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 [RP Officiel] Première Empreinte de Niallàn Sujet suivant
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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Sam 9 Juil 2011 - 19:56 Répondre en citantRevenir en haut

[HRP : cette empreinte est un peu projetée dans le temps. Elle se déroule après le mariage d'Heryn et et des conséquences prévues qui doivent suivre, je précise. C’est pour cela qu’elle reste assez peu détaillée sur les évènements. Pour Maëvann, ton récit est bien au chaud dans les mains d'Heryn, il est prévu déjà pour les prochains aspirants Célestes Clin d'Oeil. Suite au mariage, Heryn sera peu de temps après accusée de meurtre et son beau-frère Zackheim prendra sa suite sur le trône. Ce RP se déroule en automne 917, durant le règne de Zackheim.]


Automne 917, Premier Quartier d'Ouranosku


La jeune Reine serrait ses œufs en douceur avec l'aide de sa queue. Elle avait veillé à les pondre un à un, mais assez prêts les uns des autres, pour mieux les protéger. Bien que ce fût sa première couvée, on pouvait comptabiliser six œufs. Six œufs qui approchaient de l'éclosion. Et pas un seul instant la jeune reine ne les avait quittés. Il avait fallu lui apporter à manger et à boire pour pas qu'elle dépérisse dans sa garde maternelle. Selon les Reines, soit la liée prenait la relève de la surveillance des dragonneaux à venir, soit un autre dragon de confiance assurait la cette charge, le temps de faire une pause pour se restaurer ou se rafraîchir. Mais pas la jeune Niallàn. Déjà elle suivait l'idée que les mères couvaient leur portée jusqu'à leur naissance. Sans doute avait-elle trop entendu certaines histoires d'animaux qui sacrifiaient presque leur vie pour donner leur chance à la future génération. Mais elle était une Dragonne, pas un stupide crocodile ou encore de pieuvres destinées à rendre leur dernier soupir d'épuisement...

Mais elle suivait ce qu'elle croyait comme juste, et cela se renforçait plus encore avec les derniers évènements que le Kaerl Céleste avait subis. Jamais encore d'ailleurs les membres du Màr n'avaient connu tel événement... Qui bouleversait bien des choses et des convictions, ce qui avait tendance à bien fragiliser des bases que l'on croyait solides et immuables. Outre sa liée qui était inquiète de ce qui pourrait être un avenir incertain pour le Màr Menel, la jeune Dorée s'inquiétait des risques potentielles de ses œufs. Si on décidait de ne pas lui fournir d'aspirants ? Si on décidait que dans les trames houleuses de l'instant, personne ne songerait à l'avenir des dragons à naître ? Rien que de penser cela, elle en resserra son appendice caudal luisant de reflets dorés autour de ses futurs enfants. Six jeunes bipèdes devaient se présenter sur les sables.... Elle ne voulait pas voir ses enfants dépérir par la faute de la folie d'un seul.... Déjà que Rintrah avait été très perturbée par ce qui s'était passée. Et elle l'était encore.

La puissante Reine de la Dame Céleste aurait dû prendre son essor nuptial après le mariage splendide de sa liée. Mais le bonheur n'avait duré qu'un temps et dans la trame du désastre, son envolée avait été comme soufflée, dans son désarroi et sa détresse. Comme cela arrivait chez des femelles bipèdes, la dragonne n'avait pas ressenti le besoin naturel de répondre à l'appel de Flarmya, pour assurer la pérennité de l'espèce... Est-ce là un désir de la Déesse de sauver de vies futures d'un désastre dramatique ? Niallàn y avait songé et se mettait à la place de la pauvre Rintrah. Peut-être qu'elle avait imaginé ses œufs brisés, dans le seul but de faire pression contre les membres récalcitrants du Kaerl, pour ne pas se plier au pouvoir nouveau ? En tout cas, cela n'avait pas coupé l’instinct de la jeune dorée, qui avait pris son essor plus tôt que prévu... Sans doute là aussi un désir de la Mère des Dragons, pour montrer que l'espoir perdurait et qu'il fallait surmonter les épreuves par l'arrivée d'une nouvelle génération de dragons ? Et donc de futurs chevaliers-dragons, pour passer l'étape cruciale de ce qui s'était produit....

Mais maintenant, les soucis étaient ses œufs. Elle voulait les protéger jusqu'au bout, jusqu'à leur naissance. Elle les protégeait à un tel point que sa liée redoutait qu'elle empêcha au jour de l'Empreinte l'approche des aspirants. Elle pourrait trop écouter son instinct de dragonne et garder ses petits auprès d'elle. C'était sa première ! Elle ne voulait pas les perdre. Heureusement qu’on n’avait pas eu la sombre pensée de les briser… Pour marquer l’évènement des troubles. Il suffit d’un acte odieux, voir infâme pour vouloir marquer l’histoire… Que de mieux que de briser une génération dans l’œuf, alors qu’elle n’avait pas eu l’occasion encore de poser ses yeux sur ce monde ? Un monde qui devenait dangereux en ce moment pour les dragons. Et Niallàn tenait par-dessus à ce qu’ils survivent, grandissent et soient la fierté du Kaerl Céleste. Tant pis si les dirigeants avaient l’âme corrompues. Tant pis si les plus hautes fonctions étaient moisies jusqu’ à la moelle de cette perfidie de recherche du pouvoir à tout prix. S’ils voulaient jouer les Ardents, qu’ils rejoignent donc ce Kaerl décadent dans la violence. Les célestes avaient des devises, il fallait les suivre, en écoutant la raison et la sagesse, non la folie et la passion. Mais pour cela, fallait-il que les hommes et les femmes qui se liaient aux dragons sachent faire preuve de toutes ces capacités qu’on exigeait d’eux… Ou cela coinçait-il pour ne pas suivre ces préceptes ? La dragonne dorée en frémissait, avant de poser un regard inquiet sur ses œufs.

Oui les jeunes dragons éclateraient leur coquille pour sortir et respirer l’air de ce monde qui promettait pourtant, pour ceux qui sauront le voir à sa juste valeur et non pour son seul profit. Puis quand elle entendit les premiers craquements, elle redressa la tête, passant de la frayeur passagère à la fierté maternelle. Ils arrivaient. Elle leva sa tête vers le plafond des Sables d’Eclosion et claironna la venue prochaine de nouvelles vies.



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

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MessagePosté le: Sam 9 Juil 2011 - 19:56 Revenir en haut

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Annaëya Wylda
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MessagePosté le: Dim 10 Juil 2011 - 20:06 Répondre en citantRevenir en haut

Annaëya quitta les remparts de la ville. Le soleil était à présent suffisamment haut et les habitants du Mar Menel s’étaient presque tous réveillés. La jeune elfe aux cheveux bleus avait ouvert un œil trop tôt aujourd’hui. Puis, s’étant rappelé quel jour particulier elle allait vivre, elle s’était sentie incapable de se rendormir jusqu’à une heure plus décente. Elle s’était habillée comme à son habitude et était allée admirer le lever du soleil sur cette terre céleste qui l’avait adoptée. Les aubes étaient de plus en plus froides et les feuilles des arbres avaient pris leurs teintes ambrées automnales. Certaines d’entre elles commençaient même à tomber en voletant, flirtant doucement avec le vent. Mais cette fois-ci, cela ne réjouissait pas l’aspirante. Elle avait l’impression que même les végétaux pleuraient et se mourraient des évènements récents. Jamais elle n’aurait un jour imaginé qu’un tel mariage puisse virer ainsi au cauchemar. Elle se remémorait sans cesse ce qu’elle avait vu et entendu, ressassant continuellement ce jour qui se voulait au départ heureux. Elle essayait en vain de comprendre ce qu’il s’était réellement passé. Mais les protagonistes faisaient tout pour que le mystère plane encore aujourd’hui. Elle fut tirée de sa rêverie lorsque Lordan passa devant elle en lui adressant un sourire encourageant. Il ne s’était pas arrêté dans son entraînement aujourd’hui. Demain, peut-être.

*Il ne peut pas toujours couper sa course en plein milieu de son exercice, tout de même.* s’était-elle dit en haussant les épaules.

La future chevalier dragon était particulièrement nerveuse en ce jour hors du commun. Sa vie allait connaître un tournant majeur. Plus rien ne serait comme avant. Tout en regagnant ses appartements – qui ne seraient plus les siens pour longtemps – elle ne cessait de penser à ce que ce petit dragon allait changer dans sa petite vie. Il allait l’embellir, la nourrir de péripéties, d’amour, de joies, de jeux,… Tout ce qui faisait son quotidien serait désormais partagé. Elle se sentit soudain nerveuse à cette idée. L’elfe était réellement heureuse que ce jour arrive enfin, mais elle était également apeurée par ce changement. Elle essaya de s’imaginer ce que cela pourrait être, une vie à deux. Elle poussa avec étonnement la porte de sa chambre.

*Quoi, déjà ?! se dit-elle. Je me souviens à peine avoir marché à travers la ville ! Je devais ressembler à un mort-vivant !*

L’elfe rassembla ses affaires puis partit en direction des bains. Il était encore tôt et elle n’était pas attendue aux sables d’éclosion avant encore une bonne heure. Elle portait au bras la toge blanche achetée spécialement pour l’occasion. Elle savait que e vêtement n’était pas obligatoire à condition qu’il soit blanc, mais elle avait tenu à ce qu’il soit cérémonieux et surtout à la hauteur de ce que sa future liée pouvait attendre d’elle. Elle ne savait guère de quel genre de caractère elle serait affublée et préférait prévoir. Une pensée absurde jaillit soudain dans sa tête, comme projetée contre les renforts de son crâne.

*Et s’il s’agissait d’UN lié ?*

Elle se demanda soudain pourquoi elle se posait cette question… Puis d’autres suivirent, aussi brusquement que la première.

*Et s’il ou elle ne m’aimait pas ? Et si elle avait une couleur dorée, synonyme de lourdes responsabilités ? Et si, et si,… *

Et si elle ne se liait pas aujourd’hui ? La douleur et la déception seraient atroces. Trop difficiles à supporter. L’aspirante aux cheveux bleus sortit brusquement de cette tornade de pensées en frissonnant. Elle eut ce réflexe, sentant l’angoisse la gagner et la paralyser lentement. Elle réalisa alors qu’elle était déjà dans les bains, seule, nue et…

*TOUTE FRIPÉE !!!*

Elle devait être là depuis trop longtemps. Sans réfléchir et sans prendre attention à sa nudité qu’elle tentait d’habitude de cacher tant bien que mal, elle fonça aux vestiaires, prit à peine le temps de s’essuyer et enfila sa toge… A l’envers dans un premier temps, puis à l’endroit en envoyant une flopée de jurons dont certains qu’elle ignorait faire partie de son vocabulaire. Elle retira le nœud qu’elle avait fait dans ses cheveux afin d’éviter de les mouiller (*Tiens, j’ai même pensé à ça ?! Je ne m’en suis pas rendue compte.*), les laissant retomber en cascade dans son dos. Le bleu profond de ce voile luisant tranchait avec le blanc de sa toge et apportait une touche mystique à sa tenue. Mais l’elfe n’y pensait même pas. Elle attrapa ses chaussures et fonça à travers les couloirs, s’arrêtant à quelques reprises pour tenter de les enfiler et de reprendre son souffle. Elle tourna à plusieurs reprises dans la mauvaise direction, mais finit par arriver à bon port, essoufflée, les cheveux en bataille et… les chaussures inversées. Elle mit un genou en terre pour les remettre correctement, remettre de l’ordre dans ses cheveux et reprendre encore une fois son souffle. Puis, elle poussa les lourdes portes amenant aux sables d’éclosion.

Elle fut soulagée d’entendre le doux chant de Niallàn alors qu’elle descendait les marches et empruntait les couloirs qui menaient en-dessous du Mar : cela signifiait qu’elle n’était pas en retard. Elle arriva enfin devant l’imposante reine dorée qui, bien qu’appelant à l’Empreinte, jetait un regard teinté d’une méfiance jaune-orangée vers ces êtres qui allaient d’une minute à l’autre lui enlever ses petits à jamais. L’elfe, sentant ce regard peser sur sa petite personne, s’inclina en signe de respect et de paix, puis alla s’installer à la place qui lui était attitrée. Puis, attendant les autres aspirants, elle jeta un regard à la foule qui était venue assister à cet évènement heureux. Ils étaient moins nombreux que de coutume, en ces temps difficiles. Mais ce jour allait certainement redonner un peu de baume au cœur aux habitants célestes… Si tout se passait bien. L'aspirante aux cheveux bleus ne cessait de jeter des regards nerveux autour d'elle, triturant ses doigts avec une impatience à peine contenue.
Daala
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MessagePosté le: Lun 11 Juil 2011 - 15:44 Répondre en citantRevenir en haut

Daala émergea lentement d'un sommeil lourd. Elle avait passé une nuit horrible, à trembler devant la perspective de ce qui l'attendait, à se dire que tout cela était exagéré et que ça serait certainement une expérience formidable. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil, avait trop chaud, puis trop froid, elle essayait de chasser ses pensées qui revenaient inlassablement au même sujet. L'Empreinte. Daala allait passer l'empreinte.

Elle-même avait du mal à y croire. Allait-elle vraiment la passer? Elle? Déjà? Cela faisait longtemps qu'elle était sur Tol Orëa maintenant, mais elle sentait qu'elle avait encore tant de choses à apprendre. Elle ne serait plus Aspirante... Elle n'aurait plus de maître... Peddyr... Elle aurait moins de raisons de le voir à présent. Elle en éprouva un petit pincement au coeur. Elle espéra qu'ils continuent à être amis après son empreinte. Son empreinte !!!! Non, elle n'arriverait pas à s'y faire.

Finalement, épuisée, elle s'était endormie brusquement. Quand elle se réveilla, il lui fallut un certain temps pour se rappeler qui elle était, comment elle s'appelait, où elle était. Et tout lui revint. Et la douleur dans la poitrine revint, plus pressante que jamais.

Il fallait l'admettre, elle stressait comme jamais. En ce jour spécial elle aurait voulu être au meilleur de sa forme, radieuse, et elle en garderait un merveilleux souvenir. Mais voilà, même après un bain revigorant, dans la glace elle était blafarde, son visage marqué de signes de fatigue était livide de peur.

La gorge nouée, elle s'habilla de sa robe habituelle lavée la veille. Elle avait hésité à s'habiller très joliment mais la seule belle robe qu'elle possédait était celle portée au mariage d'Heryn ; et pour être honnête... ce jour n'était pas forcément un bon souvenir. Il avait pourtant si bien commencé... Et des évènements inexpliqués étaient venus gâcher la fête. Daala n'avait pas trop compris de quoi il s'agissait, mais de toute évidence il s'agissait de problèmes plus graves que de simples intrigues politiques.

Elle se prépara du mieux qu'elle pouvait, essayant de masquer son air terrorisé en pinçant ses joues et en faisant bouffer ses cheveux. Devant la glace elle s'entraîna à sourire d'un air convaincant mais le résultat était pathétique.
Qu'à cela ne tienne. Elle aurait fait de son mieux.

En chemin vers les Sables, elle continuait à ressasser les mêmes pensées. Elle n'arrivait pas à concevoir qu'elle allait vraiment passer l'Empreinte. C'est-à-dire, SE LIER. Découvrir son âme soeur. Un autre être, qui serait une partie d'elle-même.

Elle avait beaucoup entendu parler du sentiment qu'on ressentait, comme si son âme avait été vide jusqu'alors, qu'on se sentait réuni comme après des années de séparations, qu'on connaissait son nom sans avoir besoin de parler... Mais elle, elle n'avait pas l'impression d'avoir une moitié d'âme !! Bien sûr, elle sentait parfois un vide dans son existence quand elle entendait les autres dire "quand j'étais jeune" ou "ma mère avait l'habitude de.." alors qu'elle-même n'avait aucun souvenir de son passé, de ses parents ou de quoi que ce soit. Mais de là à manquer d'une moitié d'âme...

Et puis, bien entendu, elle avait tous les doutes qui vont avec le stress. Si elle ne connaissait pas le nom de sa liée, si celle-ci était décevante, si elle ne l'aimait pas, si elle décevait sa liée, si elle ne se liait pas...

Elle poussa la porte des Sables. Elle était déjà venue ici auparavant, dans d'autres circonstances... Mais à ce moment-là la salle était presque vide, alors que là elle était occupée par une petite assemblée.

Elle baissa le regard face à celui impérieux de la dragonne. Alors voilà la mère de sa future liée... Elle se recula et prit sa place en silence. Elle se sentait coupable d'arracher ainsi ses petits à cette majestueuse mère. C'était ainsi... on n'y pouvait rien.

Elle n'était pas la première, et une autre candidate était présente, une aspirante qu'elle connaissait. Elle l'avait vue au mariage, l'elfe au magnifiques cheveux bleus. Quel était son nom déjà? Il commençait par un A... Elle se rappelait qu'elle avait été assez inconvenante et froide et se demanda si elle lui en voulait. Sans doute qu'elle n'en avait rien à faire. A vrai dire, elle avait l'air aussi stressée que Daala. Annaëya, c'était son nom ! Elle s'en souvenait à présent.

- Bonne chance, Annaëya, souffla Daala avec un petit sourire. Ce n'était en rien une question de chance, elle voulait juste par là exprimer son soutien.
Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Lun 11 Juil 2011 - 21:41 Répondre en citantRevenir en haut

Pourrais-je seulement me pardonner...

Persée ne dormait plus. Son esprit la châtiait pour avoir laissé faire, pour ne pas avoir agis comme elle l'avait toujours fait, pour ne pas voir réveillé l'armée en torpeur, ni avoir prévenu comme elle aurait dû le faire Maître Joachim. Elle s'en voulait terriblement, le sommeil la fuyait et le remords la rendait fréquemment « absente », le regard sombre et ailleurs. Figure distante qui maîtrisait les soldats dans l’ombre, veillant à ce qu’il n’y ait pas d’esclandres ou de scandales éclaboussés de sang, veillant à la sécurité du Màr et de son nouveau Seigneur. Persée souffrait en silence chaque nuit passée à regarder le plafond de sa chambre, en attendant le trop plein de fatigue qui la ferait sombrer, comme ivre. Fantôme de ce qu’elle avait été, la Capitaine des Armées ne parlait plus sauf pour donner ses ordres, son rire était un souvenir et sa réputation déjà instable était plus que trouble compte tenu de son attitude ambiguë. Les plus indulgents disaient qu’elle défendait l’ordre et la sécurité du Kaerl, affichant sa neutralité. Les moins cléments crachaient qu’un pacte la liait peut-être aux Ardents, au nouveau dirigeant Céleste ou à quelque autre force démoniaque, pour qu’elle songeât à garder sa position et ne pas adhérer à la résistance ouvertement, alors qu’on la connaissait pour son caractère rebelle et ses éclats avant la tragédie.

Son seul rempart était Vraël, la seule à ne pas la juger, la seule à discerner la vérité du mensonge dans les subtils couteaux tirés du langage politique, la seule à la protéger de son propre regard peu amène sur sa situation et à la soutenir. La seule aussi à lui offrir ses bras - sous forme humanoïde en privé - pour refuge, quand la jeune hybride appelait de ses vœux inavouables ceux de Zackheim de Galastden. Le paria, le meurtrier, l’instigateur de tout ceci et l’homme qu’elle aimait. La plus lucide dans l’histoire demeurait la Bleue, plus féroce face aux incartades, la plus attentive à ce qu’il se passait et celle qui ne cessait de voir l’avenir comme ce qu’il fallait façonner à tout prix vers le meilleur possible, gardant à l’esprit que tout ceci restait un plan plus vaste contre la domination de l’Ombre. Un piètre réconfort pour Persée qui, délestée par la sagesse et la mémoire des dragons, ne voyait que sa vie et ses valeurs éphémères, qui vivait la peur au ventre en imaginant la guerre civile qu’elle tâchait d’étouffer avant d’en voir poindre le museau, ou craignant une intention assassine qui puisse réussir contre Zackheim.

Postée dans une alcôve supérieure, la dragonne turquoise lovée près d’elle, ses yeux suivaient l’avancée des Candidats à l’Empreinte de ce jour. La plus jeune Reine Dorée du Màr Menel offrait sa première ponte aux Aspirants choisis et jugés prêts à recevoir le lien. A croire que Flarmya approuvait peut-être leur démarche, le plan de Zackheim, leurs efforts conjugués pour éviter un cataclysme ? Persée voulait y voir là de l’espoir. Niallàn semblait nerveuse mais, au moins, sa jeunesse et sa bonté n’offriraient que peu d’accrocs, ce dont la cité volante pouvait aisément se passer.



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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Jeu 14 Juil 2011 - 10:47 Répondre en citantRevenir en haut

Niallàn gardait un regard sur les aspirants qui se présentaient désormais à elle. Elle faisait déjà fi de la présence des spectateurs sur les estrades, au dessus d'elle. Eux, ils n'étaient pas un danger... Les aspirants l'étaient plus, car plus proche. Et à chacun de leur part, il se rapprochait un peu plus. Sa queue se crispa quelque peu. L'inquiétude se lisait dans son regard. Et si aucun des aspirants ne convenait à ses enfants ? S'il y avait un traître parmi eux, qui allait briser un oeuf ? Elle en étouffa un grondement presque plaintif. Elle ne voulait pas les confier. Elle voulait les préserver du mal qui pouvait être dans les coeurs de ces jeunes gens qui arrivaient vers elle. Elle voulait les protéger, comme une mère bipède envers ses enfants. Pourtant, elle savait que les futurs dragonneaux devront se lier pour survivre et suivre leur voie, ce n'était là que la seule possibilité, offerte il y a de cela bien longtemps par la Déesse Flarmya. Mais la Divinité n'avait pas songé que même chez les Célestes, la trahison et le goût du pouvoir pouvait attiser les coeurs nobles...

Sa liée était présente aussi sur les estrades et elle sentait la tension grandissante de sa liée. Elle devait la convaincre de se détendre, que ce n'était là que le souhait de la Mère des Dragons que ses enfants naissent et se lient... Il n'y avait pas de danger. Nulle part et elle y veillerait. Les autres dragons aussi y veilleraient... Niallàn se détendit à peine, n'écoutant que son instinct. Cinq oeufs attendaient autour de sa queue... et ils frémissaient déjà... Ses yeux se posèrent sur les quelques aspirants présents. Elle avait peur pour ses enfants, mais elle ne pouvait pas aller à l'encontre de son destin et du leur. Sa voix mentale allait s'entendre tendue

°Aspirant et Aspirantes... En ce jour unique pour vous, vous allez posséder la Grâce de Flarmya, qui choisira si votre esprit est digne de vous unir à un des miens. Que vos âmes soient dignes et pures. Sachez ceci... Si vous venez avec l'âme noire et que vos attentions sont belliqueuses, je vous pourfendrai de mes griffes. °

Certes, ce n'était pas le discours traditionnel des Dragonnes Dorées, mais la jeune saurienne était inquiète. Quelle mère ne le serait pas. Elle assista même au recul d'un aspirant elfique, les yeux écarquillés sous la menace de la jeune Reine. Déjà qu'elle était impressionnante... Doucement Niallàn retira sa queue et se recula d'un pas, dardant toujours un oeil méfiant sur les aspirants présents. Les oeufs commençaient à se fendiller un peu plus. La jeune Dorée feula un encouragement maternel à ses enfants.

Le premier dragon à éclore fut un bronze, qui poussa un petit rugissement couinant en brisant sa coquille. Il se battait avec fougue et déjà il cherchait son lié. Qui le trouva d'un simple regard. Le duo formé donna une image émouvante quand l'elfe prit dans ses bras le petit bronze tout heureux. Il en fallait, en ces jours sombres.

Un second oeuf s'ouvrit, libérant une petite verte. Timide, elle avait cherché à rester au fond de sa coquille, avant de tendre son cou un peu plus dehors et de sonder les environs. Elle vit une jeune humaine qui approchait, fixant par moment la jeune Dorée, comme inquiétée de sa menace, mais dès que le lien se forma, la peur disparut de son coeur. Une nouvelle chevalière venait de naître.

Les deux suivants s'ouvrirent en même temps. Mais ce qui fut le plus attendrissant, fut que les deux jeunes dragonnes sentirent de leur oeuf, museau contre museau. Elles se fixèrent, étonnée de voir une tête reptilienne dès la venue au monde. Les yeux étonnées étaient grand ouvert. Puis avec une synchronisation parfaite, les deux petites têtes se tournèrent vers les aspirants, avant de se refixer l'une et l'autre. Puis elles quittèrent leur coquille fendue, encore luisante d'un liquide un peu gluant... Leurs ailes se déployèrent et les spectateurs pourraient contempler deux jeunes sauriennes qui se ressemblaient presque. Il n'y avait que la couleur qui les différenciaient vraiment : la petite bleue avait quelques variations de couleur azurée qui viraient sur un bleu plus sombre sur les bords du cuir fin de ses membres allaires et la petite noire semblait avoir la même chose sur ses bords d'ailes, mais cela virait sur un bleu nuit. La petite noire s'assit avec maladresse, avant de voir sa soeur lui tirer un coup de langue moqueur. Un brun qui venait de naître, les percuta sans le vouloir, quand il avait voulu se précipiter vers un aspirant ondin. Le trio écailleux roula dans le sable, dans un concert de sifflements surpris et indignés.

La petite bleutée s'extirpa de là, grondant presque le brun, pendant que la noire se redressa. Les deux dragonnes se regardèrent encore et portèrent leur regard sur deux aspirantes. L'une avaient une magnifique chevelure bleutée et la seconde des cheveux d'une splendide blancheur. Ses deux jeunes filles pourraient jurer de voir les deux soeurs écailleuses sourire, en se refixant à nouveau. Complotaient-elles ? La dragonne bleue fit le premier pas et sonda l'esprit d'Annaeya.

°Tu es comme moi avec le même bleu ! Et je t'ai trouvé ! Mais j'ai faim aussi ! °

La noire semblait presque rire... Puis elle fit un pas à son tour, tendant son esprit vers Daala.

° Tu es comme moi, mais en couleur inverse ! J'ai su de suite que ton âme était comme la mienne ! °

Et comme personne ne s'y attendait pas, les deux dragonnes sautèrent à l'unisson dans les bras de leur léie respective. Et le tout sous le sourire de la jeune Dorée qui se détendit de voir que ses enfants étaient tous liés. Elle avait assisté à leur union avec ces aspirants... Le Destin ne s'acharnait pas, il veillait au bonheur malgré les malheurs...

°Chevaliers-dragons, je vous souhaites la bienvenue au sein de notre Kaerl ! Puissiez-vous, lié et dragon, vous épanouir ensemble°



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Annaëya Wylda
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MessagePosté le: Jeu 14 Juil 2011 - 12:29 Répondre en citantRevenir en haut

L’elfe attendait de la façon la plus patiente qu’il lui était possible d’attendre en cet instant si particulier. D’autres aspirants vinrent se joindre à eux, dont une Ondine aux cheveux blancs. Elle l’avait vue au mariage ! Et bien qu’elle n’avait pas été très avenante, elle en gardait malgré tout un bon souvenir. Elle lui afficha un sourire qui se voulait rassurant, mais qui devait certainement faire plutôt peur, lorsque celle-ci lui dit un mot d’encouragement.

- Merci, Daala. Bonne chance à toi aussi.

Elle se sentait quelque peu rassurée d’être en présence d’une personne connue. Elle tenta de se détendre quelque peu, lorsque la mère dorée prononça quelques paroles. L’elfe aux cheveux bleus s’attendait à ce qu’ils soient encourageants malgré la tension ambiante, mais la menace qu’elle invoqua la perturba quelque peu. L’elfe qui se trouvait à côté d’elle recula d’un pas. Elle se l’interdit. Il fallait qu’elle soit à la hauteur de l’épreuve que la reine venait de lancer.

Les œufs commencèrent à se fendiller et l’assistance retint son souffle. Un premier petit sortit. Le bronze ne perdit pas de temps et chercha vigoureusement son lié qu’il ne tarda pas à trouver. Les deux protagonistes se ruèrent l’un sur l’autre. Toute l’assemblée fut attendrie par cette démonstration d’affection sans borne. L’aspirante, elle, sentit son angoisse monter d’un cran : et si personne ne venait à sa rencontre ? Elle continua de retenir son souffle, ignorant son corps qui commençait à réclamer son oxygène.

Un deuxième œuf s’ouvrit, laissant entrevoir une petite verte qui ne se décida pas de suite à sortir. Une petite tête verte dépassa de la coquille ouverte, sondant timidement les environs avant de se risquer dans ce territoire inconnu. Elle regarda avec effarement l’aspirante qui se dirigeait doucement vers elle, puis le lien se forma. Encore un instant émouvant ! Il ne restait plus que deux œufs… Etait-ce à son tour ?

Les deux boules ovales suivantes s’ouvrirent en même temps. Deux têtes en sortirent, museau collé contre museau. Les bébés se regardèrent, l’air de dire : « Tiens, c’est qui, lui ? C’est moi ? » Les deux sœurs jetèrent un coup d’œil aux aspirants restants, se regardèrent de nouveau, puis se décidèrent à sortir ensemble. Le liquide gluant dans lequel elles avaient baigné jusque-là leur collait encore aux pattes, ce qui les fit adopter une marche pataude. Annaëya sourit en assistant à cette scène attendrissante. Les deux paires d’ailes s’ouvrirent. Mais Annaëya eut à peine le temps de voir la petite noire : La bleue dévoilait ses couleurs, d’un bleu aussi sombre que ses cheveux, aux reflets azurés. Les ailes étaient azur et se dégradaient vers un bleu nuit sur le bord de la membrane. Le spectacle était de toute beauté. Annaëya n’avait d’yeux que pour cette petite saurienne. Sa sœur noire s’assit maladroitement sur son postérieur et la bleue lui donna un coup de langue. Les deux semblaient se taquiner et ne virent pas arriver le dernier né qui les percuta de plein fouet, entraîné dans sa course vers son lié. Le brun ne fit guère attention à elles et se précipita dans les bras de son humain. La bleu-azurée gronda à l’attention de son frère tandis que sa sœur se relevait de sa chute. Les deux femelles se jetèrent un dernier regard avant de sonder les deux aspirantes qui se dressaient devant elles, un visage figé par l’angoisse, la peur, l’émotion, l’envie, l’amour et toutes ces choses qu’on est supposés ressentir en de pareils instants.

Soudain, une voix retentit dans la tête d’Annaëya.

*Tu es comme moi avec le même bleu ! Et je t'ai trouvé ! Mais j'ai faim aussi ! *

La sonorité et la présence nouvelles dans son esprit la firent basculer alors que Nolümea sautait dans les bras de sa liée de concert avec sa sœur. La jeune elfe sentit le lien comme on sentirait un coup de poing. Il était là, il était fort, si fort… Elle comprenait à présent ce que signifiaient les chevaliers lorsqu’ils disaient que c’était comme si on retrouvait quelqu’un de perdu depuis trop longtemps. Elle serra le petit être contre elle avec force alors que les larmes lui roulaient sur ses joues. Elle ne serait plus jamais seule. Jamais. Une explosion se fit en elle. Une explosion d’amour, de joie, de soulagement. Tous les repères spatio-temporels s’effacèrent autour du couple. Il n’y avait plus qu’elles deux, l’une dans les bras de l’autre. Et ce sentiment, cet amour, toujours grandissant. Cela prenait tellement de place qu’elles commencèrent à se demander si tout cela était normal. Elles ne voulaient pas sortir de cette bulle d’amour. Ce fut la plus petite des deux qui prit l’initiative :

*Et si on retournait dans le monde réel ?*

Annaëya laissa cette petite voix résonner dans sa tête, puis se décida à relâcher son étreinte.

*Oui, Nolü, tu as raison.*
*Tu m’as déjà trouvé un petit nom ? J’aime bien.*
*Oui, mais il n’y a que moi qui a le droit de t’appeler comme ça.*

Le rire de la saurienne résonna dans sa tête. C’était la première fois qu’Annaëya l’entendait. Elle s’émerveilla de cette sonorité délicate et afficha un sourire radieux. Les deux bleues se tournèrent simultanément vers la Mère Dorée et la nouvelle chevalière ouvrit la bouche :

- Merci, Niallàn pour ce cadeau que vous venez de me faire. Ma vie – notre vie – ne sera plus jamais la même. Je vous jure en ce jour de prendre soin de votre enfant. Rien ne lui arrivera tant que je serai de ce monde. Je le jure.

Niallàn afficha un air à la fois heureux et étonné : Les deux liées avaient parlé en même temps. Elles faisaient à présent les mêmes mouvements tels deux miroirs.

*Je crois que tu avais raison, il y a quelque chose qui cloche chez nous.*
*Notre lien serait-il trop fort ?*
*Je ne sais pas… Mais j’ai faim !*
*D’accord, on verra ça plus tard, tu as raison. Il y a visiblement plus urgent pour l’instant.*


Elles se tournèrent vers Daala et la petite noire. Nolümea ne voulait pas la quitter si vite et Annaëya le sentait. Elles leur proposèrent d’aller manger leur premier repas ensemble. Une voix à présent familière résonna soudain dans leurs esprits :

*Chevaliers-dragons, je vous souhaite la bienvenue au sein de notre Kaerl ! Puissiez-vous, lié et dragon, vous épanouir ensemble.*

Les deux bleues s’inclinèrent respectueusement. La faim tiraillait Annaëya, bien qu’il ne s’agisse pas de son propre manque.

*Je crois qu’on va avoir du boulot, toi et moi.* dit la chevalière en soupirant.

Puis elles se tournèrent de nouveau vers la sœur de Nolü et de sa liée.
Daala
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MessagePosté le: Jeu 14 Juil 2011 - 21:01 Répondre en citantRevenir en haut

Daala se tordait les mains en fixant les oeufs frémissants. Là peut-être, dans l'un d'eux, était lovée une créature qui allait lui changer la vie... Une question absurde lui vint à l'esprit. Quelle serait sa couleur? Daala semblait avoir une affinité avec le blanc, la couleur qui n'en était pas une car elle renfermait toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Elle y avait déjà pensé. Dans sa petite chambre d'aspirante elle y avait souvent songé, elle se voyait bien chevalière Blanche, un éclair argenté dans le ciel, une lumière dans le noir, un éclat brillant sous le soleil. Bon, c'était un peu exagéré mais elle avait l'impression de ressentir au fond d'elle que sa liée serait une Blanche. Malgré leur rareté.

Et elle attendait, le coeur battant, s'apprêtant à tout moment à voir enfin sortir une petite tête blanche d'une coquille.
Le premier dragonneau sortit, c'était un Bronze, et elle sut qu'il n'était pas pour elle. Elle l'observa se lier avec l'aspirant, et fut frappée par le nombre d'émotions qu'elle put lire sur le petit visage écailleux de la créature. C'était un spectacle émouvant et tellement unique.

La suivante, une petite Verte, n'était pas non plus pour Daala. L'Empreinte se fit un peu différemment. Chaque empreinte était unique. Daala se demanda si la sienne allait bien se passer.

Et puis sans qu'elle puisse s'inquiéter davantage, voilà que deux oeufs s'ouvrirent, sur deux dragonneaux jumeaux. Ou plutôt deux jumelles. A première vue elles paraissaient identiques, mais l'une avait des teintes bleu-azur et l'autre était plus sombre. L'ondine sentit son sang se figer. C'était elle. Ce n'était pas une Blanche. C'était une Noire.

Tout s'éclairait. Le Noir, l'opposition du blanc. Et puis, après tout, qu'importait la couleur? Tout ce qui comptait à présent c'était cette merveilleuse petite créature qui déboulait la pente, entraînée par le petit dernier. Tous ses gestes la faisait rire. Elle était tellement attendrissante. Et elle la vit. Quand elle plongea ses yeux dans ses iris rouges le monde s'arrêta de tourner.

° Tu es comme moi, mais en couleur inverse ! J'ai su de suite que ton âme était comme la mienne ! °
° Pandora !! Tu m'as tellement manqué !! °


Elle avait l'impression de la retrouver après une longue absence, même si c'était la première fois qu'elle la rencontrait. Elle comprenait enfin le sentiment qu'elle avait tant de fois entendu décrire autour d'elle : ce sentiment de réunification...

° Liela !! Je t'ai attendue si longtemps. °

Daala se pétrifia. Liela? Quel était ce nom ? Il remuait en elle d'étranges souvenirs... Des souvenirs !!!! Ils affluaient en elle comme un torrent. Des images perdues, des visages oubliés, qui revenaient, qui s'entrechoquaient, des bateaux, de l'eau partout, un ciel azur, des rires, et puis des images de tempête, des pleurs, de la terreur... Des larmes dévalèrent les joues de l'ondine. Elle ne comprenait rien à ces visions, mais elles lui faisaient mal, mal au plus profond de son être. Pandora, la petite Noire, sut immédiatement que ce n'était pas de la joie qui faisait pleurer sa Liée. C'était elle. C'était ses souvenirs. Oui, Pandora se rappelait tout, chaque détail de la vie de Liela Lipshea, tout depuis sa naissance à ce jour, elle savait aussi que Liela avait volontairement effacé sa mémoire. Pour ne plus souffrir.

La petite dragonne se mit aussi à pleurer. De grosses larmes perlèrent à ses yeux rouges, et en fermant les yeux elle ferma son esprit à sa Liée. Cela demandait un effort extraordinaire, c'était comme s'arracher le coeur, alors qu'elle venait juste de la retrouver, enfin, son âme soeur. Mais elle ne voulait pas la voir souffrir. Si c'était elle qui devait souffrir pour sa liée, alors ça allait. Elle pourrait tenir. Elle ne lui dirait rien.

Pour Daala, le flot brûlant de souvenirs s'interrompit brusquement, laissant une trace mystérieuse. Elle ne se rappelait toujours de rien. Elle avait vu des images, mais elles ne lui évoquaient rien. Et seconde après seconde les images s'effaçaient. Elle baissa les yeux sur sa Liée qui gardait la tête basse, les yeux emplis de larmes.

° Que s'est-il passé, Pan? Qu'est-ce que c'était ? Pourquoi m'as tu appelée Liela? °
° C'est ton vrai nom, Liela. °
° Mon vrai nom? Mais... Comment le sais-tu ? Te rappelles-tu mon passé? °

Pandora releva la tête et tenta un sourire forcé.
° Non, Liela. Tu connaissais mon nom sans que je te le dise n'est-ce pas? Tout comme je connais le tien. Tu t'appelles Liela Lipshea. Mais je ne sais rien d'autre... Nous sommes seules. °
Daala lut la douleur sur le visage de sa Liée et crut comprendre qu'elle souffrait de l'amnésie. Submergée par l'émotion, elle la prit dans ses bras et la serra fort, les larmes roulant toujours sur ses joues.
° Non, nous sommes ensemble contre ça maintenant, Pan !! On retrouvera notre mémoire, je te le promets !!!°
Pandora ne sut rien répondre. Elle ne savait combien de temps elle pourrait cacher tout ce qu'elle savait à sa Liée.

Finalement après un moment pour se remettre des leurs émotions, Daala et Pandora se tournèrent vers Annaëya et Nolümea. Elles semblaient les attendre. Une voix retentit :

*Chevaliers-dragons, je vous souhaite la bienvenue au sein de notre Kaerl ! Puissiez-vous, lié et dragon, vous épanouir ensemble.*

Et Daala sut que ça y était. Elle était Liée. Ça avait été plus bouleversant qu'elle n'aurait pu l'imaginer, surtout que personne ne lui avait parlé de ces images douloureuses qui avaient déferlé dans son coeur, mais elle les mit sur le compte des effets de l'Empreinte.

Daala et Annaëya allèrent manger ensemble en silence. L'émotion était encore trop forte, trop présente pour parler.

Derrière, Pandora jeta un coup d'oeil à sa jumelle. Celle-ci semblait en osmose avec sa Liée, calquant ses mouvements sur les siens. Malheureuse, la petite dragonne savait qu'à moins de tout révéler, jamais elle ne pourrait être aussi proche de Daala. Et tout révéler, il n'en était pas question. Cela ferait trop souffrir l'ondine. Résignée, elle jeta un dernier regard en arrière et courut pour rejoindre les autres.
Alyin
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MessagePosté le: Sam 16 Juil 2011 - 10:51 Répondre en citantRevenir en haut


//ATTENTION : Ce rp concerne une autre Alyin que celle normalement présente dans le temps du rp.
Pour plus d'information, lisez mon carnet de routes! //

Alyin avait pénétré sur les sables hantée de l'impression de les connaître de trop, d'avoir déjà gravé dans sa mémoire volage l'emplacement de chaque grain, et la position probable de tous les membres du kaërl dans pareille occasion. Les maîtres sur les gradins, les aspirants dans l'enceinte du sanctuaire des dragons, la reine dorée protégeant sa progéniture... Tout cela lui semblait presque superflu, tant rien de cela, malgré les éclats de voix de la foule, ne pouvait altérer la solennité des lieux.

En d'autre temps, elle aurait peut-être pioché un ou deux visages familiers dans la foule amassée, elle aurait peut-être reconnu Niàllan pour ce qu'elle était, un écho blessant d'un passé révolu, tel un fragment coupant de rêve brisé. La convoitise qui la hantait jadis avait sombré, noyée dans la mélancolie. Le lien avait été malmené durant son exil, et jugé par d'autres yeux que les êtres trop bien pensants du Màr, de Heryn qui l'avait cru trop peu instruite sans songer à percer son inadéquation. La jeune Neishaane d'alors s'était leurrée, nulle autre que Dealra n'aurait pu la seconder dans sa fuite, la protéger de son étreinte dans l'espoir d'émousser sa folie, et peut-être, de la sauver d'elle-même.

La Blanche et Or - et même celle d'alors, d'un blanc pur aux doux reflets de miel clair - n'avait jamais été cause de l'insatisfaction d'Alyin. Si elle l'avait nourrie, c'était bien malgré elle, et avant tout parce que la Neishaane ne pouvait cesser de chercher ailleurs ce qu'elle n'avait su trouver là. Sauf qu'elle avait trop marché pour n'éprouver point la vanité de sa quête, pour ne pas voir en Niàllan un monstre sans substance, le fantôme sans âme d'une chimère inepte et un futur parmi tant d'autres, un de ceux qui n'avaient pas été tel un chemin dévoyé.

Alyin avait mûri, pas assez pour renoncer à ses rêves insensés, mais suffisamment pour cesser d'aspirer à ce qui ne pourrait jamais plus être. Tel un acquiescement du destin, il n'y eut ce jour ni Dorée, ni Blanche aux écailles nappées de miel. L'adolescente fantasque qu'elle avait été avait eu la chance de lier un dragon sur ces sables, et elle avait découvert tardivement qu'elle s'en contentait. Le problème n'était pas tant ce lien qu'elle avait piétiné mais son incapacité à plier pour se tenir dans l'étau exigu des murs du Màr.

Parfois, lorsqu'elle dodelinait de la tête, happée par le sommeil, au milieu des jardins du Màr, elle croyait entendre encore les brouhahas de l'assemblée engloutie, les rires gras des fêtes ardentes. En traversant les spires, elle revoyait les rayonnages de la Flèche regorger de livres impeccablement rangés, et lorsqu'elle fuyait dans quelque asile paisible, où que ce fut au Màr, elle songeait au sanctuaire de Flarmya, à ses murets de pierre, à son potager et au dragon brun qui les lorgnait depuis les toits.

En vain, les yeux d'Alyin avait parcouru les sables, saluant d'un demi-sourire les empreintes qui se jouaient. Et si tous les jeunes dragons affichaient un bonheur uniforme, allant jusqu'à, pour deux d'entre eux, se lier d'un même mouvement, aucun ne ressemblait au malicieux dragon qu'elle avait côtoyé. Elle y songeait d'autant plus qu'en ces temps distordus, elle ne l'aurait guère abandonné, tandis que s'ils avaient vécu l'un et l'autre sur le même cours, ils n'auraient rien gardé de commun.

° Tu te trompes, Alyin. Les dragons n'oublient pas, il se serait souvenu de nous. °

° Comme tu te souviens de Niàllan ? °

Alyin n'avait rien voulu de plus qu'exprimer son scepticisme, mais le coup porta, et la Blanche fut bien obligée d'admettre qu'elle avait raison. Le temps n'avait pas seul suffit à l'éloignée de la jeune reine, mais il y avait indéniablement contribué, tant et si bien que Dealra la voyait, non comme une étrangère, mais comme un écho du passé, telle une amie négligée.



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Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Dim 2 Aoû 2015 - 15:48 Répondre en citantRevenir en haut



Un peu plus tôt ...


Pour avoir déjà mené à l’Empreinte quelques Aspirants, Persée-Morian Garaldhorf se montrait parfois plus nerveuse qu’eux. En dépit de ses efforts, elle s’attachait irrémédiablement à ses élèves. Certains apprenaient plus vite que d’autres. Et quelques-uns étaient même beaucoup plus âgés qu’elle, ce qui n’empêchait pas la Maîtresse Bleue de les considérer comme des enfants. Pas les siens, non. Ceux du Màr Menel, en l’occurrence.

Face aux larges portes des Sables d’Eclosion se tenait Persée, son regard naviguant entre ses deux Aspirants. La tenue blanche cérémonielle, qu’avaient revêtus Aoife et Thizir, les rangeaient d’office dans la catégorie des Candidats. Ni le public assistant à l’éclosion, ni les deux jeunes gens eux-mêmes, ne pouvaient douter sur la raison de leur présence ici. Ils étaient prêts. Elle le savait. Vraël le sentait également. Avec un peu de chance, un peu d’espoir et, par la grâce de Flarmya, ces deux Candidats quitteraient les sables blonds avec leur âme au creux des bras.

- Vous êtes prêts. Soyez fiers d’être présents aujourd’hui sur les sables. Mais soyez humbles devant la reine. Tant que ses petits n’auront pas éclos et trouvés leur Âme Sœur, elle est leur seule gardienne, leur unique protection. N’approchez pas trop près du nid, témoignez du respect face à la mère des dragonneaux et soyez patients.

Persée se tut. Il y avait tant de choses qu’elle aurait pu leur dire, pour les préparer à ce qui les attendait, tant de recommandations possibles et imaginables… En si peu de temps. Il ne servait à rien de les inquiéter davantage. Mieux valait laisser parler le destin. Dorénavant, elle n’avait plus aucune emprise sur ces Aspirants. La peur d’échouer à l’Empreinte devait déjà suffire à faire trembles les jambes des plus aguerris apprentis du Kaerl. Elle n’avait pas besoin d’ajouter quoique ce soit.

° Tout ira bien. °

La voix sereine et confiante de Vraël résonna dans leurs esprits. La Bleue s’écarta des grandes portes, laissant le passage à la dizaine de Candidats de pénétrer sur les sables dorés. En regardant entrer Aoife et Thizir, Persée oublia – presque – son rôle à venir, les cauchemars qui l’assaillaient et l’ombre planante de l’Ombremage sur le monde. Elle se remémorait leur apprentissage. Autant la forgeronne semblait dotée d’un fort caractère, autant son ami sang-mêlé, le conteur, paraissait détaché de tout. Quel étrange duo amenait-elle face à la Dorée Niallàn ! Un soupçon de sérénité envahit Persée à la pensée que cette journée ne serait pas gâchée en vains débats politico-militaires.

L’Ancalikon se mêla bientôt au mouvement de foule et gagna une place dans les plus hauts gradins, sa Liée lovée près d’elle. De cette hauteur, elle pouvait contempler la plus jeune reine offrir sa première couvée au Màr. Les coquilles se fendirent, empêchant Persée de recommencer à ruminer de sombres pensées. L’Empreinte débutait.


Consignes : Aoife Rothil et Thizir Erastyl sont invités à se présenter sur les sables à la suite de ce post ! Après votre intervention, un nouveau post MJ donnera naissance à vos dragons ^^
Pour rappel, sachez que cette Empreinte se déroule 2 à 3 mois après les Noces Pourpres.



Visiter le site web du posteur
Aoife Rothil
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MessagePosté le: Dim 2 Aoû 2015 - 19:28 Répondre en citantRevenir en haut

Aoife était prête, elle n'en doutait pas. Elle n'en doutait plus. Elle irait sur les sables, vivrait l’éclosion et rencontrerais sans doute son âme-sœur. Ou peut être pas. Contrairement à certains de ses camarades Candidats, l’échec n'effrayait pas la Torhil. Non, tant que l’échec consiste en l'absence d'une naissance, il n'avait rien d'effrayant. Aoife souhaitait profondément se lier, mais elle vivrait bien sans. Elle avait un métier, un ami Forgeron en ville lui avait bien fait comprendre qu'une fois son aspiranat terminé, qu'il soit fructueux ou pas, il y aurait de la place pour elle à sa Forge.

L'éventualité de l’échec ne l'effrayait pas, ne la rendait pas nerveuse.

Mais elle était tout de même nerveuse. La cérémonie ne serait pas un mariage tel qu'elle l'avait connu, arrangé entre deux maisons, mais plus comme celui d'Imera et Gekar, qui s'étaient plu ado et qui avaient d'eux même décidé de s'épouser. Elle rencontrerais peut être un être littéralement désigné par une Déesse pour se lier à elle. Une petite Dragonne qui l'aimerais et qui serait tout pour elle. Une Âme-Soeur.

La forgeronne avait un peu l'impression de revivre les angoisses de on mariage. Treize ans plus tôt, la veille de la cérémonie, elle avait passé la journée dans un état de frénésie totale, avant de ne pas fermer l’œil de la nuit. En 917, en cette veille d’éclosion, elle n'était pas beaucoup plus calme. Elle tourna un moment, ressassant le passé, le présent et l'avenir, nerveuse a l'idée de partager son âme comme elle avait été nerveuse, à l'époque de partager sa couche. Finalement, en milieu d’après midi, elle céda et fila chez son ami Forgeron et le supplia de la laisser squatter une enclume et un coin du feu. Il accepta et... Elle retourna a sa chambre prendre ses outils. Ouais, elle avait pas pensé à les prendre de base. Elle était un peu distraite... Suffisamment pour que le propriétaire des lieux prenne la peine de lui rappeler qu'elle était ici la seule à être ignifugée et qu'il serait gentils de faire gaffe à pas bouter le feu à la forge, merci bien.

Elle pris un creuset et y mit une pièce d'or à fondre, avec ce qu'il faut d'alliage pour avoir un résultat correct. Elle versa le métal chaud dans deux petits moules oblong et recommença la manœuvre avec une pièce d'argents et un moule droit. Une fois les pièces assez refroidies pour se tenir, elle commença à les travailler. Elle allongea les extrémités du boudin doré, dédoubla celles des cylindres argentés, fondit une nouvelle pièce et l’étala sur une plaque idoine... Et ses pensées tumultueuses s’apaisaient tandis que sous ses doigts naissaient une tête, une queue, des bras, des jambes, une tête de dragons. Elle travaillait en maintenant l'or et l'argent aux températures ou ils étaient coopératif, et plus elle travaillait, plus ses pensées la laissaient en paix. Bientôt apparurent entre ses mains expertes un petit dragon d'or enlacé avec un bipède d'argent, le tout de la taille d'un médaillon. Heureuse de son travail, elle décida de continuer d'en faire un par candidat. Elle y passa une bonne partie de la nuit, mais quand elle ferma la Forge,son escarcelle était bien remplie d'une ribambelle de petits médaillons. Quand à elle, elle était trop fourbue pour faire autre chose que de dormir.

Elle se réveilla à nouveau rongée par le stress et décida cette fois de l'évacuer en allant s’entraîner. Elle sua longtemps, parfois pas très loin du malaise car elle était a jeun, : elle n'arrivait pas à avaler une miette. Mais elle tenu bon. Quand l'heure approcha, elle alla se laver rapidement aux Thermes, picora un gâteau acheté a un marchand ambulant (histoire de pas défaillir sur les sables, quand même.) (ouais, apparemment, sur le terrain d’entraînement, c'était pas grave.) et rentra chez elle s'habiller.

Revêtue de la longue robe blanche de candidat, portant au cou un de ses figurines, , elle rejoignit les sables et proposa ses figurines, monté sur des lacets, aux candidats présents, jusqu’à ce que Persée n'arrive. Elle écouta calmement ce qui serait, avec un peu de chance, ses derniers mots en temps que *leur* maître. La Torhil s'inclina bien bas devant Vrael et Persée puis sortit une dernière figurine d'un recoin de sa tenue. Celle ci avait ses couleurs inversées. Le bipède était d'or et le dragon d'argent. On distinguait sur le bipède de minuscules runes. Elle tendis la figurine à l'Ancalikon:

"Merci Maître Persée, de votre enseignement."

Puis, elle pris une profonde inspiration, positionna bien son médaillon a elle et s’avança sur les Sables. Elle sentait le sable brûlant lui caresser délicieusement les orteils. Elle en ramassa une poignée et la laissa filer entre ses doigts. Il paraissait tiède à ses mains mais très agréablement chaud à ses orteils. Ça n'avait pas changé depuis le vol de Niallan, quand elle avait profité des derniers moments de vacance de l'aire pour venir en tâter la température. Elle ne regrettait pas son choix. Ainsi, elle sentait la chaleur des sables et se sentait d'autant mieux connectée au Kaerl, à la Reine et aux œufs. Elle aussi prospérait dans la chaleur.

Elle s’avança encore un peu, arrivant à la hauteur de ses camarades et s'inclina devant la Reine.

Elle était prête.
Thizir Erastyl
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MessagePosté le: Mer 5 Aoû 2015 - 17:36 Répondre en citantRevenir en haut

Personne n’était jamais prêt et rien ne se passait jamais comme prévu. C’était un concept fondamental de la vie dont l’existence même était un hasard, une farce des dieux. L’accepter, c’était le premier pas vers la sérénité. Comme on ne pouvait être sûr de rien, il était vain de chercher à tout contrôler. On ne mettait pas l’eau en cage. On pouvait cependant apprendre à l’utiliser intelligemment. Et même ainsi, il arrivait qu’elle déborde.
 
Assit en tailleurs sur la pierre d’un recoin quelconque d’un couloir inutilisé, Thizir méditait sur l’importance de l’ordre dans le chaos et inversement. Sur ce calme que l’on ne retrouve qu’au milieu des catastrophes et des champs de bataille. Sur la folie de l’homme à vouloir dompter les éléments et sur la magie de l’homme qui arrivait temporairement à le faire, transformant les montagnes en maisons, les forêts en clôtures, les lièvres en lapins. Les yeux fermés, il sentait le froid matinal transpercer le tissu de son pantalon et lui glacer les cuisses. Les aspérités du mur contre son dos jouaient avec ses crampes. Sa concentration faiblissait toujours avec le lever du soleil et son corps en profitait pour se rappeler à lui. Parfois, il l’ignorait, s’obligeant à dépasser sa limite. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui était un jour spécial.
 
Comment doit-on se sentir, lorsque l’on a une chance de rencontrer son âme ?
 
Depuis son arrivée au Kaerl, la question ne l’avait pas quitté. Il avait observé d’autres candidats se présenter sur les sables. Il avait écouté les histoires de ceux qui avaient déjà vécu ce moment étrange. Leurs récits étaient curieusement similaires et pourtant fondamentalement différents. Maintenant au pied du mur, le sang-mêlé savait qu’il avait une chance de vivre cette expérience de son propre point de vue. Il savait également que ce ne serait qu’une histoire de plus, la portée de la question le dépassant largement. Il n’avait pas encore la sagesse pour y répondre. Il doutait de l’avoir un jour.
 
Il se leva doucement, étirant ses muscles ankylosés par l’inactivité d’une nuit. S’il n’avait pas dormi, la discipline l’avait reposé, mettant son esprit au calme. Quoi qu’il puisse arriver, il savait bien qu’il n’était pas prêt, et que donc, paradoxalement, il pouvait s’adapter à n’importe quelle situation. C’était une force qu’il partageait avec le Saule. Arrivés tard au Màr Menel, ils avaient eu le temps de se construire sans âme. Il savaient qui ils étaient. Ce qu’ils valaient. L’échec ne serait qu’une occasion manquée. Ils avaient vécu et pouvaient continuer à vivre seuls. La réussite, d’un autre côté, était une opportunité d’aller plus loin. Dans tous les cas, l’expérience les changerait, c’était certain, comme chaque jour les changeait, petit à petit, sans que personne ne s’en rende compte. Il haussa les épaules et s’étira longuement avec un bâillement sonore. Il était temps d’y aller.
 
Les quartiers des aspirants bruissaient d’une excitation bien compréhensible. Souriant doucement sans pour autant se joindre à eux, le Thoril enfila la tenue blanche, amusé du contraste qu’elle offrait avec sa peau brune. De loin, on aurait pu croire qu’il brillait. Laissant libre court à son imagination, il se fabriqua un dragon noir et blanc, aux reflets bleutés, qui comme une pie, serait attiré par ce qui brillait. L’image mentale, impossible, il le savait bien, le fit éclater d’un rire intérieur qui dissipa les derniers reliquats de stress. Il passa de l’eau fraîche sur son visage pour chasser la nuit, ébouriffa ses courts cheveux blanc, rafraîchit son bouc et suivi le troupeau jusqu’aux portes de bronze. Filles et garçons se retrouvaient là. Une blonde était pâle comme la mort, semblant prête à s’enfuir à toute jambe tandis qu’une autre fille avec les cheveux bleus faisait meilleure figure. Alors que les garçons gonflaient le torse et faisait du bruit, il semblait que les candidates avaient perdu l’usage de la langue. Enfin, Aoife apparu, distribuant des cadeaux à ceux qui en voulaient. Touché par le geste et l’augure, le Conteur attrapa l’une des figurines qu’il passa à son cou, avant de suivre Persée à l’écart pour les dernières recommandations d’usage. Il sourit, laissant d’abord Ifa parler puis, une fois seul avec la Dame Bleue, lui posa une main rassurante sur la tête. C’était le premier geste de familiarité qu’il s’autorisait avec elle et il espérait que cette étrange bénédiction calme ses angoisses et la rassure. Elle avait bien fait son travail avec eux. Ils étaient reconnaissants du savoir qu’elle avait partagé et ils avançaient dans la vie avec la confiance de ceux qui savent qu’ils n’auraient pu être mieux préparés. L’Ancalikon pouvait être fière d’elle. L’avenir dirait si elle pouvait être fière d’eux.
 
Sans rien ajouter à ce remerciement silencieux, il entra sur les sables. La dragonne dorée serrait contre elle des œufs qui commençaient déjà à bouger. Pour la première fois, le jeune homme se demanda ce qu’il se passerait s’il se liait vraiment à un dragon. Jusqu’ici, il avait repoussé la question, pas certain de croire vraiment qu’on pouvait l’avoir sélectionné, lui, pour prendre soin de ces créatures quasi-divines, cadeaux de Flamrya. Il haussa mentalement les épaules, inspirant profondément pour s’imprégner de l’atmosphère de la salle et oublier les questions annexes. Les murmures du public lui parvenaient comme une berceuse. Mobilisant son attention, il s’efforça de faire abstraction de tout le décorum. Quoi qu’il arrive, de nouveaux êtres allaient voir le jour dans quelques minutes et l’important étaient qu’ils se sentent accueillis sur cette terre. Plantant ses pieds dans le sable chaud, le Conteur sourit, emplissant son cœur d’amour pour les sauriens qui s’agitaient dans leur coquille.
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MessagePosté le: Mer 5 Aoû 2015 - 20:31 Répondre en citantRevenir en haut

Tandis que naissaient les dragonneaux, s’élançant sur les sables à la recherche de leur Âme Sœur, leur mère essayait d’enregistrer le visage de chaque Candidat dans son esprit. Elle voulait savoir qui exactement se lierait à ses enfants. Elle voulait être certaine qu’ils seraient heureux. Elle voulait être rassurée. Elle n’aurait pas dû s’en faire autant. Flarmya seule décidait du sort des dragons et de leurs âmes jumelles mortelles. Ce n’était pas à elle de juger les unions que la déesse aux larmes de feu tissait patiemment au travers des âges. Niallàn, fille de Nyssath, ne pouvait que contempler ses fils et ses filles quitter le nid et courir à la rencontrer de leur destinée, en espérant le meilleur pour chacun d’entre eux.

La Dorée remarqua surtout l’Empreinte réalisée par deux jeune filles, aussi disparate l’une que l’autre et pourtant unies par un très fort lien. La première se vit liée à une dragonnelle noire comme l’ébène, tandis que sa jumelle d’azur sauta aux pieds de la seconde. Quel étrange duo !

Lovée autour de ce qu’il restait de sa première couvée, la jeune reine ne vit pas deux œufs solitaires rouler à l’écart. Elle ne les aperçut qu’au moment où ils se fendirent de concert, dévoilant leurs occupants. Enveloppées dans leurs membranes de soie, les deux dragonnelles se débattirent pour s’extraire de leur coquille minérale. Leur long appendice caudal éparpilla le sable autour d’elles dans des mouvements erratiques. Leurs ailes humides furent difficilement repliées contre leur corps gracile. D’un même élan, leur attention se porta sur ces étranges créatures sans écailles, à deux pattes, qui patientaient fébrilement à quelques pas de leur nid. L’appel venait de là.

La première dragonnelle arborait une belle couleur bleue. Elle s’avança timidement à la rencontre de ce qui s’avérerait une Torhille – puisque sa mémoire génétique lui faisait pour l’instant défaut -, avec sa peau halée, ses cheveux sombres et cette force rassurante qui se dégageait d’elle. Cette bipède était un roc auquel elle voudrait bien s’arrimer. Trébuchant maladroitement dans le sol meuble, la petite dragonne vint chatouiller les pieds nus de celle que Flarmya lui envoyait.

Quant à la seconde dragonnelle, probable dernière-née de cette couvée, elle révélait la blancheur aveuglante de ses fines écailles et trottina avec moins d’hésitation que sa sœur. Arrivée près de ce jeune homme à la peau sombre et aux cheveux de la même teinte que l’émail la recouvrant, la frêle Blanche arrêta ses pas et vint poser son séant dans le sable chaud. Elle pencha son museau sur le côté, huma l’air de la caverne, sans quitter des yeux sa future Âme Sœur. C’était à lui de s’approcher, dorénavant.

Du haut des gradins, dans une alcôve privilégiée, l’Ancalikon sourit. Sa main caressa la figurine, pendue à son cou et gravée par Aoife. Elle se remémora le geste troublant de Thizir. Ces deux-là n’avaient pas vraiment été des Aspirants conventionnels. Y avait-il, d’ailleurs, des Aspirants de ce genre dans le monde ? Elle en doutait. Chaque élève était différent, au même titre que chaque dragon l’était. Persée pouvait affirmer, sans mentir, qu’Aoife et Thizir méritaient de se lier. Quant à savoir si elle-même méritait leur gratitude ou leur affection… La jeune Maîtresse Bleue s’était pourtant jurée, à d’innombrables reprises, de ne pas s’attacher à ses apprentis. Elle œuvrait pour le Màr, non en quête de la gloire ou d’une quelconque satisfaction personnelle. Néanmoins, elle ne pouvait pas nier que ce spectacle la ravissait. Enfin une bonne nouvelle dans la journée !



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Aoife Rothil
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MessagePosté le: Jeu 6 Aoû 2015 - 02:40 Répondre en citantRevenir en haut

La jeune femme observait les petits dragons éclater leurs coquilles les uns après les autres et se lier aux candidats présents. Un grand sourire s'installa bientôt sur le visage d'Aoife, ravie d’être ici, au milieu de toute cette joie. Elle en avait presque les larmes aux yeux. Des larmes de joie, bien sur. Sauf bien sur qu'elle ne pleurait pas. Jamais. Elle n'avait pas versé une seule larme depuis sa grossesse. L'explosion de la forge avait tarit ses yeux durablement. Oh, elle s’était remise de la mort de son mari. Elle avait doucement fait son deuil et elle allait très bien, maintenant. simplement, elle ne pleurait plus.

Une fille sembla se sentir mal pendant qu'elle se liait, mais avant qu'Aoife n'ai eu le temps de réagir, le problème se résolu de lui même et la Torhille put reporter son attention sur les œufs. Il n'en restait plus guère... voir plus du tout en fait. Dommage. une chape de déception menaçait de s'emparer d'Aoife quand elle vit deux œufs, posés de coté. Comme s'ils attendaient qu'elle les remarque pour entrer en scène, les coquilles se fendirent et les membranes tombèrent. une dragonne couleur de lune et une couleur de nuit. Elle, car Aoife perdu très vite de vue la petite blanche, passa un petit moment à arranger ses différents morceaux et membres avant de se mettre en route. Droit vers une Aoife cristallisée sur place d'un étrange mélange d'anticipation, d'émerveillement et de cette nervosité qui l'avait tenue éveillée la moitié de la nuit. Elle se sentait presque hors d'elle même, à observer cette merveille approcher doucement. elle était belle, du bleu profond d'une nuit sans lune, avec juste ce qu'il faut de clarté pour qu'elle paraisse bleue et non noire. Cela dit, la méprise était impossible car sa queue n'était pas au diapason du reste. Comme si sa mère avait manqué de couleur soudainement, elle s'éclaircissait graduellement pour être d'un bleu de ciel d'été au bout de celle ci.

Puis le temps accéléra d'un coup et la petite bleue tomba le nez dans le sable. Aoife tomba a genoux, le visage ruisselant de larmes du plus parfait bonheur.

On lui en avait parlé mais c'était vrai. elle se sentait entière. plus qu'elle ne l'avait été depuis son départ de Madanga, que depuis la perte de sa famille, que depuis... Toujours. Toutes ces années de vie tranquille, mais solitaire, Elle les voyait autrement, désormais. Pales, sans vie, sans couleurs. Aysu lui avait toujours manqué. Toujours. Mais elle était là. Et elle la retrouvait! Trouvait. Truc.

Les deux femelle étaient désormais le cul dans le sables, Aoife avait prit Aysu dans ses bras et la serrait aussi fort qu'elle l'osait. Elles restèrent ainsi un temps qui leur semblât a la fois éternel et instantané, puis leur estomac se rappela à leur bon vouloir. enfin,celui d'Aysu. Et celui d'Aoife, qui n’avait pas avalé grand chose.. les deux en fait. Aoife se leva sans lâcher sa belle, puis elle quitta la salle sans accorder un seul regard à autre chose qu'a Aysu.

Elles allaient quitter le sable quand quelqu'un lui prit le bras. a son visage, manifestement, ce n'était pas la premiere fois qu'il attirait son attention. Il est vrai qu'elles n'étaient pas tres à l'écoute du monde. L'homme lui tira sur le bras plus fort. Mince, Elle avait encore pas écouté. Cette fois, elle se concentra sur ses paroles.

"Son nom! Comment s'appelle-t-elle?!"


"Ah... Aysu"

"Pas à moi, Au Kaerl!"

"Oh."
Elle se tourna enfin vers le public et fut soudains tres fiere de déclamer: "Voici Aysu!"

Et avant qu'elle n'ai eu le temps d'ajouter quoi que ce soit, la petite bleu ajouta: *Voici Aoife!*


Dernière édition par Aoife Rothil le Jeu 13 Aoû 2015 - 14:23; édité 1 fois
Thizir Erastyl
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MessagePosté le: Mar 11 Aoû 2015 - 17:33 Répondre en citantRevenir en haut

Il y a une fin dans chaque commencement et un renoncement derrière chaque premier pas. Aussi, les débuts contiennent toujours un moment fugace d’éternité qui se suspend puis s’enfuit. Ils en étaient là. Immobiles et silencieux entre les rumeurs des gradins et le bruissement des œufs qui s’agitaient sans encore se briser. Niallàn fit un discours qui gronda comme une menace dans l’atmosphère d’attente mais n’apporta pas le soulagement espéré. Celui-ci arriva un peu plus tard, sous la forme d’un bronze jaillissant de sa coquille, éclairant soudain les visages avant d’assombrir à nouveau ceux qui avaient espéré mais n’avais pas été choisis. Les éclosions se succédèrent ensuite, rythmant les sables d’espoirs et de déception. Au milieu apparurent deux sœurs, presque identiques, en miroir, s’attachant à deux femmes côte à côte. L’Eclosion Synchronisée avait un certain panache. Et puis, les naissances s’espacèrent. L’atmosphère retomba. Il n’y avait plus début ni fin. Le moment était là. Thizir aussi.

Ils s’étaient échappés du nid, s’étaient écartés de leur mère et de leurs frères et sœurs. Ensemble mais solitaires, ces œufs montraient une indépendance certaine ainsi qu’un sens aigu du timing. Personne ne les avait vus, personne donc ne les regardait. Ils étaient là, spectateurs aveugles des naissances en cascade, attendant leur heure, immobile, dans un calme ovoïde du plus bel effet. Ils ne s’agitèrent qu’une fois la fête terminée, retenant l’attention des retardataires qui s’arrêtèrent. Patient, le prêtre attendit de voir ce qu’il allait se passer. Il se sentait bien. A sa place. Il aurait pu attendre des jours ainsi, les pieds dans le sable, à voir les âmes des autres passer autour de lui. Contrairement aux autres « ignorés », il ne se sentait pas déçu. Aucun dragonnet ne l’avait particulièrement attiré et il préférait de loin être seul que de se lier avec la mauvaise âme. Impassible, il regardait les deux derniers œufs avec le même intérêt et le même amour que les autres. S’il espérait quelque chose, lui-même n’en savait rien. Il regardait l’histoire s’écrire sous ses yeux et c’était tout ce qui lui importait au monde. C’était.

Quelque chose changea. Il ne saurait jamais dire quoi exactement. Un moment il regardait une dragonne couleur de lune et une dragonne couleur de nuit s’extirper de leur prison de calcaire et le moment d’après tout était différent. Elle avait la blancheur chaude de la neige en haute montagne, quand le soleil la faisait étinceler. Unie, uniforme, et pourtant toujours différente selon les écailles que frappaient la lumière. Elle semblait inconsciente de sa propre beauté, du léger reflet doré que l’on devinait sous ses griffes, de sa sveltesse et de la grâce décidée qui se dégageait de ses premiers pas. Elle marchait comme un caneton, sa longue queue balayant les sables à la recherche d’équilibre. Alors que sa sœur nuit trébuchait aux pieds d’Aoife, elle s’assit, attendant qu’il vienne. Il vint. Sans hésitation, sans conscience de l’étrangeté de la chose, sans comprendre le petit glapissement d’une fille derrière lui qui semblait trouver inconcevable qu’un garçon puisse se lier avec une dragonne, il vint, répondant à l’appel silencieux qu’il espérait avoir entendu.

Sans un mot, sans un geste superflu, il mit un genou à terre devant la dragonelle, plongeant ses yeux dans les siens, répétant dans son cœur le nom qu’il entendait. Sarastu. Cela sonnait comme la bise qui soulève les premières couches de neige et dessine des tourbillons sur le flanc des montagnes. Un nom doux, roulant, tranchant sur la fin, comme un avertissement que le sang-mêlé, tout à sa découverte, n’entendit pas.

Il se releva, la main posée sur la tête de sa dragonne, la même main qu’il avait utilisée pour rassurer Persée une éternité plus tôt. Il ne saurait jamais dire s’il s’était soudain senti plus complet qu’avant car, à partir de ce moment, ce fut comme si elle avait toujours été là et sa présence avait effacé les longues années sans elle.
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