Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [RP] Une ombre sous la lumière Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Asshai Anara
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 8 Juil 2012 - 22:13 Répondre en citantRevenir en haut

Fin de l'Hiver 918, Haskèlku, jour 1
       
 
Alors qu’elle arpentait les couloirs du Màr Tàralöm une multitude de questions se pressaient dans la tête d’Asshai. Le lieu où l’avait conduit Anaviel ne correspondait décidément pas à ce à quoi elle s’était attendue. Il lui avait décrit un repaire de brigands et de coupe jarrets, et l’avait amené dans une véritable forteresse cuivrée, incrustée à même le roque, véritable prouesse architecturale, et accessoirement véritable dédale où il semblait aisé de s’égarer.
Elle avait sentit son cœur se soulever de soulagement à la vision de ces lieux, alors qu’elle s’était imaginée déjà prisonnière d’un lieu crasseux et malfamé. Pourtant ce soulagement n’avait duré qu’un temps. Elle pensait qu’après son arrivé Anaviel lui aurait laissé le temps de se décrasser, de manger et de dormir. Certes elle avait put récupérer un minimum la veille grâce aux bons soins de l’elfe, mais il lui en aurait fallut un peu plus pour effacer les traces du naufrage qu’elle avait subit. Mais illusions que cela, son maitre semblait décidément vouloir la mettre à l’épreuve, et c’est après lui avoir brièvement rappelé quelques points qu’il avait évoqué pendant le voyage qu’il la conduisit devant ce portail : deux effroyables dragons de pierre s’affrontant dans le silence le plus total. Elle devait faire sans plus attendre allégeance au maitre des lieux, Alauwyr Iskuvar, maitre du Kaerl. Il siégeait à cette étage, « Tu le trouveras facilement » lui avait il dit.

C’est donc ainsi que la jeune Anara se retrouva, profondément éreintée, en loques, les cheveux emmêlés, des cernes profondes marquant ses yeux et accentuées par les dernières traces de son maquillage, à déambuler à travers les couloirs du Mahalma. Le jour décliné petit à petit à l’extérieur, des torches et des lampes étaient allumées un peu partout à intervalle régulier, projetant les ombres inquiétantes des piliers et des statues sur le sol. Les lieux étaient étrangement déserts, elle ne croisa que deux ou trois personnes, silencieuses, et qui ne lui accordèrent pas même un regard.

Cette situation aurait put contribuer à la mettre mal à l’aise et pourtant elle lui était étrangement familière. Un décor impressionnant, une architecture riche, démesurée, cette impression de passer tout à fait inaperçue… Oui elle se sentit revenir quelques mois en arrière alors qu’elle arpentait les couloirs du palais d’Arsuh en tant que simple camériste. A la différence prés qu’aujourd’hui, la curiosité l’emportant, elle posait ses yeux sur tout ce qui l’entourait, y ajoutant une mine ébahie bien loin de son masque habituel. Et quoi ? Quelle importance ? Il n’y avait personne pour la voir pour le moment. Pendant un instant son esprit redevint celui de la petite jeune fille qu’elle était jadis, assoiffée de connaissances, curieuse…

Ces lieux doivent renfermer des savoirs indénombrables et une histoire passionnante. Ces runes, ces symboles, ces bas reliefs, tant à décrypter …

Elle fut soudainement arrachée à ses pensées quand elle perçut un léger bourdonnement, tout juste audible, une discussion peut être… Non un discours plutôt. Elle prit soin de regarder plus avant, et ne vit au loin qu’une lumière tout juste plus brillante et… Une assemblée peut-être ? A moins que ce ne soit d’autres statues ? Peut être était ce cela qu’elle devait trouver ?
Elle hâta donc le pas en conséquence, et prit soin de reprendre une attitude convenable, effaçant cet air fasciné de son visage, reprenant sa posture droite et fier, regard figé et sourire impénétrable.
Lorsqu’au bout de quelques minutes elle déboucha enfin sur l’imposante salle, elle dut se faire violence pour ne pas poser son regard de tout coté : inutile de paraitre impressionnable.
Un garde l’arrêta l’empoignant non sans une certaine brutalité. Elle darda sur lui ses prunelles pâles et chuchota d’un ton mauvais :

« Mon maitre m’a fait venir ici, je dois me présenter au seigneur Iskuvar »

Il l’examina de haut en bas, et ne lui donna pour seule réponse qu’un regard dubitatif.

« Je suis Asshai Anara l’aspirante du maitre brun Anaviel Indalwë, et je vous prierai de bien me laisser pénétrer en ces lieux afin d’accomplir mon devoir. »

Nouveau regard où cette fois ci semblait pointer un soupçon d’étonnement. Il jeta un coup d’œil derrière l’épaule de la jeune femme. Le couloir était désert. Il ramena son attention sur elle avant de la lâcher, puis sans mot dire, s’écarta et lui indiqua sa place par un signe du menton.
Il y avait une petite dizaine de personnes présentes, qui attendaient en rangs parfaitement ordonnés. Un autre se trouvait un peu plus loin, à l’écart, plaidant sa cause agenouillé devant un trône ou siégeait un homme d’âge mûr

Seigneur Iskuvar sans doute… Je ne l’imaginais pas comme ça…

Le peu de seigneurs qu’elle avait vu dans sa courte vie ressemblaient d’avantage à des dindons bariolés de couleurs criardes qu’à des guerriers. Celui-ci semblait beaucoup plus entretenu, musculeux. Il avait l’air d’un vieux loup de mer, et à priori ne semblait pas spécialement porté sur l’humour. En voilà un avec qui il vaudrait mieux jouer profil bas pour le moment. Pour la première fois depuis son arrivé, elle se sentit particulièrement honteuse de sa tenue. Comment diable pourrait elle se montrer bien ordonnée et disciplinée alors mêmes qu’elle était attifée comme la dernière des pauvresses ? Enfin peu importe, cela ne rimait à rien de s’apitoyer sur son propre sort, la situation était ce qu’elle était et il fallait s’en accommoder. Pendant un instant l’envie de revenir sur ses pas lui traversa l’esprit, mais c’était stupide, elle ne s’attirerait que les foudres de son maitre.

Ce n’est qu’une différence de forme. se sermonna-t-elle

Oui des seigneurs, elle en avait connu, tout cela n’était que formules creuses. Elle se mit donc à répéter mentalement son discours, pendant les longues minutes précédent son passage. Lorsqu’enfin son tour vint, elle était seule.
Elle prit soin de joindre les mains sur son ventre comme à son habitude, de garder la tête droite tout en baissant le regard, fixant le sol avec insistance. Parvenue devant le trône elle s’inclina en une parfaite révérence –si elle ressemblait à une paysanne au moins n’en avait elle pas les manières- avant de prendre la parole, prononçant ces mots de sa voix grave et forte.

