Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [Rp]C'était pour une visite officielle... Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Peddyr Thelrand
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 02 Mai 2009
Messages: 4 263
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 1 186
Race: Humain
Âme Soeur: Sveargith
Fonction: Ex-Ambassadeur
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Sam 19 Mai 2012 - 13:11 Répondre en citantRevenir en haut

Le soleil n'était pas encore levé sur la petite cité de Reylis qu'une petite troupe haute en couleur faisait son entrée par la porte principale. Les portes s'étaient à peine ouvertes qu'ils avaient été là, attendant depuis à peine devant les imposantes murailles de pierre. C'était là une petite délégation d'une dizaine de cavaliers, aux couleurs de la cité de Camlach. L'homme de tête, un capitaine, officier de la Garde Royale de Camlach, avait bien fière allure sur son destrier gris, au chanfrein fin et blanc... A la tête de sa petite troupe, il avait gardé le silence durant tout ce voyage... et le gardait encore maintenant qu'il pénétrait dans l'allée principale, qui commençait à être envahi par les gens matinaux et les commerciaux. Oui plus tôt l'étale de marchandises était mise en évidence et plus de l'argent pourrait entrer... Une drôle de pensée, il est vrai, mais qui était dans l'esprit de quelques marchands, lève-tot pour cette pensée justement. Mais revenons à notre cavalier de tête.

Quel intérêt pour lui que de faire cette visite de courtoisie... Il apportait un petit cadeau pour le régent de Reylis et un message de la part de son père, le roi de Camlach... Comme si un ambassadeur ne pouvait pas le faire. Non au lieu de cela, il fallait envoyer un homme du sang, un officier de valeur pour marquer l'évènement ; et quel évènement. Classique même.... Quelques bannières voletaient derrière lui, accrochés à des longues tiges en bois, par deux de ses hommes de garde...Une journée qui allait s'annoncer ennuyante

Estan Zadan, capitaine de l'Armée Royale, préférait l'action à la parole, il préférait être à son poste que de jouer les pantins pour les nobles... Au lieu de cela, il jouait justement les porte-paroles... Il soupira.... Il était un homme âgé de 23 ans, et déjà bien en vue d'une belle carrière militaire. Facile quand on était le fils cadet de la famille dirigeante... Le visage était dépourvu de barbe, ce qui accentuait la jeunesse de son visage, mais renforçait la dureté de son regard bleu acier... Sa chevelure lui tombait sur les épaules, attachée par une simple queue de cheval. La carrure musclée, on devinait qu'il était un homme entraîné à se battre et donc à ne pas prendre à la légère... Et déjà quelques jeunes femmes matinales soupiraient en le voyant. Oui il était plutôt belle homme en son genre, simple d'apparence, mais avec un côté envoûtant... De sa position sociale, il était inaccessible à des roturières, mais le rêve donnait de l'espoir non ?

Les femmes n'étaient pas la préoccupation d'Estan à ce moment là... Il voyait au loin le vieux château à atteindre... Encore un bon petit kilomètre à faire aux travers de la grande rue... Il pressa ses jambes pour que sa monture allonge le pas. Plus tôt il y serait, mieux ce serait...



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Publicité





MessagePosté le: Sam 19 Mai 2012 - 13:11 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Narcisse d'Istelsten
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 19 Mai 2012 - 14:40 Répondre en citantRevenir en haut

Reylis, éclatante réussite aux yeux de tous, avait inauguré le lent déclin de la ville voisine, Flamandre, et de la famille qui se trouvait à sa tête. Personne ne s’en était rendu compte, sur le moment. Et pourtant. Pour commencer les Flamandriens s’étaient heurtés à une résistance qu’ils n’auraient jamais imaginée. L’influence des Istelsten était puissante et, même si elle ne réussit pas à sauver ces derniers peu après la mort de la totalité des chefs de famille, elle causa de lourdes pertes économiques à la ville, qui ne ressemblait désormais plus qu’à un vieux tas de ruines sans valeur. Reylis était après tout à l’image même des Istelsten, et elle se devait de le rester : elle grandissait en dévorant les autres, dès qu’une petite faille, même infime, se présentait à elle. Aujourd’hui, la cité brillait plus que jamais, mais aux yeux du régent, elle méritait de grandir encore, pour égaler les capitales du monde. Narcisse était fière de son oncle. Non seulement parce qu’il construisait pour elle un véritable empire, mais aussi parce qu’il lui donnait tout ce qu’elle désirait. Quant à ses idiots de parents, qui l’avaient envoyé à la campagne pour l’éloigner de Sasen, ils ne savaient pas à quel point ils étaient imprudents de la laisser ainsi loucher sur l’une des plus grandes richesses de la famille.

La jeune fille se baladait dans les rues de la cité, accompagnée par quelques amies et des hommes, là pour veiller sur elles. A mesure que les jeunes gens quittaient les bas quartiers, qu’ils avaient visités dans le simple but de se moquer des mendiants, l’architecture évolua petit à petit. L’enclave des théâtres et les différents quartiers proches des remparts étaient composés pour la plupart de maisons à colombage propres et bien entretenues. Mais ce type de construction se mêlait, au cœur de la cité, aux palais, aux bâtiments religieux, véritable symphonie de briques rougeâtres, de pierres argentées et de vitres étincelantes. Les gens d’ici étaient à l’image de leur village, foule aux costumes chatoyants. Soieries, velours, cheveux longs et décorés de bijoux dorés. Les coiffes de la noblesse ajoutaient une petite note de sérieux au milieu des rubans qui pendaient aux fenêtres, à l’occasion d’une fête à venir.

Narcisse aimait se mêler à la foule, pour être regardée. Elle portait une robe bleue peu connue de la région. Sur sa tête, de jolis bijoux faisaient son éclat, tandis que ses cheveux bruns volaient au vent, dégageant un parfum expressément choisi pour ravir les jeunes hommes de la cité. Beaucoup se retournaient sur son passage, comme sur le passage d’autres femmes de la haute noblesse. Il lui fallait donc être la meilleure. Elle assura sa démarche, donna de l’éclat à son regard et fit mine de s’intéresser aux étalages les plus regardés. Ses « amies », qui la suivaient comme son ombre, se faisaient quant à elles discrètes, conscientes qu’elles avaient tout intérêt à ne pas gâcher la journée de Narcisse, sous peine de subir ses colères.

Oh mais que serait une journée sans malheurs pour venir la gâcher ? Tandis que les jeunes filles marchaient dans la grande allée, le bruit de sabots se fit entendre au loin et la clameur des habitants de Reylis fit comprendre à tous qu’un haut cortège se dirigeait vers le château.

Curieuse, l’une des filles oublia de regarder devant elle et marcha sur le pli de la robe de Narcisse, qui se déchira un peu. La violence de ce qui arriva après gâcha la belle journée qui lui était promise. Narcisse, sans pitié aucune, poussa l’incompétente au milieu de l’allée. A ce moment, les chevaux du cortège passèrent et la pauvre percuta l’un d’eux de plein fouet, malgré la faible allure qu’ils avaient adopté à leur entrée dans la cité. Un sourire, sombre, prit place sur les lèvres de Narcisse, qui se réjouit de constater que cette garce s’était blessée à la tête, son beau visage étant couvert d’un filet de sang.

- La prochaine fois, jeune fille, tu apprendras qu’on paye toujours les fruits de sa maladresse. Tu rembourseras cette robe, que j’ai achetée à un prix exorbitant sur les marchés d’Ys. J’espère que ta famille possède suffisamment d’argent, sinon mon oncle se verra dans l’obligation de vous chasser, toi et tes misérables petits frères.

L’enfant, à peine âgée d’une douzaine d’années, se mit à pleurer.

- Que tu es bruyante ! Allons donc, tu gênes le passage de ces messieurs !

C’est alors qu’elle le remarqua. L’homme à la tête du cortège était un capitaine, qu’elle n’avait jamais aperçu ici, dans cette petite cité isolée de tout. Son charme ne toucha pas que l’ensemble des femmes présentes sur les bords de l’allée. Il toucha aussi Narcisse. Narcisse qui s’était promise de ne pas succomber à l’amour d’un homme. Narcisse, qui, conformément aux ordres de son père, s’était affairée à ne jamais regarder un autre que son fiancé, qui se présenterait l’année prochaine, pour venir la chercher et la ramener chez lui, une fois la nuit de noces célébrée. Elle n’entendait plus le cri des demoiselles amoureuses, plus l’écoulement du fleuve derrière elle, ni même l’éclat d’horreur des enfants, à la vision du sang qui coule, coule, sans discontinuer.

Pour la première fois de sa vie, Narcisse détourne le regard et recule de quelques pas, pour échapper à la pression du moment. La victime s’étonne de ce comportement et en oublie ce qui vient de lui arriver. Lorsqu’elle croise le beau regard du cavalier, elle comprend immédiatement et se tait, elle aussi. Ce cortège n’était pas seulement commandé par un bel homme. Il était également de haute importance. L’idée d’être déshéritée pour sa bêtise la terrorisa. Pourtant, peu de gens ici connaissaient son identité. Peu la savait nièce du régent de la cité. Alors pourquoi s'inquiétait-elle ? Elle recula d’un pas encore et tomba. Elle n’avait pas vu le fleuve derrière elle. Entraînée dans les fonds et par les courants, comment retrouver la surface, lorsque l’on n’a jamais nagé de sa vie ? Au moins, cet imbécile de fiancé d’Ys ne verra jamais son visage.
Peddyr Thelrand
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 02 Mai 2009
Messages: 4 263
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 1 186
Race: Humain
Âme Soeur: Sveargith
Fonction: Ex-Ambassadeur
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Sam 19 Mai 2012 - 18:00 Répondre en citantRevenir en haut

L'animal, surpris par la courte collision faite avec la jeune fille poussée hors de la foule qui s'était agrandie par curiosité à la venue du cortège, poussa un petit renâclement énervé et fit un brusque écart. Cela n'empêcha pas la blessure de la fillette... Estan tira sur les rênes en portant directement le regard sur la cause de la perturbation de sa monture. Il croisa le regard apeuré de la jeune infante. Le sang maculait son visage.... Mais là où le capitaine ou du moins un de ses hommes allait réagir à cette action imprévue, quelques badauds commençaient à hurler le long du bord du fleuve. Oui car la ville de Reylis avait la chance d'avoir un bras d'eau, qui servait de moyen de protection comme de mode de transport... Mais là dans ce qui allait se passer, il risquait de se transformer en tombe pour l'imprudente qui venait de tomber dans cette eau tumultueuse en plus...

''Messire, elle est là-bas !''

Un des gardes venaient de pointer son doigts vers un remous, emporté déjà par les eaux. Estan maudit cette journée ! Dire qu'il aurait été mieux à partir en manœuvre. Il tourna violemment bride et lança sa monture au galop, le long de la rive... heureusement pas trop pavée. Soudain, il obligea sa monture à sauter dans l'eau froide. Le destrier poussa un hennissement de désaccord, mais il y était. Il n'y avait pas de temps à perdre... Veillant à ne pas tomber de sa selle, Estan guida sa monture, la forçant à nager il tendit vivement son bras dans les eaux, attrapant quelque chose. Aussitôt, son cheval alla rejoindre le bord, pendant que son cavalier tirait Narcisse en travers de sa selle. Au moins, elle n'ira pas nourrir les poissons. Les gardes du capitaines arrivèrent presque au trot, s'enquérir de la santé de leur officier.

''Ca va, ca va.... Cherchez plutôt des couvertures pour envelopper cette malheureuse. On dirait que c'est le jour de malchance pour bon nombre de personnes ici dans cette ville... Quand c'est pas une fillette qui me percute, c'est une jeune femme...''

Il se demandait quelle tuile allait lui tomber... Il tapota gentiment les joues de Narcisse, pour s'assurer qu'elle n'était pas inanimée...

''Demoiselle, réveillez-vous.''

Il inspecta ensuite sa propre tenue... Sa cotte de maille allait rouiller et son tabard était fichue... Oui journée maudite pour lui... Il allait être beau pour se présenter au Régent de la villle dans cet état... Surtout qu'il ne connaissait pas du tout le dirigeant. Il suffisait qu'il tenait à la perfection à la tenue dans les protocoles et les relations seraient alors vite tendues et délicates... Il n'avait même de tenue de rechanges

"C'est bien ma veine....''



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Narcisse d'Istelsten
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 19 Mai 2012 - 18:54 Répondre en citantRevenir en haut

Narcisse entendit le cri d’un animal dans son pseudo-sommeil et ce cri résonna comme un appel, si pressant qu’elle se débattit dans les bras de celui qui venait de lui sauver la vie. Comme guidée par une force qui était extérieure, elle ouvrit la porte qui menait au monde des rêves et glissa dans son couloir. Il était plongé dans les ténèbres et elle n’avait pas de bougie à sa disposition. Mais elle n’hésita pas un instant, concentrée sur cette présence qui l’appelait avec tant de vigueur. Soudainement, les flots envahirent le couloir et Narcisse étouffa. L’eau était agitée, pourtant elle lui parut délicieusement tiède. Malheureusement, aucune lumière ne lui permettait de voir ce qui l’entourait. Peut-être était-ce parce qu’elle n’avait jamais pu approcher la mer ? Les livres racontaient pourtant bien des choses.

Sous les flots, il existerait des poissons et des coquillages phosphorescents, qui chaque jour, emmagasinent la lumière pour mieux la restituer lorsque la nuit vient. Mais ce n’était pas tout. Les eaux semblent s’éclaircir en fonction des lieux, passant du noir le plus total à un bleu nuit riche et profond. Emerveillés, les nageurs écartent les algues mouvantes qui s’accrochent à leurs corps, effleurent les buissons de corail, admirent les oursins blancs sans les toucher, pour ne pas se piquer. Les petits crabes s’enfuient à leur approche, les anémones de mer qui agitent leurs tentacules rouges dans leur direction aspirent le petit doigt qui ose se poser sur eux et les raies grises s’enfouissent dans le sable pour passer inaperçu. Narcisse ne verrait jamais tout ces êtres dont les couleurs chatoyantes enchantent la vue : ces jaunes soleil mêlés de bleu turquoise, ces multiples blancs, rouges ou encore oranges qui s’étalent sur les écailles des poisons. Un ballet de couleur que même les bals mondains n’égalent pas.

Une petite claque au visage la sortit de ses rêves. Elle ouvrit doucement les yeux, prit conscience du monde qui l’entourait puis cracha l’eau qui s’était engouffrée dans ses poumons, lui coupant temporairement la respiration. Allongée en travers du cheval, elle peina à retrouver son souffle et commença à s’agiter, sans tenir compte de sa situation délicate. C’est seulement lorsqu’elle manqua de peu de tomber de cheval qu’elle s’accrocha fermement à ce dernier, geignant de peur. Epuisée par son accident, elle tenta vainement de trouver une position plus confortable, mais également de comprendre pourquoi elle était encore en vie, alors qu’elle s’était sentie mourir, tandis que les flots l’entraînaient plus loin dans le fleuve. Pour bien s’assurer qu’elle ne venait de rejoindre l’autre monde, elle regarda autour d’elle.

L’homme qu’elle avait admiré tout à l’heure était là, sur la monture, juste à côté d’elle. Immédiatement elle se redressa, s’imposa sur le cheval malgré l’instabilité de sa position puis toisa l’homme, peu sûre de ce qu’elle devait faire. Elle quitta finalement la monture, se laissa tomber au sol maladroitement puis s’éloigna en reculant, titubant et manquant de chuter plus d’une fois. Elle ne remarqua qu’au dernier moment les couvertures qui avaient été placé sur son dos dans le but de la réchauffer. Elle s’en débarrassa dans l’immédiat : elles avaient appartenue à des soldats et pas tous des nobles ! Pourquoi donc porterait-elle ça ? Elle comprit rapidement l’intérêt de ces morceaux de tissus lorsqu’elle éternua et remarqua qu’elle était trempée jusqu’aux os. L’air frais rendait sa situation plus compliquée encore.

- Je vais parler de tout cela à mon oncle, vaurien ! On ne jette pas une dame en travers de son cheval de cette manière ! Est-ce ainsi que vous traitez les demoiselles que vous rencontrez ? Vous n’êtes même pas d’ici ! Quelle honte ! Oui, quelle honte !

Trop de monde la regardait. Ses vêtements alourdis par l’eau mettaient en valeur ses formes naissantes. Elle se saisit d’une des couvertures et se protégea maladroitement. Rien ne se passait comme prévu aujourd’hui. Qu’était donc devenue la gamine de tout à l’heure, qu’elle lui fasse payer son comportement ? Tout cela était de sa faute, uniquement de sa faute ? Si elle n’avait pas marché sur sa robe, la journée aurait été comme toutes les précédentes ! Tremblante, elle pointa du doigt le capitaine.

- Vous…vous…vous allez répondre de vos actes ! Et ce n’est pas votre charisme qui vous sauvera ! Vous vouliez vous vanter d’avoir sauver une Istelsten de la noyade, c’est cela ? C’était un pari avec vos amis ?

Qu’il est beau ! Qu’il était beau ! Narcisse ne pensait pas tout ce qu’elle disait. Ses joues, rouges comme des pivoines, marquaient l’étrange sentiment que l’homme lui inspirait, même trempé jusqu’aux os. Quelle jeune fille normale de son âge, ne succomberait pas au visage du capitaine ? Quelle idiote ne tenterait pas de le séduire, pour de beaux enfants, de belles nuits d’amour et pouvoir le montrer aux copines à l’occasion de bals et de sorties diverses ? Narcisse ne voulait pas tout cela. Tout ce qu’elle désirait, pour le moment, c’était s’enfuir loin d’ici. Loin de celui qui allait la pousser vers le pêché, de celui qui n’aurait jamais dû lui apparaître. Bien loin pour ne pas risquer d’être déshéritée par un père cruel et incompréhensif.

- Ce n’est pas un spectacle ! Partez ! dit-elle à l’intention des badauds. Allez-vous-en ! Allez-vous-en vous dis-je !

Narcisse n’avait connu pire humiliation. Les rires, la curiosité. Oh elle aimait être regardée ! Mais pas de cette manière. Tout cela la terrorisait.
Peddyr Thelrand
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 02 Mai 2009
Messages: 4 263
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 1 186
Race: Humain
Âme Soeur: Sveargith
Fonction: Ex-Ambassadeur
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Sam 19 Mai 2012 - 20:59 Répondre en citantRevenir en haut

La jeune femme recracha l'eau qu'elle avait pu avaler et réussit malgré sa demi-noyade à se glisser hors de la selle, tombant malgré ses jambes épuisées. Malgré tout, elle se redressa et telle une furie, se débattit pour ne pas accepter l'aide qu'on lui proposait. Estan, qui terminait d'essorer au mieux son tabard détrempé et contastant en un soupir la rouille qui apparaissait déjà en de fines petites tâches imperceptibles sur sa cotte, avait cessé son inspection quand la sauvée était descendue, hurlant presque contre elle... Voilàa autre chose... Son cheval pointait des oreilles dans la direction de la jeune femme toute mouillée, encore ruisselante d'eau, comme intéressé de la suite... Estan n'allait pas rester là sans répondre.

''Ma Dame... les circonstances ne permettaient pas vraiment de jouer les preux princes à la rescousse d'une dame prisonnière d'un monstre hideux. Vous avez failli vous noyer..."

Il sut immédiatement qu'il venait de tomber sur ce genre de femme caractérielles, pour qui l'image comptait par-dessus. Il se contenta de sourciller face au doigt menaçant de la détrempée... Une Istelsten ? Elle devait être parente avec le Régent. Encore un point qui n'allait pas arranger la rencontre quand il serait en face de cet homme de gouvernance... Peu présentable et ayant bafoué l'honneur de sa nièce, fille ou belle-fille, que sais-je... Il leva les yeux au ciel... Ah si sa nièce, puisqu'elle parlait de son oncle.

''Ma Dame, je répondrai de mes actes alors; J'assumerai ma responsabilité alors, si j'ai pu vous outrager en sauvant votre vie au péril de la mienne. Car il n'y avait nul pari... Pour votre information."

Le ton s'était voulu un peu sec et il leva la main. Deux gardes à cheval arrivèrent et se placèrent devant le restant de la foule, les invitant à reprendre leurs besognes, tâches ou autres activités du quotidien. Au moins la jeune femme aurait moins de regards moqueurs posé sur elle, si cela la dérangeait tant. Puis un des gardes descendit de sa monture. Le capitaine lui adressa un rapidement hochement de la tête.

''Deux de mes gardes vous escorteront jusqu'à chez vous. Ce cheval est vôtre pour ne point vous fatiguez... Sauf si vous désirez marcher pour vous réchauffer, ce qui est presque conseiller. L'air est frais en cette saison...Maintenant, pardonnez-moi, mais je suis attendu..."

La réplique s'était faite presque avec un petit sourire sarcastique. Elle était noble de naissance ? Cela tombait bien lui aussi et il appréciait moyennement d'être considéré en dessous de ses rangs, plus encore quand il agissait pour sauver une vie.... en plus celle d'une femme. Elle était encore bien jeune qu'elle devait à peine sortir de ses demeures sans être accompagnée d'ailleurs...

"Allez !

D'un coup de talon, il lança son destrier au petit trot, suivi du reste de sa troupe pour rejoindre la demeure du Régent, l'oncle de Narcisse.

Son arrivée et son entrée dans la salle du "Conseil" ; si on pouvait l'appeler comme cela lui permit de reprendre un peu contenance..; Et quand on le fit entrer, laissant sa garde derrrière lui, ce fut pour avoir quelques éloges sur l'héroisme de sa journée. Ecarquillant les yeux à cette annonce ; les nouvelles allaient bon train dans cette cité dirait-on... il fut plus détendu... Le régent, l'oncle donc, appelait déjà ses serviteurs pour boire au nom de cet homme qui lui avait sauvé sa belle et jeune nièce... Au moins, les futures entrevues pour cette visite officielle allait mieux se passer que prévu...



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Narcisse d'Istelsten
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 19 Mai 2012 - 22:15 Répondre en citantRevenir en haut

- Oh jeune seigneur Zadan ! Si ma nièce n’était pas déjà promise à ce fils de marchand d’Ys, si elle était ma fille et non celle de mon très cher frère, je vous aurai donné aujourd’hui même sa main, sans parler de sous et d’arrangements stupides de type commercial et politique ! On rencontre rarement des hommes comme vous ! Ne l’avez-vous pas sauvé après tout ? Vous êtes jeune, beau et plein de charme ! Je suis sûr et certain qu’elle aurait été moins réticente à vous épouser, qu’elle ne l’a été concernant le fils d’Icary Solvalg ! Mon frère peine à la contenir depuis qu’il l’a fiancé ! Regardez donc où nous en sommes ! La pauvresse ne vit même plus chez ses parents, mais bien chez son vieil oncle !

Le Régent de la Cité ricana, amusé par ses propres paroles. Il ne put s’empêcher d’ajouter, sur le ton de la plaisanterie :

- Et avouez que ma compagnie ne convient pas à une jeune femme encore bercée par les contes de fées ! Par Uluna, que la noblesse est difficile avec les petites filles ! Nous nous étonnons après d’avoir des femmes sans vie, sans sourire et si peu capable de faire autre chose que de la couture et quelques manières lorsqu’elles sont en compagnie de leurs amies ! Je préfère de loin les femmes de caractère, celles qui disent ce qu’elles pensent, celles qui vous contentent au lit, chaque soir s’il le faut ; les mères aimantes mais autoritaires et les femmes capables de boire un peu d’alcool lorsque nous sommes seuls dans notre bureau pour gérer les affaires de la famille ! Bientôt, nous serons obligés d’aller chercher nos femmes parmi les catins de la ville, pour ne pas se considérer comme veufs avant l’âge !

Il avala un petit-four, délice de la cuisine de son château.

- Je vous sais encore seul, jeune seigneur. Alors si votre père vous laisse la liberté de choisir votre femme, je vous conseille de bien y réfléchir. Les poupées sont bien souvent les plus ennuyantes. Qu’espérez-vous d’une femme ? Qu’elle vous donne un héritier ? Ou qu’elle égaye votre existence pour les années à venir ?

Il fixa le jeune capitaine avec intérêt, un sourire aux lèvres. Ce dîner lui plaisait, bien plus que tous ceux auxquels il avait été forcé d’assister ces derniers jours. L’homme à qui il s’adressait était vigoureux, sûr de lui et surtout à l’écoute de tout ce qu’il avait à lui dire ; si bien qu’il allait souvent un peu loin avec lui, approfondissant des sujets de conversation qui ne devraient même pas être évoqués autour d’une table digne de ce nom. Mais qu’importe ! Au diable les petits nobles coincés d’Ören ! Les Istelsten l’empêchaient d’agir à son aise, notamment son frère, par peur que leur nom soit terni ! Il pouvait bien profiter de la vie de temps en temps ! Le fils du Roi de Camlach s’outragerait-il de si peu ? Il ne le connaissait certes pas, mais rien chez lui ne lui laissait penser qu’il était de ceux qui aimaient à colporter des ragots. Il se racla la gorge, avant de reprendre la conversation :

- Excusez mon emportement, les visites sont rares. La cité est isolée de tout et si éloignée des capitales ! Que venez-vous donc faire entre nos murs ? Vos atours sont si officiels !

Quelqu’un toqua à la porte. Il s’agissait d’un domestique, accompagné par Narcisse. La jeune femme s’était changée. Elle portait toujours une robe aux teintes de l’océan qu’elle n’avait jamais vu, mais elle était restée sobre. Son front était seins d’un bijou d’argent, ses poignets de quelques bracelets modestes, notamment trois fabriqués dans l’ossement d’un animal inconnu des experts animaliers. Elle s’était coiffée de manière simple, laissant ses boucles brunes définir toute sa noblesse. A son doigt, il manquait une bague. Sa bague de fiançailles. Son oncle ne manqua pas de le lui rappeler :

- Tu sais très bien que je veux que tu portes la bague du fils Solvalg, Narcisse ! Imagine donc la tête de ton père si jamais il venait à nous rendre une visite surprise ! Sois donc moins égoïste, il n’y a pas que toi qui paiera les conséquences de tes actes. Je suis responsable de toi. Passons pour cette fois, tu dois avoir faim ! Installe-toi !
- Pourquoi est-ce je la porterai ? Je ne l’ai jamais vu, je ne sais même pas à quoi il ressemble !
cracha Narcisse sans même daigner regarder le capitaine de la garde.


Elle s’installa à la table, folle de rage d’être accueillie ainsi. Elle ne toucha pas à son repas, le regard posé sur la nourriture, vide, dénué de tout sentiment. Son petit séjour dans les eaux du fleuve l’avait secoué, au point qu’elle en perde l’appétit. Si elle s’était présentée à cette entrevue, c’était uniquement parce que l’on lui avait demandé. Son oncle porta une main à sa joue. Elle était glacée. Afin qu’il ne fasse aucune remarque concernant son état de santé, Narcisse reprit immédiatement la parole. Elle n’avait pas besoin qu’on la plaigne. Surtout devant cet homme. Les joues rouges, les mains tremblantes, elle bafouilla sans véritablement s’en rendre compte.

- J’ai confié le cheval aux palefreniers du château…il sera soigné, nourri et lavé convenablement.
- Bien bien !
la coupa son oncle. Quelle adorable enfant ! Vous voyez, elle vous est reconnaissante de lui avoir sauvé la vie ! Vous a-t-elle remercié comme il se doit, jeune seigneur ? Je ne souhaite pas apprendre au lendemain qu’elle a fait honte à la famille.
Peddyr Thelrand
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 02 Mai 2009
Messages: 4 263
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 1 186
Race: Humain
Âme Soeur: Sveargith
Fonction: Ex-Ambassadeur
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Sam 19 Mai 2012 - 23:11 Répondre en citantRevenir en haut

S'il avait su, il aurait trouvé la bonne excuse pour ne pas se retrouver ici, en tant qu'émissaire. Non ce n'était vraiment pas son travail... Plus encore quand il était jaugé comme un homme à marier possible... C'était bien les nobles de cour tiens... mais il n'allait pas en tenir rigueur ; il avait l'habitude de ce type de comportement et se contenta de sourire. Le régent était en tout cas un bon vivant, appréciant chaque instant de la vie. Il attendit le bon moment pour placer au moins une réponse de quelques mots, justement quand on abordait le sujet des femmes... certes, il était en âge de se marier, mais il avait d'autre préoccupations...

''J'attends de trouver chaussure à mon pied. Ce n'est guère facile pour une jeune dame de supporter l'absence d'un homme qui est versé depuis des années dans l'armée.''

Enfin des années... Pas si nombreuses que cela. Six-sept ans tout au plus pour Estan. Il ne comptait pas les années en tant qu'écuyer. Par contre, il manqua de rougir de honte quand le régent voulut savoir la raison de son passage, avec sa tenue officielle... guère dans un état de propreté parfait... la honte était sur lui. Il n'avait pas pensé passer au repas directement. Oui cet homme aimait bien vivre en bon vivant. Mais cela n'allait pas pour les affaires d'Estan. En tout cas, cela ne semblait pas choquer son hôte, qui heureusement passa à un tout autre sujet quand on vient à toquer à la porte. Sa nièce fit son apparition, comme si elle n'était jamais tombé dans le fleuve. Elle avait eu la chance de se changer avant de venir, elle au moins. Estan se contenta de prendre son verre et de boire un peu, le temps que les deux Istelsten terminent leur échanges familiaux.... La jeune femme s'appelle donc Narcisse... Caractérielle jusqu'au bout donc...De toute façon Zadan ne pourrait rien faire remarquer... Il n'était pas chez lui et de plus, cela ne le regardait pas. N'était-il pas en visite officielle ?

Mais quand le sujet dériva un peu sur la chute dans les eaux, Estan sortit de ses songes, posant son regard acier sur la jeune femme rougeaude... Allait-il le déroulement exact des faits ? Il entendait encore les mots presque crachés à sa figure alors qu'il l'avait sauvé de la noyade. Bah, après tout, elle restait qu'une jeune femme qui avait un certain manque d'expérience de la vie de tous les jours et de tous les instants..

"Elle a été choquée de cette chute Seigneur Istelsten et et donc très éprouvée. L'essentiel est qu'elle soit près de vous et qu'elle soit sauve. C'était là que ma seule préoccupation....Cela me suffit amplement"

Par pure politesse, pour répondre à l'hospitalité de son hôte, il dissimulait les actes exacts. La tombée dans l'eau devait avoir suffi à calmer cette jeune dame. Et puis de toute manière, quand il repartirait, elle l'oubliera et lui aussi. Chacun sa vie.

''Pour en revenir à ma visite. Le Roi Zadan tenait à garder le contact avec votre cité. Il est dommage qu'un joyau de sa valeur se trouve si loin de Camlach et par conséquent, pour se faire pardonner, le Roi vous envoie ceci...''

Il fit un signe qui suffit à un serviteur de laisser passer un des gardes, avec un petit coffret ouvragé en bois de noyer. Il le posa devant Estan, qui le prit en douceur pour l'ouvrir devant le Régent. Se dévoila sous les yeux de ce dernier une magnifique dague en lame d'argent et une garde sculptée dans l'ivoire de la mâchoire d'une baleine.

''Il vous envoie ce cadeau. Il espère qu'il sera à la hauteur de vos raffinements, ne connaissant que de nom vos plaisirs sur tout ce qui est artistique. ''

Il espérait vraiment que d'offrir une petite arme d'apparat ne serait pas pris comme une offense, il n'avait aucun atout diplomatique en poche si jamais il devait essayer de se rattraper...

''Et avec votre permission, si vous m'accordez quelques jours, je souhaiterai visiter votre cité, pour en vanter les mérites à mon père. Cela ne pourrait vous être que favorable...''

Au moins, ce serait là une bonne occasion pour lui de faire une courte pause et de se rensigner sur cette cité, qu'il ne connaissait point. Du moins sur le plan purement stratégique. Connaître certains points habités pouvait toujours être utile plus tard, en cas de bataille.



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Narcisse d'Istelsten
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 20 Mai 2012 - 13:17 Répondre en citantRevenir en haut

- Jeune Seigneur, comment pourrais-je refuser une proposition si alléchante ? Le temps de votre séjour entre les murs de la cité, demandez-moi tout ce dont vous avez besoin et je vous le donnerai de bon cœur ! Nous avons, nous les Istelsten, une dette envers vous, et elle se doit d’être remboursée dans les plus brefs délais, qu’importe le prix à payer pour cela. Il en va de notre image auprès des gens d’Ören, bien plus encore auprès de ceux de ma cité ! Et que penserait de nous votre si bon père, si nous jetions à la porte son fils, alors qu’on lui doit la vie de l’une de nos dernières héritières ?

Il se dressa soudainement, levant les mains au ciel pour signifier à tous son contentement. Ici, les visiteurs de longue durée étaient bien plus rares encore que dans les petits villages en périphérie des capitales. Une occasion comme celle-ci n’allait peut-être jamais plus se représenter à lui à l’avenir, surtout lorsque l’invité de marque n’est autre qu’un jeune Prince, un Prince de Camlach. Lui et ses hommes allaient dépenser de l’argent pour vivre ici. Un peu le soir dans les tavernes, le jour chez les marchands de tissus, de fleurs ou encore d’armes et de vêtements. Sa richesse, certes modérée sur quelques jours seulement, ne pouvait qu’augmenter l’économie de Reylis. Plus encore si la cité était vantée au-delà même des collines environnantes.

- Nous avons des chambres à l’étage, dont le confort doit bien égaler celui de votre Royaume, si vous me permettez ! Nous pouvons même accueillir vos hommes, il y a bien assez de place pour tout le monde. Je ne vais quand même pas les faire dormir dans les écuries ! Je réquisitionnerai une taverne pour vos écuyers et vos gardes les moins fortunés. Les gens de bonne famille se verront quant à eux attribuer des chambres dignes de ce nom ! Digne même d’un Prince !

Il demanda aux domestiques de verser du vin dans la coupe du Prince de Camlach, puis leva son propre verre, qu’il venait déjà de remplir deux fois. Le rouge aux oreilles, la voix quelque peu embuée par les effets de l’alcool, il célébra, tout au long du repas, la force et la beauté d’Ören. A ses côtés, Narcisse ne prononça pas un mot. La tête baissée, le regard vide, elle cherchait intérieurement un moyen d’échapper à cette mascarade. Les jeux de son oncle ne l’amusaient guère, surtout lorsque la conversation ne tournait qu’entre des sujets essentiellement appréciés par les hommes. La guerre. Les femmes. L’alcool. L’honneur. L’or. Lassée, elle se retint de plus en plus de quitter la table après avoir dit à l’assemblée ce qu’elle pensait de tout cela. Ce fut finalement son oncle qui l’y poussa, lorsqu’innocemment, il lâcha soudainement :

- Narcisse ! Ma belle Narcisse ! Tu fais visiter si souvent la ville à tes amies de la capitale, lorsqu’elles viennent te rendre visite ! Je suis sûr que tu seras un guide merveilleux pour notre ami ! Tu connais chaque étalage, chaque marchant, chaque noble de la cité ! Avec cet homme, je te saurai en sécurité au moins ! C’est un bon échange de procédés, n’est-ce pas ? J’espère que tu lui seras d’agréable compagnie !

La chaise en bois de chêne racla avec violence le sol du salon. Les mains de Narcisse se posèrent sur la table et sans un mot, elle la quitta, bien décidée à passer le reste de son existence enfermée dans sa chambre, tant que l’homme n’aura pas quitté les murs de Reylis. Dépassé par son comportement, le régent demanda à ses hommes de lui bloquer les grandes portes. La jeune femme se retourna et il comprit immédiatement qu’elle était en colère. Ses joues étaient rouges comme les pivoines de son balcon. Son regard, emprunt de haine, le transperçait de part en part ! Ses poings serrés tremblaient si fort qu’un coup donné aurait probablement été capable de lui briser les os. Il se redressa donc de manière autoritaire, bien décidé à soumettre cette enfant à sa volonté. Hors de question qu’elle soit moins disciplinée avec lui qu’elle ne l’est déjà avec son père.

- Allons donc, depuis quand une dame digne de ce nom se conduit ainsi en la présence d’un invité. Je n’ai pas demandé ton avis, jeune Istelsten ! Que t’arrive-t-il ? La noyade t’aurait-elle rendu muette ? Si c’est de repos que tu as besoin, alors je te conseille de bien profiter de la nuit pour cela, car demain, tu accompagneras notre invité dans la ville, que tu le désires ou non.
- Pourquoi devrais-je perdre mon temps à cela ? Nous avons des guides ! Vous les envoyez toujours lorsque vos invités souhaitent visiter la ville ! Que vont croire les gens ? Je suis censée être fiancée et vous, mon oncle, vous m’envoyez me balader…aux côtés d’un homme qui, tout à l’heure, faisait soupirer l’ensemble des dames de la ville !


La dernière remarque de sa nièce fit rire l’homme.

- Cela ne m’étonne pas ! Ne me mens pas jeune enfant, je suis sûr qu'il t'a fait le même effet ! Non vraiment, vous auriez été un très beau couple tous les deux ! Beaux et charismatiques ! Aimés et regardés ! Oh, quel dommage que ton père t’ait fiancé à cet homme d’Ys ! Quel gâchis ! Ne pouvons-nous donc pas nous arranger pour annuler tout cela ?

Narcisse arqua un sourcil. Elle aurait été presque intéressée s’il ne s’agissait pas de la marier à un autre homme en retour. Le régent quant à lui, rêvait déjà de voir une Istelsten devenir reine, au côté d’un roi beau, fort et surtout bien plus riche que n’importe quel autre seigneur. Il donna une tape amicale sur l’épaule de son invité, riant comme un vieil alcoolique à peine sorti de la taverne.

- J’espère que vous ne le prenez pas mal, jeune seigneur, je sais bien que mes rêves dépassent la raison même des nobles !
- Mon oncle !
- Allons allons Narcisse, tu devrais rire un peu toi aussi, le sourire est bien ce qu’il te manque le plus !
- Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle dans tout cela ! Vous me vendez au premier venu comme si je n’étais qu’un…qu’un vase ! Je ne vois pas en quoi cet homme est beau ! Sa fortune ne m’intéresse pas ! Et son titre non plus ! Et puis demain j'ai bien autre chose à faire que de marcher toute la journée !


Quelle belle menteuse elle faisait ! Mais elle ne supportait plus les manières du régent. Il la gênait. Oui, elle ne pouvait se le cacher, le capitaine était attirant. Mais non, elle ne comptait pas jouer pour lui les guides, quoi que ce dernier en décide. S'il voulait l'emmener avec lui, si son oncle insistait pour qu'elle l'accompagne, alors il faudra l'attacher et la forcer pour cela ! Elle croisa les bras sur sa poitrine, un air de défi dans le regard. Il voulait la guerre ? Alors il allait l'avoir.
Peddyr Thelrand
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 02 Mai 2009
Messages: 4 263
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 1 186
Race: Humain
Âme Soeur: Sveargith
Fonction: Ex-Ambassadeur
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 20 Mai 2012 - 14:42 Répondre en citantRevenir en haut

Estan se félicitait d'avoir proposé de rester quelques jours. Le régent était ravi d'apprendre ses intentions. Qui pourrait se vanter après d'avoir accueilli l'un des deux fils du Roi Zadan au sein de sa demeure et ce pendant plusieurs jours. Estan savait très bien les bienfaits que sa seule présence pourrait donner, en plus de celles de ses hommes. D'ailleurs, il leur laisserait des ordres très stricts. Autant il était en visite, autant eux se devaient d'être exemplaires... L'image de Camlach se devait d'être digne jusqu'à la dernière minute.

Après avoir eu son verre de rempli pour sa seconde vois, Estan le leva en même temps que le Régent, pour louer ses dires, tout en espérant au plus profond de lui que cela n'allait pas se terminer en beuverie. Certes, il pouvait une bonne tenue face à une certaine dose d'alcool.. mais trop... Hum... Par contre pour le logement, il se fit un devoir d'apporter des précisions à son hôte.

''Seigneur, je vous remercie encore pour vos propositions, mais laissez la taverne à vos gens. Je n'ai que dix gardes à cheval avec moi. Une salle de gardes leur conviendra bien assez. Ma troupe et moi-même avons eu si longtemps l'habitude d'un rythme de casernes. Vos propositions sont déjà des offres digne d'un empereur pour nous. ''

Il; espérait ne pas se montrer trop déplacé en disant cela. Le luxe était une chose, mais là aussi, il ne fallait pas en abuser, car on en prenait rapidement le goût et le plaisir. Et il ne voulait pas que ses hommes se ramollissent en quelques jours.

Par contre, quand vint l'idée d'avoir Narcisse comme guide, Estan manqua de marquer sa surprise, qui se reporta en fait quand la jeune femme appelée fit grincer la chaise contre le sol quand elle se releva violemment après la proposition faite par son oncle...La scène familiale reprenait encore le dessus, avec quelques points de mariage abordés... Avoir un prince à ses côtés ne pouvait que donner cette envie de voir ses proches mariés à des gens comme lui... Par les cieux, pourquoi n'était-il pas simplement un capitaine comme tant d'autres ? Il toussa poliment, quand la main de l'Oncle de la furie féminine se posa sur son épaule, comme s'il avait été un ami de la famille. Estan inclua cela dans les petites dérives provoquées par l'alcool bu à trop forte dose. Un émissaire aurait été si mieux à sa place... Heureusement qu'il arrivait à prendre la mesure de ce que ces échanges allaient apporter à Camlach. Il fallait bien concéder quelques sacrifices, comme le disait si bien son père. Et surtout.... Heureusement que cette jeune femme était déjà promise à un autre... Sinon le Régent aurait tout fait pour la pousser dans ses bras... Ou une chance ! Cela ne l'empêcha pas de sourire en tout cas...

''Il n'y pas de mal Seigneur Istelsten. Le Destin décide tellement à notre place. Il est possible qu'il y ait déjà un avenir radieux et puissant pour votre nièce. Vous savez tout comme moi que le futur peut nous réserver bien des surprises.....''

Estan ne croyait pas aux augures. Sa vie était la sienne et il la menait comme il l'entendait. D'où l'idée qu'il eut de montrer que des jeunes femmes comme Narcisse se devaient d'avoir un peu de respect auprès de leur parent... surtout quand ce dernier les entretenait. Voir son regard empli de défi, attendant de voir ce qu'elle allait cracher si son oncle cherchait à avoir prise dessus... Il eut un sourire amusé.

''Seigneur, ce ne sera pas dramatique si votre nièce ne peut point me guider au sein de votre belle cité. Après tout, Dame Narcisse est encore bien jeune. Une fleur qui vient à peine d'éclore ne peut prendre le soleil directement, elle se fanerait. Une si longue marche pourrait l'épuiser dès les premiers centaines de mètres de fait. ''

Il inclina respectueusement la tête dans la direction de Narcisse.

''Je ne prendrai pas comme un affront votre refus Chère Dame. Je sais parfaitement que vous êtes une dame de cour...Le travail physique n'est que trop épuisant... Il faut vous en préserver...''

Les petites nobles qui se fatiguaient vite et qui restaient enfermées étaient connus à Camlach pour être des femmes à la faible constitution qu'un rien épuisait pour des jours entiers...Là c'é »tiat histoire de très ''gentiment'' la remettre à sa place...



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Narcisse d'Istelsten
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 20 Mai 2012 - 17:40 Répondre en citantRevenir en haut

- Oh par Uluna ! Jeune seigneur ! J’espère que vous pardonnerez le comportement déplacé de ma jeune nièce ! D’habitude elle se montre bien plus amicale et souriante avec nos invités, si bien qu’ils gardent un bon souvenir de sa présence ! Les évènements de tout à l’heure doivent l’avoir profondément choqué ! N’est-ce pas Narcisse ? demanda-t-il à cette dernière sans véritablement attendre de réponse de sa part. Je la connais bien, pour l’héberger depuis des années ! Je suis certain qu’elle se montrera plus disposée à vous faire visiter la cité, demain, au petit matin, lorsque tout le monde aura pris un peu de repos et goûté à l’excellente cuisine de Dame Imelda.

Il but d’une traite le fond de vin qu’il restait dans son verre, puis leva la main pour signifier aux portiers qu’ils pouvaient disposer. Les deux concernés, heureux de finir leur journée, ne se firent pas prier pour filer rejoindre leurs familles, dans les confins de la cité. Inutile pour le régent d’obliger sa très chère nièce à rester plus longtemps ici. Énervée, elle mettait en danger la réputation des Istelsten et son intégrité physique. Le mieux était encore qu’elle se repose et apparaisse au capitaine de meilleure humeur. Peut-être garderait-il, ainsi, un bien beau souvenir de cette jolie poupée de cire ?
Blessée dans son amour propre, Narcisse fut tentée de les quitter sans les saluer. Mais elle connaissait bien les règles et les sanctions qui régissaient le monde de la noblesse. S’y opposer, c’était accepter d’être punie, de manière bien cruelle parfois. Aussi s’appliqua-t-elle à ne pas faire d’erreur supplémentaire, elle en avait suffisamment commise en une journée de temps.

De ses deux mains, elle attrapa les pans de sa jupe et s’inclina avec grâce, la tête baissée en signe de soumission. Oh non, elle n’accompagnerait pas le jeune capitaine au lendemain ! Mais cela ne l’empêchait pas de leur souhaiter une belle nuit, afin de s’assurer que la sienne ne soit pas gâchée par les excès de colère du Régent. Bien qu’il soit un bon vivant, il était particulièrement attaché au respect et à l’honneur. Plus encore lorsqu’il s’agissait d’un homme de haute lignée. Narcisse lui avait même découvert, il y a peu, un côté macho. Oh jamais une femme ne devait s’opposer à lui, même pour une sucrerie ! Elle le sentait à bout de nerfs, elle l’avait blessé. Inquiète, elle s’empressa d’achever ses politesses :

- Que la nuit vous soit douce et qu’elle vous apporte en songes, un zeste d’espoir, Prince Zadan.

Elle se détourna dans le but de quitter le petit salon, mais son oncle s’empressa de l’arrêter. Il avait des choses à lui dire, avant qu’elle ne parte. Il était important qu’elle se tienne bien demain, le mieux était donc qu’elle y réfléchisse sérieusement cette nuit. Quelle meilleure solution que de marquer son esprit ? Parler devant le capitaine n’en serait que plus efficace. Il sourit, avant de se lancer, sur un ton qui frisait presque le sérieux.

- N’oublie pas, jeune enfant, que c’est le Prince de Camlach que nous recevons chez nous pour les jours à venir. Apprends à garder ta place de femme. Reste polie en tout temps. Réponds à ses attentes et aide-le dans ses entreprises. S’il te pose une question, ne l’ignore pas, ne mens pas. S’il désire se balader avec toi, n’invente pas une occupation pour lui échapper. Tu es une dame et tu dois te comporter comme telle. Me suis-je bien fait comprendre ? Ce n’est pas une enfant qui va ternir notre nom, des siècles de règne sur les cités d’Ören !

Narcisse hésita avant de répondre. Son cœur battait à la chamade. Ses mains tremblaient. Oh jamais elle n’avait subi telle humiliation, encore moins devant un invité de marque. Les larmes lui vinrent aux yeux, rapidement. Par fierté, elle quitta donc le petit salon. Elle ne souhaitait pas que quelqu’un la voit pleurer. La porte se referma doucement sur les deux hommes, toujours assis autour de leur table. Le monde de la noblesse était décidément bien cruel, même vis-à-vis des poupées de cire croyant encore aux contes de fées. La jeune femme, secouée par sa journée, espérait silencieusement que celle de demain soit plus clémente avec elle.

Elle dormit très mal. Chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle se revoyait se noyer et étouffait. Plus d’une fois, elle hurla dans son sommeil, réveillant son oncle et les domestiques avoisinant. Toutes les heures, il était nécessaire pour eux de venir la voir, pour s’assurer qu’elle ne se mourait pas. Son front était brûlant et pourtant, elle n’avait pas de fièvre. Fort heureusement pour le Régent, la chambre de l’enfant était suffisamment éloignée de la chambre du capitaine pour qu’il ne soit pas réveillé, ou ne l’entende que très tôt le matin. Matin où, pour la première fois, personne ne vint. Épuisés, ils n’entendaient plus ses appels, ses cris de terreur. Sa gorge était serrée, serrée si fort qu’elle croyait que quelqu’un s’amusait à l’étrangler. Ce qui lui manquait, c’était l’air. Un air qu’on ne trouve pas dans les salles de danse, dans les banquets et les petits repas mondains. Un air qui se trouve au-dehors, loin de tout, loin des usages et des riches dames du monde. Loin du mariage et des coutumes des Istelsten.
Peddyr Thelrand
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 02 Mai 2009
Messages: 4 263
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 1 186
Race: Humain
Âme Soeur: Sveargith
Fonction: Ex-Ambassadeur
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mer 23 Mai 2012 - 17:24 Répondre en citantRevenir en haut

La rencontre aurait pu être pire... Vraiment pire. Le régent était, semblait-il une personne intègre même si au final elle abusait un peu de la boisson. Cela devait être régulier, à voir sa manière de se resservir et d'en profiter. Mais peut-être que c'était là pour fêter à sa manière le sauvetage de sa nièce.... qui devait être une vraie rebelle à ses heures quand une chose ne lui plaisait pas... Une forte tête vraiment... Et elle ne semblait pas du tout ravi de devoir être contrainte de jouer les guides pour Estan. Le regard pétillant de colère en témoignait.

Par contre, quand son oncle vint à l'arrêter quand elle s'apprêtait à sortir, Estan haussa un sourcil. La c'était peut-être un peu exagéré. Le Régent tenait vraiment à l'image du nom qu'il portait et à sa cité. C'était une chose en effet de se soucier de la réputation, mais de là à se reposer entièrement sur le dos d'une jeune fille... Certaines familles de la noblesse dépassaient parfois l'entendement. Mais Estan ne s'en mêlerait pas. Ce n'était pas son problème;

Une fois Narcisse sortie du salon, les deux hommes discutèrent un peu d'affaires et de sujets plus classiques avant que le Prince prenne congé de son hôte. Après une journée comme celle-ci, un repos ne serait pas de refus... Même si elle ne paraissait pas être épuisante en comparaison de ce qu'il avait déjà connu... Mais pourtant, elle avait été éreintante... les jeux politiques, même au sein d'une même famille lui étaient difficiles à suivre. C'est avec soulagement qu'il put alors s'endormir dans un bon litn une fois arrivé dans les appartements prêtés pour la durée de son séjour à Reylis.

Au petit matin, Estan était déjà debout, habillé et sortait déjà sa monture, pansée et brossée. Pour l'occasion d'une visite ''habituelle'', il avait échangé sa cotte de maille et son tabard contre une simple tunique portant les armoiries de son père sur sa poitrine. Il avait toutefois gardé son épée à sa ceinture. Il restait Capitaine après tout.... Son destrier n'avait pas tout son accoutrement de parade et il semblait ravi d'être harnaché plus légèrement.

Avec un étrange sourire aux lèvres, le jeune officier attendit patiemment l'arrivée de sa guide, en caressant le chanfrein de sa monture. La journée allait être... intéressante. Déjà il avait le pressentiment que la jeune Narcisse lui ferait payer son outrage de la veille à sa façon. Oui, cela allait être amusant. Il s'imaginait déjà le retard qu'elle allait expressément prendre pour le tester sur sa patience, ou encore s'excuser en jouant sur l'importance de prendre son temps pour se maquiller, trouver une tenue adéquate... Les femmes nobles n'omettaient aucun détail sur l'apparence, comme si tout jouait dessus pour leur renommée.... D'un point de vue personnel, Estan estimait que la simplicité rendait plus le charme naturelle d'une femme que de trop en faire... Dissimuler son visage sous une tonne de fard, de rouges.... Et autres cochonneries féminins.... Bah.. Des femmes en somme... Ou alors mieux. La jeune femme n'allait pas du tout arriver, faisant annoncer son indisposition par un malaise. Après son aventure dans le fleuve, c'était faisable et même plus véridique que de simuler une migraine.

Bah, il verrait bien.



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Narcisse d'Istelsten
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 26 Mai 2012 - 15:15 Répondre en citantRevenir en haut

- Jeune Seigneur ! Jeune Seigneur Zadan ! appela un homme au loin, en agitant ses mains au-dessus de lui pour signaler sa présence. Une fois plus proche de son interlocuteur, le Régent ne prit même pas le temps de retrouver son souffle, il continua : Enfin je vous trouve ! J’ai bien cru que vous étiez déjà parti, vous et vos hommes, il est si tard déjà ! Comment justifier le retard de ma très chère nièce ? La pardonnerez-vous seulement de ne pouvoir rembourser la dette qu’elle a à votre égard ? Il se redressa, plantant son regard gris d’acier dans celui de son hôte royal. Il profita de quelques minutes de silence pour récupérer de sa course folle. Le capitaine ne prit pas la parole, comprenant probablement qu’il n’en avait pas terminé avec ce qu’il avait à lui dire. Une fois son cœur calmé, il reprit sur un ton plus « diplomatique » : Ce n’est guère de sa faute vous savez ! Elle a passé une très mauvaise nuit, et nous de même, en hurlant toutes les heures après des cauchemars dont elle refuse de nous parler ! Depuis la journée d’hier, Narcisse se montre particulièrement réservée ! Il força un sourire, plus commercial que sincère. Attendrez-vous quelques minutes supplémentaires ? Je lui ai demandé de se préparer au plus vite. Il est hors de question que ce petit malentendu l’empêche de passer sa journée dehors, en votre compagnie !

Le Régent hésita et faillit renoncer. Il avait brusquement l’impression de se tenir en équilibre au bord d’un gouffre sans fond, et il n’avait pas particulièrement envie d’y plonger. Décidemment, sa nièce lui causait bien des tracas. Pas seulement à lui, mais également à l’ensemble des invités de marque qui franchissaient les grandes portes de la cité. S’il ne l’aimait pas comme il l’aime aujourd’hui, s’il était son père et non son oncle, s’il était capable d’un tel geste, alors il l’aurait fessé jusqu’à ce qu’elle lui demande pardon et promette de se tenir comme une jeune femme exemplaire. Comment, dans ses conditions, ne pas se décourager ? Il était constamment partagé entre son rôle de « Grand » parmi les Istelsten et celui d’homme, d’être humain qui désire protéger sa famille du mieux qu’il le peut. Que faire alors ? Il ferma les yeux puis adopta finalement une expression de colère. Ce matin, Narcisse allait suivre cet homme, qu’elle le désire ou non. Au diable donc les sentiments qu’il portait à son égard ! Au diable donc tous les défauts qui finiront par nuire à la bonne image des Istelsten ! On l’avait éduqué comme un chef et non pas comme un chien !

Narcisse sortit soudainement au-dehors, sous le regard attentif de son oncle. Le cœur empli de chagrin et d’appréhension mêlés, elle s’avança doucement, la tête basse, pour cacher au mieux ses traits tirés par la fatigue de la nuit. Au-dessus d’elle, le ciel était lourd de nuages menaçants. Plus bas, les eaux du fleuve étaient grises, grises comme le visage de la femme qu’elle avait vu dans son rêve. Le sien, dépourvu de tout souffle de vie. Elle frissonna rien que d’y repenser. Comment oublier cette douleur ? Cette douleur dans sa poitrine, si insoutenable que l’on est prêt à se laisser glisser dans les ténèbres chaudes et accueillantes qui s’ouvrent à nous. C’est son oncle qui la sortit de ses pensées, plus brusquement qu’elle ne l’aurait jamais imaginé.

- Narcisse ! M’écoutes-tu, jeune fille ? Je te parle !

Elle leva le regard sur lui, fronça les sourcils, sur la défensive, puis écouta ce qu’il avait à lui dire. Le Régent semblait quant à lui, avoir perçu l’énervement de sa nièce. Il ne releva pas cependant : inutile de la rendre plus insupportable qu’elle n’allait déjà l’être. Il s’attendait au pire aujourd’hui et craignait de voir son invité s’enfuir au triple galop dès le soir venu. Bouah ! Il verrait bien. Narcisse était certes une forte tête, mais elle ne manquait pas d’intelligence lorsqu’il s’agissait de servir ses intérêts personnels. Peut-être qu’un jour ce talent sera utilisé pour le bon fonctionnement des affaires commerciales de la famille Istelsten. Ou mieux encore, dans le cas de nécessités diplomatiques.

- Aujourd’hui, tu vas donc guider notre invité dans la ville. Il désirera sûrement voir certains endroits plus que d’autres. N’hésite pas à lui montrer nos temples, les bâtisses des Grands de la ville, comment travaillent nos femmes, nos paysans et nos forgerons. Oh et il faut absolument qu’il visite les jardins de l’Astre Incliné, plus au sud de la cité ! Toi-même tu t’y rends régulièrement, pour y admirer les fleurs qui y poussent tout au long de l’année. Et qui ne pense pas comme moi ? Si Narcisse trouve du charme à un lieu, alors le monde entier est capable d’en apprécier la beauté !
- Tss. Mon oncle, vous êtes bien le dernier à apprécier la vue et l’odeur des narcisses et des champs de lavande, que j’aime bien plus que vos rosiers sur les balcons de notre demeure. A vouloir être poétique, à vouloir exagérer, vous finissez par vous tourner vers le mensonge et la vantardise.
- Je vais épargner à notre invité ce qui me traverse l’esprit à l’instant même, jeune enfant.

Il se tourna vers le capitaine, tout sourire, puis il dit avant de rejoindre son salon, pour y traiter les affaires du jour :

- Je vous souhaite la meilleure des journées entre les murs de ma cité, Prince. J’espère de tout cœur qu’elle vous laissera bonne impression, au point même que vous souhaitiez vivre parmi nous pour le restant de vos jours. Il nota bien évidemment que cette phrase fit rougir sa nièce, cette dernière détournant le visage de manière à faire passer le message : « Oh ça jamais ! » alors qu’elle espérait, au plus profond d’elle-même, tout le contraire. A ce soir, pour le dîner !

Sur ce, il quitta les lieux. Ne restaient plus que le capitaine et la jeune Narcisse. Pas un seul instant elle ne daigna ouvrir la bouche, pas même pour le saluer. Les joues écarlates, les yeux pétillants, elle fixait avec insistance le jardin, cherchant comment entamer la conversation sans passer pour la dernière des cruches. Elle ne désirait pas se balader aujourd’hui, mais devoir se battre avec lui la tentait encore moins. Qu’il était beau ! Trop beau pour laisser des traits de colère abimer son si joli visage. Elle porta sa main à sa joue, étonnée d’avoir si chaud.

- Je ne vous cache pas que tout cela me déplait, mentit Narcisse. Je n’ai guère envie d’aller me promener. Si vous pouviez mentir à mon oncle et partir seul, avec vos hommes, cela m’arrangerait.

Son regard la trahissait. Elle mentait bien mal. A cet instant précis, elle ressemblait bien plus à une petite fille timide qu’à une jeune femme de la noblesse. Sans véritablement s’en rendre compte, elle chiffonnait les pans de sa robe dans ses mains.

- Je ne vous cache pas que tout cela me déplait, mentit Narcisse. Si vous pouviez mentir à mon oncle et partir seul, avec vos hommes, cela m’arrangerait. Sa voix prit soudainement un ton presque soucieux. Le bruit sourd de l'eau du fleuve me hante chaque minute, chaque seconde. Je ne souhaite pas m'en rapprocher plus que cela. Consciente qu'elle en avait trop dit, elle lâcha vivement : Je connais cet endroit comme ma poche et la cité commence à me lasser. Et il en sera de même pour vous, Prince, à la fin de cette journée. Je donnerais n'importe quoi pour voir autre chose que...que ça !
Peddyr Thelrand
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 02 Mai 2009
Messages: 4 263
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 1 186
Race: Humain
Âme Soeur: Sveargith
Fonction: Ex-Ambassadeur
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Sam 26 Mai 2012 - 22:04 Répondre en citantRevenir en haut

Une fois la conversation terminée au grand soulagement d'Estan, le capitaine se retrouva seul désormais avec la jeune femme, qui semblait quelque peu désappointé de se retrouver à jouer les guides malgré elle. Elle n'avait pas le choix. Sans doute son oncle lui avait promis mille punitions ou mieux : la perte de son héritage. Souvent dans les Maisons, cela se passait comme cela et ca calmait les esprit très vivement. Mais le second fils du Roi Zadan s'en fichait quelque peu. Son soucis était de répondre à ses devoirs et à reconnaître la cité, qui au premier abord paraissait un peu désordonnée quand à la constitution de ses rues et de ses quartiers. Peut-être qu'une logique de construction était présente. Il lui faudra alors la percevoir. Mais il doutait de la trouver.

[i]*Bah, je verrai bien..*[/b]

Il se contenta de sourire à la jeune adolescente, qui cherchait une autre manière d'esquiver la balade guidée. Avant de lui répondre, il mit un pied à l'étrier et monta sur le dos de son destrier.

''Ma Dame, il n'est pas dans ma nature de mentir. Encore moins à votre oncle qui m'a accueilli sous son toit. Mentir serait un déshonneur. De plus, mes hommes ont bien mérité une journée de repos après notre harassant voyage pour venir à votre belle cité ''

Il tira un peu sur les rênes pour les tendre un peu, appelant ainsi à sa monture à se tenir prête pour un prochain départ.

''Par contre, je vous crois sur parole pour ce qui est de la lassitude... Je vous propose ceci, car vous ne pourrez pas échapper au vôtre, de devoir... Faites moi voir le jardin et quelques artères principales de la ville et après nous pourrons partir au-delà des remparts. Oui car une ville n'a pas que son intérieur, il y a son extérieur n'est-ce pas ? "

C'est là qu'il sourit avec une certaine forme d'amusement. Si elle espérait esquiver la tâche qui lui était confiée... En tout cas, il veilla à ne pas aborder une seule fois la présence du fleuve.

''Donc vous seriez prête à donner n'importe quoi pour voir autre chose... Voilà chose faites. Consacrez moi de votre temps et allons prendre l'air dans les plaines et les forêts alentours....''

Il n'allait pas lui laisser le loisir de répondre, de répliquer ou de balancer d'arguments pour contredire ses paroles. Marchander n'était pas à son programme. Il serra les jambes pour faire faire quelques pas à sa monture.

''Allons ma Dame, ne perdons pas cette merveilleuse journée en restant planter là.''

Il tendit gracieusement son bras en avant, comme pour l'inviter à passer devant, pour jouer la guide d'une journée.



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Narcisse d'Istelsten
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 27 Mai 2012 - 01:00 Répondre en citantRevenir en haut

L’année dernière, Narcisse aimait se promener dans la cité, en compagnie de quelques amies de la famille. De temps en temps, accompagnée par des hommes d’armes pour la protéger des mendiants, elle faisait le tour des temps, des jardins et des places marchandes, souvent baignées par le soleil. Pendant ces balades, où chaque mauvais geste pouvait à jamais ternir son image, la jeune femme se rendait compte régulièrement des réalités sur lesquelles fermaient les yeux les nobles d’Ören. Dès lors, il devenait important de se montrer et son oncle, le Régent, l’avait très bien compris. Elle était probablement la future souveraine des lieux, chargée de la protection de son peuple et de leurs biens. On l’obligea donc à passer ses après midi dans les rues, chaque jour, chaque semaine, chaque mois. La ville, qu’elle voyait comme une fleur sur le point de s’épanouir, finit par faner à son regard. A force d’être contrainte, elle finit par se lasser et ne sortir que lorsque cela l’arrange, elle et seulement elle.

Aujourd’hui, les choses étaient légèrement différentes de d’habitude. Certes elle avait joué de manière à obtenir ce qu’elle désirait. Mais en retour, elle devait offrir au capitaine une visite de la cité digne de ce nom. Avait-elle gagné ? Elle en doutait. L’homme la manipulait comme un pantin, sans qu’elle soit dans la capacité de couper ses fils pour recouvrer la liberté. En jouant sur les mots, sur ses sentiments et ses désirs, il avait brisé l’immense muraille qui se dressait, quelques minutes plus tôt, en lui et la jeune femme. Elle ne pouvait plus reculer. Il l’avait charmé, par son sourire, par ses intentions et ses manières inhabituelles, alors que tous les hommes qu’elle avait rencontrés jusqu’à présent lui léchaient les pieds comme si elle était Uluna même. Il était simple, sincère et surprenant. Il était celui qui l’avait sauvé de la noyade, celui qui défiait ses caprices et enfin celui qui, malgré son caractère déplaisant, ne faisait rien pour qu’elle soit loin, très loin de lui et de ses hommes. Et pourtant, elle était dans l’incapacité de le remercier. Le moment n’était peut-être pas encore venu.

Une fois à cheval, le silence s’imposa entre les deux protagonistes. Narcisse se montra étonnement effacée et le capitaine, pour une raison qu’elle ignorait, ne semblait pas vouloir insister plus que cela. Se concentrait-il sur les détails qu’il rencontrait sur son chemin ? Peut-être. Elle était devant lui, bien incapable de voir l’expression de son visage. Ce ne fut que lorsqu’ils atteignirent la partie de la cité la plus animée qu’elle se plaça à ses côtés, de manière à commencer la visite dans les règles. Elle lui présenta tout d’abord les plus riches maisons de la ville, puis ensuite les marchés, où l’on trouvait notamment de la viande, des fruits et légumes et enfin des épices, venues de loin pour être vendues à Ören, à un prix plus élevé malheureusement. Tout au long du parcours, elle évita soigneusement le fleuve, renonçant par cela à lui faire visiter un temple de belle envergure, réputé pour sa beauté et le respect qu’il accordait à Uluna, la Dame Nature.

Alors que le midi approchait à grands pas, la pluie se mit à tomber. Cela n’empêcha pas le « couple » de continuer la visite, leurs vêtements suffisant amplement pour les protéger des caprices du ciel. Vint après les temps le jardin qu’admirait tant Narcisse. Sa beauté ne fut pas aussi rayonnante que d’habitude cependant. La pluie et le ciel gris ne mettait pas en valeur le rouge des roses du sud et le jeune des narcisses. Les autres fleurs semblaient ternes, dépourvues de vie. Sous le poids de l’eau, certaines perdaient inexorablement leurs pétales. Tandis que l’eau coulait le long de son visage, Narcisse fixait avec insistance ce triste spectacle, perdue dans ses pensées. Dans ces moments là, elle oubliait très vite la présence du capitaine. Son cheval mangeait l’herbe au-dehors, attendait patiemment que sa cavalière revienne le chercher.
Quand elle prit soudainement la parole, elle fixait l’homme dans les yeux, sans rougir, sans même détourner le regard. Elle semblait puiser sa force quelque part, et par cela, elle pouvait se montrer à la hauteur pour le défier. Pourquoi donc la beauté d’un homme, son charme et son talent l’écraseraient-ils ? Oh ça jamais, elle était bien trop fière pour se laisser marcher plus longtemps ! Comme elle le faisait depuis le début de la visite, elle conta l’histoire de ce lieu à l’homme, qui se montra étonnement attentif. Narcisse ne pouvait se mentir : le savoir intéressé par ce jardin l’aurait presque fait sourire.

- Certains racontent que ce jardin a été créé en l’honneur de Dame Nature. D’autres, comme mon oncle, me content régulièrement une histoire. Ils disent qu’il y a plus d’un siècle déjà, un homme, fort riche, a construit ici, au milieu de nulle part, une ville, dans le but de permettre aux hommes et femmes agacés par la capitale de profiter des campagnes et des avantages que fournit la terre d’ici. Le Régent serait l’un de ses descendants. Moi également par cela.

Elle leva les yeux au ciel, dans l’espoir d’y voir un rayon de soleil.

- Mais la ville n’avait pas de charme. Elle était noire, entourée de murailles et de collines sombres interminables. Les crottins s’y accumulaient, les morts n’étaient pas enterrés, certaines épidémies détruisaient tout ce pourquoi il se battait. Un jour, tandis qu’il assurait la sécurité de sa cité en travaillant avec ses hommes, muni d’une armure sans teint, il a croisé le regard d’une gitane. On la disait si belle qu’elle aurait fait tomber le jeune homme de son cheval. Des cheveux dorés, des yeux si gris qu’ils rappelaient l’acier des épées, une robe de toutes les couleurs ! Pour la séduire, ce grand romantique aurait fait pousser ce jardin.

Elle rit, amusée par cette histoire digne des contes de fées que l’on raconte aux petites filles pour les faire rêver, avant de détruire leur âme en leur parlant de mariage dès leur douzième année. Elle serra les poings, pour contenir sa colère, fixant au loin, vers l’horizon, les champs de coquelicot et de lavande, les cerfs, fiers, qui gambadaient sans craindre les chasseurs et le premier rayon de soleil, qui égayait pas sa simple apparition le monde de Narcisse.

- Je ne sais pas si elle l’a aimé. Si elle l’a épousé. Ou encore si d’elle, l’homme amoureux a eu des enfants. Concernant ce point, croyez-le ou non, la plupart des Grands de ma famille préfèrent le nier. Que penserait-on de nous si nous descendions d’une femme du peuple ? Mon père en est même venu à dire que cet endroit manquait de goût, qu’il ne pouvait être apprécié que par les petites gens. Je suppose que la vie n’est pas bien différente chez vous. Ne vous parle-t-on pas sans cesse d’épousailles, d’honneur et de banquets ? Pourquoi donc êtes-vous le seul qui souriez ? Le seul qui garde la tête haute ? Tous les autres m’inspirent du dégoût. Tous les autres ne sont que des hypocrites dressés pour écraser les plus faibles qu’eux. Mais vous c’est différent.

Elle détourna vivement la tête, rougissante. Elle était allée trop loin, beaucoup trop loin ! Elle fit tout pour calmer son coeur : elle secoua d'abord la tête, puis elle se claqua doucement les joues avant d'agiter sa main devant elle, pour apaiser ses joues en feu. Pourquoi ce regard lui faisait-il toujours le même effet ? Pourquoi, comme elle en avait toujours rêvé, elle ne pouvait soutenir le regard de cet homme comme le fait la Princesse dans les contes ? Était-elle trop faible ? Trop faible pour être la princesse ? Comme pour tenter de briser ce moment, elle reprit soudainement la parole, se forçant à adopter un ton désagréable. Ce qu'elle dit, elle le regretta rapidement. Pour quitter la ville, il fallait traverser un pont passant au-dessus du fleuve agité.

- Vous devez tenir votre promesse désormais.
Peddyr Thelrand
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 02 Mai 2009
Messages: 4 263
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 1 186
Race: Humain
Âme Soeur: Sveargith
Fonction: Ex-Ambassadeur
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 27 Mai 2012 - 15:41 Répondre en citantRevenir en haut

La pluie s'était invitée à la petite visite. Une pluie fine et froide, comme pour renforcer l'ambiance qui régnait entre les deux cavaliers. Mais néanmoins, Estan put tout de même visiter la ville, apprécier l'espace de ses rues et bien d'autres choses que nous laisserions à son appréciation militaire. L'eau ne le dérangeait pas plus que cela, et il s'était attendu à ce que la jeune femme lui fasse part de son envie de rentrer au sec. Au lieu de cela, elle gardait avec fierté sa position. Comme si l'honneur de sa famille était en jeu. Le jeune capitaine savait les femmes capables de sacrifice mais à ce point là...

Enfin ils arrivèrent devant le jardin et les plantes fleuries faisaient grise mine sous le poids des gouttes qui s'accumulaient dans le creux de leurs feuilles ou dans le coeur de leurs pétales. Dans une aube d'été, ce jardin devait être splendide à contempler. Narcisse se plut à lui raconter ses origines en une petite légende locale. Ce qui fit doucement rire l'officier. Il y avait toujours une part de romantisme dans bien des villes et rien de tel ne valait un jardin pour fermenter de l'espoir à l'eau de rose. Puis elle cessa de parler pour lâcher un petit rire, qu'Estan mit sur le compte de sa nervosité.

Puis quand elle en vint à poser des questions liées à leur situation commune, à savoir d'être dans ce monde de noblesse et de politique, il se contenta de fixer un instant les nuages, avant de finalement répondre.

''Non en effet, mon frère et mon père me bassine pour que je trouve femme... Mais ce n'est pas ma priorité. De plus, je suis capitaine de la Garde Royale, je n'ai des fois pas le temps pour les mondanités. Et puis... Il faut rester soi-même. Jouer les apparences, ce n'est pas pour moi. Je ne sais pas entretenir l'illusion d'être quelqu'un d'autre. ''

Il y avait tellement de choses à dire quand à sa position sociale. Mais il estimait que la jeune femme n'avait pas à les apprendre. Qu'aurait-elle à en faire de toute façon. Il vira la conversation alors sur un autre point de ses répliques.
''Pourquoi je souris et pourquoi je garde la tête haute ? D'une parce que la vie mérite d'être appréciée à tous ses instants et puis... parce que je suis un officier. Je dois montrer que je suis digne de porter le rang d'officier qui est mien. Je ne pourrai pas guider mes hommes sinon... Les soldats ont besoin de voir quelqu'un à leur tête qui sache les ordonner, quelque soit la situation. ''

Il maugréa intérieurement. Dire que tout à l'heure il avait précisé ne pas jouer dans l'illusion. Ne le jouait-il pas avec sa garde ? Un peu pourrait-il dire.

Puis quand vint la promesse à tenir...

''Mais certainement Ma Dame. Maintenant que la ville m'est plus familière, permettez-moi d'ouvrir la marche jusqu'à la porte d'enceinte. ''

Il fut plus facile pour lui en effet, de retrouver la porte qu'il avait franchi la veille. Puis une fois cette dernière franchie, il lança dans un petit galop souple son cheval, qui sentait l'approche des grands espaces, ruminant contre son mors. Une fois le pont passé, le capitaine tourna bride pour voir où en était la jeune noble. Comme il fallait traverser le fleuve...

''Je vous attends ma Dame. Ce serait regrettable d'avoir peur d'un pont bien solide. Ou alors est-ce que vous n'avez jamais mis les pieds en dehors de ces murailles. Vous pouvez me l'avouer, je comprendrai...''

Il se doutait bien que Narcisse était déjà sortie... Mais il jouait un peu sur la fierté féminine de cette dernière pour la provoquer un tout petit peu...



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Narcisse d'Istelsten
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 27 Mai 2012 - 18:48 Répondre en citantRevenir en haut

Malgré les provocations poussées du Capitaine Zadan, Narcisse ne trouva nulle part le courage de traverser le grand pont. Confortablement installée sur sa monture, elle fixait l’eau puis le solide passage à tour de rôle avec appréhension, redoutant à chaque instant le moment où elle allait devoir donner l’ordre à son cheval de commencer la marche. Non seulement sa monture ressentait sa nervosité, mais, de plus, il n’était pas certain qu’il ne lui arrive rien entre temps, sa chance pouvant tourner d’une minute à l’autre. Le cheval concerné, agacé plus qu’autre chose par le manque d’activité, commença donc à bouger sans que Narcisse ne lui en ait donné l’ordre, renâclant et tapant des sabots dans la terre humide. Lui ne demandait qu’à aller galoper dans les vastes plaines, comme un cheval libre. Sa maîtresse, elle, à fuir et à rentrer chez elle, pour y être bien au chaud et surtout en pleine sécurité. Aujourd’hui plus que jamais, cette dernière en voulait terriblement à son oncle, qui lui infligeait des épreuves bien au-delà de ses capacités. Elle soupira puis plongea dans ses sombres pensées, oubliant le monde qui l’entourait.

Le souvenir de ce jour où elle avait failli se noyer, lui revint tel un songe, persistant et cruel. Elle ferma les yeux pour tenter d’y échapper, mais les effets sur son esprit furent plus grands encore. Plusieurs fois, elle faillit crier, mais elle se retint, sachant pertinemment qu’en agissant ainsi, comme une enfant gâtée, elle prenait le risque de dévoiler au capitaine et donc, par la suite, à son oncle, la source des problèmes qu’elle avait eu dans la nuit. Le cœur battant, elle observa au loin l’homme en armure, sûr de lui, qui n’attendait que le moment où sa compagne de promenade traverserait. Plus fort encore, il s’amusait à la provoquer pour qu’elle se dépêche, ce qui ne manqua pas de déplaire à la jeune femme. Elle fit la moue et détourna brusquement la tête, tirant sur la bride de sa monture pour faire demi-tour. Quelque chose l’arrêta cependant.

Si elle s’enfuyait ainsi, alors le Prince Zadan serait le grand vainqueur de cette journée.

- Je n’ai rien à vous avouer, Prince de pacotille ! Les confidences, je les laisse à votre future épouse !

Son esprit de combattante revenant au grand galop, Narcisse mit sa monture au trot puis fit brusquement demi-tour. C’est au triple-galop qu’elle traversa le pont de pierre, n’attendant même pas son hôte, une fois qu’elle fut passée à côté de lui.

Le vent dans ses cheveux, l’odeur de la lavande et le cri de l’aigle dans le ciel la ravirent. Elle sourit à pleines dents et ferma les yeux, pour mieux voir, mieux entendre et mieux sentir. Autour d’elle, les nuages disparaissaient petit à petit, laissant place à un grand soleil, qui ravivait les couleurs chatoyantes des champs de fleurs. Les animaux sortirent de leur cachette, se laissant observer sans craindre la flèche du chasseur. Narcisse put apercevoir des faucons, des biches, de petits lapins et même un félin plus communément appelé le puma. Cela, elle ne pouvait le cacher à personne, pas même au capitaine : elle débordait de vitalité et se sentait plus heureuse qu’elle ne l’avait jamais été.

Malgré la présence des félins chasseurs dans le coin, elle arrêta sa monture, l’attacha à un arbre esseulé puis marcha à travers les hautes herbes, levant le visage pour l’offrir à la douce chaleur des rayons du soleil. Ses pas sur le sol étaient légers, précis et distingués. De sa bouche s’échappait un petit chant, à peine audible, dont elle ne connaissait plus la provenance. Ce dont elle était certaine, c’était qu’il ne venait pas de sa mère. Cette dernière n’avait jamais rien fait comme les autres. Jamais conté une histoire, jamais chanté une berceuse et encore moins baisé son front. Pour ne plus penser à cela, elle se retourna vers son compagnon et sourit. Ce sourire avec quelque chose d’insolent et elle n’était pas prête de s’en cacher.

- Pour vous faire payer votre insolence de tout à l’heure, nous traverseront, à notre retour, le pont de la porte Ouest. Dans cette partie de la ville, on y trouve les bandits, les mendiants et les petits voleurs. Je parie que vous serez dépouillé avant le retour à la demeure familiale, Prince Zadan. Au moins vous aurez quelque chose d'intéressant à raconter à mon oncle !

Elle se débarrassa de son manteau léger, le posant tout simplement sur ses épaules. Puis tout d’un coup, elle disparut parmi les hautes herbes. Assise, à l’abri de tous les regards, elle sécha discrètement les larmes qui avaient menacé de couler tout à l’heure. Au plus profond d’elle-même, elle ne voulait pas qu’on la retrouve. Personne, pas même ce bel homme.
Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:29 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu