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Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Jeu 14 Oct 2010 - 21:22 Répondre en citantRevenir en haut

Peddyr n’arrivait pas à dormir. Depuis presque une semaine, une sorte d’angoisse avait commencé à germer dans son cœur. Une angoisse qu’il avait crue repoussée dans l’oubli même de sa propre conscience. Mais insidieuse, elle avait attendu le bon moment pour refaire surface, pour revenir et se faire sentir.

Au début, le céleste avait cru à un reliquat de cauchemar, de son autre vie. Depuis la naissance des jumeaux, son désir de s’en retourner à Orën s’était effacé, trop heureux de voir tous les matins ses deux enfants et son épouse. Le passé aurait pu rester dans le néant, si un soir, un seul soir, il n’avait pas eu cette angoisse pernicieuse. Un seul soir avait suffi pour tout remettre en question chez le vieux guerrier.
Cela aurait pu n’être qu’un cauchemar, mais ce soir-là, cela n’avait pas été un rêve comme les autres. Il avait fait face avec lui-même, un autre lui, plus jeune et vêtu de sa tenue d’officier de la Garde Royale. Estan Zadan, son être passé, le regardait en souriant ; un sourire jugé malsain.

"Tu ne pourras pas continuer à ignorer ce que tu as été Peddyr. Je suis toi. Tu as été Estan, et tu le resteras. "
"Tu n’es que le passé. Je ne suis plus cet Estan Zadan. Je ne redeviendrai jamais cet homme qui fit couler le sang autrefois ! "
"Juger sans savoir vraiment. Tu continues de te fier à ce que tu te rappelles seulement. Tu es loin d’imaginer ce que je suis réellement pour toi. "
"Je me refuse à retrouver ce passé. Autrefois peut-être je le cherchais tout en le fuyant, mais aujourd’hui, je suis Peddyr Avanaël Thelrand et rien au monde ne me changera désormais. "
"Piètres paroles… Tu ne pourras pas continuer à me fuir. Viendra le jour où tu me retrouveras pleinement. Et ce jour, ce que tu es aujourd’hui ne sera plus. Tu retrouveras ce que tu étais avant. Et cette petite vie paisible... Tu jugeras qu’elle n’en vaudra plus la peine. "
"Je te combattrai pour ces paroles !"
"Qui sont que les tiennes Peddyr. Rappelle-toi. Je suis toi. Ce que je pense, tu le penses aussi…."[/b]

Il s’était réveillé en sueur, désarmé par ce qu’il venait de comprendre de ce rêve… Ce qui avait redouté le plus commençait à agir. Son autre soi voulait revenir en surface, repousser l’esprit de Peddyr pour redevenir Estan… Jamais ! Depuis ce soir, il n’arrivait plus à repousser cette angoisse. Une décision était à prendre… Et déjà il s’en voulait. Crylith n’allait pas apprécier sa prise de décision. Mais il devait agir.

Au jour de sa décision mûrement réfléchie, il s’était levé en plein milieu de la nuit, bien décidé à aller jusqu’au bout. En silence, il s’était habillé, et avant de quitter la chambre, il avait offert un tendre baiser à sa belle ondine, celle pour qui il était prêt à tout pour ne pas la perdre. Toujours en silence, il avait déposé un parchemin qu’il avait eu du mal à écrire. Savoir que sa femme la lirait à son réveil lui déchirait déjà le cœur.

Citation:
Crylith,

Je sais qu’à ton réveil tu seras étonnée de ne pas me voir à tes côtés, ne trouvant que cette lettre. Pardonne-moi pour ce que tu vas lire. Pardonne-moi de prendre cette décision.
Je pars pour l’Orën. Ce que je redoutais le plus est en train d’arriver. Je n’ai jamais voulu vraiment d’en parler pour ne pas t’en inquiéter…
Estan Zadan n’était pas qu’un pâle souvenir de mon ancienne vie. Il est en train de devenir bien plus. Au début, je pensais l’avoir chassé de mon esprit. Il est devenu comme une partie de moi, doué de sa propre conscience…Il cherche à repousser ce que je suis. Et retrouver ce qu’il a connu. Et je m’y refuse. Je ne veux pas te perdre, toi, Azyalith et Peidric. Je ne veux pas laisser cette personnalité revenir en moi. Et pour mieux la combattre, je dois aller en Orën. Je sais que tu aurais voulu être là-bas avant moi, pour ma sécurité. Mais la lutte pourrait commencer à n’importe quel moment. Pour rester ce que je suis, je dois apprendre qui était Estan Zadan. Ainsi, je pourrai intérieurement le repousser et le « détruire ».
Je sais les risques que j’encoure. Mais je ne désire pas te voir souffrir de cet Estan qui pourrait fort arriver à me repousser quelques minutes, quelques heures…
Mon cœur bat en cet instant pour toi. Il ne cessera jamais de battre pour toi.


Avant de partir, il avait été voir ses enfants, comme pour les emporter en souvenir avec lui. Azyalith et Peidric dormaient profondément. Il posa tendrement pour chacun d’eux une main sur leur tête, leur offrant une pensée paternelle. Puis il sortit toujours en silence.

Même Sveargith ne sentait pas son lié éveillé. Peddyr avait réussi à bloquer à certains moments son lien avec son dragon. Et quand le brun dormait, cela fonctionnait d’autant mieux. Il regarda son gros patapouf de saurien. Sveargith allait se sentir perdu, sans pouvoir savoir où il était. Lui-même sentait déjà la pression de plus le sentir dans son esprit. Loin de son lié, loin de Crylith…. Tout cela pour combattre son propre passé. Il ne pouvait pas échouer. Pour le bonheur des siens. Il disparut en direction de Loméanor.

Là un cheval l’attendait pour aller rejoindre au plus proche le Kaerl Céleste. Il avait vu avec un dragon du màr pour se faire déposer à Ys….Il ne doutait pas un instant qu’une fois là-bas, le dragon ne pourrait garder bien longtemps le secret de son départ pour l’archipel. Surtout un maître brun qui montait un autre dragon autre que le sien. L’excuse avait pourtant été simple à fournir. Le dragon porteur ne se poserait pas vraiment de question. Ys, point de passage avant d’embarquer pour la recherche de son passé. Il en frissonnait en y pensant… Ys. Ce soir il y sera et ensuite, quelques jours de voyage en bateau suffiront pour rejoindre Orën et commencer ses recherches. Le nom de la cité, il l’avait. Crylith aussi…



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MessagePosté le: Jeu 14 Oct 2010 - 21:22 Revenir en haut

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Crylith Avanaël
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MessagePosté le: Dim 24 Oct 2010 - 23:13 Répondre en citantRevenir en haut

Crulith avait entendu la porte se refermer tout doucement mais elle n’avait pas bougé. Elle savait qu’un jour cela arriverait. Peddyr avait changé ses derniers temps, il semblait hanté. Bien sur, il faisait bonne figure devant elle, mais elle n’était pas dupe, son regard s’était assombri et il se perdait bien trop souvent dans ses pensées. La nuit il s’agitait et était en proie aux cauchemars. Elle avait bien tenté d’en parler avec lui, mais il se fermait comme une huître à chaque fois, alors elle avait fait semblant de ne plus rien voir. Il avait été soulagé mais elle n’était pas stupide, elle savait que tôt ou tard il allait partir sur Orën, sans elle et elle avait eu raison.

° Je le suis Crylith, ne t’en fais pas, je ne le lâcherais pas une minute. °

° Je sais Sveargith, mais j’ai peur pour lui… °


Le dragon la rassura tant qu’il put et s’envola sans bruit. Il avait rapidement remarqué que régulièrement son Lié l’empêchait d’accéder à ses pensées, il ne savait pas comment mais il le faisait. Il s’en était de suite ouvert à l’ondine et il en avait conclu qu’il fomentait un plan les excluant tous les deux. Le mieux qu’ils leur restaient à faire était de le laisser croire qu’il avait réussi à les berner et pouvoir le suivre.

° Préviens-moi dès que je peux te rejoindre et ne le perds pas de vue, je vais devoir confier les enfants… °

° Va voir Maëvann et Istvan, je suis sur qu’ils pourront t’aider. °


La jeune femme acquiesça et se recroquevilla sous ses couvertures. Elle aurait aimé se rendormir, mais elle en était incapable. Elle se leva donc, fit un passage dans la chambre des jumeaux qui dormaient puis elle en profita pour plier le linge qui s’accumulait depuis un moment dans la buanderie. Elle y passa le reste de la nuit et quand enfin le soleil se leva elle fut soulagée. Elle s’habilla prestement, embrassa ses jumeaux qui dormaient toujours et s’envola au kaerl neutre dès qu’Artica fut là.

Crylith Avanaël n’était qu’une chevalière, mais elle voulait prévenir ses amis neutres qu’elle pouvait être amenée à s’absenter. Elle trouva rapidement Talyon puis Dinjelaï qui tentèrent de la convaincre de ne pas s’engager dans cette aventure incertaine mais elle ne les écouta pas, c’était son mari, elle l’avait épousé pour le meilleur et pour le pire. Elle ne le laisserait pas seul, mais elle n’interviendrait que lorsqu’il aurait vraiment besoin d’elle. Pour le moment, elle se préparait juste à le rejoindre mais tout comme Sveargith elle se tiendrait à l’écart. Du moins pour un temps.

L’ondine n’avait plus rien à faire au kaerl à présent. Une chevalière n’avait pas besoin de rendre de compte à son kaerl, au contraire elle était libre d’aller et venir sur le Rhaëg pour découvrir le monde, et surtout approfondir le Lien indéfectible. C’était un moment important et décisif dans la vie des Liés.

° Allez Kya, allons à la Sylve. J’espère que nous y trouverons Istvan ou Maëvann. °


La blanche s’exécuta et en un instant, elle se trouva devant le chalet calme.

° Que fais-tu ici Crylith ? °


« Draveÿn… J’imagine que Maëvann est là, je dois lui parler. »


° Oui elle est à l’intérieur en train de nourrir Lucjan. Mais tu es bien matinale, aurais-tu des soucis ? °

« Peddyr est parti… Sans Sveargith… J’ai besoin de conseils et d’un service. »

Le grand noir resta coi. Un bipède qui laissait derrière lui son Lié, voilà qui était inédit et suffisamment grave pour ne pas être ignoré. Il s’écarta du chemin de l’ondine et elle se précipita à l’intérieur. Elle trouva rapidement la céleste et passa les heures qui suivirent à lui expliquer la situation. Entre temps Istvan était rentré et fut tout aussi effaré par ce qu’elle venait de leur apprendre. Il voulut partir aussitôt pour Orën mais elle réussit à l’en dissuader.

« Istvan, il doit retourner sur la trace de son passé. Il n’a pas le choix s’il veut retrouver sa sérénité. Je vais aller le rejoindre et j’interviendrais au besoin. Je voudrais vous confier Peidric et Azyalith le temps de notre absence. »


Une larme perla à son œil qu’elle essuya furtivement. Crylith implorait les deux célestes de lui venir en aide, ce qu’ils finirent par accepter avec réticence. Non pas qu’ils ne souhaitaient pas garder les jumeaux, mais plutôt parce qu’ils craignaient pour la vie des deux époux.

« Je partirai demain à l’aube. Je vous amènerai Peidric et Azyalith au coucher du soleil. Je dois partir maintenant, il me reste encore des choses à faire. »

Les deux célestes la serrèrent dans leurs bras et la regardèrent partir avec une pointe d’angoisse. Pour autant, ils feraient tout pour protéger ces petits êtres jusqu’à ce que leurs parents reviennent, sains et saufs…
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Lun 8 Nov 2010 - 23:03 Répondre en citantRevenir en haut

De nombreux bateaux partaient presque tous les joueurs pour Orën. Ys était une plaque tournante pour le commerce par les voies navigables. Peddyr n’eut aucun mal à trouver un navire qui partait pour sa destination et surtout, qui prenaient quelques passagers. Pour cela, il avait déboursé quelques pièces de plus pour se faire accepter à bord. Les prix pour ce genre de voyage variaient et les capitaines étaient peu scrupuleux à se faire de l’argent sur le dos des simples voyageurs. Autant de ne pas protester de toute façon. Sinon, pour Orën, il devrait se passer de bateaux. Les marins faisaient vite circuler les informations quand une personne étrangère posait quelques ennuis.

Le navire, qui était plus une grosse coquille de noix un peu délabrée prit le large au matin, dès la marée, pour assurer au mieux son départ. Les voiles claquaient sous le vent irrégulier mais qui soufflait dans la bonne direction. Le bateau avançait donc relativement bien. Mais malheureusement pour Peddyr, cela n’allait pas assez vite à son goût. Plusieurs fois au court de la journée, il avait ressenti la présence de Zadan et avait dû faire preuve de volonté pour le contrer et le renvoyer dans les profondeurs de son esprit. Pour le moment, retrouver ce qu’il avait été vraiment était le seul chemin qu’il connaissait. Et le nom d’une ville : Camlach.

Il revoyait quelques détails de cette cité. Son entrée magistrale et par le fait qu’elle était juchée sur le sommet de la falaise qui dominait le fleuve, telle une forteresse imprenable. Ses remparts aussi… Lors de son dernier combat... Le reste lui était encore inconnu. Peut-être que tout lui reviendrait en mémoire quand il parcourait à nouveau ses rues…

Il alla s’accouder sur le bastingage, regardant le bleu des flots. Il repensa à Crylith, qu’il avait presque trahi en partant seul et contre sa volonté. Il savait qu’elle en aurait le cœur brisé. Et depuis le départ d’Ys, il sentait aussi le vide de son lié. Jamais encore il ne s’était retrouvé aussi loin de son dragon. Et ne pas le sentir était aussi effrayant que de ne plus revoir sa tendre femme. Il ferma les yeux pour essayer de plus songé à eux deux… Mais même les yeux clos, il revoyait le doux sourire sur le visage radieux de sa belle ondine et le rire de son lié facétieux. Il serra les poings, manquant de frapper du poing le bois du bastingage.

°Tu devrais réfléchir à ma proposition. °
°Tu sais très bien qu’elle est ma réponse. Et c’est toujours non !°
°Même si je te disais ce que nous sommes réellement ? Tu serais étonné et tu pourrais avoir plus que tu ne peux l’espérer ! °
°Tu ne pourrais pas me convaincre. Abandonne°
°Je suis ici car tu as eu un moment de faiblesse. Je sais que tu enrages de ne pas avoir réussi à me contenir, mais à chacune de mes venues, je prends plus d’emprise sur toi. Bientôt Peddyr redeviendra Estan. Et tu ne pourras pas changer cela °
°Tu te trompes ! Jamais tu ne pourras rependre ta place. Disparais ! °


Il rouvrit les yeux, et il était en nage. Si toutes les luttes étaient comme cela… Quelques jours à tenir. Quelques jours…

Sveargith de son côté arrivait à sentir les émotions de son lié tout en ne se faisant pas sentir. Il devait rester loin et profitait de quelques îles pour se reposer et suivre le navire de très loin. Même si c’était ténu, il sentait cette angoisse et surtout, cette autre présence perturbante. Régulièrement, sur l’écoulement des jours, il faisait un rapide rapport à Kyalith, pour que Crylith reste informée de ce qui se passait.

Les terres d’Orën furent en vue au bout du quatrième jour. Peddyr ne se sentait guère en forme quand il mit le pied de son continent natal. Outre le mal de mer, il avait dû lutter contre son autre soi et affronter une légère crise migraineuse. Tout cela qui se cumulait le mettait à rude épreuve, si on rajoutait à cela l’absence de la présence mentale de son dragon et le fou désir d’abandonner son entreprise pour aller retrouver Crylith. Son esprit était mélancolique de ne pas les voir. Quatre jours… Ce n’était pas grand-chose, mais cela pouvait paraître une éternité.

Au port, il acheta un hongre docile et demanda au vendeur la direction de Camlach. Personne ne pouvait louper la cité royale… Elle était à deux jours de cheval. Pendant ses deux jours, Peddyr veillerait à changer un peu son allure. Même si dix longues années étaient passés et que cela se marquait sur son visage, il pouvait être reconnu ; même si c’était un risque minimum. Il attacherait ses cheveux en une queue de cheval et se laisserait un peu pousser la barbe, pour la tailler convenablement. Il n’aurait pas besoin de maquillage. Il avait encore le teint des plaines désertiques.

Du port, un cheval partit au petit galop pour la cité de Camlach. Un jeune humain encapuchonné venait de faire son apparition sur le ponton. Sveargith le regard inquiet, suivait le départ de son lié….



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Crylith Avanaël
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MessagePosté le: Jeu 30 Déc 2010 - 20:44 Répondre en citantRevenir en haut

Crylith n’avait pas mis longtemps à préparer son départ et c’est les yeux pleins de larmes qu’elle confia les deux êtres les plus précieux à ses amis célestes. Elle leur embrassa le front, leur offrit tant bien que mal son plus tendre sourire pour qu’ils ne gardent d’elle que cette image de maman sereine puis se retourna pour cacher ses larmes avant d’enfourcher Kyalith. Istvan qui l’avait suivi, l’attrapa avant même qu’elle n’ait eu le temps de se hisser sur la croupe de sa Liée et la serra dans ses bras.

« Ramène-le-nous vite. Et si tu as besoin d’aide, tu sais que tu peux compter sur nous. Sveargith peut appeler Svarog à tout instant et nous arriverons dès que possible. »


L’ondine fut un instant tentée de s’effondrer dans les bras de l’Arpadien mais elle redressa fièrement la tête.

« Oui je le ramènerai vivant, par la peau des fesses s’il le faut. »


Istvan eut un sourire attendri pour la force que le petit bout de femme dégageait en cet instant et la hissa lui-même sur Kyalith. Puis il lui serra la main une dernière fois et les regarda s’envoler, un voile d’inquiétude dans le regard. Se tournant de nouveau vers son chalet, il observa les jumeaux qui regardaient avec une gravité bien incongrue pour leurs âges l’endroit où leur maman avait disparu dans l’interstice. A grandes enjambées, il les rejoignit et les attrapa un dans chaque bras pour les faire tournoyer, effacer cette expression et revoir leurs sourires si enjoués. Il ne fallut pas bien longtemps pour entendre résonner leurs rires dans la maison accompagné de celui de Lucjan même si les deux célestes se jetaient de fréquents regards interrogateurs et inquiets.

Crylith n’avait pas osé se tourner pour voir une dernière fois Azyalith et Peidric, elle avait eu peur de ne pas réussir à partir. C’était un tel déchirement, elle avait l’impression de les abandonner et le vivait très mal.

° Ma Lilith tu sais que c’est faux. °

° Un peu quand même. Et si je ne reviens pas ? On ne sait pas ce qu’il peut nous arriver tu sais. °

° Dois-je te rappeler ce que nous sommes Sveargith et moi ? Tu crois vraiment qu’on vous laisserait mourir sans agir ? Arrête de te mettre martel en tête, nous verrons bien sur place. °


La jeune maman exhala un profond soupir et elles arrivèrent rapidement à la clairière où le brun les attendait. KYalith eut à peine le temps de se poser que sa Liée sautait par terre et se précipitait vers lui.

« Où est-il ? As-tu des nouvelles ? A-t-il trouvé des indices ? A-t-il trouvé son ancien fort ? Des personnes de son passé… »


Le pauvre dragon croulait sous les questions et ne savait plus que faire pour arrêter le flot ininterrompu des questions de la jeune femme.

° CRYLITH laisse le respirer bon sang… °
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Sam 8 Jan 2011 - 13:12 Répondre en citantRevenir en haut

Le dragon eut en effet pas eu le temps de parler qu'il était déjà assailli de questions. Il était normal que l'ondine s'inquiète. L'humain partait dans une folle entreprise. Le moindre loupé pourrait lui être plus que contraignant. Il inspira profondément pour ne pas se laisser emporter par toutes les informations qu'il avait à fournir pour répondre aux attentes de l'ondine. La dragonne blanche avait contraint sa liée à ne pas l'assaillir. Le pauvre était déjà bien inquiet lui aussi et ne pas avoir de contact depuis le départ de Peddyr ne l'aidait pas vraiment.

°Il est arrivé aux portes de Camlach. C'est la cité royale du royaume où il a atterri. Pour le moment, il s'est arrêté dans un des villages avoisinant cette grande ville, le temps de faire une halte et le temps de se renseigner. Je pense qu'il va chercher à chercher des informations actuelles avant de mettre les pieds plus en avant. Il s'est même un peu déguisé en s'attachant les cheveux et se laissant pousser la barbe. Même passé une décennie, j'espère que cela suffira pour que personne ne le reconnaisse. J'espère surtout qu'il ne se fera pas trop remarqué. Sans doute qu'il va se faire passer par un passionné d'histoires locales pour apprendre les évènements de ces dernières années. Surtout pour entendre l'épisode qui le concerne. °

Le dragon baissa la tête.

°J'aurai voulu me rapprocher un peu dans la bourgade où il était, mais je redoutais qu'il me sente ou me reconnaisse. Même s'il arrive à me couper le lien, je ne sais pas encore comment, je le sens par à-coup. Une perte de contrôle sans doute en est la cause. J'ai l'impression qu'il lutte durement contre son autre personnalité, comme si son ancien soi essayait de reprendre le contrôle... C'est cela qui m'inquiète.....Peut-être que demain il ira à Camlach... J'en saurai plus. Envisages-tu d'y pénétrer aussi prochainement ? °



Ignorant que son lié le guettait de loin et tenait informé sa femme, il pénétrait comme le pensait son dragon dans la cité de Camlach. Il allait comme l'avait pensé Sveargith se faire passer par un quêteur d'histoire, pour on ne sait quel sage ou érudit. Les rats de bibliothèque étaient connus pour ne pas aimer les voyages et de prendre des intermédiaires. Pour Peddyr ce serait facile. Il connaissait de noms quelques uns de ces personnages du continent désertique. Il franchit les portes sans aucune difficulté aucune, malgré le regard suspicieux des gardes. Ils accordaient ce coup d'oeil pour les étrangers. Une fois les hautes murailles derrière lui, il fut un peu surpris de pas reconnaitre l'architecture calcaire des constructions. La pierre n'était pas ce qui manquait dans le coin et ce qui donnait cet aspect de lumière à la cité. Par contre, le palais qui se juchait plus haut, à l'autre bout de la ville dominant le reste de la ville, évoquait quelque chose pour l'ancien guerrier. Ses quelques hautes tours lui rappelait quelques scènes vagues. Il était sur un début de piste. Il alla se oser dans une taverne du coin, pour se prendre une chambre. Il entreprendrait ses recherches dans la journée.

Un vieux garde remarqua la venue de Peddyr. Haussant un sourcil, il commença à le suivre.



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Crylith Avanaël
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MessagePosté le: Sam 22 Jan 2011 - 17:20 Répondre en citantRevenir en haut

Crylith trépignait sur place et aurait volontiers secoué le pauvre Sveargith, mais elle se ressaisit, il n’y était pour rien si sa tête de mule de Lié n’avait pas décidé de faire cavalier seul. Elle ravala sa colère et surtout son inquiétude pour écouter ce qu’il pouvait lui apprendre. Elle était également déçue qu’il les mette ainsi à l’écart. Ils avaient décidé de former une famille pour le meilleur et pour le pire, pourtant il ne leur faisait pas assez confiance pour l’aider. Une larme perla au coin de son œil parme et roula sur sa joue, traçant un sillon humide sur la peau de porcelaine. Elle l’essuya furtivement.

« Excuse moi Svear, mais je suis si inquiète et je sais que pour toi c’est encore pire. »


Elle s’approcha du brun et posa sa main sur son flanc. Elle le caressa doucement et posa sa tête contre la sienne. Elle pouvait lire l’angoisse dans ses yeux, la même angoisse qui la tenaillait, comme un écho.

« Estan Zadan… Il est plus fort à mesure que Peddyr tente de le repousser, il n’a toujours pas compris qu’il doit accepter son passé, cet autre lui. Et il ne m’a jamais fait assez confiance, pourtant j’aurais pu l’aider. »

Elle poussa un profond soupir et Kyalith la poussa gentiment du museau. De douces pensées vinrent s’immiscer dans son esprit, des vagues d’apaisement comme le reflux léger de la mer qui avait toujours eu sur l’ondine un effet relaxant. Ses muscles se détendirent quelque peu bien que l’anxiété imprégnait toujours son être, au moins était-elle entourée et savait ses enfants en sureté.

« J’ai pas mal réfléchi et je me suis renseignée sur Camlach. Il y a une communauté qui accueille les voyageurs du côté de la porte Ouest. Je vais y aller dès demain. Svear et toi ma Kya vous resterez à l’extérieur. Non Svear, écoute-moi. Non seulement nous attirerions plus l’attention à trois, mais également, conservez trop longtemps votre forme humanoide vous épuiserait et nous devons conserver nos atouts au maximum. Et puis vous pourrez intervenir à tout moment, vous ne serez jamais loin, alors cesse tes objections, tu sais que j’ai raison. »


La jeune femme aurait bien aimé y aller tout de suite, mais ce n’était pas raisonnable, la nuit était en train de tomber maintenant, elle risquerait d’attirer un peu trop l’attention. Mieux valait qu’ils échafaudent un plan cette nuit et qu’elle se grime pour passer inaperçu. Peu d’ondins passaient en ces lieux. Elle allait donc colorer sa chevelure d’argent pour commencer. Elle sortit de sa besace la mixture qu’elle avait préparé et s’enduisit la tête. Rapidement le gris fit place à une jolie teinte auburn, mettant en valeur sa peau d’albâtre. Pour ses yeux, Nealyan lui avait donné un petit flacon qui renfermait la solution d’une plante qu’elle ne connaissait pas mais qui avait la propriété de colorer les pupilles, ou tout du moins des les assombrir. Son regard d’améthyste deviendrait presque noir pendant quelques heures et complèterait à merveille son camouflage, elle ressemblerait à une humaine si on n’y regardait pas de trop près.

Sveargith avait préparé un feu tandis que Kyalith avait ramené un petit lapin pour sa Liée et une biche pour les deux dragons. L’ondine prépara son repas et ils mangèrent tous trois en silence. Les pensées se bousculaient dans leurs esprits, mais tout avait été dit et il ne servait à rien de ressasser la peur qui les tenaillait quant à l’avenir de ce qu’ils avaient entrepris. Ils se couchèrent en silence, Crylith blottit entre les pattes de la blanche mais ils eurent du mal à trouver le sommeil.

Le soleil se leva enfin et prestement, la maitresse blanche se revêtit. Puis elle serra les deux dragons contre elle, du moins ce qu’elle pouvait et partit rejoindre la porte ouest. Elle contourna d’abord la cité et atteignit assez rapidement son objectif. Il y avait déjà une foule de vendeurs ambulants, de marchands venus proposés leurs trésors ou encore de simples voyageurs comme elle qui souhaitait simplement visiter la cité. Elle se fondit dans la masse, passant totalement inaperçue. Elle avait adopté un profil bas mais un regard franc pour ne pas attirer inutilement les questions et cela fonctionnait à merveille. Peddyr ne la reconnaitrait pas non plus, la teinte de ses cheveux et de ses yeux changeaient totalement sa physionomie. Pour l’heure elle devait le retrouver mais sans questionner les habitants. Le brun lui avait dit qu’il devait se trouver dans une taverne, mais il y en avait tant…
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Lun 31 Jan 2011 - 19:14 Répondre en citantRevenir en haut

Sveargith poussa un grondement. Elle l’avait précédé dans son désir de la suivre et l’aider au mieux. Mais elle avait raison. Avec la liée de l’ondine, les dragons avaient besoin de garder leurs forces, en cas de soucis. Il avait gardé le silence devant la détresse la jeune femme. Puis cette fois, il reprit la parole.

°Ne dis pas cela. Peddyr te fera confiance quoiqu’il arrive. Il avait accepté cette part ancienne qui le hantait et tu l’y as aidé. Beaucoup même. Mais ce n’est pas une simple lutte d’amnésie et de retour de souvenirs qu’il est en train de subir. C’est bien pire et je le redoute. °

Le dragon déglutit.

°Son autre part, son autre soi… Cet Estan Zadan. C’est comment une autre entité. Un autre être qui pense et qui réfléchit. C’est peut-être absurde ce que je dis, mais cela expliquerait pourquoi Peddyr est parti loin de nous tous. Pour retenir cette part indépendante qui est en train de monter en lui loin de nous, pour notre sécurité et plus pour la tienne Crylith. La tienne et celles de vos jumeaux. Il a accepté ce qu’il était autrefois, mais je ne sais par quelle magie, son passé est en train de reprendre vie en lui et cherche à prendre le contrôle total… Il était parti à Camlach pour terminer ce qu’il avait commencé… et cela j’en ai peur… °

Le dragon avait baissé la tête.

°Je crains qu’il ne cherche un moyen de tuer cette part malsaine qui le gangrène. Et il ne pouvait que le faire dans cette cité. Fais attention Crylith. Qui sait ce que cet Estan pourrait faire si Peddyr n’arrive plus à le contrôler…°


Le matin s’était levé sur la cité impériale. L’aube laissait à peine place au soleil que dans la taverne où était descendu le vieux guerrier, on ouvrait déjà les volets et les premiers clients arrivaient pour se réchauffer le gosier à coup de vin. Peddyr descendit de sa chambre peu de temps après, la figure enfarinée comme s’il avait pris une cuite la veille. Toute la nuit, il avait cauchemardé, rêvant de ce qu’il était autrefois. Revenir à Camlach lui redonnait d’anciens souvenirs. Mais il avait l’impression que les souvenirs en question étaient sélectionnés, rien que pour le tourmenter. En clair, il avait mal dormi.

Il alla s’attabler et commander le petit-déjeuner. Attendant presque dans le vague, il ne vit pas l’approche d’un vieux garde, avec une courte crinière grisonnante. Il déposa une pinte de bière devant l’humain.

’’Cela n’a pas l’air d’aller fort de bon matin. Une bière comme celle-là réveillerait un mort.’’
‘’Merci mais j’en ai pas besoin… C’est gentil de votre part, mais je désire être tranquille à ma table’’
‘’Tu as toujours été de mauvaise humeur le matin. Et cela ne change pas on dirait, même après une décennie.’’


Peddyr écarquilla les yeux et manqua d’attraper son épée.

’’Calme mon garçon. T’excite pas. Je ne suis pas ton ennemi. Et c’est une chance que personne ne t’ait encore reconnu. ‘’
‘’Bon sang mais qui êtes vous ? ‘’
‘’Tu sais que tu es potentiellement en danger ici mais tu as pas souvenance de moi ? Hum, tu as dû recevoir un sacré coup sur la tête mon ami. Sortons d’ici et allons discuter dans un coin.’’
‘’Si c’est pour… ‘’

‘’Mais non ! Rhâ par les …. Bon. Pour t’éclaircir l’esprit, je suis ton ancien maître d’arme. Mais sortons. ‘’


Peddyr paya sa commande qu’il n’eut pas le temps de manger et il suivit cet étrange vieux bonhomme. Et une fois qu’ils furent dans une ruelle loin des oreilles et des regards des autres, le vieux maître put donner ses explications.

’’Si je m’attendais à te revoir un jour. Tout le monde te pensait mort ! Je suis Asfir, ton ancien maître d’arme. C’est moi qui t’ai appris à te battre et si tu es là encore aujourd’hui c’est que tu as su retenir les bonnes choses. ‘’
‘’Je ne me souviens que de fragments mais pas de cela… Je ne me m’attendais pas à recroiser une ancienne connaissance… de mon autre vie. ‘’
‘’Comment cela de ton autre… Qu’est-ce que c’est ces salades ? Tu n’es pas revenu pour reprendre ce qui te revient de droit ? ‘’
‘’Je crois qu’il y a méprise. Je ne suis plus vraiment l’homme que vous avez connu. Aujourd’hui, je suis Peddyr Avanaël Thelrand. ‘’
‘’Mais oui… Ton vrai nom est Estan zadan ! ‘’


Peddyr blêmit.

’’Ca va mon garçon ? ‘’
‘’ Oui c’est rien… Je me suis pas que de ce nom et que… J’avais commis des choses…abominables.’’
‘’Ah je comprends mieux… Oulala, tu n’as pas aidé. C’est vrai que tu étais un sang-chaud et tu n’étais pas tendre, je dois l’avouer, mais c’était avant que tu ne changes. On commet tous des erreurs de jeunesse. Et visiblement, tu te souviens que du pire. ‘’
‘’je me souviens de m’être battu avant de chuter dans le fleuve. Qu’est-ce qu’il s’était passé ?’’
‘’Tu cherchais à lutter contre ton fou de frère, qui avait tué votre père pour prendre le trône… Il règne encore aujourd’hui et même s’il est plus calme, il peut toujours décidé du jour au lendemain de faire des rapts pour pendre les soit-disant traîtres à la couronne…’’


Le vieil homme lui raconta les premières années de son sinistre règne. Peddyr en déglutit, apprenant maintenant qu’il avait un frère et qu’il était de sang régnant.

’Maintenant tu es là ! Nous allons pouvoir renverser son joug et libérer Camlach’’
‘’Quand je suis arrivé, je n’ai pas eu l’impression que vous étiez vraiment oppressé… ‘’
‘’Mais tu n’as encore rien vu, ce n’est pas en quelques jours que tu vois le mal que fait ton frère ! La cité prospère certes, mais à quel prix ! Il faut….’’
‘’Merci de votre aide, mais je dois d’abord résoudre mes problèmes. Grâce à vous, j’en sais un peu plus sur ce que j’étais….’’
’Tu as bien changé… Tu n’aurais pas été porté disparu, tu l’aurais combattu ‘’
‘’Le destin en a voulu autrement et je l’ai payé cher Asfir. De plus, je ne doute pas que ma tête doit encore être mise à prix…’’
’Elle l’est encore même si on ne voit plus ton visage depuis un bon moment sur les affiches… Mais par les… Rhâ. Camlach a besoin de toi ! ‘’
‘’Quand j’aurai détruit ce qui reste de l’ancien Estan en moi… le dangereux, pas l’homme qui combattait sur les remparts. ‘’
’je ne comprends pas…’’
‘’Moi si… Asfir. Si je réussis à accomplir ce que je recherche, je reverrai ta proposition. Tu as ma parole… ‘’
‘’J’en doute… Néanmoins, j’ai été ravi de te revoir encore une fois mon garçon. Fais attention à toi…’’

Peddyr posa une main amicale sur l’épaule de cet homme qui avait été de son passé et s’en retourna dans la ruelle principale. Maintenant tout s’éclaircissait… Il redoutait maintenant d’affronter cette vérité supplémentaire… Si son autre soi l’avait presque poussé à venir ici, c’était pour parachever ce qu’il n’avait pas plus accomplir avant de changer. Le moi horrible cherchait à prendre la place du frère fou de pouvoir… Peddyr devait empêcher cela… Et il n’y avait pas plusieurs voies possibles…



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MessagePosté le: Sam 19 Fév 2011 - 20:27 Répondre en citantRevenir en haut

Crylith s’était fondue dans la masse rapidement et déambulait maintenant sur les pavés de la cité. Elle savait qu’elle allait avoir de grandes difficultés à retrouver son mari, alors plutot que de perdre un temps infini à le chercher, elle préféra se diriger vers le centre du savoir pour y dénicher des informations qui l’aiderait par la suite. Après avoir demandé son chemin, elle se retrouva devant une bâtisse délabrée qui continuait pourtant d’accueillir des visiteurs et des érudits de tout horizon. Visiblement le Seigneur de Camlach n’était pas très enclin à soutenir la connaissance mais pourtant il y avait toujours un archiviste, bien plus âgé que Folken mais très désireux de répondre à ses nombreuses questions.

La jeune femme appris l’histoire de la cité mais surtout su lire entre les phrases du vieil homme. Elle semblait prospère et sans soucis, mais les habitants redoutaient les frasques du Seigneur. Elle frémit en entendant son nom et l’histoire des deux frères. Ainsi donc son mari était de sang royal et avait participé à l’assassinat de son propre père. Non pas directement, mais il n’avait pas réussi à empêcher son frère de le faire. Depuis tout allait de mal en pis. Les citadins craignaient les sautes d’humeur fantasques de leur souverain bien qu’avec le temps il semblait moins enclin à lancer des campagnes mortelles.

Crylith le remercia chaleureusement puis sortit sous le soleil écrasant de la mi-journée. Ses yeux mirent un moment à s’accoutumer de la lumière crue de l’astre ardent mais lorsqu’enfin elle put voir correctement, ses yeux aperçurent Peddyr qui sortait d’une ruelle toute proche, suivi par un homme qui prit le chemin opposé. Elle hésita une fraction de seconde avant de poursuivre non pas son mari mais l’autre homme. Maintenant qu’elle savait qui il était, elle savait où elle pourrait le trouver. Elle espérait simplement qu’il ne foncerait pas tête baissée au château.

L’ondine courut presque à la suite du garde et dans sa précipitation à le rattraper, elle trébucha et s’effondra au sol. Un gémissement s’échappa de sa gorge tandis que Kyalith grondait dans son esprit.

° Non c’est rien ma Kya, je me suis juste tordue la cheville. °

Elle vit d’abord une paire de jambes, puis un visage apparut devant ses yeux.

« Vous allez bien mademoiselle ? »


« Oui oui, je me suis seulement foulée la cheville… »

Il lui tendit la main et l’aida à se relever.

« Merci. »


« Ca va aller vous êtes sure ? »

« Oui merci beaucoup. Je suis Crylith Avanaël. »

L’homme tiqua à l’énoncé du nom mais serra la main de la jeune femme.

« Je me nomme Asfir. C’est étrange, il me semble que votre nom ne m’est pas inconnu… »

Il laissa sa phrase en suspens laissa à Crylith le temps de trouver une réponse, mais elle choisit l’honnêteté.

« Et bien j’ai l’impression que vous connaissez mon époux, Peddyr ou devrais-je dire Estan. »

Un silence s’installa pendant quelques secondes entre eux.

« Suivez-moi, nous serons plus à l’aise assis devant un bon repas. »


Elle n’hésita pas une seconde et ils se retrouvèrent attablés devant un bon plat chaud, accompagné d’un verre d’hydromel savoureux. Ils mangèrent d’abord sans un mot, s’évaluant l’un l’autre puis les questions commencèrent à fuser.

« Comment avez-vous connu… Peddyr ? C’est bien comme ça que vous le nommez n’est-ce pas ? »


« Et bien je l’ai trouvé souffrant d’une atroce migraine en plein milieu d’une forêt, je l’ai plus ou moins soigné et nous sommes tombés amoureux. Nous sommes de deux mondes différents mais nous avons su effacer les obstacles. Nous sommes mariés depuis une année maintenant et nos jumeaux vont avoir six mois bientôt. »


Elle raconta quelques anecdotes de plus faisant sourire l’ancien compagnon d’armes de Peddyr, décrivant le nouvel homme qu’il était devenu en taisant bien sur l’existence des dragons.

« Ecoutez, je ne sais pas ce qu’il a en tête mais il a décidé d’affronter ça tout seul. Je l’étranglerai bien si je l’avais sous la main, à quoi sert le serment que l’on a prêté mais peu importe, avez-vous une idée de ce qu’il prépare ? »

« Malheureusement aucune. Il ne m’a rien dit, si ce n’est qu’il m’aiderait s’il arrivait à résoudre ce qui l’avait amené ici. »


La jeune maman avala péniblement sa salive.

« Tant pis, merci quand même… »

« Je peux vous aider, je ne sais pas encore comment, mais j’ai une dette envers lui vous savez, alors si je peux faire quoique ce soit, je le ferai. »

Une petite larme d’émotion perla à son œil et elle serra le brave homme dans ses bras.

« Merci… Maintenant que faisons-nous ? »


Dernière édition par Crylith Avanaël le Dim 13 Mar 2011 - 14:52; édité 1 fois
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Lun 7 Mar 2011 - 19:00 Répondre en citantRevenir en haut

Recherche du passé.


La réponse bouleversée de la jeune femme étreignit le cœur du vieil homme. Il ne pouvait garantir d’aider vraiment son ancien ami et sa jeune et belle femme. Il tenait encore à la vie, même s’il désapprouvait la politique du roi actuel. Faute de courage sans doute, ou de trouver assez de personnes téméraires pour accomplir ce qu’il n’avait pu réussir. Il ne pourrait pas se cacher éternellement de toute façon. Cette peur qui lui broyait les entrailles devait cesser… Peddyr, ou Estan, quelque soit son nom, pourrait renverser la situation et permettre à Camlach de retrouver une vie plus… sereine. Il fixa la jeune femme. Oui, il l’allait l’aider. Il ne savait pas comment encore, mais il allait le faire.

’’Ce que nous allons faire, c’est le surveiller. Tête brûlée comme il est s’il a gardé ce trait de caractère, il voudra aller absolument aller au bout de ses objectifs. Et maintenant qu’il sait un peu plus ce qui s’était passé….Peut-être cherchera-t-il à se venger. ‘’

Sveargith déguisé sous la forme d’un jeune homme au visage sérieux se permit de se rapprocher.

’’Il est possible qu’il cherche à faire payer le prix de ce qu’il a subi autrefois, mais ce n’est pas un meurtrier ! ‘’
‘’Je veux bien te croire, mon garçon. Si tu es aussi son ami, alors il faudra agir au-delà de ton amitié pour lui, si tu ne veux pas qu’il commette l’irréparable. Nous devrions ne pas le perdre de vue. Je connais cette ville comme personne, il y aura de quoi le suivre sans se faire voir. ‘’

Asfir abusait trop de sa certitude. Peddyr ne reconnaissait guère la cité, mais des brins de souvenirs le poussaient vers un endroit qu’il aurait cru impossible de se rappeler. Au travers des rues, tout en veillant à paraître comme un homme normal, il s’était rapproché des remparts. Son but ? Rentrer dans le palais. Et il ne pouvait pas envisager de passer par la porte principale.

Il regarda la muraille de toute sa hauteur. Pourquoi était-il venu là, dans un recoin de rue où s’entassaient mille et une caisses de bois moisies ? Soudainement, sa tête lui fit un mal de chien. Il ne put que mettre un genou à terre, la main portée à sa tête. Ce n’était pas le moment d’une nouvelle crise migraineuse… D’une main tremblante il chercha déjà ses feuilles d’alhé pour les porter à sa bouche. Et le temps de les mâcher, son égo malsain vint le narguer

°Espères-tu me combattre en cherchant une entrée par ici ? °
°Tais-toi donc….°
°Intéressant cet effet migraineux. Excuse-moi, j’en profite un peu pour reprendre ce qui me revient de droit°
°Va au diable ! °


Réussissant à retrouver un peu d’aplomb, Peddyr réussit à chasser cet autre soi et se redressa. Se sentant mieux et mû par un ancien réflexe, il chercha quelque chose dans la pierre et décela une sorte de loquet taillé habilement dans la pierre. Il fut surpris d’entendre un craquement et d’apercevoir l’apparition d’une porte secrète. Aussitôt il y pénétra.

Lentement, il marcha dans le dallage et il eut presque peur de savoir où il allait exactement. Doucement, à tâtons où tourner et ou éviter quelques trous vicieux. Par contre, pour savoir où cela débarquerait… Il mit une bonne heure à marcher à l’intérieur de la muraille, il le savait. Et quand enfin il vit de la lumière, ce fut pour entendre des voix. Mais il ne saurait les comprendre. Il fut tenté de se rapprocher. Doucement, il s’approcha de ce qui ressemblait à une fine fente pour espionner. Par contre, ce qu’il ne prévoyait pas du tout fut la présence d’une courte dalle. Il marcha dessus et le mur pivota violemment alors qu’il était appuyé contre. Il tenta de se rattraper, les yeux écarquillés de surprises. Quand il se posa une main au sol pour se relever, ce fut pour voir les pointes de lance prêtes à le planter.

Trois gardes avaient surpris son apparition. Une autre personne se tenait en retrait. Peddyr avait déjà fixé son regard sur elle, reconnaissant des traits familiers. Bien que richement vêtue, il avait un visage taillé dans le marbre, comme s’il avait quelque peu durement vécu. Ses cheveux auburn le rajeunissaient un peu, malgré les rides de la quarantaine. Outre le regard bleu acier, il avait le même visage que Peddyr… Il venait de tomber sur son frère. Ce dernier semblait surpris et ses yeux s’ouvrirent en grand, en reconnaissant Peddyr.

’ Toi ! Mais je ne croyais mort ! ‘’
‘’ Je suis plutôt du genre tenance on dirait… ‘’
‘’Visiblement toujours aussi fou tu veux dire. Après toutes ces années, j’ai du mal encore à en revenir. Et on se demande pourquoi tu es revenu. Mais cela n’a pas d’importance. Tu tombes à point nommé pour les prochains jours. Gardes emprisonnez-le… Estan mon cher frère disparu et qui revient d’entre les morts, vraiment, ta traîtrise est toujours d’actuellement et cela manquait d’exécution. ‘’


Peddyr tenta de lui sauter dessus, guidé par l’instinct meurtrier d’Estan qui ressurgissait à ce moment là. Les trois gardes le retinrent avec force.

’’Allons allons, pourquoi tant de violence. Mes geôliers vont avoir de quoi s’amuser ce soir’’
‘’Tu ne paies rien pour attendre Ethran ! Tu vas payer pour…’’
‘’Silence ! Toujours aussi hargneux… Gardes, emmenez-moi cela’’


Peddyr fut emmené au cachot. Il jugula Estan qui avait réussi il ne savait comment à parler par sa bouche. Peddyr venait à peine de reconnaître ce frère qu’il avait oublié depuis si longtemps. Estan semblait savoir beaucoup de chose…


Sveargith poussa un gémissement et se prit la tête entre ses mains. Ses amis s’enquirent de son malaise.

°Peddyr est prisonnier. Et on vient de le frapper violemment à la tête. Je ne l’entends plus. Je sais qu’il s’est fait capturer avant. J’ai entendu des mots comme une exécution… Il vient de se faire prendre…°



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MessagePosté le: Dim 13 Mar 2011 - 15:01 Répondre en citantRevenir en haut

Crylith et Asfir réfléchissait à la façon d’aider Peddyr, quand la voix de Sveargith retentit dans son esprit, un peu violemment.

° Peddyr est prisonnier. Et on vient de le frapper violemment à la tête. Je ne l’entends plus. Je sais qu’il s’est fait capturer avant. J’ai entendu des mots comme une exécution… Il vient de se faire prendre… °

La jeune femme ne put s’empêcher de pousser un juron et devant l’air interloqué de vieil homme elle crut bon de s’expliquer.

« Ecoutez ne me demander pas comment, mais je sais que Peddyr vient de se faire capturer et va bientôt se faire exécuter. Nous devons agir et vite. Son frère a l'intention de le faire exécuter au crépuscule ce soir devant la foule réunie.»


Asfir fronça les sourcils et était sur le point de poser plus de questions, tenter de comprendre mais finalement il choisit de s’abstenir. Il était évident que l’ondine ne lui répondrait pas et puis il était probablement plus judicieux d’en savoir le moins possible. Fort de cette décision il attendit qu’elle se calme et s’exprime.

« Bon, ne nous affolons pas, il n’est pas encore mort. Quel est le meilleur moyen d’entrer au château ? »


Elle semblait réfléchir tout haut, sans forcément attendre de réponses, il se tut donc pour le moment.

« J’imagine qu’il y a surement des passages secrets pour y entrer mais je ne suis pas convaincue que ce soit la meilleure solution. C’est son frère qui l’a fait emprisonner mais si j’ai bien compris, ce n’est pas forcément à lui que revient le trône, donc il doit bien exister quelque chose, une loi quelconque pour le ramener à la réalité. Oui je pense qu’il vaut le confronter à la populace, il ne pourra pas faire autrement… »

Asfir sourit devant la pugnacité et l’intelligence de la jeune maman. Elle avait entièrement raison. Une approche furtive risquait plus d’échouer et de les voir mourir qu’autres choses. Cela dit il ne voyait pas très bien comment elle comptait parvenir à le faire libérer.

« Bon la première chose à faire est de s’imprégner des textes de loi de la cité et rapidement, nous n’avons que peu de temps. »


Crylith se leva et partit précipitamment vers la bibliothèque de la ville.

° Ma Lilith, Sveargith est en train de ramasser ses affaires pour pénétrer dans la ville… Je n’arrive plus à le raisonner. °


Un deuxième juron s’échappa de ses lèvres.

° Sveargith, écoute-moi bien, ne fiche pas en l’air tous les efforts que je fais pour sauver Peddyr. Tu sais très bien que je te laisserai intervenir en cas de nécessité absolue, mais tu sais aussi bien que moi ce que nous risquons si nous dévoilons l’existence des dragons. Ce n’est pas un petit village, c’est une immense cité dont nous parlons, ton intervention ne pourrait pas passer inaperçu, alors je t’en supplie, reste en dehors de ça pour le moment et garde tes forces, j’aurais besoin de toi, j’ai besoin de toi… °

Un long silence s’ensuivit.

° Svear ? °

Seul un grognement lui répondit, elle avait gagné la partie, du moins pour le moment, mais elle savait qu’il ne l’écouterait pas longtemps. La peur commençait à envahir toutes les fibres de son corps, elle ne pouvait pas échouer et faire de ses jumeaux des orphelins, elle réussirait peu importe le prix qu’elle devrait payer.

Asfir jetait de fréquents regards franchement perplexes à la jeune femme qui semblait totalement ailleurs par moment, mais il ne pouvait s’empêcher de lui faire confiance. Ce petit bout de femme l’avait impressionnée dès le départ, il allait l’aider, en souvenir du passé mais aussi pour que l’avenir soit plus clément envers son peuple. Bien sur, de prime abord on pouvait voir une cité plutôt prospère mais derrière la façade se cachait la misère, la pauvreté, la délinquance mais surtout la détresse, Estan ou Peddyr comme il se faisait appeler maintenant pouvait changer les choses pour peu qu’on lui en donne les moyens.

Ils ne mirent pas longtemps à retrouver le chemin de la bibliothèque et surtout à mettre la main sur les parchemins législatifs de la cité. Il y en avait des choses à lire et ils s’y attelèrent tout deux avec acharnement. Un cri de victoire s’échappa finalement de la bouche de Crylith et elle tendit le parchemin à Asfir, pointant du doigt ce qu’elle avait trouvé.

« Là, la loi dit que c’est à l’ainé que revient le trône mais que l’on peut faire opposition en lançant un défi. Flarmya soit louée il n’a pas fait modifié la loi, persuadé que Peddyr était décédé. Il faut lui mettre cette loi sous le nez au moment de l’exécution. Il ne pourra pas faire autrement. Le Conseil reste encore assez puissant à ce que m’a dit l’archiviste et bien qu’à la botte de Ethran s’ils ne veulent pas se retrouver à la tête d’un soulèvement du peuple, ils seront forcés d’appliquer la loi et s’ils ne le font pas… »


° Ma Lilith ne peut-on pas faire les choses plus discrètement? Solliciter une audience ou quelque chose dans ce gout là? °


° Surement pas. Ethran si j'ai bien compris aime se donner en spectacle pour asseoir sa suprématie sur le peuple, il a besoin de se montrer. Si nous sollicitons une audience en toute discrétion, il tuera Peddyr sans que personne ne le sache. Là devant tout le peuple réunit, il n'aura pas d'autres choix que de suivre les lois qu'il a lui même signé. De plus, Peddyr sera surement affaibli, il pensera à tort que c'est dans la poche mais on sait tous les trois que ça ne se passera pas ainsi... Du moins je l'espère. Tenez-vous prêt en tout cas. Rejoignez-moi quand l'arêne sera ouverte sous votre forme bipède. °

Un silence lourd de menace s’ensuivit qui effraya presque le vieil homme. La volonté de fer de la jeune ondine était incroyable, elle semblait déterminée à sauver son époux quoiqu’il en coute malgré tout elle cherchait en premier lieu les voix diplomatiques. Il fallait croiser les doigts que ça marche parce qu’il était évident qu’elle n’était pas venue seule…
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MessagePosté le: Jeu 17 Mar 2011 - 12:01 Répondre en citantRevenir en haut

Sveargith avait gardé le silence et s'était contenté de gronder. Il commençait à marquer son impatience de rien pouvoir faire pour aider son lié, qui se retrouvait emprisonné. Et il était contraint d'attendre... attendre que les choses se passent. Qu'il désirait agir de suite, foncer dans cette forteresse pour sortir Peddyr de son grave pétrin. Mais l'ondine avait raison. Ce n'était pas un petit village. Camlach était une grande cité et ce n'était pas les gardes qui manquaient. Il mettrait sa vie en jeu pour peu de résultat. A quoi cela lui servirait de mourir sous les traits des archers si Peddyr restait toujours prisonnier ? Il grommela encore plus dans son propre esprit, complètement dépité de son inutilité immédiate. Attendre, attendre... Heureusement Kyalith était là pour lui tenir compagnie et lui redonner espoir. Sinon, il aurait fini par céder à ses propres impulsions et serait parti malgré tout aider le maître brun.

Crylith passa un bon petit moment avec l'ancien ami de Peddyr dans les archives pour trouver ce qu'il lui fallait. Et elle trouva un édit qui serait la solution à la libération de son mari, mais aussi à l'aide à apporter pour la cité, en proie à la folie de pouvoir d'Ethran. Mais là, il ne faudra pas se rater. Le moindre faux pas et tout pouvait devenir ingérable. Mais Asfir devant le regard déterminé de l'ondine, il ne doutait pas que les opérations à venir allaient réussir. Il fallait que cela réussisse !

L'exécution prévue ne fut pas faite pour le lendemain, mais deux jours plus tard, ce qui laissa le temps pour les deux dragons, Crylith et Asfir de se préparer. Ils avaient pu entendre parmi la populace que ce spectacle était encore là la preuve des abus extrêmes de leur actuel souverain. Mais c'était à se demander qui serait exécuté cette fois... Il n'y avait pas eu de heurts depuis des mois, point de tentative de meurtres ou autre.... Ethran avait le besoin de prouver qu'il avait toujours une poigne de fer sur Camlach et que les habitants devaient s'attendre à tout... La paix ne pouvait jamais durer longtemps avec lui, il avait besoin de le faire savoir... Quelques vieillards soupiraient de plus connaître la paix ancienne de leur cité, où tout allait bien et que la cité était radieuse de la joie de vivre de ses gens et qu'elle prospérait.... Maintenant, la peur et la pauvreté régnait... Mais pour combien de temps encore ? A force de saigner la ville comme Ethran le faisait, des exodes seraient à prévoir. Mais pour le moment...

Une estrade de bois de bois avait été construite pour l'occasion, sur la plus grande place de Camlach. Le soleil à peine levé, du monde s'attroupait déjà dans la zone. Nul besoin de savoir que si personne ne venait pour assister au dit-spectacle, le souverain ferait plus qu'une simple exécution. Il ne fallait surtout pas rater ses petits caprices... Des soldats étaient déjà en place, faisant presque une ligne de protection entre la populace et l'estrade. Ce n'était plus qu'une question de minute avant de voir.

Ethran fit son apparition, dans une splendide tenue grisée, encadré de son escorte habituel. On fit venir le prisonnier. Sveargith était pas loin et sa gorge se noua quand il put constater l'état presque miséreux de son lié. Peddyr avait passé presque trois jours dans les cachots sombres de la forteresse et les gardiens avaient du guère se montrer tendre avec lui. Une trainée sèche de sang marquait encore le côté de son visage, là où on l'avait durement frappé lors de sa capture. Solidement enchaîné il trébuchait presque à chaque pas. Pourtant, dans son regard, il n'était pas résigné à se rendre. Sveargith sentait le conflit dans son esprit, entre son ancien lui et sa personnalité actuelle. Pour l'occasion de cette journée, on l'avait sommairement rasé, pour dévoiler la ressemblance qu'il avait avec le souverain actuel. Quelques personnes avaient murmurés dans la foule. Nul doute qu'il s'agissait d'Estan, disaient-elles.

°Il n'est pas bien.... Je sens son "Estan" qui cherche à prendre le pas sur Peddyr... Estan a peur de ce qui va suivre et est prêt à tout faire pour rester en vie auprès de son frère... C'est un lâche et il se démène pour contraindre Peddyr à céder. Peddyr lui s'y refuse....Crylith, il ne faudra pas tarder à agir. Il est déjà faible et cela me fendrait le coeur d'entendre un autre esprit demander pitié à ce vil être.....°

Sveargith se retenait de dévoiler sa présence à son lié. Ce serait tout fichtre en l'air. On voyait bien que Peddyr, malgré son affaiblissement, tenait encore à mener la lutte... Aussi bien intérieurement qu'émotionnellement... Il était sur deux fronts. Il toisa Ethran. Ce dernier dans un petit sourire, donna un ordre d'un mouvement de main. Un des soldats donna un coup de hampe dans les reins de l'humain. Peddyr tomba à genoux.

"Voyons, aie un peu de dignité respectueuse envers moi mon cher frère... Je t'offre là une dernière mise en scène, mais qui sera définitivement fatale cette fois. Gentes Dames, merci d'être venus si nombreux pour cette exécution... J'en attendais pas moins que vous... Aujourd'hui, je viens à vous rappeler que les lois s'appliquent à tous, même à des personnes de sang royal. Le prisonnier ici présent, n'est autre que mon cher frère, poue ceux d'entre vous qui ne l'auriez pas encore compris......."

Quelques personnes marmonnèrent encore entre elle, le plus discrètement possible... Il était donc toujours en vie ?

"Bien que nous le pensions tous mort, il est revenu... et non pas pour nous gratifier de sa présence... Mais pour tenter un assassinat contre ma personne ! Et comme ce genre de tentative est puni de mort par nos lois.... Il verra son sang se répandre sur les planches ! "

Il prit l'épée d'un garde et la pointait déjà sur Peddyr.

"Pour le bien de Camlach, tu vas périr cher frère. Ainsi, je saurai que je n'aurai plus rien à redouter. Dix ans... C'est long n'est-ce pas ? "
"Tu as tellement peur de m'affronter que tu joues cette mascarade. "
"Tsss, tu as attenté à ma vie, tu n'as rien à redire, même pas une dernière volonté..."


L'épée se leva. Peddyr se concentra et allait tenter de faire appel à son sortilège. Mais quand l'épée commença à se baisser.

°Demande lui sa pitié ! Il n'attend que cela !°
°La peur te déraisonne. Je ne suis pas un lâche ! Pars si tu as l'effroi dans ton esprit !°
°Jamais ! Je ne vais pas mourir une seconde fois pour ta seule dignité Peddyr ! °


Estan trouva une faille dans la défense mentale de Peddyr et lui bloqua sa concentration. Peddyr grimaça et lutta pour l'empêcher de parler par sa bouche. L'épée se rapprochait dangereusement de lui...



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MessagePosté le: Lun 11 Avr 2011 - 21:38 Répondre en citantRevenir en haut

Kyalith laissa le brun rouspéter dans son coin un bon moment, surveillant du coin de l’œil ses agissements, sur le qui-vive s’il lui venait à l’esprit de ne point écouter les recommandations de Crylith, mais il se contenta de tourner en rond un moment, puis s’allongea de tout son long en exhalant un profond soupir de dépit. Elle se leva alors et trottina vers lui et se blottit contre son flanc. Elle lui parla de tout et de rien pour lui changer les esprits et bientôt il se laissa doucement aller, bien qu’on sentait encore une certaine tension. Elle n’avait pas la prétention de lui faire oublier la situation catastrophique dans laquelle s’était fourrée Peddyr, mais au moins l’apaiser quelques temps pour qu’il soit en pleine possession de ses moyens quand l’ondine aura besoin d’eux.

Asfir avait offert l’hospitalité à la jeune femme et elle avait réussi à le convaincre que ses « amis » n’avaient point besoin de venir en ville, qu’ils étaient très bien là où ils étaient. Elle l’avait vu perplexe et désireux d’en savoir plus, mais un simple regard l’en avait dissuadé. Peut être se doutait-il qu’il ne valait mieux pas pour lui qu’il n’en sache trop. Elle passa deux jours à se ronger les sangs dans l’attente du jugement de son mari, tournant comme un lion en cage. Asfir tenta bien de la distraire mais sans grand succès. De leurs côtés, leurs Liés devenaient de plus en plus fébriles également, se posant de multiples questions, qui polluaient son esprit déjà bien tourmenté.

Le jour J fut enfin là. Crylith s’habilla avec soin. Il fallait qu’elle se montre à son avantage pour être entendue et écoutée. Elle se faufila dans la foule pour se trouver enfin devant l’estrade où Peddyr fut amené. Elle avait relevé la capuche sur sa tête pour se fondre dans la masse des gens et ne pas être reconnue par Peddyr. Elle frémit en voyant son état et se retint de se précipiter pour le soutenir. Il n’était pas encore temps. Elle chercha dans la foule les visages familiers de Kyalith, d’Asfir et surtout de Sveargith. Son cœur se serra en voyant l’expression de douleur du brun visible malgré son apparence humaine.

° Svear, ne sous-estime pas Peddyr… °


Tout le monde était suspendu maintenant aux lèvres d’Ethran. Même la garde. Crylith en profita pour s’avancer doucement au devant du Seigneur de Camlach. Encore plus lentement elle ôta la capuche qui masquait ses traits et vit l’épée se soulever pour s’abattre sur son époux. Le silence s’était installé sur la place, les habitants retenaient leur souffle, tétanisés par la folie de leur souverain. Elle en profita donc pour se racler la gorge. Le bruit était discret mais dans le silence de mort qui régnait il fit sursauter toute l’assemblée. Ethran arrêta son geste et se tourna vers elle.

« Qui êtes-vous ? »

La rage animait ses traits, il n’était plus le centre de toute l’attention. Elle sentit dans son dos les deux dragons se rapprocher d’elle tout en restant dans la masse de la foule, quant à Peddyr il avait relevé la tête et l’avait reconnu.

« Je me nomme Crylith Avanaël, épouse de Peddyr Thelrand ou Estan Zadan comme vous le nommez ici. »

Les murmures se firent entendre dans la foule. Tous semblaient choqués par l’intervention de la frêle jeune femme. Il est vrai que ne la connaissant pas, on pouvait sous estimer sa force de caractère et également son agilité physique. Qui pouvait se douter que ce petit bout de femme cachait une redoutable combattante armée de ses deux dagues bien dissimulées sous ses vêtements.

Un mince sourire s’étira sur ses lèvres. Elle avait capté l’attention de son auditoire et c’était ce qu’elle voulait. Nonchalamment elle se tapota la bouche avec son index et se tourna vers les membres du Conseil qui se trouvaient non loin, puis de nouveau elle dévisagea Ethran.

« Il est intéressant de voir ce que la peur peut faire faire. »

L’épée dans la main du souverain tremblait et les traits de son visage s’étaient considérablement assombris de fureur.

« N’aurait-il pas été plus glorieux pour vous de vous battre loyalement contre votre propre frère. Quoique vu son état actuel et les maltraitances qu’il a du subir la victoire ne serait pas méritée, bien trop facile. Mais finalement si prévisible de la part d’un suzerain couard comme vous. »


° Sveargith, explique à Peddyr pour la loi que nous avons trouvé, il doit le défier et faire ensuite valoir son défi auprès du Conseil. °


Crylith n’avait pas lâché Ethran des yeux, une expression toujours narquoise dans le regard, bien qu’intérieurement elle priait Flarmya que tout marche comme elle le voulait et surtout que son mari pourrait combattre son frère…
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MessagePosté le: Sam 16 Avr 2011 - 19:41 Répondre en citantRevenir en haut

L'épée ne s'abattit pas. Elle venait de stopper à trois pouces de la nuque de Peddyr. Le vieux guerrier tourna à peine la tête. Son regard se portait sur la personne qui avait osé brisé le silence de mort en se raclant simplement la gorge. Devant un tel affront Ethran avait éxigé l'identité de la personne. Peddyr avait déjà reconnu sa tendre ondine. Son coeur battait autant de la joie de la revoir enfin, mais aussi de crainte devant sa témérité à se retrouver ici. Il se sentait presque désemparé. Crylith courait des risques pour lui... Alors qu'il aurait préféré qu'elle reste dans la Terre de l'Aube. Mais connaissant sa femme, elle ne se serait pas contentée de l'attendre gentiment à leur douce demeure. Maintenant qu'elle était là, elle affrontait son frère, parlant de combat en loyal. La foule qui était restée coite murmurait de plus en plus. Ethran sentit la colère lui monter aux joues.

"Que sais-tu de nos lois étrangère ? "
"Elle sait que si tu souhaites avoir pleinement la couronne, mon cher frère, il te faudra me battre comme il se doit... Sauf si tu veux te dérober et montrer effectivement aux yeux du peuple que tu as usurpé ce qui n'est pas à toi !

Ethran lança un regard assassin à son frère. Il venait de se faire traiter de lâche pour la seconde fois en quelques minutes. Sa main tremblait. Il n'avait qu'à relancer son bras pour abattre Ethran, pour en finir une bonne fosis pour toutes. Mais il n'était pas stupide. S'il voulait garder dans la main les conseillers ; qui ne l'approuvaient pas de toute façon dans sa manière de régner, il devra se plier aux lois, qui étaient aussi valable pour le souverain. Il bouillonnait ! Peddyr avait l'avantage de la présence de son lié, qui s'était dévoilé à lui pour lui narrer les résultats des recherches qu'ils avaient mené.

Peddyr voyait encore l'hésitation de son frère à prendre une décision. Il se préparait déjà à appeler son sortilège si Ethran décidait au dernier instant d'user de vilenie. Il avait encore l'autorité sur les gardes, qui avaient commencé à faire osciller leurs lances. Un simple ordre et ce serait une boucherie dans la foule.

Asfir n'était pas resté inactif. Il avait profiter de la surprise provoquée par Crylith pour murmurer que le tyran pourrait peut-être tombé. Il ne devait pas se dérober à la loi. Il fallait ce duel pour savoir si le Destin accordait toujours la royauté à Ethran. Il savait qu'il jouait dangereusement. Peddyr n'était pas vraiment en état de se battre. Pourtant, il avait confiance en lui. Si sa femme avait agi dans ce sens, c'est que l'ancien Estan devait posséder des ressources insoupçonnées.

"Alors Ethran, que décides-tu ! "

La foule commençait à hausser le ton en soufflant : "duel, duel, duel ". Le souverain grimaça et darda un regard haineux sur toute cette populace qui devenait traître envers lui. Puis il sourit.

"Comme si tu pouvais réellement te battre contre moi Estan.... "
Puis il lui murmura en se rapprochant de lui.

"... Dans ton état, tu n'as aucune chance. Rétractes toi et je te jure que je te laisserai la vie sauve"

Le ton qu'il employa raviva un lointain souvenir perdu. Peddyr entendait ce même ton, fasse à leur père, qui avait refusé de lui céder la couronne. Ce qui avait valu sa mort directe....

"Je te défie Ethran Zadan ! Je te défie selon les lois de Camlach, pour revendiquer ce qui ne t'appartient pas et surtout... Pour le meurtre du Roi Ardon ! "

Ethran fit un pas en arrière, surprit par la violence de réponse du maître brun. Même éreinté, Peddyr avait dévoilé toute sa détermination. Et la foule marmonnait plus fortement cette fois. Le Roi n'était donc par mort d'un accident ? Cela allait faire du plus mauvais effet....Et sans demander l'autorisation, un des officiers de la garde coupa les liens du maître-dragon et lui offrit son épée. Ethran se jura de faire décapiter le militaire félon, qui osait prendre cette initiative.

Le brun fut heureux de voir que son lié échappait à l'exécution, mais rien n'était encore fini. Il prévint l'ondine et sa petite blanche que des heurts pourraient se produire et qu'ils devaient se tenir prêt à se battre et à défendre Peddyr. Il pouvait y avoir des partisans parmi les présents. Par contre, il fut plus qu'inquiet en voyant son lié se remettre debout et qui vacillait déjà. Il sentit à nouveau cette dure lutte de son ancien soi pour reprendre le contrôle. Maintenant que le corps était libre, les deux esprits allaient encore s'affronter pour sa possession.

°Peddyr.... Il va falloir faire attention ! °

Il crut entendre un rire dans la réponse. Il s'inquiéta de pas avoir eu un retour de réponse. Le maître brun se mit en position, montrant que l'épée qui se dressait vers l'usurpateur allait être bien utile. Ethran n'attendit pas pour ouvrir les hostilités. Les deux hommes échangèrent violemment les premiers coups. Les épées se percutèrent avec une violence étincelante. Ethran devait reconnaître que son frère se défendait mieux que lui et qu'il cherchait la moindre faille. Pourtant, il sut profiter d'un instant d'hésitation pour le frapper d'un coup de poing à la poitrine, le jetant à terre.

"Je crois que le combat ne durera pas longtemps. "

Il sourit, déjà certain d'avoir la victoire. Et le temps qu'il fasse un pas en avant, Peddyr ne l'entendait pas, toujours à terre. Il ne cherchait pas à se relever. Il était en proie à l'esprit d'Estan qui profitait de la faiblesse de Peddyr pour tenter de le repousser définitivement. Ce combat intérieur arracha un cri à l'humain.

°Allons Peddyr, cesse la lutte et laisse moi prendre la place. Tu n'auras plus à te préoccuper du reste. °
°Je sais ce que tu cherches à faire. Tu vas retourner au néant ou tu aurais du rester. Un couard comme toi, qui cherche à profiter de la situation n'a pas sa place dans le milieu où je vis°
°Que tu crois. Là je vais me battre et remporter la victoire sur ton esprit défaillant ! °


Le temps ne s'écoulait pas de la même façon entre la lutte de l'esprit et la lutte physique. Peddyr venait à peine de remettre un genou à terre pour se relever qu'Ethran lui tomba dessus de son poids, cherchant à le planter dans le flanc. Le vieux guerrier profita d'un instant de répit pour esquiver. Son frère avait calculé ce coup pour bondir sur le côté et l'attaquer par derrière. Peddyr en fut quitte pour une balafre à l'omoplate. Ethran sentit la morsure de l'épée de Peddyr dans son flanc. Il grommela une injure, avant de ressauter à nouveau sur lui. Le combat entre les deux hommes était brutal.

Ethran réussi à reprendre le dessus, en repassant à nouveau dans le dos de Peddyr et en lui passant son bras autour de son cou. De son bras armé, il lui bloquait l'épée. Il ne tenait pas à se faire entailler une énième fois.

°Tu devrais céder Peddyr, tu ne souffrirais plus°
°Jamais ! °


Ethran roula sur le plancher avec Peddyr, lui coupant toujours la respiration. Le maître brun se débattait tant qu'il pouvait, malgré la suffocation qui commençait à lui brûler la gorge et les poumons. L'acharnement de l'esprit d'Estan l'empêchait de se battre !

Sveargith percevait la détresse de son lié. Il devait intervenir ! Il ne pouvait pas rester là à le regarder se faire tuer sans réagir. Mais s'il prenait sa véritable forme, il pourrait tout perdre d'un seul coup de lame... Il mettrait son lié, Crylith et Kyalith en grand danger. Pourtant, il devait bien agir.

°Crylith, si cela critique autour de moi, je ne pourrai pas agir, je serai comme... absent. Je te demanderai de me protéger, le temps que j'aide comme je peux Peddyr.°

Il ne lui laissa pas le temps de comprendre ses paroles qu'il ferma les yeux. Il allait pénétrer de force dans la tête de son lié. Et là il percevait très nettement l'esprit des deux hommes, identiques, en conflit l'un contre l'autre. Il n'avait pas de temps à perdre, même si c'était dangereux. S'il se trompait... Dans ce lien, il y avait deux personnes à la même âme... Lequel était la bonne phase ?

°Peddyr ! °

Il avait hurlé si fortement qu'il en avait arraché une grimace de souffrance à Peddyr, toujours en prise avec son frère. Son esprit quand à lui captait parfaitement la pensée du dragon brun, qui l'appelait avec puissance. Peddyr réussit à lui dévoiler sa présence, par rapport à celle d'Estan. A cet instant, le dragon lui communiqua de sa force.

°Détruis-le Peddyr. Trouve la faille et détruis le ! °

L'image de l'ancien Estan devint celle d'Ethran... C'était donc cela cet esprit vil... Un souvenir ancien de son frère qui avait déjà cherché à le tuer autrefois. La mémoire perdue l'avait fait se rétracter, avant qu'avec le temps, cette image ne lui revienne, devenant presque un cauchemar vivant... Un seul moyen. Il n'y avait qu'un seul moyen ! Profitant de la force de son dragon qui coulait en lui, il réussit à trouver la faille et fracassa mentalement l'image de son double devenu l'image d'Ethran; lui libérant l'esprit.

Et comme d'un seul cri, tout comme dans le réel que dans l'esprit, un cri retentit. L'épée de Peddyr venait de transpercer la poitrine d'Ethran. Au niveau de son coeur. L'usurpateur écarquilla les yeux. Peddyr le repoussa violemment sur le coup, haletant de l'effort et de la respiration enfin retrouvée. L'épée fut retirée et le Céleste se redressa, posant un regard fatigué à son frère.

"Je n'ai pas... encore fini..."
"C'est terminé Ethran. Tu as perdu. "
"Non ! "
"Tu as eu le châtiment que tu méritais, après toutes ces années.... ce n'est que justice..."
"Seulement pour moi de ce fait ! Le Conseil demandera ta tête de toute façon ! C'est justice pour moi au final"
"Tu te trompes... La justice n'est pas pour moi... Elle est pour Camlach"


Ethran eut un dernier sursaut de haine en entendant cela et il rendit son dernier soupir en tentant de maudire ce frère qu'il n'avait pas réussi à tuer. Peddyr jeta l'épée ensanglanté et regarda les gens de la cité qui le fixait, dans un silence presque cérémoniel. Ils attendaient quelque chose de lui... Il regarda Crylith.

°Sveargith, veille à rester à côté d'elle si jamais des ennuis surviennent... Je ne sais pas ce qui se passer après ce duel. °

Il avait toutes les raisons de s'inquiéter. Il venait de tuer le souverain de Camlach. Une guerre civile pouvait très bein éclater à l'instant. Pourtant rien ne se produisit. Les citoyens de la ville attendaient toujours quelque chose. Ils attendaient que le nouveau souverain prenne la parole.

Devenir roi n'avait jamais été dans les désirs de Peddyr. D'Estan sans doute, mais il n'était plus. Peddyr était un maître-dragon céleste, servant son Kaerl et le défenfant. Il avait une belle ondine à ses côtés, présente et aimante. Il avait deux enfants. Il avait Sveargith. C'était cela son existence. Camlach appartenait à son passé. Intérieurement, il savait qu'il n'avait plus sa place ici, pas après ce qu'il avait fait dans le passé. Il avait juste payé sa dette en la libérant du joug de son frère. Et la cité avait besoin de l'entendre de sa bouche.

Malgré l'épuisement qui s'installait en lui, il gardait encore la tête haute.

"Peuple de Camlach... Ethran Zadan est mort, tué loyalement conformément à nos lois. Je ne revendique pas le trône..."

Il entendait quelques hoquets d'étonnement.

"Autrefois, je répondais au nom d'Estan Zadan. Par le passé, il a commis bien des méfaits, peut-être moins atroce que mon frère... Il y a plus de dix ans, il tomba dans le fleuve pour y mourir. Je ne suis plus cet Estan. Je suis Peddyr Thelrand... "

Son regard se perdit un instant, avant qu'il ne le redresse vers les membres du Conseil.

"Je rends la royauté entre vos mains. Je suis certain que vous saurez guider Camlach comme il se doit pour qu'elle retrouve la joie de vivre sans menace au sein de ses habitants"

Il se laissa tomber à genou, n'ayant plus la force de rester debout. Il n'entendait même pas le vent en provenance de la populace, qui exprimait un sentiment de bonheur de plus subir la pression d'Ethran. Et dans le brouillard qui masquait sa vision, il voyait Crylith et Asfir venir à lui.



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MessagePosté le: Mar 24 Mai 2011 - 21:41 Répondre en citantRevenir en haut

Ethran, furieux, ne lâchait pas du regard la jeune femme qui avait osé le défier. Elle n’était même pas d’ici et elle se permettait de remettre en cause son autorité. Il allait répliquer vertement mais son frère maudit lui coupa l’herbe sous le pied. Il avait raison, la foule commençait à murmurer, s’il tuait son Estan, la foule se jetterait sur lui et il n’était pas sur qu’il y survive. Sa garde ne pourrait pas le sauver d’une foule en furie. Mais il était si mal en point qu’il n’aurait aucun mal à l’achever. Du moins c’est ce qu’il croyait et Crylith comptait bien sur sa vanité. Elle avait bien cerné le personnage.

La jeune femme recula pour faire place aux deux combattants, mais elle n’avait pas manqué de vérifier que ses dagues étaient toujours solidement attachées sous sa cape. Puis elle assista au combat, fière, sereine, alors qu’elle éprouvait presque de la panique à voir les estocs, les feintes et autres menues blessures que les frères échangeaient. Elle savait que Peddyr luttait avec Estan, elle n’avait qu’à voir le regard affolé de Sveargith pour en être convaincue. Elle devait d’ailleurs à chaque instant lui parler pour qu’il ne saute pas lui-même sur Ethran, bien que le réel souci était sans nul doute Estan.

Pourtant une idée germa enfin dans l’esprit du dragon.

° Svear ne prends pas de risque inu… °

Elle n’eut pas le temps d’ajouter quoique ce soit, il était déjà ailleurs. Kyalith se posta immédiatement près de lui pour veiller pendant que l’ondine ne quittait pas des yeux son époux. Tout se passa si vite qu’elle ne comprit pas de suite et hurla de peur en même temps que lui. Le temps se figea, le sang coulait mais elle ne pouvait distinguer qui avait été touché. Puis après un temps infini, Ethran s’affaissa, exhala des menaces dans un dernier soupir.

Kyalith et Sveargith, sous les exhortations de Peddyr se rapprochèrent de la jeune femme, tandis qu’elle-même se précipitait pour soutenir le maitre brun. Elle le soutint tant bien que mal pour qu’il se redresse et fasse face à la foule, encore ahurie de ce qui venait de se produire. On aurait pu craindre un soulèvement, mais on ne voyait que le soulagement sur les visages des villageois. Une onde d’espoir se propagea dans les rangs et les sourires illuminèrent la place. Mais ils attendaient quelque chose, tous leurs regards étaient braqués sur le héros du jour, qui après une profonde inspiration, s’exprima enfin et libéra son peuple. Pour finir, ivre de fatigue et profondément meurtri dans son âme et dans sa chair, il s’effondra dans les bras de sa femme.

Tandis qu’Asfir et les deux dragons se précipitaient pour aider la jeune femme, la foule scandait le nom de leur libérateur et se tournait vers le Conseil pour savoir ce qu’il convenait de faire. Un des membres, le plus ancien visiblement leva la main pour faire revenir le calme et s’éclaircit la gorge péniblement.

« Peuple de Camlach, c’est une situation inédite qui se présente à nous aujourd’hui. Les membres du Conseil et moi-même allons nous réunir pour mettre en place cette nouvelle ère. En attendant, fêtons notre liberté retrouvée, fêtons Estan ou plutôt Peddyr Thelrand. »


Puis il se tourna vers Asfir.

« Je te laisse t’occuper de nos invités. Soigne-les bien, ils nous ont sauvés. »


L’ancien garde hocha la tête et aida Crylith. Une longue convalescence s’annonçait tandis que les deux dragons s’éloignaient rapidement avant de dévoiler leur vraie nature.
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MessagePosté le: Jeu 2 Juin 2011 - 20:57 Répondre en citantRevenir en haut

Les deux dragons s'étaient suffisamment écartés de la foule pour prendre leur forme première. La stupéfaction et la peur se lisaient sur quelques visages, plus encore sur ceux ridés des conseillers. Asfir avait été le premier à en avoir la bouche ouverte de stupeur, avant de se ressaisir et de sourire. Maintenant il comprenait mieux le mystère qui avait auréolé la jeune femme. Les légendes étaient donc vraies... Et Peddyr la vivait aussi. C'était là une destinée que même lui n'aurait jamais pu penser. Il avait toujours su que son vieil ami aurait une voie particulière. Il croisa le regard des deux dragons et plus particulièrement celui du grand brun. Il y lisait une forte intelligence, mais aussi une inquiétude certaine ; il n'était donc pas qu'un simple animal.

Peddyr, soutenu par son vieil ami et Crylith, fut mené bien à l'écart de la foule qui était en liesse de son nouvel avenir. Il entendait à peine les cris de joie. Plusieurs fois, il essayait de se tenir plus droit, pour ne pas être une charge pour ses deux aides, mais au bout de quelques minutes, il finit par sombrer, vidé de toute énergie. Il reprit conscience quand Asfir commençait à nettoyer ses blessures. Sa voix paraissait lointaine, alors qu'il était juste à ses côtés. Le maître-dragon avait été déposé confortablement sur un lit, sur le flanc pour qu'on se charge de ses plaies.

''Ne vous inquiétez pas Dame Crylith, ce n'est pas très vilain. Cette entaille sera proprement refermée. ''


Peddyr tressaillit à peine quand il sentit quelque chose de pointue s'enfoncer sur l'arrière de son épaule, en même temps, cela picotait un peu. On lui appelait un dérivé d'alcool sans doute. Indirectement, il n'y songeait pas... Il arrivait même pas à penser, tellement il était épuisé. Mentalement, il se sentait fragmenté.

''Ah, il est revenu à lui... Peddyr, je sais que tu peux m'entendre, alors ne bouges pas tu veux ? Après tu pourras te reposer tranquillement. Là ce n'est qu'une question d'un court instant. ''

Peddyr n'avait pas l'intention de bouger de toute façon. Il cherchait déjà la main de sa femme. Quand il la sentit, il la serra. Il voulait son contact et il l'avait trouvé, ce qui le détendit. Dans son esprit, il sentait la présence de son dragon, qui voulait qu'il ne parle pas pour commencer à reprendre des forces.

''Cry.... Je l'ai vaincu, c'est terminé... je... Pardonnes-moi pour tout ce que j'ai pu te faire. Je ne voulais pas te faire souffrir. Il fallait que je le fasse. Pardonnes-moi.... ''
'' Peddyr chut.... tais toi. Reposes-toi d'abord, tu verras suite plus tard''


Le vieux guerrier avait déjà fermé les yeux.

'Désolé Dame Crylith de mon ton un peu ferme à son égard, mais il doit avant tout se reposer. J'ai fait quérir un serviteur pour vous apporter à boire et à manger Après tout cela....''

Asfir était encore ébranlé de tout ce qui s'était passé. En quelques jours, il avait revu Peddyr après une décennie, le pensant mort. Puis son vieil ami s'était battu contre son frère avant de rendre le pouvoir à la cité.... Il y avait de quoi avoir de sacrés maux de têtes. Il n'osait imaginer ce que le maître brun songerait de tout cela quand il aurait un peu récupéré... Cela devait être rude pour lui. Après avoir vécu des années dans un passé presque oublié, il s'y était retrouvé confronté violemment. Et maintenant....Il coupa le fil de suture et posa un cataplasme sur l'entaille refermée et les autres contusions. Un serviteur entra dans la chambre, déposant un plateau garni de fruits et 'un très léger alcool, avant de repartir silencieusement.

''Voilà, j'ai terminé. Prenez un verre Dame Crylith. C'est un alcool léger, mais qui a la vertu de détendre un peu les nerfs... Après tout cela....Peddyr aura besoin de temps pour se rétablir. Physiquement, je n'ai rien à dire, mais là... »


Il se pointa un index sur le front.

''Pour son esprit, je m'inquiète un peu. Oh vous affolez pas, je parle pas de folie... mais vivre ce qu'il a vécu aujourd'hui, après une si longue absence, et n'ayant plus la mémoire de sa vie précédente....''
°Crylith, pour affiner ce que dit cet homme, Peddyr sera sans doute un peu perdu. Il a vaincu son autre soi, mais cela l'a pas mal secoué. Ce combat d'esprit fut difficile, je peux le confirmer. Il aura besoin de toi et de moi pour fermer cette blessure là. Nous l'aimons et le connaissons comme personne. Je sais qu'il arrivera à guérir avec notre soutien. °

Asfir pendant ce temps là tendait un verre à Crylith avant d'aller donner un peu d'eau au maître brun endormi.

°Il est possible qu'à son prochain éveil, il s'en veuille comme jamais. Partir sans toi et sans t'en parler l'a morfondu. J'ai senti tout à l'heure qu'il le prenait un peu comme une trahison envers toi...Franchement, il ne le voulait pas, mais c'était pas pour que tu subisses l'effet de son autre « moi » qui lui parasitait l'esprit. °


Sveargith avait en partie raison pour son lié. La voie de guérison fut longue pour le maître brun, mais au bout de deux semaines, remis de ses blessures physiques et émotionnelles, il semblait requinqué comme jamais, comme si tout était réellement terminé. Avant leur départ, Camlach les honora d'une splendide fête, qui avait empli toute la ville. Tous les habitants avaient été invités et tous les rues étaient animés de spectacles et de ménestrels, racontant de belles histoires. Jamais la cité n'avait connu telle liesse. Le Conseil, désormais assis sur ses nouvelles fonctions remercièrent encore les deux chevaliers-dragons et Asfir de leurs aides. Le vieux maître d'arme pour sa bravoure avait été nommé à un poste de capitaine de la garde. Puis, sous le soleil couchant, les deux dragons avaient repris leur envol, pour rejoindre leur propre foyer, laissant une ville savourer sa nouvelle liberté et sa nouvelle joie d'un avenir florissant.

Cette histoire semblait avoir un trait définitif. Mais pas pour Peddyr. Même s'il était guéri, il savait qu'au plus profond de lui-même, il restait encore une longue voie à parcourir pour avoir les vieilles blessures définitivement fermées.



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