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 [Maître Bronze] Eléderkan Garaldhorf & Thémos Sujet suivant
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Eléderkan Garaldhorf
Maitre Dragon
Maitre Dragon

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Inscrit le: 22 Avr 2012
Messages: 214
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 123
Race: Elfe
Âme Soeur: Thémos
Fonction: Inquisiteur Suprême
Affiliation: Clan Introverti
Alignement perso: Neutre Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Dim 22 Avr 2012 - 22:14 Répondre en citantRevenir en haut

Nom : Eléderkan (se prononce éléderkane) Garaldhorf (signifiant les enfants du Roi de fer), un nom évoquant une très ancienne famille aristocratique descendante du Valheru Dye-Weren dit le Garald (signifiant le Roi de fer) et jadis très attachée au Màr Dìnen.

Surnom : son Lié l’appelle familièrement mon ami ou mon cher ; ses Aspirants se doivent de l’appeler Seigneur Garaldhorf ou tout simplement Maître ; les autres, on s’en fout XD Sa joueuse l’appelle Sweet Snake mais chut !

Age : environ 60 ans

Race : Elfe (race pure et il s’en enorgueillit)

Lié : Thémos le Bronze

Rang : Maître Dragon & Inquisiteur Suprême (membre du Concile des Sangs, maître-espion)

Physique, Caractère : Eléderkan ressemble beaucoup à son défunt père, Kidrash Garaldhorf, aussi bien moralement que physiquement. Son frère cadet, Métherkan, bien que les deux frères se ressemblent assez, tient plus de leur mère Yéhénara, y compris son esprit fragile.

De haute taille, mince et élancé, son corps est taillé pour la rapidité et la dextérité. Bien que doté de membres fins, d’une élégance raffinée malgré des épaules légèrement plus larges que chez la plupart des Elfes, son corps est musclé par les exercices physiques tels que l’escrime, la course et l’équitation. Son visage aux traits fins et anguleux, comme sculpté dans le marbre, avec un menton volontaire, des pommettes hautes et saillantes, un nez droit, un front haut et des lèvres fines, aurait pu lui offrir une beauté douce, presque efféminée mais il n’en est rien : c’est une physionomie froide et dure. Sa peau très pâle s’accorde à merveille avec sa longue chevelure immaculée parsemée de mèches argentées qui balaye ses reins. Il coiffe rarement ses cheveux, préférant les laisser battre son dos comme une bannière, même si parfois, pour une raison obscure, il les natte en une longue tresse ornée de perles de nacre. Deux oreilles effilées dépassent de son indomptable chevelure, qui s’orientent en fonction des sons pour mieux les percevoir, comme les animaux. Seule source de couleur dans ce visage de glace, brûlent de grands yeux vert sombre qui s’étirent légèrement vers les tempes, telles deux émeraudes posées dans l’ombre qui vous transperce jusqu’au plus profond de l’âme si l’envie lui prend de vous dévisager ; des yeux qui ne cillent ou ne clignent presque jamais. Ses longs membres solides, sa démarche fluide témoignent d’une grâce guerrière de fin escrimeur. Sa voix lisse et généralement froide est assez agréable à entendre, tel du velours. Sa main droite s’orne d’une cicatrice, là où jadis une fourche de fermier lui transperça la main de part en part. Sa jambe gauche présente une légère raideur qui s’accentue en boitement lorsqu’il est épuisé, à cause d’un mauvais coup d’épée de la part d'un Chevalier présomptueux. Une marque plus ancienne, dont il ne subsiste qu'un mince ligne d'écailles couleur bronze, datant de son Empreinte et que nul n’a jamais vue pour en parler, barre sa poitrine près du cœur.

Il aime les riches étoffes et se vêtir comme un seigneur, avec élégance et sobriété. Il est issu de l’aristocratie, bien que cela ne soit pas évident au vu de la généalogie perdue de sa famille qui remonte à très loin mais s’arrête pour tout le monde (sauf les Garaldhorf connaissant la vérité) à son apparition dans le Kaerl Ardent. Ceci est pour marquer son rang. Souvent, il porte aussi des gants et quelques bijoux ainsi que parfois une cotte de mailles en mithril qui lui a jadis coûté la peau des fesses et dont il prend extrêmement soin depuis.

Difficile de savoir ce qui se cache derrière ce sourire énigmatique, ce flegme à toute épreuve et ce masque impassible. Eléderkan regarde tout le monde avec une indifférence plus ou moins marquée et la seule expression d’étonnement qu’on lui est jamais vu est un haussement de sourcils. Calculateur, retors d’esprit, il utilise son intelligence pour ses desseins personnels. Trop sérieux peut-être, le seul humour dont il dispose est l’ironie, arme redoutable dont il use avec habilité et sans scrupules. Le jeu du pouvoir et ses subtilités font son quotidien, lui dont la langue acérée et franche ne retient pas les mots qui fâchent. Cynique, élitiste, amer dans son intimité, il passe pour un être cruel, distant, doté d’un cœur de glace ou de pierre – peut-être ceux qui le disent n’ont-ils pas tort. Renfermé et taciturne, il demeure égoïste, avec un orgueil à la mesure de son ambition. Quelle ambition ? Nul ne connait ses véritables objectifs, même Martel jadis son plus proche ami et allié. Il vit pour la stabilité de son Màr, de ses valeurs et de son intégrité : en apparence, c'est un être entièrement dévoué et qui ne saurait exister sans son Ordre. Avare en conseils, il aime à donner des ordres à ses Aspirants, les mâtant impitoyablement lorsqu’ils se rebellent, leur forgeant un instinct de survie décuplé à la mesure du sien. Il n’a essuyé encore aucun échec de ce côté-là. On raconte qu’il est si froid et insensible qu’il ferait mourir d’hypothermie les femmes qui auraient la folie de partager son lit. Aucun risque de ce côté-là puisque, bien qu’il sache pertinemment qu’il est séduisant – du moins pour ceux qui aiment les elfes -, les femmes le laissent de marbre. Elles ne l’intéressent pas – ou plus. Cela ne signifie pas pour autant qu’il puisse s’intéresser aux hommes. Sa redoutable intelligence, allié à son sens de l’observation analytique, le pousse parfois dans des entreprises téméraires. Il aime son Kaerl, son foyer et être à son service lui suffit la plupart du temps. Il peut se révéler toutefois dangereux pour le Màr Tàralöm s'il juge une opportunité audacieuse assez intéressante pour requérir son attention, quitte à s'allier temporairement avec des gens de l'extérieur. La confiance d'un tel homme est un cadeau rare et précieux. Il méprise quiconque méprise en retour ses grands idéaux, estimant que l’on ne doit jamais sous-estimer les croyances des autres sous peine d’en payer le prix par trop d’audace. Eléderkan sourit rarement sincèrement – c’est-à-dire autrement qu’avec ironie ou dédain – mais cela le rend bien plus avenant. Il tient beaucoup à l’honneur de son nom et de sa famille ; quiconque salit le nom des Garaldhorf se verra défié et, souvent, tué. La famille est plus importante que tout à ses yeux. Lorsqu’il lui prend l’envie de se mettre en colère, le plus sage est de fuir son courroux de peur de finir mort dans la seconde suivante. Doté d’un cœur loyal sous son armure de glace, il peut faire preuve d’une violence implacable. Il se méfie de tout ce qui touche de près ou de loin à la religion et autres déités : il a appris avec le temps à craindre les puissances de la nature plus que les mortels, qui sont au final très prévisibles, comparés aux dieux.

Ordre choisi : Ordre Draconique d’Ombre (Màr Tàralöm)

Alignement : Neutre Mauvais

Histoire : Historique de la lignée Garaldhorf disponible [ICI] !

Eléderkan Kidrash Perseùs Garaldhorf est né dans les Iles Perdues, petit paradis exotique de l’Archipel d’Ys, entouré de son père Kidrash, sa mère Yéhénara et son petit frère Métherkan. Dès son plus jeune âge, il fut lié au surnaturel. Son père partageait son âme avec celle d’une créature fabuleuse, de celles que chevauchaient ses ancêtres échappés du Kaerl Maudit avant sa chute. La Noire Dene’Lyth fut sa compagne de jeu autant qu’une grande sœur. Il connaissait parfaitement l’histoire tourmentée de sa famille, comment son arrière grand-père Beltirà Garaldhorf, Lié au Bronze Al’Zoreth, avait fuis son propre Màr pour venir se réfugier ici, dans ce trou perdu et tranquille. Le souvenir tant chéri de cet Ordre disparu survécut à travers les générations de Garaldhorf cachés ici, loin des dragons et de l’héritage des Valherus. Avec le temps, Kidrash – qui entre-temps s’était vu lié à la petite dragonne d’obsidienne dont l’œuf volé avait été dissimulé dans la cheminée de leur maison – s’était peu à peu éloigné des anciennes valeurs, pour commencer une vie simple et bonne, sans poursuivre de rêves fous ce souvenir transmis de pères en fils. Eléderkan en hérita, de ce dégoût pour ce qu’il s’était produit auparavant : il fallait aller de l’avant.

Pourtant, alors qu’il atteignait ses vingt ans, il se vit maître de la maison et protecteur de sa famille. Suite à une longue maladie, Kidrash mourut en faisant promettre à son aîné de ne pas refaire les erreurs du passé. Peu à peu, sa mère sombra dans la dépression, son esprit trop fragile ne supportant pas la perte de son époux. Quant à Métherkan, il se referma sur lui-même, ruminant son chagrin et sa colère, se sentant comme abandonné par leur père. Une semaine passa ainsi, où chaque jour Eléderkan rendait visite à Dene’Lyth, qui n’avait pas pu se résoudre à mourir. Elle avait une promesse à tenir. Elle se décida un matin et prit sur son dos le jeune Elfe. La journée entière, Yéhénara et son cadet cherchèrent par toute l’île isolée et dans les villages voisins Eléderkan et finirent par maudire la dragonne. Celle-ci revint le soir, épuisée et ayant rendu Eléderkan à sa famille, fut enfin engloutie sur un chant d’adieu par l’Interstice. Le jeune homme était fiévreux, à demi-conscient, en proie à des hallucinations. Il resta alité pendant plusieurs jours, ne cessant de répéter dans son sommeil avec un accent de pure terreur : les spectres.

Lorsque sa santé le lui permit, il raconta à sa mère et son frère ce qu’il avait vu là-bas, dans l’ancienne Plaine de Daranis et actuelle Lande d’Eru : tout n’était que désespoir, haine et folie. Métherkan s’en moquait à bien des égards. Pour lui, bercé depuis sa tendre enfance par ce rêve, il était possible de faire renaître la gloire du Màr Agarwaen et rien ne le ferait changer d’avis. Un jour de colère de trop, les deux frères s’empoignèrent violemment et ce fut Eléderkan qui eut le dessus. Il en avait assez de cette vie, son goût pour l’aventure et la liberté, son horreur de ce passé infâme que la famille traînait derrière elle depuis si longtemps : tout cela le conforta dans l’idée de partir. Il prit l’épée de son père, qui lui revenait de droit puisqu’étant l’héritier et quitta la demeure sous les insultes de Métherkan et les pleurs de Yéhénara.

Il erra quelques semaines dans les Iles Perdues, puis, au détour d’une rixe dans une taverne, fit la connaissance des membres de la Confrérie du Havre des Tempêtes, une association de pirates libres qui régnaient en maître dans toute cette partie de l’Archipel d’Ys. L’un de leurs chefs, la capitaine Emérya Kels’Orëh, se prit d’affection pour lui et l’embaucha comme mousse sur son navire, L’Orchidée. Il travailla à ses côtés pendant plusieurs années, gagnant l’estime des marins, montant peu à peu en grade jusqu’à celui inespéré de lieutenant à bord. Emérya était devenue son mentor, sa plus fidèle amie et sa compagne de jeux amoureux. Là s’arrêtaient néanmoins leurs relations, chacun d’eux souhaitant conserver son indépendance. Il advint un jour où Eléderkan désira connaître le devenir de sa famille et Emérya lui proposa d’aller voir le Vieux de la Mer, sorte de prophète très âgé vivant en ermite sur une petite île rocheuse et battue par les vents, l’Ile du Crâne. Lui connaissait les réponses à toutes les questions, disait-on. Habitué depuis longtemps aux multiples superstitions des Iles Perdues d’Ys, Eléderkan ne fut pas choqué d’apprendre l’existence de cette divinité mineure et archaïque et L’Orchidée fit donc voile vers la fameuse Ile au Crâne. Il s’y rendit seul, car cette affaire ne concernait que lui. Descendant au fond d’une grotte, il y rencontra cet étrange vieillard édenté et trop sibyllin pour ne pas paraître inquiétant. Il n’avait droit qu’à trois questions, chacune lui fut fatale.

Ma mère souffre-t-elle ? Elle a perdu l’esprit.
Mon frère s’est-il éloigné du souvenir maudit ? Il y croit corps et âme.
Les reverrais-je un jour ? Au jour de ta mort.

Alors il s’emporta, pris de panique et sentant la colère enfler en lui. Mais le Vieux de la Mer se rit de lui et, sous les insultes qui pleuvaient, lui répondit par un étrange tour du Destin : le jour des dix ans de ton seul héritier, commencera pour sa mère une lente agonie. Jamais la lignée de Dye-Weren, qui l’avait lui aussi insulté jadis, ne se perpétueras. Fou de désespoir, l’Elfe remonta sur le navire parmi les pirates et s’enferma des jours dans sa cabine, incapable de percevoir encore l’ampleur de sa malédiction. Il crut que les dieux l’avaient abandonné. Emérya l’avait pourtant prévenu, qu’il ne fallait pas provoquer les puissances de ce monde. Cette leçon, Eléderkan l’ancra si bien en lui qu’une crainte respectueuse à l’égard de tout ce qui est divin s'installa. Hélas, le Destin n’avait pas finis de jouer avec lui.

Alors que L’Orchidée et ses navires amis de la Confrérie rentraient au port de Nar’Lid, capitale des Iles Perdues, une violente tempête les repoussa vers une destination inconnue, où les boussoles s’affolèrent, où les étoiles n’étaient plus les mêmes, où les vents les portaient toujours plus loin dans la tourmente. Les tempêtes tropicales étaient monnaie courante dans ce climat chaud et humide de cette région d’Ys. Seul L’Orchidée et trois autres vaisseaux survécurent et purent éviter le naufrage. Ils rentrèrent à bon port, en passant d’îles en îles pour demander leur chemin. Ils rentrèrent à Nar’Lid sans Eléderkan.

Une déferlante l’avait jeté par-dessus bord et ce fut par miracle qu’il échoua sans trop de dommages, à demi-noyé, dans ce qu’il apprendra être la Baie d’Eau-Claire. Lieu étrange de Rhaëg qui ne lui évoquait rien, tout d’abord. Il reprit difficilement conscience, se rendant compte qu’il était seul sur le rivage et que peut-être ses amis étaient morts dans les bras de Kainalu, dieux des océans. Et où avait-il atterri ? Il erra quelques heures sur le rivage, à mi chemin en un état léthargique et une agitation fiévreuse, ne se décidant pas à abandonner son poste de guet au cas où les forbans reviendraient le chercher. Il crut devenir fou. Quand une grande ombre le survola, il manqua voir Dene’Lyth en elle mais la petite dragonne noire avait disparu dans ce qu’elle appelait l’Interstice depuis longtemps. C’était bien un dragon mais ses écailles prenaient la teinte des feuilles morte de l’automne et sa taille était plus conséquente. Un homme, sans doute Torhil, le chevauchait. Selthar da’Farigionda. Ainsi débuta la nouvelle vie d’Eléderkan Garaldhorf.

Pris sous la protection du Maître et son dragon Char’aar, il fut emmené au Màr Tàralöm, cité imprenable dissimulée dans les Pics de Cendres, première trace de civilisation qu’il connut de cette île légendaire et jusqu’alors inconnue : Tol Orëa, celle qui n’est sur aucune carte. Eléderkan ne comprit d’abord pas très bien ce qu’il faisait là. Maître da’Farigionda le disait son Aspirant, pourtant il n’avait pas l’impression d’apprendre quoique soit. Il servait de valet, d’écuyer, d’homme à tout faire, y compris les sales besognes. La cuisine à récurer ? Lustrer les écailles de Char’aar ? Espionner une dame ? Un ennemi à éliminer ? La vie fut rude et pas aussi mirifique que l’avait promis l’Ardent. L’Empreinte semblait à l’Elfe un rêve inaccessible, d’autant plus qu’il se savait déjà trop âgé par rapport aux autres Aspirants de l’Ordre. Plus d’une année s’écoula ainsi. Peu à peu, la rancœur et la haine s’installèrent durablement dans le cœur de l’Elfe. Il devait tout tenter pour se présenter sur les sables noirs, il le fallait ! Il n’espérait pas le faire comprendre au Maître – il finit par refuser de même penser son nom honnis -, il ne pouvait ni se plaindre, ni exiger quoique soit. Son seul ami résidait en la personne d’un Elfe noir, de son âge mais lié depuis peu à un Bronze : Martel Dehlekna, lié de Melkor. Il lui fit connaître le milieu et le Kaerl, ses mœurs et coutumes, bien mieux que l’avait jamais fait son Maître. Ils eurent vite les mêmes opinions et les mêmes rêves.

Un soir que Tintaglia, Reine Incarnate, lançait son appel, Martel et son Lié déboulèrent dans les dortoirs pour y chercher Eléderkan. Il n’avait pas été convié à l’Empreinte certes mais c’était le moment ou jamais. Alors l’Elfe revêtit une tenue blanche et se présenta dans les Cavernes Flamboyantes, fermement décidé à tenter sa chance. Le Maître l’aperçut et vint vers lui. Eléderkan prit peur, craignant qu’il ne le rejette publiquement mais ne le montra pas. A sa grande stupeur, il eut droit à une étreinte brève et intense avant d’être aussitôt repoussé, avec ces quelques mots : « Tu m’auras bien servis. » Il n’en crut pas sa chance et retourna donc sur les sables, le souffle court. Il manqua s’évanouir de bonheur devant le présent de Flarmya, lui qui croyait à peine à sa réussite : un petit Bronze courut se jeter dans ses jambes. Thémos. Ses jambes se dérobèrent sous lui et il s’écroula dans le sable fin, peinant à reprendre une respiration normale. Thémos s’était mis à hurler mentalement. Une large fleur de sang s’étalait sur sa tunique immaculée, il avait mal. La fureur se disputa au chagrin de quitter si vite ce monde en ayant accomplis son Empreinte, sa renaissance. Thémos allait mourir avec lui... Des mains le rattrapèrent alors qu’il s’effondrait pour de bon, luttant contre le brouillard qui l’envahissait. Des cris emplirent la salle, on croyait qu’il avait un malaise, personne n’avait encore vu le sang. Le Guérisseur de l’époque, en personne, qui semblait avoir compris la situation, se porta aussitôt à son secours, apaisant par la même occasion le jeune dragon de cuivre qui mordait quiconque s’approchait trop près de son Lié. Sa magie referma la plaie mais le mal était fait. Selthar da’Farigionda avait voulu la mort de son apprenti.

Il se passa quelques semaines sans incident, le temps pour Eléderkan et Thémos de se découvrir et de s’apprécier, le temps pour l’Elfe nouveau Chevalier d’entrer dans le Clan des Dominants aux côtés de Martel, le temps nécessaire à reprendre des forces. Puis ils se décidèrent : il fallait en finir, se venger. Eléderkan était devenu trop encombrant pour son ancien Maître, il savait trop de choses et avait gagné en indépendance avec son nouveau statut. Dans les appartements mêmes du Maître Dragon, le combat se déroula dans la plus parfaite confusion mais l’issue, elle, en fut certaine : le Maître périt sous les coups, à demi-immergé dans sa baignoire. Quant au Brun Char’aar, il n’eut que le temps d’aller mourir dans l’Interstice. Eléderkan et Thémos étaient vengés.

Les années passèrent, Eléderkan se fit à sa nouvelle vie, bercé par les jeux de pouvoirs, les ambitions de chacun et les missions octroyées par le Màr. Fier de son nouvel ascendant, de sa réputation de redoutable stratège, il fit en sorte de se montrer indispensable au sein du Kaerl et de son Clan. Il affichait l’arrogance et la désinvolture de celui à qui tout réussis, oublieux pour un temps de sa dette envers Flarmya, de la malédiction du Vieux de la Mer et de l’héritage du Màr Agarwaen. Petit à petit, il renoua avec ses contacts sur les autres continents, reforgeant ses anciennes alliances jadis commerciales et en forgeant d’autres, tout en dissimulant le principal : son âme morcelée. Il disait qu’il était devenu un puissant seigneur sur une île égarée et qu’il comptait bien faire fructifier sa maison. Thémos trouvait cela amusant, de voyager à travers Rhaëg, de confondre les souvenirs de ses aïeux avec le présent. Enfin, après que l’Elfe fut passé Maître, il se décida à retourner dans les Iles Perdues, non pour y voir sa mère et son frère mais pour renouer avec la Confrérie du Havre des Tempêtes. Emérya crut voir revenir un fantôme et ce fut la seule fois où elle pleura devant tous. La nuit-même, une grande fête fut organisée à Nar’Lid, la cité jadis fondée par le Valheru Dye-Weren en personne. Alors qu’on lui racontait pour la première fois ce mythe, Eléderkan décida de dévoiler le pourquoi de sa disparition et Thémos se révéla aux yeux du Conseil des Sept, les maîtres de la cité dont le capitaine Kels’Orëh faisait parti. Ils jurèrent de garder le secret et de conserver de bonnes relations avec le Maître Garaldhorf mais non avec le Màr, car il leur fallait rester neutres dans les conflits. En retour, Eléderkan et son Lié promirent de protéger les Iles Perdues et sa capitale de l’attention trop accrue des autres chevaliers-dragons. L’accord signé, les deux Ardents reprirent la route vers le Màr Tàralöm.

Eléderkan sembla s’assagir ensuite. Il ferma les yeux sur la course personnelle au pouvoir de son ami Martel et devint moins impétueux dans les affaires. Maintenant qu’il jouissait d’une solide influence, il n’avait plus à jouer la carte de la folle témérité et il lui fallait se montrer prudent. Observant avec des yeux critiques et cyniques l’évolution de son Kaerl, il décida qu’il était temps pour lui de quitter les Dominants et fit la demande à s’affilier au Clan des Introvertis. Martel vit d’abord cela comme une défection mais s’y résigna devant les arguments de son confrère. Unis comme les doigts d’une main, presque frères, rien ne pouvait les arrêter, n’est-ce pas ? Et Eléderkan devint Sang et siégea au Concile, grâce à l’appui du Maître Bronze. Thémos avait gagné les faveurs de sa sœur de couvée Lye’Den, rehaussant davantage le prestige des deux Âmes Sœurs - malgré l’inimitié que lui voua dès cet instant fatidique sa dame Darlana del Aeran qui refusait de perdre de l’ascendant sur pareil amant d’un Vol Nuptial et n’eut alors de cesse de le railler par jalousie. Car Eléderkan, au final, échappait à tous. Il noua quelques relations polies, ou plus querelleuses, avec des Célestes et des Engloutis. Et alors que son frère cadet, Métherkan, s’était lié au Màr Luimë au Brun Niedesh puis chassé en paria suite à divers scandales.

Le début d’un déclin pour lui mais qui devait lui faire rencontrer l’amour de sa vie. Après une rixe contre un Maître Neutre à Lòmëanor alors qu’ils se trouvaient tous les deux ivres, perdant alors toute mesure, Eléderkan alla s’échouer un peu à l’écart de la ville, soutenu par son Bronze, pas très loin d’une petite ferme. Des Fëalocës y vivaient. Deux sœurs dont l’aînée était mariée au propriétaire. L’homme, le pragmatique Barald, fut d’avis de le laisser agoniser ou emporter par son dragon car il pressentait les ennuis. Son épouse, la douce Saralina, se rangea après hésitation du côté de son mari. Ce ne fut pas l’avis de sa cadette, Ismira, qui portait encore le nom de leur fratrie. Ismira Drak. C’était une herboriste, une sorte de guérisseuse, une magicienne qui possédait un don d’empathie mineur lui permettant d’apaiser les malades. Elle avait un fort caractère, plein de vitalité, des boucles d’or rouge et des yeux sombres, oscillant entre noir et cendre. Elle décida de soigner le Maître Ardent, en dépit de son lignage et malgré la méfiance de son dragon et de sa famille. Grâce à sa fusion avec son Lié, Eléderkan guérit plus rapidement et fut bientôt prêt à repartir. Il remercia les fermiers et s’envola, emportant derrière ses paupières closes le sourire d’Ismira.

Il revint, d’abord seul puis avec des cadeaux, des nouvelles du monde et des Kaerls et la famille s’habitua à sa présence, jusqu’à même souhaiter son retour quotidien. De tendres sentiments naissaient entre Eléderkan et Ismira mais Thémos veillait, à l’affût. Pas d’enfants, avait dit le Vieux de la Mer. Sinon, ce serait la fin de l’idylle. Autant l’Elfe devenait distant au Màr, se montrait plus posé en affaires et ne dormait presque plus dans son Weyr, autant la Fëalocë, issue elle d’une famille de Sans-Dons, s’acquittait de ses tâches avec plus d’ardeur et espérait chaque jour le retour de son amant. Ismira se plaignit un jour de ne pouvoir enfanter, accusant Gaïa qui ne voulait lui donner un enfant hybride qui avait, au demeurant, peu de chances de survivre à la naissance. Eléderkan ne répondit pas et se contenta de l’embrasser. Il s’était juré de ne jamais parler de sa malédiction. Bien mal lui en pris.

Ismira brava le Mont Gérikor, au péril de sa vie. L’Oracle loua son courage et sa force d’aimer. Il écouta sa requête et y posa ses conditions. Cet enfant si désiré n’était pas censé naître. C’est pourquoi il apposa sa marque sur lui. L’enfant naîtrait sans destinée, invisible des Dieux et qui serait donc capable de modifier le destin des autres, malgré lui. Le pacte fut scellé, Ismira comprenant mal comment son bébé pourrait naître avec pareille condition. Lorsqu’elle en eut parlé à Eléderkan, celui-ci paniqua. C’était une tragédie. Il voulut lui imposer une avorteuse mais elle refusa catégoriquement. L’Ardent s’éloigna peu à peu d’elle, occupé à chercher désespérément un moyen de retarder l’inévitable. A cette époque, ce qui sera plus tard appelé la Grande Guerre des Ordres se déclara. Son meilleur ami Martel fut promu "Trône de Flamme" et y participa activement, récoltant gloire et goût pour le pouvoir, sans compter une réputation d'implacable stratège.

Les mois passèrent et Eléderkan ne revint que de rares fois à la ferme. L’angoisse l’empêchait de réaliser qu’il allait être père. Il ne voyait pas là le bonheur et une chance de perpétuer sa lignée en dépit de la malédiction lancée sur lui des années auparavant. Le Vieux de la Mer avait eu raison, il l’avait bien cerné : jamais il ne laisserait mourir sa femme. Il était incapable d’envisager une vie sans elle, même si cela signifiait conserver une trace de son amour en cet enfant qu’il devrait élever. L’enfant n’avait pas d’importance, il n’était même pas né ! C’était maintenant qu’il fallait agir. Des mois durant il chercha aux quatre coins du globe, parmi ses relations, et même à l’Observatoire du Kaerl. Il chercha en vain une réponse. Elle était pourtant toute trouvée : il fallait tuer l’enfant avant ses dix ans, en espérant que la malédiction s’annule d’elle-même. Il resta éloigné d’Ismira pendant tout ce temps, aussi bien physiquement que mentalement. Ils ne parlaient que peu. Ismira ne comprenait pas, évidemment, il ne lui avait rien dit du sort qui pesait sur lui. Elle ne décolérait pas devant son attitude et regrettait les jours heureux où ils pouvaient s’aimer avec insouciance. Elle songea qu’il tenait plus à sa place au Màr Tàralöm qu’à elle. Car c’était faux : les deux cohabitaient dans son cœur. Eléderkan se plongea à corps perdu dans les affaires internes du Kaerl et sa politique complexe. En tant que Sang du Concile, membre du « sang du Màr », ses fonctions l’accaparèrent. Il comprit aussi ce qu’il laissait passer : le Màr avait besoin de lui. Son ami Martel le confortait dans l’idée qu’à eux deux, ils pourraient faire de grandes choses pour l’Ordre d’Ombre. Eléderkan accéda au rang de "Décurion Flamboyant" et prit part activement à la guerre. Ses facultés d'excellent épéiste et de fin stratège furent honorées. Il y gagna aussi un dégoût profond envers les guerres, de toutes sortes qu'elles soient.

En sortant d’une réunion du Concile, il croisa un chevalier-dragon affolé qui le cherchait. Celui-ci l’amena à une maison de guérisseurs sur le Val. Ismira avait voulu rendre visite à son amant. Elle donna naissance au Màr à une fille, sang-mêlé et couverte de tatouages runiques. La Marque de l’Oracle. Persée-Morian fut haïe dès le premier regard par son père. Elle était sa fille, son héritière et il allait devoir la tuer. Il s’éloigna plus encore dans les années qui suivirent. Ismira élevait seule l’enfant, lui apprenant tout ce qu’elle savait. Vers les trois ans de la fillette, dans un accès de rage impuissante, Eléderkan jeta son épée contre elle, lui balafrant le dos, y apposant une cicatrice qu’elle porterait toute sa vie. Le don d’empathie de l’enfant s’exacerba à partir de ce choc. Cette fois, Eléderkan Garaldhorf ne revint plus à Lòmëanor pendant cinq ans. Au Màr Tàralöm, Martel et lui furent récompensés pour leurs services et leur héroïsme dans les batailles. Le duo était devenu inséparable, redoutable et redouté.

Il ne revint que lorsqu’il apprit la trahison de son Lié : Thémos rendait en effet fréquemment visite aux Fëalocës Drak pour y conter des récits merveilleux à la jeune Persée – qui ne rêvait maintenant plus qu’à chevaucher son dragon – et des nouvelles du monde. Eléderkan avoua alors enfin ce qui le tourmentait depuis tant d’années. Ismira et lui prirent une décision douloureuse, que devait regretter l’Elfe toute sa vie et qui pourtant avait sauvé les Garaldhorf de l’extinction. Peu après les dix ans de Persée, alors que son Don pour entendre les dragons devenait plus fort à mesure qu’elle grandissait et qu’elle entrait en âge pour être Aspirante, Eléderkan lui demanda si elle voulait entrer au Kaerl Ardent. Et elle répondit non. Il fut sidéré de découvrir qu’elle devinait ses émotions et qu’elle aussi, par réciprocité, éprouvait une forme de répulsion à son égard. La haine les avait longtemps séparés. Cette nuit-là, Eléderkan et Ismira montèrent la scène horrible qui devait sceller leur destin : l’herboriste fut battue à mort sous les yeux de l’enfant, pour lui faire honnir à l’infini son propre père et l’empêcher de le suivre au Màr Tàralöm. Par extension, pour l’empêcher de découvrir son ascendance en rapport avec le Kaerl Maudit, la malédiction du Vieux de la Mer, et tout ce que cela impliquait. Persée était libre de ses choix, comme l’avait voulu l’Oracle. Ismira mourut au petit jour et plus jamais Eléderkan ne revint à la ferme des Drak. Personne d’autre que lui ne savait ce qu’il s’était réellement passé.

Les années passèrent et Eléderkan devint l’un des personnages les plus influents du Kaerl. [Suite dans le Carnet de route !]

Possessions : Jadis, il avait une épée qui se transmettait au premier né, de générations en générations depuis des siècles dans la famille. Désormais, l’arme appartient à sa fille, Persée-Morian Garaldhorf, Ancalikon du Màr Menel liée de la Bleue Vraël. Bien qu’il se soit acheté une nouvelle épée, rien ne remplacera celle-ci, portant la devise de la famille des Garaldhorf. Il possède aussi des harnais spéciaux, à utiliser lors des combats aériens pendant les acrobaties du dragon ainsi qu’une éclatante cotte de mailles de bronze réalisée avec les mues de son Lié.

Magie : A part un Don plutôt puissant, il ne possède rien.
Son Regard de Flarmya se manifeste par une légère altération physique. Lorsqu'une blessure grave intervient, où Eléderkan peut frôler la mort, sa fusion avec Thémos permet à ses chairs de cicatriser plus vite. La plaie se couvre alors, non de peau blanchâtre pour marquer la cicatrice mais d'une très fine ligne d'écailles, de la même couleur que celles de son Ame Soeur. Il n'est donc pas si facile à tuer.

Divers : Eléderkan possède des contacts un peu partout en Rhaëg et surtout dans les Iles Perdues d’Ys, entretenant toujours d’étroits liens amicaux avec la Confrérie du Havre des Tempêtes.
Il est respecté et redouté au Màr Tàralöm, plus encore quand on sait qu’il est depuis parvenu à revenir au Concile sans l’aide de quiconque et est désormais Inquisiteur Suprême.
Il est un Philosophe du Clan des Introvertis.

Nouveau troisième compte de Persée et Galaad (paix à l’âme d’Azdraïel) ^^
Signature par Runa Salv ♥





Dernière édition par Eléderkan Garaldhorf le Mer 21 Mai 2014 - 01:22; édité 2 fois
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MessagePosté le: Dim 22 Avr 2012 - 22:14 Revenir en haut

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