Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [RP] Vue splendide... et attente lassante Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Fëandil Celowyen
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Ven 2 Sep 2011 - 19:26 Répondre en citantRevenir en haut

[HRP : Si quelque chose ne te convient pas, je modifie sans problèmes]


Fëandil s'était quelque peu lassée de sa quête visant à trouver un chevalier-dragon qui voudrait bien l'emmener dans son Krael (ou un nom du même goût). Depuis trois semaines qu'elle cheminait en vain sur les routes d'Orën, elle avait largement épuisé ses maigres économies et avait été obligée de trouver du travail. La maigre paie qu'elle reçue en échange d'une journée de dur labeur, n'avait pas comblé les dépenses d'une nuit dans une auberge miteuse. Elle s'était finalement décidée et vivotait grâce à des larcins qui lui permettaient tout juste de s'acheter de quoi manger. Puis, lorsque cela n'avait plus suffi, elle ne s'était plus contentée que de dérober directement la nourriture, ce qui était autrement plus pratique et ne laissait pas de preuves.

Durant ses pérégrinations, elle avait un peu maigri et ses vêtements habituels flottaient autour d'elle, lui conférant un air misérable qu'elle ne supportait pas. Ayant fini par se résigner, après avoir reçue trois fois l'aumône en une heure elle s'était payé deux nuits dans une auberge respectable en bordure d'un petit village dont le nom s'obstinait à lui sortir de l'esprit.

Deux jours plus tard, accoudée au bar du village et cette fois-ci vêtue d'habits à sa taille : une tunique de soie mauve, d'un pantalon de toile souple noir et de bottes montantes noires également, elle s'était mise à aborder en douceur le sujet qui lui tenait à cœur.

- Avez-vous entendu parler de rumeurs étranges ces derniers temps ? demanda-t-elle, baissant la voix et s'inclinant vers son voisin lui donnant une impression d'intimité.

L'homme sourit, ses yeux pâles plissés brillant d'intelligence au milieu d'un visage buriné taillé à la serpe surmonté par une courte chevelure décolorée.

- Ça dépend de c'que vous entendez par étrange, ma p'tite dame, rétorqua-t-il adoptant un rictus ironique.

Ses yeux brillèrent reflétant fugitivement la lumière joueuse du soleil qui s'empressa de se cacher derrière un nuage. L'émotion qui y avait fugitivement transparut avait été colère devant l'insolence de l'homme et impatience quand à la réponse qu'il pouvait lui apporter et qui pouvait changer le cours de son existence. Elle laissa couler le "ma p'tite dame" qu'elle lui aurait d'ordinaire fait ravaler à grand renfort de remarques cinglantes.

- Étrange comme la rumeur de la légende des dragons se confirmant, ajouta-t-elle plus bas encore avec un air de conspiratrice.

L'homme rit tout haut se moquant ouvertement de ses croyances, les dénigrant d'un simple haussement d'épaules avec une indifférence qui réveilla sa nature cruelle et impulsive de fëalocë. Reposant le verre qu'elle tenait à la main, elle laissant la manque mauve recouvrir ses doigts et dissimuler le fait qu'elle effleurait désormais la garde de sa dague.

- Vous savez ma p'tite dame, ça fait longtemps qui n'y a pu'd'dragons, soupira-t-il le regard dans le vague.

- Ne m'appelez pas votre petite dame je vous prie, ou je risque de m'énerver.

Il planta ses iris pâles dans les siens jaune-orangés, si sérieux qu'ils le firent rire. Le son en lui-même était plutôt agréable, mais là n'était pas le problème. Elle n'aimait pas du tout qu'il se moque d'elle. Ses doigts resserrèrent leur prise sur le manche de la dague.

- C'est rare qu'un fëalocë reconnaisse qu'il a du mal à se contrôler...

- Je n'ai jamais dit ça ! s'offusqua-t-elle, l'interrompant fort impoliment.

- ... Et pour fêter ça. Si vous m'passez l'expression, continua-t-il comme s'il n'avait pas été coupé. J'va vous raconter queq'chose qui pourrait vous intéresser. Y parait qu'on peut faire des rencontres surprenantes sur la crête qu'vous voyez là-bas. Y'en a qui disent qui z'ont vu des choses énormes dans les nuages. Mais c'est qu'des racontars. En tout cas ya une chose qu'est sûre : c'est qu'ya une belle vue.

Le cœur de Fëandil battait si fort dans sa poitrine qu'elle crut qu'il allait éclater. Les yeux écarquillés de fascination, elle s'était encore plus inclinée vers lui comme si cela lui permettrait de ne pas manquer une miette de ses paroles, comme s'il allait ajouter à tout instant quelque chose à propos du sujet qui l'obnubilant tant. Mais à sa grande déception, ses lèvres demeurèrent closes. Se reprenant, elle se redressa dans son siège et laissa une expression neutre glisser sur ses traits.

- Vous savez qu'z'êtes une personne bizarre ? La seule qui soit captivée par une rumeur aussi banale, ricana-t-il le nez de nouveau plongé dans son verre.

