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Yunizüna Yangon-Tiao
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MessagePosté le: Dim 10 Avr 2011 - 08:42 Répondre en citantRevenir en haut

Printemps 917, Gaïaku






Ce matin-là, un vent glacial soufflait sur le village Khömei et les températures se faisaient plus basses qu’auparavant. Il régnait dans les rues désertes un silence incessant, souvent présent lors des débuts de journée. Dans les maisons, toutes les familles endormies, profitant des dernières heures avant la reprise du labeur quotidien. Seuls les apprentis de l’école de combat, située au sommet de la colline au fond du village, étaient déjà levés, car les leçons commençaient très tôt dans la journée. Certains se retrouvaient dans la salle commune pour échanger leurs exploits ou bien tout simplement prendre le petit-déjeuner, et les autres s’entraînaient mutuellement à l’extérieur, emmitouflés dans leurs grands manteaux verts. Seule Yunizüna, jeune élève habile, elle, démarrait la journée en préparant son sac.

*J’espère que cela sera suffisant*, se dit-elle en contemplant ses affaires.

Dès qu’elle eut finit de rassembler couvertures, habits de rechanges, son bâton, eau et provisions, elle mit son sac sur le dos et sortit du dortoir. Elle ne croisa que quelques élèves se dirigeant vers la salle commune, qui d’ailleurs ne faisaient nullement attention à la jeune fille. Yuni n’avait alors pas eu le besoin de répondre à d’innombrables questions. Enfin c’est ce qu’elle croyait, jusqu’à arriver à la porte d’entrée…

- Yunizüna ! Où comptes-tu donc aller ainsi, à cette heure-ci ?

Maître Tenzhu, appuyé sur son bâton fixait son apprentie de ses petits yeux surmontés d’épais sourcils grisonnants, l’air inquiet. Yuni aurait dû se rappeler qu’il se plaisait parfois à faire une petite balade dans la cour principale tôt le matin, et de revenir avant les leçons. Elle balbutia quelques mots confus face à ce regard perçant, mais finalement, elle se dit qu’elle était bel et bien décidée et que même tous les regards du monde ne pourraient la faire changer d’avis. Elle se grandit en gonflant le poitrail pour reprendre consistance, et répondit simplement :

- Je m’en vais.

Et elle ouvrit la porte, sans regarder son maître, de peur d’être à nouveau perturbée par ce regard si pénétrant. Maître Tenzhu, comprenant tout de suite sa décision, poussa un long soupir de déception et de tristesse. Il aimait beaucoup cette petite, forte de caractère, mais drôle et touchante. Il y avait environ six ans, son fils l’avait recueillie alors qu’elle s’était perdue dans les hautes montagnes du Gumburajong. Plusieurs fois pendant ses années d’apprentissage, elle avait parlé avec ses amis de son clan, qu’elle avait abandonnée suite au décès de son frère, et que son cœur était à présent empli de regrets. Tenzhu lui souhaita une bonne chance et un bon courage, essayant tant qu’il pouvait de masquer sa grande tristesse derrière un sourire gêné. Mais Yuni n’était pas dupe, pour une fois, et sentit la mélancolie de son maître, qu’elle ne pouvait supporter. Elle lui dit alors ces dernières paroles, à voix basse :

- Ne pleurez pas, même s’il s’agit d’un adieu. Je sais que vous vous dites que je vais mourir, affamée, dévorée par le froid ou des animaux sauvages, mais je vous en prie, oubliez-moi. Mon destin à présent est de retrouver les Kiowa, ou alors je mourrai, et je mourrai heureuse, car là-haut, dans le Royaume du Ciel, je retrouverai Sianouk et mes parents. Le temps décidera alors si je réussis ma quête, si je meurs, ou…

Tenzhu haussa les sourcils, peut-être que Yuni avait d'autres projets, finalement ? De son côté la jeune fille s’était surprise elle-même lorsqu’elle avait dit « ou ». C’était idiot. Complètement idiot. Il ne pouvait y avoir une autre solution, à moins d’un miracle…

Yuni partit alors de bon matin, en cette froide journée. Elle commença par se diriger vers l’est, en direction des hautes montagnes. Le voyage dura toute la journée. Pendant des heures elle marcha, s’arrêtant une fois pour manger une partie des provisions, à travers les rochers qui en montant de plus en plus haut s’enveloppaient d’une fine couche de neige. Ni le froid, ni la fatigue ne semblait l’affaiblir. Ce qui la perturbait, c’était surtout la solitude, et le silence. Pour se changer les idées elle chantonnait, et cela l’encourageait davantage. Elle lutta pour ne pas se souvenir du moment où, étant encore une jeune adolescente, elle s’était égarée dans la montagne. Même si le silence était plus ou moins couvert par ses chants, Yuni sursautait au moindre bruit, preuve qu’en vérité l’angoisse montait en elle. Le soir arrivé, elle installa un bivouac au pied d’un arbre dont les branches noueuses lui firent penser à des mains malveillantes. Malgré son confortable matériel et sa chaude couverture, elle n’arriva à trouver le sommeil seulement au beau milieu de la nuit.
Le lendemain, les rayons du soleil vinrent lui caresser les joues et la réveiller. Dehors, tout était blanc. Il avait sans doute dû neiger pendant la nuit. Yuni rangea ses affaires, mangea très peu et se remit en route. Et la journée recommença, froide, silencieuse, et interminable. Vers le début de l’après-midi, elle arriva dans une vallée blanche, déserte hormis un monastère qui la surmontait, perché dans la montagne. Elle se mit à courir dans sa direction, ne pouvant contenir sa joie. Mais sa course fut rapidement stoppée. Elle manqua de chuter dans une crevasse, qui s’étendait sur plus de cinq mètre de largeur. Le neige qu’elle avait battu de ses pied s’enfoncèrent dans les ténèbres. Sa respiration fut pendant un bref instant coupée par la surprise, puis elle reprit machinalement son chant en se penchant. Elle ramassa à ses pied une petite pierre avant de l’envoyer dans le vide.

*Dix mètres, peut-être plus.* en conclue-t-elle après avoir entendu son projectile heurter le fond rocheux.

Mais comment allait-elle passer ? Elle pouvait très la contourner dans les montagnes, mais cela aurait pu lui ajouter des jours de marche, et ses provisions commençaient à s’épuiser. Elle soupira, trop épuisée pour réfléchir, et s’assit dans la neige. Jamais lors de ses trajets de nomades elle n’avait vu ce paysage. Peut-être bien, effectivement qu’elle s’était perdue et allait dans la mauvaise direction. Elle décida avant toute chose de rester calme et de positiver, comme elle l’avait toujours fait. Pour se détendre, elle s’assit dans la neige et se mit à méditer. C’était une également perte de temps, mais cette fois-ci nécessaire. Elle écouta attentivement le silence régulièrement brisé par sa respiration et essaya de le supporter, d’en faire comme un ami. La méditation lui avait toujours permit de rester décontractée, pourtant à ce moment-là elle ne pouvait se séparer de cette étrange angoisse, cette sensation de n’être pas entièrement seule. Elle sentit alors comme une présence, derrière son dos…[/right]


Dernière édition par Yunizüna Yangon-Tiao le Sam 14 Avr 2012 - 19:15; édité 3 fois
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MessagePosté le: Dim 10 Avr 2011 - 08:42 Revenir en haut

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Nathaniel Illyan
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MessagePosté le: Mar 12 Avr 2011 - 17:15 Répondre en citantRevenir en haut


*NOM D’UNE SCHLOUTE !! On est OU, là ?*
**C’est … une très bonne question.**
*Voila qui nous avance … Est-ce que tous les dragons ont cette fâcheuse manie de jouer avec les mots ?*
**Tu sais très bien que non.**


En effet, Nathaniel le savait, mieux que quiconque. Son lié avait ce trait de caractère original qui le faisait converser avec la répartie et l’entrain d’un être humanoïde, montrant dans la pratique de l’échange de pensée un intérêt qui n’avait rien de draconique.
Cependant et même si Nathaniel n’avait de cesse de s’en plaindre, cette particularité n’était en fait pas pour lui déplaire, ayant lui-même un penchant pour les épanchements oraux aux allures de soliloques avérés.
Et comme toujours cette pensée le faisait sourire.

*Bon, c’est pas tout ça, mais il va falloir trouver où on est …*
**J’espère que l’on n’a rien perdu cette fois !**


Nathaniel détacha son regard du paysage devant lui pour le poser sur son paquetage, harnaché sur la celle de Lenhor. De toute évidence rien ne manquait, le solide arrimage était toujours en place tel que le demi sang l’avait ficelé. Les précédents essais de passage dans l’interstice avec Lenhor s’étaient montrés riches en rebondissements : ils tour à tour perdu une sacoche de provisions, un bouclier en bois, une partie de l’armure en ferraille que Nathaniel utilisait en entrainement, et ils n’avaient surtout jamais atteint leur but qui était la sylve de Nòrui.

Cette fois cependant il semblait qu’ils aient atterrit plus loin que les essais précédents, car le paysage qui s’étalait sous leurs yeux leur était totalement inconnu et leur fit une très forte impression.

-C’est … Magnifique.

Nathaniel observait le paysage neigeux avec un regard émerveillé, car il n’avait jamais vu les sommets. La montagne n’était pas un concept qu’il avait appréhendé, la seule de Tol Orëa se trouvant autour du pic des cendres. Ce n’était pas son lieu de promenade favori, le fait que les ardents y aient élu domicile n’y était pas étranger.

**Je ne connais pas d’endroit qui ressemble à ça sur Tol Orëa …**
*Tu veux dire … Non … Nous ne pouvons pas nous être éloignés trop.*
**Je ne vois pas d’autre solution. Il n’y a pas de montagne enneigée sur la terre de l’aube ! Nous avons du faire un trop grand saut …**
*Mais … Il n’y a pas de neige à cette saison ! Même à la fin de l’automne. Il faut toujours attendre la mi hiver pour voir les premiers flocons …*


Lenhor aurait presque rit de son lié.

**En haute montagne la neige peut parfois tomber en hiver, et elle ne fond presque jamais complètement.**

Le Taëwien resta interdit devant ce spectacle, ne sachant ce qu’il devait penser. Si ils ne se trouvaient pas sur Tol Orëa, où étaient-ils ? Il repassa en revue ce qu’il savait du monde extérieur : Ys. Impossible, les îles de l’archipel des tempêtes n’avait pas l’altitude nécessaire pour qu’on les appelle la haute montagne. Ssyl’Shar. Pas plus, l’immense désert n’en contenant pas même une. Ils devaient être sur Vaendark ou sur Orën.
Quoi qu’il en fut vraiment Ils ne pouvaient rester sur le lieu très longtemps, le chevalier et son lié devaient absolument passer par la sylve puis le manoir avant de retourner au Kaerl. Les obligations de Nathaniel étaient sans cesse plus conséquentes, et lui seul était assez bien placé pour le savoir, avec Lenhor. Le pire était de savoir que ni la dame ni les courtisans n’en auraient après lui, mais qu’il risquait chaque jour sa peau à courir les couloirs sombres. Il l’avait apprit récemment, mais certains secrets pouvait valoir des têtes si ils avaient à sortir des murs de son office.

**Il y a quelqu’un pas loin.**
*On va peut être pouvoir savoir où on est . Il n’est pas prudent de repasser par l’interstice si nous nous sommes trop éloignés du Kaerl …*


Nathaniel descendit de Lenhor en un bond souple et s’enfonça dans la neige.

-Oh non ! Je ne me suis pas préparé pour ça !

Les fraiches températures d’automne qui avaient court au Kaerl n’invitaient qu’à porter une veste et une cape légère en plus d’une large écharpe, mais la neige nécessitait un peu plus d’accoutrement. Le demi sang fit quelques pas avant de relever le nez vers l’horizon. Rien ne laissait présager la présence de quelqu’un.

*Il est par où, ton quelqu’un ? Parce que, vu les augures de l’altitudes, soit il est très loin, soit il est très bien caché.*
**Pas très loin, je pense qu’il est situé à moins d’une demie lieue.**
*Bon, alors prends ta forme humaine, il ne s’agit pas de faire crier au dragon et de se faire chasser à coups de piques. On pourrait vouloir nous brûler.*


Lenhor ne répliqua pas, et Nathaniel commença à défaire les sangles du paquetage avec des gestes méticuleux. Il grimaça en réalisant qu’ils allaient devoir porter tout cela sur leur dos.
Puis l’Airain s’envola rapidement et passa un petit col.
Un jeune homme surgit quelques instants plus tard, entièrement nu, les cheveux châtains volants au vent.

-Eh bien mon frère ! Te voila fort bien mit ! Tu pourrais faire pâlir les courtisans, avec pareils attributs !
-Mais dis moi Nathaniel, c’est que tu as de l’humour ! Sors moi des habits, au lieu de me mirer sans gêne ! Ce n’est pas parce que je ne suis pas humain que je ne suis pas pudique !


Et Il se détourna, l’air boudeur. Riant, le demi sang fouilla dans une sacoche en cuir et en tira une paire de bottes courtes, un pantalon de toile, une chemise de lin épais et une veste sans manche avec une ceinture.

-Bon, la veste risque d’être un peu grande.-
-Merci …
Grommela Lenhor, qui commença à s’habiller avec une maladresse certaine.
Le dragon ne s’était pas transformé depuis bien longtemps, et les habitudes que forgent les années n’avaient pas d’emprise sur sa personne. Enfin, quand il eut terminé, il se tourna vers son lié avec un air mal assuré.

-J’ai l’air de quoi ?
-Tu es très bien ! Allons y.
-C’est au Nord Est, on devrait en avoir pour quelques minutes.


Les deux compères se mirent en route dans la direction indiqué, avec tout leur fardas sur le dos. Ils marchèrent un petit moment, ralentis par la neige et le froid auxquels ils ne s’attendaient pas du tout. Lenhor râlait un peu, grognant que cela lui avait semblé moins lourd quand il était sous sa vraie forme, et qu’il ne se tromperais plus dans l’interstice.
Nathaniel quant à lui marchait sans trop rien dire, ses pensées partagées entre la découverte du paysage et les raisons de leur voyage.
Il avait reçu un peu auparavant un mot du vieux sage du Manoir, Meilan Lavok, lui indiquant qu’il requérait ses services en tant que maître dragon. Le titre lui avait semblé un peu fort et mal approprié, car il n’était alors que chevalier. Seulement le Valheru n’était pas fou et certainement pas encore sénile, si bien que cette appellation l’interpellait encore.

-Qu’est-ce qu’il a bien pu vouloir dire, le vieux machin ?
-Je ne sais pas … Peut être veut-il que nous soyons maîtres ?
-Je pense que c’est aux seigneurs et Dames de Kaerl d’en prendre la décision. Et puis nous n’avons pas d’aspirants, il faudrait pour cela qu’on trouve quelqu’un avec le don comme Dara et Nyssath pour nous.


Soudain, Lenhor se stoppa et leva la main à son visage pour améliorer sa vision.

-La personne en question est là bas.
-Meilan-Lavok ?!
-Mais non ! La personne que j’ai senti tout à l’heure. Elle est là bas, elle ne semble pas avoir bougé.


Ils s’approchèrent encore, et ils purent rapidement détailler la silhouette – qui d’ailleurs leur tournait le dos.
Il s’agissait d’une jeune fille brune, habillée dans un style qu’ils ne connaissait pas, dans une position assise qui semblait inconfortable. Elle restait totalement Immobile, et n’avait pas l’air de s’être rendue compte de la présence des liés.

-Excusez-moi ? Nous nous sommes égarés, pourriez-vous nous aider ?


**NATHANIEL !**
*Qu’est-ce qui se passe ?*
**Elle a le don !!**
Yunizüna Yangon-Tiao
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MessagePosté le: Mer 13 Avr 2011 - 13:30 Répondre en citantRevenir en haut






Dans l’esprit de Yuni, qui semblait presque vidé par son rituel religieux, quelques voix percèrent le silence. Deux voix bien distinctes, apparemment deux hommes. Il était impossible de bien comprendre ce qu’ils se disaient, leurs voix venaient sans doutes d’assez loin. Au début, Yuni garda son calme, se rassurant en pensant qu’il ne s’agissait que d’hallucinations, ou de prières résonnantes dans les montagnes. Puis, les voix se firent plus claires et semblèrent se rapprocher. La jeune fille interrompu alors sa méditation mais resta assise et les yeux fermés, pour encore mieux percevoir les mouvements des individus qui n’allaient pas tarder à surgir. Elle glissa sa main derrière son dos, à proximité de son bâton, au cas où les étrangers avaient de mauvaises intentions en tête.

*Ou peut-être est-ce…*

Non, ce ne pouvait être possible. Rien que l’idée était improbable. Pourquoi les Kiowa passeraient-ils par ici, à la lisière d’une immense crevasse, propice aux accidents ? Elle reposa sa main sur son genou. Plus les voix se rapprochaient, plus de questions inondaient son esprit, l’empêchant de maintenir son calme.

-Excusez-moi ? Nous nous sommes égarés, pourriez-vous nous aider ?

Yuni sursauta. La voix provenant de derrière elle, elle eut le réflexe Khömei de se relever aussi rapidement qu’un battement d’aile, et sans prêter la moindre attention à la question qui lui était posée, se retourna subitement en sortant son arme, pour finir en position de combat, jambe arrière fléchie, bâton tenu fermement par ses deux mains. Quelle fut sa stupéfaction lorsqu’elle découvrit l’apparence des deux hommes qui lui faisaient face, l’air surpris par son action brutale.
Ils avaient à peu près la même apparence singulière, grands, cheveux foncés quoique l’un d’entre eux les avait un peu plus clairs, et les yeux ronds, peu commun dans le Gumburajong. Leur accoutrement était également insolite, et devant sans doutes être mal appropriés pour le climat des hautes montagnes ; un habillement que la jeune fille jugea barbare et plutôt laid, malgré son manque d’intérêt pour l’esthétisme.

*Est-ce donc deux de ces fameux habitants du Monde d’en bas, dont Sianouk m’avait autrefois parlé ?* songea-t-elle.

Elle marqua une pause, laissant son regard pénétrer dans celui des inconnus et fut une nouvelle fois stupéfaite. L’un d’entre, celui qui devait lui avoir posé la question puisqu’il semblait attendre une réponse, possédait des yeux incroyables. Des yeux verts, aussi verts que la mousse des arbres lors du printemps.

*Des yeux de démons* se dit Yuni.

Dans le folklore Kiowa, on interdisait aux jeunes enfants de s’éloigner du campement, car la nuit, des démons aux yeux verts, pouvant changer de forme à volonté, rôdaient dans la montagne en cherchant une âme perdue à dévorer. Jadis, la jeune fille n’y croyait guère et pensait qu’il ne s’agissait que d’une pure invention, dont le but était d’effrayer les curieux. Mais lorsqu’elle fit face à ce jeune homme qui paraissait pourtant si gentil et si innocent, elle comprit alors que sa vie était peut-être en danger. C’est pourquoi elle baissa son arme mais la garda en main, et ne décrocha pas ses yeux de ce dernier, cherchant à le déstabiliser par un regard qu’elle fit le plus aiguisé possible. Elle finit par se rappeler de la question, et répondit sur un ton volontairement glacial :

- Vous vous trouvez actuellement dans la région du Gumburajong, dans les montagnes du sud-est d’Orën. Si c’est un monastère chaleureux que vous voulez trouver, quoique vous ne sembliez point être des pèlerins, il en existe une multitude dans les montagnes. Si vous êtes des voyageurs en quête de rentrer chez vous, je ne peux que vous indiquer de partir vers l’ouest, car je ne connais pas le monde des basses plaines. Au contraire, si vous recherchez désespérément votre clan, ce que je doute fort, je ne peux vous aider, car moi-même je suis à la recherche du clan Kiowa. J’ai fait le serment de le retrouver, ou je mourrais.

Si elle avait été seule, Yuni se serait frappé la tête. Pourquoi était-elle si bavarde ? Le fait de raconter sa vie ne faisait que de la rendre plus vulnérable. Elle se dressa, essayant de faire croire qu’elle savait exactement où elle était, et où elle devait aller. Elle parla une nouvelle fois dans sa tête, trop respectueuse pour le dire à haute voix :

*Et si vous êtes un démon, et bien allez au diable et laissez-moi en paix !*

Yuni fit mine de repartir, pour davantage camoufler le fait qu’elle était également perdue, et se retourna, se rappelant qu’il y avait une autre solution. Peut-être que ces étrangers avaient connu Sianouk ? Elle leur laissa son identité, en insistant bien sur son nom, pour vois la façon dont allait réagir les voyageurs.

- Au fait, je me nomme Yunizüna Yangon-Tiao.
Nathaniel Illyan
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MessagePosté le: Dim 17 Avr 2011 - 10:09 Répondre en citantRevenir en haut

Le temps d’un battement de cil, la silhouette s’était trouvé debout et leur faisait face dans une attitude défensive. Cependant, la jeune fille abandonna vite cette position belliqueuse pour prendre un air atterré. La présence des deux hommes semblait lui ôter tous mots de la bouche.
Nathaniel la vit détailler chacun d’eux avec de plus en plus de surprise, comme si elle voyait deux fantômes surgir en sa présence.

-Excusez-moi, est-ce que ça va ?

Elle plongea son regard dans le sien, et Nathaniel y lut de la surprise et comme une étincelle de frayeur.

*On dirait qu’on lui fait peur.*
**Eh, j’ai rangé mes crocs et mes griffes, il n’y a pas trop de raisons !**

- Vous vous trouvez actuellement dans la région du Gumburajong, dans les montagnes du sud-est d’Orën.

Ils savaient maintenant où ils étaient. Mais que cela les fit tomber des nues ! Orën était le continent le plus éloigné de Tol Orëa, et c’était la première fois que tout deux touchaient une terre différente d’Ys.

-Si vous recherchez désespérément votre clan, ce dont je doute fort, je ne peux vous aider, car moi-même je suis à la recherche du clan Kiowa. J’ai fait le serment de le retrouver, ou je mourrais.

La détermination de cette jeune fille était poignante, le demi sang ne pouvait que lui accorder cette qualité, elle savait ce qu’elle voulait.
Mais un autre problème se confrontait aux deux liés. Si elle avait le don, il était possible que jamais plus elle ne revoit ces montagnes, ou quoi qu’il en soit pas avant de longs moments. Un maître dragon viendrait un jour la chercher pour l’emmener sur la terre de l’aube, si elle acceptait, et elle se verrait liée.
De plus le fait qu’elle soit aussi encline à s’épancher de ses pensées le mettait un peu mal à l’aise, que pouvait-il lui répondre ?

*Et si vous êtes un démon, et bien allez au diable et laissez-moi en paix !*

La voix résonna dans l’oreille de Lenhor comme un cri du désespoir, porté par les vents de la montagne et semblant provenir d’un esprit en chagrin.
La jeune fille parlait au vent, et personne d’autre que le demi sang ne pouvait mieux la comprendre.
Nathaniel échangea un regard avec Lenhor, qui n’avait rien dit de ces quelques minutes.

**On doit pouvoir faire quelque chose…**
*Et quoi ? On ne peut pas la faire s’envoler vers son clan, on ne peut pas l’emmener avec nous… Sincèrement, je vois mal quelles possibilités s’offrent à nous. En plus tu as entendu comme moi, elle me prends pour un démon !*
**Et si tu le lui dis elle ne te croira pas. La magie inspire la méfiance, plus encore quand on se sent épié. Mais … Elle s’en va !**

En effet leur interlocutrice faisait mine de leur tourner le dos pour partir, d’un pas décidé. Cependant, alors que les deux liés restaient là sans savoir quoi dire elle se retourna et leur livra son nom comme dans un dernier espoir.

- Au fait, je me nomme Yunizüna Yangon-Tiao.

Lenhor en aurait rit.

**Au fait ? Elle dit cela comme si nous conversions depuis quelques dizaines de minutes ! Cette jeune fille n’est pas prudente.**

Nathaniel s’avança d’un pas et s’inclina, selon la politesse et son habitude au Kaerl céleste. Puis se redressant, il la salua et se présenta.

-Je m’appelle Nathaniel Illyan, et voici mon frère Lenhor. Enchanté de faire votre connaissance.
-Nous ne venons pas d’Orën, c’est la raison de notre désarroi. Nous nous sommes trouvés dans ces montagnes par un malheureux hasard ! Mais peut être pourriez-vous nous aider ?

Nathaniel vit comme une hésitation dans l’attitude de Yunizüna, presque comme si elle attendait quelque chose de ces deux inconnus fraichement débarqués. Seulement que pouvait-il lui promettre ? Ne valait-il pas mieux prendre congé rapidement et retourner par la première faille au Kaerl céleste ?
La réponse était bien évidemment non. Il ne pouvait pas décemment et consciemment laisser une personne dans le pétrin alors que lui-même n’était pas tenu ailleurs. Et le vieux fou du manoir pouvait bien attendre quelques heures, lui qui était si ancien.

*Si elle a le don peut être qu’on devrait l’emmener avec nous ?*
**… Tu es fou ! Nous ne sommes pas maîtres ! Que va-t-il se passer si nous faisons ainsi ?**
*Eh, quel mal ferions nous ? Il y a de la place aux spires, il y a d’autres maîtres au Kaerl, et c’est nous qui sommes chargés de présenter les nouveaux venus à Heryn Amlug. Cela se fera sans contrainte.*

Lenhor resta interdit, abasourdit par l’audace de son lié. Mais il devait bien admettre que se trouver en présence du don ne pouvait le laisser de marbre, d’autant plus qu’il pouvait entendre les pensées de Yunizüna comme si elle lui parlait ouvertement. Elle semblait faire preuve d’une force d’esprit remarquable, mais absolument indiscrète pour tout dragon des environs. C’était sans doute pour cela qu’il avait pu la repérer aussi rapidement.

-Peut être pouvons nous vous aider un peu ? Nous ne cherchons pas de monastère, ne connaissons guère de route pour le retour mais avons de quoi nous orienter un peu. Aussi je pense que nous pouvons vous accompagner un peu ? Si notre présence n’est pas pour vous déplaire, bien entendu …

Lenhor se moqua de son lié, qui décidément ne savait pas ce qu'il voulait et changeait d'avis comme on change de chemise.
Yunizüna Yangon-Tiao
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MessagePosté le: Mar 19 Avr 2011 - 11:26 Répondre en citantRevenir en haut

[HRP : Désolée du retard ^^']

Yuni s’arrêta un instant, mais à sa grande déception, les inconnus ne disaient aucuns mots. Elle en conclut alors qu’ils ne connaissaient pas Sianouk, et qu’elle venait désespérément de révéler son identité. Elle commença à angoisser, écoutant attentivement les respirations des deux individus, guettant le moindre mouvement. De plus, le fait de se montrer si froide ne la détendait guère, car elle avait prit très tôt l’habitude d’être souriante et chaleureuse. Elle était persuadée que le jeune homme aux yeux verts avait remarqué son manque de naturel et son air tendu.
Ses pas écrasant doucement la neige fraîche, ce dernier s’avança, provoquant chez Yuni un second sursaut, et qui la fit une fois de plus se retourner brusquement, les mains crispées autour de son bâton. Alors qu’elle s’attendait à une attaque, elle regarda silencieusement l’inconnu faire une révérence polie, lui donnant un aspect moins hostile que la jeune fille l’aurait imaginé. D’une voix paisible et rassurante, il se présenta rapidement ainsi que son compagnon, qui se révéla être son frère.
Nathaniel Illyan et Lenhor.

*Quels noms étranges !* pensa immédiatement Yuni.

Lenhor expliqua leur venue, en précisant qu’ils n’avaient jamais posé les pieds sur les terres d’Orën et que leurs attentions étaient pacifiques. Ils voulaient simplement retrouver leur chemin.
Les deux voyageurs se regardèrent, et la jeune fille vit dans leurs regards quelque chose de suspect, comme s’ils essayaient de s’échanger des paroles. Elle en profita pour répondre :

- J’ai bien peur de n’être pour vous d’aucune utilité…mis à part le fait que je peux vous révéler que certains habitants du Monde-d’en-bas comme nous l’appelons, vagabondent parfois dans les montagnes. Peut-être que si vous cherchez bien, vous en croiseriez l’un d’entre eux qui pourra vous venir en aide.

Yuni ressentit comme une sorte de satisfaction en parlant naturellement. Elle avait bien comprit qu’elle ne courait aucun danger, alors elle pouvait se détendre et parler d’une façon plus agréable. Elle fit un bref sourire, faible mais sincère, pour elle aussi à son tour rassurer les voyageurs et leur montrer qu’elle était en vérité une fille plutôt joyeuse, malgré son attitude glaciale lors de leur arrivée. Depuis son départ, la présence de personne lui manquait alors elle ne voulait surtout pas faire fuir les gens sympathiques.

- Peut être pouvons-nous vous aider un peu ? demanda Nathaniel. Nous ne cherchons pas de monastère, ne connaissons guère de route pour le retour mais avons de quoi nous orienter un peu. Aussi je pense que nous pouvons vous accompagner un peu ? Si notre présence n’est pas pour vous déplaire, bien entendu …

Au grand contentement de Yuni, la conversation commençait à être plus paisible.

*Des compagnons de voyages ! pensa-t-elle. Quelle bonne idée, moi qui commençait à déprimer à cause de la solitude !

Mais en y réfléchissant, le projet n’était pas si réjouissant que cela. D’abord, qu’allait-elle leur dire si jamais elle retrouverait les Kiowas ? Au revoir et bon vent ! Le fait qu’ils pouvaient l’aider et elle non la fit culpabiliser. Ensuite, leur sincérité n’était pas totalement prouvée. Comment se faisait-il que deux voyageurs perdus proposent de l’escorter, comme ça ? Ils devaient sans aucun doutes attendre quelque chose d’autre venant d’elle…mais quoi donc ? Ensuite, que diable fabriquaient-ils ici ? Au cœur de la région la plus isolée du contient ? Et pour finir, Yuni était toujours perdue, alors finalement, aucun d’entre eux ne savaient où aller.
Pour remettre les choses au clair, elle commença par les informer de sa situation :

- Je suis partie il y a environ une journée du village…heu…d’un village.

Elle ne tenait pas à préciser qu’il s’agissait du village Khömei, car elle ne voulait pas trahir le secret de son existence.

- Je recherche le clan des Kiowas, dont j’en fais normalement partie, mais un malheureux incident lors de mon adolescence m’en a séparé. Le problème est que ce sont des nomades et que leur campement peut se situer n’importe où à l’heure qu’il est. Mais...personnellement je pense qu’il doit être au sud-est du Gumburajong, c’est-à-dire qu’il faut commencer par aller par là-b…

En finissant sa phrase, Yuni avait pointé de son doigt le fond de la vallée en faisant quelques pas. Et, ayant oublié la présence de la crevasse à quelques mètres d’elle, elle glissa maladroitement, et s’engouffra dans la faille. Heureusement, elle possédait des réflexes et s’agrippa aussi fermement qu’elle put à un rocher qui surgissait hors de la neige. En regardant vers le bas, elle vit avec tristesse sa précieuse arme tomber dans l’ombre.
Pour essayer de paraître moins ridicule, Yuni n’appela pas directement à l’aide et essaya de se hisser par la force de ses bras. Mais cela ne fit qu’aggraver sa situation, car elle chuta de quelques mètres avant de se raccrocher à une autre pierre un peu plus bas, plus petite et plus lisse. Elle sentit ses doigts glisser lentement, ses bras brûlés par le frottement contre la roche, sa respiration coupée, une sueur gelée couler le long de son dos.
Une de ses mains lâcha prise. Elle contempla le noir en-dessous d’elle, de ses yeux apeurés, puis la lumière du soleil au-dessus de sa tête. Mais que faisaient Nathaniel et Lenhor ? Après une grande inspiration, elle cria de toutes ses forces :

- À l’aide !!!
Nathaniel Illyan
Invité

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MessagePosté le: Jeu 12 Mai 2011 - 16:27 Répondre en citantRevenir en haut

Sur l’instant, l’idée sembla lui plaire. Puis subitement, une ombre passa sur son visage, comme une hésitation qui arrêta sa réponse affirmative. Ils regardèrent la jeune fille un instant, comme suspendus à ses lèvres. Tout deux savaient où devinaient qu’ils ne pouvaient pas la laisser seule dans ces montagnes maintenant qu’ils connaissaient sa nature.
 
- Je suis partie il y a environ une journée du village…heu…d’un village.
 
Un secret ? L’hésitation qu’elle avait clairement fait sentir montrait à la fois son désir de ne pas en parler et son manque de confiance en elle. De toute évidence elle n’était pas noble, car aucune personne susceptible d’avoir un peu de cette lourde éducation ne se serait laissé aller à un tel déballage d’émotions. Oh, ce n’était pas grand-chose, un peu comme une larme qui coule, une lèvre retroussée, un regard provocant, ces choses sommes toutes discrètes mais très significatives.
 
- Je recherche le clan des Kiowas, dont j’en fais normalement partie, mais un malheureux incident lors de mon adolescence m’en a séparé. Le problème est que ce sont des nomades et que leur campement peut se situer n’importe où à l’heure qu’il est. Mais...personnellement je pense qu’il doit être au sud-est du Gumburajong, c’est-à-dire qu’il faut commencer par aller par là-b…
 
En finissant sa phrase, Yuni avait pointé de son doigt le fond de la vallée en faisant quelques pas. Les deux liés fixèrent ce point, quand ils la virent glisser.
 
-NOM D’UNE SCHLOUTE !
   Ok
Ils se précipitèrent vers la crevasse qui venait d’engloutir leur nouvelles compagne de route, et Nathaniel se jeta à plat ventre pour tendre les bras dans le vide. Désespéré, elle était tombé un peu trop bas.
 
- À l’aide !!!
 
Oui oui, on arrive, pensa très fort Nathaniel, et il aurait presque rit tellement la situation le rendait nerveux. Il voyait sa main agrippée un peu plus bas, mais ne pouvait l’atteindre. Et elle ne pouvait pas le voir, car le rocher où elle s’était accrochée lui dissimulait sa vue.
Le demi sang se mit à réfléchir à toute vitesse, tandis que Lenhor essayait également d’attraper Yunizüna. Il se tourna vers son lié.
 
-Lenhor, la corde, vite.
-Elle ne pourra pas l’attraper…
-VITE !
 
Le dragon-humain s’éloigna en courant vers le paquetage qu’ils avaient jeté quelques secondes plus tôt, et revint aussi vite avec un long cordage.
 
-Tu le tiens, tu l’accroche, tu fais COMME TU VEUX. Mais surtout qu’elle ne tombe pas, je ne pourrais pas la rattraper !
 
Et Aussitôt il commença à dérouler la corde tandis que Lenhor s’y enroulait et trouvait un appui. Nathaniel s’approcha à nouveau de la crevasse, se pencha et parla fort.
 
-Tenez bon, je vais venir vous chercher ! j’amène une corde !
 
Et tandis qu’il se laissait glisser jusqu’à l’étroite pierre où elle se retenait, il priait pour qu’elle ne lâche pas prise. Encore un effort, un petit effort de rien du tout…
Il sentit soudain la pierre sous ses pieds, et il s’y laissa reposer. Juste à côté de son pied gauche la main de Yunizüna tremblait. Il fit descendre la corde, tandis qu’il essayait de remonter. Il s’assura qu’elle pouvait bien se tenir et cria.
 
-LENHOR ! Tu peux la remonter !
 
Et soudain il prit peur. Il sentait ses pieds glisser sur la pierre plate, et ses main n’avait aucune prise stable pour se raccrocher.
Vitre, très vite, il prononça les mots qui l’avaient tant sauvés, et le vent se leva. Une lueur verte l’envellopa légèrement, se confondant avec celle du soleil dans le précipice, et les deux couloirs magiques apparurent au dessus de lui. L’air froid rendait difficile le contact, mais il pourrait y arriver en se dépêchant. Presque aussitôt il sauta vers le haut, juste avant le moment de la chute, et se trouva happé par son tourbillon magique.
 
Il fut projeté vers le haut, bien plus haut que ce qu’il avait prévu, dans la précipitation et la panique il avait un peu trop forcé le vent.
La chute fut douloureuse, et il s’étala dans la neige, sentant la pierre sous ses jambes qui lui écorchait la peau. Il resta un instant là, le regard flouté.
 
-Est-ce que ça va ? Lança-t-il vers les deux silhouettes derrière lui.

Après cela, il allait falloir que les choses se passent bien, sans quoi il craignait de ne pas garder sa bonne humeur...
Yunizüna Yangon-Tiao
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MessagePosté le: Dim 15 Mai 2011 - 12:46 Répondre en citantRevenir en haut

Yuni avait beau être âgée, en voyant le trou noir qui demeurait sous ses pieds pendants, elle redevenait cette petite fille apeurée, qui allait jusqu’à s’imaginer que d’énormes mains griffues de démons se préparaient à surgir des ténèbres et lui agripper les mollets avant de l’entraîner vers le fond. Elle essaya de garder son calme, se rappelant des leçons auxquelles elle avait bénéfice lors de son apprentissage, qui déclaraient que la panique empêchait toute forme de concentration et enrichissait au contraire la maladresse. La jeune fille lutta pour calmer sa respiration haletante et les battements de son cœur qui tambourinaient violement dans sa poitrine. C’est alors qu’elle sentit les muscles de ses bras écorchés se tendre, les arrêtes acérées de la pierre couper le bout de ses doigts tremblants. Elle était si effrayée que des larmes commençaient à picoter ses yeux et lui rendre la vue légèrement trouble. Une question résonna alors dans son esprit.

Tu a peur de la mort, n’est-ce pas ?

Elle tenta de se rappeler où l’avait-elle autrefois entendue, en vain. Peut-être était-ce un souvenir trop lointain.

*Non, pensa-t-elle. Non…non. La…la mort n’est qu’un autre chemin. Je monterai au ciel…retrouver Sianouk. Je…je serai enfin heureuse.*

*En es-tu sûre ? N’iras-tu pas plutôt…en enfer ? Tu as abandonné les tiens ! Tu n’en as toujours fait qu’à ta tête ! Après ton départ, les Kiowas t’ont sans doute…maudit !*

Cette voix, rien que cette voix. Si seulement Yuni pouvait la faire taire. La panique et le désespoir prirent le dessus, et ses yeux laissèrent couler de grosses larmes le long de ses joues rougies par le froid. Telles des gouttes glacées, elles roulèrent dans son cou, avant de rentrer à l’intérieur de sa chaude tunique.

*J’ai si froid…*

Une sensation qui pourtant était familière pour l’adolescente, ayant vécue toute sa vie dans les montagnes souvent balayées par de violents blizzards. Mais cette fois-ci, c’était le froid de la mort, qui approchait de plus en plus. Yuni sentit un goût amer dans sa bouche, le goût de la défaite. Elle avait échoué, et pour de bon. Il n’y avait plus d’espoir. Ou peut-être…

-Tenez bon, je vais venir vous chercher ! J’amène une corde !

Nathaniel, en se penchant au-dessus de la crevasse, fit tomber quelques petits blocs de neige. Cette voix dans le silence fit l’effet d’un rayon de soleil dans le noir. Yuni secoua ses cheveux pour les débarrasser de la neige avant de relever la tête. Elle n’arrivait pas bien à voir, mais distingua tout de même la silhouette masculine descendre le long de la paroi rocheuse. Il posa son pied sur la pierre et lui tendit la corde. Yuni sut à cet instant qu’elle allait lui devoir une gratitude mémorable. Ses lèvres se mirent à sourire, tellement la joie était immense. La jeune fille agrippa la corde de sa main libre, mais hésita à lâcher ses doigts de la pierre. C’est à ce moment crucial qu’elle vit le pied de Nathaniel glisser, et elle pria pour que celui-ci ne tombe pas. Si le pire venait à arriver, jamais, non jamais elle n’arriverait à se le pardonner.

Les secondes qui suivirent se déroulèrent aussi vite qu’un éclair. Ce dont tout se souvient Yuni, c’est qu’au-dessus d’elle, Nathaniel parla d’un dialecte étrange, puis une grande bourrasque de vent s’engouffra dans la crevasse. Elle n’eut le temps de voir ce qu’il se passa ensuite, car la corde l’aspira brusquement vers le haut. Le soleil l’aveugla un instant et la force qui l’avait entraîné la fit tomber à plat ventre, à quelques mètres de Lenhor. Elle aurait pût pleurer de joie en retrouvant la terre ferme, mais elle remarqua tout de suite l’absence inquiétante de quelqu’un.

- Nathaniel ? fit-elle avec un léger sanglot dans la voix.

En réponse, on choc se fit entendre. Yuni se retourna et vit son compagnon, lui aussi étendu dans la neige. La seule question qui lui vint à l’esprit, mais comment diable a-t-il put atterrir ici ? Elle le scruta un moment de ses yeux exhorbités et la bouche grande ouverte, attendant n’importe quel signe de vie de sa part. Ce dernier se releva, le front crispé sans doute par la douleur, et leur demanda juste :

- Est-ce que ça va ?

Yuni acquiesça d’un vif mouvement de tête, un peu sonnée. Elle lui retourna la question, et après s’être assuré qu’il n’y avait rien de tragique, elle se releva à son tour. Venait maintenant le moment des remerciements. Hébétée, la jeune fille ne parvint qu’à prononcer des balbutiements incompréhensibles.

- Je…comment vous…enfin…je ne comprends pas…mais…je vous…remercie…j’aurais pu…je suis désolée…

Et elle continua ce petit manège ridicule, jusqu’à ce qu’elle s’aperçut que les deux hommes la prenaient pour une folle. Elle épousseta ses vêtements et s’approcha de Nathaniel. Comme elle l’avait appris, Yuni posa sa main sur son cœur, et s’inclina légèrement, le dos bien droit. C’était ainsi que l’on remerciait, dans la culture du Gumburajong. Elle recommença cette révérence cette fois-ci devant Lenhor, car lui aussi était l’auteur de son sauvetage après tout. Elle avait tant de chose à leur dire, si bien qu’elle préféra tout avouer d’un seul coup, laissant les deux individus étonnés par son attitude très étrange.

- Merci, merci infiniment ! Je puis-je faire pour vous remercier ? Je vous dois une reconnaissance énorme, mais en même temps, je vous dois des excuses, par ma faute et ma stupide maladresse, j’ai bien faillit vous envoyez à la mort. Et, pour dire la vérité, je suis perdue moi aussi, c’est idiot. Mais je préfère renoncer à mon rêve plutôt qu’une nouvelle fois risquer ma vie. Et puis, je me suis présentée moi, à vous donc ! D’où venez-vous ? Personnellement je n’y suis jamais allée mais j’adorerais voir le monde d’En-bas...


Dernière édition par Yunizüna Yangon-Tiao le Sam 14 Avr 2012 - 19:16; édité 1 fois
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MessagePosté le: Ven 5 Aoû 2011 - 21:01 Répondre en citantRevenir en haut

Nathaniel soupira de soulagement : la jeune femme allait bien tout comme son lié quant à lui-même il y avait eu plus de peur que de mal au final.

Je vais bien également merci répliqua le demi-sang aux deux âmes lui faisant face. Il s’adressait en fait uniquement à Yuni car son lié pouvait bien évidement sentir s’il allait bien ou non. Les trois bipèdes étaient maintenant debout et se remerciait et se saluait. Le demi-elfe se contenta de s’incliner, tout comme son lié d’ailleurs. Cela faisait un petit décalage avec la manière de Yuni mais l’essentiel n’était pas là.

Merci, merci infiniment ! Je puis-je faire pour vous remercier ? Je vous dois une reconnaissance énorme, mais en même temps, je vous dois des excuses, par ma faute et ma stupide maladresse, j’ai bien faillit vous envoyez à la mort. Et, pour dire la vérité, je suis perdue moi aussi, c’est idiot. Mais je préfère renoncer à mon rêve plutôt qu’une nouvelle fois risquer ma vie. Et puis, je me suis présentée moi, à vous donc ! D’où venez-vous ? Personnellement je n’y suis jamais allée mais j’adorerais voir le monde d’En-bas...

Les deux liés se regardèrent et échangèrent mentalement…

°La voilà bien causante encore une fois. Les gens ne sont pas censés être un peu en état de choc après une aventure pareille ? °
° Il faut mieux ça que ce qu’elle s’enfuit non ? °
° Oui c’est certain d’autant plus qu’elle peut être une futur citoyenne du Màr Menel. Comment tu veux procéder ? On ne peut pas la laisser ici seule °
° Il va falloir la ramener… enfin si elle accepte.°
° Je devrais peut être déjà lui dire que tu n’es pas un démon.°
° Ca serait un bon début… Mais n’y va pas trop fort tu sais un premier contact est… troublant… °



° Tu n’as aucune raison d’avoir peur de nous, Yunizüna Yangon-Tiao. Nathaniel n’est pas un démon, tout comme je n’en suis pas un…° Lehnor avait établi une connexion mentale avec l’humaine et lui avait parlé tout doucement via le don.

° Tu ne rêves pas et tu n’es pas folle …° continua le saurien.

Comme je te disais je suis Nathaniel Illyan et voici mon frère… d’âme Lenhor. Je suis un chevalier dragon et tout comme moi tu as ce que nous appelons le Don qui te permettra de te lier toi aussi à une de ses créatures dont tu n’as peut être entendu que par de veilles légendes.

° Merci pour la créature… Heureusement que je te connais et que je sais qu’en dépit des apparences tu n’es pas à l’aise. °
° Je crois que c’est là le moment où tu devrais redevenir ce que tu es… créature susceptible.°
° Tu fréquentes trop certaines personnes à l’humour décalée MON bipède°

Nathaniel marqua un petit temps pour laisser le temps à son âme sœur de reprendre sa forme originelle puis il reprit alors que ce dernier se transformait.

Comme tu peux voir les Dragons ne sont pas que des Légendes. Veux-tu venir avec nous ? Tu auras l’occasion de poser toutes les questions que tu souhaites et tu seras libre de retourner à ta vie quand tu le souhaiteras à la seule condition que tu ne garderas aucun souvenir de ton passage parmi nous si tu décidais de nous quitter avant de te lier. Comme tu ne garderais trace de notre discussion si tu refusais notre offre. Il te faut prendre une décision maintenant. C’est court comme délais pour une décision si importante mais c’est ainsi.

Lenhor approcha sa tête reptilienne de Yuni en ayant pris soin de se placer entre elle et la faille pour éviter tout drame.

°Tu portes le sang d’ancêtres valeureux et puissants et un destin sans commun t’attend. Que décides-tu ?°



Yunizüna Yangon-Tiao
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MessagePosté le: Dim 7 Aoû 2011 - 16:46 Répondre en citantRevenir en haut

Yuni observa silencieusement Lenhor et Nathaniel, un sourire de reconnaissance illuminait son visage qui lentement retrouvait des couleurs. Elle eut un sursaut, comme un mouvement de recul lorsqu’une voix retentit dans sa tête.

° Tu n’as aucune raison d’avoir peur de nous, Yunizüna Yangon-Tiao. Nathaniel n’est pas un démon, tout comme je n’en suis pas un…°

L’adolescente fut difficilement convaincue. En effet, comment admettre que deux personne vêtue étrangement, dont l’une d’elles possédait une paires d’yeux d’émeraude, qui disparaissait et réapparaissait à son envie et qui de plus savait communiquer par la pensée, étaient tout à faits normales ? Yuni regretta un instant d’avoir malencontreusement fait tomber son arme dans le précipice, mais après tout, elle se dit que si ces individus avaient des intentions dangereuses, ils ne l’auraient sans doute pas sauvée. Elle songea à nouveau à cet élément aussi imprévisible qu’imprévu.

*Cela me rappelle quelque chose…*

Son grand frère lui avait déjà parlé des légendes du Monde D’en-bas. On y racontait qu’une île perdue abritait la présence de créatures mythiques, qui savait justement parler dans les pensées. Les créatures s’avéraient même être des dragons. Dans la religion des nomades du Gumburajong, les dragons étaient les maîtres des cieux, ondulant leurs long corps sinueux à travers nuages et étoiles. Sages et bienveillants, ils possédaient le pouvoir de guérir n’importe quelles maladies, mais aussi d’une puissance sans égal, si bien que la terre tremblait lors de leurs grandes colères.

- Mais…qui êtes-vous ? demanda-t-elle, la voix tremblante.

Cette fois elle ne demandait pas à nouveau leurs noms respectifs. Ils ne pouvaient être des envoyés des dieux. Du moins, par pour elle. Elle ne méritait pas d’être choisie, après sa fugue indigne de son clan, et à présent de son école qui l’avait hébergée, nourrie et entraînée. Nathaniel s’avança, voyant clairement la confusion qui régnait dans ses yeux.

- Comme je te disais je suis Nathaniel Illyan et voici mon frère… d’âme Lenhor. Je suis un chevalier dragon et tout comme moi tu as ce que nous appelons le Don, qui te permettra de te lier toi aussi à une de ses créatures dont tu n’as peut être entendu que par de veilles légendes.

Un chevalier Dragon. Yuni comprit presque avec soulagement que les dieux n’avaient rien à voir avec tout cela. S’agissait-il là d’une farce ? Cela serait d’autant plus étonnant. La jeune fille écouta patiemment le discours de l’homme qui lui faisait face, essayant de ne manquer aucun de ses mots, croyant qu’un miracle était sur le point de se produire.

C’est alors que Lenhor, d’une façon tout à fait inexplicable, se métamorphosa. Yuni n’avait plus devant elle un jeune homme aux longs cheveux châtains, mais une immense créature. Comme un gigantesque lézard doté d’une paire d’ailes qui a une seule même égalait presque la taille de son corps, dont la peau écailleuse arborait la couleur du bronze. Derrière lui, Yuni aperçut une longue queue massive. Elle ouvrit grands les yeux, se rendant compte qu’elle ne rêvait pas. Un dragon. Juste en face d’elle. Il avait beau être quelque peu différend de ceux qui décoraient temples et parchemins religieux, sa majesté n’était que plus grande encore.

- Comme tu peux voir les Dragons ne sont pas que des Légendes.

Yuni avala difficilement les paroles de Nathaniel. Comment se faisait-il qu’une créature aussi sacrée décide d’apparaître devant une simple humaine qui de plus se consacrait de moins en moins à la religion ? Elle ne savait plus quoi faire désormais, ni quoi penser. Elle essaya de dire quelque chose, n’importe quoi qui puisse la rassurer, mais sa bouche ne laissa échapper qu’un simple :

- Je…

- Veux-tu venir avec nous ? demanda Nathaniel. Tu auras l’occasion de poser toutes les questions que tu souhaites et tu seras libre de retourner à ta vie quand tu le souhaiteras à la seule condition que tu ne garderas aucun souvenir de ton passage parmi nous si tu décidais de nous quitter avant de te lier. Comme tu ne garderais trace de notre discussion si tu refusais notre offre. Il te faut prendre une décision maintenant. C’est court comme délais pour une décision si importante mais c’est ainsi.

°Tu portes le sang d’ancêtres valeureux et puissants et un destin sans commun t’attend. Que décides-tu ?°

Yuni se frotta le front. Si elle refusait, elle allait sans doute se perdre encore une fois et mourir. Si elle acceptait, elle serait une nouvelle fois sauvée, et vivrait sur l’île mystérieuse, qui devait regorger de choses magnifiques. Une vie de rêve. Mais elle allait devoir renoncer à retrouver son clan, et cela pourrait apporter tellement de déshonneur sur sa famille. Elle soupira.

*Une minute, se dit-elle. Les Kiowa doivent sans aucun doute penser que je suis morte depuis déjà de nombreuses années. Le fait que je parte ne changera donc rien…*

Elle se mit à tourner en rond, réfléchissant si fort que sa tête commençait à chauffer.

*En réfléchissant bien, jamais de ma vie je n’ai fait ce que moi, et seulement moi souhaitais, conclut-elle avec un soupçon de tristesse. Les Khömei m’ont pourtant appris à ne suivre que son cœur. Mon dieu, mon dieu…je suis si stupide !*

Un sourire naquit sur son visage. Elle se tourna vers Nathaniel et…son dragon, décidée.

- Je viens avec vous. Je refuse une nouvelle fois d’agir pour les autres. Et au diable l’honneur !

Dire à haute voix autant d’absurdités la rendait plus heureuse encore. Ses yeux pétillaient, ses lèvres rosées dévoilaient deux rangées de dents blanches. Jamais elle n’avait été aussi réjouie. Une nouvelle vie lui tendait les bras, il était tout à fait hors de question qu’elle refuse.
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MessagePosté le: Mar 9 Aoû 2011 - 18:39 Répondre en citantRevenir en haut

Lenhor et Nathaniel se regardèrent et si le dragon était sous forme bipède il aurait tout comme Nathaniel haussé et froncé les sourcils.

° Curieuse jeune femme. °

° C’est plus que troublant comme expérience Lenhor. Un premier contact est déstabilisant sans parler de devoir changer de vie complétement°

° Toujours est-il que ce fut plus facile et rapide que je ne le pensais. °

° Oui elle a accepté avec entrain et embrasse son destin. Mais son « Au diable l’honneur » ne me plait guère..°

° Mais non plus mais on ne connait rien de sa vie, c’est peut être une simple vision de la chose plus qu’un réel rejet de l’honneur... °

° Oui tu as raison, d’autant plus qu’elle a été séparée des siens étant plus jeune… Et puis regarde comme elle semble heureuse et comme elle sourit… °

Les deux célestes regardaient la future aspirante tout en conversant via le don. Nathaniel hocha la tête puis se décida à lui répondre.

– Dans ce cas Yunizüna Yangon-Tiao nous allons partir tout de suite. Veux –tu emporter quelque chose de ton ancienne vie ? Il te sera possible de revenir ici bien évidement avec le maître qui te formera ou lorsque tu seras toi aussi liée mais il faut que tu saches que dès à présent tu ne dois révéler notre existence à personne.

Le demi-sang avait commencé à charger ses affaires comme elles l’étaient auparavant mais il se rendit vite compte que non seulement la place allait vite manquer mais aussi que son lié aurait du mal à porter autant de poids sur une si longue distance.

Aussi il entreprit de faire un tri rapide du matériel nécessaire et de celui dont ils pouvaient et pourraient se passer. Ce faisant il mit de côté une veste supplémentaire qu’il tendit à sa protégée.

– Porte ceci, il n’est pas à ta taille mais il devrait te protéger suffisamment du froid. Nous allons voyager par… il laisse sa phrase en suspend cherchant ses mots pour que l’humaine puisse comprendre aisément car le terme d’Interstice ne lui dirait rien, du moins tant qu’elle n’aurait pas suivi le minimum d’explications.

Il trouva enfin une explication qu’il pensa être compréhensible et il lui délivra par ces mots.

– Nous passons dans un passage magique tous les trois. Cette passe est sombre et froide et peu importe le froid que tu connaisses dans ces montagnes, celui là sera différent mais rassures toi tu ne risques rien.

Nathaniel s’approcha de son airain et d’un bond il grimpa agilement sur son dos, faisant part d’une agilité rare ainsi que d’une grâce quasiment elfique. En même temps Nathaniel avait une bonne quantité de sang elfique en lui.

Une fois bien en place, il lui fit signe d’approcher et alors que Lenhor se penchait pour lui faciliter la montée, le demi-elfe lui tendit la main en lui disant.

– Il est temps, viens et profites de ta première expérience. Hisse-toi et glisse-toi derrière moi.

Une fois cette dernière en place, il lui tendit deux sangles qui étaient destinées au chargement et lui expliqua comment s’attacher solidement et une fois fait il lui montra comment s’agripper à des sangles déjà utilisées en guise de poignée de fortune.

Une tape douce sur l’encolure de son âme sœur fit décoller les trois compagnons. Lenhor avait déployé ses ailes et d’un bond s’était projeté haut dans le ciel. Il avançait vers un pic montagneux à bonne vitesse et c’est alors qu’un nuage noir se présenta devant les célestes.

Nathaniel n’était pas à son premier vol il s’avait à quoi s’attendre. Leur cinq sens allaient être troublés, et presque obstrués alors qu’un froid les saisirait dans les ténèbres de l’interstice. Le vide noir les appât en effet pour s’ouvrir sur un lieu tout spécial et nouveau pour l’humaine.
Une cité magnifique s’offrait à eux, brillant de mille feux, elle flottait dans les airs semblant flirter avec les nuages. D’autres créatures ailées le survolaient, certaines y atterrissaient même.

– Contemple ta prochaine demeure. Voici le Màr Menel

Lenhor prit la direction d'une place dont la forme vue de haut ressemblait à une fleur avec ses pétales, il passa non loin de trois hautes tours tout aussi majestueuses que lumineuses. Le sol se rapprochait à vive allure mais le dragon se redressa et freina sa course pour atterrir en une paire de battement d’ailes sur un grand balcon.

– Bien en dessous de nous se trouve l’île aux Dragons légendaire, Tol Orëa


[hrp] J’espère que le dépannage te convient. La suite et ta présentation à la seconde se fera avec Legundir, tu peux répondre à ce post bien évidement.



Yunizüna Yangon-Tiao
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MessagePosté le: Jeu 18 Aoû 2011 - 11:04 Répondre en citantRevenir en haut

La jeune fille était plus satisfaite que jamais, bien que sa dernière phrase semblait légèrement intriguer ses deux interlocuteurs.

- Dans ce cas Yunizüna Yangon-Tiao nous allons partir tout de suite. Veux –tu emporter quelque chose de ton ancienne vie ? Il te sera possible de revenir ici bien évidement avec le maître qui te formera ou lorsque tu seras toi aussi liée mais il faut que tu saches que dès à présent tu ne dois révéler notre existence à personne.

Yuni aurait répondu d’un « non » presque crié, et enchaîné d’un monologue, si parler de sa vie ne la gênait moins. Au contraire, elle voulait tout oublier, du début jusqu’à la fin. Il serait alors bien plus facile de s’intégrer, du moins, il s’agissait de ce qu’elle pensait. De plus, revenir au village Khömei ne l’enchantait guère. Elle se contenta donc de secouer la tête, et jeta son sac dans la neige.

Elle garda toutefois ses habits de rechange, qui seront sûrement bien plus serviables que les provisions ou parchemins religieux, avant de jeter son sac dans la neige. Elle aurait bien pu emporter son arme si elle n’était pas à présent dévorée par les entrailles de la terre, mais en outre celle-ci lui aurait certainement rappelé ses années d’apprentissage à plusieurs reprises. Elle retira de son chignon tressé les deux baguettes d’argent qu’elle portait depuis son enfance, et les lança aux côté de son sac. Sa chevelure tomba sur ses épaules, qu’elle s’empressa de rassembler en queue-de-cheval. Pour finir, elle se vêtit du grand manteau que Nathaniel lui tendit.

Après avoir écouté le jeune homme aux yeux d’émeraude, elle se hissa derrière lui, sur le dos écailleux du dragon. La hauteur lui fit avoir légèrement le vertige, mais son excitation était trop grande pour s’en soucier. Après avoir attrapé fermement les deux sangles qui allaient être la seule chose lui évitant de basculer du dos de la créature, elle se concentra le plus possible. Yuni avait déjà eu l’occasion de monter, mais seulement des chevaux, qui de plus en cette région possédaient une taille particulièrement petite par rapport à ceux du Bas-monde.

Le décollage lui fit émettre un petit cri de surprise. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle vit avec émerveillement le sol s’éloigner à vive allure. Elle volait dans le ciel. Le souhait des moines des monastères d’argent, et elle seule le faisait. Bientôt ils furent assez haut pour pouvoir contempler une bonne partie de la vallée, et même au-delà. Elle tourna la tête, et vit un épais nuage sombre, qui pourtant n’était pas présent lorsqu’elle était encore sur le sol. Elle en conclut alors qu’il devait sans aucun doute s’agir du fameux passage magique. Yuni admira à nouveau le paysage qui s’étendait derrière elle, les hauts pics sacrés, les vallons blancs, déserts…déserts ? La jeune Kiowa crut voir au loin de la fumée s’élever d’un regroupement de yourtes blanches, à peine visibles. Elle ne put en voir davantage, car le noir l’envahit, suivit d’un froid mordant, avant de dévoiler un tout autre décor.

Au début Yuni ne vit que des nuages, éclairé par la lumière dorée du soleil. Puis, elle distingua une cité. Une cité dans les nuages…la jeune fille en eut la bouche bée. Dispersés un peu partout, d’autres dragons volaient autour, majestueusement. Yuni était si stupéfaite que la vision qu’elle avait eu du Gumburajong quelques minutes plus tôt ne l’intéressait plus. Lenhor survola les hautes tours éclatantes. En contrebas, un bon nombre de personnes de tout âge circulaient, vêtues d’amples habits colorés. On entendait des discussions, mêlées de rires d’enfants qui se poursuivaient. Retrouver ainsi autant de monde heureux avait manqué à la jeune fille.


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