je vous le promets ! Je vous écouterai sagement et respecterai chacun de vos désirs, oui, la moindre de vos volontés !

Des paroles prononcées bien trop promptement pour être respectées avec aisance. Le défi lancé était de taille et même l’orgueilleuse Narcisse doutait pouvoir le relever en finissant grand vainqueur.
Elle se dégoûtait. Si elle avait été seule, elle aurait pleuré.
Elendel Hastin
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MessagePosté le: Jeu 9 Aoû 2012 - 07:29 Répondre en citantRevenir en haut

La voila qui tremblait de peur à présent et n’osait plus élever un mot plus haut que l’autre. Il avait été peut être un peu trop dure avec elle, mais s’il n’avait pas marqué un grand coup, ces scènes se seraient multipliées ensuite et il aurait eu alors besoin d’en revenir à des réponses plus extrêmes encore. C’était difficile de la mater sans la briser. Il devait la tordre à ses désirs, non la détruire, et il craignait de l’avoir quelque peu ébréché aujourd’hui. * Soit, je serai doux et attention le temps que la blessure se renferme* décida-t-il en écoutant ces pathétiques suppliques. Il se retint d’afficher son dégoût pour cette faiblesse manifeste. Elle qui se targuait d’être forte et qui se jurait de le tuer. Elle n’était pas assez solide, vraiment pas assez, mais Elendel était un maître patient et dans quelques années, elle comprendrait alors et l’en remercierait. Mais pour l’heure, c’était à une créature apeurée et pathétique qu’il devait faire face. Son visage prit l’expression d’une grande sollicitude couplée à une certaine tristesse.

- Narcisse, regarde moi… lui dit il d’une voix étonnement douce et apaisante. La jeune femme obéit et leva son regard hanté par la peur sur son maître. Il devait lui apparaître comme un bourreau, ce qui convenait à Elendel, mais pas là, pas à cet instant précis. Il fit mine d’hésiter, de chercher ses mots. Il s’était toujours considéré comme un bon acteur. Je… je n’ai pas toujours été ainsi mais mon père… Narcisse… Il poussa un long soupire, comme s’il acceptait une réalité difficile à supporter, pardon… finit il par lâcher dans un souffle à peine audible.

Puis il fit comme s’il se ressaisissait et se leva, laissant son aspirante seule. Il alla se planter au rebord du plateau et laissa son regard dériver sur les hautes murailles de pierre parcourues de symboles mystiques et dont la signification lui échappait. Il se concentra de très longue minutes pour faire fit appel une nouvelle fois à son pouvoir et abuser l’esprit de son aspirante puis lorsqu’il fut prêt, il lâcha la bonde à son don magique et pour Narcisse, un magnifique luth apparut dans les mains de son maître. C’était son imagination qui l’avait crée, Elendel n’y était pour rien. Le Maître Ardent ne bougeait pas, ne faisait rien, mais pour son Aspirante, il s’était soudainement mit à jouer une musique d’une incroyable tristesse et d’une très grande beauté. L’esprit affaiblit de la jeune femme se chargeait de créer les notes qu’elle espérait et désirait entendre, les notes de sa propre souffrance, celle qu’il lui avait infligé sans raison apparente, poussé uniquement par son sadisme et sa folie meurtrière. Il l’avait arraché à une vie qu’elle connaissait et dont les aboutissements étaient certains pour la plonger dans un monde étranger, obscur et inquiétant. Là où il se devait de la protéger, il la détruisait et la torturait. Pourquoi le destin s’acharnait il sur elle ainsi ? Pourquoi ? N’aurait il pas mieux fallu qu’elle reste sur les berges de son lac. Elle y souffrait de froid, de faim et elle était méprisée par ceux de la ville qui l’avaient chassé, mais au moins elle était maîtresse de son existence. Elle n’y était pas soumise aux lubies d’un esprit déranger et pervers. C’est-ce qu’elle devait penser alors qu’il lui jouait cette musique immatérielle dont elle était la seule à pouvoir percevoir le timbre pure et magnifique. Cette musique, c’était celle de son âme. Elendel « joua » ainsi presque dix minutes puis il laissa son pouvoir s’estomper lentement jusqu’à ce que pour Narcisse, la musique, ainsi que le luth, disparaissent, emportés par le vent. Elendel s’assit alors, lui tournant le dos et ne dit plus rien, ne fit plus aucun geste.

