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 [RP] Les larmes de sang Sujet suivant
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Luckor Mornelac
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MessagePosté le: Dim 22 Juil 2012 - 20:52 Répondre en citantRevenir en haut

Haskèlku 918

Citation:
Mon fils,

Tu sais, rien n’est plus compliqué pour une mère que d’élever un enfant. On passe sa vie entière à donner à ce dernier tout ce que l’on croit être bon pour lui, tout en sachant pourtant que l’on ne cesse de se tromper. Mais pour les parents d’ici, tout cela n’est qu’amour sincère, même si l’on ne peut pas s’empêcher parfois de se montrer égoïste, voire cruel.

Le jour où j’ai écrit cette lettre dans ce carnet, j’ai craint de te décevoir. Moi, je ne t’ai jamais laissé le temps des jugements de l’adolescence et je suis bien loin de savoir quel âge tu auras lorsque tu liras ces lignes ; Je t’imagine alors un beau jeune homme de trente ans, musclé, charismatique, peut-être plus encore si les dieux le décident ainsi.

Si tu savais à quel point l’idée de ne plus te voir le matin quand tu ouvres les yeux, de ne plus entendre le son de ta voix lorsque tu m’appelles « Maman », me laisse un sentiment de solitude sans fin. Cet avenir, trop proche à l’heure où je t’écris, me fait plus mal que la maladie qui m’emporte petit à petit si loin de toi, de tes frères et de ton père.

J’ai toujours aimé cet homme, mais je n’ai pas vécu pleinement cet amour. Parce que j’ai eu peur, peur de ton père, peur de lui faire du mal, peur de détruire ce que j’avais construit, peur de m’avouer que je m’étais trompée. J’ai eu peur de l’ordre établi, peur de recommencer, peur que cela ne marche pas, peur que tout cela ne soit qu’un rêve. Ne pas le vivre fut un réel cauchemar. Nuit et jour je pensais à lui, et je me l’interdisais. Nuit et jour il me faisait l’amour mais moi, je ne pouvais lui sourire. Oh, ton père m’a aimé comme toute femme rêverait d’être aimée au moins une fois dans sa vie, et je n’ai pas su le lui rendre, à cause d’une lâcheté inouïe. Je m’excusais de mes faiblesses, me complaisais dans ce mélodrame à quatre sous, et j’ignorais que ma vie passait à toute vitesse et que moi je passais à côté. Il était un homme bien et unique à mes yeux. Personne ne me regardait comme lui le faisait, personne ne me parlait ainsi ; à ses côtés rien ne pouvait m’arriver, je me sentais protégée de tout. Il comprenait chacune de mes envies, chacun de mes désirs et n’avait de cesse de les satisfaire. Toute sa vie était fondée sur l’harmonie, la douceur, le savoir-donner là où moi je cherchais des batailles comme raison d’exister, et j’ignorais le savoir-recevoir. J’avais la trouille, je me forçais à croire que ce bonheur était impossible, que la vie ne pouvait pas être aussi douce.

Mon fils…il est temps pour toi d’apprendre la vérité sur ta naissance.


Luckor ouvrit un œil, puis deux. Sa vision était trouble, instable, comme lorsque les chaleurs des plaines d’Undomë déforment le paysage à la saison estivale, provoquant chez les voyageurs les plus sensibles de terribles hallucinations. Autour de lui, tout n’était que poussière et vision de cauchemar. Des rochers étaient entassés par centaines à certains endroits ; les rayons du soleil, libérés, inondaient la mine de lumière comme elle ne l’avait jamais été ; on retrouvait également des corps, devant, derrière, partout où l’on posait le regard. Certains étaient complètement broyés, d’autres à peine abîmes mais sans vie, la chaleur et le gaz ayant fait d’eux des pantins dépourvus de fils : des pantins libres, mais inanimés. Le jeune homme ne savait combien de temps il avait dormi : déjà les rats se délectaient de la chair fraîche de ses camarades, couinant et brisant le silence devenu presque morbide. Les corbeaux bataillaient pour quelques morceaux de viande et les renards, peu nombreux encore, reniflaient, çà et là, cherchant le meilleur cadavre pour nourrir leurs petits et assurer leur survie l’hiver prochain. Aucun d’eux ne semblaient se rendre compte de la gravité de la situation…La compassion n’était pas l’une de leurs plus grandes qualités et aujourd’hui, c’était peut-être la raison de leur position de force : aucun sentiment en eux ne pouvait les faire plier devant l’adversité. Luckor les admirait pour cela, mais dans le cas présent, les carnivores étaient à ses yeux ses plus grands ennemis. Son cœur s’emballa. Il souffrait de tout son être.

Sur sa jambe gauche, l’on pouvait voir une déformation sensible auréolée d’un gros hématome, qui indiquait une fracture. Seule sa cuisse était visible, le reste traînant sous une masse de rochers : Luckor ne sentait plus son pied ni sa cheville, comme s’ils n’avaient jamais existés. Le reste de son corps était couvert de coupures, de bleus, de poussière et plus encore de brûlures. Sa respiration était irrégulière, son pouls trop rapide et son cœur le fatiguait plus qu’il ne l’aidait. Sa vision était semblable à celle d’un vieil homme : qu’en était-il alors de son ouïe, à cause de laquelle un perpétuel sifflement venait troubler son esprit ? Désireux de survivre, un instant peut-être, il s’aida de ses bras pour tenter d’extirper sa jambe : mais rien à faire, il se fit plus de mal que de bien et poussa un hurlement à briser le cœur des plus insensibles d’entre les Barbares. Des larmes, libérées par sa détresse, coulèrent le long de ses joues et formèrent des traces blanches dans la poussière noire teintant son beau visage. Puis, dans cri de rage, il frappa de son poing sur la pierre brûlante de la mine, priant les dieux de le sauver lui et ses amis. Là il laissa retomber sa tête et ferma les yeux : à quoi bon se battre ? Il ne pouvait lutter contre la colère de Mère Nature, tout comme il n’avait pu lutter contre les doutes qui l’avaient assailli à la lecture de l’écrit de sa mère.

Elle disait que ce n’était qu’une invention, dans laquelle elle faisait vivre ses personnages. Pourtant, Luckor avait ressenti à la lecture une si grande sincérité que cela l’avait profondément troublé. L’amour qu’elle décrivait, sa puissance et sa pureté, lui rappelait tant la femme qu’il aimait. Cela faisait un an qu’il n’avait pas revu Loya. La promesse qu’il lui avait faite n’avait plus de sens, si elle ne donnait aucune nouvelle et ne cherchait pas à en obtenir. Mais n’était-ce pas mieux ainsi ? Luckor aurait pourtant aimé qu’elle soit tenue au courant de sa mort, des circonstances de cette dernière et des mots qu’il aurait voulu lui dire avant de rendre son dernier souffle. Il ne voulait qu’elle. Rien qu’elle et ses cheveux dorés. Ses enfants, il souhaitait les voir grandir à ses côtés, aux côtés de cette femme douce et idéale. Personne d’autre ne les éduquerait comme elle serait capable de le faire. Personne, pas même sa propre mère, qu’il estimait pourtant au plus au point. Et quand il serait vieux alors ? L’idée de ne pas voir ses descendants le fit souffrir plus encore. Lui-même n’avait jamais connu ses grands parents et infliger cela à ses futurs petits enfants ne le ravissait pas, pas plus que de mourir comme un déchet ici.

- A l’aide...je... vous en... prie...

Sa voix était faible…trop faible pour être entendue. Il donnait toute son énergie, mais personne ne semblait l’entendre. Chaque mot, chaque respiration le faisaient plus souffrir encore. Sa jambe, il était certain de l’avoir perdue à jamais et quant au reste de son corps, il aurait voulu qu’il en soit de même, pour qu’il ne ressente plus les blessures et les brûlures qui le ravageaient peu à peu. Non loin de lui, le vieux bois utilisé normalement pour maintenir le plafond de la mine commençait à s’embraser. Il faisait jour dehors : le plafond écroulé avait libéré le ciel et pour la première fois, alors qu’il se trouvait dans la mine, Luckor voyait de la lumière : elle était aveuglante et désagréable. Elle éclairait le corps de son père, silencieux, inerte, à quelques mètres de lui. Fou de rage, Luckor grattait le sol rocailleux, abîmant le bout de ses doigts jusqu’à les faire saigner.


Dernière édition par Luckor Mornelac le Jeu 20 Sep 2012 - 20:20; édité 2 fois
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MessagePosté le: Dim 22 Juil 2012 - 20:52 Revenir en haut

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Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Dim 29 Juil 2012 - 21:04 Répondre en citantRevenir en haut

Persée s’éveilla tard, alors que le soleil était déjà haut dans le ciel sans nuage. Un poids inconnu lui pesait sur la poitrine. En tâtant celle-ci, elle délogea une petite créature écailleuse qui battit l’air de ses ailes en pépiant d’indignation. Eos, la lézarde incarnate, quitta son nid douillet et vint mordiller les doits de sa maîtresse. Persée la caressa distraitement et entreprit de se relever en se frottant les yeux de sa main libre. Elle avait mal dormi, d’un sommeil de plomb, sans rêves, couchée dans la paille d’une grange. Elle ne savait ce qu’elle préférait : les nuits presque blanches à s’inquiéter de tout ou les nuits comme celle-ci, interminablement vides. La première chose qu’elle fit fut d’appeler celle qui partageait son âme et son cœur. Vraël répondit aussitôt à la caresse mentale, habituées qu’elles étaient à ne jamais rompre le contact. La dragonne était parfaitement réveillée et Persée l’imaginer sans mal se pourléchant les babines barbouillées de sang frais. Vraël chassait aux aurores, pour masquer l’éclat par trop brillant de ses écailles et pour attraper son gibier plus facilement.

° C’est le troisième voyage que nous faisons pour trouver une Pierre aux Souvenirs. Crois-tu réellement que cela en vaille la peine ?
Qui es-tu pour en juger, dame-j’ai-la-mémoire-de-mes-ancètres ?
Tu t’es levée du pied gauche, comme disent certains bipèdes.
Je crois que j’aurais préféré ne pas me lever du tout... °


La Bleue rit sèchement et fit claquer ses ailes, là haut, sur son promontoire rocheux à quelques kilomètres du village où avait fait halte sa Liée, laissant le vent s’engouffrer dans sa voilure. Elle plongea en piqué vers le sol où se fracassait les vagues puis remonta d’un battement puissant, prenant la direction indiquée en esprit par Persée. Leur lieu de rendez-vous se trouvait à l’écart du village lui aussi, près des montagnes. Il y avait des mines là-bas, d’après les dires du tenancier de l’auberge pleine qui l’avait elle-même reléguée à dormir dans sa grange. Persée n’avait pas grand espoir de dénicher une précieuse Pierre aux Souvenirs parmi une population de mineurs mais elle pourrait se renseigner. Elle prit Eos dans ses bras, la posa sur son épaule, récupéra son sac qu’elle jeta sur son dos, ceignit l’épée des Garaldhorf, passa une main dans le désordre de sa longue chevelure blonde et prit le chemin de la sortie du village d’Undòmë. Elle retrouva la chasseresse turquoise avec plaisir, l’escalada et la dragonne prit son essor d’un bond.

Vraël volait au-dessus de la masse nuageuse, ce qui contraignait la jeune femme à s’emmitoufler dans son lourd manteau. Pour passer le temps et chasser ses peurs, le visage de Zackheim dansait derrière ses paupières closes. La chaleur naturelle que dégageait son Âme Sœur et ses battements d’ailes la berçaient. Elle aurait pu dormir si...

... Un cri à moitié étranglé fut arraché de sa gorge. L’hybride vacilla, la douleur lui voilait la vue, la sueur perlait à son front et ce fut non sans peine qu’elle se retint de crier à nouveau. Elle avait l’impression qu’une lame avait tailladé sa chair, ou alors qu’un arbre venait de lui tomber dessus, à lui broyer les os. L’affolement de Vraël la rendit encore plus nauséeuse. Il ne leur fallut qu’une poignée de secondes pour comprendre. La source émotionnelle était à la fois trop proche et trop violente pour que son armure émotionnelle ne puisse tout absorber. Un regard des yeux perçants de Vraël vers le sol découvrit un champ d’éboulis tout récent. Estimant qu’il n’y avait personne dans les environs, la dragonne creva les nuages. Persée haletait pour reprendre son souffle et le contrôle de son corps, en essayant de détendre ses muscles endoloris par trop de crispation. Elle essuya d’un revers de main rageur la sueur poisseuse qui lui maculait le visage. Sa Liée atterrit et elle aussitôt sauta à terre.

° Crois-tu qu’il y a des survivants ?
Je n’en sais rien...
Nous ne pouvons pas sauver tout le monde, chérie.
Je sais. Je ne le sais que trop bien. °


Il y avait une brèche, crée lorsque la mine s’était brutalement effondrée. Peut-être qu’en se glissant dedans... Plus sûre de sa maîtrise, Persée reconnut l’odeur de la peur, reconnaissable entre mille. Des pensées tournoyantes comme de la brume lui parvenaient de manière diffuse, plus ou moins fortes. Elle sourcilla : il y aurait un porteur du Don là-dedans ?

° Quelqu’un projette ses pensées à tort et à travers. Il y a un porteur du Don ici !
Fais vite. Il est blessé. °


Vraël trépignait sur place, Eos voletant avec nervosité près d’elle. Persée se fraya un chemin parmi les éboulis de l’extérieur et s’approcha à pas prudent de la brèche, une main sur la garde de son épée. Ses mains gantées râpèrent la roche. Elle entendit alors une voix faible appeler à l’aide. Elle ne la voyait pas encore mais pouvait sentir sa peur et sa douleur sans peine, tout comme ses pensées sans queue ni tête. Vraël se faisait pressante à la lisière de son esprit. L’Ancalikon du Màr Menel l’ignora pour se concentrer sur sa route périlleuse. Ses muscles protestaient mais elle n’en avait cure.

- Restez éveillé, j’arrive !
° Persée ! Un autre dragon approche ! °

La jeune femme poussa un juron à faire pâlir les charretiers.



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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Mar 31 Juil 2012 - 10:46 Répondre en citantRevenir en haut

Le dragon étranger était telle l'ombre d'un prédateur ailé, guettant le moment fatidique pour fendre sur sa cible et l'occire.... Sauf que là, il n'était pas question de tuer qui que ce soit... Lui aussi avait été attiré par quelque chose de très particulier, que tous ses frères de races percevaient : le Don. Et celui-ci s'était exprimé avec force ; provoqué par la situation dangereuse du potentiel aspirant. Et le hasard avait voulu, au grand déplaisir de la Céleste, que le Dragon noir soit dans les parages. D'ailleurs que faisait-il là ? Tout simplement qu'Alauwyr était venu dans une petite cité côtière pour faire taire un de ses anciens contacts. Ce dernier avait usé de la réputation du vieux mercenaire pour son seul profit, à l'époque où il n'était pas encore posé le pied dans le Kaerl Ardent. L'affaire avait été vite réglée, au fil tranchant de l'épée du Chevaucheur de Démons. Et puis après, il y eu cet éclat du Don non loin de leur position.

Le saurien ardent avait poussé un rugissement en voyant la présence d'un autre dragon et de sa liée... Ils n'étaient pas seul sur le possesseur du Don. Jamais encore Estenir n'avait eu à voir un dragon croiser sa route pour un futur apprenti... Surtout un dragon d'un autre kaerl ! A sa souvenance, ce n'était encore jamais arriver. Mais peut lui importait. Il avait senti le Don, il avait un droit sur le bipède !

Il pivota son corps sombre et luisant, laissant apparaître l'homme qui le chevauchait, aussi sombre que lui de par sa tenue vestimentaire. Alauwyr privilégiait toujours cette couleur sinistre, ce qui rajoutait à la frayeur qu'il imposait quand il se montrait au grand jour. Sa cape noire et abîmée sur ses pans se composait d'une large capuche, qui recouvrait le visage de son propriétaire. Son regard abyssal s'était déjà tourné vers Persée. Il sourcilla. Pourtant, dans l'ombre de sa capuche, un étrange sourire se dessinait sur son visage. Cet imprévu n'était pas pour lui déplaire.

°Nous arrivons un peu tard on dirait. °
°Crois-tu....Je suppose que notre "gibier'' doit être sous ces tas de rochers ? °
°Nous sommes sur une mine et cette dernière a dû s'effondrer. Il est coincé en dessous. Une chance que nous arrivions aussi...°
°Oui on dirait qu'un seul maître-dragon ne suffira pas°
°Le possesseur du Don est en panique, c'est déroutant°
°Fais avec pour le moment veux-tu. °
°Facile à dire pour un être apeuré et blessé°


Alauwyr grommela dans sa barbe. Manquerait plus que le jeune être coincé derrière l'éboulis soit coincé sous les rochers... Et s'il était blessé au point d'être estropié ? Ce serait très fâcheux pour le Kaerl. Ce serait avec plaisir qu'il le céderait à cette maîtresse-dragon... Qui avait un visage qu'il avait déjà vu... mais ce n'était pas là sa préoccupation première !

Estenir poussa un grondement quand il trouva la place de se poser non loin de l'éboulis, dardant un regard méfiant sur Vraël. Alauwyr se laissa glisser le long de son flanc pour arriver aux pieds de l'éboulis. Il entama à son tour l'escalade, ne daignant pas se présenter. Le temps n'était à pas à cela. Tout ce qu'il lâcha durant son ascension fut :

"Une intervention à deux sera plus efficace n'est-ce pas ?''

Manquait plus que son rire, qu'il ne lâcha pas.

°Estenir.°
°Oui je sais quoi faire.°


Estenir prit alors contacté avec le blessé. L'esprit perturbé dérouta au début le saurien, mais il imposa sa force mentale pour se faire entendre dans tout ce tumulte de pensées.

°De l'aide arrive ! Bats-toi !°



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Jeu 2 Aoû 2012 - 14:01 Répondre en citantRevenir en haut

La peur et la douleur tourbillonnaient à la frontière de son armure émotionnelle et Persée éternua dans un nuage de poussière. La descente était plus difficile que prévue. Deux autres sources d’émotions se posèrent non loin, un bipède et un dragon. Le second suintait la méfiance et elle laissait Vraël s’en charger. Mais le premier... Que n’aurait-elle donné pour ne pas ressentir ça. Lorsque sa voix lui parvint, elle tourna la tête dans sa direction, redoutant d’avoir raison. Et hélas, elle ne s’était pas trompée. Lors de leur première rencontre, ou plutôt entrevue publique, il n’était que Second du Màr Tàralöm. Aujourd’hui il en était le Seigneur et un homme aussi dangereux qu’au premier jour. Laissant brièvement de côté les sentiments perturbateurs du porteur du Don piégé dans la mine, elle répliqua du tac-au-tac comme une arbalète bien huilée :

- Toute aide est la bienvenue mais celui qui l’offre doit me donner sa parole qu’il ne fera aucun mal au porteur du Don s’il s’avérait inadéquat à ses idéaux, Sire Iskuvar.

Elle ne lui laissa pas le loisir de renchérir ou même de s’étonner qu’elle sut son nom. Et recommença à descendre prudemment mais énergiquement.

- Qui ne vous connait pas, Alauwyr Iskuvar le Chevaucheur de Démons ?

Elle avait parlé à voix basse mais l’Humain était suffisamment prêt pour peut-être l’avoir entendue ? Persée avait voyagé dans une bonne partie du Rhaëg, sans s’en lasser bien au contraire et puisqu’elle s’intéressait aux légendes locales, elle avait finis par faire le lien... Que le monde est petit, vous ne trouvez pas ?

Au dehors, Vraël dardait un regard vigilant de méfiance sur l’Empereur Noir, terrifiée à l’idée qu’il eût un geste belliqueux envers elle ou pire envers ceux restés en dessous. Estenir, l’âme damnée du Maître des Pics de Cendres. Tâchant d’avoir l’air moins nerveuse qu’elle ne l’était en réalité, elle écoutait les pensées de sa Liée qui continuait sa descente aux enfers. L’obscurité était telle que Persée trébuchait mais les émotions folles ressenties par le porteur du Don étaient comme une lumière, une torche flamboyante dans les ténèbres, qui la contraignaient à avancer plus vite, le cœur battant à tout rompre. Elle voulait l’atteindre avant Alauwyr Iskuvar, n’en déplaise au Destin. La jeune Maîtresse Bleue se glissa dans une anfractuosité presque horizontale, jeta ses pieds en avant et se laissa couler contre la roche, écorchant sa chemise et ses chausses. Là. Il était là. Persée eut la place de s’accroupir et c’est ce qu’elle fit, se laissant à moitié tomber à côté du jeune homme blessé. Il avait ouvert les yeux mais son état empirait au fil des minutes qui s’étaient écoulées depuis la catastrophe. Un éboulis coinçait sa jambe gauche. Son visage couvert de cendre avait la pâleur des malades et elle craignit qu’il n’ait perdu l’esprit en tombant et en voyant ses compagnons morts. Car il ne faisait aucun doute qu’il était le seul survivant. Persée ne ressentait aucune autre source émotionnelle humanoïde, tout juste quelques rats et renards qui détalaient.

- Peux-tu parler ?
° Comment va-t-il ?
Mal en point. °

- Je vais te sortir de là, ne crains rien. Tu ne mourras pas ici, je te le promets.

Sa voix prenait la dureté du tranchant d’une épée. Non, elle ne le laisserait pas mourir ici, seul, dans le noir.



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Dinjelaï Al'Ysiria
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MessagePosté le: Mar 7 Aoû 2012 - 16:04 Répondre en citantRevenir en haut


Ruperth Tumb, Maître Brun, chef d'escouade au Màr Luimë


Officiers, vous avez compris votre mission? Récapitulons...

Dans la salle de la Rotonde, Ruperth tentait de contrôler les muscles de ses jambes qui voulaient le pousser à sautiller. Malgré ses nombreuses années au Màr Luimë, le colosse noir se sentait toujours plus à l'aise dans la poussière du terrain d'entraînement que sous les ors des hauts-lieux politiques. A ses côtés, les autres chefs d'escouade de l'armée du Màr. L'heure était au sérieux, la Dame leur commandait une mission.

Chose rare, Dinjelaï avait tenu à leur demander en personne, sans passer par le Capitaine des Armées. Depuis une heure maintenant, elle faisait un récapitulatif des données fournies par le réseau d'espionnage du Kaerl...

... Tout porte à croire que le Màr Sous la Cendre a commandité une opération d'envergure sur Qahra. Cela porte apparemment sur le contrôle d'un village qui les approvisionne, et ne devrait pas nous concerner directement. Néanmoins, mieux vaut prévenir que guérir. Chacun prends un mois de disponibilité à partir de maintenant, et se rendra seul pour passer au crible chaque continent, afin de vérifier qu'aucune autre zone de combat inégal se déroule ailleurs. Les Ardents ont beau être de récents alliés, ne soyons pas naïfs. Mais votre discrétion est un impératif durant toute l'opération...


Ainsi, Ruperth Tumb s'était vu confier la tâche de survoler Undomè durant une lune entière.

****


Shyw étendit ses ailes. Le brun voulait passer juste au-dessus du manteau de nuages pour effectuer une simple vérification de ce qui se passait au sol. Il prenait la consigne de discrétion avec un sérieux tout particulier. En effet, son lié n'avait pas le physique d'un homme qu'on oublie aussitôt après l'avoir vu. Ruperth était immense, son teint d'ébène rare, même au Ssyl'Shar où il était né. L'immense tatouage qui s'étendait autour de son oeil gauche, marque de son premier propriétaire, et ses deux dents d'or venaient parfaire le tableau.
En émergeant des nuages ouatés, Shyw sursauta, faisant grogner son lié, qui, bien que Chevalier depuis de nombreuses années, était plus à l'aise sur la terre ferme.

** Aspirant! Le Don! **
* Shyw! C'est pas une raison pour me faire voler à côté de toi! On ne s'occupe pas de ça, on est en mission! *


Mais quand mentalement son lié lui indiqua la provenance des signaux, le sang du colosse ne fit qu'un tour. Un amas de roches noires, du feu... Tout indiquait que plusieurs missions se télescopaient au même endroit...
Quand au milieu de ce cahot, Ruperth aperçu les menaçantes silhouettes de deux dragons, son habituel sourire avait tout à fait disparu...

** On doit rester cachés Rup', il faut prévenir le Kaerl, mais on ne peut pas... **
* Shyw, y'a un Doué là-dessous, il n'appartient à aucun Kaerl, on ne peut surtout pas le laisser entre de mauvaises mains... *


Le brun effectua un tour, toujours caché à la lisière des nuages, de façon à mieux estimer la situation. Il semblait clair que deux dragons, au moins, avait fait feu sur ce qui devait être une mine d'extraction... Dinjelaï avait demandé d'être informée mais les deux liés étaient d'accord sur le fait qu'ils ne pouvaient laisser un innocent être menacé... Sans consulter mentalement Ruperth, Shyw effectua une descente en piqué et en quelques secondes, il survolait la scène de guerre. Il héla les deux bipèdes qui grattaient à présent les gravas:

Hey! Qu'est-ce que cette attaque contre des non-liés?! Veuillez me suivre sans résistance jusqu'au Tribunal de Lomëanor!

Bien sûr, c'était du bluff, mais Ruperth, avec ces deux mètres cinq de hauteur, n'était pas du genre à se laisser impressionner. Il découvrit avec surprise que le binôme était pour le moins mal assorti...
Luckor Mornelac
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MessagePosté le: Mar 7 Aoû 2012 - 17:11 Répondre en citantRevenir en haut



Une douleur soudaine l’assaillit, comme venue de nulle part. Pendant un instant, il ne put que crisper ses mains sur son ventre et hurler sa souffrance. La douleur s’atténua, puis recommença de plus belle. Plusieurs voix parvinrent à son esprit, imposantes, mais pourtant si distantes. Il ouvrit difficilement les yeux, la poussière et la chaleur le poussant à les garder plus souvent clos qu’ouverts sur le monde. Le chaos régnait autour de lui. De la poussière d’argent et des fragments de pierre tombaient encore du plafond lézardé, présage funeste de la destruction à venir. A ses côtés, une ombre se mouvait, fine, agréable : plus agitée encore que ne le serait l’antilope devant les crocs du prédateur, elle lui semblait être entourée d’un halo blanc d’une extrême pureté. Il ne profita pas bien longtemps de cet apaisement qui l’avait envahi à sa vue, car la douleur lui devint rapidement intolérable. Il se mordit violemment la lèvre pour ne pas flancher. Luckor se sentait irrémédiablement malade et vide de tout espoir. Il finit par se laisser aller au sommeil, un bref instant.

La voix féminine revint à nouveau à son esprit, plus forte qu’elle ne l’avait été précédemment. Surprit, Luckor toussa avec violence, son corps cherchant là une belle occasion de chasser la cendre et le sang de ses poumons. Il peinait plus que jamais à voir ce qu’il se passait autour de lui et le bruit qui s’imposait à ses oreilles n’était pas là pour l’aider. Sa nervosité, devant cette situation inconnue qui se présentait à lui, augmenta en puissance. Et son souffle, déjà bien inhabituel, se fit plus court encore, plus saccadé, et, pour se protéger du danger, il ne trouva d’autres idées que de chasser avec ses mains les présences qui l’entouraient. Alors, lorsqu’il toucha la femme qu’il avait entraperçu tout à l’heure, il la frappa d’un geste emprunt de violence, mais sans réelle force : il en était, de toutes les manières, totalement dépourvu dans son état. Rapidement, il s’épuisa, puis renonça. Néanmoins, il tenait toujours dans sa main le tissu du vêtement de l’étrangère, le maintenant dans l’espoir, peut-être, qu’elle ne lui fasse aucun mal.

Lui-même ne comprenait pas pourquoi il la craignait, alors même que ses mots n’avaient été que source d’apaisement. « Restez éveillé ! J’arrive ! », « Peux-tu parler ? », « Je vais te sortir de là, ne crains rien. Tu ne mourras pas ici, je te le promets », et la voix de cet homme, dans son esprit, comme un songe éveillé : « De l’aide arrive ! Bats-toi ! ». Il ne voulait pas qu’elle le touche, ni même qu’elle l’approche. Son désir de rester en sécurité, en vie plus encore, était si grand qu’il refusait de voir sa situation changer. Aujourd’hui, à l’instant, précis, il était en vie. Une seconde de plus, un geste de travers, et tout pouvait basculer à son désavantage. La pression qu’il exerçait sur le vêtement s’amplifia.

Il tremblait de plus en plus en la terreur finit par le gagner, alors qu’il repensait aux cadavres de ses proches, à celui de son père, gisant pas même à quelques mètres de lui…aux cris de peur, de souffrance qu’il avait entendu avant que le silence ne s’installe définitivement dans la mine. Il repensa aussi à son ami, cette petite créature aux poils roux, qui n’avait donné signe de vie depuis l’éboulement. Et aujourd’hui, il était seul, dans le noir, souffrant de blessures qu’il ne parvenait à localiser. Plus bas, dans la vallée, sa famille devait travailler tranquillement dans les champs ou encore à l’atelier. Peut-être ne s’étaient-ils rendu compte de rien. Peut-être même qu’il ne les reverra jamais plus. Le désespoir emplit de nouveau son cœur trop tendre pour un jeune homme de sa corpulence. Il pleura de rage, hurlant pour se soulager.

- Allez…vous...allez-vous-en !

C’est tout ce qu’il parvint à dire : « Allez-vous en ! ». Il parlait comme s’il ne méritait plus de vivre, comme si sa petite existence n’avait plus la moindre valeur. Il chercha à se dégager de lui-même de la pression qu’exerçait la roche sur sa jambe. Puis plus rien : la main qui tenait le vêtement s’écrasa sur le sol poussiéreux. L’instant d’après, un rocher pas plus grand qu’un cheval s’écrasa à quelques mètres de la jeune Céleste, faisant vibrer les parois et le sol. Les yeux clos, Luckor respirait à peine. Au coin de ses lèvres, un filet de sang s’écoulait, doucement, pour s’écraser au sol, s’ajoutant à la large flaque qui se formait sous la roche qui coinçait sa jambe.
Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Mar 7 Aoû 2012 - 19:13 Répondre en citantRevenir en haut

Oui, cette fois, il se rappelait du visage de cette céleste... Il l'avait entraperçu le jour des Festivités Interkaerlique, quand il n'était que Second... Il se contenta de lui adresser un rictus malsain quand elle le désigna sous son véritable nom et même surnom. Donc les présentations n'étaient plus à faire et il se contenta de la regarder se faufila telle une anguille dans l'étroitesse de la faille.

°On dirait que tu ne pourras pas la suivre comme tu viens de le faire, c'est dommage°
°Je sens comme du sarcasme dans ta voix mon ami. Est-ce que le fait de devoir côtoyer un dragon céleste te perturbe tellement ? °
°Bien sûr que non...C'est juste de sentir ta frustration montante qui me gêne un peu. Tu devrais plus te concentrer sur la situation que de penser que la céleste te soufflera le jeune être en l'atteignant le premier. Pour le moment rien ne se joue encore..°


Alauwyr se contenta de grommeler mentalement et étudia la faille par laquelle Persée s'était glissée, à la limite de s'y coincer elle-même. Alauwyr avait une carrure bien trop imposante pour la suivre sur cette voie. Par contre.

°Voilà la solution. °
°Bien entendu ! Si elle arrive à passer dans un sens, elle ne le pourra pas dans l'autre, avec le blessé !
°Par contre, je ne suis sûr que l'éboulis soit très stable... Choisis bien les endroits à dégager. °


Son dragon noir parlait d'or, comme à son habitude. Sa logique s'accordait parfaitement avec la force brute de son lié. Alauwyr, sourcillant, sortit son épée, tout en cherchant le meilleur endroit où s'en servir comme d'un levier. Il ne devait pas se tromper. Sinon il provoquerait un nouvel effondrement. Ce serait tellement dommage d'ensevelir voir de faire périr la céleste. Le but n'était pas là de toute façon. Tout comme Persée, c'était le maître-dragon qui parlait au fond de lui-même, s'unissant à un autre de ses pairs pour sauver un des leurs ; un futur lié : un futur chevalier-dragon. La frontière qui les séparaient, qui les liait respectivement à leur Kaerl n'existait plus à cet instant présent. Estenir avait bien entendu pris les devants via Vraël, pour éviter qu'il ne s'affole face à la lame tirée de son liée.

°Je te jure sur mon âme et mon sang que mon lié n'attentera pas à la vie de ta liée. Il est là pour aider le jeune bipède, tout comme elle. °

A cet instant, l'épée noire du vieux mercenaire se planta dans une fente rocheuse. Là le Seigneur prit appui sur ses jambes et banda ses muscles pour repousser le rocher choisi. S'il arrivait à le dégager en premier lieu, la faille serait un peu plus large pour permettre l'extraction du blessé. Soudain, Estenir poussa un grondement d'avertissement. Un dragon arrivait !

Le lié de ce nouvel arrivant semblait avoir mal évalué la situation dirait-on. Cela n'empêcha pas l'humour d'Alauwyr de s'exprimer, alors qu'il tentait toujours de pousser le rocher.

''Sans résistance ? Descend du dos de ton dragon pour voir si tu l'oses me le dire en face ! Comme tu peux le voir nous avons fort à faire ici ! ''

La pierre se dégagea sous la pression qu'il exerçait dessus. Ce n'était qu'une goutte d'eau dans ce qui l'attendait.

Estenir accordait à peine un regard au nouvel arrivant, se concentrant sur le Don vacillant du bipède coincé là-dessus. Sans en référer à son lié qui était occupé de toute façon, le dragon cendré se permit de ''suivre'' le Don du jeune mineur. Visiblement, son état semblait empirer. Le dragon s'y accrocha plus encore.

°Bats-toi petite chose. Je t'offre un peu de ma force pour que tu puisses tenir. °

Le dragon avait déjà recouru à cette méthode avec son lié. Ce n'était pas sans risque... C'était même dangereux, car si la personne qu'il soutenait par sa force à travers le Don venait à décéder....On ne pouvait pas donner la vie à un mort... La mort aspirait la vie... Entièrement, d'où qu'elle vienne.

°Cela t'aidera à tenir....°

Il veillerait à ce qu'Alauwyr ne le sache pas. Son humain serait furieux d'apprendre que le dragon prenait une telle initiative. Surtout que bizarrement, le dragon ne tenait pas à ce que le Seigneur impose un paiement de dette à ce potentiel aspirant par ce secours inestimable....



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Mar 7 Aoû 2012 - 21:05 Répondre en citantRevenir en haut



Persée poussa un nouveau juron, sans doute peu au goût des dieux. Elle n’en avait cure, n’ayant d’yeux et d’oreilles que pour le pauvre hère bloqué dans la mine. Il était blessé, suffoquait, se noyait probablement dans son sang et sa pisse – il fallait à tout pris le dégager de là ! Mais comment ? Sa jambe gauche était coincée. L’esprit du jeune homme voltigeait en tout sens. Quoi, il la trouvait dangereuse ? Cois-moi, petit. Je ne suis rien comparée à ce qui t’attends dehors, maugréa-t-elle pour elle-même.

Il tenta à plusieurs reprises de la frapper, sans succès. Une pierre tomba à son côté. La jeune femme secoua la tête, éperdue. Que croyait-il faire ? Il allait mourir ici, il n’était nullement en sécurité ! Elle entrouvrit son armure émotionnelle pour lui procurer une vague d’apaisement mais la vague fut si ténue qu’elle craignit qu’elle ne fût pas plus bénéfique. Il lui était difficile de faire mieux pour l’instant, les émotions surchargées de douleur et de peur de l’Humain se faisaient encore trop présentes pour ses sens.

- Je t’en conjure, cesse de bouger ! s’énerva-t-elle. Tu vivras. Il faut déloger ta jambe, elle doit être cassée.

Au dehors, la situation dérapait. L’affolement subis de Vraël lui annonça l’arrivée d’un Chevalier bien présomptueux qui se prenait pour un justicier. La belle affaire ! Comme s’il n’y avait pas déjà assez de personnes embarquées dans cet imbroglio ! Persée leva un instant les yeux vers le plafond et la faille de lumière par laquelle elle s’était glissée, anxieuse.

Vraël renâcla sous le serment d’Estenir. Elle voulait croire en ce frère Ardent mais que dire face à l’arrivée de celui-ci, un Brun apparemment Englouti à son aura ? La Bleue gonfla par précaution sa collerette d’épines de venin et adopta une posture digne. Le Seigneur Alauwyr avait tiré l’épée pour tenter de se frayer un passage plus large dans la mine. Et l’Englouti semblait croire à une attaque rangée. Etait-il fou, avait-il bien regardé ?

° Chevalier ! Je jure sur le nom de ma mère et de sa mère avant elle, je jure sur le sang de Flarmya, qu’il n’y a eu nulle attaque sur ces Sans-Dons. Un coup de grisou a dû faire imploser la mine quand nous survolions ces parages. Un porteur du Don, encore en vie, git là-dessous et, aussi improbable que paraisse cette alliance entre un Ardent et une Céleste, nous essayons de le sauver. Ma Liée est l’Ancalikon du Màr Menel, l’équivalent de votre chef des armées. Je suis Vraël, fille de Kiruna. °

Donner le nom de sa Liée pouvait la mettre en danger. Peut-être Alauwyr serait-il tenté de la laisser dans les décombres en sachant qu’il pouvait causer la perte du Capitaine des Armées. Et peut-être pas car Persée était fille d’un Sang puissant et ce serait déclarer la guerre ouvertement au Kaerl Lumineux, d’autant plus qu’elle était maintenant certaine de l’attachement profond que lui vouait leur nouveau Seigneur, Zackheim de Galastden. Si celui-ci voulait bien laisser quelques minutes son grand plan de côté pour sauver son amante... Et si le Neutre avait un tant soit peu de bon sens, il saurait reconnaître la vérité dans les paroles d’une dragonne qui venait de jurer au nom de sa race !

° Et vous, comment vous nomme-t-on, Chevalier ? °

En bas, Persée sentit une autre force se joindre à la sienne pour maintenir l’état déjà déplorable du futur Aspirant. Elle en fut surprise puis pas tant que ça : les dragons savaient souvent d’instinct comment agir et la mémoire de leurs aïeux leur procurait une source inépuisable d’inspiration. L’hybride remercia silencieusement l’Empereur Noir et s’attela à la tâche pressante de dégager la jambe du blessé.

- Ne bouge surtout pas, le prévint-elle en serrant les dents. Je vais essayer de te faire sortir. Ça va aller.

Et elle poussa de toutes forces contre le rocher, glissant ses mains gantées sur les côtés, s’arc-boutant contre celui-ci en espérant au moins le faire bouger. Que n’ai-je une magie qui renforce ma musculature ! Cette dernière n'était taillée que pour la rapidité, l'agilité et l'endurance, il n'y avait rien de force colossale ou même à demi-colossale pour accomplir pareil exploit ! Et elle poussa, retenant un geignement de douleur alors qu'elle s'écorchait la peau, un peu de sang ruisselant entre les runes de l'Oracle. Et poussa, jusqu'à ce qu'elle sente enfin remuer la pierre de quelques centimètres. C'était une petite victoire mais l'absence de souffrance supplémentaire dans les senteurs émotionnelles du blessé la soulagea. Elle eut un regard plus doux pour ce dernier avant de revenir à sa tâche et de barricader à nouveau son armure émotionnelle pour se concentrer.

- Reste conscient. C'est tout ce que je te demande.

Et redoubla d'efforts.



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Dinjelaï Al'Ysiria
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MessagePosté le: Mar 14 Aoû 2012 - 18:19 Répondre en citantRevenir en haut


Ruperth Tumb, Maître Brun, chef d'escouade.



Alors que le Brun Shyw ralentissait les battements de ses ailes pour s'approcher en douceur des deux dragons et du bipède, le géant noir qui se trouvait sur son dos fronça les sourcils. Le vieux au visage couturé de cicatrices et aux cheveux pâlots n'avait pas l'air de prendre sa menace au sérieux... Et de plus, il ne semblait pas inquiet par la perspective d'un combat. Depuis le dos de son lié, Ruperth estima pourtant qu'il le dépassait de presque deux têtes... Il fit une petite moue et failli bien lui répondre du tac au tac qu'il ne se prêterait pas à une destruction de preuves aussi manifeste, lorsque la dragonne bleue s'adressa à lui d'un ton empressé, presque suppliant, il s'arrêta. Shyw était proche du sol, et Ruperth sauta d'un bond souple sur un rocher qui paraissait stable.
En quelques pas, il fut auprès du bipède. A sa tête, il n'était pas difficile de voir qu'il était ardent... Le géant à la peau sombre le jaugea du regard avec sa petite moue dubitative, puis hocha la tête. Ce n'était pas si illogique, un coup de grisou dans une mine, et puis la Bleue avait vraiment l'air céleste pour le coup...

Admettons. Il serait dommage de casser une impulsion de solidarité... Je suis Ruperth Tumb, du Màr Luimë. Voici Shyw, mon lié.

Inutile de recaser tout son CV, sa mission était top secrète et n'avait finalement pas de rapport avec ce qui semblait se passer ici... Le géant s'approcha de l'éboulis et haussa les sourcils.

Il est vraiment coincé là-dessous? Mais en quel état? Le temps qu'on dégage tout cela, est-ce qu'il en restera quelque chose quoi?

Il posa ses deux énormes paluches sur un rocher, non loin de l'endroit où se trouvait l'ardent et soupesa la pierre. Ses biceps se gonflèrent sous l'effort, il souffla puis déplaça le roc en tournant les épaules.

Ouuuf!

En ravisant la montagne qui leur faisait toujours face, Ruperth soupira, fit un petit sourire de connivence à l'ardent, puis s'octroya quelques secondes pour enlever le tsalion qui lui barrait toujours le dos, ainsi que sa chemise qui déjà s'auréolait de transpiration sous la chaleur sèche de la mine. Il choisit une autre pierre et travailla à côté de son nouveau collègue...
Pendant ce temps Shyw tenait à réparer l'impair commis auprès de la jolie Vraël...

** Comment se porte le Doué là-dessous, est-il sévèrement blessé? Pouvons-nous lui être d'une quelconque utilité en restant au dehors, nous dragons? **

Une chose était sûre, Shyw ne serait d'aucune utilité sous forme bipède... Plutôt petit, un peu bedonnant, il était loin d'avoir la moitié de la force de Ruperth!
Luckor Mornelac
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MessagePosté le: Ven 17 Aoû 2012 - 12:47 Répondre en citantRevenir en haut

Luckor s’éveilla quelques secondes à peine après avoir perdu connaissance. Une force de source inconnue le soustrayait à un sommeil profond et éternel. Epuisé, il lutta d’abord pour y échapper, mais rien n’y fit et lorsqu’une voix masculine vint s’insinuer dans son esprit, le jeune homme manqua de céder à la panique : aujourd’hui, rien de ce qui pouvait lui arriver relevait du quotidien. D’instinct, et ce malgré la faiblesse de sa vue, il chercha l’homme qu’il n’avait donc vu entrer dans la grotte, pourtant persuadé jusqu’à présent que l’étrangère aux cheveux dorés était seule en ces lieux ; seule avec lui et quelques cadavres broyés sous le poids de rochers. Aussi grande soit sa volonté néanmoins, il ne put analyser de manière efficace son environnement, et trouver la source de son trouble. Rapidement, il supposa que tout ce qu’il avait entendu jusqu’à présent, tout sauf la voix ferme de la femme, n’était qu’une illusion créée par son imagination débordante. Ce qui l’empêchait d’accéder sagement au néant ne semblait pourtant pas venir de lui ou des effets que pouvaient lui causer ses blessures.

A ses côtés, la jeune femme s’agitait. Elle mettait toute son énergie dans ce sauvetage et aussi têtu soit Luckor, il ne pouvait qu’admirer son courage dans une situation où bien des hommes auraient préféré prendre la fuite. Le plafond menaçait encore de s’écrouler, les murs étaient instables et vibraient par vague, comme les jours de tremblements de terre. L’air, brûlant, irradiant, se faisait plus menaçant et portait l’odeur de gaz multiples, probablement contenus dans des poches depuis des millénaires. Le moindre effort se révélait être un défi : la peau blanche de la belle créature ruisselait de transpiration, la respiration de Luckor s’accélérait à mesure que le temps s’écoulait, plus courte, mais plus rapide également. Conscient désormais, il aperçut non sans mal les brûlures de ses bras et devina qu’il devait en être de même sur le reste de son corps. La douleur à son abdomen n’avait pas diminuée en intensité, comme si quelqu’un s’amusait à tout broyer à l’intérieur. Quant à sa jambe, et c’est à se demander si c’est un bon point, il ne sentait pas même ses orteils. Il ne devina le mouvement du rocher qui l’avait écrasé qu’au bruit qu’il émit. Centimètres par centimètres, il libérait peu à peu Luckor de son emprise. Et lorsqu’enfin l’étrangère acheva son effort, Luckor fut pris d’une irrésistible envie de quitter cet endroit, mais pas seul : il voulait enterrer son père dignement.

Luckor savait que ce désir était égoïste. Que jamais on ne pourra y répondre favorablement, non seulement parce que c’était un cadavre presque entièrement broyé, mais également parce qu’une tonne de rochers se trouvaient sur le corps, empêchant même à un être doué d’une force surhumaine de l’extraire en une journée. Il faudrait plusieurs jours. Voire plusieurs semaines. Pourtant, il le voulait. Il le voulait au point de tenter lui-même l’expérience. Avant même que la femme ait eu le temps de reprendre son souffle, il se traîna par terre, avec beaucoup de difficultés, pour enfin atteindre son géniteur. Là, allongé au sol, il saisit sa main et le tira avec la force d’une petite fille. Rapidement, des larmes inondèrent ses joues et il fit preuve d’un acharnement maladif. Il tira sans cesser son effort, croyant aux miracles et espérant silencieusement que sa foi en la déesse Villicy pouvait lui être d’un éventuel secours. Mais le corps ne bougea pas d’un millimètre. Au bord de la crise de nerfs, il ne cessa pas ses efforts, conscient de mettre en danger le peu d’énergie qu’il lui restait.

- Père…

Il avala difficilement sa salive. Il parlait faiblement, comme si quelqu’un exerçait une pression sur sa gorge.

- Mère a besoin de toi pour la naissance de mon petit frère ou de ma petite sœur…

Il serra la main dans la sienne, tirant plus encore.

- Qu’est-ce qu’elle va faire sans toi, hein ? Et puis moi alors ? Tu n'as pas le droit de m'abandonner ! Quand j’étais petit, tu m’avais promis de m’aider à m’élever ! Tu m’avais promis, espèce de menteur ! Tu sais, je ne t’en veux pas de ne pas avoir voulu m’apprendre l’art de l’épée ! Alors tu n’es pas obligé de partir ! Hein ? Je n’ai pas oublié tu sais…je n’ai pas oublié ce que tu m’as dit hier, lorsque je t’ai reproché de ne penser qu’à ta mine et tes livres, et non pas à mes rêves de duels à l’épée pour protéger le village. Ecoute hein ? Ecoute, j’ai retenu tes mots : « L’esprit a autant besoin de livres qu’une épée d’une pierre à aiguiser pour conserver son tranchant ». Alors ne me laisse pas ! Il faut que tu m’apprennes à lire un peu mieux, comme tu voulais le faire ! Père !

Et là, il s’accrocha à son bras comme un enfant s’accroche aux jupons de sa mère. Il lui avait promis. Alors il devait tenir sa promesse. Troublé, ses pensées s’agitèrent plus encore qu’au début du drame. L’espoir qu’un mort revienne à la vie n’était que l’illustration de sa folie et de son désespoir. L'eau de ses larmes fut remplacée par un sang aussi rouge que la lave des volcans.
Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Lun 20 Aoû 2012 - 20:55 Répondre en citantRevenir en haut

Le Dragon de Persée osait se présenter dans l’intégralité de son identité ? N’était pas devenue folle ? En même temps, les dragons neutres étaient moins agressifs envers leur frère céleste. Et surtout… Il n’était pas difficile de découvrir le nom d’un lié quand des signes précis répondaient à des descriptions connues. L’Empereur Noir n’avait pas besoin de parler de lui-même. Un dragon arborant un anneau d’or sur la pointe de sa queue, ayant la couleur des Pics de Cendres…

Il ne quitta pas l’approche du nouveau venu. Le bipède dépassait largement en taille et en poids son ténébreux lié, mais il ne se faisait guère de soucis à ce sujet là. Même avec une carrure plus imposante que celle d’Alauwyr, cet inconnu… Ah non pardon, il venait de se présenter. Ruperth Tumb donc, pouvait n’être qu’un simple combattant. Aux yeux du dragon noir, les Neutres n’étaient pas de véritables combattants. Mais malgré ses réticences de toute à l’heure, il prit l’exempel de Vrael.

°Je suis Estenir, lié à Alauwyr Iskuvar. Et oui, le jeune bipède est bien coincée en dessous, sinon, nous ne serons pas là à balayer les rochers pour le dégager…°

Le lié du Seigneur avait pris les devants par rapports aux pensées qui s’étaient soudainement tendus dans l’esprit d’Alauwyr ? En effet, voyant que le Neutre ne faisait que discuter et poser des questions stupides, il avait été à la limite de lui dire sa façon de penser quand à sa manie de palabrer et de point agir ! Estenir apaisait donc à temps ces tensions et approuva la montée du Neutre pour donner un coup de main au vieux mercenaire. A deux, ce sera plus facile. Quand enfin Ruperth se mit en action, Alauwyr lui rendit son regard acceptant sa présence et son secours quand au dégagement du prisonnier des rocs. La mine ne voulait pas rendre sa proie aussi facilement. Au moins, il put voir que le Neutre était plus fort que d’apparence. A prendre en considération si un affrontement naissait plus loin….

Toujours avec sa lame qui arrivait à supporter les efforts exigeants que l’Ardent lui imposait, Alauwyr se mit à travailler de concert avec Ruperth, pour repousser les rochers les moins dangereux pour l’agrandissement de l’entrée de l’éboulis. Il fallait espérer qu’une chose : que le Doué soit disons... assez intact.

Estenir dans son coin restait toujours concentré à rediriger son Don vers Luckor. La moindre dérive pourrait être catastrophique pour le jeune homme, surtout qu’il percevait en même temps sa détresse physique. Comment les bipèdes pouvaient être aussi…. Il poussa un grondement et s’intéressa à ses deux congénères, s’insinuant directement dans la conversation.

°Avec notre ouie, nous pourrions guetter tout bruit anormal en provenance de la mine et de cette faille. Il y a des sons avant coureur que nos liés ne peuvent pas capter. Si nous joignons nos forces à celles de nos liés pour dégager l’éboulis, je crains que nos poids fragilisent l’équilibre précaire de ces rocs.°

Il poussa à nouveau un grondement sourd. Luckor commençait à délirer ; trop à son goût. L’énergie qu’il lui offrait se gageait en de vains efforts. Il se retint de le rabrouer. Entrer dans son esprit maintenant pourrait provoquer un début de panique incontrôlable.

°Céleste, je sais que tu as perçu ma force dispensée dans ce bipède. Je ne peux pas m’insinuer dans son esprit au risque de provoquer l' irréparable. Il faut qu’il se calme ou tous nos efforts s’avéreront vains.°



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Mar 4 Sep 2012 - 11:16 Répondre en citantRevenir en haut

Souffre, suie, obscurité de poix. Peine et douleur. Les senteurs émotionnelles tourmentées du blessé se mêlaient aux fragrances sèches et dures de la mine effondrée. Des ombres dansaient sur les murs comme pour narguer le mince rai de lumière filtré par le toit désarticulé. Persée parvint enfin à déséquilibrer la roche qui bloquait la jambe gauche du jeune homme et celui-ci rampa vers un corps sanguinolent et poussiéreux. A l’entendre et faisant confiance à son instinct, elle sut que c’était son père. Elle détourna son regard, pour lui laisser quelques secondes d’intimité avec le mort. Ses yeux rougis par la poussière la piquaient. Une autre source de tourments se déployait au-dessus de leurs têtes. Il y avait du grabuge là-haut.

Vraël refusait de baisser la tête devant l’Empereur Noir, il avait beau être à la fois son aîné et avoir une place de choix dans une hiérarchie cousine de la sienne, la Bleue n’approuvait pas sa présence. Mais elle faire devrait avec. Et Estenir se passerait fort bien de son humilité, non ? Le Brun Englouti lui était plus sympathique bien que balourd d’attitude. Les miasmes de la réflexion pour répondre à la question : « comment sortir le blessé sans le tuer ? » lui paraissaient trop complexes. Tout aurait été si simple si le blessé en question avait été inconscient et si personne d’autre que Persée n’était venu réclamer la participation à son sauvetage. Elle laissa les deux hommes ferrailler verbalement entre eux et tourna son long cou vers Shyw. Ses yeux rouges pâlirent alors que sa tension s’apaisait légèrement.

° Je n’ose plus approcher son esprit, il est trop instable. Il risquerait de devenir fou et de faire des bêtises. Ma Liée est en bas, elle essaye de l’aider mais la douleur brouille ses pensées au point de le faire délirer. °

Vraël se révélait d’un piètre secours et elle en venait presque à envier les lézards de feu pour leur maigreur et leur petitesse. Ainsi, elle aurait pu se faufiler dans la brèche, secourir l’Humain et ils auraient décampés à la force de ses ailes. L’admettre, pourtant, aurait été une honte pour une dragonne. Elle n’avait rien à reprocher à son apparence, c’était là volonté de Flarmya – et de la génétique pure et simple.

Elle ravala néanmoins sa fierté pour acquiescer à la proposition d’Estenir. Elle qui avait vécue cachée dans les Pics de Cendres durant six longs mois, à guetter la peur au ventre les autres dragons, elle savait de quoi il en retournait. Et elle sentait sa Liée s’impatienter en dessous.

Persée suivait les deux conversations simultanées avec détachement mais le monologue désespéré du mineur la fit frémir. La douleur allait le rendre fou s’ils ne le sortaient pas d’ici bientôt ! Quand le Lié de Sire Iskuvar pénétra son esprit, quoiqu’avec douceur et avec un contact superficiel, elle retint difficilement un mouvement de dégoût. Elle ne se rétracta pas. Passant outre cette impression d’être souillée – elle pouvait tout sentir de ce dragon sage et cruel, tout comme elle se méfiait de tout ce qui pourrait venir d’Alauwyr -, elle l’écouta posément. Et grinça des dents. A nouveau, elle retint un mouvement d’humeur. Sa réponse fut brève et sèche.

° Je sais ce que j’ai à faire. °


Elle s’approcha à tâtons de Luckor et de feu son père, d’abord hésitante. L’hybride savait ce qu’il en était, de la souffrance à voir mourir un parent.

- Petit, écoute-moi, fit-elle de sa voix la plus douce mais ferme. Tu ne peux plus rien pour lui pour l’instant. Le plus important est de te sauver, toi. Tu dois rester en vie. Pour lui. Pour tous ceux que tu aimes.

Ses efforts pour maintenir ouvert son amure émotionnelle entrouverte et diffuser de la sérénité lui coûtaient. Elle était loin d’être en forme après avoir ressenti la mort de toutes ces personnes. Sans compter qu’elle était loin d’éprouver une telle paix en de telles circonstances ! Cependant, Garaldhorf elle était et le sang-froid de sa légendaire famille resterait toujours ancré dans son sang. Bien que téméraire, Persée demeurait lucide, quoiqu’en disent les apparences. L’Ancalikon posa une main sur l’épaule du jeune Humain.

- Je reviendrais le chercher, je te le promets.



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Luckor Mornelac
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2012 - 13:38 Répondre en citantRevenir en haut

Luckor Mornelac porta son regard sur l’étrangère. Par Villicy, qu’elle était belle ! Il ferma les yeux. A quoi servait-il d’avoir les yeux grands ouverts sur un monde qui n’était plus le sien ? Il ne voulait plus voir Undomë qu’il avait tant aimé. Il ferma les yeux pour pleurer dans le noir. Il pleura de ne plus rien voir. Il pleura sur son impuissance. Il se sentait réduit à si peu…Alors il pleura comme pleurent les infortunés. Il avait fermé les yeux pour effacer son village et toutes ces années. Mais cela était impossible. Le passé l’assommait. Ses paupières étaient lourdes et brûlantes de souvenirs. Il était trop tard pour fuir car déjà temps pour les regrets. On ne pouvait jamais revenir en arrière. C’était une réflexion banale dans l’esprit d’un jeune homme mais cruelle au fond. Une de ces phrases toutes faites qui pouvait faire pleurer le plus fier guerrier…Pour soulager leur existence, les Hommes avaient inventé quantité incroyable de formules bécasses et frustrantes. « Il faut aller de l’avant pour être heureux », par exemple. Quand avait-il entendu cette phrase pour la première fois ? Il avait toujours refusé de se rendre à ce genre d’évidences, qui pour lui, compliquaient tout. Comment pouvait-on accepter cela ? Ce qui n’était pas maîtrisé était insupportable. Cette journée l’était absolument.

Il serra le bras de son père contre lui, comme s’il refusait de s’en détacher. Ses cheveux ébouriffés et décoiffés étaient bien plus longs que les siens. Son front était quelque peu couvert de terre, sûrement due à sa chute. Une large barbe encadrait sa bouche, blonde comme la paille des chevaux. Il était nettement plus âgé que Luckor Mornelac. Habillé d’une tenue sombre et de longues bottes de voyage. Une cape était froissée sous son corps, à son flanc, un fourreau vide démontrait qu’il venait toujours à la mine avec quelques précautions : mais Luckor ne l’avait jamais vu user de son arme. Une vieille hache plus grande même que les immenses pioches des quelques mineurs d’Undomë. Luckor se retourna lentement et regarda autour de lui : impossible de retrouver l’arme dans une telle pénombre. Ses yeux brûlés ne lui facilitaient guère la tâche et sa fatigue se faisait de plus en plus sentir, maintenant qu’il était parvenu à calmer son esprit.

A nouveau, une partie du plafond s’écroula. Les murs étaient instables, le lieu dangereux. Fort heureusement, aucune nouvelle victime ne fut à déplorer.

Dans l’instant qui suivit cet effrayant évènement, Luckor sentit la température de son corps chuter brutalement et, tremblant de froid, il s’écroula sur le sol humide, lâche le cadavre de son père. Repliant sa jambe valide et ses bras sur lui-même, il se cramponna au sol, luttant désespérément contre l’impression de chute libre qui l’entraînait dans un gouffre sans fond. Les parois de la grotte tournaient autour de lui à une vitesse vertigineuse. Hurlant comme un fou, Luckor serra sa tête entre ses mains, pressant de toutes ses forces sur ses tempes. Ses cris se répercutaient contre les murs, s’amplifiant et se mêlant aux échos qui les lui renvoyaient. Un instant plus tard, il gisait sur le sol, tremblant de fièvre. Il donnerait n’importe quoi pour qu’on le soulage de ses blessures. N’importe quoi. Il lança à Persée Garaldhorf un regard lourd de supplications. Un instant, il crut percevoir un brin de sérénité. Allons donc ! Recommençait-il à perdre la tête ? Il se mit à sourire : après tout, c’était peut-être le mieux à faire, dans une situation comme celle-ci.

- Vous portez le blond des femmes de mon peuple, Dame.

Il reprit son souffle. Chaque mot prononcé lui coûtait de l’énergie.

- Je ne vous vois…je ne vois pas bien dans l’obscurité de la mine, mais je suis sûr que…vous avez des traits délicats, une taille mince… et légère, une force étonnante.

Cette fois-ci, il fut pris d’une violence quinte de toux. Du sang s’échappa de sa bouche, en forte quantité.

- Mais vous n’êtes pas une princesse. Les princesses ne… défient pas les mines… pour venir au secours du parfait inconnu. Les princesses ne savent rien de la perte d’un être cher. Les princesses vivent dans leur château…et ne sont pas couvertes de suie…dit-il en essayant d’un revers de la main la joue de l’étrangère. Qui êtes-vous ?

Pour la première depuis le début de l’incident, Luckor Mornelac retrouvait sa douceur naturelle. Il s’était enfin fait une raison. Ou bien peut-être était-ce la fatigue, qui l’amenait à oublier ses tourments. Certes blessé, il n’en était pas moins intelligent : jamais une femme de la corpulence de cette jeune dame, aussi forte soit-elle, ne pourra déplacer les rochers qui ensevelissaient partiellement le corps de son père. Il finit par se dire que finalement, comme lieu de repos, il n’y avait guère mieux : il était né pour les mines, avait vécu pour les mines et mourait, désormais, pour les mines. Iros n’avait sûrement jamais songé à la mort, pour oublier de dire à ses enfants de quelle manière il aurait voulu qu’on le guide vers les dieux. « La mort, ça n’existe pas », disait-il souvent. Luckor n’avait jamais compris la signification de ces mots.

Tandis que son sang s’écoulait sur le sol noirci par les cendres, deux hommes s’affairaient, à l’entrée. Un faible rayon de lumière tomba sur ses yeux. Lui qui n’avait pas vu la lumière depuis plusieurs heures, plissa les yeux de douleur. Deux ombres, lointaines, lui parvinrent. Il parvenait à peine à les distinguer. Ses yeux brûlaient. Etait-ce l’un d’eux, qu’il avait entendu tout à l’heure, si distinctement qu’il aurait cru qu’il se trouvait à ses côtés ? Impossible ! L’un d’eux avait la carrure des hommes de son peuple : un habitant aurait-il signalé le drame à des voyageurs de passage ?


Je me suis permise de répondre en essayant de donner un peu de matière aux deux zigotos (MOUHAHA) à l'entrée ! Mais pas facile !
Dinjelaï Al'Ysiria
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MessagePosté le: Lun 17 Sep 2012 - 22:20 Répondre en citantRevenir en haut


Ruperth Tumb, Maître Brun, chef d'escouade.



Ruperth essuya d'un revers de main poussiéreux la sueur qui lui coulait sur le front, ajoutant une traînée sale sur sa peau sombre. La chaleur régnait sans partage sur la scène désolée de la mine effondrée. Des flammèches finissaient de dévorer les quelques abris de mineurs, ne pouvant s'étendre faute de combustibles à proximité des cabanons. Le soleil tapait fort en ce milieu d'après midi, sur les roches nues. Pourtant habitué à la chaleur du désert, le géant englouti avait peine à travailler. Pas un souffle de vent ne venait adoucir leur travail au fond de la cuvette minérale. Il faudrait le supporter, et sans se plaindre! D'autant plus que l'homme au visage couturé de cicatrice, le Seigneur du Màr Ardent en personne, serrait les dents absorbé par sa tâche...
L'entrée en matière de ce dernier avait été à deux doigts de déclencher une nouvelle bagarre, mais le Neutre n'avait pas un caractère emporté, et dans l'intérêt du Doué coincé là-dessous, il avait commencé le déblayage sans tarder et sans plus discuter.

Poser les mains sur une roche, la soupeser en douceur pour évaluer son rôle dans le maintien de la structure, la dégager complètement, puis la soulever et la pousser au loin. Recommencer, encore. Prudemment, sans à-coup. La Bleue Vraël mis longtemps à se trouver une place vraiment utile dans l'équipe, mais Ruperth ne pouvait lui en vouloir, des éclats de voix lui parvenaient par moment, témoignant de l'instabilité psychologique de l'homme coincé là-dessous, avec la Céleste. Shyw lui-même observait en retrait, sans rien dire, se contentant de pousser les plus grosses roches un peu plus loin pour laisser de la place autour de la brèche.

Attention!

Malgré lui, Ruperth n'avait pas pu s'empêcher de crier! Une petite partie du tas de roche venait de s'effondrer avec fracas, aspiré à l'intérieur. Aussitôt que le nuage de poussière soit redescendu, le géant noir se jeta à plat ventre pour crier dans la brèche élargie par l'éboulement:

Hé là-dessous?! Y'a pas trop de mal?

La tête ainsi plongée dans la caverne obscure, après le soleil brûlant de l'extérieur, Ruperth ne distinguait absolument rien, mais entendit une voix masculine, ce qui, en soi, était rassurant.
Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Dim 23 Sep 2012 - 14:56 Répondre en citantRevenir en haut

Sous le cri d'alerte du céleste, Alauwyr s'était instinctivement raccroché à un rocher plus stable, reculant même ses points d'appui quand le sol s'effondra un peu devant eux. Mais ce ne fut qu'un léger effondrement, qui heureusement, ne combla pas l'entrée dégagée. Heureusement pour Persée surtout et le jeune homme coincé là-dessus.

Essuyant un peu la poussière qui s'était collé à la peau de son visage, Alauwyr regarda sans sourciller le Neutre qui se mit à plat ventre pour crier en bas des interrogations. Oui, c'était une bonne chose de savoir s'ils n'avaient rien en bas et surtout de savoir si l'entrée éboulée de la mine était assez dégagée pour permettre la remontée du blessé.

°On dirait que cela semble encore un peu étroit. Comment c'est là en bas ? °

Alauwyr se rapprocha de quelques pas, sondant la profondeur visible, pendant que le céleste attendait une réponse des occupants d'en bas.

°On dirait que cela tient, mais je ne crois pas que ce serait une bonne idée de s'y aventurer à plusieurs. Est-ce que tu entends quelque chose d'inquiétant ?
°Non, on dirait que tout se maintient pour le moment. Mais ce ne sera pas une bonne idée qu'un dragon se glisse là-dedans°
°Estenir... Pourquoi je sens que tu fais des efforts spécifiques ? °
°Hum ? °
°Ne le nie pas....°
°Un bipède qui possède le Don peut être un potentiel chevalier-dragon, qui sauvera donc un des nôtres à son Eclosion.°
°Même s'il y a des risques qu'il aille dans un autre Kaerl ?°
°Oui je le sais°
°Tu sais ce que j'en pense sur l'instant mon cher...°
°Oui et je le savais. C'est pour cela que je t'en ai pas informé. Ensuite, nous ne sommes pas des assassins. Je ne voyais pas la raison de le laisser mourir de ses blessures°
°Nous avons déjà tué mon ami. Nous avons déjà tué. °
°Oui mais jamais un futur aspirant, même s'il risque de se retrouver dans des dissensions pour qu'il soit formé. Un Ardent, une céleste et un neutre.... °


Alauwyr se contenta de grogner et de retirer de l'entrée en la poussant une pierre qui pourrait se révéler dangereuse si elle venait à rouler suite à une secousse. Son dragon n'avait pas tort, mais rien n'était fini. Il continua de sentir à travers le lien de son dragon l'énergie qu'il déployait pour aider le blessé coincé à rester en vie...



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Lun 24 Sep 2012 - 11:50 Répondre en citantRevenir en haut

Persée supportait en silence le poids des émotions ambiantes. Son armure émotionnelle mise à mal peinait à se refermer entièrement, sachant qu’elle devait penser à quantité d’autres détails aussi importants. A commencer par la santé mentale du futur Aspirant. Voilà qu’il délirait à propos de princesses, de son père et d’elle ne savait quoi d’autre, ne l’écoutant qu’à moitié mais suivant des yeux dans la pénombre le moindre de ses gestes pour l’empêcher de faire une bêtise. Qu’il avait la langue bien pendue, cet énergumène-là ! A travers ses paroles sans queue ni tête perçait la lucidité naturelle, il en résultait alors une impression désagréable de s’être fait berner. Telle une novice, Persée n’avait pas bien appris sa leçon et se retrouvait face à un gamin – quoiqu’il ait probablement son âge -, incapable de lui apporter les premiers secours. Et surtout, surtout, incapable de le faire taire !

- Cesse de parler et économise ta salive.

Les éboulis provoqués par ses comparses improvisés en haut lui avaient déjà apporté quelques frayeurs quant à leur sort. Mourir dans le noir et les gravats, c’eut été une tragédie – et un gâchis. Ce serait trop bête ! Mourir ici, plus encore mourir jeune et dans de telles circonstances alors qu’on avait besoin de l’Ancalikon du Màr Menel, ne faisait pas parti de son programme.

° Qu’est-ce qui se passe là-haut ? Ils veulent nous tuer ou quoi ?!
L’Englouti et Sire Iskuvar font ce qu’ils peuvent pour dégager la brèche. Shyw et Estenir les aident pour les plus grosses roches. Je crois que le Noir envoie de sa force au blessé…
Et toi, que fais-tu ?
Je ne peux approcher l’esprit du porteur du Don sans lui faire du mal. Et je serais de trop sur la brèche alors je surveille les sons provenant de la pierre en cas d’éboulement. °


Bref, ça n’avançait pas vite, cette histoire. Le jeune Humain toussait, expulsant de ses poumons sang et poussière, l’inquiétant au plus haut point. Si Estenir lui permettait de partager son énergie, elle pouvait bien envisager une solution plus drastique pour calmer les nerfs de tout le monde, non ? Cela lui faciliterait grandement la tâche. Elle serra les dents et arma son poing.

- Désolée, prévint-elle dans un murmure.
° Mais c’est pour ton bien °, ajouta-t-elle pour elle-même.

Son poing ganté jaillit de l’obscurité et s’abattit, vif et précis, sur la tempe de l’estropié. Celui-ci retomba mollement sur le sol. Elle écouta un court instant sa respiration dans le nouveau silence créé dans la cavité. Il respirait faiblement mais régulièrement. Elle en fut rassurée et serra son esprit tout contre celui de Vraël.

° Préviens les autres que le porteur du Don est inconscient mais vivant. Que l’un d’eux descende me rejoindre dès qu’il le pourra pour le remonter. °

La Bleue acquiesça et fit passer le message au Brun et à l’Empereur.



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