« Asshai, de la famille Anara, se présente au seigneur Alauwyr Iskuvar, en tant qu’aspirante, disciple du maitre brun Anaviel Indalwë et de son Lié Zaknafein. Je m’agenouille devant vous ce jour d’hui, pour prêter allégeance en tant que serviteur fidèle du Màr Tàralöm, du Kaerl Ardent et de l’ordre draconique d’ombre. Puissiez-vous trouver en ces mots la preuve de mon indéfectible dévotion à votre seigneurie et à son Kaerl. »
Publicité





MessagePosté le: Dim 8 Juil 2012 - 22:13 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 529
Présentation: URL
RPs: 1 113
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Jeu 12 Juil 2012 - 16:55 Répondre en citantRevenir en haut

Oui, il y en avait bein du monde aujourd’hui dans la salle du Trône. Alauwyr recevait aujourd’hui quelques nouveaux aspirants fraîchement arrivés, mais aussi des personnes du Kaerl qui venaient tenter une approche auprès du Seigneur pour faire part de leurs doléances. On le savait direct, sans vraiment passer par le Concile quand il était question d’affaires courante. Après tout, pourquoi encombrer les Sangs avec des décisions à prendre sur le champ ? Certes, cela occupait pas mal le Seigneur, car son Second était sur d’autres tâches.
Mais il ne fallait pas croire que le Seigneur passait tout son temps à faire de l’écoute de plaintes ou de recommandations. Il avait des prérogatives à suivre et il s’y tenait. Fallait mieux d’ailleurs, autant pour ne pas perdre certaines habitudes martiales ; oui car il était avait tout un guerrier, que pour éviter de faire subir sa mauvaise humeur à ses loyaux sujets

Et là, il suffit de quelques mots pour accepter ou non les propositions des gens venus le voir. Ce fut une chance pour Asshai, car il ne fallut guère de temps pour se retrouver face au Seigneur Ardent. Là, elle s’inclina aussi dignement qu’elle pouvait, tout en se présentant. Voila donc l’aspirante d’Anaviel…. Un sourire s’étira sur son visage balafré. Sans mot dire, il se leva et descendit les quelques marches du trône, les bras dans son dos. Un regard froid et sérieux ne quittait pas une seule seconde la jeune femme.

°Si j’avais été à sa place, j’aurai peur°
°Sauf que tu es un dragon, mon cher ami et tu ne crains pas. °
°Une chance pour toi surtout…. Ne la brusque pas trop, même si elle est dans les mains de ton adversaire. Elle reste une toute jeune aspirante. °


Estenir ne se souciait guère des aspirants des autres maîtres en temps normal. Elle devait lui plaire.

’’J’accepte ton serment d’allégeance, Asshai Anara. Puisses-tu servir notre Màr avec toute cette dévotion que tu viens de m’offrir, jusqu’à ton dernier soupir, quoi qu’il puise arriver dans les années qui seront tiennes en tant qu’aspirante, chevalière et par la grâce de Flarmya, Maîtresse-Dragon. Manque à ton devoir et il te faudra en payer le prix. ‘’

Alauwyr avait été bref, rapide mais précis. Les devoirs d’un Ardent n’avaient pas besoin d’un long discours. Il affichait après cela toujours un sourire provocateur.

’’Ainsi tu es sous les ailes d’Anaviel… j’espère que ton début de formation n’a pas pris de mauvais départ. Ce serait dommage de cravacher pour rattraper ton retard sur les autres aspirants. Mais je n’ai point de crainte à avoir, autant pour toi que pour ton maître. ‘’

Il faisait face à la jeune aspirante. D’un geste, il lui permit de se relever.

‘’Parle moi un peu de toi. J’aime bien entendre l’histoire des aspirants qui passent devant moi. ‘’



Asshai Anara
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Jeu 12 Juil 2012 - 20:05 Répondre en citantRevenir en haut

Ce n’est qu’une différence de forme… Une différence de forme…
 
Lorsque les mots d’Iskuvar arrivèrent à ses oreilles, Asshai sentit un vague sentiment de confiance l’envahir : Elle était en terrain connu. Alauwyr avait beau posséder une stature imposante, un visage qui pouvait paraitre effrayant, une voix puissante, et une multitude d’autres attributs susceptibles de la mettre mal à l’aise, il y avait dans ses mots, le même vide que celui qui habitait ceux des hauts seigneurs qu’elle-même avait put côtoyer. En fait il ne s’agissait que d’un Haldir Malorne ou d’un Anadrad Telm en armure, rien de plus. Au contraire il paraissait même étonnement sympathique ! Chose incongrue dans un cadre aussi solennel que celui là. Il semblait presque porter à son statut de jeune aspirante une importance toute particulière.
 
Si ils ont besoin de moi ici pour garder l’un de le leurs dragons en vie, rien de plus normal après tout.
 
Bref, la situation était plaisante ! C’est donc avec une angoisse toujours persistante mais bien diminuée, que la jeune femme se redressa et accorda l’un de ses mystérieux sourires à son interlocuteur.
Elle n’aimait pas parler de son histoire, elle avait fait bien trop d’erreurs par le passé. Heureusement elle avait réussi à en tirer les bonnes leçons, mais n’importe qui restait libre d’utiliser les faiblesses que ses souvenirs renfermaient pour les utiliser contre elle. Seigneur ou pas, Alauwyr pouvait toujours attendre avant qu’Asshai ne lui révèle quoique ce soit sur son passé. Pour autant elle répugnait à mentir, le monde était petit et on ne savait pas sur qui on pouvait tomber. Et qui plus est, jouer aux jeux du mensonge pouvait s’avérer difficile et bien plus dangereux qu’il n’y parait, et à plus forte raison ici. Il était donc préférable d’omettre simplement quelques « détails ».
Et puis se faire offrir la parole de la part du seigneur du Màr, voilà une chance qui ne devait pas être offerte tout les jours, mieux valait en profiter pour se présenter sous son meilleur jour, ainsi peut être celui-ci verrait il ce pour quoi elle est faite.
 
« Les parents n’élèvent pas leurs enfants que par plaisir, mais bien par nécessité... Ne vous inquiétez pas, Seigneur Iskuvar, le Maitre Indalwë a sut faire preuve de beaucoup d’attentions à mon égard. 
On m’a souvent prêté un caractère précoce, le retard est une notion pour le moins abstraite pour ma personne. Soyez tranquil sur ce point. Quant à mon histoire mon Seigneur, voyez vous, je crains  qu’elle ne soit bien fade  pour vous. Mais vous êtes le Seigneur »
 
Elle inclina légèrement la tête avant de prendre une longue inspiration, et de poser le regard sur le seigneur noir. Le sien était sévère, mais elle avait apprit que sévère rimait souvent avec juste. Tout son physique respirait l’agressivité, mais étrangement cette impression avait quelque chose  de rassurant. Toutefois elle ne comptait pas pour autant sous-estimer le seigneur du Kaerl, tout agréable qu’il pouvait parraitre en apparence, il avait tout pouvoir sur elle en ces lieux. Elle déglutit donc calmement avant de reprendre la parole :
 
« Mon père était marchand en Ssyl-Shar, ma mère n’était nul autre que ma mère, j’ai suivis leurs traces, et ai finit par être trouvé par le Maitre Indalwë après avoir subit un naufrage le long des côtes d’Undomë, pas plus tard que lors du dernier crépuscule. Je crains n’avoir que cela à vous dire mon Seigneur, c’est une histoire bien peu intéressante que je vous offre là. Mais peut être pourrais je vous entretenir sur ma propre personne ? Il y a tellement plus à dire. »
 
Elle avait bien l’intention de saisir cette occasion, toutefois elle ne comptait pas se montrer impertinente. En ce moment même elle était sous les yeux de l’homme qui dirigeait de sa seule main toute cette ville, elle ne pouvait donc se permettre un faux pas. Rester respectueuse, attendre qu’on lui donne la parole, voilà ce dont elle devrait se contenter pendant un moment, avant de gagner la place qu’elle désirait tant. 
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 529
Présentation: URL
RPs: 1 113
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Jeu 26 Juil 2012 - 14:54 Répondre en citantRevenir en haut

[HRP : je m'excuse de mon retard.... ^^']

Alauwyr se contenta d'écouter avec un profond silence la petite histoire d'Asshai, comme s'il étudiait chaque mot prononcé par Asshai. Le moindre indice pouvait en dire plus long encore sur l'histoire d'une âme. La façon de le prononcer aussi. Asshai, devant Alauwyr, ne tremblait pas, savant à qui elle avait affaire. Sinon pourquoi Anaviel l'aurait prise comme aspirante ? L'Efle prenait des aspirants maintenant sous son aile, semblant se fichtre de qui il formait. Mais sous l'ombre, il aimait à avoir des jeunes gens qui lui convenaient... Le caractère faible ou déterminé était-il une des qualités qu'il privilégiait ? Alauwyr n'avait pas encore trouvé les critères de choix de l'elfe noir. mais cela ne serait tardé. Il ne doutait pas que le Maître Elfique brouillait volontairement les pistes pour ne laisser aucune faille disponible pour le Seigneur. Il savait que le vieux mercenaire s'y engouffrerait pour lui mener la vie difficile. Certes, maintenant qu'il était un Sang, il avait beaucoup d'occupations. Mais dans l'ombre...

Le Souverain passa à toutes autres pensées, les reposant sur la jeune femme, toujours respectueuse devant lui. Au moins, elle montrait cette qualité là qu'elle soit vraie ou faussée volontairement pour donner le change.

''Ton histoire te parait banale dis-tu... Peut-être de son commencement jusqu'à ton naufrage, mais quelle femme pourrait se vanter d'avoir échapper à un naufrage pour ensuite croiser le chemin d'un dragon, lui dévoilant alors sa possession du Don ? Quelle femme de ta connaissance ; si tu en connais bien sûr, pourrait se gausser de se retrouver ici, parmi nous, à l'aube d'une nouvelle existence qui te serait grandiose ? Guère de jeunes femmes en ton genre je pense ma chère. Quelques raretés même...''

Devant la sérénité respectueuse d'Asshai, Alauwyr ne cessait de l'étudier du regard. Toute nouvelle arrivée de jeunes gens commençait presque par ça ; une sorte de rituel qu'Alauwyr s'accordait désormais. Car tout nouvel aspirant était amené à devenir un chevalier-dragon si Flarmya le bénissait d'un lien avec un de ses Enfants. Et dans un avenir proche, un chevalier-dragon devenait un maître... un concurrent possible au Seigneur Ardent, qu'il soit homme ou femme. Mais rares étaient les opposants en devenir. Depuis de nombreuses années, Alauwyr avait survécu à bon nombre de bataille... Il n'était donc pas un novice. Il restait donc prudent. Il reprit :

''Ce sont des petites choses qui font les grandeurs... Qui sait peut-être que toi aussi tu atteindras la Gloire. Ce n'est pas le passé le passé qui compte pour devenir ce que tu souhaites. Bon nombres de nos chevaliers et maîtres ont connu une vie tout aussi banale que la tienne, avant qu'un maître-dragon ne les trouve et leur dévoile leur Don. Moi-même, je suis fils de nomade du Désert... et pourtant...Je suis là en fasse de toi. Si tu donnes du coeur à l'ouvrage, tu pourras aller bien haut... ''

Puis il sourit, comme si cela l'amusait au plus profond de lui-même.

''Oui, entretenons-nous sur ta personne. Nous avons bien assez de temps pour en converser toi et moi.... ''



Asshai Anara
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Ven 27 Juil 2012 - 14:21 Répondre en citantRevenir en haut

Elle écoutait silencieusement le discours de son seigneur, y prêtant toute l’attention dont elle était capable. C’était étonnant de voir l’importance qu’il accordait aux « dotés » et à ses aspirants. A le voir à première vue, de cette manière, on pouvait facilement croire que celui portait un profond respect et une grande affection pour son Kaerl. Décidément c’était là sa plus grande surprise, car d’après les dires de son maitre, elle s’était attendue à voir un être sanguinaire, un tyran brutal, assit sur ce trône pour son unique plaisir. Certes les seigneurs prenant le pouvoir dans l’unique but de se consacrer à leur peuple étaient rares, et elle se doutait que celui-ci ne devait pas appartenir à cette catégorie. Toutefois l’attachement dont il semblait faire preuve à l’égard de ses lieux et de ses sujets, (du moins celui dont il avait fait preuve jusque maintenant) semblait indiquer clairement qu’il n’était pas non plus de ces hommes gonflés d’ubris et menant les leurs à la ruine uniquement pour leur intérêt personnel. Tout cela soulevait des questions dans son esprit, et elle ne put s’empêcher de le lui faire remarquer.
Elle se mit à faire lentement les cent pas devant Alauwyr et reprit de sa voix la plus douce, chuchotant presque :

« Je dois bien vous avouer que en effet, je ne connais nul être possédant ce fameux don au sein de mon entourage. La rareté de celui-ci semble être un fait avéré, mais je pensais que pour tout habitant du Kaerl – et vous le premier, étant le seigneur – ce qui pour moi me paressait exceptionnel, relevait du banal quotidien pour vous. Il est agréable de voir toute l’attention que vous apportez aux jeunes aspirants tels que moi, et de ne pas oublier la singularité que ceux-ci représentent, bien des seigneurs seraient avisés de suivre ce modèle. »

Elle avait toujours était douée pour cela, flatter, complimenter : L’homme était un être aussi fort que faible, et sa fierté représentait l’une de ses failles. Il suffisait bien souvent de la heurter ou de l’entretenir pour obtenir ce que l’on voulait. Présentée de la sorte, la vision d’Iskuvar semblait des plus admirables mais elle avait passé l’âge d’avoir des idéaux, d’admirer un seigneur pour les bienfaits qu’il apporte à son peuple. Pourtant au ton de sa voix on pouvait croire qu’elle était réellement sincère. Certes il s’agissait bien là de la vérité mais non pas pour sa façon d’être : elle avait toujours admiré les hommes de pouvoirs, et il était de cela, tout simplement. Ce seigneur aurait put être un égorgeur d’enfants, un violeur de femmes, il aurait put la traiter comme la dernière des aspirantes, elle l’aurait suivit malgré tout, et aurait toujours trouvé quelque chose pour le lui faire savoir.

Ceci fait, il était important de lui faire connaitre en deuxième lieu ce dont la personne qui se présentait devant lui était capable. C’était un petit jeu auquel elle allait se prêter. Malgré son affabilité apparente, elle doutait que son interlocuteur fussent facilement impressionnable, c’est donc d’un mélange de subtilité et de fanfaronnades grossières, dont elle allait devoir faire preuve.

« Quand à ma personne, j’aimerais revenir sur ce que vous avez dit auparavant. Le passé en effet importe peu, s’il en a les capacités, le dernier des hommes peut gagner les plus grands pouvoirs. Exigence, rigueur, persévérance : voilà les valeurs qui devrait motiver chacun. Un homme m’a déjà dit qu’une petite pousse peut, à force de temps et d’énergie, devenir un arbre puissant au sein d’une forêt. Rare sont ceux qui y arrivent si ils n’ont pas d’autres atouts que leur existence : les animaux sauvages, l’écrasante présence des autres végétaux, la rudesse des climats… Voilà autant de contrainte qui s’exerce sur lui. Mais si il est entretenu, élevé avec soin il a d’autant plus de chances d’élever se branches vers le ciel.
Il me parlait de plantes, ce n’est pas mon cas. »


Elle arrêta ses pas un instant et accorda à Alauwyr un sourire entendu, avant de reprendre, mais cette fois ci non plus dans le langage commun utilisé à travers Rhaeg, mais dans le dialecte spécifique des gens de Ssyl-Shar.

«Imaginons, une femme capable de nombreuses choses, se donnant dans chacune de ses missions, d’arriver toujours à ses fins. Une femme connaissant les rudiments de nombreuses langues de Rhaeg, poursuivit-elle en dialecte Ysien, possédant des connaissances en arithmétique, en sciences astronomiques, en Histoire, en lettres, en économie, en philosophie, en politique… Et je pourrais continuer à vous en citer d’autres encore. Conclut-elle revenant au commun et accordant un regard lourd de sous entendu au seigneur noir.
Que penseriez-vous d’une telle personne ? »
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 529
Présentation: URL
RPs: 1 113
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mer 1 Aoû 2012 - 22:15 Répondre en citantRevenir en haut

Une des raisons de la dangerosité d’Alauwyr venait de son instabilité. En effet, ses humeurs changeantes et son caractère lunatique le rendait difficile à comprendre et à choisir. Il était donc difficile pour certains de ses ennemis d’anticiper ses idées à l’avance. Personne ne pouvait réellement connaître ce vieux combattant, sauf son lié. Chaotique qu’il était, il était souvent dicté par ses émotions quand il était sur les nerfs. Mais pour Asshai aujourd’hui c’était une chance : il était serein. Il aurait bien ricané des allusions qu’on avait plus déblatéré aux oreilles de la jeune femme

Quand elle commença d’ailleurs à faire les cents pas devant le Seigneur, Alauwyr se contenta de la suivre du regard, cillant à peine. Si elle cherchait à lui donner le tournis, c’était raté. Avant une petite tentative de flatterie, elle semblait presque stupéfaite de voir que le Don était plus courant qu’elle ne l’avait imaginé. Pour en revenir à son petit compliment, il se contenta de sourire.

’’Pourtant mon opinion diverge de ceux de mes opposants. Il est impossible de réunir toutes les personnes d’une même communauté sous une même conception. Certains maîtres seraient d’avis de faire se battre les aspirants pour qu’ils méritent le droit d’être formé…’’

Cette idée obsolète était encore dans la bouche des vieux maîtres-dragons, à la fin de leur longue vie, et qui avait connu avec leur maître de formation une telle méthode. Aujourd’hui, les Ardents étaient quand même plus évolués, même si Alauwyr prenait un certain plaisir à tester les aspirants qui se présentaient devant lui en croisant le fer avec eux.

La conversation continua et Alauwyr dut admettre que cette aspirante ne manquait pas d’esprit et d’intelligence. Car pour aller jusqu’au bout de son test enversle Seigneur, elle cesse de faire sa petite balade de sur place et se mit à cause dans un des dialectes du Grand Désert. Le regard du maître noir pétilla presque de plaisir en entendant ces syllabes presque aussi sèches que le vent du désert au lever du soleil. Il reprit dans ce même langage :

’’Même une mauvaise herbe arrive à pousser dans les mauvaises conditions de son milieu, car elle se battra pour survivre et sera plus solide que l’arbre qui aura été bichonné durant des années pour croître. Pour ce qui est de penser d’une femme telle que tu l’as décrite, elle pourrait être soit dangereuse, soit très utile. Dangereuse, car elle serait intelligente et cultivée et mélangée à de l’ambition, elle peut être un vrai requin… Utile, car elle aurait toutes les capacités à être rapidement un bon Maître-Dragon et chercher à posséder le poste d’Ambassadeur’’

Il avait fait exprès de terminer par le côté le plus « pacifique », pour atténuer le poids de ses réponses. Lui aussi suivant le petit jeu qu’Asshai. Enfin presque. Et toujours dans le même dialecte :

’’Une telle femme serait comme une dune que pousse le vent. On ne sait jamais où elle se dirige….’’

Son sourire s’élargit. Une dune… ou plutôt les dunes se mouvaient à la vitesse du caprice du Désert. Le paysage n’était jamais le même, où l’ont pouvait que se perdre si on ne connaissait pas les étoiles pour se guider…

Asshai serait-elle alors une femme capricieuse ? Peut-être….



Asshai Anara
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 25 Mai 2013 - 22:05 Répondre en citantRevenir en haut

Pour Asshai la discussion prit un tour intéressant. D’une présentation formelle, ils en venaient à parler de la conception politique du seigneur. Plus celui-ci parlait, plus les idées se bousculaient dans sa tête. Chacune de ses phrases, chacun de ses mots lui en apprenaient un peu plus sur cet homme. Au vu de son discours, ses opposants semblaient nombreux, pourtant il ne cherchait pas à les éliminer. Sous ces airs brutaux semblait se cacher un souverain empli d’intérêt pour ses sujets. A moins que ces opposants dont il parlait soit des personnages puissants du Mar… Dans ce cas, cela signifierait que le pouvoir d’Alauwyr était fondé sur l’aval de ces personnes, et qu’il ne pouvait s’y opposer directement. Il ne devait donc disposer de son pouvoir que par le soutient d’une majorité, ou alors par l’utilisation de la force brute afin de soumettre ladite majorité. Elle avait connu des schémas similaires de gouvernements en Ssyl’Shar. Les marchands les plus influents et les plus puissants étaient aussi ceux qui disposaient de la plus forte parole au sein des ligues.

*Et c’est l’obtention ce cette puissance qui a précipité la chute de ma famille…*

Dans une telle situation, ces opposant étaient ou trop peu nombreux, ou trop effrayés pour s’opposer à leur seigneur. Le temps pourrait leur faire prendre confiance et faire se développer leurs voix, ou à l’inverse faire s’éteindre le mouvement. Elle se renseignerai plus précisément sur la politique du Kaerl en temps voulus. Pour le moment, la joute verbale qui se déroulait en ces lieux était pour elle l’occasion rêvée de faire ses preuves. Le but n’était pas de contredire son nouveau seigneur. Aller dans son sens voilà ce qu’ils aimaient ces hommes là. Voilà ce qu’elle devait faire. Ou du moins voilà ce qu’il devait croire. En l’écoutant.

*Un seigneur ne peut avoir des opposants. En suivant leurs voix, ils penseront qu’ils le mènent, et le seigneur n’aura plus de seigneur que le titre. En les muselant, il n’entrainera là que frustrations et envies contenues, qui finiront par se retourner contre son intérêt.*

Elle se garda bien de lui exposer ces pensées, et se contenta de se rapprocher, d’un pas à peine d’Alauwyr avant de s’exprimer - d’une voix bien moins forte qu’elle ne l’avait fait jusqu’alors, de manière à ce que seul le seigneur puisse l’entendre. De cette manière tout deux semblaient intimement proches au travers de cette discussion.

« Vos opposant sont alors bien mal avisés, et je comprends mieux pourquoi votre personne a échue du titre de seigneur. Faire se battre de jeunes apprentis permet certes d’en extraire le meilleur au combat…


Elle releva doucement la tête, dardant ses pâles prunelles, non pas sur son interlocuteur, mais sur un point imaginaire, juste au dessus de son épaule. Ainsi donnait elle l’illusion qu’elle s’exprimait en face à face avec lui tout en respectant les limites de sa propre condition. Donner l’illusion, paraitre, sembler : voilà qui était son domaine de prédilection.

… Mais probablement pas le plus puissant. »


Elle savait qu’elle-même n’avait rien d’une guerrière, et surtout pas l’apparence. Mais elle se refusait à laisser penser qu’elle était inoffensive pour autant. Le charme et l’intelligence pouvaient aussi être des armes redoutables dans les mains d’une femme. C’est ce qu’elle avait tenté de faire comprendre au noir seigneur en s’appliquant à son petit jeux linguistique. Et ce dernier ne l’avait que trop bien compris.
Certes elle pouvait être dangereuse, mais que pour les ennemies de ceux qu’elle servait. Et cela il devait le comprendre. L’imprévisibilité n’était pas de ses qualités, une fois au service d’une famille, d’un homme, elle s’y tenait. Mais si ses maitres venaient à se jouer d’elle, à la trahir ou à se séparer de son aide, alors… Peut être ne vivraient ils pas assez longtemps pour le regretter. Toutefois elle ne pouvait exiger dès les premières minutes de cette entrevue que son nouveau seigneur lui fasse une confiance toute aveugle, ce serait là bien absurde. Elle avait en tout temps travaillé sur le long terme, prenant possession de ceux qui la côtoyaient et investissant leurs vies telle une ronce, grimpant le long des murs au fil des ans. Les intérêts d’Alauwyr le pousserait à lui accorder l’importance qui lui était dut. Un jour…
Aujourd’hui il était encore trop tôt. Oser prétendre le contraire reviendrait à étouffer dans l’œuf toutes ses chances de survie. Toutefois, son travail commençait dès maintenant. Si un jour elle souhaitait obtenir une place importante, une prédiction exacte, qu’elle pourrait lui rappeler dans quelques années, serait une raison supplémentaire pour devenir une personne de confiance.

« Oui… Une telle personne pourrait s’avérer dangereuse. Mais si elle venait à représenter un danger potentiel, peut être serait il bon de le retourner contre… Vos opposants. Je ne prête pas allégeance à la légère, je peux servir un homme efficacement… Et peut être même plus. A la seule condition que celui-ci m’en laisse la possibilité. Mais si il suffisait que je vous dises cela pour que vous puissiez me croire, vous ne seriez pas seigneur assurément. Alors, peut être devrions nous simplement laisser faire le temps, et quand le moment sera venu pour moi de vous rencontrez à nouveau, je pense que vous comprendrez alors ce que mon service peut vous apporter. Oui, laissons faire le temps… Lui seul est arbitre de toutes choses. »

Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 529
Présentation: URL
RPs: 1 113
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mar 4 Juin 2013 - 21:46 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr ne bougea pas un muscle à l'approche de la jeune aspirante. D'avancer un pas n'aurait été que de montrer plus encore l'intérêt qui lui portait et reculer aurait été comme un signe de faiblesse, affichant une peur à son approche. Mais lui ? Avoir peur d'une jeune femme comme elle ? Ah ! A moins d'être la Mort en personne et encore, il n'éprouvait pas ces angoisses qui torturaient bien des tripes, mais pas les siennes. Asshai s'était suffisamment rapprochée pour n'avoir qu'à faire qu'un pas encore pour être vraiment face contre face avec Alauwyr. Elle avait marqué une frontière suffisante avec lui, comme si elle connaissait
déjà les limites à ne pas dépasser. Mais pour le souverain, elle jouait déjà avec lui, frôlant ces mêmes limites pour les tester et voir jusqu'à quel point elles pouvaient être approchées.