[HRP] J'ai fait volontairement court pour te permettre une totale liberté de réaction [/HRP]
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Ven 24 Aoû 2012 - 16:06 Répondre en citantRevenir en haut

Narcisse joua avec sa chevelure, comme elle le faisait si souvent lorsqu’elle était préoccupée. Sur son charmant visage une ride de contrariété creusait sur son front un joli pli profond. De cette contrariété, un silence pesant découla. Les deux jeunes adultes attendaient, bien décidés, chacun de leur côté, à obtenir l’ascendant sur l’autre. Petit jeu de récréation ? Et pas des moindres. Depuis qu’elle l’avait rencontré, sur les berges d’un lac d’Ören, il allait à l’encontre de toutes les idées qu’elle avait de lui. Il l’irritait, la déstabilisait, la troublait et la rendait extrêmement vulnérable dans les situations qui demandaient pourtant force et courage. Qu’il aille au diable ! Son sang froid ne tenait plus qu’à un fil désormais et Narcisse avait raison de croire qu’Elendel Hastin en avait pleinement conscience. C’est comme si elle était enchaînée par le cou, les poignets et les chevilles. Elle devait répondre favorablement au moindre de ses caprices, sans quoi elle retournait dans sa prison dorée le temps de la réflexion. Les poings serrés, le corps tendu, elle se fit lentement à l’idée que le monde qui l’entourait allait progressivement perdre sa saveur.

Alors pour soulager sa frustration, elle se rappela des leçons qu’elle avait reçues au Manoir, lorsqu’elle n’était encore qu’une jeune infante. Vivre avec Elendel Hastin ne devait pas être si différent de la vie qu’elle aurait pu mener aux côtés du marchand d’Ys. Le Maître Brun assistait aux déboires politiques ou accomplissait des missions, sur les ordres du puissant Alauwyr. Lorsqu’il n’était pas juché sur le dos de son dragon, il veillait à ce qu’elle reçoive l’éducation d’un aspirant digne de ce nom. Elle se mit donc à la place d’une femme mariée, imaginant, tant bien que mal, ce qu’elle pourrait accomplir pour gagner une confiance aveugle susceptible de lui offrir diverses libertés.

Ne pas poser trop de questions. Ne pas exprimer ses opinions. N’étaient-ce pas là les réponses à ses tourments ?

Elle espérait sans cesse connaître un début de liberté, se sentir pousser des ailes, entrevoir un avenir heureux loin de cet homme. Mais son esprit lui jouait de bien mauvais tours, car elle passait le plus clair de son temps à revoir défiler les moments semble-t-il heureux, où le partage des connaissances et des désirs secrets de chacun lui avait offert le droit de rêver, un instant certes, à quelques destins idylliques. Elle était pourtant enchaînée à un Maître visiblement obnubilé par l’idée de contrôler le monde entier. Et il avait une façon bien à lui de procéder, qui n’égalait pas les méthodes du Seigneur Noir en matière de punition, de leçons de morale, de tortures ou encore de mis à mort. Tandis que le Sire Iskuvar mesurait chacun de ses gestes, Elendel Hastin semblait poussé par un sadisme noyé par le sang des hommes morts entre ses mains. Le Maître Brun n’était pas humain. Pas seulement par le cœur, mais également par l’esprit. Elle frissonna de terreur : elle était tombée dans un piège, incapable de remonter la pente.

