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 [RP] Persistance d'un farouche espoir Sujet suivant
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Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Mar 3 Juil 2012 - 07:46 Répondre en citantRevenir en haut

Fin Haskèlku, 918


Premiers jours de printemps. Ce jour-ci, le soleil ne se leva pas sur le Kaerl Ardent. Les journaliers quittèrent leurs maisons dans la pénombre la plus totale. En allant aux champs, ils désignaient mutuellement le ciel gris et sale, enflé comme le ventre d’une femme sur le point d’accoucher de triplés. Les chiens reniflaient l’air, leurs hurlements signalaient l’approche dangereuse de la tempête, mais hommes, femmes et même enfants poursuivaient leur chemin, défilant dans la ville comme des êtres dépourvus d’âme. Peu après, les nuages masquèrent le grand horizon, puis laissa tomber brutalement des trombes d’eau qui éveillèrent l’effroi des paysans les plus aguerris, persuadés de voir survenir la fin du monde tant redoutée. Les cris réveillèrent les plus riches du Kaerl. Mais aussi les moins travailleurs, surtout un jour de repos.

Narcisse dormait encore lorsqu’une servante vint la prévenir. Abasourdie, la jeune femme écouta le martèlement de la grêle qui menaçait de casser les vitres et comprit que les temps pressaient. En un clin d’œil, les deux dames ramassèrent les habits qui traînaient sur la table, rassemblèrent quelques victuailles pour le midi dans un baluchon improvisé puis quittèrent le Weyr réservé aux seuls aspirants. Après s’être assurées que personne ne les suivait, elles se mêlèrent aux désespérés qui couraient en masse se réfugier dans la partie haute de la ville. Elles remontaient la grande rue lorsque Narcisse s’aperçut qu’elle avait oublié son maquillage, ainsi que la barrette en forme de Narcisse, sur laquelle elle avait grandement flashé au cours d’une visite chez un commerçant, en compagnie de son Maître Elendel Hastin. Si ses souvenirs étaient bons, elle avait acheté cette dernière le jour même de son arrivée au Kaerl.

- Continuez, Lyssia. Je reviens tout de suite. Avertissez la coiffeuse de mon arrivée.

En dépit des protestations de cette dernière, la jeune femme fit demi-tour et disparut dans la foule de paysans trempés jusqu’aux os qui fuyaient en sens inverse. Nombre de ruelles isolées s’étaient transformées en ruisseaux qui charriaient des paniers brisés, des morceaux de bois, des poules noyées et de haillons. Elle évita le passage des Forgerons en sautant par-dessus des chariots coincés entre deux maisons effondrées et descendit par la rue Silvegarde, puis atteignit enfin les Weyr inférieurs. Un gamin tentait d’y pénétrer par la force. Elle lui donna donc une bourrade, mais, au lieu de s’enfuir au loin, il se précipita vers une autre habitation et s’y glissa par une fenêtre. Tout en le maudissant, Narcisse put enfin rejoindre son dortoir, courut jusqu’à un coffre d’où elle tira ses instruments de maquillage, pour finalement rejoindre sa servante.

Sur le chemin qui la menait à la ville, elle évita plusieurs ruelles noyées sous la boue, vit quelques toits s’envoler, tourbillonnant comme des feuilles mortes ; En contrebas, l’eau jaillit soudain en flots puissants qui balayèrent les cahutes du faubourg, laissant un sillage de décombres, de cadavres et de boue. A cause des bourrasques, Narcisse fut rapidement décoiffée et se perdit dans les ruelles, se sentant désormais incapable de retrouver seule la trace de sa servante. Vêtue d’une robe légère, trop légère étant donné les conditions météorologiques, elle avait froid et l’eau pénétrait chaque parcelle de sa peau. Sans véritablement le souhaiter, elle finit par repartir dans le sens inverse, en direction du danger le plus vif. Les chevilles dans l’eau, elle se trainait jusqu’aux Weyr, espérant les atteindre avant de finir noyer. Ces logements étaient, par chance, situés en hauteur. Rien de mieux alors pour se mettre à l’abri et ne plus entendre parler de cela avant le lendemain matin. L’eau lui arrivait jusqu’à la taille lorsqu’elle parvint enfin aux escaliers et les gravit, épuisée. Sans même songer à retourner à sa destination première, elle pénétra dans les dortoirs, se dévêtit et alla prendre un pain chaud.

- Soyez flatté, aspirant Myst Indalwë, que je prenne autant de risques dans le seul but de vous plaire.

Narcisse se mentait à elle-même. Son but véritable n’était pas tout à faire celui là. Elle souhaitait le pouvoir. Elle souhaitait être libérée de l’emprise de son Maître, sans pourtant souffrir de la pauvreté et du manque. Retourner à sa vie d’avant ? Ça jamais ! Mais en trouver une bien meilleure, pourquoi pas ! Anaviel était, selon les dernières informations qu’elle avait pu obtenir de lui, un aspirant riche, doté de privilège. Il possédait, contrairement aux autres aspirants, son appartement personnel. Narcisse le jalousait. Alors, sans prendre le risque de lui voler tout ce qu’il possédait, elle allait essayer de lui faire accepter le partage et ce, par tous les moyens qu’il lui est possible d’employer. L’amour. La manipulation. La tromperie. L’amitié peut-être. Encore un peu incertaine, elle plongea sa tête dans l’eau brûlante du bain puis choisit de sortir, une fois parfumée de la tête aux pieds. Là elle sécha ses cheveux avec douceur, les coiffa, mit une autre robe, légère aussi, étant donné la chaleur dégagée par les torches, puis une paire de chaussures noires élégantes, en parfait accord le bleu et l’argent de sa robe.

Elle chercha non sans désespoir la porte de son futur hôte. Au fil du temps, elle se demanda combien de lieux elle avait pu parcourir. Ses pieds lui faisaient mal, ses chaussures la blessaient. Finalement, elle tomba sur une domestique, fort bien habillée, qui lui indiqua du doigt un appartement situé au fond du couleur. La simple richesse de la porte étonna Narcisse, qui se sentit soudainement impatiente, presque excitée de la suite des évènements. Elle tourna longtemps en rond devant l’appartement, se tâtant à savoir si elle pouvait retirer ses chaussures, tant elles la faisaient souffrir, mais également à savoir si elle allait avoir le courage de frapper. Sa dernière rencontre avec l’apprenti avait été particulière. Le maître de ce dernier s’était montré particulièrement désagréable, la traitant une fois de baleine, une fois de grosse. Et sa beauté d’elfe alors ? Il la troublait de par son charisme. Il était différent des Fëalocë, des Humains et autres races étranges qu’elle avait pu rencontrer. Ses yeux rouges était probablement ce qui avait le plus attiré son attention. Elle sourit brièvement. Non, le jeu n’était pas drôle.

Si Elendel apprenait sa présence ici, alors elle serait punie. De quelle manière cette fois-ci, elle l’ignorait totalement. Son cœur se mit à battre avec violence dans le creux de sa poitrine. Prenant son courage, ou tout du moins son audace à deux mains, elle toqua à la porte. Cela faisait quatre mois aujourd’hui qu’elle n’avait pas revenu cet homme. Quatre mois qu’elle avait perdu l’espoir d’obtenir quelque chose de lui. Quatre mois qu’Elendel l’avait trop effrayé pour qu’elle se permettre un coup de ce genre.
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MessagePosté le: Mar 3 Juil 2012 - 07:46 Revenir en haut

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Anaviel Ïndalwë
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MessagePosté le: Jeu 5 Juil 2012 - 01:35 Répondre en citantRevenir en haut

°Je m'ennuie...°

C'était au moins la dixième fois que Zaknafein lançait ce message télépathique à son lié. Celui-ci était en train de travailler sur un projet important : le labyrinthe qu'il avait proposé au Seigneur lui-même. Dessinant des schémas, l'elfe se disait que son travail allait se révéler un peu trop simple pour une prison et au final, il chiffonnait le papier sur lequel étaient dessinés ses tracés pour recommencer encore et encore. Bref, les plaintes du Brun étaient le cadet des soucis de l'elfe et ce dernier commençait à être passablement énervé par l'attitude de son complice saurien pourtant terré aux Dôl Narë.

°J'm'ennuie, j'm'ennuie, j'm'ennuie !°
°Tu m'ennuies tout autant. Trouve quelque chose à faire ou dors mais arrête de te plaindre.°
°C'est vrai, je t'ennuie ? Tant mieux, j'ai enfin trouvé quoi faire : je vais continuer ! Har har har !°

Lâchant un soupir, Anaviel cessa ses travaux. A quoi bon continuer quand on n'a pas l'inspiration nécessaire sur un tel moment ? Surtout quand un imbésile de lézard se décide à faire de son mieux pour déranger encore et encore ceux qui tentent de s'occuper comme ils le peuvent.
Le problème à présent était ce qu'il allait pouvoir faire pour s'occuper. Tenter de faire connaissance avec de nouvelles recrues ? Non... Ces derniers temps, il n'y avait que des rustauds illettrés et sans intérêt. Aller défier Alauwyr sur un jeu ? Non plus, ce crétin verrait là une démotivation de la part de l'elfe pour ce fameux labyrinthe. Il ne restait donc plus qu'à rejoindre l'observatoire pour rencontrer des aspirants plus ou moins médiocres et voir s'ils ne dégradent. Quelle occupation exaltante vraiment...

Habité par une désillusion flagrante, l'elfe se dirigea vers la sortie de ses appartements. Mais avant même qu'il touche à la poignée, il entendit quelqu'un frapper à sa porte.
Etonné qu'un visiteur cherche à le rencontrer dans son "antre" -comme dirait ceux qui médisaient dans son dos tout en le craignant-, l'elfe ouvrit la porte avant de se retrouver nez à nez avec une jeune femme apprêtée telle une princesse allant un bal où seraient invités de hautes figures.
Il fallut quelques instant à l'elfe avant de se souvenir de cette humaine au caractère amusant qu'il avait rencontré quelques mois plus tôt à l'observatoire. Finalement, cette journée ne serait pas aussi dénuée d'intérêt que ça.

"Bonjour Mademoiselle... Que puis-je faire pour vous ?"

L'elfe était encore étonné de la voir car après tout, il ne pensait pas la rencontrer de sitôt.
Durant un certain temps, il s'était renseigné sur cette aspirante, son nom était Narcisse d'Istelden, une garce de par les dires des autres aspirants ainsi que l'aspirante d'Elendel Hastin.
Après avoir rencontré le Maître Brun qui l'avait pris sous sa tutelle, l'elfe avait décidé d'abandonner l'idée de la revoir et de profiter son caractère si amusant car de toutes manières, cet abruti finirait par en faire une "œuvre" impersonnelle à laquelle il aurait détruit tout intérêt. C'était d'ailleurs ce qui étonnait le plus Anaviel : pourquoi cette jeune femme s'était-elle présentée à lui ? Etait-ce pour véhiculer un message de son maître ou avait-elle eu suffisamment de volonté pour encore pouvoir réfléchir par ses propres moyens ? La réponse n'allait guère tarder de toutes manières.

L'elfe l'observa puis se décida à l'inviter à entrer. On ne fait guère attendre une dame sur le pas de sa porte après tout. Ainsi, l'elfe permit à Narcisse de pouvoir contempler la richesse d'Anaviel : des appartements suffisament grands pour pouvoir laisser entrer un dragon avec facilité, des bibliothèques contenant de nombreux livres parlant de choses savantes comme l'alchimie, la botanique, la stratégie économique, politique et militaire et tant d'autres sujets.
Dans l'ensemble, le Weyr de l'elfe était plutôt sobre mais possédait quelques décorations qui, contrairement aux appartements d'Elendel, passaient quelque peu inaperçues tout en offrant une identité à cet endroit. Là et là, les visiteurs pouvaient aussi apercevoir des supports, cartes et pièces appartenant à des jeux stratégiques en vogue dans la noblesse des différents continents de Rhaëg.

"Je vous en prie. Mettez-vous à l'aise, très chère. Souhaiteriez-vous boire quelque chose ?"
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Sam 7 Juil 2012 - 00:21 Répondre en citantRevenir en haut

Il existait plus au nord du Kaerl Ardent une taverne célèbre de par tout le royaume, tant sa légende était prospère. On la disait dissimulée au sein d’une petite clairière enchantée et protégée par les sortilèges d’un mage puissant, car rares étaient ceux qui parvenaient à trouver l’endroit ou même à y passer la nuit sans rencontrer de problèmes. Il fallait pour cela être bateleur ou contrebandier, pas moins. On y tranchait allégrement les gorges comme les bourses, et l’on y buvait du sang dans les crânes humains, prétendaient les uns. Faux, rétorquaient les autres, on y côtoyait des elfes et des ondins et l’on y dansait toute la nuit sous l’ombrage des chênes millénaires. Ce lieu, noyé dans un flot de mystères et de légendes, animait les rêves de la jeune femme, tout autant que le désir de pouvoir, de richesse et de prestige. En entrant dans le Weyr du jeune Anaviel Myst Indalwë, Narcisse s’était attendue à ressentir la même angoisse, la même impatience qui l’exaltaient au milieu de ses songes, mais pourtant il n’en fut rien. Cour de féerie ou antre du monstre ? En vérité, rien de tout cela. Le Weyr était un simple appartement de bois et de pierres, dissimulé il est vrai dans un décor pour le moins basique et sous l’unique protection de quelques serviteurs. Elle se força à se montrer plus compréhensive, à apprécier la sobriété qui se dégageait du salon. Habituée aux extravagances de son Maître, la tâche fut difficile mais pourtant pas impossible. Au moins, elle n’avait pas le sentiment d’être épiée par Elendel. Ici, elle était comme dans une petite boite fermée à clefs : dans un monde bien à elle, habité par les créatures qu’elle désirait rencontrer. Les méchants n’avaient pas leur place. Les gentils eux étaient à l’image des personnes qu’elle admirait ou qui l’intimidaient. Cela ne l’empêcha pas d’être celle qu’elle avait été la première fois qu’Anaviel l’avait rencontré : au détail près qu’elle craignait bien plus la réaction de son bourreau qu’à ses débuts au Kaerl Ardent.

- Ne vous moquez pas de moi, Anaviel Myst Indalwë.

Un sourire profondément sarcastique fendit ses lèvres, puissant et naturel. L’Anaviel qu’elle avait actuellement en face d’elle semblait préoccupé, trop attentionné et surtout plus sage qu’il ne l’avait été avec elle à l’époque. Non seulement cela ne lui ressemblait pas du tout, mais de plus, Narcisse se sentait en danger. Il fallait absolument qu’il retrouve son comportement d’antan, au moins pour qu’elle parvienne à se mettre à l’aise et puisse exécuter ses plans les plus secrets. L’elfe taquin sommeillait-il à cette heure de la journée ? Ne lui avait-il montré qu’une façade de lui-même ? Avait-il changé depuis le temps ? Les quelques instants passés en présence n’avaient-elles été que mensonge et conte de fées ? Qu’en était-il alors de son maître, celui qui avait eu le cran de la traiter de baleine alors même qu’une centaine d’aspirants étudiait dans les allées de la bibliothèque ? Elle avait le terrible sentiment de s’être trompée sur toute la ligne. L’idée de quitter la pièce sur le champ lui passa par la tête, mais elle la chassa rapidement : si elle venait à partir sans se justifier, alors l’aspirant trouverait cela suspect. Elle soupira et tenta de retrouver son calme. En tant que femme de caractère, il n’y avait pas de raison qu’elle ne prenne pas le dessus sur lui. Elle voulait loger dans ses appartements. Elle le voulait lui, pour l’argent, pour le pouvoir, pour le prestige, mais également pour se satisfaire d’un elfe dont le charme et le physique étaient reconnu au Kaerl Ardent. Peut-être lui ferait-il oublier la cruauté d’Elendel.

Cruauté ? Narcisse ne savait quoi penser. Elle l’aimait tout autant qu’elle le détestait. Elle était heureuse tout autant qu’elle se sentait souffrir, dévorée par le doute, l’incertitude et l’appréhension de chaque instant de la journée.

Ses mains tremblèrent un instant sur la petite table du salon. Par réflexe alors, pour cacher à son interlocuteur les doutes qui l’envahissaient, elle serra les poings et reprit. Comme elle avait commencé, tout était parfait. Il ne lui fallait pas se détourner de son but premier ! Surtout pas après avoir eu la chance que cet aspirant lui ouvre aussi généreusement sa porte. Ne lui avait-il pas proposé la collocation ? Ne s’était-il pas amusé à l’idée de comparer un déshabillement avec l’épluchage d’une patate ? Il était l’idéal, le bon vivant, celui qu’il lui fallait comme allié plus que comme ennemi. Dans le camp adverse, il se révèlerait être trop dangereux. Consciente de ses maigres talents, elle se redressa, mit en avant sa poitrine, les boucles de sa chevelure, son parfum de fleur et l’élégance de ses gestes. Elle n’oublia pas son caractère bien trempée, élément marquant à côté de l’habituelle noblesse que l’on notait chez les femmes de bonne famille.

- Vous savez très bien pourquoi je suis venue. Vous connaissez mes intentions mieux que quiconque, mais également mon manque de patience lorsque je n’obtiens pas ce que je désire dans les instants qui suivent. D’où vous vient cette soudaine générosité, Aspirant Myst Indalwë ? Vous étiez pourtant bien moqueur à l’Observatoire. Une mauvaise langue qui a réussi à me rendre aussi furax d’un chat sauvage…mais également un charmant jeune homme capable d’attiser mes désirs les plus inimaginables. Oui...on va dire que vous avez ravivé des rêves que j'avais enterré à des lieux sous terre, n'espérant plus y accéder.

Elle pointa du doigt le visage de l’elfe.

- Oh ! Vous avez un filet de bave au coin de vos lèvres ! Juste là !

Elle se pencha au-dessus de la table, approchant son visage au plus près de celui de son interlocuteur.

- Ne bougez pas !

Là elle passa sa langue sur la partie du corps désignée au préalable, sans même une once d’hésitation. Aujourd’hui, il lui fallait faire preuve d’aucune pitié. Elle devait aller jusqu’au bout de ses ambitions, provoquer, se mettre en danger et même risquer de tout perdre. Son avenir au Kaerl Ardent était en jeu. Le confort de sa couche, ses compagnons masculins, la qualité de ses repas, tout pouvait changer en un claquement de doigts. Mais pour cela, Narcisse était consciente qu’il fallait qu’elle s’en donne les moyens, sans quoi elle n’obtiendrait rien de ce monde.

- Ce que je veux, vous êtes le seul à pouvoir me l'offrir sans ne rien me demander en échange.

* Elendel Hastin ! Je vais te prouver à toi et ta sale petite tronche que même une pauvresse d’Ören peut devenir celle qui te fera plier le genou ! Et toi, Alauwyr Iskuvar ! Lorsque je serai sur ton trône, tu seras moins fier ! *
Anaviel Ïndalwë
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MessagePosté le: Dim 8 Juil 2012 - 23:37 Répondre en citantRevenir en haut

En laissant entrer Narcisse, l'elfe avait remarqué que le caractère de Narcisse n'avait pas totalement disparu. Pourtant, elle semblait hésitante comme si quelque chose avait commencé à la changer d'une certaine manière.

Tout d'abord, il y avait eu cette phrase expéditive sur une quelconque moquerie qui pourrait venir l'ennuyer. Pourtant, Anaviel n'avait encore rien fait. Ensuite, il y avait eu ces tremblements d'une des mains de la jeune aspirante d'Elendel qui avaient été rapidement éliminé alors que la jeune s'était fait force pour quelque chose. D'une certaine manière, Anaviel ne pouvait que compatir pour elle.
Le Maître Brun avait vu ce qu'Elendel avait fait de cette elfine qui vivait dans ces appartements. Comment s'appelait-elle déjà ? Kelwyn ? Peu importe, de toutes manières, il était possible que la pauvrette ne reconnaîtrait pas son propre nom. A moins bien entendu qu'Elendel ne le lui fasse comprendre.

Ainsi Anaviel écouta Narcisse sans vraiment croire qu'elle serait la même que celle qu'il avait rencontré quelques mois auparavant : amusante, susceptible et surtout intéressante. Ses intonations semblaient montrer plus de confiance et de détermination mais ses mots donnaient l'impression qu'elle tentait surtout de se persuader qu'elle était forte.

Malgré tout, Anaviel eut droit à une réplique de la jeune femme qu'il lui avait lui-même lancé pour la taquiner. Jouant le jeu, il commença à porter la main pour essuyer le coin des lèvres qu'elle désignait mais il fut pris de vitesse par la jeune femme qui goûta à la prétendue salive dégoulinante du bout de la langue.

L'elfe la regarda avec surprise et resta ainsi béat d'étonnement tandis qu'elle le fixait avec provocation et une détermination renouvelée. Il n'entendit pas même les mots qu'elle lui énonça par la suite mais il était inutile de l'écouter pour comprendre : elle avait montré qu'elle était prête à tout pour parvenir à ses fins.

Finalement, l'elfe reprit consistance et ne put s'empêcher de réprimer un fou rire, d'abord étouffé, puis gloussant et enfin exclamé. Son rire était si puissant qu'il traversa la porte pour se faire entendre dans les couloir. C'était un rire joyeux et sincère, pas d'intonation lugubre et aussi clair que celui d'un enfant.
A vrai dire, l'elfe en avait les larmes aux yeux. La dernière personne à l'avoir fait rire aussi sincèrement avait été Lilwen qui lui avait posé la question la plus stupide qu'il n'ait jamais entendu. Mais Narcisse avait battu la première élève avec brio grâce à un acte provocateur phénoménal.

L'elfe s'essuya le coin des yeux et laissa échapper encore quelques gloussements. Zaknafein qui avait senti un changement s'inséra dans son esprit.

°Qu'est-ce qui t'arrive, pauvre tâche ?°
°Juste la plus remarquable et agréable surprise de ma vie.°

Et sans en dire plus, l'elfe lui ferma les portes de son esprit, se consacrant alors entièrement à Narcisse.

"Désolé..."

Un nouveau gloussement lui échappa avant qu'il ne reprenne un total contrôle de lui-même et qu'il s'adressa à elle avec un sourire moqueur.

"Ah... Personne ne me l'avait jamais fait ce coup là... Je crois que je vais me mettre à baver plus souvent qu'à l'accoutumée si vous prenez aussi bien soin de ma personne..."

Un sourire moqueur apparut sur le visage de l'elfe avant de continuer.

"Dire qu'en plus, vous êtes arrivée jusqu'ici en croyant toujours que je suis aspirant. Je pense que je vais refaire ma présentation. Je me nomme Anaviel Indalwë, Maître Brun lié au dragon Zaknafein."

L'elfe sourit aimablement avant de reprendre.

"Ne vous inquiétez en aucun cas, je ne tiens pas vraiment à ce que vous changiez de comportement en entendant mon titre. Justement, c'est votre personnalité téméraire et votre caractère féroce qui a attiré mon attention. J'espère que cela ne changera en rien les affinités que nous avons, Dame Narcisse d'Istelden, aspirante du Maître Brun Elendel Hastin."

Il lui lança un regard provocateur puis se mit à ajouter.

"Puis-je vous dire que je vous trouve particulièrement belle aujourd'hui ?"
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Lun 9 Juil 2012 - 23:04 Répondre en citantRevenir en haut

- Ah, Sire Anviel Myst Indalwë ! J’aurais dû me douter ce jour là qu’il n’émanait de vous que mensonge et tromperie ! L’échange était bien trop beau pour qu’il ne cache rien de malsain. Soit, je ne changerai pas mon comportement à votre égard malgré cette imposture, mais à une seule et unique condition, et elle se doit d’être irrévocable : répétez le compliment que vous venez de me faire autant de fois que cela vous sera possible et ce, avec une sincérité non feinte et un brin d’amour ! Faites-le jusqu’à l’épuisement de votre corps, jusqu’à ce que vous soyez dépourvu de salive, d’énergie et incapable de prononcer le moindre mot durant des jours, des semaines voire des mois entiers ! Faites le au rythme que vous désirez, de la manière qui vous semble la plus convenable…Je vous autorise bien évidemment à ajouter de petits suppléments…

Narcisse se mit à sourire, puis s’installa plus confortablement sur la chaise. Penchant la tête sur le côté pour mieux l’observer, elle commençait à se demander si elle n’allait pas trop loin en le provoquant ainsi, prenant le risque que les choses ne tournent pas à son seul avantage, mais plutôt à celui de son interlocuteur. Elle redressa sa tête : ses yeux pétillaient d’amusement. Finalement, l’aventure lui plaisait et lui faisait oublier le poids du quotidien. Ses joues, rosées, marquaient son amusement, sa joie de vivre et l’immensité du plaisir qu’elle ressentait à l’instant présent. Il y avait longtemps qu’on ne l’avait pas diverti ainsi. Si longtemps qu’elle ne savait pas si cela était sain pour elle : qu’importe, Elendel Hastin n’était pas là ce soir pour l’empêcher d’agir à sa guise.

- Il en faudra beaucoup pour me convaincre de vous pardonner cet affront, vous ne croyez pas ?

Elle joua avec une mèche de ses cheveux, détournant le regard. La suite se fit sans aucun échange visuel.

- Allons, pour complimenter aussi bien une jeune femme, vous devez connaître les exigences de ces dernières. Ne simulez donc pas la surprise ! Et retenez bien une chose : je ne suis comme aucune d’entres elles. Pour remporter le jeu, il va falloir vous souvenir de chacune de mes paroles, de chaque respiration, de chaque gémissement, de chaque regard et même du moindredes gestes que j’ai pu accomplir sous vos yeux. Chacun dévoile mes rêves, mes préférences, mes peurs, mon caractère et si vous êtes quelqu’un de perspicace, quelques uns vous ouvriront une porte vers les secrets que je garde précieusement.

Cette dernière phrase sonnait comme un défi. Narcisse était une femme, cela était indéniable. Cependant, contrairement aux autres, elle se plaisait à isoler les points sensibles de son corps, n’évoquait jamais ses sujets de conversation préférés et se cachait bien de dire qu’elle préférait de loin les fleurs à un bijou ceint de pierres précieuses. Elle aimait vanter sa beauté, ses capacités et même son désir de pouvoir et de richesse ! Même son plan pour détrôner Alauwyr Iskuvar était connu de ce dernier. Il ne s’agissait pas d’une imprudence de sa part. Elle espérait de par cette attitude attirer les plus gros poissons dans ses filets. Le Seigneur Ardent allait-il rester sur ses gardes en sachant comment son ennemie allait tenter de le tuer ? Jamais. Il se croyait au dessus de tout, si puissant que personne ne pourrait l’atteindre. Et alors, un jour peut-être, s’ouvrira une faille par laquelle Narcisse entrera, pour mieux frapper. Il en était de même avec les hommes riches qui lui ouvraient leurs portes et les femmes jalouses qui faisaient d’elle la cible de rumeurs. Elle les écrasera tous. Tous un par un, comme de misérables moustiques. Certains au Kaerl Ardent avaient cependant retenu son attention, dont Anaviel Myst Indalwë. Ceux-là, Narcisse les voulait à ses côtés…alors même qu’ils étaient à eux seuls ses plus grandes faiblesses. Après avoir fixée un long moment le principal concerné, la jeune femme se leva et se dirigea vers la fenêtre, tournant le dos à la pièce. Allait-il la faire couler si elle le fréquentait plus longtemps ? Elle secoua la tête pour chasser cette possibilité de son esprit. Il n’était pas temps de faiblir, elle avait un défi à remporter.

Elle portait une chemise en simple lin blanc, car elle avait toujours trouvé que l’écru n’était pas approprié aux femmes de nature noble. Ornée de dentelles fragiles, de rubans, les manches étaient si larges qu’elles mettaient valeur la finesse de sa taille, plus que la maigreur de ses bras. A cela s’ajoutait une jupe aux teintes bleues d’océan, ample et longue. Un petit corset à lacets lui maintenait fermement la poitrine. Gênant pour respirer, il n’en restait pas moins que c’était le secret même de l’élégance. L’air de la fenêtre était le bienvenu cependant…un instant, elle avait cru perdre toute possibilité de respirer.

- Un aspirant pourvu de privilèges…hum…je comprends mieux la raison d’un tel patrimoine…Le Seigneur Ardent me l’avait bien dit : « Ici, il faut se battre pour mériter son statut ». Je doute qu’un aspirant réponde à ce critère, aussi intelligent et rusé soit-il.
Anaviel Ïndalwë
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MessagePosté le: Lun 9 Juil 2012 - 23:56 Répondre en citantRevenir en haut

L'elfe l'écouta avec amusement. Elle semblait être détendue à présent et c'était bien mieux comme cela. Un petit sourire restait appuyé sur le visage de l'elfe tandis que la jeune femme parlait. Oui, c'était bien la même jeune femme qu'il avait rencontré dans l'observatoire si ce n'était qu'elle semblait avoir quelque peu muri, limitant sa fougue pour ne rajouter que plus de caprices et de provocations dans ses paroles. Un vrai délice à entendre et à regarder car après tout, elle n'était pas désagréable physiquement.

"Un compliment ? Quel compliment ma chère ? Si vous voulez parler du fait que je vous trouve belle, n'y voyez là qu'une vérité et non une flatterie. Cependant vous me blessez quelque peu. Je me suis montré plutôt honnête la dernière fois. Bien sûr, si vous faîtes allusion à la bave qui coulait de vos lèvres, je l'avoue, c'était juste une manière de vous taquiner mais au moins cela a porté ses fruits et vous vous souvenez agréablement de moi, non ?"

Anaviel sourit puis s'approcha doucement de la demoiselle avec un doux regard aguicheur.

"Bien entendu, s'il vous plait de l'entendre, je ne cesserai de vous le dire mais j'espère cependant que vous ne vieillirez pas trop vite ou encore que vous ne grossirez pas au point d'être affreuse. Je n'aime pas mentir, voyez-vous..."

Il se recula ensuite, se repositionnant sur son fauteuil de la manière la plus confortable.

"En tous les cas, je suis heureux de vous revoir. A l'époque, je ne vous connaissais que par vos réactions montrées à l'observatoire. J'ai ensuite enquêté sur vous et c'est ainsi que j'ai découvert qui était votre tuteur ou même vos actions. Zaknafein m'a même raconté que vous aviez rencontré mon ancienne aspirante."

L'elfe s'arrêta un instant avant de reprendre avec un sourire toujours plus grand.

"J'ai entendu parler de votre rencontre avec le Seigneur Iskuvar ainsi que de ce qui s'est passé par la suite. En sachant cela, vous m'avez donné envie d'encore mieux vous connaître."

Anaviel émit un léger rire avant de reprendre.

"En fait, vous me rappelez la fois où je suis moi-même arrivé devant lui. Bien sûr, il n'était que le Second à l'époque et je ne suis encore jamais allé jusqu'à vouloir le tuer mais je me souviens l'avoir suffisamment humilié pour qu'il me garde une certaine rancune, ce que je ne doute pas qu'il ressentira aussi pour vous lors de votre Empreinte."

L'elfe l'observait à présent avec amusement.

"Cependant, je ne crois pas que vous ne soyez venue ici pour seulement discuter en ma compagnie. J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec le Maître Brun Elendel Hastin pour quelques échanges qui m'ont permis de mieux le connaître et j'ai pu comprendre, d'une certaine manière, qu'il avait une certaine tendance à rendre la vie très difficile aux personnes qui lui sont proches. J'espère pouvoir vous aider du mieux que je peux mais pour l'instant, je suis dans l'impossibilité de vous retirer à lui tant que vous ne serez pas liée. Toutefois si vous venez à dormir chez moi ce soir, je vous raccompagnerai à sa porte le lendemain et ainsi je suis certain qu'il vous rendra la vie bien moins difficile en voyant à qui vous vous êtes alliée."

Anaviel sourit de nouveau avant de reprendre.

"Bien entendu, vous avez le choix et je ne vous oblige en rien. Si vous restez ici cette nuit, je ne vous obligerai pas à partager ma couche ni même commettre des actes que vous pourriez m'accuser avec raison. Non, je vous propose juste de lui donner une image et de le laisser imaginer à une conclusion qui pourrait l'amener à revoir son jugement envers vous. Qu'en pensez-vous, Dame d'Istelden ?"
Narcisse d'Istelsten
Invité

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MessagePosté le: Dim 22 Juil 2012 - 13:12 Répondre en citantRevenir en haut

- Maître Indalwë…vous ne semblez pas comprendre à quel point cet homme peut se révéler être dangereux. Je saisis bien l’idée que vous avez à l’esprit, mais si mon Maître venait un jour à émettre le souhait de partager ma couche, comme il me le laisse sous-entendre depuis mon arrivée déjà, alors il se rendra rapidement compte que jamais je n’ai abandonné à quiconque, pas même à vous, ce qu’une femme a de plus précieux ! Et alors le jeu tombera à l’eau, sans qu’aucune autre alternative ne puisse être proposée, sans qu’aucune parole ne puisse justifier le mensonge et redresser la situation à mon avantage. Vous pouvez bien être mon allié le plus précieux, mon ami le plus cher ou encore mon amant le plus fidèle, cela ne l’empêchera pas, loin de là, d’avoir un coup de sang un soir et de me contraindre à …à me fondre dans le rôle de la femme aimante.

Narcisse soupira longuement : ce n’était pas dans ses habitudes de renoncer aussi facilement à une solution pourtant source inépuisable d’idées et de plans machiavéliques. Cette attitude étrange pouvait s’expliquer non sans peine par un fait indéniable : la jeune femme craignait de plus en plus les colères de son Maître, mais aussi ses marques d’affections, ses punitions, ses présents et tout ce qu’il pouvait lui offrir lorsqu’elle accomplissait des actions qui le ravissait ou, qui, au contraire, le rendait fou de rage au point de le métamorphoser en moins de temps qu’il n’en faut pour changer de chemise. Les mains jointes, elle fixait le sol du Weyr avec insistance, refusant de reporter à nouveau son regard sur son interlocuteur. Elle avait honte : pourtant, elle ne pouvait réagir autrement qu’ainsi, car sa vie était en jeu. Elle reprit, s’efforçant de donner à sa voix un peu d’assurance.

- Vous savez très bien de quoi je veux parler, n’est-ce pas ? Simplement donner une image, une illusion, ne suffira pas à le duper, pas longtemps du moins. Son impatience se fait sentir, je lui suis insupportable, car mes réactions sont disproportionnées, notamment devant la provocation de Chevaliers ou de Maîtres. Il voit les jeux du lit comme une manière de me soumettre à lui, mais aussi de me rendre plus adulte que je ne le suis aujourd’hui. Lors de ma première rencontre avec lui, il a même parlé de cela comme d’un « entraînement physique », en plus de maîtrise des armes et de la magie.

Ses doigts s’entrelacèrent, se serrèrent...elle ne pouvait plus supporter cette lourde pression sur ses épaules.

- Cet homme… à chaque fois qu’il me parle, à chaque fois qu’il m’enlace et qu’il me demande si je le hais, je ne parviens pas à lui dire la vérité, je lui dis le contraire, je …Je ne comprends jamais ce qu’il se passe…mes sentiments passent sans discontinuer d’un extrême à l’autre, comme si je ne pouvais rien contrôler. Ecoutez…

Elle reposa son regard sur le Maître Brun.

- Je suis une bien piètre menteuse, nous ne le bernerons jamais. Il hésitera un instant, puis les choses reviendront à la normale. Je commence à me demander s’il n’aurait pas été plus judicieux que je parte lorsqu’il m’en a fait la généreuse proposition…pourquoi donc ai-je refusé ?

Oh elle savait très bien pourquoi et les raisons de sa folie lui revinrent en mémoire rapidement. Elle désirait le pouvoir. Elle désirait une nouvelle vie, de l’aventure, de la richesse, des amours d’un soir comme elle n’avait jamais pu avoir à cause de la surveillance constante de son père, qu’elle considérait aujourd’hui décédé, bien malgré la curieuse lettre qu’elle avait retrouvé. Tout cela, seul le Kaerl Ardent pouvait le lui offrir, car Ören la craignait pour ses manigances financières et s’était même arrangé pour la chasser, faire plier sa famille et même chercher à l’enfermer, pour qu’elle ne représente plus aucun danger. Combien de familles nobles s’étaient opposées à elle, alors même qu’elles avaient été de fidèles alliées pendant des années voire des décennies durant ? Narcisse fixa avec insistance le Maître Brun. Et lui alors ? La manipulait-elle également pour obtenir quelque chose qu’il désirait ardemment ? Il la connaissait à peine et pourtant il entrait dans son jeu sans tenir un seul instant compte des risques à courir ? Et pourquoi cherchait-il à la sauver ? Serait-ce pour mieux l’humilier ? Perdue, l’aspirante fit face à la fenêtre. Cela n’était pas possible !

- Si seulement j’avais réussi à tuer le Seigneur Ardent…si seulement je n’avais pas échoué…alors je n’en serai pas là en ce moment. J’étais si proche du but vous savez ! Si proche ! Au dernier moment, il a senti ma présence et a pu éviter mon coup ! La seule marque de ma venue ce soir là, c’est une coupure au niveau du torse. Minable n’est-ce pas ? Peu digne d’une Istelsten.

Elle porta sa main à son cou : ce soir là, elle avait failli mourir. Cette pensée la fit frissonner.

- Mais vous avez raison : je ne suis pas là uniquement pour converser. Je n'obtiendrai pas ce que je désire de toutes les manières, aussi...

Elle prit la direction de la sortie : inutile de s'humilier plus longtemps devant le seul qui la regardait autrement que comme une aspirante.
Anaviel Ïndalwë
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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2012 - 01:04 Répondre en citantRevenir en haut

L'elfe écouta les plaintes de Narcisse avec attention. Non seulement, les dires de la jeune femme ne faisait que conforter sa propre opinion sur le Maître Brun mais Anaviel avait de nouvelles informations qui dévoilaient davantage le côté pervers et sadique de l'homme.

D'un côté, l'elfe ressentait un respect pour l'homme car pour réussir à dompter de la sorte qui que ce soit possédant un caractère aussi fort que la jeune femme, il fallait être doté d'énormément de patience. Mais d'un autre, Elendel Hastin offrait à Anaviel une raison d'éprouver de la colère et du dégout.
Que l'homme se permette de calmer les ardeurs de la jeune femme passait encore mais de là à réduire à néant tout le potentiel prometteur qu'elle gardait en elle de par sa personnalité enflammée, c'était un acte inexcusable.
D'une certaine manière, le Clown Noir appréciait la compagnie de Narcisse. Non seulement, elle était agréable à regarder et à entendre, d'un simple point de vue vocal tout du moins, mais sa première rencontre avait surtout joué en la faveur de l'Aspirante grâce à ce caractère de feu qui promettait des moments amusants entre duels verbaux, provocations et séductions.

A présent, quand il voyait la jeune femme, il rencontrait une demoiselle affublée d'un robe ridiculement luxueuse dont les petites filles de haute noblesse se plaisaient à habiller leurs poupées, parlant d'une voix mélancolique semblable au miaulement plaintif d'un chat de gouttière malade mais surtout, d'un résidu fantomatique de sa personnalité qui semblait devenir plus transparente à chaque seconde.

C'était bien là ce pourquoi Anaviel ne pouvait pas pardonner Elendel de ses manières : d'une œuvre d'art, il s'était permis d'effacer le fond pour le remplacer d'un gribouillage sommaire. C'était inacceptable et il faudra sûrement lui donner une leçon dont il se souviendra assez longtemps pour lui retirer toute envie de souiller des chefs d’œuvre de ses doigts avides et sales.

Tandis que Narcisse s'apprêtait à quitter les appartements d'Anaviel, ce dernier fut partagé entre le soulagement de pouvoir voir partir l'horreur qu'elle était devenue de son antre et le besoin de réparer les erreurs de son Maître, à savoir, la sauver de cette destruction d'identité qui semblait fonctionner avec tant d'efficacité.
Quelques secondes suffirent pour Anaviel pour trouver quelques solutions, certaines seraient plaisantes mais ne marcheraient pas forcément, d'autres seraient légèrement moins simples mais toutefois plus efficaces.

"Vous partez déjà ? Quel dommage..."

L'elfe employa le ton sarcastique dans le but de provoquer la jeune femme et goûter à la répartie cocasse dont elle pouvait faire preuve.

"Venant de vous, cela me déçoit... Je vous pensait plus persévérante à vrai dire... Enfin, si vous souhaiter laisser à Elendel Hastin goûter le goût de la victoire aussi facilement, je suppose que j'ai du vous surestimer et dans ce cas, il est inutile de revenir me voir..."

L'elfe l'observa en arborrant un rictus moquer. Il n'était plus le petit plaisantin de l'observatoire, là il agissait tel un Maître envers un élève qui ne méritait même plus le niveau de cancre à un tel niveau.

"Vous êtes venue me voir pour me demander de l'aide, n'est-ce pas ? Je vous ai dit que je ne pouvais pas vous enlever du tutorat d'Elendel Hastin mais je n'ai jamais dit qu'il n'y avait pas d'autres solutions."

L'elfe observa la demoiselle avec sévérité et utilisa un ton autoritaire malgré sa voix douce.

"Réfléchissez ! Vous dîtes que s'il voit que vous n'avez offert à personne votre virginité, il comprendra que vous vous êtes payé sa tête. Je peux le comprendre. En ce cas, vous pourriez me l'offrir ici et maintenant si vous le souhaitez."

Un sourire apparut sur le visage d'Anaviel. Comment allait-elle réagir ? Allait-elle faire la vierge effarouchée ou allait-elle seulement rougir stupidement comme la pauvre poule de taverne qui se faisait tripoter à chaque seconde lors de sa première journée de travail ?

"C'est une solution comme une autre... Enfin bien sûr, je ne vous force en rien, je ne suis pas le Maître Hastin ce qui signifie que vous ne le paierez en aucune manière si vous me lanciez un refus catégorique sur la question."

Il s'arrêta un instant avant de reprendre.

"Nous pourrions sinon passer la nuit à discuter de choses et d'autres et ainsi quand nous reviendrions le voir le lendemain, vous n'auriez pas à mentir en prétendant avoir appris à me connaître... Vous savez, dans la majorité des cas, les hommes atteint d'un si haut degré de perversité voit généralement le sens caché d'une telle formulation."

Un rire s'échappa de sa gorge avant qu'il ne reprenne.

"Sinon, j'aurais bien d'autre solution à vous proposer... il se trouve que le Seigneur m'a octroyé un poste symbolique pour mieux m'observer et m'obliger à m'occuper. Or, il se trouve que j'ai besoin d'une assistante capable d'une certaine vivacité d'esprit, est-ce que cela vous intéresserait ? Ce poste vous offrirait une rémunération conséquente et donc d'une certaine autonomie qui vous permettrait de refuser les cadeaux empoisonnés de votre cher Maître, la possibilité de dormir dans mes appartements sous prétextes de travaux du soir."

L'elfe sourit doucement, espérant que Narcisse verrait là l'opportunité qu'elle attendait.

"Si vous êtes intéressée, je serais ravi de travailler avec vous."
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Jeu 26 Juil 2012 - 21:14 Répondre en citantRevenir en haut

Cela fait bientôt une vingtaine d’années que Narcisse d’Istelsten ne laisse jamais ses interlocuteurs terminer leurs phrases, plus particulièrement lorsqu’elles jouent dangereusement en la faveur de l’un de ses adversaires. Il en va sans dire que le Maître Brun Anaviel Myst Indalwë ne manque pas de vocabulaire et de bavardise dès qu’il s’agit de remporter une bataille. Porteur d’un rêve mystérieux, d’une motivation étouffée, la jeune femme le savait soutenu par des qualités difficiles à aliéner, même pour quelqu’un qui en a pris l’habitude : l’hardiesse, la conviction, l’ingéniosité et une certaine forme de mansuétude, presque infime. Alors, fidèle à sa réputation au Kaerl, tout du moins son ancienne, Narcisse lui fit face tandis qu’i déblatérait nombre d’idées sans même lui permettre de répondre, l’obligeant à garder pour elle protestations et refus catégoriques. Son regard métallique était chargé de colère, mais il s’y lisait également l’inspiration d’un peintre devant son œuvre d’art, au même titre que la motivation d’une guerrière face à une armée entière d’ennemis. Elle s’avança sans un mot, refusant de le quitter du regard afin de ne pas tomber dans un piège ou une ruse qui lui attirerait de gros ennuis. Pour elle, le jeu commençait.

A peine eut-il terminé sa phrase que l’aspirante ne se gêna pas pour délasser, sous ses yeux, le col de son chemisier, lui dévoilant un décolleté prononcé ainsi qu’une peau pâle et, l’imagine-t-on, douce au toucher. Elle se sépara ensuite de ses longues bottes de cuir noir, puis releva légèrement son jupon jusqu’aux genoux, avant de s’asseoir confortablement sur ses jambes aux muscles saillants. Face à lui, souriante, ses cuisses enserrant ses hanches avec force, elle s’accrocha à ses épaules pour trouver l’équilibre idéal avant de l’embrasser avec fougue. Ses mains, peu à peu, se mirent à glisser le long des bras de l’elfe, ses doigts cherchèrent sa peau, ses cicatrices, ses points les plus sensibles pour finalement se croiser derrière sa nuque.

Malgré son empressement et la vigueur ses gestes, elle ne lui laissa pas le temps de la toucher, saisissant ses poignets lorsqu’elle en eut l’occasion. Leurs lèvres se séparèrent et la jeune femme posa doucement son front contre celui du Maître Brun, fermant les yeux pour ne pas avoir à affronter son regard et, dans ce même temps, ce qu’il pouvait bien penser de cette situation pour le moins inattendue. A cet instant précis, son seul et unique but était de le faire plier devant elle. Elle désirait lui prouver qu’elle était capable de tout pour atteindre son objectif, même si pour cela, il lui fallait offrir à un homme le peu qu’il lui restait de sa vie d’avant, dont ses coutumes nobles. Le séduire était, dans la situation actuelle, la méthode la plus adaptée. S’il cédait à ses avances, pas comme un animal affamé mais comme un homme amoureux, alors elle aura remporté une grande victoire au Kaerl Ardent, plus grande même que toutes les autres et cette dernière pourrait être un poids de taille dans la balance du destin. Une arme contre Alauwyr Iskuvar et Elendel Hastin, ses deux plus grands ennemis, mais aussi les seuls pour lesquels elle ressentait à la fois de l’amour et du mépris. Il fallait absolument qu’elle fasse naître en lui de l’amour, une forme de dévotion ou encore du désir. Il fallait qu’elle soit autre chose qu’un objet de plaisir, plus encore qu’une simple aspirante sortie de nulle part. Une déesse. Une amante. Non…une femme. La femme idéale, que tout le monde convoite, admire, complimente. De là à se marier avec le Maître, peut-être pas, mais au moins voir dans son regard ce qu’elle n’avait vu chez personne depuis bien longtemps.

Un long moment s’écoula entre le début de sa séance de séduction et l’instant présent. Sa voix se fit plus légère que d’habitude, sans pour autant être « fausse ». Elle parlait doucement, tout simplement parce que son contact intime avec son interlocuteur le lui permettait. Mais avant de prononcer son premier mot, elle détacha son front de celui de son incollable partenaire, croisant son regard pour la première fois depuis bien des minutes.

- Je vous propose un petit jeu. Si vous me donnez la bonne réponse, alors je vous octroierai le droit de me demander une chose. Une seule et unique chose. La question est : « Pensez-vous que je serai réellement prête à m’offrir à vous pour donner à mon Maître le sentiment que son aspirante s’est faite de puissants alliés ? ».

Elle émit un rire léger puis l’embrassa à nouveau, veillant à ce qu’il ne soit pas tenté de la tripoter. Ses doigts passèrent dans ses cheveux, puis dans sa nuque avant de s’aventurer sous son vêtement, jouant avec le nombril et le dessin des muscles.

- Alors, j’attends votre réponse ! De cette dernière dépendra également mon choix parmi les idées que vous m’avez préalablement présentées. Jouez le jeu je vous prie ! Formulez votre réponse comme il vous conviendra…par les mots…par le regard…ou par les gestes. J’attends !

Elle croisa les bras sur sa poitrine, se maintenant à lui par la simple force de ses cuisses. Les épaules dénudées, elle sentait l’air frais du dehors. Un frisson la parcourut, léger, mais suffisamment gênant pour qu’elle en ferme les yeux. Le but était là de se concentrer pour ne pas ressentir les désagréments de la saison, bien que bientôt, l’été pointera le bout de son nez. Son parfum embaumait la pièce. Fruité, léger, il n’obstruait pas les sens.
Anaviel Ïndalwë
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MessagePosté le: Jeu 26 Juil 2012 - 23:23 Répondre en citantRevenir en haut

D'une certaine manière, l'elfe n'était pas totalement surpris de l'audace de la jeune femme. Il la savait prête à tout même à devoir s'exhiber pour mieux charmer les hommes qui lui étaient utiles. C'était une méthode efficace qu'Anaviel avait eu l'occasion d'expérimenter à maintes reprises afin de se rapprocher de telle ou telle personne, homme ou femme, pour mieux s'accaparer leurs secrets ou s'en servir de tremplin pour se rapprocher d'une autre cible plus importante. Narcisse semblait douée pour cela et cela trahissait le fait qu'elle n'était pas inexpérimentée dans le domaine de l'érotisme, un point fort qui était encore mieux mis en valeur grâce à la beauté plus qu'agréable de l'Aspirante.

Anaviel l'observa tandis qu'elle se délassait de ses quelques habits mais au lieu de pleinement admirer ce spectacle fortement plaisant à regarder, il étudia plutôt les gestes, la souplesse d'action et la vitesse qu'elle utilisait pour user de ses charmes. Elle aurait pu être une parfaite danseuse si elle l'avait voulu. Mais le fait était qu'elle était toujours aussi pure, étrange quand on voyait la teneur de la sensualité dont elle pouvait faire preuve...

La voyant approcher, il se surprit à comparer la démarche de la demoiselle à celle d'un chat. Une démarche audacieuse, sensuelle, nonchalante mais surtout fière. Peu à peu, il fut presque hypnotisé par le déhanchement lancinant de femme séduisante qui était toujours plus près de lui à chaque seconde.
Au fond de lui, il sentait cette vague de désir qui le submergeait et peut-être Narcisse avait-elle senti l'effet qu'elle avait pu produire à l'elfe lorsqu'elle s'installa sur lui dans une position des plus inconfortables pour le mâle qu'elle venait de séduire.

Enfin vint le baiser, fougueux et reflétant bien le caractère de l'Aspirante. Mais alors que l'elfe tenta d'aller plus loin pour répondre à cet érotisme, la jeune femme lui agrippa les poignets.
Ainsi avait-elle créé le mur qui le séparait d'elle à présent et finalement, ce fut ce qui ramena l'elfe à la raison.

*Ainsi donc, voilà pourquoi elle est toujours vierge. Très fort, jeune fille, très fort...*

Redevenu capable de réfléchir, il put de nouveau analyser la situation. Toutefois, son corps continuait à trahir son désir d'aller plus loin.

Puis d'une voix douce, la belle se mit à lui murmurer les règles de son petit jeu. Voilà qui était intéressant. Ecoutant la question, il se mit à sourire, la défiant du regard avec une certaine provocation attisée par le désir. Puis, enfin, l'elfe se mit à répondre sur le même ton employé par la belle Aspirante.

"Question facile à répondre... Vous me demandez si je pensais réellement que vous m'offririez votre corps pour obtenir une victoire sur votre Maître et le remettre à sa place..."

L'elfe émit un petit rire avant de reprendre.

"Vous êtes douée pour user de vos charmes, Narcisse. Bien trop douée pour être une débutante... Et si vous êtes toujours intouchée, cela me laisse penser que vous avez sûrement utilisé ce genre de technique à d'autres occasions et pour des raisons bien plus importantes que de blesser un homme pervers certes mais qui vous offre tant de choses."

Le regard de l'elfe ne lâchait pas celui de la demoiselle, son visage arborant un immense sourire de défi.

"Bien entendu, je vous pense capable d'aller plus loin pour d'autres buts... Vous êtes certes impulsive et provoquante, tout à fait mon genre de femme, mais vous n'en restez pas moins intelligente... En m'ayant à vos côtés tout en étant capable de me mener par le bout du nez, vous pensez pouvoir obtenir une arme capable de vous permettre de vous venger d'Elendel Hastin et d'Alauwyr Iskuvar..."

Son regard se mit à scruter les yeux de la fillette, cherchant ainsi à percevoir de l'étonnement ou de la crainte.

"N'en soyez pas étonnée, quel que puisse être mon allié, le nom d'Alauwyr Iskuvar revient à leurs lèvres régulièrement."

De nouveau, une petit rire s'échappa de l'échappa de l'elfe.

"Alors pour vous répondre correctement, non, je ne pense que vous vous offririez à moi seulement pour une telle ineptie que de faire enrage votre Maître. Toutefois, vous seriez bien obligée de vous offrir à moi pour contrer Alauwyr car, premièrement, je suis le seul à lui tenir tête tout en restant en vie et, deuxièmement, vous aller vous rendre compte que je n'aide que ceux qui assument jusqu'au bout leurs actions. Toutefois, il n'est pas encore trop tard pour revenir en arrière, vous ne m'avez offert qu'une infime partie de ce que vous alliez m'offrir. Il est donc toujours possible de voir les autres solutions que je me permets de vous offrir."

L'elfe cligna des yeux avant de revenir défier le regard de la jeune princesse avec un petit sourire amusé.

"Ai-je bien répondu ou pas ? Vous feriez mieux de faire vite, même si je suis courtois, je n'en reste pas moins un homme sensible au désir que lui apporte les charmes d'une jolie Dame..."
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Lun 30 Juil 2012 - 13:23 Répondre en citantRevenir en haut

- Ne faites donc pas l’enfant, puissant Maître Brun ! Vous connaissez déjà la réponse à votre propre question, n’est-ce pas ? Je ne suis pas dupe : vous désirez pouvoir vous vanter de votre trop grande clairvoyance, aussi je ne vous mentirai pas. Vous avez parfaitement compris mes intentions, ainsi que l’ensemble des méthodes qu’il m’est possible d’employer pour arriver à mes fins. Vous n’avez pas oublié non plus que je ne suis pas femme à me rabaisser à de pareils jeux, surtout lorsque cela se fera avec animalité. Je ne suis pas la biche pour le cerf. Ni la jument destinée à l’étalon. Alors oui, vous avez parfaitement raison : je ne ferai jamais l’amour à un homme dans l’unique but de rendre jaloux le Maître que je côtoie jour et nuit désormais.

Narcisse ne savait quoi penser de la situation qui se présentait à elle. Elle se savait prise d’une sourde colère, mais contrairement à toutes les fois où elle l’avait laissé exploser, elle n’en fit rien cette fois-ci. Son excitation et son désir grandissant, aliénaient à merveille la haine qui dévorait son cœur. Frétillante d’une assurance naissante, elle aimait se quereller la place du meilleur séducteur, lorsqu’elle dialoguait avec un être du sexe opposé. Ce n’était qu’habitude pour Narcisse que de faire usage de ses charmes, de ses quelques fastes dont sa mère l’avait généreusement gratifiée et de demeurer ainsi l’unique centre de l’attention. Egoïste dans l’âme il était vrai, ses mimiques pleines d’attraits n’étaient vouées qu’à attirer l’œil du Maître Brun sur lequel elle était confortablement installée. Malgré cette attitude pour le moins déplacée venant d’une jeune fille de la haute-noblesse, elle savait son jeu inutile, vain, car Anaviel Myst Indalwë avait prononcé des mots capables de mettre rapidement fin à cette mascarade, dans le cas du moins, où elle se refuserait d’aller au-delà de ce qu’elle avait entrepris avec lui. Narcisse se prosternerait bien devant son immuable optimisme. Elle faillit même courber l’échine, mais se retint avec force. Non, il lui fallait avoir le dessus, même dans les jeux de l’amour, où souvent, et ce à cause de son désir trop grand, elle laissait son partenaire prendre le dessus.

- Ne vous avais-je pas mis en garde, Maître ? Je me moque bien que vous soyez un grand du Kaerl ou, au contraire, un petit roturier insignifiant. Cela ne changera pas le fait accompli : j’assume chacun de mes gestes, et ce jusqu’à atteindre mon but et ainsi obtenir réponses à mes questions. Lorsque je commence quelque chose, je le termine, sauf si cela met ma vie en danger. Mais il n’est pas dit que j’accomplisse tout le même jour.

Elle voulait l’embrasser. Alors elle l’embrassa. A mesure que le temps s’écoula dans le sablier, son baiser se fit plus ferme, plus profond et plus langoureux. Narcisse ne faisait que très rarement les choses à moitié, et l’envie de rendre Anaviel fou d’impatience était trop grande. Se préoccupant peu désormais de son partenaire et de ce qu’il avait à l’esprit, elle passa ses mains derrière sa nuque et mit fin à cette étreinte passionnée. Elle marmonna quelques mots, inaudibles mais sensuels, puis posa sa joue sur son épaule. Là elle murmura à son oreille :

- Vous avez gagné le jeu, alors vous pouvez me demander le service de votre choix. Réfléchissez bien à ce que vous allez me dire, il n’y aura qu’une seule et unique réponse à me fournir. Une seule et unique réponse, sur laquelle vous ne pourrez revenir.

Elle posa rapidement son doigt sur ses lèvres, lui intimant le silence. Il allait attendre. Encore et encore. Jusqu’à mourir de rage. Jusqu’à mourir de désir pour elle. Elle espérait réussir à lui faire atteindre se paroxysme, pour être celle qui restera à jamais gravée au fond de sa mémoire. Ne pas être oubliée par ses rencontres était l’une des choses qui comptait le plus à ses yeux. Sa célébrité faisait sa seule et unique force. Pour le moment.

- Ne vous précipitez pas.

Puis elle se releva et vagabonda dans le Weyr, se faisant curieuse à la vue de chaque outil ou objet de décoration susceptible d’avoir un usage qui lui était inconnu. Des tableaux, des vases, quelques outils sans-queue-ni-tête. Puis son regard se posa sur des livres, par centaine, et Narcisse ne put s’empêcher de sourire. Elle aimait la lecture. Elle l’aimait parce que peu étaient ceux qui savaient comprendre les mots. Peu avaient reçu l’éducation nécessaire. Elle l’aimait parce que dans les livres, tout était permis. Elle saisit un livre au hasard et tandis qu’elle lisait la première page, elle se fit plus insistante auprès d’Anaviel :

- Dites-moi. Vous ne m’avez pas dit en quoi consistait exactement le travail que vous m’avez proposé tantôt. Si vous voulez me convaincre, il va falloir vous faire plus insistant et user d’arguments. Et je tiens à vous préciser une chose, au passage : ce n’est pas en vous montrant autoritaire que vous allez gagner. Etre obligée de partager votre couche ? Moi ? Parce que j’y trouverai avantage ? Vous n’avez pas tout à fait tort, cependant, il n’y a pas lieu ici d’obligation. Ne jouez pas au même jeu que mon Maître, vous ne pouvez remporter le duel contre lui concernant ce point délicat.

Elle sourit puis referma sèchement le livre. Là elle lui tourna à nouveau le dos puis passa son doigt sur la tranche des autres bouquins. Sans même lui adresser un regard, elle lâcha sensuellement :

- Vous m’avez bien compris ?
Anaviel Ïndalwë
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MessagePosté le: Lun 6 Aoû 2012 - 21:55 Répondre en citantRevenir en haut

Anaviel sourit tranquillement tandis que Narcisse continuait de déblatérer ses propos provocateurs, parfois insolents, à son encontre. Il fallait dire qu'on ne pouvait qu'admirer une telle hardiesse.
Mais l'elfe savait bien qu'un tel courage n'était dû qu'au fait que cette discussion entre lui et la jeune femme se faisait d'égal à égal. Si la jeune femme se permettait ce genre de choses avec Elendel Hastin, sûrement serait-elle remise à sa place et des dispositions seraient alors prises de manière à ce que cette petite femme rebelle ne puisse plus réitérer ce genre de choses d'une manière ou d'une autre.

Enfin... Anaviel n'écoutait plus vraiment l'aspirante. A vrai dire, c'était toujours le même refrain pour peu que la personne ait de la fierté ou un égo démesuré : "vous pouvez dire ce que vous voulez mais je ne rentrerai pas dans votre jeu", "vous avez peut-être raison sur ce point mais pas sur tout et je vais de ce pas vous l'expliquer", "vous avez tort et vous allez comprendre pourquoi" ou encore "vous n'êtes qu'un insecte à côté de moi, un insecte que je pourrais écraser à tout moment si je le souhaitais". Tout ça n'était que du blabla.
Mais ce genre de propos ne faisait que révéler une chose : il s'agissait du fait que ceux qui déblatéraient ce genre d'inepties se rendaient compte du piège qui se refermaient inlassablement et irrévocablement sur eux. Anaviel n'allait pas les blâmer, ce n'était là qu'un moyen d'autodéfense pour chercher à s'échapper d'une emprise morale.
Mais ces pauvres hères avaient beau résister ou tenter de s'échapper de cette emprise, il leur était alors complètement impossible de fuir tant l'enjeu devenait toujours plus important. D'abord commençait l'orgueil dont découlait le déni. Plus la victime était orgueilleuse et plus l'impact important. Venait ensuite la colère où la victime chercherait à s'échapper par la force et se fatiguerait toujours un peu plus d'avantage. Une fois le mental épuisé, la victime utilisait le marchandage et délivrait quelques secrets sur elle ou sur ses connaissances.
L'elfe s'arrêtait souvent à la troisième étape car les supplications avaient tendance à l'agacer et l'acceptation signifiait juste que son jouet du moment était alors définitivement cassé.

Ses esprit revinrent à Narcisse lorsque celle-ci l'embrassa de nouveau. Oh qu'elle était douée pour charmer les hommes ! Mais quoiqu'elle fasse, Anaviel était seul maître du marché car lui seul proposait des solutions pouvant aider la demoiselle. Et tandis qu'elle continuait à attiser le désir de l'elfe, il l'entendit marmonner des mots inaudibles qu'il ne put réellement comprendre. Et enfin des murmures admettant la victoire d'Anaviel sur cette devinette si facile vinrent caresser son oreilles.
Puis l'étreinte se desserra et Narcisse partit vagabonder dans la pièce pour observer tel ou tel objet pouvant avoir un quelconque intérêt à ses yeux. Bien sûr, elle ne le fit pas en silence car de nouveau elle se mit à déblatérer ses sornettes comme quoi elle n'était alors pas une femme facile ou quelque chose dans ce genre là.
Quand elle eut fini, l'elfe adressa un regard moqueur à cette délicieuse provocatrice puis se mit à répondre.

"Oh ! Vous seriez donc intéressée par ce petit travail que je suis susceptible de vous offrir ? Quel dommage... M'offrir votre virginité aurait été le chemin le plus court mais soit, j'ai besoin d'une assistante de toute manière donc je vais me faire un plaisir de vous expliquer en quoi cela consiste..."

Un petit sourire en coin, l'elfe observa la jeune femme avant de reprendre.

"Il se trouve que j'ai en charge l'Observatoire du Màr Taralöm, je suis en quelque sorte le gardien actuel de toutes les connaissances du Kaerl et donc je suis amené à lire et recueillir les idées de chacun des habitants que ce soit en manuels, biographies, autobiographies, recueils historiques sur les différents continents de Rhaeg ou encore d'autres ouvrages plus... occultes..."

Anaviel détailla l'aspirante de la tête aux pieds. Il la trouvait belle et commençait à se demander ce qu'il en serait sans tous ces froufrous et ces vêtements.

"Etant donné que ce n'est pas là ma seule fonction, je cherche certaines personnes à qui déléguer certaines tâches. Je suppose que vous savez lire, à moins bien sûr qu'un livre ne soit qu'un oreiller confortable sur lequel je pourrais vous taquiner à loisir sur un quelconque filet de bave coulant de vos lèvres savoureuses."

Il se mit alors à rire gentiment, montrant là qu'il ne s'agissait que d'une boutade.

"Enfin quoi qu'il en soit, je vous rémunèrerai sur le fait que vous pourriez vous occuper de l'art littéraire à ma place. C'est un marché honnête, ne pensez-vous pas ?"

L'elfe reprit alors en souriant.

"Oh bien sûr, vous êtes libre de refuser. Nombreux sont les aspirants possédant une quelconque culture de vouloir contrôler la connaissance du Kaerl et obtenir de cette manière un pouvoir imperceptible mais pourtant non négligeable aussi, je pourrais toujours demander ailleurs. Vous êtes la première personne à qui je propose cette opportunité, j'espère que vous pourrez en profiter."

Anaviel s'arrêta, observant Narcisse puis s'adossa un peu plus à son fauteuil.

"Sinon pour le prix de ma victoire, je ne pense pas en profiter maintenant. En fait, on dit souvent qu'une femme est bien plus facile à séduire lorsqu'elle est surprise. Je vais donc le garder pour moi et ainsi l'utiliser lorsque vous vous y attendrez le moins."
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Mer 8 Aoû 2012 - 18:03 Répondre en citantRevenir en haut

- Quelle question ! Bien sûr que j’accepte votre proposition ! Pourquoi est-ce que je refuserai une opportunité pareille ? Travailler aux côtés d’un Sang, attirer l’attention du Conseil pour multiples services rendus au Kaerl Ardent, obtenir un salaire de choix, que bien des aspirants sont susceptibles de m’envier, ne pas être contrainte à rester des heures durant aux côtés de mon Maître, lire des ouvrages que les plus persévérants savants n’ont pu encore consulter ! Je m’imagine déjà passer des heures confortablement installée dans un fauteuil plus moelleux que tous ceux qu’il m’a été donné de connaître, une pile de livres anciens n’attendant que moi sur la table de chevet !

Narcisse ne semblait pas avoir bien compris le sens exact du mot travailler.

- Sans vouloir vous offenser, Maître Brun, bien que vous soyez doté d’atouts non négligeables et que vous m’offriez la possibilité d’accomplir ma vengeance plus rapidement que ne me le permettra mon rôle d’assistante, je préfère de loin partager mon temps avec ces livres porteurs d’avenir plutôt que de soupirer d’extase entre vos doigts experts. Je vous l’ai dit tantôt, il faudra me convaincre de ne pas emprisonner vos mains lorsqu’elles émettront le désir de parcourir ma peau. Et cela vous demandera quelques mois, voire plusieurs années de réflexion. Renoncez, cela vaudra mieux !

Elle se mit à rire puis replaça le précieux ouvrage à sa place respective. Rêveuse de nature, même sous l’influence néfaste du Maître Elendel Hastin, qui n’avait pas encore totalement aliéné ses désirs, elle n’avait de cesse désormais de s’imaginer sa vie future au Kaerl Ardent, rêvant de toutes les choses qu’elle allait pouvoir découvrir et apprendre ici, simplement en lisant les lignes manuscrites d’un autre dont le nom n’a jamais été porté jusqu’aux terres d’Ören. Ces choses en question, Narcisse les espérait suffisamment utiles pour lui permettre de prétendre à nouveau à une position de pouvoir, notamment à la tête des Istelsten, probablement occupée aujourd’hui par l’un de ses oncles, cousins ou neveux dont elle n’aurait jamais vu le visage, pas même la peinture dans les longs couloirs destinés aux portraits de famille. Elle rêvait du jour où elle pourra vanter son pouvoir, sa position et prendra des décisions pouvant influencer les plus grands rois du continent, voire même ceux des continents voisins. Le monde du commerce ne l’intéressait plus désormais. Ce qu’elle voulait, ce n’était rien d’autre que quelques jeux politiques où le meilleur menteur est toujours le grand vainqueur.

Alors la proposition d’Anaviel Myst Indalwe était une chance inestimable pour elle. Cependant, elle n’y voyait là qu’une détente comme une autre, oubliant bien trop rapidement qu’il n’allait pas seulement s’agir pour elle de parcourir du regard quelques bouquins. Elle allait avoir des responsabilités et une pression énorme sur les épaules, ses actes mettant en jeu la crédibilité de l’elfe qui l’avait engagé. Pour ne l’avoir rencontré qu’une seule fois avant aujourd’hui, il était bien loin de connaître ses véritables capacités, pas même ses points faibles les plus dangereux pour l’Observatoire, sauf si bien sûr, il avait décidé de l’espionner à son insu. Dans ce dernier cas, Narcisse comptait bien lui faire regretter son audace en lui arrachant son seul moyen d’un jour espérer engendrer une descendance. Il avait certes le pouvoir sur elle, en cause sa position et sa capacité à lui offrir de quoi s’en sortir un jour, mais elle comptait bien poser des limites. Surtout lorsque ses idées n’étaient pas claires comme de l’eau de roche.

Par ailleurs, Narcisse ne savait pas trop à quoi s’attendre avec le Maître Brun. Il lui parlait de femmes à séduire, de la surprendre. Que cherchait-il vraiment alors ? A l’aider, comme il l’avait sous-entendu dès son entrée dans son Weyr, ou bien à la charmer, à faire d’elle une amante, ou pire encore, sa femme ? Elle allait lui poser la question mais rapidement, elle s’abstint. Entre paraître ridicule et obtenir une réponse à ce qui lui trottait dans la tête, le choix était vite fait. Mais il y avait, en somme, un tout autre moyen de connaître ses intentions réelles. Un homme agissait différemment en fonction de ses désirs. Ne suffisait-il pas alors de le tester ? L’aspirant espérait ne pas prendre de risque et de toutes les manières, elle saurait l’arrêter avant que les choses n’aillent plus loin. Différencier l’amour de l’appétit charnel. Quelle tâche complexe !

- Mais ne puis-je pas prétendre à obtenir les deux ?

Elle évoquait bien sûr et le poste, et sa place dans le lit d’Anaviel ce soir.

- Pourquoi donc compliquer les choses en posant des limites à mes choix ? Si je peux accéder à tout, alors je prends tout, la règle est simple. A moins que vous vous opposiez à ce mode de vie, bien évidemment. J’espère que vous n’êtes si rabat-joie que le disent les aspirants au dortoir, j’en serai troublée !

Elle rit un instant.

- Ne faites donc pas cette tête ! Si cela ne vous intéresse pas, alors je retourne de suite me coucher !
Anaviel Ïndalwë
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MessagePosté le: Mer 8 Aoû 2012 - 21:11 Répondre en citantRevenir en haut

Devant la joie et l'approbation de la jeune femme pour cette opportunité qu'elle n'aurait sûrement jamais envisagé, Anaviel esquissa un sourire.
Oh, il savait bien à quel point les jeunes gens pouvaient s'extasier pour un rien mais au moins allait-il avoir plus de temps pour d'autres occupations.

A présent, comptaient dans ses rangs Narcisse d'Istelden pour le visage officiel de l'équipe des Arts et Ohiro pout le visage caché de l'équipe du Conservateur. Il avait été difficile de ramener cet ancien Maître Vert après sa déchéance car il souhaitait alors plus que tout au monde tuer Alauwyr, Aldéra et tant d'autres personnes qu'il jugeait responsables de son état. Mais ce n'avait été là qu'une formalité et à présent, Ohiro savait qu'Anaviel était l'allié idéal pour couvrir ses arrières.

Etrangement, Narcisse avait été facile à convaincre, trop facile d'ailleurs. Un jour peut-être elle représenterait un danger aussi, le temps venu, l'elfe devrait-il prendre des dispositions afin de bloquer quelques-uns de ses mouvements. Peut-être même la faire assassiner mais ce n'était pas encore pour maintenant.

Une chose était sûre en tous cas : la jeune s'extasiait pour se travail qui semblait tomber à pic mais elle comprendrait assez vite que toutes ces connaissances qu'elle se devrait de vérifier n'aurait sûrement aucune véritable valeur concrète pour réellement gagner en pouvoir ou en notoriété. Bien sûr, ce sera alors une chose à comprendre au bout de quelques mois de labeur, voire plus, mais au moins cela laisserait une marche de manoeuvre suffisante.

"Je ne vous en pas de refuser les caresses de mes "doigts experts" comme vous le dîtes en me flattant si bien. Après tout, cela ne fait aucunement partie partie des conditions de votre embauche."

Puis vint la nouvelle proposition de Narcisse : celle de devenir l'assistante d'Anaviel mais aussi son amante.
Une proposition tentante et audacieuse s'il en était. Cette jeune femme était bien plus surprenante que ce qu'elle avait pu montrer auparavant. Mais à présent, la situation avait trouvé une toute autre tournure.
Certes la jeune aspirante était séduisante mais les conditions avaient changé et le jeu devenait bien plus amusant.

"Je ne peux que constater votre intérêt pour ce poste que je vous offre. Toutefois, je constate aussi que vous venez de vous contredire."

L'elfe sourit tranquillement et observa la jeune femme d'un air amusé.

"Bien sûr, puisque vous me le proposez si gentiment, je ne peux refuser de répondre à vos charmes mais je pense que vous vous trouvez là bien trop gourmande. Nous aurons d'avantage d'occasions de partager une telle intimité par la suite. Si vous accélérez trop les choses, tout le jeu perdra de son intérêt."

Son sourire s'élargit donc avant qu'il ne demande.

"Ainsi, on dit de moi que je suis un rabat-joie ? Tiens donc. Je savais que je ne faisais pas l'unanimité mais j'étais loin de penser que j'avais une telle réputation. J'en suis surpris. Il faudra que je retourne un jour dans le Weyr des Aspirants, les discutions ont l'air très intéressantes..."

L'elfe se mit à rire avant de reporter son regard sur Narcisse.

"Au fait, je ne dis pas non pour partager votre compagnie cette nuit mais si vous préférez prendre la chambre d'ami, je ne vous en voudrai aucunement."
Narcisse d'Istelsten
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MessagePosté le: Jeu 9 Aoû 2012 - 18:52 Répondre en citantRevenir en haut

- Vous ne manquez pas de cran, Maître Indalwë.

Narcisse sourit. L’elfe était malin, plus malin encore qu’elle ne l’avait imaginé et son petit test avait eu l’effet escompté. Chacune de ses phrases était mesurée, travaillée, pour qu’elle paraisse naturelle et piège l’insecte dans la toile. Elle ne l’avait pas quitté un instant du regard, analysant ses gestes, ses mots, ses mimiques les plus indécelables, non seulement pour comprendre ses intentions, mais également pour connaître plus en détails sa nature profonde. En prenant des risques, Narcisse avait silencieusement espéré qu’il se laisse aller et commette une erreur irréparable, mais rien n’en fut. Sagement installé dans son fauteuil de velours, il ne dialoguait que par les mots et le regard. Pas une seule fois il ne l’avait touché et sa seule tentative s’était soldée par un échec, lorsqu’elle avait saisi ses poignets avec force, lui intimant de rester à sa place. Depuis, il n’avait jamais retenté sa chance, pas même lorsqu’elle lui avait laissé des ouvertures si béantes que n’importe quel homme les aurait emprunté pour accéder aux chemins du plaisir. Peut-être attendait-il qu’elle se jette d’elle-même dans ses bras ? Habituée à ce que les hommes agissent différemment, l’aspirante en fut déstabilisée et ne sut comment agir.

Alors elle prit le temps de réfléchir. Il l’accusait de faire preuve de gourmandise mais ne lésinait pas non plus à la provoquer. Elle voyait dans chacune de ses paroles une invitation, à laquelle elle se devait d’accorder de l’importance, que la réponse donnée lui soit négative ou, au contraire et sûrement pour le plus grand plaisir du Maître Brun, positive. La chambre d’amis, lieu pour le moins étonnant pour dormir, lorsque l’on vient rendre visite à un homme. C’était comme une insulte, un frisson douloureux pour son égo, une morsure dont l’on cherche en vain à se soulager. Les poings serrés, elle songeait de plus en plus à lui montrer ce dont elle était capable, histoire de faire taire ses ardeurs une bonne fois pour toute. Surpris de ses talents, peut-être se soumettra-t-il enfin et ne se positionnera-t-il plus en grand maître des lieux.
Par les dieux d’Ören, qu’il pouvait être méprisant et odieux, lorsque la situation le lui permettait ! Il avait réussi à la mettre hors d’elle, la faisant douter sur sa véritable valeur, ses capacités et enfin son but premier dans la vie. Elle ne savait plus quels étaient ses idéaux ! Les plaisirs charnels ? La vengeance ? Le bonheur ? Le pouvoir ? Qu’était-elle venue chercher en venant ici ? Le réconfort ou bien une nuit avec un homme fort séduisant entre ses cuisses ? Elle secoua nerveusement la tête puis s’occupa en s’amusant à trier les livres dans l’ordre alphabétique de leurs auteurs. Il était clair qu’elle fuyait l’inévitable. Elle fuyait et l’affichait en croyant que personne ne s’en apercevrait. Finalement, il n’était pas si différent d’Elendel : manipulateur au point de la rendre complètement folle. Désormais, elle n’accordait plus aucune confiance en ses propres capacités, aussi jugea-t-elle bon de se ressaisir au plus vite. Il allait voir ce qu’il allait voir !

- Pour qui me prenez-vous ?

Elle se retourna soudainement et se dirigea vers lui. Une fois bien en face de son fauteuil, les poings sur les hanches, elle lâcha un sourire si amusé que cela la déconcerta elle-même. Le jeu recommençait, visiblement. Elle avait après tout rien à y perdre, que cela se fasse aujourd’hui ou demain, rien n’y changeait : de toutes les manières Elendel avait toujours projeté de faire d’elle son jouet, et elle préférait encore que la première fois se passe dans les bras d’un homme qu’elle appréciait véritablement plutôt que dans ceux de son bourreau, par lequel elle aurait probablement plus le sentiment d’être souillée qu’autre chose.

-Si partager votre couche ne signifie que m’offrir à vous, alors je prendrai la chambre d’amis. Dans le cas contraire, la chaleur de vos bras me tente bien et me suffira amplement pour ce soir. J’ai hâte cependant de savoir ce qu’ont ressenti les dizaines d’autres femmes que vous avez pu berner avec vos belles paroles, Maître Brun. De la joie ? Du plaisir ? Une once de regret ?

Sans même avertir son partenaire, Narcisse s’installa sur lui dans la même position que tantôt. Elle l’avait senti changer lorsqu’elle avait fait cela la première fois et sa réaction ne l’avait pas laissé totalement indifférente. Pour la première fois depuis le début de leur rencontre, elle était parvenue à le déstabiliser. Pourquoi ne pas recommencer, histoire de pouvoir s’en vanter une nuit durant ?

- Pardonnez-moi de me montrer curieuse, mais l’on dit que c’est une qualité chez une aspirante.

Et là elle embrassa tendrement son cou : le test reprenait. Se montrer contradictoire sur tous les points de vue pouvait être un bon moyen de le rendre totalement vulnérable. Il suffisait après de l’achever en aiguisant ses sens. Elle considérait cela comme une torture douce mais sadique. Une technique qu’elle avait empruntée à son Maître. Et encore un signe qu’elle commençait à sérieusement ne jurer que par lui, quand bien même ne l’acceptait-elle pas.
Anaviel Ïndalwë
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MessagePosté le: Ven 10 Aoû 2012 - 04:02 Répondre en citantRevenir en haut

La réponse semblait plaire à la jeune femme et Anaviel eut la merveilleuse surprise de revoir s'éveiller le côté joueur de l'aspirante. Pour qui la prenait-elle ? Pour une femme amusante à bien des égards en plus d'être particulièrement attirante.

"Pour qui je vous prends ? Pour une femme qui mé..."

Il ne put finir sa phrase que Narcisse avait soudainement fait volte-face et, d'un pas assuré, s'approcha d'Anaviel pour sortir des propos qu'il lui serait alors difficile de contrer.

"Vous..."

Il commença à rétorquer mais il fut de nouveau interrompu par les provocations de l'aspirante.

Anaviel était amusé de cette situation mais il se sentait quelque peu pris au piège. Installée à califourchon sur lui, telle une guerrière amazone maîtresse d'un intense jeu de séduction charnel, le désir se faisait grandissant et ce baiser dans le cou ne faisait qu'attiser cette flamme qui hantait le démon de tout homme. Son corps lui-même le trahissait immanquablement et il était plus que probable que la demoiselle aguicheuse sente à cette excitation dans sa position.

D'ordinaire, l'elfe n'aurait aucunement été gêné de ce genre de situation car c'était alors quelque chose de prémédité principalement pour recueillir des informations capitales grâce à des relations intimes avec des personnes stratégiques, femmes comme hommes d'ailleurs. Avant Narcisse, il n'y eut qu'une seule fois où ce fait ne fut pas prévu : Velshana.
Dès lors qu'il l'avait involontairement sauvée, celle-ci s'était mise à le suivre partout où il allait. Bien entendu, il avait tenté maintes et maintes fois de la semer mais elle s'était accrochée à lui au point qu'elle finissait toujours par le retrouver avant de s'écrouler d'épuisement à la nuit tombée. Anaviel avait ainsi fini par l'admirer pour sa persévérance et l'avait alors prise sous son aile pour lui enseigner tout ce qu'il savait. Le problème, c'était que la petite fille qu'elle avait été devint peu à peu une jeune femme qui ne cessait de vouloir montrer ses sentiments envers son héros et mentor. Jusqu'à cette nuit...
Cette nuit fut ce qui, finalement, avait fait apparaître la fin cette histoire. En effet, les charmes de la belle Velshana avaient finalement eu raison de résistance d'Anaviel. Ce qui devait arriver arriva et ils unirent leurs corps dans une étreinte douce et passionnée.
Les jours passèrent mais contrairement à son élève pour qui son bonheur n'avait fait qu'augmenter, Anaviel avait peu à peu été accablé de remords. N'ayant pas descendance, il l'avait toujours considéré comme sa fille malgré le fait qu'ils n'aient pas été du même sang. Mais quel genre de père acceptait que sa propre fille s'offre à lui ? Velshana avait échoué en tant qu'élève mais il avait aussi échoué en tant que maître et dès lors, il se décida de quitter celle qui l'avait toujours aimé afin de ne plus jamais goûter à ce sentiment de culpabilité.

Bien que la situation était différente avec Narcisse, Anaviel ne put s'empêcher de repenser à sa "fille" et tandis qu'il se permit de lui demander ce qu'ont ressenti ses conquêtes, il soupira avant la repousser doucement. Son visage souriait doucement mais son regard laissait alors passer une lueur de mélancolie.

"Vous pensez que mes conquêtes ne se sont limitées qu'à des dizaines mais je ne peux guère confirmer cela. Toutefois, vous pourriez ne pas avoir tort pour la simple et bonne raison que j'ai perdu le compte au fil des années... Sachez cependant que chacune des femmes que j'ai eu à connaître de façon intime ont exprimé d'elles-même leur désir pour moi. Bien entendu, certaines ont dû le regretter par la suite mais j'ai toutefois toujours eu le respect de leur laisser le libre arbitre jusqu'à la fin. J'espère que ceci vous empêchera de m'insulter d'avantage de la sorte et que nous pourrons en revenir à notre petit jeu de façon plus saine..."

L'elfe détourna le regard, ne cherchant alors plus à soutenir celui de la jeune femme.

"Faîtes comme bon vous semble mais rappelez-vous d'une chose. Tout aussi respectueux que je puisse l'être à votre égard, je reste toutefois réceptif à certaines pulsions. Il y a donc un risque à ce que je puisse vouloir offrir d'avantage que la chaleur de mes bras."

L'elfe prit une profonde inspiration puis reporta son regard vers Narcisse. Toutefois, son visage avait changé : son sourire était réapparu et une lueur de malice et de provocation illuminait l'éclat incarnat de ses pupilles.

"Il faut aussi que vous sachiez que je prends plaisir à dormir nu comme un ver. J'espère que cela ne vous dérangera pas."
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