Elle haussa des épaules avec fatalisme, se retenant de lui envoyer une remarque acerbe de son crû. Après tout, il s'était rendu utile. Ou pas. Mais c'était la seule piste qu'elle tenait au bout de trois semaines, aussi intangible soit-elle. Il y avait de quoi enrager, aussi se jetait-elle  fort probablement sur les traces d'une chimère. De toute manière, c'était ça ou rien. Elle enfila son manteau et quitta le bar non sans avoir négligemment jeté une pièce d'or dans le verre de sa source. Il contempla la pièce avec yeux ronds, hébété. C'était très cher payé pour un service aussi minable, mais de toute façon elle espérait que cette fois serait la bonne. Dans le pire des cas avoir laissé tout son argent à un "pauvre bougre" ne la préoccupait pas.
   

~°~

   
   
C'est ainsi qu'elle se retrouva assise sur un rocher, les jambes pendant dans le vide, le dos calé contre une pierre plus petite, à contempler la vallée et à attendre. A attendre quoi ? Qu'un fichu chevalier dragon veuille bien se montrer.

Elle se prit à rêvasser les yeux perdus dans le vague de sa vie future. Si elle réussissait... Mais si elle échouait... Elle se donna mentalement une gifle, cela ne lui ressemblait pas de s'apitoyer ainsi sur elle-même, ni de renoncer de la sorte. Bien qu'au regard de son existence entière, ces dernières semaines aient été les plus éprouvantes physiquement et mentalement de sa vie. Car bien qu'elle ait eu une enfance difficile avec un père violent, une mère décédée, l'ostracisme des gens extérieurs à sa maisonnée, et même, des serviteurs. Elle s'y était faite, elle avait survécu, avait grandi, mûrit. Le cynisme mordant et l'arrogance distante remplaçant peu à peu les sourires innocents de l'enfant qu'elle avait été, puis cessé d'être très jeune.

Jamais, elle n'avait été face à une possibilité de plus cuisante défaite. Jamais l'éventualité d'échouer vraiment ne l'avait jusque là effleurée de la sorte. Revenir devant son père la queue entre les jambes n'était même pas une solution envisageable, sa fierté l'avait empêchée de seulement y penser. Quand à faire autre chose... Son esprit demeura désespérément vide. La peur la saisit au ventre, elle frissonna, resserra les pans de son manteau dans l'espoir que celui-ci chasserait le froid intérieur qui la rongeait comme la peste.

Alors qu'elle se mettait à trembler, une douce chaleur se répandit de sa gorge jusque dans tous ses membres. Elle se sentait mieux, comme apaisée. Une présence bienveillante comme enroulée à l'intérieur d'elle. Son corps se détendit, ses yeux se fermèrent et son esprit se mit à dériver.

Un dragon aux brunes écailles lové sur lui-même, ses yeux opalescents insondables, ronronne doucement. Elle s'appuie contre les squames robustes de son flanc et sent le feu ardent qui coule dans son corps, la réchauffant agréablement...

Un bruit inconnu la fit sursauter, elle s'appuya de nouveau contre son dossier dur, lorsqu'elle remarqua, rassérénée qu'il ne s'agissait que d'une pierre qui avait roulé et dégringolé la falaise. Elle avait beau se dire qu'elle ne risquait rien, elle ne pouvait s'empêcher d'être mal à l'aise. La rêverie à laquelle elle s'était si facilement abandonnée, elle, la pragmatique, le méfiante, l'inquiétait, de par l'impression de familiarité qui s'en était dégagée. Elle s'agita brièvement, puis, pour tromper l'ennui se remit à scruter la vallée paisible au creux de laquelle nichait un petit village bordant un ruisseau paisible pareil à un ruban bleu scintillant aux reflets changeants qui s'étire à l'horizon.

Le bruissement de l'air brassé avec force et le gémissement des pierres lacérées firent tourner la tête à Fëandil. La fëalocë contempla bouche bée le grand bronze qui venait de se poser et qu'elle n'avait pas entendu arriver. Un peu troublée, elle plissa ses yeux félins et se redressa. Elle les dévisagea le plus longtemps que le permettait la bienséance avant qu'elle ne devienne effronterie, puis détourna le regard. La politesse reprenant tant bien que mal le dessus, elle s'inclina très légèrement.

Pour se retrouver face à un problème qu'elle ne savait résoudre. Elle savait, d'après le journal de son père que les dragons étaient intelligents. Si elle ne saluait que le chevalier, le dragon risquait d'en prendre ombrage. Si elle le saluait en tant femelle alors que c'était un mâle, il en prendrait ombrage. Si elle la saluait en tant que mâle alors que c'était une femelle, elle en prendrait ombrage. Si le ou la dragon(ne) était bête, c'est elle qui aurait l'air stupide en lui disant bonjour.

Estimant qu'elle était restée trop longtemps face à son dilemme, elle finit par se lancer et choisir au hasard.

- Messieurs... les salua-t-elle, un brin d'hésitation dans la voix.

Elle ne put s'empêcher de contempler le dragon, il était grand, bien plus que ce qu'elle s'était imaginé. Ses écailles rutilantes se parant de maints reflets suivant les jeux du soleil sur celles-ci, reflétant peut-être l'humeur de Solyae. Elle pâlit légèrement en remarquant la longueur et le tranchant des griffes du reptile. Pourtant la peur ne l'envahit pas, et elle dut au contraire réprimer une soudain impulsion de poser ses mains sur les flancs tièdes de la créature pour raviver la chimère qui l'avait un instant habitée.

Elle eut finalement un fin sourire et s'assit sur un rocher affleurant à peine du sol, dans son regard la moquerie, la colère et l'impatience, le à disputaient à l'humour et à l'admiration (envers le dragon).

- Vous êtes en retard, cela fait bientôt trois semaines que je vous cherche, lâcha-t-elle, n'ayant aucunement conscience de l'incongruité de sa remarque, ni de l'insolence qu'on pouvait y voir.

Une bourrasque gâcha tout son effet envoyant une nuée de sombre boucles dans son visage, ses yeux et bouche. Elle les repoussa tant bien que mal, pour finir par se résigner et les coincer derrière ses oreilles. Elle les fixa, dans l'expectative.
   
Publicité





MessagePosté le: Ven 2 Sep 2011 - 19:26 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Orathor Iskuvar
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 3 Sep 2011 - 17:13 Répondre en citantRevenir en haut

La nuit était tombée depuis longtemps alors le jeune guerrier haletait, la sueur ruisselant sur son visage plongé dans les ténèbres de son capuchon, un rictus démoniaque déformant son visage buriné. La ruelle était désormais silencieuse, alors que quelques instants auparavant, elle résonnait encore des cris de douleur de ces infortunés larrons qui gisaient désormais pour la plus part sur le sol détrempé en terre battue. Il ne restait maintenant plus que deux survivants, le premier tremblotant comme une feuille et se protégeant de ses mains – rempart si dérisoire devant la violence dont pouvait faire preuve cet étranger – les yeux embuaient de larme et le suppliant d’une voix chevrotante ; tandis que son comparse avait la gorge étroitement enlacé par le gantelet bardé de fer du guerrier, ses cris étouffés par la strangulation et ses yeux affolés par l’aune de la mort.

« Je ne me répéterais pas. Alors encore une fois : Ou-est-elle- ?! Répond ! »
« Je… Je… Je ne sais pas… Je vous assure ! »

Le bourreau soupira de consternation, et un craquement écœurant retentit, le pauvre quidam qu’il tenait entre ses mains s’écroulant tel un pantin désarticulé, un inéluctable souffle de vie s’échappant de ses lèvres. Le dernier d’entre eux explosa en sanglots incontrôlés, sa carcasse soulevé par ses gémissements des plus pitoyables. Le jeune guerrier, qui tenait d’une main une lame runique maculé d’un sang poisseux, menaça de la pointe de l’épée le torse décharné du mendiant, qui se recroquevilla de terreur, la pupille complètement affolé, les larmes traçant des sillons sur ses joues osseuses.

« La crête des oiseaux de feu ! Je lui ai dit d’aller à la crête des oiseaux de feu, et… Elle m’a récompensé de cette pièce ! Et c’est tout ! Je vous en conjure, ayez pitié de moi, je ne dirais rien à personne. Je m’occuperais même de faire disparaitre les corps ! Pitié ! Pitié ! Pitié ! »

Ce dernier sortit avec précipitation une pièce d’or rutilante et la teint de sa main tremblotante devant lui, pour appuyé ses dires. Le sourire sadique du guerrier s’étira davantage devant cet homme prolixe et sa voix s’éleva, narquoise et méprisante.

« Eh ! Bien, tu vois quand tu veux ! Etait-ce nécessaire d’en arriver à de telles extrémités ? Pour votre impudence et votre effronterie, je ne vous aurai que coupé les mains, mais tu ne m’as pas laissé le choix. Et tu es bien trop volubile pour que je ne te laisse la vie sauve… »

L’espoir et le soulagement qui se lisait sur le visage du pauvre bougre alors qu’il écoutait avec une attention toute particulière les paroles de cet homme qui tenait sa vie entre ses mains, se muèrent en une grimace d’effroi, figée, alors que la lame transperçait le corps amaigri sans plus de cérémonie, lui arrachant la vie sans le moindre remord. La pièce d’or roula sur le sol boueux et maculé de sang, alors que l’étranger l’écrasait de sa botte, avant de la ramasser. Ce dernier quitta la ruelle sans un regard en arrière, laissant derrière lui un véritable charnier.

° Il est temps mon frère. Il est temps pour nous d’accomplir ce pourquoi nous sommes venus en cette terre. °


***



Le Bronze volait à tir d’aile en direction de cette fameuse crête, un Solyae naissant, projetant ses puissants rais d’une lumière chatoyante et chaleureuse sur ses écailles cuivrées. Les deux bracelets d’or qui ornaient ses longues et redoutables cornes, explosaient d’une myriade et d’une formidable nuance et sans le moindre doute, ébloui quiconque aurait osé porter son regard dans le ciel. Mais une brume épaisse baignait le village qui se tenait à leurs pieds, ses serpentins froids et poisseux voilant aux yeux des plus téméraires et des plus prompts, un spectacle de mort.

L’euphorie du jeune guerrier assaillait depuis son réveil l’esprit du titanesque saurien, à l’idée que dans quelques instants, il deviendrait officiellement Maitre-Dragon. Car, cette jeune femme à la crinière de jais – ainsi le mendiant l’avait-elle décrit avant de rendre son dernier souffle – serait pour lui sa première aspirante. Il en était fier, fier de pouvoir inculquer son savoir à une personne possédant le Don, fier de voir ce petit bout de femme arpenter la voix de la connaissance et de la force au fil des jours et des semaines, fier de lire dans son regard l’appréhension et un indicible bonheur à l’aune de son Empreinte, et bien plus encore.

Et une chose était sûr, il ne ferait pas les mêmes erreurs que son propre Maitre, il ne la mépriserait pas et ne l’humilierait pas devant le Màr Tàralöm, il ne la délaisserait pas au profit d’une autre aussi belle fut-elle. Ohiro-Osake Maïtera… Un passage de sa vie qu’il ne désirait désormais plus qu’oublier, mais qui pourtant ressurgissait alors qu’il s’apprêtait à prendre le pas, à arpenter cette même voie. Il ferait tout pour que son souhait le plus cher, ne fût de le voir mort… Comme lui…

Skaar’In instilla en le jeune homme des pensées positives et réconfortante. Le fils Iskuvar se devait maintenant de paraitre confiant et sûr de lui, car il serait pour elle l’icône de référence au sein du Kaerl Ardent, celui pour qui elle pourrait compter plus que quiconque, et se présenter comme un homme s’apitoyant sur son sort n’était pas l’idée même du respecté et vénérable Maitre-dragon qu’il convoitait. Le dragon aux rutilantes écailles de Bronze déchira la canopée de brume serpentant le long des flancs du promontoire et avisa une cuvette le long de la crête. La crête aux oiseaux de feu, ou devrions-nous plutôt dire, la crête aux dragons. Le jeune guerrier sourit à l’évocation de cette légende, alors que Skaar’In fulminait face à un tel sobriquet des plus avilissant pour une créature chimérique tel que lui.

C’est alors qu’ils se posèrent, dans un véritable fracas, les pierres voltigeant et les quelques sapins pansements le lieu, ployant sous les bourrasques de vents qu’il déplaçait. Le Bronze étira son coup dans un gémissement de plaisir, et fit quelques pas afin de dégourdir ses pattes lourdes. Elle se tenait, sa chevelure toute ébouriffé par leur arrivée qui ne manquait pas de passer inaperçu. Dans son regard pouvait se lire un enchantement et une exaltation qui aurait fait rougir le saurien s’il avait été doté d’un épiderme. Toutefois, elle ne semblait pas le moins du monde étonné, ébahie, stupéfiée ou plus encore apeuré. Sa voix s’éleva alors, les saluant avec une certaine sobriété, mais néanmoins politesse.

Orathor put enfin détailler sa nouvelle aspirante. Une jeune femme dans des habits d’un raffinement certain mais qui flottait néanmoins sur un corps qui souffrait de ne pas avoir eu le plaisir de manger à sa main. Elle était ravissante, c’était indéniable, et les courbes certaines qui élançaient son corps ne gâchait rien son plaisir, bien au contraire. Son visage fin et au teint laiteux, était encadré par une véritable cascade de boucles de cheveux d’albâtre teinté d’incarnat ; et son regard, deux iris mordoré tel un félin, illuminait ce visage désirable. Bien que son cœur ait trouvé son élu quelques jours auparavant, il ne pouvait s’empêcher de contempler une charmante demoiselle quand elle se présentait à lui… Toutefois, il pouvait lire sur se visage aux traits tirés, une souffrance passée et une rancœur inassouvie. Orathor déglutit péniblement. Qu’avait-elle donc bien pu endurer pour qu’un tel ressentiment et une telle haine se dévoile aux travers de ses traits, se dévoilant à lui par instant, sur ce visage tantôt si juvénile, tantôt si impassible et si austère ?

C’est alors qu’elle s’adressa à eux avec une effronterie et une outrecuidance qui le firent sourire. Toutefois, Skaar’In ne voyait pas les choses de cette façon, et alors que le jeune guerrier sautait lestement à bas de son lié, revêtu de sa tenue de combat, il s’avança vers la jeune femme, une lueur cramoisie dansant dans son regard furibond. Le Bronze cracha un jet vaporeux au visage de la jeune femme avec défi, ébouriffant la chevelure qu’elle avait-eu toute les peines du monde à dresser. Orathor s’approcha également de la jeune femme, et posa une main apaisante sur l’encolure du redoutable dragon.

« Nous pouvons aussi repartir d’où nous sommes venus, jeune et belle impertinente ? » prononça-t-il avec ironie et nonchalance, avant de sortir de l'une de ses poches, une pièce d’or sur laquelle du sang avait coagulé et de la boue séchée. « Je crois bien que cela vous appartient… » murmura-t-il en se gaussant de la donzelle.





[HRP] : C'est parfait ! J'espère également que cela te convient ? ;-) / [HRP]
Fëandil Celowyen
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 4 Sep 2011 - 16:58 Répondre en citantRevenir en haut

[HRP : Pas de problèmes de mon côté non plus Smile et désolée si c'est un peu fouillis...]

 
Fëandil observait le chevalier et son dragon, elle sentit le soulagement décontracter tous ses muscles, finalement, contre toute attente, elle avait réussi. Elle ne put réprimer une pensée satisfaite. Sa vengeance ne serait peut-être pas pour tout de suite, mais elle aurait lieu en définitive et cela suffisait à son contentement. Pour le moment... La seule idée de son ultime victoire sur son géniteur, faisait battre son cœur plus vite et allumait dans ses yeux une euphorie très proche du sadisme. Ayant détourné le regard au profit de la région où se situait la demeure familiale, elle espéra qu'ils n'auraient pas remarqué son brusque changement d'humeur.

De toute manière, lorsque l'homme se mit à la toiser et à l'évaluer, elle se contracta légèrement. Finie, la tranquille détente qui avait suivit l'apparition des deux liés. La colère sourdait de ses yeux félins qui lui rendirent effrontément son examen qu'elle trouva fort offensant et dépréciatif à l'encontre d'une personne que l'on rencontre pour la première fois. N'avait-il donc pas plus de manières qu'il se permettait de l'insulter de la sorte alors qu'elle avait fait beaucoup d'efforts pour rester polie ? Sa nature flamboyante et prompte à prendre ombrage, s'enflammait en son cœur courroucé. Elle la maîtrisa promptement, maudissant intérieurement ses ancêtres et leur sang impétueux.

- Vous appréciez le spectacle ? railla-t-elle oscillant entre indifférence et agacement.

Pour penser à autre chose, elle le dévisagea en retour, toute velléité de remarques cinglantes oubliées... pour le moment. Il était grand et bien bâti, vêtu d'une armure intégrale complété par un véritable armada d'armes en tous genres, le tout complété par un capuchon qui l'empêchait de voir le haut de son visage. Cela l'interrogea, était-il défiguré qu'il ne souhaitait pas le dévoiler, ou bien voulait-il se fondre dans la foule, passer inaperçu, avec autant d'armes c'était raté. Elle opta pour la troisième option, il était là pour se battre ou pour chercher quelqu'un. Sa tenue si semblable à celle d'un assassin professionnel, ne manquait pas de l'étonner. Elle n'aurait jamais imaginé que les chevaliers-dragons puissent en être. Elle songea à son père et se ravisa.

L'homme lui laissait une impression mitigée, elle décida de ne pas se prononcer tout de suite quand à ce qu'il lui inspirait. Elle était à la fois amusée par son aplomb mais irritée qu'il se permette de la dévisager de la sorte. Qu'aurait-elle pu faire contre un homme chevauchant une créature mythique dont la simple vue avait (et continuait) terrifié bien des hommes braves ? Il l'aurait tuée depuis bien longtemps si tel avait été son but. Quand au dragon, il était... fascinant.

Sa remarque acerbe engendra deux réactions bien distinctes, le plus petit des deux sembla de gausser de sa remarquer. La provocation ne l'atteignant pas, elle sentit un respect nouveau s'installer en elle pour cet humain qui préférait prendre l'insolence avec humour plutôt que de répondre de la même manière, ce qui aurait été puéril et inutile, ou user de la violence. Dans un cas comme dans l'autre, elle les aurait planté là, repartant sur les routes mendier plutôt qu'apprendre de quelqu'un ne sentant pas à l'aise dans son rôle. Si cela avait été le cas, ils l'auraient probablement tuée, ne supportant pas l'offense. Elle s'en fichait, se tout manière cela ne se passerait pas ainsi.

Le dragon sembla plus chatouilleux quand au respect qu'il exigeait de sa part, misérable créature, insecte insignifiant dans le cours de son existence, c'est ainsi qu'elle interpréta son regard rougeoyant posé sur elle, lui rappelant les braises, qui, alors qu'elles semblent éteintes, couvent attendant le moment propice pour se rallumer en un feu ardent. Le souffle qu'il lui lâcha au visage fit violemment voltiger sa chevelure obscure qui reflétait à merveille son caractère, de la noirceur où se mêle de l'impulsivité, donnant l'impression d'une mer déchaînée. Elle resta stoïque en pensant avec amertume au mal qu'elle avait eu à la discipliner, et qu'elle aurait encore.

Lorsque la créature furieuse se dressa au-dessus d'elle, elle n'esquissa pas le moindre geste, mais abaissa le regard, lui concédant la victoire sans rechigner. Elle ne voulait pas fâcher la première créature légendaire tout droit sortie des légendes anciennes pour elle ne savait quelle raison. La satisfaction de pouvoir en apercevoir une, ôtait à son attitude sa morgue habituelle, remplacée par une admiration non dissimulée à l'égard du saurien.

Petit papillon, petit papillon, irrésistiblement attiré par cette flamme féroce, te brûleras-tu les ailes à vouloir l'approcher, n'aurais-tu pu te contenter de la regarder ? fredonna-t-elle en son for intérieur, la comptine elfique que lui chantait une voix grave appartenant à une personne dont elle ne se souvenait pas.

Tentant pour la deuxième fois, en trop peu de temps à son goût, de discipliner sa crinière rétive, elle adopta un air neutre tout en réfléchissant aux caractères respectifs des liés. La lueur d'intérêt ayant brillé dans le regard du chevalier lui avait échappé en raison du capuchon, elle se demandait pourquoi ils s'attardaient tant ici. Une fëalocë acide n'a que bien peu d'intérêt, inutile de chercher si loin pour en rencontrer une...

L'humain lâcha ensuite une phrase ironique à ses dépens, lui rappelant que ses manières ne leur plaisaient pas et qu'ils pouvaient tout aussi bien la planter là. Elle fronça ses sourcils, froissée dans son amour-propre, elle était en colère contre elle-même, en se montrant impertinente, elle avait ouvert une faille dans sa cuirasse. Elle leur avait inconsciemment avoué, l'importance qu'elle accordait à cette rencontre.

- Dans ce cas messieurs, je m'excuse de vous avoir fait perdre votre temps,
rétorqua-t-elle soudain acide.

Sa fierté prit le pas sur son envie de vengeance et elle tourna promptement les talons, elle figea lorsque l'humain lui demanda si la pièce qu'il tendait à présent dans sa direction lui appartenait. Non, il ne demandait pas, il affirmait. Elle fut tout ouïe lorsqu'elle vit l'or jeter de faibles éclats à travers le sang caillé et la boue sèche. Un sourire moqueur de l'homme suffit à lui apprendre ce qui s'était passé. Il avait tué l'ivrogne avec tant de dédain et lui avait extorqué la pièce, elle sourit, tandis qu'un lien se faisait dans son esprit.

- C'est tellement gentil d'avoir fait tant de chemin pour me rendre cette pièce dans un état tout à fait charmant je dois vous avouer,
rit-elle soudain amusée.

Elle plissa ses yeux félins, et se rassit théâtralement.

- Je me demande si rendre une pièce à une fëalocë à l'allure négligée et au physique peu avantageux, justifie les moyens, disons... définitifs, que vous avez employé.

Elle fit une pause les contemplant avec cynisme. Ne se rappelant que trop bien de ses dernières semaines passées à courir après une chimère. En avait-elle, réellement envie, finalement.

- Je pense que vous me cherchiez aussi, bien que vos motifs demeurent enocre obscurs. Si c'est pour éviter que je poser des questions à tort et à travers sur votre existence. Ne vous inquiétez pas pour cela, tout le monde me prend pour une folle. Et m'a réputation commence malheureusement à me précéder et je n'ai entendu que trop souvent ces derniers jours des : "tu crois que c'est elle la fille dérangée qui pose des questions sur les dragons ?". Ce pauvre homme que vous avez sauvagement assassiné aurait pu en témoigner, vous auriez dû voir la tête qu'il a fait lorsque j'ai commencé à parler de dragons.

Elle se tut un instant se perdant dans les nuances exquises du grand bronze. Contemplant, les reflets or que Solyae semblait s'entêter à faire miroiter sur les squames robustes. Cela lui fit baisser distraitement le regard vers la pièce, se rappelant de l'homme qui l'avait envoyée ici. Ses yeux pâles écarquillés, dont les pupilles dilatées par l'alcool semblaient la fixer sans la voir.

- Je savais que j'aurais dû le faire. J'aurais dû le tuer, je savais qu'il parlerait mais je n'avais pas le temps de m'en occuper, ajouta-t-elle songeuse, elle reporta son attention volage sur l'homme avec un sourire lointain, empli de regrets de n'avoir su si sa lame convenait véritablement au meurtre. Je ne vais pas me plaindre, toutefois, c'est vous qui l'avez trouvé. Je serai plus prudente la prochaine fois, conclut-elle, cette expression lointaine dénudée de tous sentiments figeant ses traits.

Petit papillon, petit papillon, tu savais qu'elle allait brûler, mais tu t'es quand même approché, ne plus pouvoir voler, n'était-ce pas un prix élevé pour avoir pu seulement la frôler ? chantonna-t-elle, mais s'arrêtant car ne se rappelant plus de la fin.

Elle eut un sourire matois et s'étira paresseusement, un éclat ironique coutumier dans le regard. Il allait bien falloir qu'elle se décide à aborder le sujet qui lui tenait tant à cœur. Estimant qu'elle avait suffisamment tourné autour du pot, elle mit les pieds dans le plat.

- Comment devient-on chevalier-dragon ? lâcha-t-elle à brûle pourpoint, sa remarque tombant comme un cheveu sur la soupe.

Se souvenant brutalement de cet ensemble de règles qu'elle avait reproché intérieurement à l'ardent ne pas posséder, qu'elle se targuait d'appliquer en permanence et qu'elle venait honteusement d'oublier, qui se nommait politesse. Elle se releva brutalement, et inclina légèrement son buste avec gêne, tout en songeant que son humeur semblait changer aussi souvent qu'un ivrogne boit de verres, ces derniers temps. Elle repensa fugitivement à l'homme et s'en voulut une nouvelle fois... de ne pas l'avoir tué.

- Je suis Fëandil... elle eut un instant d'hésitation, se demandant sous quel nom elle devait se présenter ... Celowyen, acheva-t-elle de mauvaise grâce. Elle se reprit immédiatement. Mais je ne crois pas avoir eu le plaisir d'entendre vos noms ni d'où vous venez ? Je suis d'Orën et je cherchais un chevalier dragon comme vous avez pu le constater. C'est d'ailleurs difficile de vous trouver, savez-vous ?... Mais je m'égare. Je vous laisse donc avec plaisir la parole.

Son badinage qui n'avait pas tant pour but de la rassurer que de lui donner le temps de les jauger, évaluer leurs caractères, respectifs, leurs réactions et de planifier à l'avance. Pourtant, une lueur de vif intérêt s'était allumé dans ses yeux à l'idée de ce qu'il allait bien pouvoir lui dire à propos de ce qu'il était, ce que cela impliquait...

Petit papillon, petit paillon, imprudent tu as été, tu as contemplé ce que je jamais tu ne devais admirer, toucher la flamme ne t'étais pas destiné, et tu le savais, mais tu n'as pu t'en empêcher. Imprudent petit papillon, tu l'as payé, afin de réaliser ton rêve tu l'as payé de ton éphémère vie. Cela en valait-il la peine ? Petit papillon attiré par les flammes...

Un voix mélancolique fredonnait tristement ce refrain familier, rengaine maintes fois chanté, rappel douloureux du passé qui fugitivement revivait tandis que s'égrenaient les notes. 
Orathor Iskuvar
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Lun 5 Sep 2011 - 23:49 Répondre en citantRevenir en haut

Orathor avait bel et bien mûri, c’était indéniable ; si tenté que massacrer une poignée de mendiants quelque peu trop téméraire fût considéré comme étant une preuve de maturité, et cela simplement pour laver l’affront et le tord qu’ils lui avaient cause. Oui, c’était indéniable. Car jamais, oh grand jamais, il n’aurait laissé passer un tel manque de respect de la part d’une donzelle qui, bien que semblant approcher timidement de ses âges et dissimulant une beauté inavouée sous ses airs d’indigente à l’allure efflanquée, n’en demeurait pas moins une novice, quand bien même elle n’en avait pas la moindre idée. Bien des mois auparavant, il aurait sans le moindre doute fait abstraction de cette galanterie et de ce sens poussé de la chevalerie qu’il affectionnait tant, et aurait fait ravaler sa fierté à cette petite sotte sans le moindre renfort en l’humiliant d’une bien odieuse façon. Mais il avait mûri.

Il fallait néanmoins avoué que dans son genre, celui de la petite peste pourri gâtée qui n’en fait royalement qu’à sa tête, la jeune femme qui se tenait devant lui était sensationnel. Entre ses petits regards teinté de défis et de mépris, ou sourdait parfois une ardente colère ; cette façon qu’elle avait de le dévisager et de le détailler comme s’il n’était qu’un domestique qu’elle hésitait encore à employer ; ses remarques cinglantes - semblable au coup de fouet d’un bourreau - témoignant de son arrogance et de son indifférence, eh bien le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle ne manquait pas d’aplomb.
Orathor voyait en cela une qualité. S’il parvenait à apaiser cette véritable furie et en faire une intime alliée, elle serait redoutable dans les jeux de politique qui ébranlaient ces derniers temps le Màr Tàralöm. Un caractère des mieux trempé qui ne se laisserait pas ainsi marcher sur les pieds par quelques bellâtres et autres parjures ourdissant de machiavéliques plans pour atteindre les hautes sphères du pouvoir. Mais la question qu’il se posait était simple : Lui-même parviendrait-il à se l’approprier ? Cela ne faisait aucuns doutes…
En ce qui concernait le fier et redoutable Bronze, c’était une toute autre paire de manche. Qu’une jeune pucelle vienne pérorer sous leur nez, crachant son venin à qui mieux-mieux et s’indignant de leur retard au travers de sa voix fluette et de son expression de corps, cela l’insupportait au plus haut point. A l’instar de son jeune frère qui voyait en cela une qualité, pour lui, elle ne ferait que s’attirer les foudres de leur paire et s’abattre sur eux la disgrâce du Seigneur et père du jeune guerrier. Tout le monde irait de sa petite remarque, comme quoi le jeune Maitre dragon et son caractériel lié, bien trop candide qu’ils étaient, se laissaient submerger par une petite aspirante. Pour peu qu’elle finisse éviscéré par un belliqueux ardent pour avoir jacassé à tord et à travers, et leur réputation ne serait plus à faire… Ce n’est pas par les mots qui lui imposerait sa volonté, mais bel et bien par la force, et il y arriverait.

La jeune fëalocë sembla toutefois faire preuve d’un peu plus de déférence et de réserve, courbant imperceptiblement l’échine devant la colère du Bronze, pour le plus grand plaisir du jeune guerrier qui rit sous cape, un léger sourire fendant son visage plongé dans les ombres. Elle n’était peut-être pas si sotte finalement…
Mais alors que cette facette si détestable de sa personnalité ressurgissait, comme un gamin ayant pris de bonne résolution mais ayant toute les peines du monde à s’y contraindre, et faisant preuve d’une fierté qu’elle ferait mieux de ravaler si elle ne voulait pas finir dans l’estomac sulfureux du Bronze, la pièce sembla faire son petit effet, au grand bonheur du fils du seigneur régent du Màr Tàralöm. Elle conserva toutefois toute son insolence, l’affublant de remarque teintée d’ironie qui commençait à lui faire perdre patience. C’est probablement pour cela qu’il perdit un peu de son impassibilité et de son sourire de façade lorsqu’elle évoqua ses manières de soutirer de précieuses informations, voulant rétorquer quelque avertissement ; mais elle enchaina, sans lui laisser la moindre chance d’en placer une.
La patience est mère de toutes les vertus ne dit-on pas ?

Il l’a laissa déblatérer, les mains croisés sous ses aisselles, faisant crisser le cuir bardé de fer et affichant sur la partie inférieure et visible de son visage une certaine impatience.

° Aurait-elle perdu la raison mon frère ? Je crois que ma présence en ce lieu l’a quelque peu troublé… °
° Probablement a-t-elle le désir de se confier à de sombres inconnus… Mais je m’en vais te la remettre à sa place lorsqu’elle en aura terminé, cela tu peux me croire. °
° Je boue déjà d’impatience ! °

« Comment devient-on chevalier-dragon ? » Lâcha-t-elle alors de but en blanc, sans la moindre relation logique avec le reste de sa sibylline tirade. Skaar’In fulminait, un grondement gargantuesque résonnant au fond de sa gorge, acceptant son aigreur et son impertinence avec une certaine raideur dans les muscles, comme s'ils ne demandaient qu'une seule et unique chose : claquer sur cette maudite proie...

Puis, contre toute attente, elle s’inclina pour la première fois avec une déférence et une humilité qui leur était naturellement dû, comme si elle avait retrouvé la voix de la sagesse et de la raison. Puis elle se présenta, ajoutant quelque fioriture des plus absconses, mais cela allait bien avec le personnage.

Orathor soupira de lassitude et fit glisser son capuchon sur ses épaules, dévoilant un visage taillé dans la pierre, dans lequel sommeillait deux iris d’un bleu d’une redoutable et d’une effroyable gravité.

« As-tu finis ? Je puis enfin en placer une ? »

Orathor pointa un doigt bardé de fer en direction de la jeune femme, ses yeux pénétrant ceux de la jeune femme.

« Avant que je ne réponde à tes interrogations, il est deux ou trois petites choses qu’il serait bon de corriger. Tout d’abord, il serait profitable pour toi si tu veux un jour redescendre de cette crête que tu témoigne à notre égard beaucoup plus de respect que tu ne l’a fait en nous accueillant. »

Il tendit alors un second doigt, au côté de son homologue.

« Ensuite, ne t’avise plus jamais de juger de la sorte, avec tant de réjouissance et d’enjouement la façon dont je traite ceux qui pour moi l’ont mérité. J’ai agi pour le bien de tous. »

Un troisième se déploya.

« Enfin, je te trouve bien maigre, et si tu veux un jour avoir l’incroyable chance de devenir chevalier-dragon, il serait bon que tu te sustente avec bien plus d’assiduité que tu ne le fait. N’oublie jamais cela : cinq fruits et légumes par jours. Et de la viande, beaucoup de viande, bien sûr » conclu-t-il sur ces paroles paternelles.

Le jeune guerrier se détendit, un sourire étirant son visage, satisfait de ses mises en garde.

« Très bien, pour ce qu’il en est des recommandations, je crois que c’est bon pour le moment. Laisse moi donc me présenter. »

Le jeune guerrier s’inclina comme il aimait à le faire et se releva, tout en se désignant.

« Je me nomme Orathor. Mon nom, tu n’as guère besoin de le connaitre, et de toute façon, il ne te dirait pas grand-chose. Quand au flamboyant Bronze qui te toise de son regard colérique, ce n’est autre que le redoutable et facétieux Skaar’In. »

Orathor s’avança vers elle, et tourna autour de la fine silhouette, la détaillant sans mot dire, avant de poser un doigt sous son menton, le coude posé sur l’avant bras.

« Comment devient ton Chevalier-dragon ? Ah ! C'est une très bonne question, mais ne met donc pas la charrue avant les bœufs. Pour cela, il te faudrait déjà devenir Aspirante, et obtenir l’aide d’un Maitre-dragon, tout comme je suis. Oui, car je tiens à la préciser et cela me vexe au plus haut point : je ne suis pas un simple Chevalier-dragon petite insolente. Mais bon, je ne sais pas si tu en aurais réellement les capacités… »

Un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres. Qu’il aimait à la provoquer ! Voir cette lueur d'indignation et d'impuissance, irradiait de ses pupilles félines et hostiles à son égard. Oserait-elle se venger devant la façon dont-il l'a rabaissait, elle qui semblait se croire intouchable et bien au-dessus du lot ? Mais peut-être l'était-elle après tout. Et constater ses réactions serait le meilleur moyen de voir son potentiel. ° Allé, montre moi donc ce dont tu es capable. Surprend moi ! ° Se prit-il à espérer.

« Je pourrais donc te prendre sous mon aile, et celle de Skaar’, mais... Dit moi. »

Il s’approcha d’elle, son visage tout prêt du sien, son sourire malicieux demeurant.

« Pourquoi devrais-je te faire un tel honneur, que de t’inculquer mon savoir ? En quoi le mérites-tu seulement ? »


° Je te trouve bien proche d’elle… °
° Ne dit donc pas de bêtise. Là n’est pas mon attention, et tu sais pertinemment que mon cœur est déjà épris. Ce n’est qu’un jeu, je ne désire que titiller son tempérament de feu. °
° Mais jusqu’où ? Là est la question, car je te connais Orathor Iskuvar, toi et ton penchant pour la gente féminine... °
° Que tu peux être exaspérant ! °

Un semblant de rire, témoignant plus du grognement d'outre-tombe, résonna imperceptiblement dans la gorge du Bronze.
Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:54 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu