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 [Rp]De la pluie, de la boue, du sang ou avoir la poisse... Sujet suivant
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Fínaël Ys'Traëth
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MessagePosté le: Lun 18 Juin 2012 - 10:47 Répondre en citantRevenir en haut

Fínaël frissonna, ses yeux mauves commençaient à se voiler alors que l'obscurité dissimulait peu à peu à son regard l'aube naissante et les rayons ardents que dardait le soleil dans sa direction. Doigts aimants, caressant ses joues blafardes comme afin d'y infiltrer un semblant de vie. Cela semblait désormais une tâche vaine car si la douleur avait finalement reflué, renonçant à étendre un empire sur son esprit, la faiblesse due à l'épuisement comme après une fièvre maligne drainait ses forces aussi sûrement qu'un vampire.

C'était étrange qu'elle ne les sente pas décliner alors qu'elle l'utilisait, dangereux aussi, car il était de ce fait impossible de savoir lorsqu'il devenait critique de changer de forme. Ce n'était pas la première fois qu'elle dépassait la limite du raisonnable, mais cette fois-ci la sensation d'être en danger l'avait poussée à aller vraiment trop loin. La fois suivante serait peut-être la dernière...

La fëalocë grimaça en songeant à quelle fin stupide ce serait. Mourir non pas d'une blessure ou de vieillesse mais d'épuisement pour avoir utilisé ce maudit pouvoir qui était pareil à un boulet à sa cheville. Ses ancêtres se gausseraient d'elle et elle ferait les gorges chaudes de toute sa famille pendant les siècles à venir à l'instar de son arrière-arrière-arrière-grand-père qui avait succombé d'une entaille faite en dépeçant un canard après avoir vaincu ses ennemis durant trente ans sans aucune blessure. La plaie s'était infectée. Sans compter que rien ni personne ne viendrait l'enterrer et être dévorée par des chacals ça manquait franchement de classe. Inutile d'attendre de l'aide, il allait falloir qu'elle se débrouille seule, mais, après tout, n'était-elle pas habituée à force de défections de la part de ses incapables de frères qu'ils l'avaient, tous, tour à tour, laissée définitivement tomber. Elle tâtonna mollement à la recherche d'une quelconque arme dont elle pourrait se servir, à défaut d'assurer sa sécurité car dans l'état où elle était ça ne serait pas du luxe, pour dissuader les chacals de venir lui mordiller les mollets alors qu'elle vivait encore.

Bon, manquerait plus qu'il se mette à pleuvoir pour que mon bonheur soit complet.

Sitôt sa pensée formulée une averse violente s’abattit sur elle, lui plaquant les cheveux et les vêtements au corps. Les dieux avaient apparemment décidé entre eux que son air de cadavre pas de la dernière fraîcheur n'était pas suffisant, ils fallait qu'ils lui retirent les ultimes traces de dignité de sorte qu'un chat mouillé aurait plus d'élégance et un air moins piteux. Ses jambes refusant de la porter, elle dû ramper à l'écart du ruisseau pour tenter de s'abriter vaille que vaille sous un rocher, qui s'avéra ne couvrir qu'une partie de son visage et son épaule gauche.

Je vais finir par croire le vieux, je dois être maudite, ce n'est pas possible autrement.

Ce ne fut que lorsqu'elle fut trempée à souhait et que ses lèvres se mirent à bleuir que les empaillés d'en haut durent se décider qu'ils s'étaient assez frappé la panse pour exprimer l'hilarité qu'éveillait en eux sa situation ridicule et que la pluie cessa enfin. En quelques minutes, à peine, le soleil revint et se mit à frapper dur. A tâtons, car sa vue ne lui était toujours pas revenue, la jeune femme essora ses vêtements du mieux qu'elle put et ce fut à peine si des poissons se sortirent pas des replis de sa tunique. Et, comme souvent, Fínaël fut satisfaite de n'avoir aucun orgueil car cela lui aurait été intolérable dans le cas contraire. L'humiliation ne l'ennuyait que peu, il suffisait d'offrir un visage lisse et cela passait, les hommes se lassaient de la violence lorsqu'ils voyaient que vous ne réagissiez pas. Mieux vaut être seule que mal entourée.

Se redressant, tant bien que mal, elle fit un pas en avant, et glissa dans une flaque de boue. Sa tête vint heurter le rocher dans son dos et la laissa sonnée, un bruit boueux, lui apprit que sa dague était tombée dans une flaque, non loin de là. Mais pourquoi fallait-il que sa vision ait décidé de lui faire défaut ? Un liquide chaud coula le long de sa joue et le goût cuivré du sang envahit sa bouche. Sans se donner la peine de l'essuyer, elle plongea les doigts dans la flaque la plus proche et entreprit de la fouiller méticuleusement.

Une ombre la recouvrit et elle se demanda un instant, si elle n'allait pas devenir aveugle avant d'entendre le bruit sourd d'une chose très lourde et très grande atterrissant sur le sol. Elle perçut le brillant d'écailles démesurées et vaguement la silhouette d'un dragon. Un dragon, rien que ça ? Bilan de la situation : des airs de cadavre le disputant à des velléités de ressembler à un chat trempé auxquels s'ajoutait désormais des hallucinations. Le top du top, quoi. Un fugitif instant, elle se demanda si, lorsqu'elle retrouverait son poignard, il ne vaudrait mieux pas qu'elle se tranche proprement la carotide, ce qui lui épargnerait un longue descente vers les enfers. Le tout était de retrouver la dague, elle aviserait ensuite. Sans plus prêter d'attention à l’apparition, elle fouilla la tourbe avec un air concentré.

Sauf, qu'un apparition, ça ne fait pas de bruit n'est-ce pas ? Et ça ne se met pas à parler.

Bon, là, j'entends carrément des voix. Je crois que c'est le moment dont grand frère parlait où il faut avouer que l'on ne peut plus continuer comme ça et qu'il faut en finir.


Sa main heurta quelque chose de dur, elle s'en saisit aussi fermement qu'elle put. Un éclair de douleur fusa de sa paume le long de son bras et elle retira un bras boueux de la flaque. Il lui fallut quelques instants pour se rendre compte qu'elle saignait abondamment et plusieurs de plus pour s'apercevoir qu'elle qu'elle tenait son arme dans le mauvais sens. Donc, pour couronner le tout, elle s'était blessée toute seule. Les dieux avaient décidé d'en faire leur jouet, avec sa chance légendaire son protecteur était Kaziel le sauvage, ou mieux encore, Aran'Rhiod le narcissique arrogant.

Raaah ! Mais quelle poisse ! C'est pas possible ! J'espère au moins que vous vous marrez bien en haut !


S'éloigner de chez elle faisait apparemment ressortir un semblant d'humanité et elle goûta à sa juste valeur, l'agacement que provoquaient ses dernières blessures, bien que son visage n'aie exprimé aucune émotion durant tout ce temps. Pour la première fois de sa vie, elle savourait un semblant d'humanité dans la solitude la plus complète. Solitude ? Non, pas tout à fait, il y avait ce dragon chimérique à quelques pas de là qu'elle avait complètement oublié. De toute manière, elle se refusait à parler à des hallucinations, elle avait beau avoir touché le fond, elle refusait à passer ce stade là.


[HRP : Libre à toi d'entendre la dernière phrase ou non.
J'espère que cela convient, s'il y a des modifications à effectuer, n'hésite pas...]
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MessagePosté le: Lun 18 Juin 2012 - 10:47 Revenir en haut

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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Mar 19 Juin 2012 - 11:38 Répondre en citantRevenir en haut

Hallucination ? L'esprit de la jeune femme devait bien divaguer pour penser que l'immense dragon cendreux qui se présentait face à elle avec un regard émeraude brillant n'était que le fruit d'une folie poussée à l'extrême par sa situation actuelle. Le dragon pourtant avait bien les griffes qui s'enfonçait dans la terre boueuse et une queue longue et musclées qui se baladait derrière lui en fouettant gentiment les airs. Ses ailes de cuir noires terminaient de se replier le long de ses flancs puissants. Une illusion, rien qu'une chimère imagée par un esprit qui partait déjà à la dérive. Si le saurien mythique avait entendu cela, il se serait en effet esclaffer. Mais au moins put-il capter les dernières pensées de la jeune donzelle en détresse. Il se contenta seulement d'étirer ses lèvres, dévoilant des crocs tranchants.

°Je ne vois pas en quoi je devrai en rire, c'est que pitié ce que j'observe. On se demande à quoi tu joues. Je sais que la boue peut avoir certaines vertus, mais là... °

Et oui le mirage reptilien lui causait mais par l'esprit. Estenir avait senti une présence étrange et avait pu cerner le Don... Mais à avoir cette fille, il se demandait si ce n'était pas l'aboutissement de centaines de générations de sa lignée qui avait fini par donner CA... avec un heureux hasard qui permttait d'apporter un semblant de Don à cette bipède. Elle avait vraiment l'air d'une mendiante.

''Allons mon ami, tu sais que nous avons déjà rencontré pire... Il ne faut pas se fier aux premières apparences... "

Une silhouette encapuchonnée se laissa glisser le long de l'antérieur gauche du dragon noir. Cette présence humaine avait été dissimulé par l'épaisse encolure du saurien. Et en même temps, revêtu d'une cape et de vêtements de noirs n'avait pas facilité la distinction sur le dos de l'animal écailleux. Malgré l'ombre de la capuche qui lui couvrait la tête, un regard perçant s'était déjà posée sur la jeune femme toute boueuse et couverte de son propre sang.

''La chance n'est pas avec toi ma petite on dirait... Et tu sembles vraiment baignée dans la misère la plus totale...''

Il se permit un petit ricanement cynique. Peut-être que la chance allait tourner pour cette fille justement... Elle avait le Don, mais son lié ne semblait pas convaincu du potentiel qui coulait en elle. L'humain passait que rarement en Oren ces derniers temps, mais le Destin semblait avoir décider de mettre cette petite chose sur son chemin. Qui sait si en effet, elle n'était pas destinée à entrer dans le Kaerl Ardent. Estenir claqua des mâchoires.

°Ce n'est pas parce qu'elle m'entend parler dans son esprit qu'elle pourrait être comme nous... Non mais attends, tu as vu sa dégaine...°

Oui le dragon n'était vraiment convaincu. Sans doute qu'il avait ressenti quelque chose en cette fille qui ne lui plaisait pas. Faudra-t-elle qu'elle fasse ses preuves.

''Tu deviens bien difficile mon cher. Bien passons... On dirait que tu es dans les ennuis ma petite... Pourtant tu n'es pas une laideron... Te juge-t-on la folle du coin ou alors une sorcière ? En général une jeune personne de ton âge ne se retrouve pas dans ta situation actuelle sans raison. Narre moi un peu ma vie et je te dirai qui je suis et qui est mon ami... Peut-être que tu pourrais connaître une voie de vie que tu ne soupçonnes même pas...''

Cela faisait un peu abrupte comme rencontre avec cette... paysanne, ou mendiante, ou loqueteuse... Mais Alauwyr aimait à être directe, pour voir déjà ce qu'elle avait dans le ventre. Peut-être qu'elle allait hurler à la diablerie, qu'elle allait tomber dans les pommes... Qui sait. Alauwyr verrait bien et il en souriait déjà.



Fínaël Ys'Traëth
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MessagePosté le: Jeu 21 Juin 2012 - 09:10 Répondre en citantRevenir en haut

Fínaël leva un regard torve vers la créature et l'homme qui en était descendu. Bon, peut-être était-ce réel après tout. Pour ce qu'elle en avait à faire. Une bestiole avec des crocs longs comme cela devait avoir un fort grand appétit et si elle ne la dévorait pas, elle n'allait certainement pas lui proposer à manger ou quelque autre gentillesse. Tout se payait en ce bas monde, elle était fort bien placée pour le savoir. Aussi observa-t-elle avec circonspection l'homme de haute stature s’approcher d'elle. Elle ne pouvait pas distinguer ses traits et n'aimait pas ça, aussi serra-t-elle plus fort sa main blessée autour de la garde de son poignard, ignorant les éclairs de douleur lancinants qui remontaient jusque derrière ses yeux. Lorsqu'il réduisit de quelques pas la distance qui les séparait, son regard auparavant voilé de douleur retrouva toute sa lucidité calculatrice et distante. Rien n'importait tant que survivre.

L'emploi du "petite", l'interrogea, la méprisait-il juste ou la prenait-il pour un enfant fragile, auquel cas, il se fourvoyait gravement, même avec dix ans de moins, jamais elle n'avait été ni innocente, ni fragile. C'était une piste à exploiter pour autant qu'elle ne se trompe pas... Un bref éclat d'amusement parcourut son esprit et se dissipa aussi vite qu'un rêve. Son visage n'était toujours qu'un masque froid et indifférent. Il disait "misère", il se trompait, ce n'était pas tant la misère qui l'accablait que la fatigue.

— Je n'ai jamais baigné dans la misère mais dans le sang, aussi bien celui des miens que de mes ennemis, déclara-t-elle de telle manière que la chose semblait normale dans sa bouche.

La suite de ses propos lui apporta des bribes d'informations qui l'intriguèrent, ainsi, il la considérait donc comme une incapable, parfait. Elle trouvait toutefois qu'il se mêlait trop de ce qui ne le regardait pas comme sa vie, la personne qu'elle était... Parler d’elle, voilà une chose qui l'ennuyait au plus haut point, et, même si elle était en position d'infériorité, elle n'était pas encore morte, donc elle n'avait pas tout à fait perdu. S'il voulait qu'elle parle, il allait falloir qu'il soit plus convainquant qu'il ne l'avait été jusqu'à présent. Alors qu'elle se préparait à l'envoyer sur les roses, elle se retint sans trop savoir pourquoi.

Ses yeux mauves se plantèrent dans la zone obscure du capuchon, ne recelant rien de ses émotions et intentions et sa bouche demeura close plusieurs minutes durant, le jaugeant moins qu'ils n'étaient perdus dans un passé lointain où le sang avait souillé chaque chose qui lui importait, si bien qu'elle avait finit par faire de même, ne sachant se sortir seule de cet engrenage infernal. Elle ne ressentait strictement rien pour les autres, la fëalocë se révélait être une véritable forteresse de glace, et, le doute que la glace ait fait mourir toute flamme en elle la tiraillait parfois. Peut-être était-elle condamnée à rester ce glaçon frigide jusqu'à la fin de ses jours. Et puis, après tout, que lui importait ? Ce n'était pas comme cela lui avait fait du mal. Quoique, peut-être. Avant. Elle ne se souvenait plus.

— Parler de moi. Voilà une requête fort étrange je me serais plutôt attendue à voir mes entrailles se répandre sur le sol, mais soit, c'est un bon marché.

Elle se tut un instant pour rassembler ses idées.

— Je vais vous faire la version résumée, mais ne comptez pas sur moi pour le côté touchant et larmoyant, pour ça il aurait fallu s'adresser à mon frère qui est mort, il y a quelques années. Donc, oui, nous sommes bien considérés comme des sorciers, démons, monstres ou autres quolibets du même acabit. Enfin, il serait plus exact de dire nous étions. La spécialité de ma famille est de s'entre-tuer depuis... longtemps. dès qu'un enfant est en âge de tenir une arme, il s'en sert et la tient, à ce moment-là, les parents cessent de le protéger et le tuent s'ils en ont la possibilité. Bref, il y a, je ne sais pas trop... un mois, une semaine, deux jours ? Après tout cela n'a aucune importance. Mon frère aîné s'est fait tuer et le temps que je l'enterre mon cadet avait tué mes parents et s'était ouvert le ventre, je suis partie. Quand à savoir s'il est mort je n'en sait fichtrement rien.

Un très léger pli apparut au coin de ses lèvres, l'expression la plus humaine qu'elle puisse faire et qui se voulait un sourire ironique. Elle se redressa péniblement et tituba jusqu'au ruisseau pour laver la plaie de sa main, trancha une de ses manches et s'en fit un bandage. L'eau était fraîche et vivifiante, elle eut envie d'y plonger complètement. Réprima cette envie. Elle tourna la tête vers l'homme, s'assit en tailleur et posa la dague à ses pieds. Elle prévint toute question éventuelle à ce propos.

— Même si j'avais une chance de vous tuer, l'état dans lequel je suis rendant la chose fort peu probable, je ne doute pas un seul instant que votre... dragon me ferait joyeusement la peau, et je ne suis ni stupide ni suicidaire, je n'ai pas envie de mourir dans une attaque suicide. L'honneur...

Elle émit un reniflement de mépris sans équivoque.

— Un beau ramassis de balivernes que l'honneur, des mots doux pour qualifier suicide, lâcheté et fierté mal placée.

Elle s'étira, rengaina sa lame et contempla le dragon, une lueur indéfinissable au fond des yeux. Les squames épaisses se paraient de reflets mouvants au gré de la lumière. La noirceur d'obsidienne lui évoquait les nuits sombres et emplies de cauchemar de son enfance, les monstres tapis sous le lit, les parents dont les épées étaient toujours à portée de main, la violence. Il était de très grande taille, en même temps pour ce qu'elle savait des dragons... Le seul hic, c'était les yeux verts, pourquoi verts et pas jaunes, gris ou mieux encore... rouge. La jeune femme ne savait pas que les yeux verts étaient plutôt bon signe pour elle et que le rouge aurait signifié une fëalocë rôtie. Elle était persuadée désormais que c'était le dragon qui lui avait parlé, le timbre de voix était différent. Elle s'adressa au chevalier.

— Je me suis retrouvée dans cet état toute seule... déclara-t-elle avec une réticence évidente.

La force de l'habitude, elle aurait été prête à tout pour dissimuler son pouvoir qu'elle considérait comme son seul atout malgré le fait qu'il lui impose de telles souffrances. Absolument tout, surtout face à quelqu'un à qui elle ne faisait absolument pas conscience.

— Je crois avoir suffisamment parlé de moi, siffla-t-elle tout bas, ravie de s'être débarrassée de cette corvée et ne le cachant pas. Je crois raisonnablement que c'est votre tour de me parler de vous. Mais je crains qu'aucun avenir que vous puissiez m'offrir ne sera aussi radieux que celui que j'avais jusqu'à présent.

La dernière phrase avait prononcée sur le même ton neutre que toute sa tirade, de telle manière qu'il était diffile de savoir si elle était ironique ou pas.
  
Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Sam 30 Juin 2012 - 20:23 Répondre en citantRevenir en haut

Mais c’est qu’elle mordrait la petite. Alauwyr ne la quitta pas des yeux. Non en effet, elle ne paraissait pas être une paysanne. Elle n’aurait pas eu cet esprit revêche. Malgré tout elle répondit à la requête du maître noir et lui narra dans un bref résumé dénué d’émotions ce qu’était sa vie… Qui n’était que quelques lignes. A peine de quoi remplir le début de l’introduction de son existence. Court et qui se terminait dans le sang dirait-on.

Alauwyr garda son regard ténébreux rivé sur la jeune femme. La fatigue devait la déraisonner. Chercher à le tuer hein… Au moins, elle avait vite saisi l’importance de la présence d’Estenir qui braquait toujours ses yeux sur elle. Il en retint un grondement d’ailleurs devant son idée possible d’occire son lié, même si ce n’étaient que des mots.

°Je te sens tendu mon ami. Détends toi donc. Elle ne va pas me mordre°
°Ah l’entendre on dirait que si… Du moins toi en premier. °
°Comme toute jeune femme qui se retrouve dans une situation inédite, elle cherche à garder la tête haute. Laisse moi faire veux-tu°


Estenir redressa la tête, roulant ses orbes oculaires vers le ciel. Manquait plus qu’un soupir. Alauwyr quand à lui repoussa sa capuche en arrière, se dévoilant tel qu’il était : un homme qui s’était battu rudement, portant les preuves sur son visage mutilé. Après tout, cette petite semblait en avoir vu d’être, pour avoir enterré un de ses frères… Une vie de meurtre l’avait entouré, même si elle fût fugace.

’’Me tuer… quelle idée. Tu n’aurais pas eu le temps de me toucher que je t’aurai déjà mise à terre. Bien tentée, mais je pense que tu peux mieux faire en attaque verbale n’est-ce pas ? On sent que tu manies bien la langue, mais ut manques vraiment de conviction. Ta petite histoire manque de… hum je dirai de contenu. Tu as cherché à me donner le plus délicieux passage pour me mettre en garde ? Regarde-moi bien et tu verras que la vie m’a marqué à sa manière. Et ce n’est pas pour autant que je vais m’apitoyable sur mon sort. ‘’

Il fit un large sourire et s’approcha de quelques pas, juste assez pour se trouver à moins de six mètres de la jeune femme et de s’accroupir pour être à sa hauteur, face à face, les yeux dans les yeux. Et il avait toujours son rictus malsain aux lèvres.

’’Tu es bien naïve sur ce que la vie peut t’offrir. Elle peut être douloureuse, comme tu as pu le découvrir, mais elle peut être aussi inattendue…’’


Il se redressa cette fois.

’’Le dragon qui est derrière moi s’appelle Estenir. Lui comme moi venons d’une terre jugée maudite par les marins et déclarée inhabitée, car inaccessible par les voies des mers. Pourtant nous en venons. Mon être est uni à la sienne par ce qu’on nous appelons le Don. Ce pouvoir coule dans le sang des gens comme moi et comme toi… rien que d’entendre les dragons ne suffit à le confirmer. Et tu peux lier ton âme à la sienne pour ne faire plus qu’un. Le but de ce lien ? Te sentir autre chose qu’une simple femme perdue, là devant moi… Tu pourras chevaucher les cieux, appartenir à notre communauté… Une nouvelle vie dont tu ne pouvais même pas imaginer est à ta portée de ta main. Bien entendu, il te faudra apprendre des connaissances… Te former. Car être un chevalier-dragon, ce que je suis, ce que tu peux devenir, implique de travailler pour réussir….’’

Il se permit un petit rire.

’’Alors, ma chère…. Je te laisse le choix, de toute façon qu’as-tu à perdre ? Tu peux décider de me suivre pour découvrir notre monde, la Terre de l’Aube…. Ou demeurer ici, à te morfondre sur ton sort une fois que moi et mon ami aurons repris la voie des airs. A toi de voir. Si tu as des questions avant, tu as le droit de les poser bien entendu….’’

Son sourire se fit moqueur et arrogant, la mettant presque au défi.



Fínaël Ys'Traëth
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MessagePosté le: Mer 4 Juil 2012 - 17:30 Répondre en citantRevenir en haut

[HRP : Désolée j'ai mis le temps à répondre mais je me suis un peu lâchée sur la longueur ^^
Toujours pareil, s'il y a un pb signale-moi par mp je modifierai =o]


Fínaël était bien loin des considérations ironiques de celui qui prétendait à un ascendant sur elle pouvait avoir à son égard. Ses propos ouvertement moqueurs ne firent vibrer aucune corde sensible en elle, une bribe de fierté, un soupçon d'arrogance, tout simplement car elle n'en possédait pas, au contraire de l'acidité et l'ironie qu'elle détenait à foison ; la fëalocë ne manquait jamais de distiller un peu de son fiel dans chacun de ses mots comme n'avait manqué de le remarquer le Maître Noir bien qu'elle s'en rende pas compte, se contentant d'exprimer ses pensées souvent violentes avec une perpétuelle indifférence qui ne manquait pas de hérisser ses interlocuteurs devant cette absence totale d'humanité.

L'homme ne semblait pas la prendre au sérieux. Elle eut l'équivalent mental d'un haussement d'épaules : personne ne l'avait jamais prise au sérieux avant de se retrouver avec un poignard planté entre les omoplates. Cela n'avait pas été faute de les avoir prévenus. Qu'il se moque d'elle ne la dérangeait pas, elle se contentait toujours d'attendre...

Lorsqu'il enleva sa capuche, son expression se fit plus vide encore : mais que diable voulait-il lui montrer de particulier ? Un éclair de perplexité fusa un instant dans son regard avant qu'il ne retrouve une expressivité digne d'un cadavre. Ses explications ne l'aidèrent pas beaucoup à comprendre. Se croyait-il unique en son genre ? Narcissique peut-être ? Elle chassa ces considérations inutiles de son esprit pour se concentrer sur ce que lui disait cet individu. La jeune femme comprit rapidement que l'homme en avait pour un moment, aussi s'installa-t-elle plus confortablement pour le regarder attentivement. Diantre qu'il était bavard ! S'il comptait l'impressionner avec son visage et son attitude franchement menaçante et agressive – on ne s'approche pas de son adversaire à moins de souhaiter engager un combat -, il en aurait pour ses frais, elle était blasée question violence, davantage que bien des gens, et ce fut tout juste si elle retint un air condescendant d'adulte souriant à un enfant pédant prétendant à des exploits seulement réalisés en rêve. Quand il eut finit, ses lèvres étaient pincées en un sourire narquois et ses yeux suintaient d'ironie.

— Vous tuer, oui, en effet...
rétorqua-t-elle le plus sérieusement du monde.

Elle étira paresseusement ses jambes pour les dégourdir et faire disparaître la sensation de fourmillement fort désagréable qui commençait à poindre. En cas de problèmes cela la ralentirait et au vu de son état, c'était carrément suicidaire. Ce qu'elle n'était pas. Son amour compulsif de la vie étant la seule chose qui lui avait permis de ne pas en finir et d'étouffer cette petite voix dans sa tête qui lui susurrait : ''Pourquoi pas maintenant ? Une entaille ici et c'en serait fini sans douleur.''

— Je croyais vous avoir dit que l'honneur n'était pas mon fort. Il existe bien des manières de tuer qui requièrent un peu moins de muscles et un peu plus d'intelligence qu'une stupide attaque frontale,
continua-t-elle sur un ton badin qu'une fermière aurait employé pour parler du prix des légumes sans aucune tension dans les épaules laissant présager une quelconque tentative de mettre ses propos à exécution, son air vide n'aidant en aucune manière à déterminer si elle était sérieuse ou non.

Une mèche rebelle vint flotter devant ses yeux. La même que quelques heures auparavant. Son bras se détendit avec vivacité. Un éclair métallique sous le soleil ascendant se refléta sur son visage. Elle baissa la main et rengaina la dague dans le fourreau à sa hanche. De longs fils rouges tombèrent sur ses genoux, elle les épousseta d'un revers négligent de la main sans se préoccuper outre mesure de l'épi qui se dressait désormais sur son crâne. Elle reporta son attention sur l'humain.

— Vous dites que je manque de convictions, continua-t-elle comme s'ils n'avaient jamais été interrompus. Mais pouvez-vous me dire quelles convictions valent la peine d'être défendues ? Aucune des miennes en tout cas. Enfin, j'utilise un pronom possessif... mais ce n'est pas comme si j'en avais. Je crois plus en ceci...

Elle leva son bras gauche dont elle avait arraché la manche de manière à ce qu'il puisse voir l'amas de tissus cicatriciels qui courait de son poignet à son coude ; on avait l'impression que quelque chose l'avait mâchouillée avec enthousiasme, cherchant à déchiqueter les chairs, avec succès. La partie supérieure du bras portait les traces de griffures profondes signe que la chose qui lui avait fait cela l'avait maintenue. Alors il était vrai que les balafres de l'homme ne l'impressionnaient pas spécialement, tout juste si elles imposaient un certain respect – ses proches, en particulier les plus âgés étaient bien plus défigurés que cela, elle avait juste eut beaucoup de chance -.

— Je ne puis qu'être désolée si vous m'avez mal comprise : je ne m'apitoie pas sur mon sort. Tous mes proches sont morts et je m'en fiche pas mal. Je les aurait tués de ma main si j'en avais eu l'occasion, embraya-t-elle méthodiquement, décidée qu'elle était à mettre point par point au clair son raisonnement.

L'exaspération du... dragon à son égard ne lui avait pas échappée bien qu'elle ait décidé de ne pas y prêter attention. Premièrement car la jeune femme avait appris que se laisser influencer par l'attitude d'autrui était perçu comme un signe de faiblesse, or les faibles mourraient vite, et elle voulait vivre. Deuxièmement car elle ne se faisait aucune illusion quant à l'issue d'un hypothétique duel avec la bestiole, si l'on peut appeler duel un combat qui aurait juste duré le temps pour le dragon de prendre une inspiration – s'il prenait son temps –.

— De plus, ''naïve'' n'est décidément pas un mot que j'utiliserai pour me qualifier. Il existe pas mal de mots pour me qualifier, mais vous auriez tort de penser à ''naïve''.


Elle fit une pause et se permit un léger sourire glacial.

— Quant aux surprises que peut m'apporter le vie... Vous savez, les seules que j'ai connues m'ont fait rapidement déchanter et m'ont ôté toute illusion stupide comme quoi le monde pouvait être beau, alors je me contente de vivre pour trouver cette chose mystérieuse dont tout le monde semble pourvu sauf les miens...


La fëalocë laissa les mots mourir d'eux-mêmes dans sa bouche comme le souffle d'un mourant.

Les sentiments, songea-t-elle in petto.

Elle croisa ses mains, coudes sur les genoux et menton posé sur l'ensemble.

— Donc, si je vous suis bien, vous me prétendez semblable à vous, et par là même apte lier mon âme irrévocablement avec celle d'un dragon. C'est tellement gentil à vous de vous préoccuper de mon bien-être, mais je pense raisonnablement m'en être mieux sortie seule qu'en ayant quelqu'un sur mes talons. Ou devant moi, d'ailleurs. Ceux devant finissent par mourir et ceux derrière par essayer de me tuer. C'est un fait. Avéré qui plus est.


Elle se redressa d'un mouvement souple et s'éloigna de quelques pas avant de le regarder de nouveau, une lueur glaciale au fond des yeux et un large sourire dénudé de tout humour sur les lèvres. Elle estimait qu'il s'était assez gaussé d'elle, elle avait beau ne pas se sentir blessée dans son amour-propre, il y avait des limites au temps qu'on lui faisait perdre.

— Vous manquez de serviteurs dans votre île paradisiaque ? Ne pouvez-vous pas chercher ailleurs une victime que vous iriez charmer ou tuer selon vos envies, ou que diable sais-je d'autre ! Mais par pitié, cessez votre petit manège. Vous proposer de me prendre sous votre aile est si généreux. Quoique cela me pousse à m'interroger sur vos raisons. Est-ce par intérêt ? Si c'est le cas, que devrai-je subir sous votre ''protection'' ? Rien qui ne m'attire en tout cas. Si c'est par pitié...

Le silence reprit possession du lieu quelques minutes, seulement troublé par le froissement des feuilles bercées par le vent et le souffle de la créature noire qui semblait dans de mauvaises dispositions à son égard. Mais pour ce qu'elle s'y connaissait en dragons, elle aurait parfaitement pu se tromper. Un peu ennuyée par le jour qui était bien trop entamé à son goût, elle reprit espérant – vainement – clore la conversation par une remarque brillante, qui, elle le savait, ne viendrait probablement pas.

— Aucune de ces raisons ne me satisfait et n'est suffisante pour que je vous fasse confiance. Après tout vous vous prétendez chevalier-dragon – ce qui est peut-être vrai pour ce que j'en sait et en ai à faire – tout droit sortie d'une île fantastique, chevauchant une créature de légende et me proposant, à moi, pauvre mendiante déguenillée, de faire d'elle l'une des siens sous le fallacieux prétexte d'un Don, qui m'aurait été bien utile si je le possédais...

Elle laissa échapper un petit rire grinçant.

— Et, avec tout ça, je ne devrais pas me demander où est le piège ? J'ai peut-être une sale tête mais je ne suis pas débile pour autant. Vous ne m'aurez pas avec vos promesses aussi solides et fiables que le vent.

Son frère le plus âgé l'avait mise en garde lorsqu'elle était toute petite : '' les gens parlent beaucoup, ils te proposeront des fois des choses si incroyables que tu auras envie de les croire. Ceux-là, tu devras te méfier d'eux. Peut-être ne te mentent-ils pas, mais sûrement ils souhaitent te déposséder de tous tes biens ou de ta vie. Tout le monde peut te trahir petite sœur... y compris moi.'' Pour faire bonne figure, il l'avait abandonnée dans les bois où elle avait rencontré un lynx. En la voyant rentrer le lendemain, vacillante et dégoulinante de sang, il avait rit : ''Je vois que la leçon t'est restée incrustée dans la peau.'' A sa manière tordue, il l'avait aidée à survivre, lui avait offert la méfiance, arme indispensable pour qui souhaite vivre.

Des promesses, on lui en avait faites. Souvent elles n'avaient pas été respectées. Non. Presque jamais. Elle en avait fait plus souvent qu'à son tour mais n'avait pas compris l'importance qu'on pouvait y accorder, jusqu'à présent. Il était injuste qu'il lui fasse miroiter un rêve de sécurité juste hors de sa portée, à la manière cruelle des enfants montrant ce qu'ils possèdent et que l'autre n'aura jamais dans le seul but de blesser.

Se lier à un dragon, elle l'associait à la protection d'une créature qui devrait la protéger dans le seul but de ne pas s'éteindre. Pouvait-on être plus libre que lorsque l'on est protégé par une personne dont la loyauté est indéfectiblement acquise ?

L'envie lui serra le cœur. C'était une sensation si inhabituelle qu'elle posa la min sur l'organe palpitant un peu comme si elle souffrait. Il aurait été si facile de dire ce petit mot, ce tout petit mot qui aurait ouvert des vannes depuis longtemps fermées dans un recoin de son esprit. Tellement facile. Trop facile.

Que dit-on des promesses qui arrivent pile au bon moment et qui reflètent tous les désirs cachés qui sommeillent en toi ?


La méfiance pointa son museau glacé. La méfiance, toujours la méfiance. Qui revenait sans arrêt à la charge, la protégeant de la vie qui dormait en elle et l'écartant des dangers et des sirènes de l'envie.

Cette méfiance, qui, en la protégeant, tuait tout sentiment, toute émotion qui aurait pu germer sur le sol gelé de son âme. Qui l'aidait tout en la tuant à petit feu. Ne devrait-elle pas la museler quelque peu ? Juste pour vivre. Pour profiter du soleil sur son visage et des sourires des gens.

''Je te laisse le choix.''

La fëalocë appela la glace qui reforma une forteresse autour d'elle.

— Vous me laissez le choix... Je me répète mais vous êtes vraiment généreux. C'est pourquoi.... je refuse votre offre,
l'informa-t-elle avec un grand sourire... avant de détaler dans les sous-bois de toute la vitesse de ses jambes.

S'il la trouvait il lui ferait la peau. Elle venait de s'adresser à eux sans prendre de gants et affronter l'ire d'un dragon en colère était tout simplement hors de question. Elle voulait vivre !

Vivre. A tout prix. Tout subir. Tout supporter. Pour vivre. Vivre !


Ses pensées étaient chaotiques, son souffle s'écourtait dans sa gorge. Les feuilles lui fouettaient le visage et les mains. Elle était aveuglée, c'est pourquoi elle ne vit pas la grosse branche au milieu du passage et la heurta de plein fouet. Son souffle fut coupé sous le choc et elle s'écroula. Recroquevillée. La douleur était si forte. Elle ne pourrait pas faire un pas de plus. A moins que... Non ! Elle ne ferait jamais ça, elle ne renoncerait pas et s'abandonnerait pas à ça.

M..de ! Je veux veux vivre ! JE VEUX VIVRE !

Alors, elle céda et fit appel à son pouvoir. Ses cheveux se raccourcirent et virèrent au noir corbeau pour ne garder leur teinte habituelle que sur la moitié inférieure. Sa silhouette grandit et s'étoffa. Son visage adopta un air de jeune homme androgyne et innocent. Qui ouvrit ses grands yeux incarnats pour contempler le ciel en haletant légèrement. Il se sentait si bien.

Son instinct de survie reprit le dessus et il s'éloigna vivement mais sans courir, prêt à faire face au danger. La dague à sa ceinture trouvait enfin son utilité.

Il/elle était coincé(e) sous sa forme alternative qui était un homme avec probablement à ses trousses un dragon et son humain furieux. Quoi de plus beau dans la vie ? Il/elle s'autorisa un petit sourire en se retrouvant enfin dans son élément. Les ennuis ça le/la connaissait.
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
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MessagePosté le: Jeu 12 Juil 2012 - 19:21 Répondre en citantRevenir en haut

Ce fut Estenir qui gronda, du moins que pour son lié ;

°Elle a un sale caractère….. °

Alauwyr resta silencieux quelques secondes. Le dragon noir comprit pourquoi, mais qu’après. Oui cette fille avait du caractère, un caractère qui se rapprochait un peu de celui de feu Limna : rebelle, indifférente à sa provocation, hautaine et froide. Revoir de tels traits, si proche de son ancienne aspirante, qui fut la Dame Ardente le temps de quelques semaines provoqua un durcissement du regard ténébreux du vieux mercenaire. Le saurien cendreux garda alors le silence et posa son regard opalescent sur l’humain. Au plus profond de l’être d’Alauwyr, le reptile ailé perçut un court instant de la souffrance. Alauwyr ressentir cela ? Impossible. Et pourtant….

Malgré cela, il en perdit guère son sourire carnassier, l’écoutant avec la plus grande attention. Il avait presque l’impression de se revoir en elle en plus jeune ; pas en femme, précisons pour nos lecteurs qui se gausseraient déjà de la remarque. Impétueux, avide de montrer ce qu’on a dans le ventre pour hurler à la dace du monde entier que rien et personne ne pourra entraver le désir de conduire son existence comme on l’entend, quelques soient les difficultés, les épreuves, les dangers… Alauwyr avait avec le temps forgé son caractère par rapport à l’expérience de la vie, de ses aventures, de ses combats…

En fait, Finael avait connu une existence emploi de désillusions, d’espoirs perdus et de vie malheureuse. Il suffit de l’entendre parler au vieux mercenaire. Un autre point commun ? Pas vraiment, mais cela provoqua plus encore l’intérêt qu’Alauwyr exprimait pour cette fille. Il ne fut point surpris quand elle fit preuve de sa dextérité en faisait jaillir sa lame, avant de la ranger après avoir remis sa mèche rebelle… Et il ne fut pas étonné quand elle énonça son refus catégorique avant de détaler en vitesse, sans demander son reste et sans attendre de réplique de la part d’Alauwyr.

Là le mercenaire se contenta placidement de la regarder fuir, jusqu’à disparaître de sa vue. Un rictus mauvais se dessina sur la peau balafré d’Alauwyr.

°Bon je crois que cela nous suffit. Rentrons°
°Hors de question…°
°Hum. Laissons là, elle a dit sa réponse, ce n’est pas la peine de la repêcher°


Le regard de l’humain ne quitta pas le chemin pris par Finael.

°Que je n’aime pas quand tu me contredis. °
°Il suffit mon ami. Elle a le Don, cela doit suffire à te convaincre qu’elle peut se lier. °
°Elle a refusé notre offre. Je ne vois pas pourquoi nous devrions perdre son temps avec elle. En plus, je lui fais grâce de toucher son esprit pour effacer notre présence. Alors explique-moi pourquoi on devrait la poursuivre ? °
°Elle prétendait ne pas avoir de conviction. Pourtant elle a donné la réponse sans le savoir… Elle disait qu’elle se contentait de vivre. Le vouloir c’est déjà une conviction et là en se sauvant, elle la défend… °
°Si elle doit penser en ce moment qu’on va la rattraper et la tuant, pas qu’un peu à mon avis. °
°Rattrape là… Convaincs s’il le faut. Et agis en conséquent au besoin…°
°Je n’aime toujours pas cette idée, mais puisque tu y tiens…°


Le dragon poussa un court rugissement et bondit dans les airs. Ses ailes claquèrent sa fureur. Elle n’irait pas loin la petite… Dommage qu’elle ne connaissait pas les petits inconvénients d’un Don qu’on ne maîtrise pas…

Le dragon noir survola vivement les bois dans lesquels se réfugiaient la jeune fille et il la devança ; il n’avait pas encore pu la repérer visuellement. Puis soudainement, il piqua vers un vieux chêne et prit sa forme humaine. Ce fut un jeune archer qui atterrit sur les plus grosses branches de l’arbre vénérable, se fichant des égratignures provoquées par les branches rencontrés lors de sa courte chute. Un sourire de chasseur se peignit sur son visage de jeune homme, dissimulé sous la capuche. S’il ne se trompait pas, la jeune femme allait croiser sa route… Ses yeux perçants aperçurent non pas une femme…. Mais un homme… Il plissa ses yeux. Qu’était-ce cette magie encore… Il ou elle avait le don de la jeune femme de toute à l’heure. Là il sourit. Maligne la petite…

°Bien tenté petite bipède….Intéressant ce pouvoir que tu as bien fait de cacher à Alauwyr…. Mais tu ne peux guère me le dissimuler. Je sens en toi le Don qui a provoqué ma venue. Et comme tu n’as aucune expérience du Don…. Pourquoi nous fuir. Nous n’allons pas te tuer. °

Il ne savait pas par contre si elle/il l’avait vu perché dans les arbres. Peu importe.

°Alauwyr me charge de te dire ceci : de la conviction, tu en as sans le savoir. E nnous fuyant, tu la défends. Et cette conviction, c’est ta vie. Tu veux vivre n’est-ce pas ? On fuit le danger pour survivre.°

Il fut tenté de descendre de son perchoir, mais se retint.

°Reconsidère l’offre de mon lié. Sinon, qu’elle serait tes chances de survivre ? Quasi nulles….Tu te mentirais alors à toi-même. Je peux t’affirmer ceci. Si la formation ne te convient pas, si jamais tu décides de nous suivre, tu pourras revenir ici même, sur Orën. Tout aspirant a le droit de demander à cesser sa formation si quelque chose lui déplait, l’effraie ou qu’il estime qu’il n’a pas sa place au sein de notre Kaerl. Jusqu’ici, je n’ai jamais rencontré ce genre de personnage…. °

Il fit une courte pause, pour la laisser mariner un peu. Puis il reprit.

°Alors jeune fille ? Quelle est la vraie réponse ? Que souhaites-tu réellement ? °



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