Une fois qu'elle eut fini de ''chuchoter'' ses dires, il étira son sourire. Elle jouait comme à une partie d'échec, posant en silence ses conditions et cherchant à ne pas lui laisser beaucoup de manoeuvres. Amusant. Pour lui répondre, il adopta alors le même niveau de voix, pour qu'elle soit la seule à entendre sa réponse.

''A peine arrivée et tu cherches déjà à vouloir jouer avec les sommets. Prends garde, jeune épervier, toi qui cherche à t'envoler à peine dotée de plume. Tu tentes déjà l'audace. Si je suis Seigneur, ce n'est pas uniquementà ce que tu penses. Enfin ce que tu peux y penser. Tu serais étonnée de mon parcours, mais cela je te laisserai le délice de le découvrir par toi-même. Ce sera plus savoureux. ''

Son sourire se fendit jusqu'à dévoiler ses dents blanches ; sourire carnassier, signe de mauvaise augure. Mais Alauwyr ne cherchait qu'à impressionner la jeune femme.

''envoyer des opposants à d'autres...opposants a toujours un revers ma chère, qui peut laisser un arrière goût amer, soit mortel. Tu peux être une carte intéressante à jouer comme être celle de la main d'un adversaire, pour me contrer. Dans une partie d'échec, pour te faire une comparaison sympathique n'a que deux camps. Soit blanc, soit noir. et il y a des pièces sacrifiables quand on veut arriver à la victoire. Jamais de pièces indépendantes. Sinon ce serait pas des échecs. ''

Il semblait satisfait de ses répliques, car d'ordinaire, il poussait plus encore dans leur retranchements les personnes qu'il visait, jusqu'à les pousser même au défi.

''Oui je vais laisser faire le temps, ma chère; puisque tu le souhaites... Et nous verrons comment il te modèlera. Car désormais, vu ta ferveur à entrer dans une partie d'échec qui t'es encore inconnue, je serai curieux de voir dans quel camp tu vas te placer. Cette partie pourrait t'être drôle comme très pénible. Après, comme tu le dis si bien, nous verrons quand nous nous retrouverons. D'ici là, apprends ce qui est nécessaire pour être chevalier-dragon. C'est ta seule priorité. ''

Et pour terminer sur ce dernier point, comme pour renforcer sa position de Seigneur, il approcha sa main du visage de la jeune pour soulever doucement son menton vers le haut du bout de ses doigts, pour l'obliger à plonger son regar dans le sien, obecur et glacial

''Quelque chose d'autre à rajouter jeune aspirante ? Je suis tout ouie, puisque je te n'ai pas encore congédiée.''



Asshai Anara
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mer 5 Juin 2013 - 20:01 Répondre en citantRevenir en haut

Si Alauwyr avait cherché à lui rappeler son statut de la sorte, c’est qu’assurément elle ne le laissait pas indifférent. Elle-même croyait connaitre ses propres capacités, et ces menaces – ou devrait elle dire ces « conseils » - ne l’impressionnait que peu. Elle était efficace et suffisamment intelligente pour s’en sortir ici, et elle en avait encore la certitude, malgré tout ce qu’avait put lui glisser son maitre quant à la population qui peuplait le Kaerl.

Mais Iskuvar n’était pas de la catégorie des seigneurs auxquels elle était habituée. Elle avait, en tout temps, admiré Anadred Telm pour son courage à exercer ses fonctions à la lumière du monde, malgré les risques que cela pouvait comporter. Mais il restait un homme mesuré et prudent.
En relevant ses failles, pouvant à l’occasion être utilisées contre lui (ses opposants, l’affirmation de son statut de seigneur face à une simple aspirante, le fait qu’elle-même pourrait être dangereuse dans un futur lointain), son nouveau seigneur faisait preuve, ou d’une grande stupidité, ou d’un grand courage. Le fait qu’il ne semblait éprouver aucune peur, et qu’Asshai décelait chez lui ce qui semblait être une confiance titanesque et inébranlable, avait tendance à faire pencher son avis vers la seconde option.
Alors que son discours continuait à résonner dans la salle du Mahalma, elle l’écoutait avec attention. Au fil de ses mots, elle allait de surprise en surprise, et se prit même un instant à éprouver de l’admiration pour lui. Oui, cet homme possédait un courage peu commun ; courage de se tenir aussi haut. Ne disait on pas que plus haute est la position, plus haute est la chute ? Ce courage, elle-même ne l’avait pas. Le pouvoir officiel, elle se le refusait. Effrayée qu’elle était, son admiration n’en ressortait que grandit pour cet homme qui osait le posséder et n’en éprouvait aucune crainte.

Paradoxalement Alauwyr avait une furieuse tendance à l’agacer. Que quelqu’un puisse remettre en doute ainsi ses capacités, elle ne le supportait pas. D’autant plus lorsque cette personne ne cessait de se targuer de sa propre expérience du haut de sa position. Elle aurait aimé que celui-ci l’admire autant qu’elle-même l’admirait. Elle aurait aimé le voir sous sa coupe, qu’il ne puisse se passer d’elle, qu’il lui doive tout.
Alauwyr…
Alors que ce dernier glissait sa main sous son menton, et l’obligeait à plonger dans son regard, elle n’y vit qu’un grand vide. Un abysse qu’elle ne pouvait déchiffrer. Les yeux étaient le miroir de l’âme, chose dont il semblait dépourvu. A l’idée qu’à l’inverse il puisse sonder les profondeurs de ses pensées elle sentit son sang battre contre ses tempes. A cet instant elle eut envie de le faire plier, de le posséder. Elle sentait sa flamme brulait en elle. Elle la sentait grandir au creux de son ventre, s’étendre au sein de son corps, de sa tête, de son regard. Elle la sentait qui la menait. Qu’elle prenait possession de sa personne. Elle se sentait grande. Forte. Puissante. Et alors elle devint belle et radieuse, plus éclatante encore qu’Eurylia elle-même. Son corps devint fiévreux et ses yeux s’embrasèrent de cette lumière terrible, faisant tomber les masques, les volontés et les mensonges !

*Inutile de s’emporter, je n’y gagnerai pas d’avantage*


Cette sage pensée lui traversant l’esprit, un frisson lui parcouru le dos et tout s’évanouît. Alors Asshai redevint la pauvre jeune femme, rechapée d’un naufrage. Figure sale et fatiguée.
Cela n’avait duré qu’une seconde, ce sentiment de puissance. De puissance séductrice. De puissance destructrice. Lorsque l’idée lui venait de faire sienne une personne, elle se manifestait bien malgré elle, subitement et sans crier garde. Mais ce soir sa flamme intérieure vacillait. La fatigue, la faim, l’inconnu, tant de facteurs qui la rendait incapable de maintenir cette Aura.
Pendant cette seconde elle avait crut que rien ne l’arrêterai, mais mieux valait ne pas jouer à cela ce soir. Pas ici. Pas maintenant. Il était bien trop tôt, et elle le savait.
Devant son erreur elle tacha de se rattraper auprès du maitre noir.
Son sourire redevint indescriptible. Elle fit glisser sa main, dans celle du seigneur qui soutenait son visage, comme pour lui faire comprendre qu’elle soutenait son geste. La sienne, douce malgré son séjour dans le sel et la sable, à la peau toute dorée, minuscule contre celle de l’ancien mercenaire, rugueuse, et marqué de multiples cicatrices. Amusant contraste que celui là.
Ses yeux parcoururent son visage barré de fines mèches grises, le détail de ses cicatrices qui se mêlaient aux rides, son sourire carnassier hérissé de dents blanches. De longues secondes s’écoulèrent en silence, avant qu’elle ne revienne à son regard, qui la dévisageait froidement. A la demande d’Alauwyr elle formula sa réponse.

« Aux échecs mon seigneur, la dame assure souvent la victoire du joueur. »


Ultime bravade ou conclusion brillante, tout pouvait se jouer…
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 529
Présentation: URL
RPs: 1 113
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Sam 8 Juin 2013 - 18:26 Répondre en citantRevenir en haut

Pendant une fraction du temps qui passa autour d'eux, Alauwyr crut voir une étincelle de bravade, de cette audace qu'il connaissait si bien envers des gens susceptibles de le défier. Mais cet éclat ne perdura pas, lui faisant plus songer à un bref éclat de lumière venant des braseros environnants ou encore à un effet d'ombre quelconque. Chose certaine était que son regard pénétrant de faillit pas une seule seconde devant le regard de cette jeune femme, qui pensait être capable de se mesurer à lui par les mots. Sa langue était aiguisée de mots pertinents, mais pas suffisamment pour le contrer jusqu'au bout, même quand elle tenta de se placer comme la meilleure pièce dans la partie d'échec qu'il avait cité précédemment. Cela le fit doucement rire. En même temps, il lui attrapa cette main audacieuse qui avait cherché à imiter la sienne dans sa gestuelle, libérant le menton de l'aspirante.

''Laquelle de Dame ma chère ? La Blanche ou la Noire ? Pièce maîtresse peut-être, mais qui obtient pas la victoire seule, car elle a besoin de soutien pour ne pas se faire prendre dans les mailles du filet ou dans une attaque très simple. ''

Il resserra un peu plus sa main sur celle d'Asshai, toujours avec son sourire malsain.

''Si tu entres dans cette partie, ma chère, tu ne seras la Dame. Tu ne seras qu'un vulgaire pion. Un pion sacrifiable... ne l'oublie pas. Tu pourras prétendre d'être une pièce plus importante quand tu seras lié à un dragon. En attendant, tu n'es qu'une aspirante, à qui il retse beaucoup de chose à apprendre. ''

Il pourrait lui broyer la main, mais il se contenta de lui donner qu'une forte pression de serrage, supportable sur le plan de la douleur.

''Pour les échecs, vois moi comme le Roi, mais celui qui prend réellement l'arme pour se battre et pas pour fuir comme un lâche dès que le moindre soucis fait son apparition pour qu'il protège sa misérable existence. ''

Il ricana et lâcha la main d'Asshai. Il s'attendait à ce qu'elle réplique une banale insulte pour le réprimander sur la souffrance qu'il lui avait imposé, à sa main si délicate, à la couleur si contrastée par rapport à la blancheur presque cadavérique de la sienne. Qu'elle essaie et elle ne serait pas déçue du résultat.

°Je me demande réellement quel plaisir tu peux avoir à perdre ton temps avec cette aspirante...°
°Tu le sais déjà Estenir. Je suis étonné que tu me fasses ce genre de remarque. °
°Disons que je m'attends à te voir un jour à faire une audience normale, comme tout Seigneur se doit de le faire, plutôt que de jouer au chat et à la souris°
°Je pense que si ce jour se produit, j'aurai de grands points à revoir. Seigneur ou pas Seigneur, j'agis comme mon instinct me le dicte. Et encore mon ami cendreux, tu devrais être ravi... Je ne cherche pas à voir ce qu'elle vaut à l'arme.°
°Si elle ne fait pas la demande elle-même. Elle a tout d'une gamine insolente... et toi tu perds ton temps avec elle, plutôt que de la congédier°
°Mon lié. Mon très cher lié.... Tu es une part de moi, mais n'oublie pas que c'est moi qui dirige les audiences. Si tu souhaites faire la prochaine, ce ne sera guère un soucis. °
°Quand j'en aurai l'envie... en attendant, tu devrais reprendre les choses en main pour t'occuper d'affaires plus urgentes que cette bipède. °


Estenir trancha la fin de la conversation par un lourd silence de sa part. Alauwyr n'en perda pas le sourire. Au contraire.

''Mon lié venait de me suggérer de cesser de perdre mon temps avec toi. Peut-être que tu n'es pas aussi intéressant aux yeux d'un dragon.... ''

Bien entendu ce n'était qu'un pur mensonge. Alauwyr usait de la mauvaise humeur de son dragon pour piquer au vif l'égo de la jeune femme. Que cela allait être intéressant à entendre ! Oui il guetta déjà sa réaction....



Asshai Anara
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Lun 10 Juin 2013 - 22:18 Répondre en citantRevenir en haut

En plus d’être intrépide, il avait conservé sa force ce vieux loup de mer. Sa main il la tenait, il pouvait être capable de la broyer d’une simple pression cela ne faisait aucun doute, il était seigneur et en avait le droit. Mais de sentir ainsi la force qu’il exerçait sur elle lui semblait être un sentiment grisant. Ou peut être était-ce la fatigue ? Non, d’aussi loin qu’elle s’en souvenait aucun des mous et adipeux seigneur d’Arsuh n’avaient eux le courage ou l’impudence d’utiliser la force contre elle – une femme. Qu’Alauwyr déroge à cette règle ne le rendait que plus exceptionnel à ses yeux. Il la traitait comme son égal, comme un homme – à juste titre, sans se préoccuper de l’une de ces stupides règles de galanterie. Elle avait le sentiment d’avoir trouvé en lui un seigneur à la taille de son ambition, capable de la dépasser. Il était pour elle l’incarnation d’un nouveau défi. Elle ne s’était donc pas trompé en suivant Anaviel au Kaerl, en espérant y trouvait là une nouvelle opportunité d’assouvir sa soif de pouvoir.

Alauwyr pouvait bien la considérer comme une pauvre prétentieuse sans talent, il ignorait bien que la Anara avait réussi à atteindre les hautes sphères du pouvoir des neuf oasis. Il ignorait aussi que si elle avait réussi à se hisser si haut, c’est que cela était dut à sa manière si « particulière » de présenter les choses. Si certains pouvaient voir dans la démonstration et la revendication de ses capacités de vulgaires prétentions infondées, elle savait aussi leur prouver qu’elle n’avait jamais rien fait d’autre que dire la vérité. Alors… Qu’Alauwyr ose prétendre qu’elle n’était qu’une impertinente ayant la prétention de s’élever au dessus de sa condition la faisait doucement sourire. Elle avait pris soin, elle le savait, tout au long de son discoure de ne jamais aller contre l’avis du seigneur, et de toujours se présenter à lui selon son titre. C’était dans ces situations que ces paroles par moment sibyllines, présentaient tout leur intérêt. Ses mots étaient son arme, et elle les voyait telle une épée. Une épée à double tranchants, avec lesquelles elle pouvait se battre tour à tour. Le premier avait échoué devant Alauwyr, alors il faudrait utiliser le second pour couvrir sa retraite.
Même si ce débat commençait à la fatiguer, elle ne devait pas céder du terrain à ce qui serait son nouveau seigneur. Elle ne pouvait se permettre de laisser à son esprit l’image d’une femme aussi inutile que prétentieuse. Il lui fallait continuer, et pour le moment elle en avait encore la force.

« Si je puis me permettre mon seigneur, peut être me suis-je trompé… Mais je ne me souviens pas avoir prétendu être la dame ? Ai-je dis que je souhaitais que vous fassiez de moi un membre éminent en ces lieux et dès ce jour ? Voyez, je connais mon statut : je suis aspirante. Et je suivrais vos conseils en consacrant ma personne toute entière à l’accession au statut de chevalier. Je n’ai jamais prétendue être ce que je n’étais pas. Je ne m’en tiens qu’aux faits, à la vérité. Soyez assuré que je ne mens pour ainsi dire… Jamais.
Je vous ai dis ce que je suis, libre à vous d’y voir ce que je pourrais être. Je ne m’en tiens qu’à ce qui est. Je vois les choses comme elles sont. Vous pouvez y voir de la prétention, je n’y vois que l’absence de modestie. Et qu’est ce que la modestie sinon un mensonge ? Il n’y a pas de prétention à dire qu’un homme fort est fort, pas plus qu’il n’y a d’insulte à dire qu’un vieillard se fait vieux.
Aujourd’hui je suis un pion, mais ce pion peut devenir une dame si le joueur réussit à lui faire traverser l’échiquier. Pas demain, pas plus que le jour suivant. Juste… Plus tard.
Votre liée peut penser que vous entretenir avec moi n’est qu’une perte de temps. Peut être est ce le cas. Mais réellement qui sommes nous pour dire ce que nous deviendrons ? Qui peut savoir où le courant nous mènera ? Qui suis-je pour savoir où la main du joueur me mènera ? Il est libre de sacrifier le pion sur l’autel de la victoire, ou de le laisser atteindre son but. Cette réponse, comme je vous l’ai dis, seul le temps nous l’apportera. »


Fatiguée, le ton n’était plus aussi mystérieux qu’auparavant. Plus de sourire en coin, plus de regard brûlant. Le dernier embrasement de l’aspirante l’avait vidé de toute son énergie. Pourtant elle était satisfaite d’avoir tenu ce discours. Elle savait qu’avec un homme tel que lui avoir le dernier mot lui serait impossible, mais elle cherchait à marquer le seigneur tant qu’elle le pouvait. Elle n’en avait pas finit, mais il fallait faire vite. Le temps jouait en sa défaveur, elle sentait que ses jambes commençaient à s’engourdir, des fourmis gagnaient son échine. Elle aurait aimé s’assoir mais cela lui était impossible. Il fallait qu’elle termine ce qu’elle cherchait à dire car, oui d’ici quelques minutes elle sombrerait. Le naufrage, la journée de voyage, les repas pour le moins frugales, tout cela aurait raison d’elle sous peu, elle le sentait. Elle chercha dans un recoin de son esprit une façon de réamorcer son discours, mais …

Trop tard, la Fëalocë s’étala aux pieds du seigneur, inconsciente. Elle avait tenté de jouer contre sa fatigue et contre son corps. Elle avait échoué.



J'espère que la fin de la réponse te convient, peux modifier si besoin Clin d'Oeil
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 529
Présentation: URL
RPs: 1 113
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mar 11 Juin 2013 - 19:14 Répondre en citantRevenir en haut

[HRP : je me permets une réponse pour clôturer le sujet alors x)]

Alauwyr avait souri en sentant son lier se rembrunir de la réponse de l'aspirante. Puis ses yeux noirs avaient suivi la chute d'Asshai, épuisée sans doute par cette dernière tirade. Elle n'avait pas eu la force d'en placer une de plus, avant de se retrouver affalée aux pieds même de son souverain. Le sourire d'Alauwyr resta un moment sur son visage, avant qu'il daigna se baisser pour soulever l'inconsciente dans ses bras. Légère comme une plume, il n'eut aucun mal à la prendre ainsi, rejoignant d'un pas certain l'entrée même du Mahalma.

Avant d'appeler les gardes, il n'eut qu'à souffler à l'oreille de la jeune femme, se fichant si elle l'entendrait :

''Tu as à peine commencer la partie d'échec que déjà tu t'es effondrée. Une partie ne se joue pas que sur la volonté ma chère... Tu viens de le découvrir. ''

Bref silence puis :

''Le pion a voulu devenir la Dame, mais la Dame s'est couchée devant son Roi. j'espère que ces mots te reviendront un jour prochain, dans un éclair de souvenirs... Il sera intéressant dans un avenir proche d'en reparler.''

Il n'eut qu'à ouvrir la porte d'un coup de pied. Sous le regard ahuri des gardes en faction, il sortit avec la femme toujours calée dans ses bras. Il s'approcha d'un des hommes à son poste et lui confia la jeune femme, sans lui demander son avis. Au visage décomposé du garde, nul besoin de comprendre qu'il ne fallait pas chercher à interroger le Seigneur sur les raisons de l'état d'évanouissement de la jeune femme.

''Menez là au guérisseur. Qu'il se charge d'elle. ''

Puis il retourna à l'intérieur du Mahalma. D'autres audiences étaient à ptrévoir.



Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:43 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu