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 [RP-Quête] Le Tombeau des Secrets Sujet suivant
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Crylith Avanaël
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MessagePosté le: Jeu 11 Aoû 2011 - 10:15 Répondre en citantRevenir en haut

Crylith déambulait dans les dédales de l’ancienne cité du Mar maudit sans savoir où ses pas la dirigeaient, elle se contentait de suivre les paroles doucereuses et les chuchotements d’Ashara qui la conduisait vers une salle souterraine. Elle avait compris que cette salle renfermait quelque chose de précieux pour le spectre diaphane mais elle n’arrivait pas déterminer quoi.

L’air ambiant étirait maintenant son aura glacial sur les êtres vivants qui avaient pénétré en ce lieu qui aurait du rester interdit. Mais il y avait toujours des braves ou des imbéciles pour passer outre. Mais des puissances étaient également à l’œuvre qui avaient amenés toutes ses personnes ici à n’en point douter. Peut être qu’un des deux frères Garaldhorf avait libéré un mal enfoui mais peut être que c’était justement ce mal qui avait trouvé un moyen de s’échapper grâce à l’un d’eux. Peu importait, quelque chose de terrible se préparait et nul n’en ressortirait indemne.

Ashara avait attendu si longtemps de retrouver Zakyliss pourtant il lui fallait rester prudente, ne pas aller trop vite sinon elle risquait de réduire à néant la seule chance qu’elle avait de ne faire plus qu’un avec sa Liée. Elle avait erré tant de temps, à pleurer la perte de son améthyste mais à force des rumeurs avait fini par traverser sa carapace de tristesse pour qu’elle ouvre un œil nouveau sur la tragédie qui l’avait frappé. Elle avait certes ressenti le vide de l’absence, le néant lui avait arraché le cœur quand le Lien avec elle avait été rompu mais pourtant elle n’était point morte. En tout cas, tout comme elle, elle avait été détruite par les Dieux et condamnée à n’être qu’un spectre. La jeune femme hantait les couloirs des souterrains du Mar Argawaen tandis que la dragonne était toujours enfermée, inaccessible pour tous, même pour Ashara. Mais elles allaient bientôt se retrouver. Les rumeurs étaient fondées, la prophétie allait s’accomplir, l’ondine était là qui la conduirait à sa Liée et sa propre Liée l’y aiderait, car elle avait un lien avec l’œuf que Métherkan avait brisé et ce n’était pas anodin, elle en était certaine. Il avait été choisi, même si elle ne savait pas encore pourquoi.

Soudain un souffle glacial la fit frissonner. Pourtant elle n’était qu’un spectre, elle ne devrait pas ressentir cette sensation qui la paralysait presque sauf si…

¤ Misérables pions, je vous salue... Soyez les bienvenus dans ce qui fut jadis le Màr des Glorieux mais l’inconvénient est que votre voyage s’arrête ici... Révélez-moi vos peurs... ¤

L’ondine sursauta lorsque la voix s’éleva envahissant chaque espace. Elle ne pouvait plus bouger, elle était comme plombée, paralysée, incapable de faire le moindre mouvement ou ne serait-ce qu’avoir une pensée cohérente. Une langue glaçante s’insinuait dans toutes les parcelles de son corps cherchant dans son esprit quelque chose à briser et elle trouva. Sur le visage horrible de la créature, un sourire sadique s’épanouit. Des enfants, c’était si simple. Les parents étaient en principe les âmes les plus faciles à déchiqueter, la simple vue de la souffrance de leurs enfants suffisaient à les rendre fou de terreur et elle savait apprécier cette nourriture si particulière. Elle passait une langue immonde sur sa bouche sans lèvres. Ses yeux rougeoyaient tels deux rubis flamboyants. Tapie dans l’ombre personne ne pouvait la voir mais on l’entendait parfaitement bien et l’horreur s’était inscrite sur les traits de chacun.

Ce fut d’abord une sensation ténue qui envahit Crylith, celle d’un danger qui menaçait sa famille, un doute pernicieux s’insinuait dans son esprit jusqu’à ce qu’elle entende des pleurs. D’abord elle ne sut pas d’où cela provenait tellement le bruit était doux mais finalement elle réussit à localiser l’endroit d’où provenait les sanglots. Horrifiée, elle accourut vers Artica qui pleurait penchée sur les corps de deux bambins.

« Je suis désolée, je ne pouvais rien faire, il était trop fort… »

La pauvre femme continuait de s’excuser tout en débitant des propos incohérents et lorsqu’elle leva les yeux vers la personne qui avait posé sa main sur son épaule, un long cri déchira l’atmosphère, mais ce n’était pas celui de la mère anéantie par la perte de ses enfants, mais celui de la nourrice incapable d’affronter celle qui avait placé sa confiance en elle. Crylith elle était pétrifiée. Ses jambes se dérobèrent sous elle sans qu’elle ne puisse rien y faire et ses mains tremblantes s’approchèrent des deux corps inertes de ses jumeaux. Elle toucha enfin le front de Peidric qui était déjà atteint par la froideur de la mort. Un hoquet de souffrance lui broya les entrailles tandis que son autre main touchait à présent la joue blanchâtre de sa fille, glaciale elle aussi.

« C’est impossible… non ce n’est pas possible… je… »


Sa respiration était douloureuse, son cœur brisé et ses yeux fermés refusaient de voir les corps inertes de sa propre chair, du fruit de ses entrailles morts si jeunes.

Un rire tonitruant la fit sursauter et comme dans un rêve elle se releva et se tourna vers son auteur. La jeune femme fit face à un homme qu’elle aurait reconnu entre milles, un homme qu’elle n’avait plus vu depuis tant d’années mais dont elle ne pourrait jamais oublié les horreurs qu’il avait voulu perpétré au nom de la jalousie qu’elle lui inspirait.

« Malgré les années tu n’as pas changé Crylith. Comment se porte ma fille chérie ? »


Le visage dur, elle affronta le regard sombre de son père.

« C’est toi qui a fait ça ? Pourquoi ? »

Un long éclat de rire pervers lui répondit.

° N’écoute pas le Dévoreur Crylith, tout n’est qu’illusion, écoute ma voix, tu dois m’aider à retrouver Zakyliss. °

La voix d’abord lointaine, gagna en puissance à mesure que l’ondine se rendait compte des incohérences de ce qu’elle vivait. Pourtant elle n’était pas encore convaincue, elle avait touché ses enfants, sentit que la vie les avait abandonné.

° Non Crylith, il se nourrit de ta peur, et ôte ton énergie vitale, écoute moi, reviens vers moi, sors de ce cauchemar. °


° Oui mais comment ? Je n’ai pas rêvé, j’ai senti leurs petits corps gelés et raides… Pourquoi mon père les a-t-il tués, je ne… °


L’ondine était perdue, ses sens ne pouvaient la tromper à ce point, pourtant quelque chose clochait, elle le sentait, sa peur paralysait ses sens, mais son cœur lui criait d’écouter la voix, que Peidric et Azyalith étaient en sécurité loin d’ici avec Artica et que son père ne pouvait être là. Mais peut être que la voix avait tort, elle ne savait plus.

Ashara n’aimait décidément pas le Dévoreur, elle n’était qu’un spectre et il ne pouvait plus vraiment l’atteindre mais cela ne l’empêchait pas de le craindre. Cependant cette fois-ci il desservait ces desseins ce qui l’agaçait prodigieusement. Il fallait coute que coute que Crylith l’entende et la croit. Mais comment… Kyalith, oui il fallait qu'elle se serve de sa Liée pour lui faire entendre raison.
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MessagePosté le: Jeu 11 Aoû 2011 - 10:15 Revenir en haut

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Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
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MessagePosté le: Sam 8 Oct 2011 - 17:33 Répondre en citantRevenir en haut

La grande main nerveuse de Draveÿn sous forme humanoïde la retint dans son élan et elle vacilla. Tout allait trop vite. Cet engrenage infernal la dépassait. Elle ne souhaitait qu’une chose : que ça s’arrête. Que ça cesse ! Que cela cesse pour de bon, maintenant ! Les mots de l’Empereur Noir lui parvinrent sans l’atteindre. Son précédent regard empli d’accusations qu’elle était bien en peine de nier, elle l’avait soutenu sans ciller, brave comme le lui avait montré sa mère au moment de sa mort. Les mêmes mots lui enserraient la gorge, alors qu’enfant elle pleurait devant un lit défait où gisait une femme rousse et blessée. Alors qu’elle pleurait seule dans sa chambre de ne point voir dans le regard de cet homme froid de la tendresse. Alors qu’elle pleurait parfois encore, cachée dans ses appartements, de se sentir si isolée, dernier vestige d’une famille détruite par un souvenir, sans avenir et dont le seul amour lui était interdit.

Faites que cela cesse ! Que ça cesse ! QUE CA CESSE !

Les mots avaient jaillis et elle ferma les yeux, tandis que le couloir retentissait d’un rugissement profond. Le froid qui l’avait envahie recula mais lorsqu’elle rouvrit les yeux, ce fut pour voir du sang. Partout, sur les dalles, les murs. Une fille sans visage s’éloignait, la main posée sur le flanc de Vraël qui évitait le regard de sa Liée. Tu n’es pas ma Liée. Une femme aux cheveux d’or rouge laissait son sang s’écouler sur le sol. Au-dessus d’elle, un grand homme elfique au visage dur comme la glace se pourfendait à son tour de son épée pour retomber sur le cadavre de la Fëalocë. Quant à ce jeune homme dans l’ombre, aux yeux verts rappelant les forêts sauvages d’Ys, il s’effaçait dans l’air, comme illusion. Plus rien que le noir. Une grande main de fumée balayait les images tant chérie pour ne laisser plus que du vide.

° NOOOOOOOON ! °

Le cri emplit la tête de Persée qui se rattrapa de justesse au flanc de Draveÿn. La voix salvatrice de Vraël l’appelait. Elle était là, enveloppant son esprit d’une aile pour dissiper la brume de peur qui l’aveuglait. A travers ses larmes, l’hybride sourit. Elle tourna son visage humide mais de nouveau éclairé par sa volonté vers le sombre dragon, un sourire franc et doux aux lèvres. Si elle devait mourir, qu’importe, elle mourrait en combattant et jamais seule. Et tous seraient sauvés. Dans un bref éclair, elle entrevit par les yeux de la Bleue le combat entre les trois dragons. Niedesh avait blessé Thémos au flanc mais les deux alliés de fortune faisaient front, luttant contre la marée montante de spectres attroupés près des ruines du temple. Le Kaerl Silencieux s’éveillait.

Arrachée du sol par une aile du dragon d’ébène, Persée se retrouva collée au poitrail écailleux. Mais elle n’avait que faire de protection ! La crypte était là, à quelques mètres devant eux, il suffisait de descendre cet escalier ! Et le froid recula. Comprenant à peine que tout danger était écarté dans l'immédiat, l’instant d’euphorie et de terreur passa et Persée retrouva son aplomb. Direction : la crypte !

~°~ 

Thémos aperçut le premier la marée de spectres qui sortaient de toutes part, s’élevant en volutes jusqu’à eux, comme affamés par la présence de vivants et l’imminence... de quelque chose. Le Bronze grogna en assenant un coup de pattes au museau de Niedesh que Vraël, plus petite et agile qu’eux deux essayait de mordre au cou. La Bleue eut tôt fait de repérer à son tour l’armée de fantômes et tressaillit. Elle échangea un regard affolé avec son lointain cousin. Le Brun se démenait pour échapper à leur emprise. Les trois dragons s’envolèrent d’un même essor. Les serres d’une Verte plus rapide lacérèrent la queue de Thémos qui rugit de douleur : le spectre avait voulu absorber l’étincelle de vie qui l’animait et son âme s’en trouvait ébranlée. Il fallait fuir et retrouver les autres. L’Interstice le sauva, priant pour que sa sœur Céleste le suive.

° Elyon Aranel ! Que fais-tu ici ? Non, oublie la question. Relève-toi ! C’est un ordre ! °


La pauvre Aspirante, il la sentait si déchirée, comme un arbre malmené, son esprit l’avait touchée alors qu’il cherchait son Lié. Sa présence avait été voulue ici, à elle de se montrer digne. La crypte n’était plus très loin. Le dragon réapparut dans la salle souterraine même et jaugea rapidement la situation d’un regard rougeâtre. Eléderkan et Métherkan se battaient toujours en duel, devant de gigantesques portes entrouvertes d’où s’échappait un râle étrange. Aux pieds des portes, un œuf brisé et ensanglanté lui valut un haut-le-cœur. Très vite, d’autres personnes apparurent et la plus formidable des parties d’échecs s’engagea.


[Info : Dernière étape ! Sachez que Ukhof, avant de quitter le forum, s'est sacrifié avec l'aide du spectre du prêtre d'Haskèl pour porter un coup blessant au Dévoreur et le renvoyer dans sa tannière.
A partir d’ici, les PNJs se feront moins présents, vous êtes arrivés à destination : la crypte secrète. Un MP vous sera envoyé avec les dernières informations secrètes ^^ Dès maintenant, de vos actions totalement libres dépendent le sort du Màr Agarwaen et, peut-être du monde de Rhaëg \o/]



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Maëvann Kerr'wan
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MessagePosté le: Mar 11 Oct 2011 - 17:53 Répondre en citantRevenir en haut


       


Crinière blonde flottant dans son sillage, Persée s’était dégagée de son étreinte et s’approchait de l’entrée de la Crypte dans un mélange d’appréhension et de fébrilité. Les lancinantes visions s’étaient dispersées comme des vapeurs d’alcool, laissant flotter dans l’air le parfum acide et entêtant de leur sombre Magie.

Le Dévoreur avait abandonné le combat.

- ° Voilà qui n’est guère dans les manières de ces monstres…° songea l’Empereur Noir ° Les Spectres ou autres Âmes Maudites ne subsistent que pour partager leur détresse et leur rancœur avec les Vivants, qu’importe la manière. Il s’est passé quelque chose. °

Lui vint alors la sinistre pensée que le Spectre avait satisfait son appétit. Un des aventuriers s’était donc sacrifié pour les sauver… Mais qui ? Draveÿn sentit un frisson de mauvais augure dresser les pointes osseuses sur son dos. Crylith, Peddyr … Le Dragon pria la Sainte Mère pour leur survie. Il était venu en ces terres maudites pour soulager la souffrance de sa Liée, pour tenter l’impossible et sauver l’âme d’Istvan. Il était inconcevable qu’il regagne le chalet pour annoncer un décès à Maëvann.

Une fois de plus Persée ne lui laissa pas le temps de s’attarder en conjectures, l’ombre béante entre les lourdes portes de pierre l’avait déjà engloutie.

- ° Maudits soient les bipèdes et leur nature irréfléchie ! °

Le dais de la pénombre paraissait tangible. Lorsqu’il passa les portes à son tour, le Saurien sentit l’ombre glacée glisser sur ses écailles en une caresse presque suave, des murmures assaillirent son esprit, contant mille histoires de vie et de mort, mille rêves avortés. L’Âme du Mar Agarwaen, Tombeau de tout un Peuple, pleurait son sort.

- ° Ô, Âmes Perdues, pardonnez-nous de venir troubler votre sommeil. Nous entendons votre détresse et partageons vos larmes ° ânonna-t-il mentalement, à la manière d'une conjuration ° Ces bipèdes sont venus dans la seule intention d’obéir ou d’échapper à leur Destin. Aubiade del Cirth, Gardienne des Morts et des Maudits, laisse leur une chance de vivre cette épreuve, qu’ils en sortent victorieux ou condamnés °

En guise de réponse à sa prière, un rire diaphane résonna dans l’obscurité avant de mourir dans un soupir, semblable à une brise. Draveÿn grinça des dents. Comment connaître les réelles intentions des Spectres hantant le Mar Dinen ? Œuvraient-ils à leur perte, cherchaient-ils à les prévenir ? Voulaient-ils la résurrection de la Cité Maudite, dans toute son insolente grandeur, où sa chute dans les méandres de l’oubli ? Le Dragon déambula quelques instants encore, son instinct Saurien lui permettant de conserver notion du temps et de l’espace malgré la confusion insufflée par les incessantes plaintes des Âmes Errantes. Et soudain, son regard perçant capta les limites d’une vaste pièce ovale… Un cul-de-sac ?

- ° Persée ? Vraël ? °

Nul ne lui répondit. Résigné à laisser faire l’étrange magie à l’œuvre, Draveÿn entreprit de visiter l’endroit plus avant mais ses pattes restèrent résolument fixées au sol. Poussant un grognement de contrariété, l’Empereur Noir déploya ses ailes, tentant de se défaire de ses liens invisibles en s’arrachant à la gravité…mais il ne fit que brasser la poussière de la crypte et en lacérer le sol de ses couperets.

- ° Qu’est-ce que cela ? Encore un tour de passe-passe comme affectionnent les Esprits ?! ° tonna-t-il alors que ses yeux s’allumaient comme deux brasiers. ° Très bien, vous l’aurez voulu ! J’étais venu ici pour détruire le Mal qui ronge l’aimé de ma Liée… Mais j’en quêterai désormais la Source pour la sceller à tout jamais ! La Résurrection de cet endroit ne peut apporter que désespoir et malheurs aux Hommes… Vous n’empêcherez pas sa destruction ! °

Nouveau concert de rires, cascadant en déluge pour emplir la pièce.

¤ Non. Tu ne fera rien.¤

¤ Pas maintenant…¤

¤ Ce n’est pas ton rôle¤

¤ Ce n’est pas ta place ! ¤

Les pupilles sauriennes s’étrécirent sous l’effet de la colère, rendant la pénombre plus épaisse encore

- ° Qu’en savez-vous, Maudits ! Quel est le but de tout ceci ?! °

¤ Non, non … Pas de but. Seuls les Vivants servent une cause. Les Morts n’en ont pas ! ¤

Dans un crépitement soudain, les torches de la pièce s’embrasèrent, dévoilant des parois nues, humides et un sol pour le moins inattendu.

- ° Un damier ? °

Des ombres blanchâtres à l’apparence vaguement humaine formèrent une ronde autour de Draveÿn, leur sillage éthéré dessinant d’étranges et envoutantes volutes.

¤ Le Destin est comme un jeu d’échecs dont les Vivants sont les pions… ¤

¤ …certains mouvements sont prévisibles, calculés… ¤

¤ …d’autres ne sont que le fruit de hasards, de tâtonnements. ¤

- ° Quelle…est ma place dans tout ceci ? ° gronda Draveÿn, peinant sous la lourde chape magique l’entravant au sol.

¤ Le Gardien, tu es le Gardien ! ¤

¤ Tu dois protéger …¤

¤ …mais pas juger ! ¤

Songeant que c’est sur ces règles du « jeu » sibyllines, même pour un Dragon, qu’ allait se jouer la Destinée des aventuriers d’Eru, de sa Liée et à plus large spectre…de l’Humanité, Draveÿn tenta une fois de plus de se déplacer sur le damier, en vain. Les paroles de Maldera Sciethe lui revenaient en une lancinante litanie : Le Fou, le Guerrier, le Preux, la Solitaire, la Hantée, le Cupide… Tous allaient avoir un rôle à jouer sur cet Echiquier des Desseins. Ce n’était sans doute pas son tour, pas encore…

Alors, il s’assit en sphinx sur les dalles bicolores et attendit que la Destinée fasse son œuvre.
      
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Mar 6 Déc 2011 - 18:51 Répondre en citantRevenir en haut

Peddyr oublia presque la présence de Crylith non loin de lui. Dire qu'il l'avait accompagné pour venir à son aide en cas de soucis... Mais le Dévoreur arrivait à jouer de concert avec les esprits qu'il avait à sa portée. Et donc face à lui Peddyr avait ce double, qui se voulait plus souriant... Plus fier aussi et avec un regard à faire froid dans le dos... Une apparition qui était bien réel.

°NOn elle n'est pas réelle Peddyr ! Ce n'est que le produit de ton imagination, que la bête reproduit pour toi et se nourrir de ta peur, de cette crainte que tu as autrefois repoussé.°

Mais son lié ne l'écoutait pas, dardant son regard anxieux sur cet être qui n'avait été présent que dans ses souvenirs, dans ses rêves... qui avait cherché à prendre le pas sur sa personnalité. Il avait été jusqu'à tuer son propre frère, autant pour sauver la cité où il avait vécu jadis, autant pour se débarrasser de son autre soi... Un combat qu'il avait pensé mené à bien, pour ne plus à le subir. Tant d'années à se remettre en question; Tant d'années à chercher qui il était vraiment...

"Mais tu es toi, je suis toi aussi. Tu ne peux nier ta propre nature. "
"Je sais qui je suis, tu n'as pas besoin de tenter à me convaincre du contraire.
"Vraiment ? "


Peddyr sortit son épée, mais recula. Il tenta de contenir le tremblement de sa main en la resserrant sur la garde de son arme.

"Le doute t'assaille. Pourquoi penses-tu ne pas avoir été bien durant toutes ces années ? Parce que tu refusais d'accepter ta vraie nature."
"C'est faux !
"Je lis en toi, puisque je suis toi. On ne peut changer ce que nous sommes. Tu l'as cru et tu t'es égaré... Allons laisse-toi faire et accepte-moi"


Le double du maître brun se mit à avancer tout en ouvrant ses bras, comme le ferait un frère à un autre frère, dans une invitation parfaitement fraternelle... Le Dévoreur commençait à savourer la peur de ses proies. Peddyr ne l'entendait pas de cette oreille... Il luttait contre lui-même... Il leva son épée et son double se jeta sur lui, faisant de même... Les deux lames identiques se frappèrent et l'adversaire toisa le vrai Peddyr.

"Tu croyais m'être débarassé de moi quand tu as tué ton frère. Cela n'avait fait que m'affaiblir. Je suis revenu... Alors cesse te de battre et accepte moi. Ainsi tu en auras fini avec tes tourments. "

Et si cela était vrai ? Si son double avait attendu le bon moment pour revenir le hanter ? Comment pourrait-il le repousser encore après cet échec, qu'il avait cru être la fin de ses angoisses. Voilà qu'il revenait encore. Et ce serait encore et encore... Non ! Il ne pourrait pas le supporter !

"Oui, tu sembles comprendre cette fois que tu pourras jamais me défaire de toi. "
"Sauf que c'est sans compter sur ce que je suis réellement et que je le sais !"
"tu t'égares !"
"Non, je retrouve ma voie ! "


Peddyr décroisa son épée et la leva pour frapper son double surpris, qui reculait déjà en hurlant un cri de surprise, qui ne vient jamais... Il s'effaça en reculant, levant un bras comme pour se protéger... En même temps, le Dévoreur perdait de son emprise... Avant de comme... disparaître. Peddyr cligna des yeux en revenant à la réalité... Il remarqua qu'il se trouvait les pieds posés sur un dallage coloré. Le dévoreur avait dû le faire marcher dans ses illusions...Il remarqua la présence de l'empereur noir.

"Draveÿn ? "

Le dragon semblait attendre que quelque chose se fasse. Sveargith se retrouva à ses côtés un peu tremblant, mais prêt au cas où. Peddyr complètement perdu comprit qu'ils approchaient tous de l'ultime partie d'échec de la Destinée



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Elyon Aranel
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MessagePosté le: Dim 26 Fév 2012 - 13:47 Répondre en citantRevenir en haut

Ce furent les vibrations mentales familières de la voix de Thémos qui tirèrent l'Elfe de son état second et qui la ramenèrent à la réalité – réalité cependant aussi froide et sombre que ses pensées. La silhouette pâle et inanimée de sa chère Neishaane avait disparu. Disparu aussi, le facétieux Spectre qui se voulait son guide. Il n'y avait plus qu'elle, perdue et tremblante, terrorisée, dans ce couloir sans lumière dont les parois murmuraient les souvenirs des Maudits et semblaient respirer, comme si les Spectres avaient été les prisonniers de la pierre. Elyon se releva péniblement, cherchant du regard une lueur, un repère. Quelle stupide idée d'accepter de suivre le Blanc Sikarh ! Quelle stupide idée d'accepter d'espionner son propre Maître ! Elle mourrait ici, là où personne ne la retrouverait jamais. Dévorée par ce Màr fantôme, elle deviendrait fantôme à son tour, se fondrait dans la pierre grise à son tour, serait condamnée à chuchoter ses regrets et à hurler sa folie pour l'Éternité, à son tour !

Des vagues échos de bataille lui parvinrent alors, le fracas du fer contre le fer. Elle sentit la peur la submerger un peu plus, sa vision se troubler. Allons ! S'il y avait eu un aller, il y avait forcément un retour ! Forte de cet argument qu'elle désirait imparable, elle entreprit de revenir sur ses pas, sa main suivant la paroi glaciale pour ne pas risquer de se perdre plus qu'elle ne l'était déjà – si toutefois cela était possible. La rumeur du duel paraissait s'éloigner, mais comment en être réellement sûr ? Le Màr prenait un malin plaisir à déformer, amplifier, multiplier les sons et tromper ainsi l'oreille, et ce quand bien même on était une Elfe.
Au bout d'un laps de temps indéfini – quelques secondes ? quelques minutes ? une heure ? – mais qui parut une éternité, Elyon buta contre un obstacle, hélas infranchissable : un mur. Un cri de détresse et de frustration lui échappa, et se répercuta à l'infini avant de se mêler aux murmures environnants. Le boyau dans lequel Sikarh l'avait menée n'admettait qu'une entrée, aucune sortie. Comment cela était-il réalisable ? L'Elfe n'en savait rien, et tant de magie et de phénomènes incompréhensibles la perturbaient plus qu'on ne saurait l'écrire.

Évanouie la peur, ce fut la panique qui la saisit quand elle crut voir des ombres plus noires que les ténèbres ramper près de ses pieds. Abandonnant toute tentative de raisonnement, elle s'élança à nouveau dans le couloir, poursuivie par elle ne savait quoi d'invisible. Elle se sentait ralentie, et se demanda si les ombres ne s'enroulaient pas autour de ses chevilles et de ses mollets pour tenter de lui faire perdre l'équilibre. Courir dans le noir, de plus sur un sol inégal, était une expérience qu'elle n'avait jamais réalisée, et, plusieurs fois, elle chuta, mais sa terreur était telle qu'elle se relevait aussitôt, sans se soucier ni de ses mains et de ses genoux écorchés, ni de ses voiles déchirés.

« Si l'on ne peut invoquer les Dieux dans ce lieu maudit, en qui ou en quoi suis-je supposée remettre mon âme et mon cœur ? » se lamenta-t-elle à haute voix, les poumons en feu et la respiration brûlante, tombée à genoux.

¤ ... En toi-même. C'est le Destin qui t'a envoyée, mais, une fois passées les portes de notre Màr, tu es toi-même ton propre Destin ... C'est ainsi. ¤

Les voix désincarnées venaient des pierres, du sol, de l'air ; c'était le Kaerl lui-même qui lui répondait, et cela ne lui apporta aucun réconfort. L'Elfe tourna la tête, sentit que les ombres se rapprochaient. La terreur la poussa une nouvelle fois à se relever et à s'enfoncer encore plus, fuir le danger intangible et se rapprocher de l'écho du combat.

Elle perçut alors une faible clarté, tout au bout, et accéléra le rythme de sa course. Elle se rua hors du tunnel, et déboucha enfin dans une crypte étrange, au milieu de personnages connus et moins connus. Il y avait là quelques un de ceux qui étaient rassemblés dehors. Qui étaient-ils, cela importait peu, car, au devant d'immenses portes à peine ouvertes, Eléderkan se battait avec le Vagabond. Par Flarmya, quel était ce cauchemar ? Son regard dériva jusqu'à l'œuf, brisé, qui gisait dans divers liquides, et son sang se glaça. Comment une telle ignominie... ?
En titubant, elle parvint à rejoindre le Bronze Thémos, les yeux hagards et la bouche bée. Un sentiment de culpabilité l'étreignit subitement, et elle ne put s'empêcher de bafouiller quelques mots, comme pour justifier sa présence, comme si elle avait été pour quelque chose dans les évènements qui se déroulaient à présent.

« Il m'avait juste parlé d'un trésor... Je ne savais rien. »

Elyon se mordit la lèvre, et eut un instant l'espoir insensé que la douleur la réveillerait. Vain espoir.
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