Mais alors pourquoi était-il si mélancolique ? Pourquoi, après l’avoir terrorisé, souriait-il en arborant son petit air protecteur, semblable à celui de l’amant pour la femme aimée ou encore du père pour la petite fille brisée ? Incapable de répondre à ses propres questions, Narcisse se recroquevilla sur elle-même et abrita son visage dans le creux de ses genoux, tirant ses cheveux pour extraire cette nervosité qui la dévorait, petit à petit, de l’intérieur. Elle se retenait d’aller le voir, et de le questionner. L’irrésistible envie de le comprendre se mêler au désir de fuir, loin. De profiter de sa faiblesse pour prendre enfin le risque de lui échapper, en suppliant préalablement Renek de ne pas intervenir.
Puis elle se leva. Le temps avait passé à Ombrelune. Agacée de voir sa journée ainsi gâchée, et impatiente d’y mettre fin, la jeune femme fit preuve d’une insolence cinglante. A peine eut-elle approchée de son Maître, qu’elle lâcha froidement :

- Etes-vous satisfait de votre petite expérience, Maître ? Ou bien allons-nous rester ici jusqu’à ce que je sois l’arbitre d’une magie qui me prend plus qu’elle ne m’apporte ? Si telle est votre décision, alors je vous conseille vivement de retourner chercher des vivres au Kaerl Ardent, car le temps risque d’être long.

Elle lui en voulut de ne pas répondre aussi vivement qu’elle l’aurait souhaité et termina sur ces mots :

- A votre guise après tout, je ne suis qu’aspirante. Vous, vous êtes le Maître.

*Renek ! Renek, par tous les dieux, pourquoi est-il comme ça ?*

Elle frappa de son poing sur la roche, s’éraflant quelque peu, puis tourna en rond, tel un animal sauvage enfermé dans une cage. De sa bouche noble s’échappèrent de temps en temps un ou deux jurons inadaptés à la situation.

*Renek, ne m’ignore pas ! Raconte-moi je t’en prie ! Ne me laisse pas dans l’ignorance ! Pourquoi s’est-il arrêté à Ören pour me prendre sous son aile ? Que ressent-il lorsqu’il m’entraîne ou m’apprend la politique ? Un plaisir malsain ? L’envie de léguer ses connaissances à un aspirant ? Je ne le comprends pas ! Il ne me considère pas, ou lorsqu’il le fait, c’est après m’avoir traité aussi durement qu’une esclave ! Il aurait tout aussi bien pu me confier à un autre Maître ! Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?*
Elendel Hastin
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MessagePosté le: Sam 29 Sep 2012 - 12:21 Répondre en citantRevenir en haut

Narcisse n’était plus très loin de la limite fatale où folie et raison se mélangeaient pour former une espèce de bouillie. Quelques nouvelles pressions et elle risquait de basculer pour de bon dans la folie. Cela avait été le sort de Kelwyn. Un jour, elle n’avait pas pu supporter une nouvelle humiliation et sa raison l’avait alors déserté pour en faire sa chose. Mais Elendel ne souhait pas la même chose pour Narcisse. Il avait besoin qu’elle lui soit soumise, mais qu’elle garde tous ses esprits. À quoi bon un pantin qui ne pourrait l’aider en rien sinon réchauffer sa couche ? C’était là un jeu dangereux qu’il jouait, et l’erreur n’était pas permise. S’il se trompait, tous ses efforts pour éduquer cette jeune femme seraient perdus et il ne lui resterait plus alors qu’à la jeter. Quel gâchis ce serait. Lorsqu’elle vint vers lui et lui cracha à la figure toute sa hargne, Elendel ne put s’empêcher de rire, mais ce n’était pas un rire méprisant, au contraire, il était joyeux.

- Alors comme ça tu n’as pas aimé cette petite musique que je viens de te jouer ? Je n’ai pas pour habitude de jouer, tu devrais en être heureuse, dit il avec un nouveau rire. Il se leva et se pencha vers elle pour se mettre à sa hauteur. Tu es toute chamboulée, n’est-ce pas Narcisse ? Tu me détestes, mais tu ne veux pas me quitter. Quelque chose en toi est attirée par ma personne et me désire. Il lui caresse la joue du bout des doigts. C’est une réalité que tu peux essayer de nier, mais ton corps lui, parle pour toi. Au fond, tout ce que tu souhaites, c’est d’être avec moi et non pas de retourner à ton insignifiante vie qu’était la tienne avant que je ne te ramasse. Admet le à haute voix, ma petite Narcisse, et tout te semblera plus facile ensuite.

Il recula d’un pas et détailla son aspirante : ses courbes voluptueuses qui étaient autant d’appels à un plaisir charnel, sa chevelure soyeuse et son visage attirant. Elle était l’image même de la belle femme.

- Tu n’es pas qu’une aspirante, Narcisse, tu es mon aspirante. Plus tard, tu comprendras à quel point cette différence est fondamentale et te rend supérieure aux autres aspirants de ce Kaerl. Pour le reste, tu as raison, je suis le Maître, et il en sera toujours ainsi.

S’écartant d’elle, il revint à l’endroit où se trouvait leurs affaires. Il fit signe à Narcisse de le suivre puis lorsqu’ils furent arrivés, il se planta devant Renek.

° Te parle-t-elle, Renek ?°

Renek ne répondit pas tout de suite. Il ne voulait pas révéler à son âme sœur la supplique presque désespérer de Narcisse, mais il savait qu’avec Elendel, il n’était pas capable de mentir. Il le devinait immédiatement. Comprenant que c’était inutile, il finit par lui répondre doucement.

° Oui…°
° Intéressant, et que te dit-elle ?°
° Elle veut savoir pourquoi tu l’as pris comme aspirant, pourquoi tu la traites ainsi, quel est ton objectif avec elle. °
° Des questions légitimes, tu ne crois pas ? Dis lui que je n’ai pas toujours été ainsi, qu’avant, tu m’as connu « normal » mais qu’un évènement dont tu ignores tout m’a transformé en ce monstre qu’elle connait actuellement. ° Elendel gloussa intérieurement en se qualifiant lui-même de monstre. °Dis lui ensuite que depuis qu’elle est là, tu as l’impression de revoir des reflets de ce que j’étais avant, lorsque je suis gentil avec elle. Allez, exécution. °

- Narcisse, il faut que je réfléchisse à quelque chose. Reste ici, j’ai besoin d’isolement.

Elendel s’éloigna du dragon et de la jeune femme et alla s’installa plus loin, s’asseyant en tailleur. Narcisse tenta une nouvelle fois de parler avec Renek, et cette fois là, ce dernier lui répondit.

°Je ne pouvais pas te répondre avant. Lorsqu’il est à coté de moi, il est capable de sentir lorsque je parle avec quelqu’un d’autres, et j’avais peur qu’il ne te punisse si je te répondais immédiatement. Je ne peux malheureusement pas répondre à tes questions, Narcisse… Elendel…°
Renek ne voulait pas mentir à Narcisse, mais il était obligé : il avait reçu un ordre du Maître Ardent, et tout comme Narcisse, il se devait d’y obéir. °Elendel n’as pas toujours été ainsi. Lorsque nous nous sommes liés, c’était un homme fier, puissant et orgueilleux, mais il était loin d’être le monstre qu’il est aujourd’hui. Il t’aurait plus à cette époque là, mais quelque chose a changé… Je ne sais pas quoi, mais un jour, il s’est absenté du Kaerl, et lorsqu’il est revenu, il n’était plus le même. La folie brillait dans ses yeux. J’ignore ce qu’il c’est passé, et je le regrette, car j’aurais pu le protéger, mais depuis ce jour, il est progressivement devenu sadique, malsain et dangereux…Pourtant, depuis qu’il t’a en aspirante, j’ai l’impression qu’à de très rares moment, il redevient, l’espace d’un instant, celui qu’il était auparavant. Je crois que c’est pour cela qu’il te garde…°

Renek n’en ajouta pas plus. Dire tous ces mensonges à Narcisse lui avait déjà énormément coûté et il ne supportait pas l’idée d’en rajouter encore. Il se mura dans un silence triste et observa Narcisse s’approchait d’Elendel qui lui avait fait signe de le rejoindre. Il était désolé pour cette jeune fille qui n’avait pas eu la chance de tomber sur Elendel. Peut être aurait il mieux fallu que Renek ne révèle jamais qu’elle avait le don… mais c’était trop tard maintenant, et aussi fort qu’il le désire, le dragon ne pouvait plus rien changer.

- Ce soir, nous dormirons ici, Narcisse,
dit-il lorsqu’elle fut arrivée à sa portée. Est-ce que cela te convient ?

Il l’a vit froncer les sourcils, se demandant sans doute s’il s’agissait d’un nouveau piège d’Elendel, mais peut être avait elle en tête ce que venait de lui révéler Renek.
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Lun 8 Avr 2013 - 18:41 Répondre en citantRevenir en haut

Ce fut le début d’un long entraînement, très rude pour la débutante qu’elle était. Elendel Hastin lui apprit les positions et les mouvements fondamentaux de l’art de l’escrime. Il lui enseigna comment sortir une épée du fourreau, ce qui était plus facile à dire qu’à faire à vrai dire. Ensuite, les derniers jours, elle fut forcée d’invoquer sa magie dès qu’un trop grand danger se présentait, forcée de la maîtriser si elle ne voulait pas être tuée avant d’avoir pu assister à son Empreinte.

Son Maître la harcela en permanence, critiquant et râlant. Parce qu’elle était de petite taille, ne faisait rien comme il fallait ou le faisait sans s’améliorer d’une fois sur l’autre, parce qu’elle était maladroite, paresseuse, ne s’entraînait pas parce qu’elle n’avait pas de muscles, il n’hésitait pas à user de la force et à la battre avec sévérité, menaçant son existence à chaque erreur commise.

Il y a bien une fois, où elle osa s’opposer à son autorité :

- Croyez-vous que je vais avoir confiance en moi si vous me criez chaque jour que je suis un bon à rien, que je ne ferai jamais rien de ma vie, que je ne mérite pas votre enseignement ?

Il lui avait répondu sans une once de compassion :

- Et bien, si tu me laisses ébranler ainsi ta confiance, cela veut dire que tu ne dois pas en avoir beaucoup de toute façon ! Tu ne cesses de te plaindre depuis que nous sommes arrivés ici ! Ferme-là un peu !

Par la suite, Narcisse se mordit les lèvres plutôt que de lui répondre, sachant très bien que c’est la mort qui l’attendait si elle ajoutait quoi que ce soit de plus à son commentaire.

Le dernier jour, un ultime duel les opposa. Une épreuve qui lui permettra enfin de rentrer au Mar Taralom et de cesser ces incessantes journées d’entraînement, qui l’épuisaient plus qu’elles ne l’aidaient.
Narcisse se mit en garde, genoux tremblants. C’était dix fois pire que toutes les épreuves jusqu’à présent. La vie ou la mort d’un Chevalier Dragon dépendait de sa maîtrise de l’art de l’escrime et de sa magie, lorsqu’il en possédait. Sans celle-ci, elle ne serait pas Chevalier, ne vivrait aucune aventure palpitante, ni ne recouvrerait ses droits sur sa position de Chef de famille.
En essayant d’éviter l’attaque de son Maître, elle trébucha en arrière. Reprenant son équilibre, elle para un coup porté par le haut de juste à temps. Elle trébucha de nouveau et se retrouva en garde pour parer une nouvelle attaque, puis une autre et encore une autre. Elle trébuchait et parait, sans jamais attaquer de son côté ni garder la maîtrise de ses cimeterres. Soudain, elle s’emmêla les pieds et tomba, lâchant ses armes. Levant les yeux, elle vit Elendel au-dessus d’elle, son épée en position sur sa gorge pour la tuer. Elle ferma les yeux.

- Ça suffit, c’en est assez. Tu n’es capable de rien. Nous rentrons.

Elle se repassa inlassablement les phrases de son duel avec Elendel. Pourquoi cela s’était si mal passé ?

FIN
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