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Yuma Amarok
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MessagePosté le: Sam 31 Déc 2011 - 00:03 Répondre en citantRevenir en haut

A la vue de la pièce de viande que le barbare du nord lui tendait, embrochée, Yuma ne se fit pas prier, bien que d'abord hésitant quant à savoir si tout était pour lui ou pas. Ne désirant pas prendre de nouveaux risques tant qu'il serait dans un triste état, il se contenta d'arracher promptement le morceau le plus proche. La chaleur de ce dernier lui brûla quelque-peu les doigts, mais, il s'en moquait, préférant de loin sentir enfin un aliment comestible non-loin de lui. Aussi sûrement que l'aurait fait un animal affamé, le jeune homme ne tarda pas à mordre dans la nourriture, dévorant chacune des parties qu'il pouvait trouver tout autour de l'os. Cela n'avait rien d'un bon petit plat, mais, il se réjouissait autant que si ce fut le cas.
Peut-être bien passait-il pour un sauvage après avoir fait montre d'autant d'irrévérence face à ses deux interlocuteurs, toutefois, ça n'avait pas grande importance désormais : tant qu'il pouvait reprendre un peu des forces, il ne se plaindrait pas. Durant sa dégustation rapide, il ne manqua pas d'écouter les paroles d'Ulfgar, bien que ces dernières ne lui parurent bien secondaires sur le moment, par rapport à ce qu'il tenait entre les mains.

Comment avait-il nommé l'endroit où ils se rendraient déjà ? Le Màr Tàra... Tàlarom ? Non, ce n'était pas ça... Haussant un sourcil pour lui-même, il décida qu'il en apprendrait davantage sur ce nom étrange, un peu plus tard. Pour l'heure, la concentration n'était guère son fort. Les gens de là-bas n'avaient pas l'air tous très commodes. Voilà qu'on lui parlait déjà des moutons noirs qui hantaient les couloirs de leur Kaerl il-ne-savait-quoi ! Dans un sens, Yuma savait bien qu'il fallait toujours que ce genre de personnages existât, comme si les dieux eux-mêmes avaient décidé de pimenter le petit jeu de l'existence.
Pour ce qui était de la discipline, le demi-sang avait une idée assez tranchée du concept, à savoir qu'il n'accordait une bonne attitude qu'aux gens qu'il estimait dignes de son intérêt. Ce n'était pas comme s'il était apte à obéir au premier imbécile venu ! Discipline, oui, respect, tout était relatif, obéissant, cela restait à voir. Il aurait probablement tout son temps pour juger de la valeur de ces gens.

"Initiatives, puissance et volonté" : ces trois mots d'ordre lui plaisaient assez. Pour un peu, il ne voyait pas vraiment comment l'on pouvait les apparenter à des objectifs sombres, ou mauvais... Il était quelques aspects de l'ombre dont il n'avait pas saisi les bribes de coordination, semblait-il. L'idée de "famille" lui arracha un léger air déconcerté, le prenant un peu au dépourvu. Déjà bien arrêté sur ses idées, il se prit à penser qu'il ne possédait pas deux familles, mais bien une seule, qui résidait actuellement dans ce Vaendark qu'il aimait et qu'il ne reverrait pas avant longtemps. Là-dessus, si le colosse pensait lui donner envie de le considérer comme un frère, ou il ne savait quoi, c'était raté. S'il connaissait les principes des "frères d'armes", Yuma n'était pas prêt à accorder cet honneur au premier rassemblement de péquenots venu.
En d'autres termes, on lui demandait peut-être de faire ce qu'on lui demandait et il serait libre d'agir comme bon lui semblait, tant qu'il ne s'en prenait à personne ? Qu'à cela ne tienne, il savait parfaitement le faire, tout ça ! Il restait néanmoins à voir si personne n'aurait dans l'idée de l'enquiquiner, auquel cas il enfreindrait sans doutes cette règle, mais, juste un petit peu. En revanche, l'idée de servir leur Kaerl lui plut un peu moins... surtout lorsqu'il fut mention de "toute une vie". Une fois qu'on obtenait son dragon, ne pouvait-on pas se délester des lieux ? Visiblement, c'était le cas, sous conditions de conserver son allégeance intacte. Ce n'était donc pas un petit engagement en échange de quelques cours, qu'on lui offrait-là.

Perplexe, le demi-sang ne tarda pas à repérer ce qu'il restait du morceau de viande et s'empressa de se pencher pour l'attraper. Ulfgar avait fini, non ? Yuma s'apprêtait à mordre de nouveau dans la carcasse restée au chaud, lorsqu'un élément imprévu, ou plutôt, des éléments imprévus, vinrent mettre fin à ses réflexions intérieures et à son appétit. Comme s'il ne sortait pas d'un environnement déjà difficile, voilà que tout ne se passait pas forcément mieux une fois dehors.
Saleté de lézard volant ! Non seulement il parlait de lui voler ses proies, mais, en prime, le voilà qui lui en présentait les restes sans le moindre scrupule ! Sursautant et laissant échapper un hoquet de surprise, le jeune homme fit un bond en arrière, lâchant la viande qu'il tenait sur le sol, les yeux rivés dans la direction des trophées que le reptile ailé avait ramené de leur précédent accrochage avec ses ravisseurs ! Sans oublier la tête que pouvaient avoir les trophées en question...

- Espèces de malades ! Maugréa-t-il en se retournant brusquement pour ramper derrière le tronc d'un arbre sans attendre.

Malheureusement, le peu de contenu de son estomac venait de regagner l'air libre aussi vite qu'il s'en était enfui. Certes, durant ses évasions, il en avait fait voir des vertes et des pas mûres à ses geôliers, mais, ici, il était à bout de nerfs et à bout de forces ! Comme si c'était le moment de lui présenter des choses pareilles, alors qu'il s'était pris à crier famine quelques minutes plus tôt. Il n'aurait pas eu le temps de se repaître de la nourriture pour cette fois.

- J'espère que je ne vais pas tomber dans une confrérie de fous ! Kaerl Ardent ou pas, si vous êtes tous comme ça, je changerai d'adresse !

Ce n'était pas tant la colère que de voir son déjeuner étalé dans l'herbe, qui le rendait aussi discourtois, une fois de plus. Quelle idée il avait eu, cet Alrik, de sortir ces trouvailles de son sac ?! Maintenant, il était bien parti pour ne rien avaler pendant un moment... Reprenant son souffle, il finit par reparaître auprès des deux énergumènes, prenant place là où il se trouvait quelques instants plus tôt et repoussant la viande qu'il s'était autant plu à manger avant ce petit épisode inopiné.

- Je n'en veux plus...
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MessagePosté le: Sam 31 Déc 2011 - 00:03 Revenir en haut

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Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Lun 2 Jan 2012 - 03:09 Répondre en citantRevenir en haut

°Que de vilains mots ! Je suis blessé !°

Alrik gloussa longuement tandis qu'il fixait le demi-sang rendre le contenu de son estomac, un bien beau résultat, il n'avait pas imaginé que sa surprise fasse un si bel effet ! Ulfgar réprima un bref rire, il n'avait pas l'habitude du sang celui là, il allait falloir lui apprendre à voir des atrocités sans ciller si il voulait un jour être capable de tenir une arme convenablement dans le feu d'une bataille. Le nordique avait marché dans des flots de sang et de tripes tout en semant la mort, ça ne l'avait pas dérangé outre mesure... le sang en lui même réchauffait les pieds d'ailleurs, c'était pratique pour ne pas perdre un orteil suite à de longs combats.

Les yeux irisés du maître bronze naviguèrent un instant sur l'arbre derrière lequel régurgitait le noble tout en rangeant les trophées, ça pouvait toujours servir ce genre de choses et puis ça ferait moins de frais pour le Kaerl de nourrir un chien avec ces abats. Enfin bref, il s'égarait dans ses pensées, il perdit son sourire amusé en entendant les mots que le jeune homme prononçait sous le choc, changer d'adresse ? Et de quel droit ?

« Tout le monde est fou, crois-tu qu'un paysan qui vit sous l'égide d'un seigneur tyrannique et ne mange pas à sa faim, n'a pas de quoi se chauffer ou de défendre ses maigres terres est moins fou qu'un homme qui en tue d'autre pour l'argent ? Tout le monde est fou mon cher, cependant non, nous ne sommes pas tous comme Alrik, c'est un spécial lui. »

Le bronze sus-nommé inclina sa lourde tête comme si il s'agissait d'un quelconque compliment avant de remettre ses yeux reptiliens, brillants d'une joie malsaine sur le fort en gueule. Il allait bien s'amuser avec celui là, son éducation était à faire presque dans la totalité et si Ulfgar savait se montrer sympathique, Alrik préférait nettement jouer au parfait salaud. Lui qui mourrait de faim n'avait plus envie de toucher à la viande, son air dégoûté était la cerise sur le gâteau tant est qu'Alrik jubilait.

« C'est pour quelques déchets que ton estomac se contracte ? Tu dois manger ou tu mourras durant le voyage, force toi et ça passera. Je ne tiens pas à ramener un cadavre le sur dos d'Alrik, ce serait une charge inutile. Dis toi bien qu'un guerrier doit savoir se sustenter après avoir fendu en deux ses ennemis, ce que tu as vu n'est qu'un avant goût comparé à ce que tu verras si tu combats un jour, les guerres ne se font pas à coups de fleurs. »

Le nordique indiqua la viande d'un bref signe de tête avant de retourner s'assoir, si il voulait un jour faire payer à ses agresseurs il fallait l'endurcir et ça tombe bien il était doué pour endurcir les petiots. Certes il n'allait pas dispenser un entraînement aussi cruel que celui de son ''père adoptif'' mais au moins lui faire rentrer dans le crâne que le sang coulait quand on fendait la chair, c'était élémentaire et même si cela semblait être l'évidence même beaucoup n'arrivaient pas à saisir ce que c'était que de prendre une vie, c'était toujours sale et dérangeant, à force on s'y faisait mais il y avait toujours cette sensation de dégoût dans les tripes même après des années.

°Allons bon, not' bon seigneur n'a plus faim ? Tu connais l'adage non ? Manger ou être mangé, t'as le choix, la seconde option je m'en charge si tu veux. Avec grand plaisir d'ailleurs !°

Ulfar se permit un bref sourire avant de mettre une tape amicale sur le museau du bronze qui regardait avec intérêt l'hybride. Ulfgar saisit un morceau de viande comme ci de rien n'était et l'engouffra dans sa bouche sans plus de ménagements. Ses yeux vagabondèrent un moment, oui il avait ramassé des restes humains et maintenant il mâchait de la viande, où était le problème?

« Laisse le tranquille Alrik, tu l'as assez ennuyé aujourd'hui. Mange donc ensuite tu écriras ta lettre et nous partirons. Sinon quant-à ton idée de changer d'adresse je te le déconseille, les Kaerls se regardent en chien de faïence depuis suffisamment longtemps pour leur donner l'envie d'étriper le moindre aspirant d'un autre ordre qui approcherait. Tu es avec nous et tu y restes, sens toi plutôt fier de ton sang et du grand ordre auquel tu vas appartenir, ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir se Lier à un dragon, et avant que tu ne poses la question; non tout les dragons ne sont pas comme Alrik, chaque dragon est différent autant que chaque humain est différent. »
Yuma Amarok
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MessagePosté le: Mar 3 Jan 2012 - 02:55 Répondre en citantRevenir en haut

Les observer en train de se moquer de lui, n'aida pas Yuma à se sentir moins contrarié par la situation. Renfrogné, une fois n'était pas coutume, le jeune homme fit promener son regard des deux compères hilares, à la viande qui était étalée sur le sol. Avoir régurgité le peu de matière que son estomac réclamait tant quelques instants plus tôt, ne l'aidait en rien à posséder l'envie d'en avaler de nouveau. Quand bien même en aurait-il eu la volonté, l'attitude du duo improbable le poussait à se draper dans sa bonne vieille fierté.
Ce fut donc en lançant un regard noir dans la direction du colosse que le demi-sang choisit tout simplement d'ignorer sa proposition, détournant dédaigneusement la tête pour montrer ainsi qu'il n'était pas enclin à accéder à sa requête. De toutes façons, il ne serait pas capable d'une autre attitude, bien qu'il ne fut bel et bien épuisé. Si son comportement tâchait de prouver le contraire, ses yeux trahissaient un besoin évident de se reposer et de reprendre des forces.

- Ce n'est pas un petit voyage qui me tuera, lança-t-il sèchement, ne crois pas que je sois si fragile.

Yuma ne se pensait pas à l'article de la mort, ni même n'avait dans l'intention de flancher avant d'être arrivé à bon port : comme s'il avait été prêt à leur accorder la satisfaction de perdre connaissance ou de dormir avant cela ! Ce ne serait pas si difficile que cela de faire un petit périple, d'autant plus qu'il n'était pas censé marcher dans cette histoire, visiblement. Si le contraire avait été de mise, sans aucun doute aurait-il laissé tomber sa tête de mule pour adopter un raisonnement plus réaliste. En l'occurrence, c'était cet imbécile de reptile qui s'apprêtait à faire tout le travail, alors, il n'y avait nul besoin de faire un effort.

- Navré de te décevoir, Alrik, mais, je suis plutôt indigeste dans mon genre, ajouta-t-il à l'encontre du dit dragon qui menaçait de le dévorer.

Un spécial, c'était bien le mot. Spécial ou non, le demi-sang n'escomptait pas vraiment se laisser malmener. Bien entendu, il aurait grand besoin de se remettre sur pieds avant de prendre le risque de jouer les grandes gueules. Toutefois, il se faisait volontiers à l'idée qu'il ne valait mieux pas s'adresser à un saurien ailé de façon irrévérencieuse. C'était, pensait-il, un coup à se retrouver jeté d'une falaise en plein vol, ou bien dévoré tout cru. L'optique de se retrouver dans l'estomac de son interlocuteur à écailles de bronze, ne faisait pas partie des plans de notre évadé du jour, la prudence était donc de mise tant qu'il ne serait pas sûr d'être hors de sa vue.

- Je me sentirai fier de l'Ordre où nous nous rendons, lorsque je l'aurai vu de mes propres yeux. Je ne connais pas encore vos coutumes, ni même les personnes qui se trouvent là-bas, je peux donc difficile me faire une idée de ce dont il s'agit. Néanmoins, je me sens plutôt rassuré de savoir que tous les dragons n'auront pas le caractère du tiens... Ce n'est pas qu'il soit déplaisant de discuter avec lui, mais je pense que je pourrais très vite m'en passer.

La question de savoir ce qui se passait le taraudait : parce qu'il existait d'autres de ces "Kaerls" dans leur petit monde caché ? De tous, il se demandait bien si celui-là était bel et bien le bon, finissant par se dire que, tant que l'on lui apprenait d'autres techniques de combat, il ne se sentirait pas mal logé. Encore faillait-il qu'il vît sur quel genre de logement il atterrirait. Contrairement à ce que le colosse pensait sûrement de lui en le voyant dans son état actuel, Yuma n'était pas un homme difficile : ce qu'il pouvait obtenir, il le gardait précieusement, malgré un manque cruel de discipline et de sérieux. Lorsqu'il faisait part de son mécontentement, ce n'était jamais pour ne rien dire. Lorsqu'Ulfgar apprendrait à le connaître davantage, sans doutes se rendrait-il compte que le demi-sang n'était pas ce faiblard auquel il pensait s'adresser.

- Puis-je écrire ma lettre, maintenant ?


Cela le tracassait, en effet : il restait à espérer que ces deux-là n'auraient pas dans l'idée de le forcer à avaler quelque-chose pour pouvoir arriver à ses fins. En ce qui le concernait, Yuma n'y parviendrait pas pour le moment. Sa fatigue actuelle ne lui permettait pas de faire des efforts, même lorsqu'il s'agissait d'ingurgiter une nourriture qui le révulsait plus par manque de bonne santé que par réel dégoût.
Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Mar 3 Jan 2012 - 04:17 Répondre en citantRevenir en haut

«  Petit...petit... on en a pour une bonne semaine quand même. »

Ulfgar sourit en coin en jetant un regard au noble, c'était un fier celui là ! Enfin bon au moins ça rajouterais du piment et Ulfgar ne se voyait pas en train de faire l'éducation d'un jeune page tranquille qui préférait rester le nez dans des bouquins et qui ne savait pas lever une épée. Non, décidément il avait tendance à bien aimer les fortes têtes même si ce genre de personne lui faisaient bien souvent monter le sang à la tête de rage.

Alrik s'ébroua un moment, l'envie de prendre le ciel le démangeait depuis un moment; si les dieux avaient voulu qu'il soit terrestre ils ne lui auraient pas donnés d'ailes ! L'appel de l'air était tentant mais il ne comptait pas lâcher le petiot des yeux, ça non !

°Oh mais ne t'en fais pas mon grand, j'ai l'estomac costaud, les indigestes suffit de les attendrir à grands coups de pattes pour que ça passe.°

Ulfgar pouffa un moment à cette remarque, on voyait tout de suite que c'était une belle relation qui allait s'installer entre ces deux là, tant mieux, ils n'avaient pas besoin d'être amis et ça rendrait Alrik plus dur pour les entraînements en rapport avec les dragons. Enfin il allait quand même falloir le surveiller, il n'avait pas envie que celui-ci se mette à avoir une fringale et se serve du futur aspirant comme d'un casse croûte.

« Bon ça suffit vous deux, Alrik cesse de le titiller je t'ai dis. »

Il avait l'impression de jouer au papa avec deux morveux qui se disputaient un sucre d'orge, si ça pouvait être drôle à observer c'était exaspérant pour le nordique. Il n'avait pas besoin que ces deux là jacassent tout le temps à lui en filer la migraine, ça non. L'homme croisa les bras sur sa poitrine et haussa un sourcil suite aux paroles du noble. C'était pas bête et ça tombait sous le sens; il ne voulait pas juger quelque-chose qu'il ne connaissait pas de lui même.

« C'est bien, au moins tu sais qu'il ne faut pas se fier à l'avis des autres et à juger par toi même. Au moins tu as une cervelle. Et oui, Alrik a un sale caractère mais c'est comme ça, il y a déjà eu pire, au moins lui ne t'as pas privé d'une de tes jambes au premier manque de respect. »

Le saurien se permit un rire bref et métallique comme il en avait la manie lors de ce genre de remarques. Au moins le noble était amusant à titiller et si il n'aimait pas qu'on lui parle de cette façon c'était drôle de le voir se défendre sans trop de peur face à ce qu'il était.

°J'aime qu'on m'insulte avec déférence. C'est l'amour vache. °

Ulfgar posa un regard las sur le saurien, lui et son humour gras... enfin soit il retira son épée du bout de viande avant de remettre celle-ci au fourreau, il la nettoierai plus tard, c'était pas le moment de commencer à prendre soin de ses affaires. D'un coup de pied il envoya valdinguer le bout de viande dans les flammes.

« Enfin bon, tu n'en veux pas, c'était ta dernière chance. Et oui, tu peux écrire ta lettre. »

Le nordique ouvrit son sac et fouilla dedans un moment pour retrouver son nécessaire à écriture, ce n'était pas du grand luxe mais il allait devoir se débrouiller avec ça, il avait déjà été assez clément comme ça avec lui. Il retira deux trois pages de parchemin d'un étuis ainsi qu'un encrier et une plume plus ou moins valable avant de les poser au sol. Il n'allait pas non plus lui apporter ça comme une boniche, c'était pas son travail.

« Quand tu auras finis en selle, on dépose ton mot et on rentre au Kaerl. »

Alrik n'était vraiment pas tenté par cette idée de détour inutile mais bon, si Ulfgar jugeait que c'était nécessaire il n'allait pas faire la fine bouche non plus. Cependant se rendre sans se battre un peu n'était pas dans son genre, aussi il ne se gêna pas pour faire part de ses sentiments à ce propos.

°Tu ne vas quand même pas me dire qu'on va aller se geler au Vaendark pour les beaux yeux de ce minus ?°

°Pas pour ses beaux yeux non, pour un quelconque sentiment de gratitude et de dette oui. Après tout sans nous ses ravisseurs l'auraient déjà découpé en rondelles.°

Il marquait un point, après tout faire sentir une certaine forme de dette n'était pas pour lui déplaire mais le saurien se doutait bien que le noble n'en avait rien à faire de cette prétendue dette et encore moins d'un sentiment de gratitude non. Pour le reptile il était clair que le demi-sang les voyait comme deux malades qui avaient à leur tour prit le rôle de ravisseurs, mais soit, tant qu'il serait là il allait farouchement le surveiller, à la moindre incartade il le laisserait s'abîmer dans les flots tumultueux.

Ulfgar jeta un coup d'oeil à la tenue de son homologue nordique, si peu vêtu il n'allait pas tenir bien longtemps dans les airs, encore moins dans son état. Poussant un soupir celui-ci détacha sa chère cape en ursegöt et la jeta aux pieds du fils des Amaroks.

« Met ça sur ton dos, à moins de vouloir te transformer en statue de glace là haut je te conseille vivement de te couvrir. Et ne l'abîme pas ou je m'en fait une nouvelle avec ta peau. »

Toujours rester sympathique. Il était doué l'Ulfgar.,,
Yuma Amarok
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MessagePosté le: Mar 3 Jan 2012 - 05:30 Répondre en citantRevenir en haut

Une semaine de voyage en volant ? Ils croisaient donc les dragons avec des escargots dans leur fameuse confrérie ? Alors qu'il observait le colosse se diriger vers ses sacs de voyages pour en sortir de quoi écrire, Yuma ne put réprimer un petit sourire amusé. Il aurait très bien pu se moquer du reptile ailé, s'il n'avait pas craint de finir en chair à pâtée. Il s'abstint donc de tout commentaire, préférant de loin garder le silence pour s'adonner à quelque-chose d'autrement plus important. Bien évidemment, le jeune homme était fasciné par la présence du Bronze non-loin de lui : qui ne l'aurait pas été, après tout ? Mais, l'effet que lui faisait cette créature n'avait hélas rien de positif. Les choses changeraient peut-être au fil du temps. Partagé entre la curiosité et la crainte, il se voyait plutôt attendre un moment avant de comprendre tout cela.

Tout à ses réflexions, il crut que l'effort pour se redresser était inhumain lorsqu'il fit mine d'attraper la plume et les parchemins disposés à son intention. Il ne se serait pas cru si épuisé que cela... Marmonnant dans la fine barbe qu'il se promettait de raser sitôt une hygiène de vie correcte retrouvée, le jeune homme se concentra donc pour rassembler ses idées. Voilà fort longtemps qu'il n'avait pas eu le loisir d'écrire ! Il s'en rendait compte maintenant que la plume vacillait entre ses doigts abimés. Si les mots coulaient de source dans son esprit, il n'en allait pas de même sur le papier.
D'abord hésitant, il finit par tremper le bout de son outil d'écriture dans l'encre, tâchant tout d'abord les alentours de sa première lettre et faisant de son mieux pour ne pas en faire autant avec les autres. Ca ne se perdait pas si aisément, n'est-ce pas ? Il devait simplement reprendre l'habitude. Poussant un soupir las, il finit par gribouiller quelques lettres, s'entraînant un peu sur un morceau déchiré, avant de se mettre à la rédaction de sa lettre pour de bon.

Il serait clair et concis, n'entrant pas dans les détails de sa captivité. Il les mettait ainsi au courant de son évasion et de son sauvetage, les avertissant ainsi que tout était terminé, qu'ils n'avaient plus rien à craindre pour lui et qu'il ne reviendrait qu'après un temps. Il ne mentionnerait pas les détails de son voyage, préférant garder le secret de sa destination dans le but qu'on ne vint pas le chercher. Il fit mention de son voeu de s'entraîner au combat afin de se venger, de les venger, ainsi pourrait-il rentrer la tête haute, sans avoir la moindre honte. Enfin, le jeune homme signa sa lettre, promettant qu'il était bel et bien sauf et avouant qu'il ne savait pas quand il reviendrait.
Yuma n'avait nullement l'intention de laisser sa terre natale vivre sans lui, amoureux qu'il était de cette contrée froide et de ses vastes étendues. Sans parler de cette province qu'il reviendrait libérer du joug des autres, un jour, s'il en avait la force.

- Peux-tu... Pouvez-vous me prêter un couteau, je vous prie ?
Demanda le demi-sang en levant les yeux vers le géant, dont il avait oublié la présence.

La demande n'était pas anodine. Sans aucun doute serait-il surpris par cette dernière, mais, comment lui demander cela autrement ?
Coupant court à toute question, Yuma finit par secouer la tête :

- Je ne veux ni me tailler les veines, ni vous embrocher, je veux seulement m'en servir afin de donner la preuve que je suis bien l'auteur de cette lettre.


Car, il n'avait ni plus, ni moins que l'intention de couper une mèche de ses cheveux, afin de l'ajouter à son courrier. Cela ne paierait pas de mine, mais, il espérait grandement que ce serait suffisant pour les convaincre. Non que ce fut bien nécessaire... Toutefois, deux précautions valaient mieux qu'une, n'est-ce pas ? Autant ne pas prendre le risque qu'ils se firent encore plus de soucis qu'ils ne devaient s'en faire depuis un an...

- Il ne reste que ça et nous pourrons y aller.
Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Mar 3 Jan 2012 - 07:19 Répondre en citantRevenir en haut

Ulfgar haussa un sourcil devant le sourire amusé du noble. Avait-il dit quelque-chose de drôle ? Pas qu'il s'en souvienne... après tout parcourir presque la totalité du monde ça prenait son temps, même à dos de dragon. Il observa néanmoins en silence le demi-sang écrire sa lettre, on aurait pu s'attendre à des moqueries de la part de l'un ou de l'autre au vu de la lenteur que mit le noble à se souvenir de comment on écrivait mais ils restèrent muet comme des tombes.

En toute honnêteté, Ulfgar était étonné par la vitesse à laquelle le fils de la maison des Amaroks écrivait, lui même était bien plus lent que ça pour tracer ces quelques lettres qui ensembles voulaient dire quelque-chose. Et Alrik par pur respect pour son Lié ou par habitude resta coi, pas un son tandis que le maître bronze rangeait les affaires en jetant, de temps en temps un coup d'oeil à l' ''écrivain''.

La demande du couteau lui décrocha un maigre mouvement du sourcil gauche, pourquoi voulait-il une lame ? Certes il ne ressentait pas de danger face à un être sous alimenté, lui qui était en pleine forme et en plus en compagnie de son Lié, non, la demande était juste curieuse. Il apprécia cependant le vouvoiement, d'abord hésitant de l'hybride qu'il accueillit avec un bref sourire.
D'un geste, et ce pendant l'explication du noble, il retira la lame avec laquelle il l'avait menacé de devenir castrat et la tendit en la tenant par la lame.

« Fais ce que bon te semble, je ne suis pas là pour discuter ce que les dieux ont écrits. »

L'homme l'observa utiliser la lame serpentine pour se couper une mèche de cheveux et la glisser dans le pli du parchemin. Méthode étrange mais il ne se permettait pas de juger, après tout si lui aussi avait eu une famille aimante il aurait sans doutes fait la même chose. Lorsqu'il vit la lame revenir vers lui il lui décrocha un sourire en coin.

« Garde la donc, je n'en ai pas l'utilité en ce moment et j'en trouverais bien une autre. Prend cela comme un...''Cadeau de bienvenue''. Si tout est prêt alors en selle, je vais t'expliquer comment on monte un dragon. »

Alrik s'ébroua une nouvelle fois avant de poser ventre à terre, il observa avec curiosité son Lié et leur peut-être futur aspirant tandis qu'il lui expliquait où poser les pieds à l'aide de gestes. L'effort au vu de son état de faiblesse aller puiser trop grandement dans ses ressources aussi Ulfgar fit mine de ne pas entendre de possibles protestations lorsqu'il l'aida à monter.

°Tu le gâtes trop, ça va te jouer des tours vieil homme.°

Ulfgar souffla brièvement de l'air par ses narines, un genre de rire pour répondre à la plaisanterie de son Lié, il ne manquait jamais de mots pour presque toutes les situations et bien souvent ceux-ci se révélaient d'un certain humour... pour qui le comprenait du moins. Une fois le noble en place, Ulfgar s'installa derrière lui et passa ses bras sur les côtés du demi-sang pour lui éviter une incartade.

« Tiens toi à la même écaille que moi, tu ne tomberas pas. »

Au vu du rempart que le corps du maître faisait autour du dis Yuma, il ne risquait pas, en effet, de tomber par dessus bord, Alrik attendit quelques secondes, que chacun trouve une position confortable avant de prendre son envol, la charge supplémentaire n'était pour ainsi dire presque pas perceptible, la malnutrition n'avait pas laissée beaucoup de plumes sur leur ''oiseau rare''.

« Nous allons donc au Vaendark, pourrais-tu nous dire où précisément ? »

Une fois la direction acquise, le vol cessa d'être doux pour passer en mode ''vitesse'' , à ce train là ils y seraient dans deux jours plus ou moins, de quoi passer le temps sans trop de problèmes. Alrik se contenta de voler et d'écouter les conversations, ne se posant que sur les rares bouts rocheux qui osaient fendre l'onde pour reposer ses muscles et permettre aux deux bipèdes de se dégourdir les jambes et de manger un petit quelque-chose.

« Nous nous poserons bien évidemment dans une zone non peuplée et feront le reste du chemin à pieds. Les gens ne connaissent pas notre existence et pour l'instant c'est mieux ainsi. En attendant pas un mot quant-à où tu vas ou qui nous sommes, je donnerais la lettre moi même à tes parents et avant que tu ne poses la question; non je ne leur ferais pas de mal. »

Il valait mieux tirer les choses au clair avant que la dite question ne soit posée et que le demi-sang ne se ronge les sangs, dans son état de faiblesse ce n'était pas un bon remède.

°Dépêchons, j'ai hâte de survoler la terre à nouveau... tout ce bleu va finir par me rendre fou.°

« Ah parce que tu ne l'es pas déjà ? »

Ulfgar et Alrik se fendirent d'un grand rire alors que la terre arrivait enfin sur la ligne d'horizon, finalement Alrik s'était montré bien plus performant qu'ils ne l'avaient prévus, un seul jour pour traverser l'océan et se rendre sur le continent gelé, c'était pas mal !
Yuma Amarok
Invité

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MessagePosté le: Mer 4 Jan 2012 - 03:41 Répondre en citantRevenir en haut

Surpris par ce soudain présent que le colosse lui faisait, le jeune homme haussa un sourcil étonné, avant de jeter un oeil sur la dague. Il n'aurait pas vraiment cru qu'il la lui prêterait, alors pour ce qui s'agissait de la lui donner... Si le geste ne le toucha pas autant qu'il l'aurait dû, il fit néanmoins un léger sourire, qu'il se garda bien de chasser pour ne perdre aucun semblant de fierté. S'assurant que sa lettre tiendrait durant le voyage, il laissa son homologue la ranger en lieu sûr, avant de ramasser la cape qu'il lui avait confié.
Ca aussi, il ne s'y était pas attendu : contrairement à la façon dont il l'avait traité quelques instants plus tôt, voilà que cet Ulfgar prenait soin de lui. Yuma eut tout d'abord dans l'idée de refuser de récupérer le vêtement chaud, juste pour lui montrer qu'il n'était pas un faible et qu'une simple brise n'allait pas en venir à bout. Qui plus est, il n'était pas habitué à ce qu'on lui accordât la charité de surveiller son état de santé, plus depuis assez longtemps pour qu'il eut oublié la saveur de ce que cela incombait. Au prix d'un effort surhumain pour chasser les barrières qui lui ordonnaient de faire une bêtise de plus, il finit par placer la cape sur ses épaules, s'enroulant dedans, bien que l'odeur du géant ne fût désagréable au premier abord.

Vint alors le moment de grimper sur le dos du dragon. En effet, c'était bien loin de lui rappeler un cheval et, si bon cavalier qu'eut été Yuma, il dut bien reconnaître qu'il n'était pas aisé de monter. Les quelques pas qu'il dût faire, avaient coûté à ses jambes épuisées par ses folles courses pour fuir les ruines et ses ravisseurs. Bien malgré toute la volonté du monde, il ne parvint pas à se hisser sans aide : aide contre laquelle il fit montre de plusieurs protestations, décrétant qu'il finirait bien par y arriver sans avoir besoin de quiconque. Rien n'y fit et il dut bien reconnaître qu'un coup de main n'était pas de refus, prenant place sur les écailles du Bronze d'un air perplexe.
Où était la selle ? Où se cramponnait-on pour diriger le saurien ? Cela n'avait strictement rien à voir avec un équidé ! Inquiet, le demi-sang fit de son mieux pour redresser son dos, posant ses mains devant lui sans trop savoir de quelle façon s'y prendre. Comment allait-il tenir toute une semaine sur cette chose ? Il n'y avait aucun moyen de se cramponner correctement, ou du moins, il ne le trouva pas tout de suite. Coupant court à ses interrogations, le barbare finit par s'installer derrière lui, passant soudainement ses bras puissants autour de ses côtes, en guise de sécurité. Cette présence le contraria suffisamment pour lui arracher une grimace contrariée, mais, pas assez pour le pousser à tenter de dissuader son "protecteur". Très bien, il demeurerait ainsi, si ça lui chantait.

- Je viens de la Terre des Kaacheen, de Wurm, répondit-il à la question qui lui était posée au sujet de leur destination.

Le décollage le poussa à se braquer, plaquant ses doigts contre les écailles du reptile et laissant échapper un hoquet de surprise. De sa vie, il n'avait eu l'occasion de voler qu'au travers du galop de sa monture terrestre, ou du moins, l'impression intime. La vitesse, la légèreté... rien de tout cela ne lui était étranger, mais, il n'aurait jamais pensé voler réellement, et encore moins sur le dos d'une créature de légendes. La sensation était impressionnante, peut-être un peu effrayante par certains côtés, mais il ne put s'empêcher de regarder le sol s'éloigner avec délice.
Resserrant fermement ses jambes autour du cou du dragon, le jeune homme finit par reprendre un peu de contenance, regardant autour de lui avec curiosité : cet espace n'avait pas la moindre limite. C'était un espace qui n'appartenait à personne, qui n'avait pas de frontières, ni de conquérants. Peut-être bien que les dragons en étaient les conquérants au final ? Pour le moment, il s'en sentait maître autant qu'eux dans ce cas.

La vitesse le poussa à se pencher de nouveau en avant, désireux de ne pas basculer dans le vide. Il ne put cependant pas profiter de l'ivresse de cette liberté : comme Ulfgar l'avait prédit, le froid le rattrapa bien vite, pétrifiant ses muscles et le poussant à resserrer la cape autour de lui vivement, enfouissant presque son visage dedans. Il avait pourtant l'habitude des climats froids du Vaendark : combien de fois y avait-il mis les pieds ? Pour cette fois, il semblait que son état de fatigue ne fut le seul et unique maître à bord. Recroquevillé, il fit de son mieux pour contenir les tremblements de son corps afin que le colosse ne s'en aperçût pas.
Lorsqu'ils se posèrent de nouveau, Yuma se décida à manger un peu, tâchant de faire taire son estomac qui réclamait et de reprendre un peu de forces pour leur prochaine destination.

- Je ne tiens pas à ce que l'on me reconnaisse là-bas,
finit-il par admettre, pas dans cet état...

Il ne se prononça pas sur le fait qu'Ulfgar n'avait pas l'intention de faire du mal à ses proches, feignant d'ignorer l'avoeu. Si le contraire avait été de mise, épuisé ou non, sûr d'y laisser la vie, Yuma n'aurait pas hésité à pourfendre le barbare sans autre forme de procès. Sa faiblesse actuelle ne lui permettait pas de faire part de cela sans que l'on lui eut ri au nez, aussi préféra-t-il conserver le silence pour se concentrer sur la nourriture.

Dans le ciel, lorsque son regard se posa enfin sur sa terre natale, qui se dessinait progressivement à l'horizon, Yuma sortit enfin de la torpeur que le froid provoquait sur son esprit. Une vivacité nouvelle s'était aussitôt emparée de lui : il le sentait bien, le vent avait changé, perdant une saveur déchirante pour celle qu'il connaissait bien : celle qui battait son visage avec ténacité, celle qui le poussait à prendre une inspiration assurée chaque matin et semblait s'adresser à lui comme un appel. Un sourire, qu'il n'avait pas affiché durant le trajet, naquit enfin sur le bord de ses lèvres, preuve de l'envie qui le prenait de rejoindre cet endroit plus vite encore qu'ils ne le faisaient.
Enfin avait-il l'occasion de revenir en ce pays qu'il aimait tant, qui lui avait tant manqué et qui lui manquerait par la suite, puisqu'il n'était pas destiné à s'y attarder. Cette fois, il ne rentrerait pas à la maison, ni n'aurait l'occasion de revoir les siens. Ne pouvait-il pas renoncer à appartenir au Kaerl Ardent pour rester ici, où était sa vraie place ? L'idée lui traversa l'esprit, le poussant à baisser la tête d'abattement : qui pouvait savoir ce qu'engendrerait un tel refus ?

- On ne pourra pas se poser aux abords de Wurm, il va falloir se diriger vers les étendues plus sauvages, près de quelques bois au nord-est, de l'autre côté du fleuve. Soyez prudents, beaucoup de voyageurs arpentent le sol de cette contrée, des voyageurs et des bardes avides des histoires qui se content partout dans les provinces. On nous les transmet en ville de cette manière.
Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Mer 4 Jan 2012 - 04:56 Répondre en citantRevenir en haut

Ulfgar hocha la tête lorsque le demi-sang lui fit part de ses sentiments quant-à sa terre; il ne voulait pas qu'on le voie dans cet état et cela le maître bronze pouvait le comprendre. Chacun avait sa petite fierté et bien qu'elle ne motivait sans doutes pas entièrement l'hybride à ce sujet il était normal de ne pas vouloir inquiéter ses proches ou d'avoir l'air si faible en face d'eux.

« Bien, nous installerons un campement à l'écart, j'ai hâte de dormir à nouveau sur le plancher des vaches. »

Non pas qu'il n'était pas habitué désormais à dormir sur le dos de son Lié lorsque celui-ci volait ou de se servir d'un rocher comme oreiller, ça lui faisait même du bien, mais ses os commençaient sérieusement à rouspéter face à l'inconfort. Dire qu'avant il pouvait dormir n'importe où sans courbatures... jeunesse envolée par une vie trop brutale et bien qu'un regain de jeunesse s'était insufflé dans ses veines depuis l'empreinte il ne pouvait s'empêcher de regarder ce visage marqué par l'alcool lorsqu'il était en son weyr. Un poids conséquent pour quelqu'un qui ne se voyait pas comme un vieillard mais plutôt comme un homme d'expérience avançant petit à petit vers un âge mûr.

« Je sais que cela va vous déplaire à tout deux mais vous resterez ensemble le temps que je porte le message, pas de bêtises de la part de l'un ou l'autre, j'espère que je me suis bien fait comprendre. Et Alrik, ne l'ennuie pas en ce jour. »

°Pourquoi devrais-je me brider mon cher ?°

Ulfgar qui avait employé un ton ne laissant pas place à la discussion fronça légèrement les sourcils devant le questionnement de sa moitié d'âme. Tout deux étaient têtus aussi aurait-il réagit de la même façon que lui si la situation était inversée, certes, le nordique n'avait pas l'âme d'un enquiquineur de premier choix comme l'avait le Bronze.

°C'est la terre de ses ancêtres, celle où il est né. Ses nerfs doivent être à fleur de peau et je n'ai pas envie que tu lui causes plus de troubles qu'il ne peut en vivre actuellement.°

Alrik s'interrogea un instant, l'homme se révélait très protecteur une fois qu'il prenait quelqu'un sous son aile, même si la personne en question pouvait lui faire monter le sang au crâne d'énervement. Était-ce encore ce sentiment de paternité non comblé ? Non, non, il ne sentait pas dans le coeur d'Ulfgar ce même attachement envers Yuma qu'envers Lhain, c'était plutôt une relation de maître à élève qu'il prenait très au sérieux.

°Qu'il en soit ainsi alors, mais tâche de ne pas trop traîner, j'ai hâte de rentrer dans notre Weyr.°

Après s'être assurés que personne ne traînait en bas, Alrik plongea rapidement vers le sol, utilisant au dernier instant la voilure de ses ailes pour retenir l'air avec force et leur permettre de se poser en douceur. Ulfgar sauta sans ménagements de l'encolure du saurien pour atterrir lourdement sur ses jambes, c'est qu'il pesait son poids l'animal.

Remarquant la façon ostentatoire de ses habits, Ulfgar retira son équipement guerrier et le jeta au sol, se retrouvant uniquement dans une tunique sombre et un pantalon de cuir. Passant le sac dans son dos il se retourna un instant, pour observer le saurien et le demi-sang.

« Je ne serais pas long. Attendez ici. »

Sur ces mots il prit la direction de Wurm tandis qu'Alrik prenait forme humaine mais sans armure cette fois, ayant l'air d'un simple voyageur, il n'en gardait pas moins ses yeux reptiliens et ce regard malsain qu'il arborait constamment.

« Plus que tout les deux... alors ce premier vol ? »

Il avait beau être curieux, sa voix n'en restait pas moins teintée de mépris pour le noble, il avait franchement l'envie de lui briser le moral mais si Ulfgar revenait et trouvait le demi-sang dans un sale état ça allait très mal se passer, il allait donc se contenter de le pousser un tout petit peu...
Yuma Amarok
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MessagePosté le: Jeu 5 Jan 2012 - 20:02 Répondre en citantRevenir en haut

Il avait beau ne pas désirer se montrer dans son état, Yuma ne put s'empêcher de réprimer un soupir face à sa ville natale, qui s'étendait à quelques pas de lui, impossible à rejoindre pour le moment. Alors que le Bronze reprenait forme humaine dans son dos, le jeune homme ne prit pas tout de suite garde à ses paroles, ne notant que brièvement la question qui lui était posée. Pour l'heure, ce n'était pas le vol précédent qui occupait la totalité de son esprit. L'on ne pouvait que difficilement imaginer qu'une âme sauvage, si attachée à sa terre, n'eut pas l'envie irrésistible de s'y avancer, sans prendre garde au fait qu'on lui avait demandé de rester en arrière. Le vent doux qui soufflait sur Wurm, ne cessait de lui hurler de venir, de rejoindre les siens et de poursuivre sa route en ces lieux et non ailleurs.
Le demi-sang ne faisait pas confiance au barbare et à son lié. Qu'est-ce qui lui disait que la lettre serait bien remise à ses destinataires et non laissée dans un coin, ou pire, détruite ? Alrik ne le laisserait pas s'assurer que tout se passerait bien : jamais il ne le laisserait s'éloigner de lui aussi facilement. Et pourtant, il devait trouver quelque-chose pour le distraire, pour l'obliger à le quitter des yeux quelques instants.

- Le vol était impressionnant ! Répondit-il, le dos toujours tourné, appuyé contre un arbre. Je n'aurais jamais imaginé que je pourrais vivre ce qu'on ne conte que dans les légendes.

Caresser dans le sens du poil, ou des écailles en l'occurrence : voilà qui était un bon début. Malgré son envie de se séparer du dragon, il devait d'abord se montrer plus que patient, jusqu'à ce qu'une idée ne germât dans sa tête. Cette dernière ne tarda d'ailleurs pas à se manifester sous la forme d'un besoin urgent, seul moment, pensait-il, où le Bronze ne prendrait pas la peine de le suivre. Après tout, il n'avait pas besoin de compagnie pour ce faire, n'est-ce pas ?

- Je dois... m'éloigner quelques minutes. Tu n'aimeras pas savoir pourquoi et je pense que tu comprendras ce que je veux dire... Avança-t-il en désigna les fourrés à quelques pas de leur position. Je reviens tout de suite.

Le dragon ne serait pas content de constater que son "protéger" lui avait de nouveau filé entre les pattes, bien que ce ne fut pas définitif. Au moins, à portée de la ville, il n'aurait pas la possibilité de le courser sous sa forme de saurien : le risque d'être repéré était beaucoup trop grand et Ulfgar avait bien précisé que l'expérience n'était pas à tenter. Souriant, Yuma se fraya un chemin dans les bois, profitant de son éloignement pour sortir de son champ de vision. Il connaissait ces terres : comment le contraire aurait-il pu être possible avec tout le temps qu'il avait eu le loisir de voyager ? S'il y avait bien une personne parmi leur trio qui aurait su les distancer ici, c'était bien lui !
Néanmoins, son but n'était pas de leur fausser compagnie sur le long terme : tout ce qu'il aurait à faire, ce serait d'observer de loin et retourner dans les bois en suite. Il n'avait pas vraiment réfléchi à ce qu'il dirait pour sa défense. Ce n'était pas son principal problème à l'heure actuelle.

Serrant davantage la cape autour de lui, le jeune homme en rabattit la capuche au-dessus de sa tête, masquant ainsi sa longue chevelure d'ébène teintée de reflets bleutés et profitant de l'ombre du vêtement pour y dissimuler son visage amaigri. Même si ses traits étaient tirés par la fatigue et les privations, nul doute qu'on le reconnaîtrait si jamais il ne prenait pas ces précautions. Il n'avait guère envie de devoir se justifier au sujet de cette longue absence...
Ainsi parvint-il jusqu'en ville, priant les dieux pour qu'Alrik ne l'ait pas aperçu, ou n'eut été trop loin de lui pour le rattraper aisément. Une fois qu'il se fraya un chemin dans les rues et autres ruelles dont il se servait en tant que raccourcis pour rentrer autrefois, il fut rassurer de ne pas sentir la présence du dragon derrière ses épaules. Son coeur battait la chamade à l'idée de ce qu'il s'apprêtait à découvrir. Sa famille vivait-elle toujours dans leur manoir ? Comment se portaient-ils ? Plus le chemin lui paraissait familier, plus une boule d'angoisse venait étreindre sa gorge, le poussant à ralentir le pas : et si venir jusque là n'était pas une si bonne idée que ça ? C'était bien trop tard désormais, il ne pouvait plus reculer.

La vision de la demeure familiale eut pour effet de l'apaiser : s'il s'était attendu à trouver le manoir dans un triste état d'abandon, il n'en était rien. Il lui sembla que moins de gardes et moins de jardiniers devaient être présents, cependant : De hautes herbes s'élevaient dans la cour, tout autour de la maisonnée, et l'entrée n'était pas surveillée. En cet instant précis, c'était une chance supplémentaire pour lui de pénétrer dans le jardin sans être vu. Profitant d'un rebord de muret qu'il utilisait auparavant pour entrer et sortir à sa guise, il fit son chemin en rasant la façade jusqu'à la fenêtre du hall principal, du moins, pensait-il se souvenir qu'il s'agissait de cela.
A l'intérieur, il semblait que le barbare avait réussi à trouver son chemin et qu'une conversation avait lieu. Yuma n'eut alors aucun mal à reconnaître le profil de sa grand-mère, cette dernière n'ayant toujours pas décidé d'abandonner son air pincé et ses cheveux tirés en arrière, renforçant un visage sévère. Droite comme un I, la voilà qui conversait, non sans méfiance, en compagnie d'Ulfgar. Visiblement, il venait tout juste de lui donner la lettre, rassurant donc l'espion par le même coup : au moins avait-il tenu parole.

- S'agit-il d'une nouvelle missive destinée à soutirer nos biens contre la libération d'un enfant que nous ne reverrons jamais ?
Interrogea la vieille femme. Combien d'or ces malfrats demandent-ils cette fois ? Combien de temps attendront-ils pour nous enquérir de sa mort ? Combien de temps ma fille devra-t-elle demeurer dans les méandres d'un infini chagrin sans obtenir de véritable réponse ?

- Yuma... ?

Le demi-sang n'eut pas vraiment le temps de se rendre compte de ce qui se passait. A peine avait-il entendu les mots de sa grand-mère, qu'une voix féminine s'était faite entendre à quelques pas de lui. Figé près du rebord de la fenêtre, il n'osa pas tourner la tête dans la direction de la personne qui venait de l'appeler. Ce n'était pas prévu. Il n'avait pas eu dans l'intention d'être repéré par la dernière personne face à laquelle il aurait se voulu montrer. Serrant les poings afin de ne pas lui répondre, il finit par se détourner totalement pour chercher une sortie. Il ne devait pas rester là, sans quoi il finirait par ne plus jamais vouloir partir !
L'apercevant qui s'éloignait, la voix dans son dos se fit plus insistante et, bientôt, son prénom ne fut plus un murmure brisé mais bel et bien un appel clair, répété de plus en plus fort. La maison serait bientôt alertée par le tumulte. Après tout ce temps, il se trouvait à l'endroit précis où il avait rêvé d'être et voilà qu'il ne pouvait pas même se permettre d'y rester. Il avait d'autres choses à faire, des choses qui l'emmèneraient encore loin d'ici.
Sa mère, en revanche, n'avait pas décidé de le laisser s'éloigner. Ses pas rapides écrasèrent bientôt les herbes de ce côté de la cour, tandis que ses bras se refermaient autour de lui, qui se tenait de dos. Comment avait-elle fait pour le reconnaître ? Comment avait-elle senti qu'il s'agissait bien de lui et non d'un rôdeur ? De nouveau immobile, Yuma n'eut pas le coeur à la repousser. Tout ce qu'il réussit à faire fut de l'écouter sangloter, lui raconter qu'ils l'avaient cherché partout, que son père était actuellement en Orën depuis des mois, qu'elle n'espérait presque plus le revoir en vie... et tant de mots qui sortirent de ses lèvres, tant de mots contenus qu'elle avait dû préparer durant des nuits entières, angoissée, amoindrie. Le jeune homme ne reconnaissait pas ce bout de femme au caractère flamboyant. Toute sa fougue, toute sa colère naturelle, s'étaient évanouies pour céder place à un désespoir qu'il ne lui aurait jamais imaginé.

- Je ne peux pas rester, mère... Articula-t-il doucement alors que le son de la porte d'entrée se faisait brusquement entendre.
Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Sam 7 Jan 2012 - 14:11 Répondre en citantRevenir en haut

Alrik s'était contenté d'un bref signe de la main à l'intention du noble pour lui dire d'aller faire ce qu'il avait à faire. Non le saurien n'allait pas jouer à la dame pipi, il était bien trop fier pour cela mais lorsque le temps commença à se faire long et qu'il rechercha l'écho il le rencontra dans la direction du village.

« Maudit gamin... »

Non, il n'appréciait pas, mais pas du tout que l'on se moque impunément de lui, Alrik allait lui faire payer au centuple son outrecuidance et il savait déjà de quelle façon s'y prendre. L'idée germait peu-à-peu, prenant une forme qui plaisait de plus en plus au Bronze, oui il allait souffrir mais peut-être pas maintenant, après tout la vengeance n'était-elle pas un plat qui se mange froid ?

Ulfgar était arrivé en ville comme un vulgaire voyageur, il n'avait pas l'intention d'attirer les regards bien que sa carrure s'en occupait implicitement. Les tatouages en eux même ne posaient pas vraiment de problèmes, il était au Vaendark après tout, les grands hommes tatoués bien que peu fréquents étaient tout de même présents parfois aussi personne ne s'offusquait à leur sujet.

Il observa brièvement le peuple qui trimait, la mine sombre des gens et l'architecture peu entretenue laissaient voir des gens qui se sentaient occupés par une autre puissance que celle de leur peuple, on pouvait lire une envie de révolte sur les jeunes visages et une sombre résignation sur ceux des plus anciens tandis que la plupart vaquaient à leurs tâches quotidiennes et que d'autres discutaient entre eux. Ulfgar connaissait cet état d'esprit pour l'avoir observé et provoqué maintes fois lorsqu'il était mercenaire, combien de peuples avaient été assujettis à un seigneur cruel ou ne méritant pas son titre ? Ainsi allait le monde.

Le nordique s'était arrêté à l'auberge un instant pour se restaurer et demander son chemin, l'odeur, l'ambiance et le climat... tout lui rappelait ses jeunes années et c'est sans prendre garde qu'il revint à sa langue natale qui n'était que peu couramment parlée en dehors du nùrdlhàm, certes certains mots n'étaient qu'une vulgarisation du nordique et modifié par l'accent, les rendant reconnaissables mais d'autres prêtaient aisément à confusion. Il eu par chance l'occasion de tomber face à un aubergiste qui connaissait ce langage pour avoir voyagé à travers le continent septentrional.

« Wesses'd huis ov Amarok ? »

La question fini par tomber après quelques minutes de discussions par rapport au temps qu'il faisait et au train train quotidien, des platitudes habituelles entre personnes qui se sentaient proches par certains aspects. Tout deux n'avaient pas grand chose en commun hors mis la connaissance du nùrdlang mais pour eux c'était déjà énorme.

« Eij velk ov centraalstrad, de beeg huis ov'd Amarok dhar. »

Ulfgar opina poliment du chef en guise de merci et fini sa bière d'un trait pour poser une pièce d'or sur la table. Il n'avait rien de moins ostentatoire à proposer et si il aurait pu marchander il n'en avait pas forcément le temps. C'est ainsi qu'il quitta la taverne en souhaitant bonne fortune à l'aubergiste pour suivre la rue pavée qui traversait Wurm pour arriver en face de la demeure familiale du noble. Mais quelque-chose lui disait que l'on ne parlait pas seulement d'une famille noble non, le style était trop ancien et robuste pour être une fantaisie de la bourgeoisie ou même de la basse noblesse, on parlait là de prestige et de pouvoir même si la plupart des dépendances n'existaient plus depuis des décennies, le bon état général laissait entendre qu'une famille fière y habitait malgré son manque évident de moyens lorsque l'on connaissait l'histoire du rapt de leur enfant.

« Petit cachottier... »
Un sourire en coin se dessina sur les pâles lèvres du nordique alors qu'il passait le portail de fer forgé pour frapper à la porte, il aurai pu glisser le pli sous la porte mais la curiosité le taraudait; il voulait voir à quoi ressemblait cette famille. En voyant la vieille dame lui ouvrir la porte il s'inclina poliment avant de se présenter comme un messager de la part de Yuma Amarok.

La dame le fit entrer sans attendre bien que son air ne laissait pas présager la moindre sympathie ou même le moindre espoir. Non elle s'attendait plutôt à une nouvelle demande de rançon de la part de ces maudits bandits et pour toute réponse le colosse roux lui tendit la lettre.

« Il a écrit ceci il y a un jour, en Orën. Je puis vous assurer qu'il se porte bien et qu'il vous reviendra dans quelques mois si les dieux le veulent, les bandits qui s'en étaient prit à lui ont pour la plupart payé de leur vie leur infamie, votre petit fils s'est chargé de leur rendre la monnaie de leur pièce. »


Il ressentait une certaine sympathie pour cette vieille dame qui se drapait dans sa fierté malgré ce qu'ils avaient vécus, c'est donc sans vergogne qu'il mit au compte de Yuma le meurtre de ses geôliers, cet exploit pouvait au moins donner un peu de fierté à sa famille le temps qu'il les rejoignes. Prit d'une certaine pitié il fourra une main dans sa poche pour en retirer un rubis qu'il posa sur la table.

« Et voici de sa part, pour s'excuser de ne pouvoir rentrer tout de suite. Sur ce je dois me retirer. »

Il avait plié, sous ses allures de gros dur résidait un coeur bon bien qu'il ne l'admettrai jamais. L'homme tourna les talons et sorti de la demeure sans ajouter un mot...

°Lâche la tout de suite ou je t'obliges à me regarder massacrer ta famille.°

Il l'avait retrouvé, se tenant dans une ruelle qui offrait à ses yeux de saurien une vue imprenable sur un ''touchant tableau''. Alrik avait les bras croisés sur sa poitrine, il savait que son Lié allait bientôt en avoir terminé avec la famille de ce minable demi-sang, non les menaces n'allaient pas marcher avec lui et il n'en avait pas le temps, il se mit donc en marche rapidement pour rejoindre la mère et le fils.

« Te voilà enfin, Yerdin ! Lâche cette dame et viens, nous avons encore maintes livraisons à faire ! »

La bonne vieille tactique, qui ne marchait pas fort certes mais qui pouvait quand même donner le change parfois. Alrik saisit le noble à l'épaule pour le tirer avec virulence vers sa personne alors que la porte d'entrée s'ouvrait... bon et bien tant pis, il fallait le faire même si la plupart de ses essais s'étaient soldés par un véritable fiasco.

« Oublie ! »


Les yeux pénétrants du reptile en forme humaine se plantèrent dans ceux de la mère alors qu'il prononçait ces mots avec un ton haineux. Il pu ressentir que les effets de ce don draconique s'étaient plus ou moins bien passés, la femme n'allait pas avoir un mal de crâne fulgurant qui allait la pousser dans un coma, non au moins elle avait oublié cet instant et Alrik tourna les talons en traînant derrière lui le noble, sa force aurait pu lui permettre de mettre en pièces le demi-sang à mains nues mais il se contenta de le traiter comme un enfant.

°Pauvre fou ! Si Ulfgar apprend ce qui s'est passé il t'étripera !°
Yuma Amarok
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MessagePosté le: Lun 9 Jan 2012 - 03:02 Répondre en citantRevenir en haut

Dame Amarok ne put s'empêcher de lire la lettre que le barbare lui tendait, apercevant avec une certaine crainte la mèche de cheveux qui se trouvait au coeur de cette dernière. La preuve ne lui suffit pas, elle devait s'enquérir de ce que disait ce parchemin. Ses traits sévères se muèrent bientôt en une expression bouleversée à la vue de cette écriture qu'elle reconnut comme celle de son petit-fils. Ainsi donc, le cauchemar était terminé ? Mais, il ne rentrerait pas encore à la maison : il se devait de partir en d'autres contrées, afin d'obtenir plus de force et ainsi venger les affronts que ces malfaiteurs leur avait fait subir.
Peu habituée à laisser transparaître ses émotions en public, la vieille femme se contenta de reprendre cet petit air sérieux qui la caractérisait, avant de hocher la tête à la vue de la pierre précieuse que l'homme à la barbe rousse, venait de déposer à son encontre. Elle ignorait bien où l'enfant avait pu obtenir pareil trésor. Force aurait été de reconnaître qu'elle eut espéré davantage son retour que l'arriver d'un tel cadeau en dédommagement.

- Faites-lui savoir qu'il aura fort à faire ici, une fois sa tâche accomplie, demanda-t-elle au colosse avant de le laisser s'en aller, faites-lui savoir que ceux qui l'aiment l'attendront. Je transmettrai ce message à ses parents pour les informer que ce mauvais rêve est désormais terminé. Puisse-t-il regagner toute sa fierté avant de revenir accomplir son devoir sur ces terres.

Si son visage troublé tâchait de n'en rien paraître, sa main se referma sur la mèche de cheveux qu'elle tenait toujours. Elle laissa finalement le géant du Nord quitter les lieux, profitant de sa solitude pour se recueillir et remercier les dieux de cette nouvelle réjouissante.

Dehors, Yuma aurait voulu parler plus longuement, lui expliquer qu'il devait s'en aller pour faire quelque-chose d'important, mais la phrase qui retentit dans son esprit le coupa dans son élan, l'obligeant à écarquiller les yeux. Ce dragon l'avait retrouvé et la menace ne lui plaisait du tout. Aux aguets, il dût se faire violence pour ne pas se laisser déconcentrer par les sanglots de sa mère, derrière lui. Agité, il regarda en tout sens jusqu'à apercevoir la silhouette massive de l'humanoïde qui se dirigeait vers eux. Pas question ! Il ne le laisserait pas s'en prendre à eux, quand bien même était-il faible, ce n'était pas envisageable !
Tentant de rester en protection devant elle, le demi-sang n'eut guère l'occasion de résister bien longtemps, arraché de ses bras sans ménagement et ramené dans la direction du Bronze, qui n'entendait pas laisser les choses se faire. Retenu par le bras, Yuma fit de son mieux pour tenter de s'en défaire.

- Non ! Je t'interdis de la toucher !

Maintenu à distance par la force colossale de cette simple apparence, le jeune homme se figea lorsqu'il constata que le corps de sa mère s'effondrait à terre sous un simple regard. Que lui avait-il fait ?! L'avait-il blessée ? Lui avait-il jeté un sort ? Pourquoi tombait-elle ? N'avait-il pas vu une attaque ? Horrifié, Yuma voulut se porter à sa rencontre, mais, en vain, aussitôt attiré vers la sortie de l'enceinte du manoir. Ce n'était pas possible ! Il ne pouvait pas se laisser emmener sans rien faire, ni tenter de se dégager pour retourner auprès d'elle ! Etait-elle seulement vivante ?
La plaisanterie allait trop loin.

Se fichant éperdument que la porte était en train de s'ouvrir, Yuma se mit alors à se débattre : au risque de voir son bras se détacher de son corps, il était hors de question qu'il s'en allât sans se battre : ce dragon allait payer pour ce qu'il venait de faire, il en faisait le serment ! Ancrant ses pieds dans le sol, il se mit à tirer de toutes ses forces en arrière, ralentissant de ce fait la marche rapide du saurien devenu humain et l'empêchant de franchir le portail du même coup. Un cri de rage s'échappa bientôt de ses lèvres lorsqu'il constata combien ses forces avaient faibli avec cette vie en captivité : il n'avait pas été capable ne fut-ce que de protéger un membre de sa famille...
Pourquoi n'avait-il pas fait plus attention dans le port, un an plus tôt ? Pourquoi s'était-il laissé prendre par surprise par ces hommes ? Rien de tout cela ne serait arrivé s'il était retourné bien sagement au manoir pour avertir les gens de ce qui s'était passé dans l'échoppe de son père. Au lieu de cela, il n'avait fait que foncer vers les malfrats sans se douter que ces derniers avaient plus d'un tour dans leur sac... et qu'ils profiteraient de l'enfant d'une noble lignée pour empocher rançon sur rançon.

Furieux, il fit de son mieux pour faire glisser son bras de la prise ferme qui s'y était refermée, prenant appui sur le dos de son agresseur afin de s'en défaire. Constatant que ça ne menait à rien, il serra les dents en sentant son bras émettre un léger son de protestation. Son regard se dirigea sur le corps sans connaissance, le poussant à tirer d'un coup sec, arrachant enfin son bras de sa prise, non sans mal.

- Pourriture !

Le coup de pieds dans les côtes du Bronze partit aussi rapidement que possible, bien que faible : Yuma n'était pas capable d'offrir la moindre douleur à qui que ce fût dans son état. N'hésitant pas, le jeune homme se retourna : il n'allait pas rester pour attendre que le dragon ne lui plongeât de nouveau dessus, il devait savoir si sa mère était en vie.
Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Lun 9 Jan 2012 - 03:43 Répondre en citantRevenir en haut

Il avait l'impression de traîner un enfant derrière lui. Il était ironique qu'en nombre d'années le bronze était nettement plus jeune que le demi-sang mais les deux espèces grandissaient à des rythmes bien différents et alors qu'il s'occupait de traîner le petiot derrière lui en tenant fermement son bras celui-ci se mit à résister avec plus de férocité quitte à s'en briser le bras. Lorsqu'il parvint par miracle à se libérer de l'emprise du saurien en forme humaine et en plus de lever la main sur lui Alrik vit rouge.

Tuer. TUER ! Le coup l'avait à peine ébranlé, lui faisant faire un maigre pas en avant tandis que ses poings se serraient à en faire blanchir ses articulations, sa mâchoire se crispa d'un coup et ses yeux virèrent instantanément au rouge. Ce mortel...ce bipède... ce chien ! Ils lui avaient sauvé la vie, avaient cédés à la plupart de ses caprices et il se permettait d'agir de la sorte ?!

« Je vais t'arracher les membres uns à uns mais avant cela je briserai chaque os de ton corps ensuite je te découperais les paupières pour t'obliger à me regarder massacrer ta famille, ta ville, ton peuple. »

Sa voix n'était qu'un grondement sourd, les mots à peines distincts à travers le grognement profond du dragon, ses yeux n'exprimaient plus qu'une violente envie de meurtre, de destruction. Il voulait le voir se tordre de douleur, l'entendre hurler de terreur, de désespoir alors qu'il allait le briser entièrement tout en s'assurant qu'il restait en vie. Il se retourna avec une célérité inhumaine pour venir saisir au vol, en deux enjambées, le noble par la nuque et le soulever de terre d'une main, accentuant lentement la pression de sa poigne jusqu'à un point proche de la rupture des cervicales.

« Tu...n'es...rien ! Tu n'es qu'un chien galeux, une tâche sur ce monde, un furoncle et je vais te traiter comme la peste. Les dieux ne pourront rien pour toi et ta famille. Je t'enduirais du sang de ta catin de mère et je te ferais manger ses maudites entrailles, quitte à t'en briser la mâchoire et les dents pour ce faire ! »

Sur ces mots il le jeta au sol avec force, comme un enfant pourrait jeter une brindille. Mais il n'allait pas lui laisser le temps de reprendre ses esprits ou même de ramper, non, il allait souffrir ! Le saurien se jeta sur le noble, posant genou contre sa colonne vertébrale histoire de le maintenir au sol alors que l'une de ses mains, tremblante d'un désir meurtrier et sadique venait saisir son bras pour le tirer en arrière, dans un angle non naturel. Le bruit mat d'un os qui craque fit retrousser les lèvres du saurien sur un sourire ignoble tandis qu'un filet de bave coulait de sa bouche pour atterrir sur les vêtements de l'hybride.

« Les prémices d'une souffrance que jamais tu n'aurais cru possible, prépare ton corps à endurer l'inimaginable. »

Sa main gauche vint saisir à pleine poigne les cheveux de l'aspirant pour lui enfoncer la tête dans l'herbe alors qu'il continuait de presser le bras pour le briser une nouvelle fois. Mais c'était sans compter sur Ulfgar qui venait de sortir de la maison pour observer avec des yeux ronds le spectacle dérangeant qui se déroulait, ses muscles maxillaires se relâchèrent une seconde et il reprit conscience, venant percuter le saurien de plein fouet.

« NON ! »

Le saurien se releva, ses yeux luisaient d'un seul et unique sentiment; la haine. Il devait tuer, ce n'était plus un sentiment, c'était une obligation. Faire souffrir, massacrer, détruire, relevant son corps de l'herbe avec cette rapidité impropre à un corps humanoïde il saisit le guerrier roux à la mâchoire avant de cligner plusieurs fois des yeux et de le lâcher.

« Démon enragé que tu es, tu n'avais aucun besoin d'agir de telle façon ! Retourne dans la forêt et calme tes ardeurs Alrik ! Je m'occupes de lui. »

Le saurien porta sa main devant ses yeux en serrant plusieurs fois des doigts avant de poser un regard furieux sur le nordique. Sans un mot il tourna les talons et marcha d'un pas rapide dans la rue pavée en direction de la forêt non sans percuter comme un mur de briques un paysan qui trimballait un sac de grains sur son dos, l'envoyant au sol sans interrompre sa marche.

« Fou de dragon... »

Ulfgar reprit ses esprits suite au fait que son Lié avait manqué de lever la main sur lui et parti chercher Yuma au pas de course, au vu de l'état de son bras il allait avoir besoin d'un guérisseur de toute urgence, si ils ne faisaient pas vite la moelle pouvait se répandre dans le sang et le tuer, il était même étonné que l'os n'ai pas percé la chair. Sans un mot il saisit le demi-sang par le torse et le jeta sur son épaule pour partir à son tour.

« Tu es malade de le provoquer ! Il te faut un guérisseur sinon tu risques de mourir dans quelques heures, voir à ce que l'on doive t'amputer d'un bras ! »
Yuma Amarok
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MessagePosté le: Dim 15 Jan 2012 - 16:26 Répondre en citantRevenir en haut

Yuma ne s'était pas attendu à être saisi au vol lorsqu'il avait de nouveau faussé compagnie au dragon. Un hoquet de surprise s'était échapper de ses lèvres alors que la poigne du saurien humanoïde s'était vivement refermée autour de sa nuque, pour le soulever du sol sans autre forme de procès. Comment était-ce possible ? Quand bien même était-il un dragon, un humain n'aurait jamais pu faire ça, si ? A moins d'avoir une force de taureau, ce n'était guère envisageable !
Abandonnant l'idée de se débattre, le jeune homme porta ses mains près de son cou, essayant tant bien que mal d'obliger Alrik à le lâcher. Les doigts se resserrait dangereusement : à quoi jouait-il ? Qu'est-ce qui lui prenait ? Faisant de son mieux pour ne laisser aucun gémissement se faire entendre le demi-sang finit par s'agiter, écoutant les phrases de son assaillant avec le sentiment que ce dernier ne plaisantait pas une seconde. Il devait trouver une solution, n'importe quoi pourvu qu'il sût comment se sortir de cette situation ! Il n'aurait jamais cru que cette créature perdrait son sang-froid aussi soudainement !

Le jeune homme n'eut guère le temps de se poser plus de questions. Alors que sa nuque commençait à lui faire mal, il ne tarda pas à se voir projeté sur le sol, comme s'il n'eut pesé aucun poids ! Quelle était donc la limite à la force de ce dragon ? Secouant la tête, il se vit bientôt bloqué à terre par un genou, posé sur son dos afin de l'y maintenir fermement, tandis que deux poignes se saisissaient de son bras pour le tordre sans la moindre pitié. Ce n'était pas possible ! Il n'allait tout de même pas... ? Yuma tenta de résister du mieux qu'il le put pour l'empêcher d'agir, mais c'était comme si ses propres forces ne valaient rien face aux siennes !
Sentant son bras émettre un craquement ignoble, le demi-sang poussa un hurlement de douleur tandis que des larmes incontrôlées se déversèrent de ses yeux écarquillés. Ses os malmenés n'avaient hélas pas terminé de subir ces atrocités. Ne lui laissant guère le temps de se débattre pour mettre fin à cette mascarade, le dragon ne tarda pas à le saisir par les cheveux, plaquant ainsi son visage dans l'herbe malgré sa résistance. Pourquoi ne le lâchait-il pas ? Pourquoi cherchait-il à briser son bras une seconde fois ? Ca ne lui suffisait donc pas ?! Si l'idée de le supplier d'arrêter ne germa pas dans l'esprit de Yuma, la douleur y prenait, en revanche, beaucoup trop de place pour qu'il prêtât attention aux mots du saurien.

La torture cessa aussi subitement que les paroles démentes du Bronze. Sans pouvoir rien y faire, le jeune homme sentit son bras rejoindre enfin le sol, dans un angle non naturel. Son souffle, coupé par la douleur, s'en revint brutalement, le poussant à demeurer immobile quelques instants pour le chercher, pour discerner le paysage qui devenait flou autour de lui. Tout s'était mis à tourner, il ne distinguait plus la terre du ciel et ne se rendait plus vraiment compte d'où il se trouvait. Ce fut à peine si les mots du barbare parvinrent à ses oreilles, le poussant à lever des yeux vides dans sa direction.
Si son esprit désirait ardemment demeurer éveillé, son corps, en revanche, ne suivait pas le mouvement. Cette fois, la fatigue et la douleur avaient eu raison de lui. Se sentant balloté sur l'épaule d'Ulfgar, il constata amèrement que sa maison s'éloignait progressivement.

- Je lui ferai payer ça... Murmura-t-il. Un jour, il le regrettera...

Cela prendrait le temps qu'il faudrait, mais le demi-sang n'oublierait pas ce qui s'était passé aujourd'hui. S'il n'était pas assez fort pour en venir à bout, il savait que la patience aurait tout le loisir de lui offrir l'opportunité. Et il la saisirait, même s'il devait attendre pour le restant de ses jours qu'elle se présentât enfin. Si l'impétuosité le faisait souvent parler et menacer, le ton employé n'avait rien de celui d'un jeune guerrier fougueux : cela sonnait comme une promesse.

Assommé par la douleur qui sévissait toujours dans son bras et toute la fatigue accumulée ces derniers temps, Yuma finit par perdre connaissance.
Ulfgar Haraldson
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MessagePosté le: Mer 18 Jan 2012 - 00:52 Répondre en citantRevenir en haut

Évanouï, rien d'étonnant à cela au vu de ce qu'il avait subit. Non en fait Ulfgar était même étonné qu'il soit encore en vie, le saurien ne perdait généralement pas de temps pour tuer sauf lorsqu'il avait une haine profonde comme il venait de le démontrer. Ainsi donc en plus d'être une ordure notoire et un accroc au massacre il était doublé d'un sadique. Ulfgar poussa un soupir à la fois de désolation et d'épuisement, ce n'était plus de ''son âge'' de courir comme un dératé en transportant quelqu'un comme un fagot de bois.

Certes, il était urgent d'amener le noble à un guérisseur, certainement le maître Frâlan vu qu'il ne connaissait vraiment que lui, et dans la précipitation il avait oublié une chose importante. Il était en ville et se trimballer avec le fils prodigue dans les bras tandis que le sien, de bras, semblait avoir attrapé une nouvelle articulation vu comment il était plié, c'était assurément la porte ouverte aux interruptions.

Pas rapide, il devait sortir de cette maudite ville de Wurm sans qu'on interfère trop avec lui, si ils perdaient trop de temps ( déjà que le trajet allait sans doute tuer le noble ) le dit Yuma allait perdre soit son bras, soit la vie. Ou alors Flarmya l'avait vraiment à la bonne et le laisserait s'en sortir sans trop de problèmes, il escomptait là dessus bien qu'il ne fut un grand partisan de la fille du soleil.

Et voilà que les ennuis commençaient, tout d'abord un vieillard, certainement fermier, qui lâcha sa charrue pour invectiver le grand roux avant que les regards ne se tournent vers lui. Qu'est-ce qui lui avait prit de céder aux caprices de ce maudit gamin ? Si il n'avait pas fait tant de remue ménage ils seraient déjà au Kaerl à l'heure actuelle et sans avoir d'os broyé. Tant pis pour la discrétion, c'était loupé, les gardes virent rapidement au rendez-vous, coûte que coûte il devait se tirer de là et pas le temps pour les palabres.

Épaule en avant, avec sa masse ça ne devrait pas poser de problèmes à moins que l'un d'eux n'aie l'idée stupide de lui touiller la bedaine pendant sa charge, tant pis il fallait essayer. Il tituba un instant et reprit sa course, une vive douleur au côté droit du torse, il sentait un liquide chaud couler sur sa peau, imbiber ses vêtements. L'un de ces abrutis casqué avait eu la bonne idée de lui mettre un coup de lame qu'il n'avait, bien entendu, pas pu éviter. Mais tant pis, il avait connu pire. Ses sourcils se froncèrent tandis qu'il continuait de courir jusqu'à en perdre haleine, derrière lui il pouvait entendre les gardes crier, si il n'était pas un sprinteur né il avait au moins un certain avantage ; il ne portait pas d'acier sur lui, que ce soit en arme ou protection et c'est ce qui lui permit de s'enfuir non sans voir une flèche se figer dans l'un des troncs à l'orée de la forêt.

« Foutu gamin, foutu dragon, foutus abrutis ! »

Les mots étaient représentatifs de ce qu'il pensait en ce moment, heureusement que le peu d'alcool qu'il avait ingurgité l'aidait à ne pas trop sentir la fatigue ou la douleur, les propriétés anesthésiantes des alcools du Vaendark et ce même pour la plus basique des bibines, étaient de renommées mondiales. C'est un peu comme ci on faisait tomber une masse sur votre crâne et que vous vous releviez du choc avec une énergie débordante, certes c'était les effets de l'alcool et rien n'avait changé mais le coup de fouet mental n'était pas du surplus en ce moment.

Sans perdre un instant, sans même prendre le temps de ''gronder'' sa moitié d'âme, il grimpa à l'encolure de celui-ci avec Yuma en face de lui bien câlé. Non, même en partant maintenant et sans pauses ils n'y seraient jamais à temps, ils allaient devoir tenter ce que tout deux évitaient depuis toujours; l'interstice. Le dragon sentit la peur dans son coeur alors qu'il tentait de visualiser un endroit propice et sans trop d'obstacles pour le point d'arrivée et se lança en avant.

Un froid intense, c'est tout ce qu'il pouvait décrire de cet endroit entre les mondes et le temps, rien d'autre n'existait, vous n'aviez ni corps ni sens hors mis la capacité de sentir un froid impossible et le toucher, il sentait son corps s'engourdir, ses doigts mollement lâcher prise de l'écaille avant que la chaleur ne revienne ainsi que l'air dans ses poumons. Encore groggy il tomba du saurien qui secouait frénétiquement son crâne cornu dans l'espoir de retrouver ses esprits. Pour le moment aucun des deux ne savait si ça avait fonctionné, ils ne savaient même pas où ils étaient et à vrai dire ils ne cherchaient pas à le savoir pour l'instant. Second voyage dans l'infini, dans le vide insondable et ce n'était pas demain la veille qu'il allait s'y habituer, en fait quelque-chose au fond de lui même lui dit qu'il n'arriveraient, ni l'un, ni l'autre, à s'y habituer un jour ou même à perdre leurs inhibitions face à cet endroit.

La lande d'Eru ? Pas un mauvais choix, il ne risquait pas d'y avoir grand monde ici ni même des obstacles, ses sens lui revenaient peu à peu tandis que la douleur refaisait surface à travers les méandres d'un corps qui n'aurait jamais dû passer par là. Ulfgar posa ses yeux sur l'aspirant, attaché au cou du reptile et souffla un instant en voyant qu'il n'était pas tombé, les liens avaient survécus au moins. Il ne restait plus qu'à le faire soigner et à prier qu'il n'aie pas de séquelles... heureusement pour lui, les dieux semblaient l'avoir à la bonne en ce moment...
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